Solids, droit dans le mur du son

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Inaugurée par une belle insomnie collective en creux du onzième anniversaire de Grrrnd Zero, la cinquième édition du Humanist SK Festival atteindra en théorie son seuil critique les 25, 26 et 27 septembre prochains. En pratique, c'est toutefois dès cette semaine que cette émérite kermesse alterno-bruitiste – organisée par les labels parisien et lyonnais du même demi-nom – pourrait défrayer la chronique (ici au sens de "douleur chronique", mettons aux tympans), à l'occasion du concert de Solids, duo saturation-martellement canadien qui fait de la musique comme d'autres font rouler des pierres.

Mais attention, pas de la caillasse format intifada hein. Plutôt un bon gros rocher chouré sur le set de quelque film d'aventure en milieu tropical, qui dévale en ligne droite et à grande vitesse l'histoire récente de la musique très amplifiée, des power pop songs gavées de coups d'éclat guitaritstiques de Built to Spill au classic rock réduit en miettes de The Men – et écrase au passage les comparaisons trop évidentes avec No Age ou Japandroids, autres duos portés sur l'amalgame du songwriting et de la castagne.

Au risque de donner l'impression, tel un négatif de Sisyphe – lui aussi aurait pu faire bon usage de quelques aspérités – et comme on peut l'entendre sur Blame Confusion, premier album autoproduit et aussitôt récupéré par Fat Possum et Dine Alone, de faire tout le temps la même chose. Rien qu'une impression.

Solids [+ Satan]
Au Sonic, dans le cadre du Humanist SK Festival, dimanche 20 septembre


Solids + Satan

Punk rock
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les salles de concerts se résignent

Covid-19 | Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 6 septembre 2020

Les salles de concerts se résignent

Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations sanitaires liées au Covid-19 — notamment "la distanciation d’un siège [qui] doit être observée entre le siège occupé par chaque personne ou chaque groupe de 9 personnes au plus" — le Sonic annule toutes ses dates prévues en septembre. Comme Le Farmer. De son côté le Transbordeur a reporté deux dates ces jours derniers (Zoufris Maracas le 4 septembre, Meute le 8) et redoute d'avoir à faire de même avec les dates à venir. Enfin, l'Épicerie Moderne et le Marché Gare ont été contraints de re-reporter la date d'Andy Shauf du 23 octobre, le chanteur américain ayant annulé sa tournée européenne. Le concert de Lara Fabian est aussi annulé. Quelque chose nous dit, comme Francis Cabrel, que c'est que le début.

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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« Le jour où l'on a le droit, il y aura direct un concert programmé »

Le Sonic | Cette péniche est l'emblème des nuits rock et underground de Lyon, le lieu d’accueil des artistes exigeants d'une certaine scène indie lors de leurs tournées dans l'hexagone : le Sonic incarne l’indépendance et toutes les difficultés inhérentes quand on choisit cette voie, aujourd’hui démultipliées par les crises sanitaire et économique contre lesquelles les deux patrons, Stéphane Bony et Thierry Vignard, luttent pour faire survivre une autre vision de la culture. État des lieux.

Sébastien Broquet | Mercredi 17 juin 2020

« Le jour où l'on a le droit, il y aura direct un concert programmé »

Vous avez réouvert le 2 juin : comment faire en l’absence de concerts ? Thierry : On ouvre sur une autre activité, sur d’autres horaires : c’est compliqué. En mode bar, le soir, mais sur un emplacement pas du tout adapté pour ça. On rame, dans notre coin. Stéphane : On a changé 100% de notre modèle économique. Avant, c’était 75% club et 25% concert pour les rentrées d’argent. Là, on est sur… autre chose. Du bar. Terrasse et intérieur en mode dinner. Sans offre de bouffe, pour le moment, mais on travaille pour changer ça : on va le faire nous même, avec les moyens du bord. C’est pas folichon : on a du monde un peu le week-end. Thierry : On est un peu victime de notre modèle économique, basé sur l’indépendance. Déjà avant c’était chaud, et ça fait longtemps que l’on demande à changer l’emplacement de la péniche, parce qu’ici commercialement parlant, c’est terrifiant. On survit bon gré mal gré du fait de notre activité particulière. Mais le moindre grain de sable… Et là c’est un gros caillou dans la machine, pas un grain de sable : c’est très co

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Hérisson carré contre Carrey hérissant : "Sonic le film"

Aventure | Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Hérisson carré contre Carrey hérissant :

La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario également suit cette idée, puisqu’on y voit un policier de bourgade rêver de s’épanouir à San Francisco… avant d’y renoncer parce que le home town de son enfance est plus taillé à ses dimensio

