Les chants des machines

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers pour les guitaristes obnubilés par leurs pédales d'effet – souffrant d'une sévère carence de charisme.

D'une certaine manière, le Mirage Festival inverse ce rapport de subordination, investissant Le Sucre pour deux showcases conçus comme des soirées d'appel destinées à attirer l'attention sur les sections moins intelligibles du festival. Le compromis s'arrête là, Monkeytown et Crème Organization, les deux labels à l'honneur de ces soirées, comptant parmi les plus insaisissables du Vieux Continent. Le premier, tanière de Modeselektor, par la polissonnerie – qu'on pourrait ici orthographier avec un y – avec laquelle ses pensionnaires, en l'occurrence Bambounou et le solaire Benjamin Damage, se jouent des codes de la techno. Le second, fondé à Amsterdam voilà tout juste quinze ans par DJ TLR, par sa propension des siens (y compris les petits derniers, Marquis Hawkes et Innershades), émulée depuis par L.I.E.S., à avilir la house pour mieux décupler son potentiel de séduction.

Le reste du temps, le spectre sonore est pour les organisateurs du Mirage un terrain d'expérimentation comme les autres, sur lequel s'aventureront quelques habitués des nuits lyonnaises. Ainsi de Sidekick, émanation ambient du collectif Palma découverte en première partie de Mondkopf à l'Auditorium, et de Douster, le Diplo de Villeurbanne, invité à mettre à profit ses compétences de programmeur le temps d'une exploration participative d'une interface gibsonienne de sa création.

C'est cependant en clôture que se tiendra le concert le plus emblématique des ambitions formelles du Mirage – aussi emblématiques que peuvent l'être ses Modules, équivalents multisensoriels des défunts Échos sonores inaugurés à l'automne 2014 : un live audiovisuel de Kangding Ray, diplômé d'architecture qui met son sens de l'équilibre, des volumes et des beaux matériaux (kicks inoxydables, glitches moirés, drones granités...) au service d'abstractions post-techno d'une rare majesté.

Or from Nicolas Lelievre on Vimeo.

Benjamin Mialot

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Amour en eaux douces : "Une sirène à Paris"

Fantastique | Alors que son père va vendre la péniche familiale Flowerburger, historique siège d’un groupe d’embellisseurs de vie — les surprisiers — Gaspard, un musicien au cœur brisé, découvre Lula, jeune sirène échouée sur les rives de Seine. Pour la sauver, il l’emmène chez lui…

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Amour en eaux douces :

S’il n’y avait les rêveurs pour le porter et lui donner de l’oxygène, le monde s’écroulerait, asphyxié. Mathias Malzieu en fait partie, qui déploie son imaginaire de chansons en livres et de livres en films, explorant des univers connexes à ceux de ses devanciers Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Comme dans La Mécanique du cœur ou Métamorphose en bord de ciel, le meneur de Dionysos ose ici un conte façon alchimie entre merveilleux et mélancolie avec des héros cabossés depuis l’enfance et des créatures surnaturelles. Avec ses décors baroques, sa musique faite maison, ses interprètes attachants (le couple Duvauchelle/Lima s’avère osmotique), Une sirène à Paris cherche à ranimer un certain esprit magique, que l’on peut apprécier comme une forme de nostalgie d’un paradis cinématographique perdu. Malgré tout, ce mixte d’ambition et de naïveté revendiquée manque, c’est triste à dire, de moyens à l’écran. Peut-être aurait-il fallu être étourdi par un surcroît de couleurs et de frénésie à la Baz Luhrmann pour que la féérie du projet soit plus

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Noir comme la neige : "Un jour si blanc"

Drame | Ne parvenant pas à faire le deuil de son épouse décédée dans un accident de voiture, un policier occupe son congé à enquêter en-dehors des règles sur l’infidélité de la défunte, découverte post mortem. Il s’enferre alors dans sa névrose et se ferme à sa famille. Et à sa petite-fille notamment…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Noir comme la neige :

