Live at Pampilles, un festival qui met du rock dans le vin

MUSIQUES | Accorder produits du terroir et rock du cru. C'est le réjouissant programme du microfestival Live at Pampilles.

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Après le festival promouvant d'un même élan la bande dessinée et la viticulture (Vendanges Graphiques), voici celui qui envisage le locavorisme simultanément du point de vue gastronomique et du point de vue musical : le Live at Pampilles. Organisé par un autoproclamé «sommelier punk» – qui a déjà fait des siennes en la matière, notamment en marge de Nuits Sonores 2014, et dont on peut suivre les tribulations gustativo-auditives sur le site www.wineandnoise.com – et financé au terme d'une petite campagne de crowdfunding, l'événement se tiendra samedi 9 mai dans une grange de la commune des Haies, sise à quelques encablures de Condrieu.

Au menu : du vin (de Condrieu donc, mais aussi du Côte-rôtie), du fromage de chèvre (la fameuse rigotte), des bières du coin, des burgers préparés sur place et de la bonne musique indé du cru, du post-punk pour ville morte de Rank à la synth-noise sur batteries de 2 Boules Vanille en passant par les pertes et fracas psychédéliques de Noyades, le blues complètement à l'est de Sathönay ou le hip-hop décharné et analphabète de Rature (12 groupes au total). Une certaine idée du retour à la terre.

Benjamin Mialot


Live at Pampilles

Sathönay + Rature + Torticoli + 2 boules vanille...
GAEC des Pampilles 1039 chemin de la Casson Les Haies
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Claude Viallat expose à la Galerie Ceysson & Bénétière

Art Contemporain | À quelques pas du Musée des Beaux-Arts, la Galerie Ceysson & Bénétière propose un nouvel et vaste espace d’exposition sur deux niveaux. Créée en 2006 à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 juin 2021

Claude Viallat expose à la Galerie Ceysson & Bénétière

À quelques pas du Musée des Beaux-Arts, la Galerie Ceysson & Bénétière propose un nouvel et vaste espace d’exposition sur deux niveaux. Créée en 2006 à Saint-Étienne la prestigieuse galerie d’art contemporain s’est ensuite implantée à Genève, au Luxembourg, à Paris et à New-York. L’artiste "Supports/Surfaces" Claude Viallat inaugure les cimaises avec plusieurs œuvres récentes, jusqu'au 31 juillet : des bâches militaires découpées sur lesquelles il a peint sa fameuse "empreinte" (un quasi rectangle). Pierre Collet, responsable de la galerie lyonnaise, nous annonce pour la suite deux expositions monographiques prometteuses, l’une consacrée au pape du minimalisme américain Frank Stella, et une autre à ORLAN.

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Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Littérature Live Festival | Au début du mois mai, la Villa Gillet annonçait le remplacement des Assises Internationales du Roman par le Littérature Live Festival. Un nom et une formule qui, si tout va bien, devraient laisser place au Festival International de Littérature de Lyon en 2022. Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet et instigatrice de ces changements, nous explique pourquoi et comment.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Après une édition numérique des Assises Internationales du Roman, la Villa Gillet présente cette année le Littérature Live Festival. Pourquoi ce changement d'identité, jamais anodin pour un festival ? Lucie Campos : je suis arrivée l'an dernier en tant que nouvelle directrice de la Villa Gillet avec un projet qui impliquait à la fois de consolider les acquis d'une maison qui a une très grande légitimité à l'international et de changer des choses. La Villa Gillet porte depuis 14 ans un festival de littérature qui s'est appelé depuis 2007 les Assises Internationales du Roman. Elle continuera bien évidemment de porter un festival qui sera pour l'avenir le Festival International de Littérature de Lyon, avec pour domaine d'action et d'interrogation la littérature dans son sens le plus large. C'est là le principal changement : quitter la forme unique du roman qui fais

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Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

Festival | À l'occasion de la nouvelle édition de son festival de littérature internationale, la Villa Gillet en profite pour en changer l'identité en proposant désormais le Littérature Live Festival, un festival hybride qui jongle entre présentiel, duplex et numérique. Parce que les contraintes sanitaires l'exigent et que c'est peut-être l'avenir. Présentation de cette vraie-fausse première édition qui se tiendra du 25 au 30 mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

L'an dernier en plein cœur du marasme sanitaro-culturel que nous appellerons dans quelques années "La Grande Annulation", la Villa Gillet et sa nouvelle directrice Lucie Campos avaient refusé d'abdiquer et profité du confinement pour revoir intégralement la copie présentielle des Assises du Roman et livrer un festival entièrement numérique. Laquelle s'était déroulée à la lisière du déconfinement du 11 au 17 mai. Cette année, la Villa Gillet innove encore un peu plus, quand bien même cela relèverait-il davantage du changement de ligne que de l'adaptation aux circonstances. Car la mutation est d'envergure, qui repose notamment sur un changement de nom du festival qui anime chaque année, depuis quatorze ans et depuis Lyon, la scène littéraire internationale. Le live comme façon de faire En effet, les Assises Internationales du Roman ne sont plus, place au Littérature Live Festi

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L’adolescence au tapis : "L'Envolée" d'Eva Riley

Drame | Mère décédée, père au comportement infantile, démissionnaire et absent… À 14 ans, Leigh s’assume toute seule, tenant grâce à la gymnastique. Las, ses résultats sont en berne depuis peu. L’arrivée d’un grand frère, jusqu’alors inconnu et un brin voyou, va faire évoluer son caractère…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

L’adolescence au tapis :

Rien de nouveau sous le soleil de cette satanée Angleterre : une banlieue entre pavillons premier prix et villas de quartiers huppés, de la misère sociale, des ados qui zonent et des adultes qui picolent. Et puis, au club gym, Leigh la petite prolo se fait chambrer par les “copines“ trop stylées, trop méchantes, trop blondes, trop friquées, trop pétasses… Avouons que le cadre est connu, proche du cliché. Mais Eva Riley sait se centrer sur le ressenti de son personnage et le transmettre sans un mot de trop. Confrontée trop tôt à la solitude, Leigh cherche des yeux une attention — ses regards vers les autres mères en disent long. Pas forcément quelqu’un qui l’admire, juste une présence qui fasse d’elle une “fille normale“, et non une orpheline mendiant de l’affection… et refusant la pitié tout à la fois. La relation ambiguë, semi incestueuse, qu’elle noue avec son demi-frère Joe tombé du ciel, témoigne de sa confusion : parce qu’il la fascine par la liberté qu’il incarne, son audace juvénile, sa qualité de presqu’adulte et qu’elle est en manque de repère, elle plaque sur lui des senti

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Le ministre de la Culture touché par le coronavirus

Covid-19 | Le ministère de la Culture l'a annoncé ce lundi soir à l'AFP : le ministre Frank Riester a été diagnostiqué positif au coronavirus, tout en précisant qu'il (...)

Sébastien Broquet | Lundi 9 mars 2020

Le ministre de la Culture touché par le coronavirus

Le ministère de la Culture l'a annoncé ce lundi soir à l'AFP : le ministre Frank Riester a été diagnostiqué positif au coronavirus, tout en précisant qu'il était « en forme ».

