Le Grolektif, une bande à part

MUSIQUES | D'abord regroupement informel de jeunes jazzmen en mal de sensations scéniques, le Grolektif est aujourd'hui un modèle de foisonnement et de résilience DIY. A la veille de son 11e anniversaire et de la 4e édition de son festival étendard, récit d'une belle aventure commune. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

«Pourquoi les collectifs se multiplient-ils ?» se demande en Une de son tout premier numéro la revue trimestrielle Théâtre(s) Magazine. Fondateur du Grolektif, au même titre qu'une quinzaine d'autres diplômés du Conservatoire de Lyon et de l'École National de Musique de Villeurbanne, Romain Dugelay a sa petite idée sur la question :

C'est une réaction face à une certaine économie et un certain climat.

Á rebours de l'austérité libérale et du retour de l'ordre moral (moins de bruit, moins de blagues, moins de mélanges), cette forme d'organisation un rien utopique s'impose en effet de plus en plus, dans le champ culturel mais pas que, comme le meilleur moyen non seulement d'assumer les risques économiques inhérents à la création, mais aussi de remettre en cause certains acquis artistiques. Et ça, le Grolektif l'a compris dès 2004.

Les petits bals perdus

Á l'époque, âgés d'une vingtaine d'année, frais émoulus de leurs hautes écoles et pour beaucoup multi-instrumentistes, Romain Dugelay et ses compagnons sont mus par un simple besoin, commun à tous les jeunes diplômés : celui de passer de la théorie à la pratique.

Notre première motivation était simplement de jouer. Avec un cursus jazz comme le nôtre, il n'était pas évident de trouver sa place dans le circuit de diffusion traditionnel

résume ce saxophoniste à la belle gueule de popstar britannique. La petite troupe imagine alors des rendez-vous de répertoire récurrents, prémices du fameux Bal du Grolektif, une «belle récréation où tout le monde est content et ivre» qui, avec ses reprises de standards et de plaisirs coupables, deviendra emblématique de l'esprit à la fois festif et expérimental du Grolektif.

Pour l'heure, c'est dans les cafés-concerts, en tête L'Autre Côté du Pont et La Boulangerie du Prado, que ses membres originels se font la main et posent les principes collectivistes (mise en commun des moyens, processus de décision collégial) de son organisation. Émulation oblige, chacun développe peu à peu des envies de compositions originales. De premiers groupes apparaissent et, dans leur sillage, les premières questions de professionnalisation.

D'«anarchie organisée», le Grolektif devient une véritable démocratie auto-gérée où, autour d'un noyau dur d'une dizaine d'activistes, gravitent une bonne soixantaine de musiciens. L'année 2008, marquée par l'arrivée de Joël Dziki à un poste d'administrateur, la co-création d'un lieu dédié aux «musiques innovantes» (le Périscope) et le lancement d'un label (qui publiera d'emblée pas moins de cinq disques), est à ce titre représentative de la mutation qui s'opère alors.

Ils vieilliront ensemble

Mais s'il s'attire la relative bienveillance de collectivités (DRAC, région, ville) qui peinent à cerner sa démarche, difficilement inscriptible dans les cases étriquées des dossiers de demande de subvention, le Grolektif n'en perd pas pour autant de vue ses idéaux. Au contraire, ils sont les garants de sa cohérence artistique.

Quel rapport entre le big band sur ressorts Bigre! et le noisy jazz pétaradant de Kouma, entre la free ambient immersive de CT4C et le blues avec vue du Migou (ou l'électro-pop fantasmagorique d'Erotic Market, qui fit ses débuts au sein du collectif), pour ne citer qu'une poignée de la dizaine de groupes qui composent la galaxie Grolektif actuellement ? Un certain goût du métissage entre méthodologie jazz et impulsivité pop. La volonté d'animer le territoire lyonnais. Et surtout le fait que leurs affiliés s'attachent «plus aux individus et à ce qu'ils peuvent apporter aux autres artistiquement qu'à une esthétique.

Á la différence d'autres collectifs qui revendiquent une identité, nous revendiquons surtout une façon de faire les choses. Une autre manière d'organiser l'autoproduction et de générer de l'artistique

explique Romain Dugelay.