Particulièrement distingué ces derniers mois dans un registre militant avec Woman at war ou Mjólk, le cinéma islandais ne dédaigne pas pour autant l’univers qui, en littérature, lui a permis de conquérir une aura internationale : le genre noir. Coiffé d’un titre pesant de toute l’ironie de son oxymore, Un jour si blanc en est la sombre démonstration, qui offre un adroit pendant audiovisuel à cette riche production romanesque. Dès les premières images, Hlynur Pálmason fait de son film un manifeste temporel : par de longs plans traquant la durée ou, au contraire, en jouant la fixité d’une caméra sur un décor alors que défilent jours, nuits, saisons. Ce faisant, il crée une atmosphère épaisse à la mesure du sentiment d’isolement moral subi par son mutique héros — Ingvar Eggert Sigurðsson, un clone de Sam Shepard vu chez Baltasar Kormákur et Sólveig Anspach — ; une chape de silence, de calme apparent qui sont autant de prolégomènes au déchaînement d’un désespoir sourd et violent. Si s

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Brian de Palma à Quais du Polar

Quais du Polar | [Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 mars 2019

Brian de Palma à Quais du Polar

[Moment vieux con] Aux jeunes publics qui pensent que Freddie Mercury et Queen ont tout inventé avec Bohemian Rhapsody, on recommande chaudement d’aller faire un tour à l’Institut Lumière pour découvrir en grand Phantom of the Paradise (1974) pour tant de raisons que cette page n’y suffirait pas. Essayons tout de même. Il s’agit d’abord d’une relecture-réactualisation du classique Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux — déjà porté à l’écran avec Lon Chaney —, mâtinée de références au Faust de Gœthe comme à l’indispensable figure matricielle du cinéma de Brian De Palma, Alfred Hitchcock. S’il reçoit un très mérité Grand Prix au festival d’Avoriaz en 1975, c’est en tant que comédie musicale rock innovante qu’il marque autant les yeux et les oreilles, s’inscrivant automatiquement comme un marqueur de son temps et un classique du 7e art. Paul Williams, qui compose en sus le méphistophélique Swan, signe une bande-originale magistrale, enchaînement de tubes pop-rock, du dia

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Brian is not in the kitchen

Reprises | Si Brian De Palma ne sera pas présent (ce soir-là…) en chair et en os à l’Institut Lumière, deux de ses films y seront projetés lors d’une double séance, histoire (...)

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Brian is not in the kitchen

Si Brian De Palma ne sera pas présent (ce soir-là…) en chair et en os à l’Institut Lumière, deux de ses films y seront projetés lors d’une double séance, histoire de rappeler à quel point son cinéma est précieux. Deux joyaux qui, comme toujours, marquent leur temps en ressuscitant une période passée. Pour commencer, Les Incorruptibles (1987), évocation de la Prohibition et de la pègre de Chicago — mais aussi réminiscence de la série télévisée des années soixante — réunissant Sean Connery (Oscar pour l’occasion), De Niro et Kevin Costner. Dans la foulée, à 21h30, L'Impasse (1993), flashback hallucinant dans le milieu criminel des 70’s pour le duo Al Pacino / Sean Penn dans une œuvre à la postérité moins envahissante que Scarface mais sans doute plus aboutie. Les Incorruptibles + L'Impasse À l’Institut Lumière ​le vendredi 15 février à 19h

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Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Polar | Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 6 février 2019

Roberto Saviano et Brian de Palma invités à Quais du Polar

Double annonce choc pour Quais du Polar, qui annonce la venue de deux stars au pedigree long comme un épisode de Derrick : Roberto Saviano et Brian de Palma. Le premier est un journaliste Italien rendu immensément célèbre par la parution en 2006 (en France, 2007) de Gomorra, mettant crûment à jour l'ampleur de la main-mise de la camorra, la mafia napolitaine, sur la ville et au-delà. Une enquête minutieuse qui lui vaudra d'être publié dans 42 pays, mais aussi des menaces de mort de la part de la camorra. Roberto Saviano vit toujours, depuis, sous protection policière. Mais ne s'est pas calmé : il est aujourd'hui l'un des plus farouches opposants à l'extrémiste Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur. Saviano a depuis publié d'autres ouvrages, dont le tout aussi intéressant Extra pure : Voyage dans l'économie de la cocaïne en 2014. La rencontre "Une heure avec…" Roberto Saviano est programmée le samedi 30 mars à 11h, au Théâtre des Célestins. Brian de Palma également convié Brian de Palma, cinéaste, vient lui présenter son premier roman écrit

