Woodstower : les premiers noms

Benjamin Mialot | Jeudi 2 avril 2015

Dépossédé de son terrain de jeu, le festival de trance Hadra a assuré qu'il ferait tout de même parler de lui cet été.

Chose promise, chose due, puisque Woodstower lui a attribué une scène de son édition 2015. Au-delà de ce rapprochement amical, le raout aoutien (paf, assonance) du Grand Parc de Miribel-Jonage recevra cette année les Sud-africains sur ressorts de Skip&Die, le duo tourangeau détendu du flow Chill Bump et Vaudou Game et son afro-funk pour 33 tours, ainsi que Jeanne Added et Thylacine.

Suite de la programmation le 27 mai prochain.

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Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

Nomades | Le cinéma n’a pas de frontière. Le réalisateur français Olivier Coussemacq le prouve en signant un film on ne peut plus marocain, "Nomades". Rencontre (logique) à l’occasion des Rencontres du Sud…

Vincent Raymond | Jeudi 8 août 2019

Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

Habituellement, les films traitant des questions de migration du point de vue du Sud sont produits ou réalisés par des Marocains. Quel est votre rapport au Maroc ? Olivier Coussemacq : Cela a été une des difficultés du projet, en effet… Quand j’ai présenté le film à Tanger, en avant-première marocaine dans le cadre du festival du cinéma marocain, on n’a pas reconnu au film son identité marocaine. Quand je suis en France avec ce film, on me dit « Mais c’est un film avec des inconnus en langue arabe ! » J’ai un rapport ancien avec le Maroc, un rapport d’amour surtout, comme pour un certain nombre de pays et des liens anciens avec le Maghreb, ainsi qu’un intérêt pour ce qui n’est pas “nous“. J’ai envie d’aller voir ailleurs pour éviter de trop parler de nous — d’autres le font très bien. Enfin, j’ai eu quelques difficultés dans le passé, à titre intime, avec ma mère que je ne développerai pas et les mères du Maghreb en règle générale, sont des femmes qui m’émeuvent par leurs capacités de résistance, leur générosité. Un caractère de mère amoureuse et protectrice… Les Marocains ne se reconnaissaient pas

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Routes et déroutes du sud : "Nomades"

Drame | Pour dissuader son ultime fils Hossein de seize ans de tenter l’exil illégal vers l’Europe par la voie maritime, Naïma quitte Tanger, direction la campagne du sud. Chez son oncle et sa tante, Hossein se sent coupé du monde moderne et en veut à sa mère…

Vincent Raymond | Jeudi 8 août 2019

Routes et déroutes du sud :

« Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console », dit un proverbe que Hossein pourrait faire sien : son exil dans le sud rural lui permet de relativiser sa situation et de constater les privilèges dont il dispose. Mais relativiser marche dans l’autre sens : comment ne pas vouloir quitter un pays qui interdit à ses locaux l’accès aux hôtels, à moins qu’ils ne soient escortés par les touristes ? Comment ne pas être écœuré de voir sa cousine quasiment “vendue“ à un compatriote établi à l’étranger ? Comment ne pas désespérer de n’avoir pour seul perspective l’exercice de cireur de chaussures — soumis de surcroît à une forte concurrence ? Dans le sillage des brûlots de Nabil Ayouch, Olivier Coussemacq porte un regard intérieur sans concession sur la société marocaine, où la jeunesse et les femmes n’ont le choix qu’entre le désarroi et le désespoir. Demeurent ici en bout de course des graines d’espoir pour la méritante Naïma et par ricochet pour son entêté de fils. Il n’est pas défendu de croire qu’elles fleuriront. Nomade

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Vaudou Game, funk transatlantique

Afro Funk | Adeptes d'un funk rêche et ultra addictif, auteurs de tubes instantanés comme Pas Contente ou le récent La Vie c'est Bon, capables de longues transes à la Fela ou Poly-Rythmo, les Lyonnais de Vaudou Game, emmenés par le charismatique Peter Solo, reviennent muni d'un second opus en forme de classique : Kidayù.