Cette façon de faire, le Grolektif se doit désormais de l'exporter et de la transmettre à la génération suivante. Le constat date de son dixième anniversaire, fêté l'an passé. Il sera au cœur de la quatrième édition du festival Collision Collective. Créé dans l'idée de mettre en lumière ce do it yourself en bande organisée et les synergies qui peuvent se créer entre des salles et des équipes musicales développant un propos qui ne soit pas uniquement sonore, il proposera quatre jours de concerts et débats en présence de pas moins de onze regroupements apparentés venus de toute la France. L'enjeu, en termes d'effets de réseau, est de taille :

Très peu de producteurs sont intéressés par les musiques émergentes ou non rentables. On n'a pas le choix. Si on veut les faire entendre, on doit le faire nous-mêmes. Aucun tourneur ne va risquer sa peau à miser sur des groupes qui ne seront pas têtes d'affiche avant une révolution médiatique et culturelle qui ne viendra jamais

conclue Joël Dsizy.

Pas sûr, à voir comme le Grolektif s'en sort, qu'il faille le déplorer.

Le bal du Grolektif
Á l'Épicerie Moderne jeudi 2 avril

Collision Collective #4
Au Hot Club, au Périscope et au Marché Gare du mercredi 8 au samedi 11 avril


Le Bal du Grolektif


Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Erotic Market : « être non-essentiel, c'est super ! »

Pop | Au Périscope pour présenter la version live de Boredoms & Heartstrings, revisite avec quatuor à cordes de Boredoms, Marine Pellegrini revient sur l'évolution d'Erotic Market, la genèse de ce projet mais aussi les difficultés créatives rencontrées ces derniers mois avec le Covid dans le sillage d'une dépression. Et d'un retour aux affaires qui ne va pas de soi pour tous les musiciens.

Stéphane Duchêne | Mercredi 22 septembre 2021

Erotic Market : « être non-essentiel, c'est super ! »

Tu as poursuivi en solo le projet Erotic Market il y a quelques années, après le premier album du groupe. Pourquoi avoir choisi de continuer sur le même projet ? Marine Pellegrini (Erotic Market) : Quand Lucas [Garnier, autre moitié fondatrice du duo] a décidé d'arrêter en 2016, je n'avais aucune raison esthétique de changer. Pour moi ça restait un contexte que j'aimais, un nom que j'aimais, un style qui me convenait. Je n'avais aucune raison de changer, si ce n'est de jouer le jeu du chat et de la souris avec les programmateurs et les médias, en agitant un nouveau projet. Mais Erotic Market, c'était qui j'étais. Tu t'es mise à travailler différemment ? À la base avec Lucas, je faisais les premières ébauches, texte-musique, et lui étirait tout, il arrangeait. Ça partait toujours d'idées à moi. Aujourd'hui, je travaille un peu de la même façon sauf que je vais peut-être un peu plus loin dans la composition. Mais je fais toujours appel à des gens extérieurs pour arranger, finir de dispatcher les sons. Avoir une vue d'ensemble sur les morceaux, c'est quelque chose que je n'arrive pas à faire. Sur Queend

Continuer à lire

Soirée coquine avec Erotic Market

R&B | Erotic Market est de retour avec Queendoms, album voguant vers le r&b, diablement sexy et drivé par Rosemary Martins, désormais seule. À savourer au Marché Gare vendredi.

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Soirée coquine avec Erotic Market

Seule. Solo aux commandes, Rosemary Martins (de son vrai nom Marine Pellegrini) a laissé son binôme Lucas Garnier s'échapper vers d'autres cieux pour piloter à sa guise le vaisseau Erotic Market qui, forcément, prend la tangente. Oh ! il y a toujours ces beats électroniques qui structurent l'édifice, mais ils ont pris un sacré coup de groove. Ce qui disparaît nettement, balayé, c'est l'influence rock : bonjour le r&b sauvage et sexy, ambiance Missy Elliott voire Kaytranada, porté par un timbre se rapprochant souvent de Santigold. Les textes de ce nouvel opus baptisé Queendoms sont à l'avenant, questionnant la femme et sa place aujourd'hui, ou encore une société pervertie par l'ego, soutenus par un flow capable de muter, alternant scansions rappées ou parties chantées, plus mélodiques et plus coquines, aussi. Erotic Market nouvelle mouture ? Plus sexy, finalement, moins frontalement cul. Mais pas si solo, en fait. Plus collectif, même : Rosemary Martins s'est entourée de deux beatmakers pour l'épauler, pour partager, utilisant les recettes du hip-hop, fuyant l'aspect "groupe" du

Continuer à lire

Olivier Martin-Salvan, l'itinérant

Portrait | Chanteur, acteur et parfois même danseur, Olivier Martin-Salvan est avant tout un exceptionnel passeur de théâtre, capable de redonner du sens aux termes pantagruélique et ubuesque. Rencontre, à quelques jours de sa venue dans le Beaujolais, loin des ors dorés des salles de spectacles.