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Festival Sport, Littérature et Cinéma : Complètement foot

Institut Lumière | Au milieu des hommages (à Poulidor), des films, des invités prestigieux (Platini, Killy, Luc Dardenne) et d'une thématique tournée vers l'olympisme, le toujours très éclectique Festival Sport, Littérature et Cinéma réserve la part du lion au football. Avec la promesse de nous aider à cerner notre amour de ce jeu.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Festival Sport, Littérature et Cinéma : Complètement foot

Il y a cette maxime sur le football et la morale qu'énonça un jour le gardien du Racing Universitaire d'Alger, Albert Camus ; Sartre lisant L'Équipe dissimulé dans les pages du Monde ; Marguerite Duras conversant dans Libération avec un retraité nommé Platini qu'elle compare à un ange... Et quand Montherlant écrit en 1927 : « il a conquis le ballon et seul, sans se presser, il descend vers le but adverse. / Ô majesté légère, comme s'il courait dans l'ombre d'un dieu ! », il n'a jamais vu jouer Best ou Rocheteau mais à coup sûr, il parle d'eux. De là, ce lien indéfectible du football et d'une élite culturelle qui ne l'a pas toujours assumé. Longtemps le culte du jeu et des joueurs fut réservé à la vulgarité d'un peuple célébrant ses veaux d'or dans la folie propre aux foules théorisées par Gustave Lebon. Les choses ont bien changé et sans doute le

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Puzzle-thérapie : "Ne croyez surtout pas que je hurle"

Documentaire | De même que Man Ray s’abstenait d’appareil photographique pour réaliser ses images-photogrammes, Frank Beauvais a signé un long-métrage sans avoir (lui-même) eu (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Puzzle-thérapie :

De même que Man Ray s’abstenait d’appareil photographique pour réaliser ses images-photogrammes, Frank Beauvais a signé un long-métrage sans avoir (lui-même) eu recours à une caméra. Entre essai, journal intime et documentaire, Ne croyez surtout pas que je hurle est en effet constitué uniquement d’images d’archives, ou plutôt de séquences (parfois très courtes, de l’ordre de la seconde) empruntées aux quelque 400 films que le cinéaste a visionnés de manière compulsive durant les quelques mois pendant lesquels il a vécu en état dépressif quasi reclus dans un village alsacien après une rupture amoureuse. Commentant de manière clinique son aboulie et sa déréliction, Beauvais dégoise sur son environnement duquel il se sent — avec une certaine morgue parisienne, notons-le — très différent et dont il craint par conséquent la potentielle animosité. De son point de vue, tous les sépare : lui, l’urbain artiste cultivé homosexuel ; eux, les épais germaniques hétéro — on mettra sur le compte du chagrin d’amour l’outrance réductrice et globalisante de son propos. Si le propos de la voix off est parfois

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Cannes à Lyon : demandez le programme !

ECRANS | On connaît à présent le programme de la programmation des films issus du festival présentés “en léger“ différé de la Croisette… mais en avant-première de leur sortie (...)

Vincent Raymond | Vendredi 17 mai 2019

Cannes à Lyon : demandez le programme !

On connaît à présent le programme de la programmation des films issus du festival présentés “en léger“ différé de la Croisette… mais en avant-première de leur sortie sur grand écran. Première lyonnaise proposée par le Pathé Bellecour, elle permettra aux cinéphile les plus rapides de découvrir entre le vendredi 24 et le dimanche 26 mai inclus 14 films, dont 8 en compétition pour la Palme d’Or — laquelle sera remise samedi 25 au soir — : Les Siffleurs du Roumain Corneliu Porumboiu, Frankie d’Ira Sachs, It must be heaven d'Elia Suleiman, Little Joe de Jessica Hausner, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, Sorry we missed you de Ken Loach, Le Traître de Marco Bellocchio, Atlantique de Mati Diop. Appartenant à la sélection officielle (mais hors compétition), il faut ajouter La Belle époq

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Notre petite sœur : "Une affaire de famille"

Palme d'Or | de Kore-eda Hirokazu (Jap ; 2h01) avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka…

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Notre petite sœur :

Le fantasque Osamu est l’affectueux père d’une famille vivant de petites rapines et autres combines. Un jour, il ramène à la maison une gamine maltraitée par ses parents et convainc sa femme de la recueillir comme si elle était leur fille… Personne ne niera que Kore-eda a de la suite dans les idées lorsqu’il s’agit de dresser des portraits de familles nippones singulières — c’est-à-dire appelées à se reconfigurer à la suite de la perte ou de l’ajout subit d’un membre. Pour Une affaire de famille, il empile les tranches de vies canailles, s’amusant dans un premier temps à faire défiler des instantanés du “gang“ Osamu. Plus attendrissant que redoutable, ce père aimant tient davantage du bras cassé folklorique “toléré“ par ses victimes que du féroce yakuza. Si le point de vue rappelle celui de The General (1997) de Boorman ou les Arsène Lupin dans la façon de construire une figure avenante à partir d’un malfrat, la modicité des larcins d’Osamu le dispense d’avoir à narguer les forces de l’ordre : l’estime dont il bénéficie demeure ici circons

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Kore-eda Hirokazu : « créer un malaise et un tiraillement chez le spectateur »

Une Affaire de famille | Actuellement à Paris pour le tournage (et montage) de son nouveau film qu’il espère soumettre à Cannes en 2019, Kore-eda Hirokazu nous parle de cette histoire de famille qui lui a valu la Palme d’Or 2018. Entretien.

Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

Kore-eda Hirokazu : « créer un malaise et un tiraillement chez le spectateur »

Vous êtes-vous inspiré d’un fait réel ? Kore-eda Hirokazu : Pas d’un fait divers réel en particulier, mais de plusieurs petits incidents ayant agité les médias japonais, qui m’ont nourri pour imaginer cette histoire. Deux sources, principalement. D’une part, ces enfants ne déclarant pas le décès de leurs parents et qui en conservaient le cadavre afin de continuer à percevoir leur pension de retraite. Cela avait fait un peu “sensation“. D’autre part, l’histoire d’une famille d’Osaka qui volait à l’étalage et complétait ses revenus en revendant les articles dérobés. Ils avaient été arrêtés parce qu’ils n’avaient jamais réussi à se séparer de deux cannes à pêche. Je me suis dit que le père et le fils adoraient pêcher ensemble et qu’ils n’avaient pu se résoudre à les vendre. Et c’est comme cela qu’est venue la première image du film : celle d’un père et d’un fils dont les liens ne sont pas des liens du sang, de dos chacun avec une canne. C’est elle qui a déclenché l’envie de ce film, que l’on peut dire inspiré de faits réels. Aviez-vous des références de cinéma liées à des familles dysfon

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Vincent Weber, un pas de côté

Littérature | Plutôt que rouler sur la bonne voie, aller dans le décor ! Si la métaphore peut avoir un aspect automobile risqué, elle est chez Vincent Weber (qui (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 novembre 2018

Vincent Weber, un pas de côté

Plutôt que rouler sur la bonne voie, aller dans le décor ! Si la métaphore peut avoir un aspect automobile risqué, elle est chez Vincent Weber (qui vient de publier Dans le décor, chez Trente-trois morceaux) à connotation beaucoup plus théâtrale. Ici, aller dans le décor (par le regard, par l'écriture, par l'attitude existentielle...) c'est se diriger ailleurs que vers le centre de la scène, le cœur de l'action, le devant du drame. La tentative de Weber n'est, certes, pas nouvelle et s'inscrit au sein d'un long héritage culturel : la flânerie poétique de Baudelaire, la saisie « d'instants non décisifs » de photographes comme Robert Frank ou Raymond Depardon, l'éclatement chorégraphique de toute centralité chez Merce Cunningham, l'informe chez Georges Bataille, l'écoute du silence et des creux de la parole chez Freud... Mais dans son petit livre, Weber réussit à insuffler une atmosphère très singulière (avec beaucoup d'ouvertures et de pistes lancées), dans une écriture à la couture fine, en n'hésitant pas pour autant à éclater ses quatre chapitres dans le te

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10 concerts à ne pas louper en juin

Bons Plans | Début du festival Nuits de Fourvière et gros noms à foison, Thom Yorke en solo au Transbo, saison des festivals lancée : en juin, point d'ennui, les esgourdes ne risquent pas encore de s'ensabler.

La rédaction | Samedi 2 juin 2018

10 concerts à ne pas louper en juin

King Khan & the Shrines + Reverend Beat-Man Soyons clairs, voici probablement réunis deux des performers les plus dingos du paysage musical : un King de la soul à l'excentricité consommée (et bien connue), mêlant le groove de James Brown et la folie de Sun Ra, et un révérend, one-man band helvète souvent évoqué ici, capable de jeter un sort à n'importe quel audience avec son blues de l'enfer. Au Marché Gare le samedi 2 juin Amadeus Sorti en 1984, Amadeus, signé Miloš Forman, conte les élucubrations, parfois fantasmées, d'un certain Wolfgang Amadeus Mozart, précoce génie un brin excentrique. Bercé de louanges, le film est un classique

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Frank Le Gall

CONNAITRE | On peut parler d’événement sans exagération tant il cultive la discrétion et fuit tout ce qui a trait à de la promotion brute ou à des manifestation publiques. (...)