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Redoublement en 6e pour Tom Cruise : "Mission : Impossible - Fallout"

Action | Suite directe de Rogue Nation, Fall Out revisite les fondamentaux de la franchise Mission : Impossible en passant la sixième vitesse. La rapidité, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Redoublement en 6e pour Tom Cruise :

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. La CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de DePalma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, ce

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Le Sucre régale dès la rentrée

Start Festival | Après une saison d'été inventive et colorée, Le Sucre fait sa rentrée en misant sur ses fondamentaux, avec un mot d'ordre easy : Start.

Sébastien Broquet | Lundi 29 août 2016

Le Sucre régale dès la rentrée

C'est devenu le rendez-vous des retrouvailles amicales et l'occasion pour le club du quartier Confluence de présenter en une petite semaine ses inflexions et évolutions pour la saison à venir : le Start Festival, qui débute ce mercredi 31 et court jusqu'à dimanche, fête sa quatrième édition et ne déroge pas à la règle, avec un premier soir en mode before très local placé sous le signe de l'Apéro des voisins, les bandes d'Arty Farty (Nuits Sonores) et de Culture Next (Le Sucre) œuvrant depuis le début pour l'émergence de ce "nouveau quartier" pas encore complètement apprivoisé. Mais commençons par la fin : ce dimanche après-midi désormais ancré dans les habitudes du clubbing lyonnais, par la grâce de quelques souvenirs dantesques lors des We Are Reality. Ce premier tea dance de la saison lance un nouveau cycle dominical, où l'on attend au fil des semaines quelques pointures : le second épisode, le 18 septembre, est d'ores et déjà sold-out et accueillera l'immense

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Clubbing : Les trois soirées de la semaine

MUSIQUES | 29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Clubbing : Les trois soirées de la semaine

29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - c’est confirmé, malgré des soucis personnels il a tenu à assurer son set au long cours - quatre heures - où le groove sera omniprésent sous les doigts agiles de ce maître de la scène de Détroit, cette famille où se côtoient également Moodymann et Marcellus Pittman. Ses apparitions n’étant pas si fréquentes, réservez vite. Lotfi (La Face B) assurera le warm-up. Culte. 29.01.16 PALMA SOUND-SYSTEM Trio parmi les plus prometteurs de la ville, le collectif lyonnais Palma a installé une résidence mensuelle au Sucre où ils défendent leur vision d’une techno influencée par l’electronica et la minimale : l’occasion d’entendre les productions sorties récemment sur leur propre label, le tout nouveau Palma Records. L’invité du soir étant Aubrey, originaire de Portsmouth où il

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Chaque mois au Sucre, le Palma Soundsystem part en live

MUSIQUES | La scène se passe à un concert de Metallica. En prélude à l'insurpassable Master of Puppets, James Hetfield initie avec ses fans le dialogue suivant : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 octobre 2015

Chaque mois au Sucre, le Palma Soundsystem part en live

La scène se passe à un concert de Metallica. En prélude à l'insurpassable Master of Puppets, James Hetfield initie avec ses fans le dialogue suivant : lui crie «master!», eux répondent en chœur «puppets!». A priori innocent, ce jeu de rôle à gorge déployée, dès lors qu'on prend en considération sa traduction (et le propos originel du morceau, longue métaphore sur l'addiction à la cocaïne), en dit long sur la bienheureuse servilité dont est capable l'Homme, cet éternel ressortissant de la société du spectacle debordienne. Mais il est un rapport de domination sonore plus dérangeant encore : celui liant les DJs (i.e. des control freaks qui ont réussi) aux clubbers, qui guettent les drops comme les camés réclament leur dose – les bras tendus et la bouche pleine de râles vaguement humains. À cette aune, le projet mené depuis 2012 par le trio lyonnais Palma se relève d'une salutaire originalité. Trois garçons, des tas de machines qui clignotent tels les trésors d'un bunker d'Ali Baba et encore plus de possibilités de se jouer en live et avec force improvisations des conventions

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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Le Démon d'or vous entraîne au bout de la nuit