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Pour ses treize ans, le Sonic s'affiche

Vernissage | Cette année, le Sonic fête ses treize ans et la chose devrait se traduire par une série d'événements qui restent à définir. Pour l'heure, la désormais célèbre péniche (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Pour ses treize ans, le Sonic s'affiche

Cette année, le Sonic fête ses treize ans et la chose devrait se traduire par une série d'événements qui restent à définir. Pour l'heure, la désormais célèbre péniche rock du quai des Étroits (mais pas d'esprit, en dehors de quelques voisins par le passé) entend inaugurer la chose par une exposition baptisée 13 ans de concerts en affiches qui se tiendra en sa cale pendant tout le mois de février et rendra hommage aux concerts mythiques accueillis par le Sonic mais aussi aux nombreux artistes-graphistes ayant œuvré à la promotion alternative desdits concerts. Une exposition visible durant les soirées et concerts, présentée dans le cadre du programme 40 ans de musiques actuelles à Lyon. Vernissage le 31 janvier à 19h.

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Décret son : The sound of silence ?

Salles de concerts | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concerts, clubs, festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup, à commencer par les petits lieux, s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs lyonnais emblématiques de la musique live.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 janvier 2019

Décret son : The sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again ». C'est un peu l'ouverture du The Sound of silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musique actuelle depuis octobre dernier, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017. Un décret dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals, y compris en plein air, l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses, NdlR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 db. Si sur le papier la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. Stéphane Bony et Thierry Vignard, co-gérants du Sonic, expliquent : « Le son c'est

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Les nuits raccourcies du Sonic

Politique Culturelle | Au Sonic, on ne navigue toujours pas en eaux calmes : l'autorisation d'ouverture tardive a été momentanément retirée au bateau rock. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 12 décembre 2017

Les nuits raccourcies du Sonic

Le Sonic a encore défrayé la chronique ces derniers jours. L'autorisation de nuit de la péniche la plus rock de la ville, à la programmation impeccable, lui a en effet été retirée suite à un avis défavorable des services de l'écologie urbaine de la Ville de Lyon. Coup dur : si les concerts en début de soirée attirent du monde, c'est surtout l'activité clubbing de nuit qui permet de faire tourner le lieu (représentant 65% de l'économie de la salle selon ses responsables). Comme de coutume, les réseaux sociaux ont été prompts à s'indigner. Et un concert de soutien est organisé ce vendredi 15 décembre, avec Abschaum et Pratos, fleurons de la scène locale. Stéphane Bony, le directeur du Sonic, nous confirme les faits : « Nous avons reçu un courrier des services de l'écologie urbaine : on nous reproche un non respect de la législation actuelle sur le niveau sonore des concerts. Nous devons aussi recalibrer notre limiteur, qui était devenu obsolète. C'est en cours. » Le limiteur en question enregistre à la fois le niveau sonore et l'amplitude horaire de l'activité. Il avait déjà été la cause de préc

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Daniel Romano : La Métamorphose

Country & Pop | Ex-punk rocker, devenu plus countryman que la country, le cow-boy canuck Daniel Romano a opéré une nouvelle mue musicale avec Mosey, grand œuvre de westernades pop folk fait d'arrangements grandioses et de croisements esthétiques.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Daniel Romano : La Métamorphose

On a connu le dénommé Daniel Romano s'affichant en photo ou en pochette d'albums — son Come Cry with me en tête — en costumes tissés façon tapisserie à motifs floraux, complet de countryman d'un autre âge (sans doute dérobés en douce dans la garde-robe épileptique de Porter Wagoner), surplombé d'un Stetson, d'une moustache et d'une lavallière rose hésitant par politesse entre le fuchsia et le bonbon. Ainsi attifé comme le fantôme de l'Opry (Nashville, Tennessee), le Canadien (il n'est même pas Américain) déroulait une country ad hoc, entre clonage d'Hank Williams et meta-country en ratatouille, et fameuse avec ça, de George Jones, Merle Haggard, Johnny Cash et many consorts. Et à l'aquoibonisme possiblement généré par cette démarche d'antiquaire musical, Romano répondait d'abord par son sens aigu du songwriting. Peu importe le style, le but c'est de mettre dans le mille, dit le cow-boy.