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Frank Le Gall

On peut parler d’événement sans exagération tant il cultive la discrétion et fuit tout ce qui a trait à de la promotion brute ou à des manifestation publiques. Est-ce le cadre si particulier de cette pépinière d’artistes qu’est l’École Émile-Cohl, l’invitation lancée par l’Épicerie séquentielle (une joyeuse — et néanmoins sérieuse — guilde de professionnels de l’illustration) ou bien l’amitié nouée avec ses interlocuteurs de la soirée, qui a convaincu Frank Legall de venir participer à une conférence-rencontre ? Toujours est-il que ce sera l’occasion de revenir sur la genèse de la série phare du Breton, Théodore Poussin (dont le 13e tome Le Voyage de l’Amok vient de paraître chez Dupuis), ou d’évoquer l’aventure de Spirou et Fantasio qu’il avait signée, Les Marais du Temps. Une fois que vous aurez bu ses paroles, si vous avez la gorge sèche, un petit buffet est prévu contre une modeste participation aux frais (2€) At

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Sur le divan : "Love addict"

Flirt | de Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier, Marc Lavoine...

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Sur le divan :

Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d’une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ? Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c’était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n’est pas si mal : pour qui s’est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d’Aladdin, c’en est presque miraculeux. Car il s’agit d’une variation ne disant pas son nom — se peut-il qu’elle s’ignore ? — et assagie du délirant What’s New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre. Frank Bellocq n’est ni Donner ni Allen, mais il se tire plutôt bien de

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Rōnins canins : "L’Île aux Chiens"

Le Film de la Semaine | Wes Anderson renoue avec le stop motion pour une fable extrême-orientale contemporaine de son cru, où il se diversifie en intégrant de nouveaux référentiels, sans renoncer à son originalité stylistique ni à sa singularité visuelle. Ces Chiens eussent mérité plus qu’un Ours argenté à Berlin.

Vincent Raymond | Mardi 3 avril 2018

Rōnins canins :

Sale temps pour les cabots de Megasaki ! Prétextant une épidémie de grippe canine, le maire décide de bannir tous les toutous et de les parquer sur une île dépotoir. Atari, 12 ans, refuse d'être séparé de son Spots adoré. Il vole un avion pour rallier l’Île aux Chiens. Ce qu’il y découvrira dépasse l’entendement… Peu de cinéastes peuvent se targuer d’être identifiables au premier coup d’œil, qu’ils aient signé un film d’animation ou en prises de vues réelles. Tel est pourtant le cas de Wes Anderson, dont le cosmos se trouve, à l’instar d’une figure fractale, tout entier contenu dans la moindre de ses images. Martelée par trois tambourineurs asiates dans une pénombre solennelle, l’ouverture de L’Île aux Chiens est ainsi, par sa “grandiloquente sobriété”, un minimaliste morceau de bravoure andersonien en même temps qu’une mise en condition du public. Au son mat des percussions, celui-ci entame sa plongée dans un Japon alternatif nuke-punk, synthèse probable entre le bidonville de Dodes'kaden ! et le sur-futurisme c

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Les Intergalactiques, embarquement porte 7

Science-Fiction | Tout le monde s’accroche à son voisin, décollage imminent pour Les Intergalactiques ! Le festival de science-fiction se met en orbite autour du thème de la (...)

Pierre Deroudilhe | Mardi 3 avril 2018

Les Intergalactiques, embarquement porte 7

Tout le monde s’accroche à son voisin, décollage imminent pour Les Intergalactiques ! Le festival de science-fiction se met en orbite autour du thème de la Femme : il sera question de sa place dans la pop culture et de la technologie comme outil d’émancipation. On ne peut évidemment pas parler de SF sans quelques bons films : les rétrospectives du festival sont là pour ça. De Cherry 2000 (1988) de Steve de Jarnatt, film d’action déjanté où le protagoniste part à la recherche des pièces détachées pour réparer l’amour de sa vie, un robot à la perruque rousse flamboyante, au délirant Frankenhooker (1991) du culte réalisateur Frank Henenlotter, où un amoureux un peu dérangé assemble des morceaux de prostituées pour greffer sur ce corps le cerveau de sa bien-aimée, il y en aura pour tous les goûts, surtout extrêmes. Des longs mais aussi des courts-métrages : le festival est l’occasion de participer au concours "48h plus tard", durant lequel les équipes devront réaliser en deux jours une production de SF, toujours contraints par les règles farfelues du jury. Et si vous ne vous sentez pas l’âme d’un cinéaste

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Les Sportives en Lumière

Sport, Littérature & Cinéma | La cinquième édition du festival Sport, Littérature & Cinéma est largement consacrée aux femmes ce week-end, à l'Institut Lumière.

Sébastien Broquet | Mardi 30 janvier 2018

Les Sportives en Lumière

C'est l'histoire d'un rendez-vous excitant qui nous laisse un peu sur notre faim, cette année. D'un festival pas commun, ramenant le sport dans le monde des intellos, nous rappelant que le cyclisme a engendré quelques-unes des plus belles pages de la littérature française et que le film de boxe est un genre à part entière empli de chefs d'œuvre. Que le football, s'il garde malheureusement en France son image beauf, fait intégralement partie de la pop culture en Angleterre. Sport, Littérature & Cinéma, c'est cette histoire et bien plus encore : une riche idée de Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière, ardent supporter de l'OL, qui de plus accompagne le récent boom éditorial autour des livres consacrés au sport. Mais si les quatre précédentes éditions nous avaient aguiché, celle-ci semble plus maigre : épuisement de la formule ou fatigue passagère, l'avenir le dira. Reste que l'on déniche quelques pointes d'intensité au cœur de ce programme largement dédié aux femmes. Oui, le mil

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Cinq pépites à découvrir au Transfer

Festival Transfer | Un nouveau rendez-vous s'inscrit dans l'agenda des festivals lyonnais, avec l’éclosion du Transfer, du 2 au 4 février. Sa volonté : réunir deux univers dont les publics ne se mélangent pas assez, le rock indé et l'électro. Avec pour vocation première, la découverte.

Anaïs Gningue | Jeudi 26 janvier 2017

Cinq pépites à découvrir au Transfer

Deux groupes résolument rock'n'roll ouvriront les festivités à La Marquise le jeudi, The Temperance Movement et Ko Ko Mo. Les deux jours suivants, le Transbordeur sera réquisitionné pour un line-up éclectique. Les doigts passeront des guitares électriques aux platines – des incontournables Cage The Elephant à l'électro métissée de Mawimbi, en passant par l'instrumental lunaire de Pratos. Voici cinq noms à ne pas louper. TWIN PEAKS Ces natifs de Chicago font perdurer le garage jusqu’à aujourd’hui, et on les en remercie ! Maintenant rejoints par Connor Brodner aux claviers, les cinq jeunots surdoués en sont à leur troisième album – Down In Heaven. Ceux que l’on compare souvent aux Rolling Stones des débuts ou aux Black Lips lanceront les festivités à coup de mélodies teintées de punk (voire même de consonances country apparaissant sur ce dernier opus).