MUSIQUES | «L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 juin 2015

Le Démon d'or vous entraîne au bout de la nuit

«L’accès au festival se fait uniquement par la commune de Limonest car la route de la Glande est en sens unique» prévient le site du Démon d'or. Indirectement, le ton est donné : on ne se rend pas là-haut pour se tourner les orteils, surtout que la programmation de l'édition 2015 de cette chasse aux fantômes de l'ennui en milieu bucolique est particulièrement gratinée. Notamment en matière de musiques à danser, via la présence d'une flopée de Lyonnais bien connus de nos services, selectors au goût sûr (Fabylicious, Freakistan, Boulimix...) ou jeunes talents à bon droit (Submarine FM et son post-dubstep aux reflets d'argent, le dompteur de beats Groove Sparkz, le quatuor de trip-hop de chambre Wild Wild Waves), mais aussi et surtout grâce à une carte blanche au collectif Encore au cours de laquelle la techno se déclinera sur tous les tons, du hardcore cybernétique de Manu le Malin à l'ambient molletonnée de Benjamin Damage. C'est toutefois côté hip-hop, qu'on l'aime détendu

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Let the students techno

MUSIQUES | Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Let the students techno

Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, un bon tiers du line-up de l'édition 2014 de leur raout électronique (Elekt'Rhône de son petit nom "brandé") ayant récemment honoré le club des pentes de sa présence. De quoi d'emblée partir sur de meilleures bases que la précédente, infâme gloubi-boulga de deep house à saxophone et d'électro-pop underage. Celle-ci brille au contraire par sa cohérence et son caractè

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Une marée de basses

MUSIQUES | An de grâce 79 ap. J-C : le Vésuve pique un fard et ensevelit Pompéi sous les cendres. Nos experts sont formels, Lyon va subir le même sort cette semaine. La faute au Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

Une marée de basses

Pour une fois, commençons par la fin. Commençons par le dimanche 5 octobre, date à laquelle l'édition 2014 du Rumble Festival prendra fin, sur un open air qui devrait faire écho à l'une des soirées les plus mémorables de la défunte Fée Verte : le back to back du 7 septembre 2012, qui opposa Douster à Flore et se conclut sur une relecture trap de La Chenille. Le premier, sorte d'Alan Lomax en boubou, s'est depuis lancé dans une collecte de folklores électroniques à mêmes de se substituer à une liposuccion des fesses. La seconde, prêtresse de la bass music à racines (africaines) apparentes, vient elle de faire son retour avec Ritual, une performance audiovisuelle impressionnante de tellurisme, et s'apprête à donner à ses soirées Polaar une assise discographique. Ces deux Lyonnais de sang et tiers-mondistes de tympan se "contenteront" ici de se relayer sur scène – mais avec un peu de chance, c'est sur son remix en mode cumbia du thème du Roi lion que Douster laissera la place à sa consœur.   Ça va trembler chérie Les jours qui précèdent, le Rumble fera ressembler le périphérique

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Le Sucre, notre ami d'en haut

MUSIQUES | Son premier anniversaire tout juste révolu, le Sucre passe à l'heure d'été avec un programme à trois entrées qui va vous faire voir (ou plutôt entendre) du pays. Embarquement immédiat. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le Sucre, notre ami d'en haut

Rarement rédacteurs du Petit Bulletin furent autant humiliés que lors du tournoi de ping-pong qui rythma l'été inaugural du Sucre. Inutile, donc, d'espérer profiter de sa deuxième édition pour nous la mettre façon Jean-Philippe Gatien : cette année, ce sera sans nous. Ce ne sont heureusement pas les meilleures raisons qui manqueront d'escalader le rooftop dans les semaines qui viennent. Elles sont même au nombre d'un multiple de trois, son programme estival se découpant en une triplette de cycles thématiques.   Le premier, élaboré avec Rinse FM – radio londonienne naguère pirate qui fut aux premières loges de l'avènement de la bass music – se présente comme un recensement des individus qui, demain, sans doute, constitueront les points cardinaux de la scène électronique lyonnaise. Parmi eux, des disquaires (Sofa Records le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Émile le 14), des collectifs qui n'ont déjà plus grand chose à prouver (à l'instar du Palma Sound System, le 31 juillet, ou du

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De Palma, l’Obsession hitchcockienne

ECRANS | La redécouverte en pièces détachées de l’œuvre de Brian De Palma continue et on a bon espoir qu’un jour tous ces morceaux se rassemblent en une belle (...)

