Les soirées du 8 au 21 avril

MUSIQUES | 5 RDV nocturnes à ne pas manquer d'ici le 22 avril : Audio Werner au DV1, DJ Deep à la Plateforme, la 45 Live Party du Kafé, la Dial Label Night du Sucre et Soundstream au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 7 avril 2015

11.04 In/side #10

De bourdonnements en cliquetis, il est fréquent qu'un morceau de musique électronique soit accueilli par des comparaisons avec des bruits d'insectes. Le Berlinois Audio Werner, fondateur du label Hartchef Discos, a pris la chose au pied de la lettre : Zwrtshak Drive, le petit tube de house minimale qui l'a fait connaître en 2004, était porté par le chant de centaines de crickets. Il n'a depuis pas renouvelé l'expérience. Des morceaux pareillement obliques et maniaques, il en a en revanche enregistré suffisamment pour que la seule annonce de sa venue au DV1 nous mette des fourmis dans les jambes.


Audio Werner + Junkie Inoue + Offen


DV1 6 rue Violi Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


MTR #13 : Dj Deep + Zadig + Renart & Sloven


La Plateforme 4 quai Victor Augagneur Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Soirée coup de coeur

45 live party feat.Ollie Teeba + Dj suspect + Boca 45
Ninkasi Kafé 267 rue Marcel Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Lawrence anyways à La Triperie

Pop | À une lettre près, James Milne aurait pu être vainqueur de la Ligue des Champions 2018 avec le Liverpool FC. Mais une lettre ça vous change parfois une vie (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Lawrence anyways à La Triperie

À une lettre près, James Milne aurait pu être vainqueur de la Ligue des Champions 2018 avec le Liverpool FC. Mais une lettre ça vous change parfois une vie et un individu. Ainsi James Milne est-il infiniment moins dur sur l'homme que son presque homonyme à coups de taureau officiant dans l'entre-jeu liverpudlien, James Milner. Celui qui s'est rebaptisé Lawrence Arabia est même carrément doux comme un carré de soie. C'est en tout cas ce que sa pop, née en Nouvelle-Zélande (décidément, en ce moment c'est un festival), semble suggérer, à l'image de son dernier disque Singles Club, vraie-fausse compilation de singles composée à raison d'un par mois pendant un an. Et vrai cabinet de curiosités où ce Neil Hannon des antipodes, à l'aise sur tous les fronts de la pop, habille sa musique de tous les atours possibles, d'arrangements de cordes, en clavecins, de chœurs angéliques en riffs psychédéliques, évoquant tant Grandaddy que Syd Barrett et se permettant même de s'offrir, en plus de participations amicales comme Jonathan Bree, une collaboration a

Continuer à lire

Ego tripes : "Mother !" de Darren Aronofsky

Thriller | Thriller fantastique aux échos polanskiens, cette réflexion sur les affres effroyables de la création est aussi une puissante création réflexive. Et le récit du voyage aux enfers promis à celles et ceux qui gravitent trop près autour d’un·e artiste. Métaphorique et hypnotique.

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Ego tripes :

Un poète en panne d’écriture vit à l’écart du monde dans la vaste demeure que sa jeune et aimante épouse achève de rafistoler. L’arrivée d’un couple d’inconnus perturbe leur intimité. Mais si la maîtresse de maison est troublée par ces sans-gênes, le poète se montre des plus exaltés… À croire qu’une internationale de cinéastes s’est donné pour mot d’interroger les tourments de l’inspiration littéraire : après Jim Jarmusch (Paterson), Pablo Larraín (Neruda), Mariano Cohn & Gastón Duprat (Citoyen d’honneur), voici que Darren Aronofsky propose sa vision du processus d’écriture. Vision divergée, puisqu’épousant les yeux de la muse plutôt que celle de l’auteur. Mais pas moins douloureuse : afin d’accomplir l’œuvre lui permettant d’être sans cesse adulé par ses lecteurs, le poète va vampiriser son entourage jusqu’aux derniers sangs, avec l’ingratitude égoïste d’un saprophyte. Gore allégorique Si dans Black Swan, l’acte créat

Continuer à lire

DJ Deep, l'esthète

Clubbing | Si aujourd'hui "la deep" est parfois synonyme de soupe aseptisée, ce sous-genre de la house music fut longtemps le repère des esthètes et des puristes, des (...)