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Hola à Ali, hello à Alain, heil à Leni

Sport, Littérature & Cinéma | Hommages, venues d’idoles et film maudit sont au programme de cette 4e édition du festival Sport, Littérature et Cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Hola à Ali, hello à Alain, heil à Leni

Fin janvier, les amateurs et/ou pratiquants de disciplines sportives ont rendez-vous à l’Institut Lumière, où l’année a débuté sur les chapeaux de roues. Voilà qui devrait rappeler de bons souvenirs à l’invité d’honneur Alain Prost, qui assistera le 27 à une projection de Weekend of a Champion (2013), le documentaire que Frank Simon et Roman Polanski consacrèrent au pilote Jackie Stewart. La veille, l’ouverture sera “poignante” à plus d’un titre, avec l’hommage rendu à Muhammad Ali. Disparu l’an dernier, le champion devenu roi, totem puis légende revivra sur l’écran dans When We Were Kings (1996) de Leon Gast. Une soirée d’autant plus symbolique que la toute récente médaillée d’or de boxe aux Jeux olympiques de Rio, Sarah Ourahmoune, est attendue. L’œil de Berlin Mais le festival, grâce à sa composante “colloque”, aborde aussi les sujets d’actualité, comme de grands thèmes transversaux entre la littérature, le cinéma et l’histoire. Sont ainsi prévus au menu : une causerie sur la candidature de Paris aux JO 2014 par Thierry Rey, ou un point sur la restauration du patrimoine cinématographique du Co

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"Captain Fantastic" : à qui “père”, gagne

ECRANS | de Matt Ross (E-U, 1h58) avec Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Un père de famille survivaliste radical se résigne à quitter sa forêt avec ses six enfants pour assister aux obsèques de son épouse — leur mère. En découle une confrontation initiatique avec la prétendue “civilisation”, ainsi que les proches de la défunte, hostiles à son choix d’existence… La présence de Viggo Mortensen au générique aurait dû nous mettre la puce à l’oreille : Captain Fantastic tranche avec ces faux films indé fabriqués par les studios dégueulant de mièvrerie et d’archétypes middle-class — telle l’escroquerie aux bons sentiments Little Miss Sunshine, pour ne pas la citer. Le doute subsiste pourtant lorsque la petite famille abandonne son cocon über-rousseauiste pour embarquer à bord de Steve, le car post-hippie : la succession de sketches montrant à quel point les (magnifiques) enfants super-éduqués valent bien mieux que tous les dégénérés rencontrés au fil du chemin, se révèle en effet un peu longuette. On croit ensuite deviner une issue réglée comme du papier à musique de feu de camp. Mais l’histoire, dans un soubresaut étonnant, offre aux personnages un dénouement si éloigné des

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Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Entretien avec Éric Vuillard | Éric Vuillard trace depuis 2010 un parcours exigeant et émouvant dans la littérature française, rendant aux oubliés de l'Histoire une chair. Avec 14 juillet, il redonne vie aux anonymes ayant fait vaciller l'Ancien Régime. Bouleversant.

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Vous traitez d'un moment très précis, le 14 juillet, et pour autant, vous traitez aussi d'un mouvement dans sa durée quand « la protestation ne cessa point ». Qu'est-ce qui vous intéresse le plus ? Eric Vuillard : Il y a deux choses. Toute révolte se fait sur un fond structurel d’inégalités très fortes vécues au long cours. Évidemment que l'Ancien Régime n'est pas devenu inégalitaire d'un seul coup. Ce qu'il y a de particulier avec le XVIIIe siècle est que le taux d'éducation a monté, que la bourgeoisie est devenue puissante et surtout que pendant toutes les dernières décennies qui précédent la Révolution française, il y a des problèmes alimentaires extrêmement importants et des révoltes chroniques un peu partout en province. Et ce phénomène nouveau de la ville, de Paris, avec ses faubourgs ouvriers, des problèmes de chômage et, comme on dit aujourd'hui, de pouvoir d'achat avec une répression militaire, royale féroce. Vous employez le terme de « chômeur » et « chômage ». Est-ce que ces termes existaient à l'époque ? Oui mais c'est en effet un a

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L’île fleurie prône le vivre ensemble

CONNAITRE | On a trouvé un remède à la morosité ambiante : L’île fleurie, une fable illustrée ultra-joyeuse contant les aventures rock’n’roll de personnages tous plus barrés les uns que les autres, à lire dès le 1er octobre.

Julie Hainaut | Mardi 27 septembre 2016

L’île fleurie prône le vivre ensemble

Un crocodile végétalien maître Yogi, une coccinelle fan d’armagnac, deux gobies (des poissons capables d’évoluer hors de l’eau) casse-cou, deux tortues punk qui tentent d’aider une participante à Koh-Lanta qui regrette amèrement son inscription, un crapaud rasta, une brebis qui refuse de finir en méchoui et d’autres personnages aussi singuliers qu’attachants se retrouvent catapultés suite à une tornade sur une île des Caraïbes. Plus que survivre, ces héros bien perchés vont devoir apprendre à vivre ensemble. Tout au long des 150 pages, on se réjouit, on sourit, on rit, même, et on oublie quelques instants les récents propos honteux de Laurent Wauquiez considérant que « la diversité nous grignote déjà beaucoup trop ». Dans L’île fleurie, la diversité est une force. « J’ai commencé à écrire l’histoire pour divertir une amie un peu déprimée, je lui envoyais quelques lignes par sms pour la faire sourire. Puis j’ai continué à les partager avec mon amoureuse puis des amis. Tous étaient très enthousiastes. Très vite, j’ai décidé d’en faire un bouquin, et de l’illustrer » explique l’auteur Nicolas Coltice, également enseignant-cherch

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Intelligence, arty, ficelles

MUSIQUES | Il n'est pas dit à ce stade que l'on puisse parler de super-groupe mais quand une formation, comme c'est le cas avec The Intelligence, compte un membre (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Intelligence, arty, ficelles

Il n'est pas dit à ce stade que l'on puisse parler de super-groupe mais quand une formation, comme c'est le cas avec The Intelligence, compte un membre des Shins et deux des Oh Sees dont Lars Finberg, on se dit que la mauvaise surprise est à peu près écartée. Mais là n'est pas l'essentiel. The Intelligence fait depuis plus de quinze ans partie des meubles, installés à Seattle, du rock indépendant américain. Et s'il a vu passer autant de membres que le casting de Plus Belle La Vie c'est surtout parce que la question du roster en devient anecdotique en regard du bain d'évolution constante dans lequel Finberg a toujours cherché à plonger son Intelligence. L'intelligence, il le sait, c'est le mouvement, qui peut très bien se jouer entre les murs épais d'une musique binaire (encagée de no wave, de lo-fi et de post punk), entre passé et futur (d'où sans doute le titre de leur dernier disque Vintage Future). Or c'est aussi ce qui fait pop à la longue, comme cela semble se dessiner pour ce groupe, que l'on songe à la chanson-titre où à ce morceau flirtant avec Calexico ET Pascal Comelade : Dieu merci pour la fixation de la machine à c

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Didier Tronchet signe son Que sais-je ? (ou presque)

CONNAITRE | Didier Tronchet est un homme de goût. Une preuve ? Ce Nordiste voyageur a préféré à l’exotisme équatorien — très surfait, demandez autour de vous — le charme (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Didier Tronchet signe son Que sais-je ? (ou presque)

Didier Tronchet est un homme de goût. Une preuve ? Ce Nordiste voyageur a préféré à l’exotisme équatorien — très surfait, demandez autour de vous — le charme incomparable de notre métropole rhodanienne ; une ville qui pousse le raffinement jusqu’à nommer une de ses artères du 6e arrondissement en son honneur (ou quasiment). Illustrateur, cinéaste, romancier, scénariste, le père de Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal offre parfois à sa prolifique plume de plaisantes diversions, en rédigeant pensées, chroniques et autres aphorismes gouvernés par l’absurde élémentaire. Traitant de tout (donc de n’importe quoi), classés dans l’anarchie d’un désordre analphabétique, ces billets ont été réunis en une sotie (forcément inégale) et justement baptisée L’Univers à peu près, petit imprécis de culture approximative. Entre deux considérations sur l’anatomie, le croustillant de la chips ou le devenir du monde gouverné par les poulpes, le lecteur ne manquera pas d’apprécier l’usage que l’auteur fait de la langue française — qu’il tient en haute estime : les plus savoureuses des entrées sont “Procrastination” et ”Langage”. Si « mal nommer les choses

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Jodorowsky's Dune

ECRANS | de Frank Pavich (É-U, 1h30) avec Alejandro Jodorowsky, Michel Seydoux, H.R. Giger…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Jodorowsky's Dune