Christophe Chabert | Mardi 17 juin 2014

De Palma, l’Obsession hitchcockienne

La redécouverte en pièces détachées de l’œuvre de Brian De Palma continue et on a bon espoir qu’un jour tous ces morceaux se rassemblent en une belle rétrospective — et, c’est de saison, peut-être un Prix Lumière ? En attendant, c’est donc Obsession qui fait son retour sur les écrans grâce à la Ciné Collection du GRAC. En 1976, De Palma sort du triomphe de Phantom of the Paradise et pousse un cran plus loin sa relecture du cinéma d’Hitchcock en s’attaquant frontalement à Vertigo, dont il transpose le motif — une femme meurt, son double apparaît — dans l’Italie pleine des vestiges de son glorieux passé artistique. Alors que la première partie — le kidnapping, le crime — pourrait laisser croire que le cinéaste va privilégier une approche par le genre, Obsession prend ensuite des atours beaucoup plus mystérieux et impose un De Palma romantique, nouant un dialogue très fécond entre le classicisme et la modernité. La tension du film repose sur ce drôle de jeu où il

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Report du "Fils du comique"

SCENES | La production Ki m'aime me suive se voit dans l'obligation d’annuler les représentations du spectacle Le Fils du comique prévues mercredi 4 juin à la Bourse (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 mai 2014

Report du

La production Ki m'aime me suive se voit dans l'obligation d’annuler les représentations du spectacle Le Fils du comique prévues mercredi 4 juin à la Bourse du Travail de Lyon pour des raisons de santé de Pierre Palmade.   Une absence de la scène durant quelques semaines est en effet nécessaire à l'artiste pour appréhender les projets qui l'attendent à la rentrée de septembre, a fait savoir le producteur. La date de Lyon est reportée au 4 février 2015, les billets du 4 juin peuvent être échangés ou remboursés et restent également valables pour cette nouvelle date.

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Insomniaque - Semaine du 21 au 27 mai

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Com Truise au Sucre, Marquis Hawkes au DV1 et Clara Moto, Arandel et Cubenx à l'Île Barbe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 20 mai 2014

Insomniaque - Semaine du 21 au 27 mai

21.05 Com Truise Déjà quatre ans que sa carrière a débuté, et Com Truise n'a toujours pas enregistré de remix de Take My Breath Away, le slow à gros synthés qui accompagnait le baiser réconciliateur de Tom Cruise et Kelly McGillis dans Top Gun. Un comble pour ce fétichiste des années 80, dont les productions évoluent aux confins de la synthwave pour soleil couchant de Tangerine Dream et de l'ambient à grand angle de Boards of Canada. Il ne faudra pas compter sur son live au Sucre pour corriger le tir. Pour qu'il vous donne envie de longer les côtes californiennes au volant d'un cabriolet rétro, en revanche... 23.05 H&S 1 Avec son pseudonyme de dealer louisianais et son ingéniosité sans cesse renouvelée en matière d'anonymat (bandages, capuche, bandana, il a tout essayé, même le sac en papier à slog

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De Palma et les fantômes de Faust et d’Hitchcock

ECRANS | Avec "Phantom of the paradise", cette semaine au Comœdia, Brian De Palma réinventait en plein Nouvel Hollywood la comédie musicale rock, passée au prisme des films d’horreur, du queer et de son maître Hitchcock. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 mars 2014

De Palma et les fantômes de Faust et d’Hitchcock

Alors que le piteux Passion sonnait comme un chant du cygne pour Brian De Palma, son œuvre passée n’en finit plus de ressurgir sur les écrans : après Blow out, Pulsions, Scarface et même Les Incorruptibles, c’est Phantom of the paradise qui a droit à une copie restaurée numériquement. Celui qui fut longtemps le moins fréquentable des réalisateurs nés du Nouvel Hollywood a conquis une étiquette de "classique" plutôt amusante quand on juge l’impureté des œuvres qu’il tournait à l’époque, empruntant à Hitchcock et Antonioni, mais aussi aux séries B horrifiques et au giallo italien ou, comme ici, à la comédie musicale. Dans Phantom of the Paradise, De Palma entonne déjà un chant du «cygne», du nom du producteur maléfique Swan, croisement entre Phil Spector et Elton John, incarnation à la fois du côté obscur du music business et d’une culture queer alors naissante — on nous glisse que

