La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson.

Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero.

Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG en travaux de l'avant-garde bruitiste locale), les opérateurs webradio de LYL, ils poursuivent eux leur bonhomme de chemin : concerts audiovisuels à domicile (le prochain est pour décembre), broadcasts en direct de chez Groovedge Records et, si tout va bien, un lancement officiel en octobre.

Autre résidence à suivre au Transbo, celles qu'inaugurent ensemble Encore et Totaal Rez cette semaine, nommée "Demain" (voir page 19). Pas de quoi ralentir les activités respectives des deux structures – qui se retrouveront le 19 décembre pour un live du duo Aux 88, parmi les premiers à étouffer la techno sous des heavy basses –, même si Totaal Rez a dû renoncer au Rumble Festival. Encore annonce de son côté, entre autres, les retours de plusieurs figures historiques de la dance music made in Michigan – le fondateur Kevin Saunderson (2 octobre, pour une première au Petit Salon), la fratrie Octave One (5 décembre, même endroit) et Chez Damier (23 octobre au Sucre) – et un live de l'architecte noise Kangding Ray (le 16 octobre au Transbo).

À quoi s'ajoutent, bien sûr, les productions d'une multitude d'acteurs plus discrets (Art Feast, Uncivil, Zuper...) et les programmations hebdomadaires du DV1 et du Terminal, évidemment inconnues au-delà du 30 septembre, ainsi que celle du Sucre, pour le moment arrêtée à fin octobre et des plus familières : barouf techno dominical (Ben Sims et Boddika le 4, DVS1 le 18) et house qui alourdit les fesses (Tom Trago le 3) ou en vol géostationnaire (Edward le 16).

Au singulier

Au-delà de ces rendez-vous bien identifiés, le début de saison sera aussi émaillé de quelques concerts non labellisés (en tête celui de Bill Kouligas au Sonic le 9 octobre), en particulier du côté du Transbo. On y assistera ainsi à trois retours aussi craints qu'attendus : celui du duo guitare-machines Ratatat (1er novembre) qui, sous couvert d'un retour à ses fondamentaux – du Daft Punk non équipé d'un logiciel de synthèse vocale, en gros – vient de signer un album dont l'écoute s'avère aussi passionnante que l'observation d'une porte d'ascenseur butant sur un carton ; celui de Saint-Germain (18 novembre), pionnier de la fusion des musiques noires d'hier (jazz, blues) et d'aujourd'hui (house, techno) et, par voie de conséquence malheureuse, de l'easy listening 2.0 ; et enfin celui des premiers turntablists – comme on parle de premier violon – de Birdy Nam Nam (14 janvier), désormais amputés de leur paire de mains la plus dextre (DJ Pone). Aucun souci à se faire en revanche pour Nosaj Thing (3 novembre) : en matière de beatmaking atmosphérique, rares sont ceux qui peuvent soutenir la comparaison avec ce jeune maître californien de la MPC.

Du côté du Sucre également, trois dates à retenir : le 8 octobre, pour la venue du phénomène depeche-modesque Ghost Culture, le 9 pour un big up mérité au minimaliste brésilien Gui Boratto et, surtout, le 24, qui verra le rooftop proposer un plateau format festival avec le bidouilleur hyperactif Four Tet, Daphni (Caribou en mode dancefloor) et le prodige house ascendant chef d'orchestre Floating Points.

Au pluriel

Festival, on a dit festival ? Un mot, alors, sur ceux qui parsèmeront l'automne. Elektro System dégainera le premier avec Hypnotik (le 10 octobre à Eurexpo), où sont notamment attendus le cadet Kalkbrenner, la fine fleur du label Mobilee (sa fondatrice Anja Schneider, Maya Janes Coles et Re.you) et Len Faki, peut-être le résident le plus rentre-dedans du Berghain, avant de remettre le couvert un mois plus tard pour son quinzième anniversaire (10 novembre au Double Mixte). Baptisé Magic, il accueillera entre autres l'égérie berlinoise Ellen Allien et Dufbire (qui jadis rendit la house soluble dans la pop mainstream au sein de Deep Dish).