Faut-il remercier Pavich, ou bien le maudire d’avoir permis à Jodorowsky de dévoiler les coulisses de son film maudit Dune ? Restée à l’état de projet très avancé, cette adaptation du roman de Frank Herbert avait tout pour devenir l’œuvre prophétique qu’il ambitionnait : un credo artistique, des moyens considérables alloués par un producteur esthète, un contexte mystique favorable (nous somme en 1975) et une distribution réunissant Pink Floyd, Dalí, Welles ou Mick Jagger… À ce stade, on est déjà à l’agonie ; Jodo nous achève en expliquant la genèse de son armée de “guerriers” (Mœbius, Dan O’Bannon, HR Giger…). Si son Dune n’a pas vu le jour, ce qui faisait son ferment (à défaut d’épice…) à ensemencé toute la SF des années suivantes, de Alien à Matrix. En cela, le projet initial de révolutionner l’histoire du cinéma a bien été accompli… sans que Jodo n’ait eu besoin de recourir lui-même à la pellicule, comme un contributeur de l’ombre. Ce documentaire lui renvoie l’ascenseur et la lumière : à l’instar de Lost in la Mancha consacré au désastre du Don Quichotte de Terry Gilliam, Jodorowsky’

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Poulidor : La victoire en perdant

CONNAITRE | Après deux quintuples vainqueurs du Tour, Bernard Hinault et Eddy Merckx, le festival Sport, Littérature et Cinéma rend hommage à une autre légende du cyclisme : Raymond Poulidor, éternel second et perdant paradoxal, car unique coureur de l'Histoire dont le plus grand exploit est de n'avoir jamais gagné le Tour.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 février 2016

Poulidor : La victoire en perdant

« Cela faisait si longtemps que nous attendions ça. Et enfin ce 15 juillet 1975, dans les premiers lacets de la montée du Pla d'Adet de la 17e étape du Tour de France, Raymond Poulidor s'est échappé. Il avait 38 ans. » Ainsi démarre, par cet épisode tardif de sa carrière, bercé par la voix de François Morel, Poulidor premier, documentaire de Patrick Jeudy sur l'éternel second. « C'est l'une de ses plus belles victoires », ajoute le commentaire sans ironie. Au sujet de l'épisode, l'écrivain et journaliste cyclophile Christian Laborde abonde : « En 1974, des types pleuraient de joie dans le Pla d’Adet, après qu’il eut démarré dans le premier virage, laissant sur place Eddy Merckx et tout le gratin des pentes. (...) Mon père chialait : ce démarrage, il l’attendait depuis 1964, depuis l’envol de Raymond dans le col du Portillon. » Le Pla d'Adet ou la dernière salve victorieuse de l'homme qui ne gagnait jamais. En France, les seconds sont éternels, les perdants magnifiques et toujours pardonnés : les Verts 1976 et leurs poteaux carrés, les Bleus de Séville 1982, Fignon et ses 8 secondes manquantes, on s'en fait jusqu'à l'écoeure

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L'Éveil du printemps, porté à ébullition

SCENES | Pour incarner la fin de l’enfance, mieux vaut faire preuve d’une certaine fureur. Et Hugo Roux en a à revendre. Ce très jeune metteur en scène (19 (...)

Nadja Pobel | Mardi 19 janvier 2016

L'Éveil du printemps, porté à ébullition

Pour incarner la fin de l’enfance, mieux vaut faire preuve d’une certaine fureur. Et Hugo Roux en a à revendre. Ce très jeune metteur en scène (19 ans !), actuellement élève à l’ENSATT, a réuni neuf comédiens de sa génération pour incarner ce texte d’un avant-gardisme absolu, L’Éveil du printemps. Le XIXe siècle n’était pas encore fini que Frank Wedekind livrait cette histoire d’ados découvrant le désir, se heurtant à un modèle social régi par la religion, les interdits et la culpabilité au point que certains en mourront. Aussi tragique soit-elle, cette pièce ne manque pas de vitalité. Après un premier quart d’heure trop scolaire, la troupe passe aisément d’un rôle à l’autre, des parents à leur progéniture, sans perdre en crédibilité - malgré un âge peu compatible avec certains personnages. Une fois les enjeux posés, les membres de la compagnie Demain dès l’aube jouent au mieux du décor particulièrement bien pensé avec une petite économie de moyens : de la terre à la fois nourricière et projectile, des tréteaux protecteurs des premières amours cachées et estrade des censeurs. En rythme, dans des scènes courtes po

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L'institut Lumière se remet au sport

ECRANS | Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

L'institut Lumière se remet au sport

Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, littérature et cinéma ? Elle se révèle forcément fusionnelle et des plus fécondes à l’écran, tant celui-ci transcende le mouvement, magnifie l’exploit, héroïse les sportifs dans leurs souffrances… Pour la troisième année, l’Institut Lumière mouille le maillot en consacrant un festival à l’art d’accommoder intelligence et muscles, en images ou en mots. Piochant dans le vaste corpus des œuvres dédiées au sport, la programmation mêle projections, débats, rencontres, colloque, hommages (l’immense cycliste Raymond Poulidor et le motard Giacomo Agostini seront célébrés), et quelques avant-premières (Free to run, de Pierre Morath - en sa présence - consacré au jogging, et Good Luck Algeria de Farid Bentoumi, présenté par ce dernier et Sami Bouajila). Sport parmi les plus cinégéniques, la boxe aura les honneurs d’une nuit, avec la projection des quatre premiers volets de la saga Rocky (au moment où Creed vient d’arriver dans les salles),

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Raymond Poulidor à l'Institut Lumière

ECRANS | Deux ans après Eddy Merckx, c'est un autre cycliste qui donnera le coup d'envoi de la troisième édition des passionnantes rencontres Sport, Cinéma et (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 10 décembre 2015

Raymond Poulidor à l'Institut Lumière

Deux ans après Eddy Merckx, c'est un autre cycliste qui donnera le coup d'envoi de la troisième édition des passionnantes rencontres Sport, Cinéma et Littérature de l'Institut Lumière (du 21 au 24 janvier) : l'éternel second Raymond Poulidor, à l'honneur d'une double projection documentaire – l'un inédit, l'autre tourné par Lelouch en 65. Également à l'affiche : une nuit Rocky, le multi champion du monde de vitesse Giacomo Agostini (à l'honneur de Continental Circus de Jérôme Laperrousaz en 1972), le judo selon Akira Kurosawa (La Légende du grand judo, 1942) et la boxe selon Raoul Walsh (Gentleman Jim, 1942 aussi), un ciné-concert à l'Auditorium sur du Harold Lloyd... Et le lot habituel d'avant-premières (notamment Free to Run de Pierre Morath, sur l'essor poulaire de la course à pied) et de rencontres, dont vous trouverez en partie le détail sur le site de l'Institut.

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Frank

ECRANS | De Lenny Abrahmson (Irl, 1h35) avec Michael Fassbender, Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Frank

Quelque part en Irlande, Jon, un jeune musicien, rêve de rock et de gloire, mais végète chez ses parents. Le hasard le met sur la route d’un groupe avant-gardiste dont le claviériste vient de devenir fou ; Jon le remplace au pied levé et découvre, médusé, que le chanteur ne se montre qu’avec une énorme tête en carton-pâte sur scène… mais aussi en privé ! Frank est-il un génie torturé ou un as du buzz post-Daft punk ? Et, par conséquent, Frank-le film est-il une comédie sarcastique ou un hommage à ces doux dingues qui ont construit la légende du rock’n’roll ? Difficile de trancher au départ, tant Abrahamson brouille les pistes, fidèle à un certain esprit de la comédie british qui force le trait de la caricature tout en l’adoucissant d’un sirop émotionnel qu’on sent souvent sincère. Mais il n’arrive jamais à résoudre cette contradiction de base : peut-on faire un film aussi calibré et normé sur des personnages à ce point en dehors des clous, refusant à tout prix de vendre leur âme au music business ? Frank pose par ailleurs une autre question, fondamentale pour quiconque s’intéresse à un si grand acteur : Michael Fassben

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Music and lyrics au Ciné O’Clock

ECRANS | Ciné O’Clock, manifestation consacrée au cinéma britannique par Le Zola, fête ses vingt ans cette année. Et comme tout anniversaire se doit d’être célébré avec des (...)