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

DJ Deep, l'esthète

Si aujourd'hui "la deep" est parfois synonyme de soupe aseptisée, ce sous-genre de la house music fut longtemps le repère des esthètes et des puristes, des gardiens de l'esprit originel, garants d'une house nourrie de vocaux empruntés au garage, d'un beat ne dépassant pas les 120 BPM, d'influences piochées dans la sono mondiale (les percussions latines ou haïtiennes, le petit riff de guitare afrobeat, ce genre). On disait deep, pour évoquer la profondeur de l'âme, de la soul s'en dégageant. Une musique de club, au sens propre du terme : ici, l'on dansait entre connaisseurs et mélomanes. En France, un homme incarnait ce style au point d'en avoir pris le nom : DJ Deep. Cyril Étienne des Rosaies de son vrai nom. Un esthète, en effet. Converti dès 1988, vite coopté par Laurent Garnier, qui le convie à ses côtés, du Boy (on écoutait alors beaucoup de deep house dans la sphère gay) au Rex Club dont il devient à son tour l'un des résidents. Au Queen,

Continuer à lire

X-Men : Apocalypse : le patron, c'est Bryan Singer

ECRANS | En mettant ses mutants aux prises avec le premier d’entre eux, Apocalypse, Bryan Singer boucle une seconde trilogie des X-Men épique. Et montre que, de tous les réalisateurs de productions Marvel déferlant sur les écrans ces temps, c’est bien lui le patron.

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

X-Men : Apocalypse : le patron, c'est Bryan Singer

Lorsqu’une franchise achemine sur les écrans son huitième opus en seize années d’existence, le plus docile et bienveillant des spectateurs est fondé à émettre quelque inquiétude quant à la pertinence du film. Heureusement, il existe des exceptions ; des sagas parvenant à coup de rebondissements intrinsèques à dépasser le stade de la “suite” et de la resucée, sachant se réinventer ou créer une singularité — James Bond en est un parangon. Dans le vaste univers Marvel (en expansion continue), la tradition (du tiroir-caisse) impose à une série de se développer par ramifications autour de ses personnages-phares, puis de faire tabula rasa en lançant un reboot… tout en s’affadissant. Sauf pour X-Men, îlot d’exception dans un océan tanguant vers les rivages du morne ordinaire. Oh, cela ne signifie pas que l’ensemble de l’octalogie mérite d’être portée aux nues (un ventre mou modelé par Brett Rattner et Gavin Hood la plombe), mais elle présente, outre sa remarquable longévité, une capacité à absorber ses propres spin-off (Wolverine) et reboots (Days of Future Past) pour les fondre dans une masse paradoxalement homogène.

Continuer à lire

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | 08.04.16 > LE SUCRE KINK Troisième épisode d'une série à succès : la résidence de Kink au Sucre. Le Bulgare, Strahil Velchev à l'état civil, est l'une des (...)

Sébastien Broquet | Mardi 5 avril 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

08.04.16 > LE SUCRE KINK Troisième épisode d'une série à succès : la résidence de Kink au Sucre. Le Bulgare, Strahil Velchev à l'état civil, est l'une des plus belles apparitions de la scène électronique récente, illustrant le passage à l'Est de la techno. Producteur émérite, il donne des live épatants où son énergie décuple celle des clubbeurs. Encore plus à Lyon, ville où il a beaucoup joué, ayant noué des liens avec la scène régionale et particulièrement le label d'origine stéphanoise Sharivari Records, dont le boss (Mush) partage l'affiche ce soir. Famille. 09.04.16 > TERMINAL PHASE FATALE Dans le cadre de ses soirées Cytochrome, le Terminal poursuit sa quête d'une techno intelligente et différente en conviant le très noir Hayden Payne, guitariste et chanteur du groupe Dream Affair, new-yorkais installé à Berlin où il développe en solo et sous pseudo Phase Fatale un son industriel, noise, jamais déconnecté du dancefloor mais sans concession aucune, que l'on retrouve en plusieurs E

Continuer à lire

Clubbing : Les trois soirées de la semaine

MUSIQUES | 29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Clubbing : Les trois soirées de la semaine