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Insomniaque - Semaine du 5 au 11 mars

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Kill the Noise au Club Transbo, le premier anniversaire des soirées Encore à la Plateforme et Clark au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Insomniaque - Semaine du 5 au 11 mars

06.02 EZ! #19 Voilà bien longtemps que nous n'avions parlé de dubstep dans ces colonnes. En tout cas sous sa forme la plus mainstream – celle qui repose sur une imagerie de stickers pour bagnoles et sonne finalement plus comme une indigestion de consoles 16 bits et de modems 56k que comme la soi-disant musique de demain. La venue au Club Transbo de Kill the Noise nous donne l'occasion de renouer avec notre amour des drops qui déchaussent les molaires et des mélodies qui donnent envie de relancer un vieux Zelda, ce proche de Skrillex au look de petite frappe étant l'un des plus efficaces en la matière.   08.02 EncoreLes soirées Encore fêtent leur premier anniversaire et, plutôt que d'éditer une compilation de remixes du morceau homophone de Francis Cabrel, leurs organisateur

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L’Impasse tragique

ECRANS | Une semaine après Scarface, le Cinéma Lumière propose de redécouvrir son pendant tourné dix ans plus tard, L’Impasse, toujours avec De Palma derrière la caméra et (...)

Christophe Chabert | Jeudi 31 octobre 2013

L’Impasse tragique

Une semaine après Scarface, le Cinéma Lumière propose de redécouvrir son pendant tourné dix ans plus tard, L’Impasse, toujours avec De Palma derrière la caméra et Pacino devant. Plutôt que d’offrir une suite à leur film culte, les deux choisissent d’en faire l’inverse exact : Scarface était furieusement de son temps ? L’Impasse sera intemporel… Tony Montana était un idiot intégral, obsédé par la réussite et prêt à buter tout ce qui entraverait son ascension ? Carlo Brigante ne pensera qu’à se ranger, affichant tout du long une sagesse mélancolique face à un monde du crime qu’il méprise. De Palma s’offre une rime visuelle entre les deux : une affiche publicitaire vantant un «Paradis» caricatural à base de lever de soleil, de plage et de palmiers. Dès la première scène de L’Impasse, où l’on voit Brigante agoniser sur une civière, on sait que ce paradis-là ne sera jamais atteint, et cette introduction en forme de requiem donnera sa tonalité tragique à

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Scarface, Cubain de vulgarité

ECRANS | En 1983, les utopies politiques des années 70 sont déjà loin ; la rutilance reaganienne et le mauvais goût triomphant s’installent durablement en Amérique. (...)

Christophe Chabert | Vendredi 25 octobre 2013

Scarface, Cubain de vulgarité

En 1983, les utopies politiques des années 70 sont déjà loin ; la rutilance reaganienne et le mauvais goût triomphant s’installent durablement en Amérique. Brian De Palma, rescapé d’un Nouvel Hollywood dont il fût une figure atypique, bricolant des hommages maniéristes à son maître Hitchcock, se pique pourtant d’en offrir la critique la plus cinglante, faisant de la résistance bien planqué derrière les apparats de l’époque. Il s’empare donc d’un scénario signé de cette vieille baderne d’Oliver Stone, une transposition du Scarface de Hawks à Miami au moment où Fidel Castro vide ses geôles et répand sur le sol américain des criminels découvrant conjointement la Floride et la corruption généralisée du système. Pour De Palma, tout devient prétexte à un étalage de vulgarité qui tient autant à la mode du moment qu’à un regard sarcastique sur un libéralisme sans frontière morale transformé en religion. Tony Montana (Al Pacino, génialement clownesque) est le héros ultime de ce carnaval d’arrogance blindée, un pauvre type que tout le monde traite de «plouc», qui s’avachit dans une montagne de coke avant d