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Music and lyrics au Ciné O’Clock

Ciné O’Clock, manifestation consacrée au cinéma britannique par Le Zola, fête ses vingt ans cette année. Et comme tout anniversaire se doit d’être célébré avec des chansons, la tonalité de cette édition sera en partie musicale. Ce sera notamment le cas grâce à la version restaurée de A Hard Day’s Night, rencontre entre les Beatles, au sommet de leur gloire, et le free cinema pop de Richard Lester, qui a immortalisé l’esprit swinging London sur les écrans. À quelques décennies et mutations d’intervalle, la pop britannique est toujours vivace, notamment grâce à un groupe comme Belle and Sebastian, qui célèbre lui aussi ses vingt années d’existence en 2015. Un nouvel album vient de sortir, marquant un virage électro plutôt inattendu, mais juste avant, son leader Stuart Murdoch s’était lancé dans l’aventure cinématographique avec God Help the Girl. Un premier long-métrage encore inédit à Lyon, avec la charmante Emily Browning en songwriter à la recherche d’âmes sœurs pop pour fonder un groupe à Glasgow. Musique toujours avec un ciné-concert autour du Chantage de Hitchcock, qui fait

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Les luttes finales

CONNAITRE | C'est sous le signe du combat, de la lutte acharnée pour se faire une place - si possible la première - que se place la nouvelle édition du festival Cinéma, Sport et Littérature de l'Institut Lumière. Au programme : champions invétérés, docu fanatisés et films engagés, dans tous les sens du terme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Les luttes finales

Pour le coup d'envoi de cette deuxième édition, l'Institut a fait appel à deux des plus grands "lâche-rien" du sport français  : Hinault d'abord, Killy ensuite, histoire d'annoncer la couleur, celle de la lutte sous toutes ses formes. Le lendemain – également jour d'un déjà traditionnel colloque "Cinéma, sport et littérature" avec pléthore de journalistes et d'écrivains spécialisés – Eric Cantona, quasi pensionnaire des lieux, revient avec un de ces "Canto-docu" dont il a le secret – un genre en soi, identifiable à ses envolées lyriques, ou "cantonades", bientôt aussi mythiques que les Alain Decaux raconte... de notre enfance. Après Les Rebelles du Foot, l'ex-Mancunien s'est penché cette fois sur la question des liens entre le football français et l'histoire des grandes vagues d'immigration, toutes incarnées par des champions (Kopa le Polonais, Piantoni et Platini les Ritals, Zidane le Kabyle...). L'Histoire et les résonances politico-historiques du sport, ce sera aussi le thème sous-jacent de l'exposition signée Raymond Depardon, sise à la galerie de la rue de l'Arbre-Sec... Armées Rouges ...et celui d'un autre docu-politico-sportif : The

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Quais du polar 2015 : le casting

CONNAITRE | Fort d'un dixième anniversaire mémorable (grâce à la présence du maître Ellroy, mais pas que), Quais du polar s'active à la préparation de son édition 2015. Programmée (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Quais du polar 2015 : le casting

Fort d'un dixième anniversaire mémorable (grâce à la présence du maître Ellroy, mais pas que), Quais du polar s'active à la préparation de son édition 2015. Programmée les 27, 28 et 29 mars, elle marquera le retour du festival à ses aspirations vagabondes : après l'Europe du Nord ou l'Asie, c'est vers l'Amérique du Sud qu'il nous entraînera, sur les traces de Paco Ignacio Taibo II (Mexique), Leonardo Padura (Cuba), Horacio Castellanos Moya (Salvador), Daniel Quirós (Costa Rica), Paulo Lins et Edyr Augusto (Brésil), Luis Sepúlveda (Chili), Santiago Gamboa (Colombie), Ernesto Mallo (Argentine) et Diego Trelles Paz (Pérou). Sont également annoncés des usual suspects de gros calibre (Michael Connelly, Ian Rankin, Tom Rob Smith, Michel Quint, Michel Bussi, Maxime Chattam, Jacques Expert, Yasmina Khadra, Caryl Férey et Ian Manook) et des grands noms du crime fictif en devenir (Kishwar Desai, Saul Black, Dror Mishani, Gert Nygårdshaug et les Français Elena Piacentini, Michaël Mention, Christophe Reydi-Gramond et Nicolas Matthieu), ainsi qu'une palanquée d'auteurs qui n'avaient encore jamais honoré le fe

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Faites un geste, renflouez un sous-marin

MUSIQUES | En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Faites un geste, renflouez un sous-marin

En musique peut-être plus encore qu'ailleurs, l'innovation n'est généralement pas rentable. Sept ans après son ouverture et malgré son dynamisme (résidences, festivals, accueils en tous genres...), Le Périscope, haut lieu de l'expérimentation sonore s'il en est, en fait toujours les frais. Au point de mettre à profit son anniversaire pour souligner la fragilité de sa situation économique et vous inviter, l'espace de trois soirées de soutien, à écoper la flotte qui s'infiltre par ses écoutilles sous les harangues de fidèles du lieu. Trois ambiances de travail sont proposées : anxiogène ce mercredi 17 décembre avec, notamment, le post-punk en niveaux de gris de Rank, le hardcore jusqu'au-boutiste de Alabaster et un DJ set fatalement impétueux des Too Girly DJs – rassemblés par un aréopage d'activistes de bruit, en tête les labels Gaffer et Bigoût ; détendue le lendemain, carte blanche au supa funky Grolektif (par ailleurs co-fondateur du Périscope) oblige ; et enfin euh... eh ben jazzy le 19, avec le Lyon Jazz Collectif. A vos écuelles. Benjamin Mialot

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Seconds : quand l’Amérique perd la face…

ECRANS | Après sa reprise cet été, nouvelle occasion grâce à la Ciné collection de voir "Seconds", incroyable film de John Frankenheimer sur le mythe américain illusoire de la seconde chance, d’une stupéfiante modernité formelle et graphique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

Seconds : quand l’Amérique perd la face…

«Il n’y a pas de seconde chance dans la vie d’un Américain» disait Francis Scott Fitzgerald. C’est le parfait résumé de Seconds, que John Frankenheimer signe en 1966, alors que les studios sont en train de boire la tasse à force de formules réchauffées. Le cinéaste s’était fait une petite spécialité dans la politique fiction grâce à Sept jours en mai, sur l’uchronie d’un coup d’état militaire aux États-Unis, et Un crime dans la tête, où des soldats américains ayant subi un lavage de cerveau sont renvoyés chez eux pour y devenir des machines à tuer sous hypnose ; le pitch de Seconds a pourtant plus à voir avec celui d’un épisode de La Quatrième dimension. Arthur Hamilton, un employé vieillissant qui étouffe dans une vie familiale morne et étriquée, se voit offrir un pacte mystérieux : subir un traitement chirurgical révolutionnaire pour changer de visage et d’identité, afin de commencer une nouvelle vie. Frankenheimer crée dès les premières séquences un climat de paranoïa angoissant, en créant de constantes distorsions dans le cadre, par l’emploi du fish eye ou par un usage inédit de la caméra, qui se déplace au rythme

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Seconde(s) chance(s) : les reprises ciné de l'été

ECRANS | Comme dans les années 80, la saison estivale est devenue le moment privilégié pour exposer des classiques dans les salles. La moisson 2014 est belle du côté du Comœdia, avec notamment un thriller génial de John Frankenheimer et les aventures américaines d’Agnès Varda. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

Seconde(s) chance(s) : les reprises ciné de l'été

Premier événement de cet été de classiques au Comœdia : l’exhumation d’une perle rare du thriller américain, un film matrice et pionnier de John Frankenheimer, Seconds, L’Opération diabolique (à partir du 23 juillet) où un banquier âgé et déprimé par la monotonie de son existence accepte la proposition d’une mystérieuse organisation : changer de visage et démarrer ainsi une nouvelle vie. Le visage en question est celui de Rock Hudson, et voilà notre homme propulsé dans une communauté constituée uniquement d’autres «reborns» menant la vie facile, jusqu’à ce qu’il se rende compte du prix à payer pour cette opération effectivement diabolique. Dans un noir et blanc spectaculaire signé par le vétéran James Wong Howe — qui fut le directeur photo de John Ford — Frankenheimer signait un objet culte, le premier film casse-tête de l’histoire du cinéma. Tourné en 1965, c’est aussi un prototype parfait et précoce du cinéma conspirationniste et parano qui allait envahir Hollywood cinq ans plus tard. Terres étrangères Devenu invisible depuis sa sortie en 1970, Moonwalk One (à partir du 30 juillet) de Theo Tamecke r