Nadja Pobel | Mardi 9 mai 2017

Olivier Martin-Salvan, l'itinérant

« Boucler la boucle. » Olivier Martin-Salvan aime bien cette expression qui, s'il n'était pas si jeune (35 ans cette année), pourrait passer pour une satisfaction de fin de carrière, du vieux sage qui se retourne sur son parcours avec une once de fierté. Mais non : cette locution, répétée par ce comédien, a plutôt à voir avec sa fidélité ; aux gens avec qui il travaille, mais surtout à lui-même. Une fidélité à l'éclectisme et plus encore à la découverte, au bousculement. Né dans l'Yonne, il découvre le théâtre dans une kermesse d'école à Avalon, et même s'il croise plus tard des metteurs en scène aussi importants que peu enclins à la déconne (Valère Novarina, Benjamin Lazar), Martin-Salvan conserve une approche ludique des spectacles auxquels il participe. Le voilà qui part faire des stages d'été dès ses 11 ans, avec la compagnie de l'Arc-en-Ciel implantée juste à côté de Lyon, à Chasselay, au château de Machy. À cette troupe tournée vers la religion (ses créations chaque mois de juin dans le cadre de leur festival en témoignent), Olivier Martin-Salvan dit beaucoup devoir : « il y a une vrai utopie chez

Continuer à lire

Faites un geste, renflouez un sous-marin

MUSIQUES | En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Faites un geste, renflouez un sous-marin

En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, festivals, accueils en tous genres...), Le Périscope, haut lieu de l'expérimentation sonore s'il en est, en fait toujours les frais. Au point de mettre à profit son anniversaire pour souligner la fragilité de sa situation économique et vous inviter, l'espace de trois soirées de soutien, à écoper la flotte qui s'infiltre par ses écoutilles sous les harangues de fidèles du lieu. Trois ambiances de travail sont proposées : anxiogène ce mercredi 17 décembre avec, notamment, le post-punk en niveaux de gris de Rank, le hardcore jusqu'au-boutiste de Alabaster et un DJ set fatalement impétueux des Too Girly DJs – rassemblés par un aréopage d'activistes de bruit, en tête les labels Gaffer et Bigoût ; détendue le lendemain, carte blanche au supa funky Grolektif (par ailleurs co-fondateur du Périscope) oblige ; et enfin euh... eh ben jazzy le 19, avec le Lyon Jazz Collectif. A vos écuelles. Benjamin Mialot

Continuer à lire

Très chers voisins

SCENES | Dans "Bigre", pièce sans paroles qui se fait pourtant bien entendre, un trio de comédiens emmené par l’épatant Olivier Martin-Salvan cherche quelques grammes de bonheur dans une marrée de petites misères. Et c'est hilarant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 18 novembre 2014

Très chers voisins

En prenant le parti de se passer de texte, Pierre Guillois, également présent sur scène, a dû inventer une autre forme d’échange entre ses trois personnages. Un pari d'autant plus risqué que ce qu’il a à nous dire n’est pas très réjouissant. Voyez ces trois individus, cloitrés dans leurs studios grands comme des mouchoirs de poche. Ils pourraient être des étudiants rongeant leur frein en attendant des jours meilleurs. Mais ce sont des adultes, comme un nombre croissant des locataires des appartements minuscules et branlants dont s'enorgueillit notre belle société. Des adultes anonymes dont les caractéristiques font non seulement de parfaits ressorts comiques pour ce spectacle burlesque, mais expriment également comment l’homme, esseulé, s’est mis à parler aux murs. C’est là que le théâtre reprend ses droits, via un travail méticuleux sur le décor constitué par leurs trois cabanes. L’un des protagonistes loge ainsi dans une piaule high tech et d’un blanc immaculé, ne commandant ses objets que par des artifices (claquement de main, télécommande). Un autre vit dans un capharnaüm digne d’un psychopathe (ou d’un pauvre qui n’aurait pas de placards). La trois

Continuer à lire

Blahblahrella

MUSIQUES | Pour assumer le buzz bourdonné par Erotic Market ces derniers mois, il fallait au minimum un album bien branlé. C'est encore mieux puisque "Blahblahrians" donne carrément envie de se foutre à poil et de faire le sexe avec ses amis, Dame Nature ou même un parcmètre pour une grande partouze post-apocalyptique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 avril 2014