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Insomniaque - Semaine du 18 au 24 mars

MUSIQUES | 19.09 Art Feast LovesQui dit rentrée dit nouveau projet. En attendant de vous parler du nôtre dans notre prochain numéro, un mot sur celui d'Art Feast : la (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 11 septembre 2013

Insomniaque - Semaine du 18 au 24 mars

19.09 Art Feast LovesQui dit rentrée dit nouveau projet. En attendant de vous parler du nôtre dans notre prochain numéro, un mot sur celui d'Art Feast : la création d'un label qui, a raison d'une sortie tous les deux mois, poursuivra à l'échelle européenne le travail de promotion de la scène house locale que l'association mène depuis bientôt cinq ans. Une nouvelle résidence à La Marquise marquera le coup dès cette semaine, avec la complicité d'une discrète et néanmoins influente figure des nuits techno berlinoises (derrière les platines du Bar 25 puis du Kater Holzig et aux manettes du label Suol) : Mutlu. 20.09 Haste

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Party hard !

MUSIQUES | Le versant électronique de la Fête de la musique telle qu'on la célèbre à Lyon ressemble à un Apéro sonore à retardement (la gratuité, le réenchantement de l'espace public, l'hédonisme en partie diurne, tout ça). La programmation de qualité en moins ? Pas nécessairement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Party hard !

Chaque année, c'est la même question qui revient : où passer le soir du 21 juin lorsque l'on n'a d'oreilles que pour les onomatopées de synthèse ? Déjà, pas dans Lyon extramuros, où chorales et fanfares règnent quasiment sans partage. En centre-ville en revanche, au moins quatre spots valent le détour. D'abord la très populaire place Colbert, dans le premier arrondissement, où l'association Dofus Dofus proposera un plateau ghetto ascendant tropical de haute volée (avec Douster, JayWeed et

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Insomniaque - Semaine du 22 au 28 mai

MUSIQUES | 23.05 Palma All Night LongLa saison passée, ils ont bien failli reléguer Todd Terje au rang de DJ de warm-up. Cette année, à Nuits Sonores, et bien que se (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 15 mai 2013

Insomniaque - Semaine du 22 au 28 mai

23.05 Palma All Night LongLa saison passée, ils ont bien failli reléguer Todd Terje au rang de DJ de warm-up. Cette année, à Nuits Sonores, et bien que se produisant plus de trois heures avant lui, c'est Vitalic qu'ils ont manqué de priver de son peak time. Autant dire que les sets mi-house mi-techno de Raja, Noma et Reworks, les trois masterminds du collectif lyonnais Palma, sont de ceux qui vous retournent une salle plus sûrement que le Chevalier du Dragon inverse les chutes d'eau. Sceptiques ? Allez donc les écouter cette semaine au Terminal.   24.05 EZ! #12Vous voyez cette séquence du film The Cable Guy dans laquelle Jim Carre

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L’envie de Brian

ECRANS | Alors que son piteux Passion s’éteint lentement sur les écrans, Jean Douchet se charge de rallumer la flamme Brian De Palma avec son stage annuel à (...)

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

L’envie de Brian

Alors que son piteux Passion s’éteint lentement sur les écrans, Jean Douchet se charge de rallumer la flamme Brian De Palma avec son stage annuel à l’Institut Lumière. Une sélection de quatre films plutôt bien vue, puisqu’elle ne s’axe pas seulement sur le De Palma maniériste relisant avec son style emphatique les classiques hitchcockiens (il y en a deux, toutefois superbes : Blow out et Pulsions), mais aussi au cinéaste capable de transcender une commande et en faire un matériau éminemment personnel. En cela, son Mission Impossible est un sommet. Chargé de lancer une franchise de blockbusters initiée par l’acteur et producteur Tom Cruise, De Palma signe un film d’espionnage ludique et théorique, capable de glisser une réflexion très forte sur l’après-guerre froide, de tisser d’incroyables scènes de suspense pur et de multiplier les mises en scène à l’intérieur de la mise en scène, les trompe-l’œil virtuoses et les images manquantes ou menteuses. Encore plus étonnant, Outrages