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La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

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Insomniaque - Semaine du 18 au 24 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le BPM Contest 2014, l'ultime soirée d'Ed'n Legs au Sucre et la date du Humanist S.K. Festival au Périscope. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Insomniaque - Semaine du 18 au 24 juin

20.06 BPM Contest 2014 A peine quatre mois se sont écoulés depuis son dernier passage à Lyon que déjà Teki Latex repointe sa bouille de Bouddha fluo, cette fois au Club Transbo, où l'ex-bâtard sensible et actuel thermaliste sonore supervisera l'édition 2014 du BPM Contest. Kézako ? Comme son nom l'indique, un tremplin électro. Cette soirée en est un éliminatoire, et elle verra s'opposer les dénommés Unseal, PINKMAN, JEN onesailor et Mr Cardboard. On mise une pièce sur ce dernier, qui n'est autre que l'un des fondateurs du label grenoblois Carton-Pâte Records. 20.06 Last but not least Après quatre ans d'activisme électronique, Ed'N Legs tire sa révérence.

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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Lumière en tête de peloton

CONNAITRE | Des salles remplies, des films rares, des invités prestigieux : l’Institut Lumière a pleinement réussi ses premières Rencontres sport, cinéma et littérature. Retour sur cette manifestation qui s’est tenue du 16 au 19 mars et sera reconduite en janvier prochain. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 mars 2014

Lumière en tête de peloton

Eddy Merckx déambule. "Le Cannibale", venu à Lyon pour ouvrir ces rencontres Sport, cinéma et littérature, connait probablement par cœur les magnifiques clichés en noir et banc de L’Equipe exposés dans la galerie de l’Institut Lumière (et visibles jusqu’au 19 avril), et qui racontent pour certains d’entre eux ce qui a forgé sa légende et assis son immense célébrité. Il faut voir quelques minutes plus tard à quel point les yeux de certains spectateurs s’allument en le voyant arriver dans ce hangar du Premier Film qui vit naître le cinéma. Un tiers des spectateurs ce soir-là, comme durant le reste du week-end et bien que lyonnais pour la plupart, n’était jamais venus ici. C’est dire si cette manifestation a bousculé les habitudes, ce nouveau public s'étant souvent retrouvé à truster les marches de la salle. Le film de Joël Santoni, La Course en tête, n’est pourtant pas facilement abordable, lui qui retrace sur fond de musique médiévale et sans commentaire l’année 73 du champion, ses entraînements, ses babillages avec ses enfants, ses victoires (au Giro et à la Vuelta mais pas au Tour, sur lequel il fit l’impasse)... Lesquelles émeuvent toujours le Grand E

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Lumière mouille le maillot

CONNAITRE | Inatteignable surhomme ou trop banal humain, le sportif est une figure mythique qui, loin de n’occuper que les journalistes et les fans, est aussi le sujet de nombreux films et livres. En consacrant un week-end au sport, l’Institut Lumière place l’athlète au centre du jeu. Stéphane Duchêne et Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

Lumière mouille le maillot

Dans ses Mythologies (1957), au rang desquelles le Tour de France se voyait consacrer un chapitre, Roland Barthes l’écrivait clairement : «le langage donne à l’événement la majoration épique qui permet de le solidifier». Sur la Grande Boucle spécifiquement, il ajoutait qu'elle était «le meilleur exemple d’un mythe total donc ambigu ; le Tour est à la fois un mythe d’expression et un mythe de projection, réaliste et utopique tout en même temps». Si dès lors que la littérature rencontre le sport, elle ne se focalise pas uniquement sur le vélo, force est de constater que cette discipline, comme la boxe, a fait couler beaucoup d’encre, l’origine modeste de leurs champions n’y étant sans doute pas pour rien - plus l’amplitude de destin est grande, plus le mythe se consolide. Philippe Delerm (La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives), Jean Echenoz (Courir, sur le destin d’Emil Zatopek), Dominique Noguez et bien d’autres ont fait de l’athlète un personnage de leurs nouvelles ou récits. Toutefois, davantage que les romanciers, le programme des premières rencontres "Sport, littérature et cinéma" de l'Institut Lumière conce

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Boules et Bull

MUSIQUES | La musique électrique, comme tout culte digne de ce nom («rock'n'roll is my religion and my law», grinçait Ozzy Osbourne à l'époque où il ne ressemblait pas à (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 22 janvier 2014

Boules et Bull

La musique électrique, comme tout culte digne de ce nom («rock'n'roll is my religion and my law», grinçait Ozzy Osbourne à l'époque où il ne ressemblait pas à une statue de cire de John Lennon), est régie par un ensemble de commandements d'origines douteuses et plus ou moins sensés. Exemple : tu ne joueras pas de la basse avec un médiator. Ou encore : tu n'assureras pas toi-même le mastering de tes disques. Notre préféré est le suivant : ton groupe sonnera mieux avec deux batteurs (cf. The Melvins, The Go! Team et tant d'autres). Le duo 2 Boules Vanille l'a suivi à la lettre, puisqu'il a recours à ce seul instrument. A une subtilité près : chaque kit est relié à des synthé analogiques qui ne laissent échapper leurs sonorités surannées qu'à l'impact. Et d'impact, la musique de ces deux Stéphanois biberonnés au mercure n'en manque pas : à la croisée d'une techno archaïque, de la cacophonie improvisée et du punk pouët-pouët, elle est aussi bizarre et tonique que ces clowns qui, dans les rodéos, ont pour mission d'éloigner les Brahma bulls de leurs cavaliers désarçonnés. La comparaison n'est pas fortuite, 2 Boules Vanille ayant été invité à se produire au Sucre, ce v

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Quadrophenia, un film à la Mods

ECRANS | Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia, passionnant à (...)

Christophe Chabert | Vendredi 21 juin 2013

Quadrophenia, un film à la Mods

Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia, passionnant à redécouvrir trente-cinq ans après sa réalisation, à la fois évocation d’une époque passée — le courant Mods, à son acmé dans les années 60 — et œuvre importante du réalisme à l’anglaise au même titre que les premiers Loach ou les téléfilms d’Alan Clarke. Jimmy, le jeune héros de Quadrophenia, tente d’échapper à sa poisse sociale — coincé entre une famille qu’il ne supporte plus et un boulot merdique — en courant après un rêve dérisoire : intégrer les Mods et leur existence sexe, drogues, rock’n’roll et scooters customisés. Frank Roddam, le réalisateur, surveillé de près par Pete Townshend et Roger Daltrey, s’autorise un grand pont entre ce courant finalement éphémère et le punk qui alors faisait figure de culture dominante dans la jeunesse anglaise. Quadrophenia n’est ainsi pas très loin de la démarche de certains cinéastes du Nouvel Hollywood : la musique entre dans le film comme dans Mean Streets

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Un été bœuf

MUSIQUES | Ça alors ! Comme le temps passe vite. L'hiver a peine terminé voici venir le 21 juin, l'été et la Fête de la Musique. Ah ! Comme l'envie de tout voir est grande ! Mais comme c'est impossible, voici notre sélection rock-pop-jazz-variété, totalement subjective et non exhaustive. «100 % pur bœuf» assure l'organisateur, mais garantie sans flûte à bec. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Un été bœuf

Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de ces deux informations est fausse, l'autre contient un merveilleux jeu de mots). Surtout, le credo de cette année, c'est matin, midi et soir – ce qui fait beaucoup de bœuf, on vous l'accorde. Il faudra donc par exemple prendre une RTT ou profiter de sa pause de midi pour aller voir le joli plateau composé du prometteur folkeux Adam Wood et du plus pop... Poppy (en duo avec Silène) au Musée des Beaux-Arts entre 12h et 14h. Pour ceux dont la pause sandwich est trop courte, Adam Wood rejouera en fin de journée place Johannès Ambre, en groupe cette fois. Rappelons en tout cas que chaque année, le 21 juin est l'occasion de découvrir certains nouveaux talents. Remember Joe Bel l'an dernier et le chemin parcouru depuis. Elargis ton monstre Parmi les scènes emblématiques de l'événement, celle de Lerockepamort – associé au Marché Gare, au Périscope, à Thou Bout