29.01.16 ENCORE : THEO PARRISH L’une des plus belles et fascinantes perles de la house music, le rare Theo Parrish, fait escale au Transbordeur - c’est confirmé, malgré des soucis personnels il a tenu à assurer son set au long cours - quatre heures - où le groove sera omniprésent sous les doigts agiles de ce maître de la scène de Détroit, cette famille où se côtoient également Moodymann et Marcellus Pittman. Ses apparitions n’étant pas si fréquentes, réservez vite. Lotfi (La Face B) assurera le warm-up. Culte. 29.01.16 PALMA SOUND-SYSTEM Trio parmi les plus prometteurs de la ville, le collectif lyonnais Palma a installé une résidence mensuelle au Sucre où ils défendent leur vision d’une techno influencée par l’electronica et la minimale : l’occasion d’entendre les productions sorties récemment sur leur propre label, le tout nouveau Palma Records. L’invité du soir étant Aubrey, originaire de Portsmouth où il

Continuer à lire

X-Men : Days of future past

ECRANS | Pour son retour à la mythologie X-Men, Bryan Singer signe un blockbuster stimulant visuellement, intellectuellement et politiquement, où il se plaît à courber l’espace et le temps, dans sa narration comme dans la chair de ses plans. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

X-Men : Days of future past

Un futur dévasté, peuplé de camps et de charniers, où humains et mutants sont ensemble victimes de robots (les Sentinelles) capables d’imiter les éléments et les métaux ; et l’Amérique des années 60, encore traumatisée par la mort de Kennedy et en pleine crise du Vietnam, où Nixon développe sa politique réactionnaire et où les mutants commencent à se structurer en mouvement révolutionnaire. Le défi de ce X-Men : Days of future past, basé sur l'un des plus fameux arcs narratifs du comic book d'origine (signé Chris Claremont et John Byrne en 1981), consiste à replier le futur sur le passé en une seule temporalité fictionnelle, enjambant le présent qui avait été celui de la première trilogie et dont Bryan Singer avait su tirer de stupéfiants blockbusters engagés et personnels, bourrés de sous-textes et développant ses personnages comme autant d’icônes de la culture populaire. Ce nouveau volet, qui marque son retour aux manettes mais aussi en grande forme après les déconvenues Superman et Jack le chasseur de géants, en ajoute une poignée dès son ouverture, impressionnante. Au milieu d’un décor en ruines, une mutante aide ses camarades à co

Continuer à lire

Insomniaque - Semaines du 26 février au 11 mars

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer d'ici le printemps : Robert Leiner au DV1, Truss & Tessela au Club Transbo et Lawrence au Terminal. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Insomniaque - Semaines du 26 février au 11 mars

01.03 R&S NightTrois décennies séparent la techno séminale de Juan Atkins de celle, rénovatrice, de Blawan. Cette distance, il suffit d'un coup d’œil sur le catalogue d'un label bien particulier pour l'abollir : celui de R&S Records, institution fondée à Gand en 1984 et sans laquelle le genre n'aurait sans doute pas eu le retentissement qui fut le sien en Europe. Le DV1 l'honore en accueillant, non pas l'un de ses fondateurs, mais son ingénieur son et, accessoirement, son pensionnaire le plus emblématique (depuis 1992 et la parution du papillotant The Neuromancer) : le Suédois Robert Leiner. 01.03 EncoreEn 2000, R&S Records ferme boutique par lassitude. Suit un hiatus de six ans avant qu'il ne soit réactivé à Londres, où il contribue depuis activement au renouveau de la scène techno britannique. Outre Blawan, évoluent ainsi dans son giron Untold, Pariah, ainsi que T

Continuer à lire

Hunger Games : l’embrasement

ECRANS | Le premier volet de Hunger Games n’était pas fameux, mais il était curieux. Par ses choix de mise en scène presque arty, mais aussi par la fascination (...)

Christophe Chabert | Lundi 25 novembre 2013

Hunger Games : l’embrasement

Le premier volet de Hunger Games n’était pas fameux, mais il était curieux. Par ses choix de mise en scène presque arty, mais aussi par la fascination totale de son réalisateur Gary Ross envers Jennifer Lawrence, qu’il filmait sous toutes les coutures, en action ou en train de ne rien faire, iconisant à l’extrême son héroïne dans un film qui, par ailleurs, n’allait au bout de rien. Entre les mains de Francis Lawrence, ce Battle royale pour les nuls vire à la catastrophe light, se transformant en une énième série télé pour grand écran où tout devient lisse : enjeux, personnages, violence — inexistante —, sexualité — il faut voir comment on filme une fille se dénudant pour comprendre le degré de puritanisme dans lequel s’enfonce ce cinéma mainstream pour ado… Surtout, passées les vingt premières minutes qui essaient vaguement de retrouver les questions politiques timidement soulevés par la première partie, Hunger Games : l’embrasement ne fait qu’en reprendre le déroulé hyper attendu, renouvelant ses seconds rôles — forcément, les autres se sont tous faits dessouder dans le précédent — sans arriver à les développer au-de