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Michel Cloup, debout

Rock | C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 avril 2016

Michel Cloup, debout

C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler cette colère » qui a toujours été la sienne, lui le bâtisseur d'hymnes à la moue. Le deuil marquait ainsi puissamment, indélébile, l'immense Notre silence, avant que la meurtrissure du couple blessé ne vienne remuer Minuit dans tes bras. Et voilà que pour son déjà troisième album solo (même remarque que précédemment, même si le batteur Patrice Cartier laisse place à Julien Rufié), Ici et là-bas, investit le terrain d'une révolte on ne peut plus en phase avec la période. À l'heure où le peuple, ou ce qu'il en reste, se lève la nuit à la recherche d'une solution, Cloup acte la disparition de la classe ouvrière (La classe ouvrière s'est enfuie) et la difficulté à dire nous (Nous qui n'arrivons plus à dire nous). Les deux titres étaient annonciateurs de ce disque où Cloup retrouve quelque chose de sa jeunesse énervée et éternelle, qui plus est mûrie et nourrie d'un travail sur ses origines (là encore des chansons qui s'ancrent toutes seules dans la chair de l'actualité).

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La préfecture ferme le Sonic pour 15 jours

ACTUS | Sale période pour le Sonic, club rock emblématique de la ville, qui doit fermer pour quinze jours à compter de ce soir suite à un arrêté préfectoral pour tapage nocturne.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 avril 2016

La préfecture ferme le Sonic pour 15 jours

L'histoire sans fin des clubs et bars faisant vivre l'économie nocturne mais victimes de l'incompréhension des services publics vient de se noircir d'une page supplémentaire. C'est le Sonic qui subit ce nouveau chapitre : la préfecture du Rhône lui a signifié ce jeudi 14 avril une fermeture administrative de quinze jours, sans possibilité de recours. Six concerts et soirées sont annulés. Celui très attendu de Michel Cloup et Matt Elliott est déplacé au Transbordeur, au même prix et en soutien au Sonic. Cette date, ironie du sort, fêtait les dix ans de programmation de ce lieu emblématique et fondamental de l'écosystème culturel comme de la vie nocturne lyonnaise. Triste anniversaire. La raison ? Le vendredi 29 janvier (soir où jouait DJ SoFa) la police est intervenue après la fermeture du lieu. Stéphane Bony, patron de la péniche amarrée quai des Étroits, raconte : « Ils sont arrivés en mode "on va se payer le Sonic", à 4h15. Le bar était fermé, le personnel faisait le ménage dans la salle vide. Mais il y avait encore quelques personnes sur le pont, on laisse partir les gens au compte-gouttes justement pour éviter le tapage nocturne qui nous était reproché par les

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Lyon, reine de la nuit mais...

ACTUS | Alors que Lyon vient d'être récompensée pour la qualité et le dynamisme de sa vie nocturne, on apprend que l'un des discrets et néanmoins essentiels artisans de cette réussite, le Sonic, est sous la menace d'une fermeture. Pas glop.

Benjamin Mialot | Jeudi 26 novembre 2015

Lyon, reine de la nuit mais...

Il y a deux jours, à Paris, se déroulait la 21e édition des Trophées de la nuit, sortes de 7 d'Or du noctambulisme (dans tant la forme que dans la représentativité). Surprise, c'est Lyon qui a remporté cette année le titre de "Ville nocturne", propulsée au sommet, on l'imagine, par le succès de Nuits Sonores et de son bras bétonné, Le Sucre. Comme un signe, ce sont les adjointes au développement économique (Fouziya Bouzerda) et au tourisme (Sandrine Frih) qui se sont félicitées de la chose : «La reconnaissance des professionnels au niveau national renforce la pertinence de la démarche lyonnaise fondée sur la concertation et le dialogue avec les acteurs locaux de la nuit et son rôle dans le rayonnement et l’attractivité du territoire. En quelques années, Lyon s’est imposée comme une ville moteur en matière d’attractivité nocturne.» Car la réalité est un peu moins glamour, en tout cas pour les acteurs se faisant fort de proposer une alternative à la Sainte Trinité col blanc/mojito/EDM, à laquelle sont dévoués les "professionne

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Dernière ligne droite pour le Humanist SK Festival

MUSIQUES | Comme si notre agenda musical ne ressemblait pas déjà à un dossier d'instruction pénale, c'est également cette semaine, comme nous vous le "teasions" dans le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Dernière ligne droite pour le Humanist SK Festival