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Old Field

MUSIQUES | Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Old Field

Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et de cavalcades de banjo, réjouissez-vous : voici venir Frank Fairfield au Sonic. Certes l'intéressé n'est en rien originaire des montagnes de Virginie de l'Ouest ou de quelque élevage de poulets du Kentucky, mais de Los Angeles, là où l'old time est autant à sa place que le crunk à Saint-Dié-des-Vosges. Mais Fairfield n'est pas à une contradiction près : alors qu'à l'entendre, on imagine un hillbilly édenté et calleux, c'est un jeune homme bien mis et gominé qui se présente. Redoutable joueur de banjo, de guitare et de violon, Fairfield fait voyager l'auditeur dans le temps avec une virtuosité et une authenticité qui tuent dans l'oeuf tout procès en singerie. Preuve que quand la musique ne fait pas du jeune avec du vieux, elle fait du vieux avec des jeunes, renversement dont Fairfield est un digne représentant, chevillé à une tradition

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Une chanson pour ma mère

ECRANS | De Joël Franka (Fr, 1h35) avec Sylvie Testud, Patrick Timsit, Dave...

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Une chanson pour ma mère

Survivant d'une époque plus lointaine mais qui ne fait pas plus rêver que celle de l'affreux Stars 80, Dave avait su résister jusqu'ici à la réhabilitation par voie cinématographique ; sa présence sur les canaux télé et son aura plus mineure justifiant sans doute l'absence de nécessité. Son nom au générique d'Une chanson pour ma mère, comédie à l'anglaise réunissant une famille de bras cassés kidnappant le fameux chanteur pour faire plaisir à leur maman malade et en sursis, avait de quoi faire peur. Si le film ne fait pas de miracles, s'évertuant à enchaîner des situations un peu trop improbables et pataudes aux moyens de personnages commodément stupides, Dave se révèle de loin le meilleur acteur du casting et une vraie surprise. Sans trop sombrer dans la complaisance kitsch, Joël Franka observe avec une réelle tendresse un Dave attachant qui, transformé malgré lui en levier d'une grande réconciliation familiale, devient un joli héros ordinaire. Jérôme Dittmar

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Boule & Bill

ECRANS | De Alexandre Charlot et Frank Magnier (Fr, 1h30) avec Marina Foïs, Frank Dubosc, Charles Crombez...

Jerôme Dittmar | Dimanche 24 février 2013

Boule & Bill

La BD et le cinéma français, c'est un peu l'échec permanent. Pour preuve encore Boule & Bill, prévisible catastrophe industrielle vu le matériau d'origine. Mais ce qui étonne le plus dans cette adaptation, c'est sa capacité à décevoir. Car Boule & Bill le film n'est pas la comédie neuneu pour marmots à laquelle on pouvait s'attendre. Oui il y a quelques gags mais qui tombent tous à plat. Oui on entend la voix du chien qui pense et c'est navrant. Le plus curieux, c'est que les auteurs du film se foutent presque de Roba et sa mythologie, reléguée aux cinq dernières minutes. Ils préfèrent s'intéresser à l'époque où la BD vivait son heure de gloire, tournant un film rétro au look bâtard sur l'émancipation de la femme dans la France des années 70. Seule compte ainsi la mère, héroïne d'un film pensé comme une préquelle réflexive à la BD, où le père serait Roba découvrant son inspiration après avoir fui la cité dortoir où sa famille s'était installée. Nul et à la fois limite intriguant. Jérôme Dittmar

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Not dead but bien raide

MUSIQUES | Ils s'appellent Asap Rocky, Tyler the Creator ou Schoolboy Q. Ils sont jeunes, connectés, prolifiques, un peu niqués de la tête et surtout très doués et, de New York à Los Angeles en passant par Pittsburgh, ils reconfigurent le rap game nord-américain depuis le début de la décennie. Portrait collectif d'une génération en train de tuer le daron (avec sa complicité) et focus au singulier sur son plus éminent représentant, Kendrick Lamar, à l'occasion de son passage au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 17 janvier 2013

Not dead but bien raide

Dans ce vaste tout-à-l'ego qu'est le milieu du hip hop, les façons de prendre l'ascendant médiatique se comptent sur la main d'un Latin King faisant le signe de ralliement de sa bande – le même que celui des fans de heavy metal, à un pouce tendu près. Option numéro un, très prisée des Français : pourrir publiquement un rival, en priant pour que l'étendue de sa répartie ne soit pas proportionnelle au volume de ses biscottos. Option numéro deux, typiquement nord-américaine : sécuriser un deal (production, featuring, apparition dans un clip) avec une star de la pop, ce qui implique de déjà bénéficier d'un minimum de talent et/ou de notoriété. Option numéro trois, la plus vaniteuse, mais dont on raffole autant des deux côtés de l'Atlantique : acter la mort du genre pour mieux se poser comme son rédempteur, avec la certitude d'être sèchement contredit à plus ou moins long terme. En France, Fuzati a tenté le coup en 2004 sur Dead Hip-hop, extrait du premier album du Klub des Loosers. Bientôt neuf ans plus tard, n'en déplaise à ce misanthrope masqué dont on ne cesse de louer la verve, le rap hexagonal a gagné en fantaisie ce qu'il a perdu en conscien

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Summer rose

MUSIQUES | «Avec le temps va, tout s'en va», disait le poète qui, tel Florent Pagny, n'avait pas que ça à faire de «rester planté là». Tout s'en va, sauf quand le temps (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 29 juin 2012

Summer rose

«Avec le temps va, tout s'en va», disait le poète qui, tel Florent Pagny, n'avait pas que ça à faire de «rester planté là». Tout s'en va, sauf quand le temps est beau et que la programmation est alléchante. Comme au Transbordeur dont on vous informait qu'avant de prendre des vacances bien méritées, il avait pris ses quartiers d'été en extérieur pour une poignée de Summer sessions. Commencées en douceur avec le folk de Bower Birds et St Augustine, le Saint patron clermontois des folkeux, les choses se poursuivent de manière légèrement plus musclée. Ou disons, moins bucolique. D'abord avec la new-wave extrêmement rassérénante – ce qui est plutôt rare dans cette discipline où l'on a plutôt tendance à marcher droit dans les murs en lisant du Sylvia Plath et à porter des manteaux même en été – de God ! Only Noise – les amateurs de calembours et des Beach Boys, souvent les mêmes, auront perçu le clin d'œil à l'un des chefs d'œuvres des Plagistes. Quelque part entre Taxi Girl à la plage et des Lightning Seeds en kite-surf (music), God ! Only Noise vous fera hésiter entre la danse et le punch, sa

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Chronicle

ECRANS | Surfant plus ou moins habilement sur la mode du faux documentaire en l’hybridant avec le film de super-héros, Chronicle hume l’air du temps hollywoodien où le cinéma tente de rivaliser avec la série télé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 19 février 2012

Chronicle

Hollywood doit faire face à une double crise : la fuite de ses cerveaux vers la télévision et ses machines narratives, et celle de la désaffection, inéluctable, des spectateurs, qu’on ne sait plus comment retenir dans les salles. Chronicle est presque aussi intéressant par ce qu’il représente que par ce qu’il est sur l’écran. Son opportunisme manifeste qui consiste à marier économie (le tournage, peu coûteux, en caméra embarquée façon faux documentaire) et concept dans l’air du temps (des teenagers qui se découvrent des super-pouvoirs) évoque une foule d’autres films récents. Le nouveau venu Josh Trank a tout vu et Chronicle souffre, entre autres, de ce côté compilation, notamment quand il s’agit d’inventer des sources d’images qui ne soient pas issues de la fiction. La base, c’est le lycéen qui s’achète une caméra pour documenter sa vie ; mais en cours de route, téléphones portables, caméras de surveillance et images télé sont aussi mis à contribution pour raconter l’histoire — Cloverfield,

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