Sébastien Broquet | Mardi 13 septembre 2016

Vaudou Game, funk transatlantique

On définit souvent Vaudou Game comme un groupe d’afro funk ou de funk vaudou, explorant un univers proche du TP Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou : es-tu d’accord avec ces références et les revendiques-tu ? Peter Solo : Je suis à fond dans la filiation avec Poly-Rythmo et avec Roger Damawuzan. C’est une fierté : je préfère que l’on me compare à mes aînés plutôt qu’à Michael Jackson, par exemple ; si on me disait que je m’inscrivais dans sa filiation à lui, je comprendrais moins... Certains morceaux des deux albums s’approchent plus du blues, développent une certaine spiritualité, s’éloignent de l’aspect dansant : je pense à Ata Calling par exemple... Dans la musique, il n'y a pas que la danse. Il y a des moments de recueillement, de ressource, d’émotions fortes. Ces instants d’intimité donnent du relief à un discours, on se doit d'avoir des ambiances différentes à proposer pour varier les énergies et les émotions. Mais cette gamme de morceaux, lents et plus intérieurs, est aussi une gamme authentiquement vaudou togolaise, reprise des chants traditionnels et sacrés.

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Vaudou Game : la nuit des masques

Vaudou Game | C'est entre Togo et Bénin qu'est né le vaudou que l'on assimile souvent, à raison mais aussi à tort, à Haïti. C'est quelque part entre Lyon et la campagne de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Vaudou Game : la nuit des masques

C'est entre Togo et Bénin qu'est né le vaudou que l'on assimile souvent, à raison mais aussi à tort, à Haïti. C'est quelque part entre Lyon et la campagne de l'Ain — une sorte de BénAin, imagine-t-on, que le togolais Peter Solo pratique (parfois affublé d'un masque Zangbeto) son drôle de déguisement des cérémonies vaudous et des chants d'une toute autre musique de transe : l'afro funk et même, l'afro blues. Pour se livrer à ce petit jeu de masques, Solo, qui ne l'est pas tant que ça, a fondé Vaudou Game : un solide attelage funk (guitare, basse, trombone, saxo, batterie) capable de le suivre dans toutes ses syncopes et à la moindre de ces cérémonies masquées. Le résultat a beaucoup envoûté depuis la sortie d'Apiafo — ce qui en langue Mina, issue de la culture Guin, signifie « ainsi soit-il » ou « amen ». Il n'est pas impensable que comme il l'a fait dans les environs de Montracol pour le clip de Pas contente, Vaudou Game prépare quelque cérémonial du crû à l'Épicerie Moderne le 13 mars, accompagné de son oncle Roger Damawuzan, le James Brown béninois.

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Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

MUSIQUES | 03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif Encore n'aura visiblement de répit que le jour où il aura accroché à son tableau de chasse toutes les figures historiques de la techno. Cette semaine, c'est ainsi au tour de Kevin Saunderson de voir sa tête placardée au-dessus de la cheminée, en l'occurrence celle du Petit Salon, en sa qualité d'originator, à égalité avec Juan Atkins et Derrick May, du "nouveau son pour danser de Detroit" – il paraît qu'on utilise trop d'anglicismes, alors voilà, enjoy (oups).

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Woodstower, toujours vert

MUSIQUES | Battu par les flots, Woodstower ne sombre pas. Deux ans après un déluge qui l'a contraint à revoir ses ambitions à la baisse, le festival du Grand parc (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Woodstower, toujours vert

Battu par les flots, Woodstower ne sombre pas. Deux ans après un déluge qui l'a contraint à revoir ses ambitions à la baisse, le festival du Grand parc Miribel Jonage propose au contraire l'un des week-ends – concerts le samedi, arts de la rue et animations décalées (sauna, retrogaming, sound system sous-marin...) le dimanche – les plus solides de son histoire. Sur la scène principale se succéderont notamment la révélation post-punk Jeanne Added, les exubérants Sud-africains de SKIP&DIE (qui revisitent les traditions tropicales à l'aune d'une bass music éminemment rassembleuse) et un Mr. Oizo plus barré et acide que jamais, tandis que sa petite sœur fera la part belle au hip-hop, fut-il décontracté et old-school (Chill Bump) ou abstrait et futuriste (Fowatile). Quant au club, il accueillera le pionnier de la minimale Ivan Smagghe, Claude (le projet disco/house tout chelou de l'inclassable beatmaker Fulgeance) et Thylacine, magicien de la MPC qui, comme Fakear et Superpoze, réinjecte méticulosité et mélan

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