Comme si notre agenda musical ne ressemblait pas déjà à un dossier d'instruction pénale, c'est également cette semaine, comme nous vous le "teasions" dans le numéro précédent, que le Humanist SK Festival atteint son climax. Co-organisé par le label parisien Humanist Records et son correspondant lyonnais S.K Records – et de fait réparti sur leurs fiefs respectifs –, l'événement s'attache depuis cinq éditions à promouvoir les musiques qui filent des migraines aux encyclopédistes et aux syndics de copropriété – mais pas pour les mêmes raisons –, avec la complicité des lieux qui le font le reste de l'année, à savoir le Périscope et Grrrnd Zero – et précédemment le Sonic. Ce week-end, on pourra faire connaissance chez le premier avec le folk horizontal du délicat improvisateur canadien Éric Chenaux et le psyché incantatoire de la one-woman-band parisienne Chicaloyoh. Quant au second, il accueillera notamment les performances disco-poétiques du duo suisse Hyperculte, la synthpop névrotique de Gratuit (son déchirant troisième album, Là, sonne comme du Nonstop arythmique et n

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Grrrnd Zero pousse le volume à onze

MUSIQUES | Previously on the Grrrnd Zero show : alors que le chantier de remise aux normes de l'ancienne papeterie du 60 avenue de Bohlen, Vaulx-en-Velin, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

Grrrnd Zero pousse le volume à onze

Previously on the Grrrnd Zero show : alors que le chantier de remise aux normes de l'ancienne papeterie du 60 avenue de Bohlen, Vaulx-en-Velin, se poursuit, ses occupants se sont vu accorder l'autorisation de donner quelques concerts au pied du bâtiment. Celui du vendredi 11 septembre a ceci de particulier qu'il coïncidera non seulement avec l'anniversaire du collectif, mais aussi avec le coup d'envoi de la cinquième édition du Humanist SK Festival – dont on vous reparlera plus amplement au moment de la venue des fulgurants Solids, dans une dizaine de jours. Pour l'occasion, GZ a convié autant de groupes qu'il a d'années d'activisme électrique à commémorer, soit onze (!). Parmi les premiers noms annoncés : Gammy Bird, espoir anglo-local de l'indie rock straight outta the 90s (i.e. à la fois tranchant et haut perché), les luchadores rapiécés de Cowbones, émules valentinois des Cramps et autres rockeurs de l'âge des cavernes, et les increvables maçons soniques de Cosmic Dead – leur dernier enregistrement en date totalise sur seulement quatre pistes débordant de f

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L'éternelle jeunesse de Thurston Moore

MUSIQUES | Est-ce par atavisme onomastique ou toponymique? Toujours est-il que Thurston Moore, ci-devant leader éternel devant l'éternel de Sonic Youth, adore le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mai 2015

L'éternelle jeunesse de Thurston Moore

Est-ce par atavisme onomastique ou toponymique? Toujours est-il que Thurston Moore, ci-devant leader éternel devant l'éternel de Sonic Youth, adore le Sonic. On parle de ce bateau accolé aux quais du Rhône d'où s'envolent effluves punks et autres entreprises... soniques de tout type, avec une nette préférence pour la dissonance et l'expérimentation. Voilà une autre des raisons pour laquelle Thurston est si enclin à faire étape en ce lieu chaque fois qu'il vient à Lyon. Homme avisé et attentionné, c'est un "concert secret" et donc un peu surprise que vient livrer l'ancien petit gars du Connecticut monté à New-York pour redonner ses lettres de noblesse à la profession d'ORL à la fin des années 70. Et c'est accompagné d'un super groupe qu'il entend (car lui entend encore) le faire : le fidèle Steve Shelley, Deb Googe (la fille et la basse dans My Bloody Valentine, autre grand générateur d'acouphènes) et James Sedwards dont John Peel disait qu'il était le seul non footballeur dont il était jaloux en tant que personne. Ensemble, les quatre ont produit dernièrement The Best Day, première saillie de Moore post-divorce youthien et grand album solo

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Old Field

MUSIQUES | Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Old Field

Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et de cavalcades de banjo, réjouissez-vous : voici venir Frank Fairfield au Sonic. Certes l'intéressé n'est en rien originaire des montagnes de Virginie de l'Ouest ou de quelque élevage de poulets du Kentucky, mais de Los Angeles, là où l'old time est autant à sa place que le crunk à Saint-Dié-des-Vosges. Mais Fairfield n'est pas à une contradiction près : alors qu'à l'entendre, on imagine un hillbilly édenté et calleux, c'est un jeune homme bien mis et gominé qui se présente. Redoutable joueur de banjo, de guitare et de violon, Fairfield fait voyager l'auditeur dans le temps avec une virtuosité et une authenticité qui tuent dans l'oeuf tout procès en singerie. Preuve que quand la musique ne fait pas du jeune avec du vieux, elle fait du vieux avec des jeunes, renversement dont Fairfield est un digne représentant, chevillé à une tradition