Continuer à lire

La fin justifie le Moyen

CONNAITRE | Depuis le début de l'été, la Croix-Rousse abrite une nouvelle maison d'édition littéraire. Façon de parler. Car c'est exclusivement sous forme numérique que Moyen-Courrier publie son (passionnant et inédit) catalogue d'essais et enquêtes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 27 septembre 2013

La fin justifie le Moyen

Le papier tel que nous le connaissons est un matériau en voie d'extinction. Et l'écriture cursive, telle qu'on l'enseigne de plus en plus facultativement dans nos écoles, une pratique vouée à n'être qu'une entrée parmi d'autres dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. On peut s'en scandaliser, et mener une guérilla de petits riens (achat de journaux en kiosques, apprentissage de la calligraphie, auto-édition de revues...) pour tenter d'inverser la tendance. On peut aussi s'en remettre à ses instincts darwiniens, et profiter de cette évolution forcée pour remblayer quelque trou culturel. C'est cette deuxième voie qu'ont choisi d'emprunter Julie Étienne et Élodie Perrin en fondant Moyen-Courrier, une maison d'édition dématérialisée spécialisée dans les essais et des documentaires littéraires de moins de cinquante pages : «Moyen-Courrier est né de deux constats : beaucoup de gens, nous disions-nous, sont aujourd’hui équipés d’une tablette ou d'une liseuse, et beaucoup d'autres le seront très prochainement. Beaucoup de textes forts, nous disions-nous également, plus longs qu'un article et plu

Continuer à lire

Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

MUSIQUES | 28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, (...)

Benjamin Mialot | Lundi 24 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 26 juin au 2 juillet

28.06 – AF001 "Enthusiast"Ça y est, c'est officiel : Le Sucre, le rooftop qui fit les belles nuits de la Biennale d'art contemporain à l'automne 2011, devient pérenne. Et ce à compter de cette fin de semaine, date non pas de son inauguration (programmée pour septembre), mais de sa pré-ouverture, qui se poursuivra tout l'été via une bonne quinzaine de soirées. Vu la tronche de la première, en forme de launch party du nouvel album du Berlinois Siriusmo, dauphin surdoué d'Aphex Twin et petit frère bizarroïde de Modeselektor, on est bons pour une dérégulation glycémique. 29.06 Cruel Summer OpeningSi sa direction artistique

Continuer à lire

Happiness therapy

ECRANS | Des personnages borderline dans une comédie romantique dont la mise en scène s’autorise à son tour toutes les hystéries visuelles : David O’Russell fait dans le pléonasme et l’emphase pour camoufler sa progressive absorption par la norme hollywoodienne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 janvier 2013

Happiness therapy

Pat Solotano est bizarre. Il faut dire qu’il a sauvagement tabassé l’amant de sa femme quand il les a découverts nus sous la douche en rentrant de son boulot. Complètement cinglé selon les uns, temporairement perturbé selon les autres, en voie de rémission selon lui-même, on lui donne une chance de sortir de l’asile où il a atterri pour échapper à la prison, et le voilà revenu chez ses parents. Eux aussi sont un peu bizarres : la mère est surprotectrice, le père est bourré de tocs. Même ses amis sont bizarres, à leur façon : un couple très dépareillé qui ne trouve son équilibre qu’en ravalant ses frustrations, et une jeune veuve devenue nymphomane et obsédée par l’idée de réussir un concours de danse. Pour ceux qui ne le sauraient pas, David O’Russell est aussi un type bizarre : à l’époque de son manifeste cinématographique hermétique (J’♥ Huckabees), il donnait ses interviews pieds nus et dans une sorte de transe méditative. Happiness therapy veut faire de cette bizarrerie généralisée la matière à un renouveau de la comédie romantique. Les personnages y chercheraient une forme d’équilibre par le chaos psychologique ambiant, et les codes les plus attendus

Continuer à lire

Poussières dans le vent

ECRANS | De Hou Hsiao Hsien (Taiwan, 1986) avec Shufang Chen, Li Tien-Lu, Ko Lawrence...