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Passion

ECRANS | Vaine tentative de Brian De Palma pour réactiver les fondamentaux de son cinéma, ce remake de "Crime d’amour" se traîne entre esthétique de feuilleton télé teuton et autoparodie sans queue ni tête. Catastrophe ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 15 février 2013

Passion

Il faut d’abord se pincer pour croire que Brian De Palma est bien derrière la caméra de ce Passion. Les premières scènes, en effet, laissent plutôt penser que Claude Chabrol avait laissé en guise de testament ce remake du dernier film d’Alain Corneau. On retrouve la même désinvolture filmique, la même direction artistique ingrate, la même platitude visuelle que dans ses opus tardifs. En tout cas, pas trace du grand style De Palma ; juste des dialogues tiédasses, des intérieurs design cheap, des bureaux blancs sur blancs et deux actrices (Rachel MacAdams et Noomi Rapace) qui récitent sans conviction une partition il est vrai très faible. Même la musique du revenant Pino Donaggio ressemble plus aux compositions derrickiennes de Mathieu Chabrol qu’à celles d’un Bernard Hermann. Viral bol L’intrigue (mal) posée, où une ambitieuse chef d’agence de pub à Berlin (MacAdams) trahit sans vergogne son assistante (Rapace) pour obtenir une promotion new-yorkaise, tandis que ladite assistante, guère plus scrupuleuse, entame une liaison avec l’amant de sa patronne, De Palma y ajoute un sous-texte théorique qui relève du cache-misère cynique. Ici, to

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La grande bouffe

MUSIQUES | On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 1 juin 2012

La grande bouffe

On savait le label Gourmet Recordingz du genre à ne rien faire comme les autres. Par exemple, naître en plein acmé de la crise du disque pour servir d'arrière-cuisine autoproductive à un groupe d'electro hip-hop savoureusement bouffon (Les Gourmets, of course) avant de, à peine un an plus tard, débuter l’élaboration de l'un de ces pieux et panachés catalogues dont la frange indépendante de l'industrie est féconde (on avoue un faible pour le chiptuner 2080 et pour les folkeuses barely legal de Jüne). On le savait du genre à ne rien faire comme les autres, mais à ce point... C'est vrai quoi, vous en connaissez beaucoup vous, des structures qui fêtent leurs sept ans en organisant une soirée toute entière dédiée à leurs compagnons de galère ? Avouez qu'il y a là de quoi réveiller Pierre Bourdieu et lui inspirer un addendum à La Distinction. Critique sociale du jugement. Surtout de quoi le réveiller en fait, ladite soirée affichant une programmation très Future sound of Lyon, pour reprendre le nom de l'une des scènes les plus excitantes de la dernière édition de Nuits sonores. Le Blogg, spacieux caf'conc' inauguré l'hiver dernier,

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Redacted

ECRANS | de Brian de Palma (ÉU, 1h30) avec Izzy Diaz, Daniel Stewart Sherman...

Dorotée Aznar | Mercredi 13 février 2008

Redacted

Après le fiasco de son adaptation du Dahlia noir, le grand Brian de Palma repart à zéro. Il a réalisé en vidéo haute définition ce brûlot anti-guerre en Irak, beaucoup plus passionnant pour son dispositif que pour les idées qu'il véhicule. Car plutôt que d'opter pour une fiction relatant ce fait-divers réel - similaire à celui raconté dans Outrages du même De Palma - où des soldats américains montent une expédition punitive contre une famille irakienne, il préfère élaborer un écheveau complexe de témoignages documentaires : du journal vidéo filmé par un G.I. jusqu'à des images d'attentats retrouvées sur le web, en passant par un reportage lyrique réalisé par un couple de français. Les sources se recoupent et démontent peu à peu la mécanique qui conduit au drame. Mais, à l'exception des photos finales, rien de ce qui apparaît à l'écran n'est vrai ; tout n'est que reconstitution. La mise en scène n'avait donc disparu que pour mieux réapparaître ensuite, plus puissante que jamais. En réponse aux vérités tronquées des infos télé, De Palma préfère tout refilmer sans censure. C'est passionnant, mais seulement théorique. Car De Palma a trop de métier pour créer ce fameux «effe

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