Blahblahrella

A l'heure où le "bla bla" (ou "blah blah" en anglais, magie de la traduction) est devenu un sport de combat, Erotic Market a été bien inspiré d'intituler son très attendu Blahblahrians (en rayon le 28 avril), contraction, on l'aura compris sans être sémiologue, de «blah blah» et de «barbarians». Bref un bien beau barbarisme au service d'une musique du passage à l'acte un rien vandale. Le duo constitué de Lucas Garnier et Marine Pellegrini avait déjà passablement retourné la moquette et repeint les murs du paysage musical façon bordel aux reliefs ondulants avec la rampe de lancement Rumblin'. De live habités en tremplins souvent gravis haut la main en passant par des articles suscitant une curiosité toujours plus large – dans le Guardian récemment – la carrière du groupe n'aura été jusqu'ici qu'un buzz de plus en plus assourdissant dont le climax aura sans doute été la censure de son dernier clip – on y voyait des gens faire le sexe. Blahblahrians arrive donc à point nommé pour asseoir, ou disons coucher, un peu les choses.

Continuer à lire

Le gros lot

CONNAITRE | «Quand je m'arrête sur les dix dernières années, je me pose une question: est-ce vraiment nous qui avons créé tout ceci ?». Cette formule d'auto-admiration (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Le gros lot

«Quand je m'arrête sur les dix dernières années, je me pose une question: est-ce vraiment nous qui avons créé tout ceci ?». Cette formule d'auto-admiration déguisée en doute existentiel, prononcée par Mark Zuckerberg à l'occasion du dixième anniversaire du réseau social Facebook, le Grolektif pourrait se l'approprier : voilà en effet tout juste une décennie que cette bande de jeunes musiciens du coin, à géométrie plus que variable – quinze au départ, ils se virent plus de trente par un prompt renfort et sont aujourd'hui une "petite" douzaine –, multiplie les projets en ce qui ressemble à une tentative vaine et néanmoins impressionnante de faire passer l'armada d'agents Smith de Matrix Reloaded pour une équipe de rugby à sept.  A ceci près que, du big band Bigre! au trio audiovisuel CT4C, c'est avec autant de modestie et de dérision que la dizaine de groupes gravitant autour de cette entité, par ailleurs co-fondatrice du Périscope

Continuer à lire

La tête dans les mirages

CONNAITRE | Après une première édition en forme de prise de température, le Mirage Festival prend de l'ampleur. Plus qu'un instantané, c'est de fait un véritable panorama de la création numérique contemporaine qu'il propose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

La tête dans les mirages

En latin, dolus désigne une supercherie. C'est exactement ce à quoi s'est livré le collectif du même nom (redoublé) lors de la dernière Fête des Lumières : plutôt que de proposer un éclairage inédit du bâti à sa disposition, il a érigé sur la place Colbert un immersif tunnel de diodes dont les variations d'intensité figuraient autant de respirations. Autrement dit une installation autonome et qui aurait été à sa place, c'est le cas de le dire, sur n'importe quel autre bout de trottoir de la ville.Non respect du cahier des charges ? On préfère y voir l'affirmation d'une authentique passion pour les arts numériques : là où la plupart des événements se targuant de les promouvoir ne les utilisent en fin de compte qu'à des fins décoratives, Dolus & Dolus les valorise dans toute leur capacité à redéfinir notre environnement. Notamment dans le cadre du Mirage Festival, créé en 2013 et renouvelé cette année dans une version augmentée. Un festival pour les unir tous Ce sont en effet pas moins de douze lieux qu'investira l'événement, et à peu près deux fois plus de fenêtres sur l'avenir qu'ouvriront les développeurs, musiciens et plasticiens (et

Continuer à lire

Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

Continuer à lire

Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

Continuer à lire

Un été bœuf

MUSIQUES | Ça alors ! Comme le temps passe vite. L'hiver a peine terminé voici venir le 21 juin, l'été et la Fête de la Musique. Ah ! Comme l'envie de tout voir est grande ! Mais comme c'est impossible, voici notre sélection rock-pop-jazz-variété, totalement subjective et non exhaustive. «100 % pur bœuf» assure l'organisateur, mais garantie sans flûte à bec. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Un été bœuf

Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de ces deux informations est fausse, l'autre contient un merveilleux jeu de mots). Surtout, le credo de cette année, c'est matin, midi et soir – ce qui fait beaucoup de bœuf, on vous l'accorde. Il faudra donc par exemple prendre une RTT ou profiter de sa pause de midi pour aller voir le joli plateau composé du prometteur folkeux Adam Wood et du plus pop... Poppy (en duo avec Silène) au Musée des Beaux-Arts entre 12h et 14h. Pour ceux dont la pause sandwich est trop courte, Adam Wood rejouera en fin de journée place Johannès Ambre, en groupe cette fois. Rappelons en tout cas que chaque année, le 21 juin est l'occasion de découvrir certains nouveaux talents. Remember Joe Bel l'an dernier et le chemin parcouru depuis. Elargis ton monstre Parmi les scènes emblématiques de l'événement, celle de Lerockepamort – associé au Marché Gare, au Périscope, à Thou Bout

Continuer à lire

Le Riddim bat la démesure

MUSIQUES | La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 novembre 2012

Le Riddim bat la démesure

La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont le principal combat voit une trentaine de participants gagner le ring à tour de rôle, dans le but de s'en expulser les uns les autres jusqu'au dernier. Là où ça devient bizarre, c'est qu'il plane sur ledit combat une malédiction : tous les types qui sont entrés en quatorzième position ont vu leur carrière s'effondrer et/ou leur vie prendre fin prématurément. Si nous en faisons état ici, c'est parce qu'en apprenant, à une semaine du coup d'envoi de la quatorzième édition du Riddim Colision, l'annulation de la venue du beatmaker californien Nosaj Thing, l'une de ses têtes d'affiche, on s'est demandé si quelqu'un chez Jarring Effects/Active Disorder n'avait pas tiré le mauvais numéro dans une carrière antérieure. Vérification faite, il n'en est rien, le festival devrait donc se dérouler sans autres encombres. Tant mieux, car il y a une fois de plus du très bon. En tête The Oscillation, quatuor briton donnant dans le rock altérateur de perception (mercredi 7 au Clacson), nos petits chouchous d'

Continuer à lire

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

MUSIQUES | On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 29 octobre 2012

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 décembre en live au Centre culturel de Viviers (Ardèche) afin de gagner une place parmi les désormais fameuses Découvertes du Printemps (23 au 28 avril 2013). Il s'agit de : Denis Rivet, Erotic Market, Broc, Metastaz, The Architect, Kacem Wapalek, Ni et Golden Zip. Les pronostics sont ouverts et les préférences permises. Résultat des courses en janvier.

Continuer à lire

Année Erotic ?

MUSIQUES | On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

Année Erotic ?

On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, il suffit d'écouter quelques secondes de ce jeune groupe lyonnais pour que le marché de l'érotisme s'empare de vous comme une jeune fashionista d'un cachemire à moins 70% un jour de soldes. Il n'y avait guère qu'Echo Orange, maison d'énergumènes comme Fireball FC, Daisy Lambert ou The Rebels of Tijuana, pour se faire souteneur d'un projet aussi allumé et addictif (aidé en cela par le Grolektif et Jarring Effects en un curieux mélange de genres). Lequel est manifestement en train d'aguicher au-delà du périphérique lyonnais puisque le buzz – celui du râle de l'amour physique – fait son petit bonhomme de chemin avec un taux de pénétration non négligeable. La faute à un titre qui commence à pas mal tourner : Rumblin', méla

Continuer à lire

Mia et le Migou

ECRANS | De Jacques-Rémy Girerd (Fr, 1h31) animation

Christophe Chabert | Mercredi 3 décembre 2008

Mia et le Migou

Il y a deux problèmes avec ce Mia et le Migou, nouveau film du réalisateur de La Prophétie des grenouilles. L’un est narratif : la première partie, où une petite fille part retrouver son père enseveli sous les décombres d’un chantier, n’intéresse que modérément Girerd, qui l’expédie avec des raccourcis de récit confus. Ce n’est que quand Mia rencontre le(s) Migou(s) que le film trouve enfin son rythme et sa poésie. Les dernières séquences, visuellement étourdissantes, témoignent d’un souffle tardif mais indéniable. L’autre problème, plus profond, concerne le discours écologique du film et la technique d’animation utilisée (du dessin à l’ancienne, garanti sans PAO). Les deux traduisent une phobie du progrès technique assez embarrassante : Girerd, plus Ségolène Royal qu’Henry David Thoreau, prône un retour à la nature et aux vraies valeurs à coup de caricatures grossières (le patron au gros cigare s’appelle Jekhide !). Derrière la naïveté du trait, ce populisme écolo fait un peu froid dans le dos. Christophe Chabert

Continuer à lire