Jerôme Dittmar | Vendredi 21 septembre 2012

Poussières dans le vent

Après Les Garçons de Feng Kuei, Un été chez grand père puis Un temps pour vivre et un temps pour mourir, Poussières dans le vent clôture la première partie de l'œuvre d'Hou Hsiao Hsien. Quatre films avec tous pour point commun la jeunesse, et qui sont autant de chroniques bouleversantes du temps qui passe, que des sismographes de Taiwan. Tourné en 1986 et jusqu'ici difficilement visible, Poussières dans le vent ressort en salles et rappelle que ces premiers films, d'une maîtrise époustouflante, sont ce qu'il y a de plus beau chez l'auteur. Suivant le destin d'un garçon et une fille qui, à la sortie de l'adolescence, tentent de rentrer dans la vie en quittant leur campagne pour Taipei, le film noue l'intime à l'Histoire avec autant d'acuité que de sensibilité et d'élégance. À travers le parcours de ces deux amis d'enfance qui se cherchent sur un terrain amoureux se dérobant sans cesse devant une existence insaisissable, Hou Hsiao Hsien filme avec force et amplitude l'impermanence des choses et son impact sur plusieurs générations. Œuvre des transitions et ses complications (vers l'âge adulte, d'un monde rural et ici minier à la ville),

Continuer à lire

L’allumette et le soleil

ECRANS | C’est une œuvre monumentale, ces films dont on dit, avec une nostalgie un peu rance "qu’on n’en fait plus" et dont même les continuateurs déclarés ont perdu (...)

Christophe Chabert | Jeudi 30 août 2012

L’allumette et le soleil

C’est une œuvre monumentale, ces films dont on dit, avec une nostalgie un peu rance "qu’on n’en fait plus" et dont même les continuateurs déclarés ont perdu la formule (Jean-Jacques Annaud et son Or noir en ont fait les frais l’an dernier). Pourtant, quelque chose dans Lawrence d’Arabie résiste à l’embaumement et au musée. Son image la plus célèbre montre le lieutenant anglais Lawrence (qui a réellement existé, figure militaire de la Première Guerre mondiale devenue figure littéraire sous le nom de T. E. Lawrence) contemplant une allumette en gros plan ; au moment où elle s’éteint, une ellipse aussi fulgurante que celle de l’os et du vaisseau dans 2001 raccorde en fondu enchaîné avec le soleil levant sur un désert. Infiniment petit, infiniment grand, intime et spectacle : c’est le génie de David Lean, qui n’est pas seulement un immense cinéaste classique, mais aussi un fabuleux raconteur d’histoires en images. Il y a dans Lawrence d’Arabie un des plans les plus exceptionnels du cinéma : lors de la charge contre l’occupant turc, Lean réunit plusieurs centaines de figurants pour filmer l’assaut contre cette ville côtière imprenable car entourée

Continuer à lire

Lean de mire

ECRANS | La saison commence en fanfare pour le cinéma de patrimoine avec une rétrospective David Lean sur l’imposant écran de l’Institut Lumière, mais aussi avec le lancement d’une nouvelle ciné-collection dont le programme revendique cette année son éclectisme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 23 août 2012

Lean de mire

Alors qu’on l’attendait plutôt du côté du festival Lumière, où elle aurait pu faire une superbe séance de clôture à la Halle Tony Garnier, c’est bien dans le cadre de la programmation "normale" de l’Institut Lumière que l’on découvrira la copie restaurée en HD de Lawrence d’Arabie, chef-d’œuvre absolu de David Lean. C’est un événement, tant le film mérite son titre d’archétype d’un cinéma total et monumental (par sa durée, par l’ampleur de sa mise en scène, par la complexité de ses enjeux) dont Hollywood s’échine à retrouver la formule. La bonne surprise, c’est que cette ressortie s’inscrit dans une rétrospective consacrée à Lean, où l’on pourra voir les autres grandes œuvres du réalisateur (Docteur Jivago, Le Pont de la Rivière Kwaï et La Route des Indes), ses adaptations de Dickens (Oliver Twist et Les Grandes Espérances) mais aussi des raretés (L’Esprit s’amuse et Heureux mortels, tous deux présentés le 5 septembre).

Continuer à lire

Agoria, de permanence

MUSIQUES | Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 février 2012

Agoria, de permanence

Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et des néo-nazis, en bonne place sur la liste des spécificités lyonnaises. Pour l'heure, si vous n'avez jamais assisté à un DJ set de celui qui, sous le nom d'Agoria, écrit depuis une douzaine d'années les plus belles pages de la techno, sachez qu'il n'est pas trop tard : le bonhomme, par ailleurs entré dans la légende locale pour avoir participé à la création des Nuits sonores, sera en effet de passage au Ninkasi Kao samedi 11 février. Accompagné pour l'occasion du parigot Dj Deep, pionnier de la house tricolore, il y fêtera à quelque jours près la première année d'existence discographique de son troisième album, Impermanence.