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Love à Moore

MUSIQUES | Lorsqu’il s’agit de déterminer qui diable fut le parrain du grunge, on pense, privilège de l’âge, à Neil Young, mais on a tendance à oublier Thurston Moore - (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Love à Moore

Lorsqu’il s’agit de déterminer qui diable fut le parrain du grunge, on pense, privilège de l’âge, à Neil Young, mais on a tendance à oublier Thurston Moore - qui d’ailleurs avait quelque peu relancé la carrière du "Loner", en lui permettant, inspiré par un feu nourri de larsens, d'enfanter les albums Ragged Glory et Arc. En 1991 (en témoigne le documentaire The Year Punk Broke) Moore était persuadé, sans qu’on sache s’il faisait œuvre de prétention, de foi ou de potacherie (en fait un peu des trois) que Sonic Youth et son entourage, les Dinosaur Jr. Gumball, Babes in Toyland et autres Nirvana, étaient les étincelles qui allumeraient une révolution. Celle d’une Génération X embourbée dans son mal-être au faîte du règne conservateur des Reagan-Bush. Le fait est que Sonic Youth, s’il anticipa de très loin le grunge et en livra les prémices, fit davantage que lui survivre, faisant entrer la noise dans la pop et la pop dans la musique expérimentale et vice-versa. Hasard du calendrier, voilà que Moore se pointe à Lyon la veille d

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Dinosaur Senior

MUSIQUES | Créature à trois pattes et famille dysfonctionnelle, Dinosaur Jr. fut l’un des piliers de l’indie rock des années 80-90 et un annonciateur du grunge, avant d’exploser en une déflagration d’egos et de non-dits. Miraculeusement rabiboché en 2005, le mastodonte de J. Mascis et Lou Barlow connaît une seconde jeunesse plus sereine mais tout aussi bruyante. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Dinosaur Senior

Avec quelques autres, Dinosaur Jr. a contribué à semer le vent dont Nirvana récolta la tempête. Et s’il fallait comparer chacun des piliers de l’indie rock à un Cavalier de l’Apocalypse, nous dirions que Sonic Youth fut Pestilence (aussi appelé Conquête), le déclencheur, introduisant dans le fruit le ver d’une révolte sonique (voir encadré) ; les Pixies seraient Guerre, cheval rouge comme le visage hurlant de Black Francis, imposant la dynamique furieuse et létale du morceau qui brise la nuque ; Nirvana, bien sûr, serait Mort, incarnant à la fois l’avènement ultime de l’Apocalypse, la Révélation et dans le même temps l’achèvement du mouvement par le geste symbolique que l’on sait. Manque le troisième cavalier, Famine. C’est Dinosaur Jr., cheval (de trait) noir claudiquant car, comme dans la Bible, porteur d’une balance qu’il n’a jamais su maintenir en équilibre. Famine, car Dinosaur Jr. dont on a dit qu’il était à Nirvana ce que Chuck Berry fut aux Beatles, laissa quoi qu’on en dise le monde de l’indie rock sur sa faim, se fossilisant dans sa propre aigreur. «Ear-bleeding

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Casser la voix ?

MUSIQUES | On dit qu'un nom et un prénom ne sont pas pour rien dans la destinée de celui qui les porte. Ce n'est pas le basketteur Mickaël Gelabale qui dira le (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 29 mars 2012

Casser la voix ?

On dit qu'un nom et un prénom ne sont pas pour rien dans la destinée de celui qui les porte. Ce n'est pas le basketteur Mickaël Gelabale qui dira le contraire. Le rapport avec Barrence Whitfield ? Le rapport c'est que le vrai nom de Barrence Whitfield, son nom de naissance est... Barry White. Oui, comme le crooner à tête de morse, de onze ans son aîné. Ce qui tout en lui traçant un destin de chanteur, l'obligea à changer de blase histoire d'éviter les méprises. Pour le reste, les deux chanteurs ne boxèrent jamais vraiment dans la même catégorie. Là où Barry faisait roucouler sa voix de basson sur des cascades d'arrangements sexuellement transmissibles, Barrence est plutôt à ranger dans la catégorie soul screamer, ces types qui font hurler leur joie (et leur peine) d'être au monde (cf. Little Richard, Solomon Burke, Don Covey...) au gré de titres pour lequel le mot endiablé a dû être inventé. Tout en ayant tâté de tous les genres : il faut entendre ses reprises du countryman Merle Haggard ou de l'hymne garage des Sonics, Strychnine. Pourtant quand il calme le jeu, cette légende assez méconnue dans nos contrées (il a pourtant tou

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