Continuer à lire

De l'eau pour les éléphants

ECRANS | De Francis Lawrence (ÉU, 1h55) avec Robert Pattinson, Reese Witherspoon, Christoph Waltz…

Christophe Chabert | Vendredi 29 avril 2011

De l'eau pour les éléphants

Le 22 juin, vous vous délecterez du génial Balada triste de trompeta. Ceux qui auront eu le malheur de s’aventurer au préalable dans une salle projetant De l’eau pour les éléphants verront que sur un même sujet, on peut produire soit un chef-d’œuvre, soit un bidon de lessive. De la part de Francis Lawrence, réalisateur des déjà médiocres Constantine et Je suis une légende, rien de franchement étonnant. Mais il y avait donc mieux à tirer de cette rivalité amoureuse entre un jeune véto et un directeur de cirque dans l’Amérique de 1931, en pleine dépression économique. Sauf que rien n’est traité à l’écran : ni le cirque — on ne voit jamais un numéro en entier, ni le contexte — réduit à une reconstitution appliquée, et encore moins le désir de l’héroïne, tiraillée entre sa loyauté à un mari cyclothymique et son attirance pour le jeune et fougueux vétérinaire. Reste un mélodrame longuet aux rebondissements attendus, aux effets appuyés et à la conclusion d’une effarante malhonnêteté. Seule satisfaction : même embarqué dans un projet boiteux, Christoph Waltz est un acteur passionnant à regarder jouer. Christophe Chabert

Continuer à lire

Winter’s bone

ECRANS | De Debra Granik (ÉU, 1h40) avec Jennifer Lawrence, John Hawkes…

Christophe Chabert | Mercredi 23 février 2011

Winter’s bone

Invitée surprise des prochains oscars, cette production indépendante joue l’exotisme à l’envers : il montre un bout d’Amérique inédit sur les écrans, celle des bicoques délabrées d’un Missouri brumeux et boueux, et les familles pauvres qui les habitent. Le meilleur du film de Debra Granik est d’ailleurs dans ses séquences purement ethnologiques et documentaires. Elle y greffe par-dessus une fiction qui a tendance à affadir l’ensemble par un misérabilisme appuyé. Le puits de poisse qui s’abat sur cette adolescente refusant, pour protéger sa famille, de courber l’échine face à la violence, le machisme et la corruption, aurait mérité une touche d’humour, d’onirisme ou d’innocence ; une distance, celle que David Gordon Green avait trouvée dans son beau (et trop peu vu) "L’Autre Rive". CC

Continuer à lire

À Block de polar

CONNAITRE | Festival / L’écrivain américain Lawrence Block sera l’attraction du cinquième Quais du polar. Son œuvre, foisonnante et variée, fait de lui une véritable légende du roman noir contemporain. Yann Nicol

Aurélien Martinez | Jeudi 19 mars 2009

À Block de polar

Les amateurs de Wong Kar Wai auront peut-être remarqué que le scénario de son dernier film, My Blueberry Nights, avait été écrit en collaboration avec un certain Lawrence Block, que les fans de polars connaissent, eux, mieux que Norah Jones et Cat Power réunies. Il faut dire que le bonhomme, qui est entré en littérature dans les années 60 avec une série de romans noirs assez insolites, a depuis construit une œuvre colossale par sa dimension autant que par sa variété : une soixantaine de romans, une centaine de nouvelles, quelques livres théoriques et donc plusieurs collaborations avec le 7ème art (son roman, Huit millions de morts en sursis, avait notamment été adapté au cinéma avec Jeff Bridges dans le rôle de son enquêteur fétiche, Matt Scudder). Deux de ses premiers textes, qui viennent d’ailleurs d’être réédité au Seuil sous le titre Mensonges en tous genres, symbolisent les premiers pas de Block dans le polar avant qu’il ne crée, à partir des années 70, les personnages récurrents qui le feront entrer dans le panthéon du genre. On y retrouve deux intrigues qui fleurent bon le roman de gare, mais que l’écrivain américain sait déjà sublimer grâce à deux qualités qui en font un au

Continuer à lire