Au même moment, le Riddim Collision donnera le coup d'envoi de sa 17e édition (10 au 15 novembre au Transbordeur) avec sa traditionnelle carte blanche ubiquiste – six bars des pentes, six organisations locales –, avant d'embrayer sur deux folles soirées où se succéderont le pionnier du hip-hop nippon DJ Krush, Blanck Mass – projet solo pour le moins misanthrope d'une moitié des assourdissants Fuck Buttons –, Clark, figure emblématique de l'IDM à la mode de chez Warp, son labelmate fan de collages Prefuse 73 ou encore le surdoué de l'arrangement électro-acoustique Chapelier Fou.

Terminons par une curiosité : Synthzilla (31 octobre au Jack Jack), un événement consacré à la synthwave, sous-culture rétro-futuriste qui puise son inspiration dans les kitscheries éclairées au néon des années 80, ainsi que chez John Carpenter, Tangerine Dream et autres autres sommités du cruising analogique. Vous aimez Drive ? Vous aimez Hotline Miami ? Vous allez adorer l'espèce de new wave bis de Carpenter Brut et ses copains.

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Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

ECRANS | On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L’Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu’il (...)

Vincent Raymond | Vendredi 3 décembre 2021

Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L’Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu’il figure parmi les plus importants cinéastes contemporains. N’hésitez donc pas à retourner à la rencontre du filmeur Alain Cavalier le samedi 4 décembre à 16h au Comœdia à l’occasion de la projection de la copie restaurée de Thérèse (1986), évocation de la sainte calvadosienne qui avait subjugué le public — et montre que, dans le genre biopic, il existe des approches divergentes confinant à la poésie. La séance est proposée à l’invitation de François Hien, auteur et co-metteur en scène de

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Le Netflix Film Club à l’Institut Lumière

Écrans | Après de rocambolesques péripéties, l’Institut Lumière accueillera bien du 7 au 14 décembre les neuf films du “Festival Netflix“ et sa pluie de grands auteurs, dans un contexte houleux. Récit du feuilleton qui a tourneboulé les “professionnels de la profession”…

Vincent Raymond | Mercredi 1 décembre 2021

Le Netflix Film Club à l’Institut Lumière

Vendredi 8 octobre 2021, Halle Tony-Garnier, ouverture du 13e Festival Lumière. Ted Sarandos jubile. Le directeur des contenus de Netflix n’a pas fait le déplacement à Lyon pour rien. Sur scène, Thierry Frémaux vient de saluer publiquement sa présence. Plus tôt dans la journée, Sarandos a visité l’école CinéFabrique. À la clef, une rencontre avec les étudiants et l’octroi de bourses, comme à la Fémis, l’école des Gobelins et Kourtrajmé. Avec ses 200 millions d’abonnés dans le monde (dont plus 8 millions sur notre sol), la société qu’il représente peut être généreuse : elle n’a payé en France que 728 033 € d’impôts en 2020, soit 0, 6% de de ses bénéfices estimés. Seulement, la France demeure un problème pour son modèle de développement, car elle dispose d’un bouclier protégeant l’exploitation et la distribution des films en salles : la chronologie des médias. Une ligne Maginot attaquée de toutes parts, traversées parfois à la faveur d’exceptions dérogatoires

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Les fantômes de Tushen Raï au Sucre

Clubbing | Premier opus en solo pour Tushen Raï, habitué du Sucre et co-directeur du label Hard Fist : où l'on croise sonorités ancestrales et globalisées avec l'acid-house de Chicago afin de produire quelques bombes pour dancefloor.

Sébastien Broquet | Mardi 30 novembre 2021

Les fantômes de Tushen Raï au Sucre

À l'écoute du premier EP de Tushen Raï, l'on pense, inévitablement, au My Life in the Bush of Ghosts de la paire Brian Eno & David Byrne, paru en 1981, révolutionnant l'art d'enregistrer et de composer, préfigurant l'explosion du sampling alors principalement l'œuvre des artistes hip-hop de New York ou de quelques expérimentateurs underground tel Christian Marclay, platiniste hors-normes marqué par le nihilisme punk. Eno & Byrne, eux, propulsent alors la sono mondiale balbutiante dans une nouvelle ère, inspirée du "quatrième monde" de leur ami et collaborateur Jon Hassel mêlant technologie et musiques du monde, mais sans faire appel à des musiciens, tout simplement en enregistrant voix et instruments à la radio sur les grandes ondes, ou sur d'autres disques déjà publiés (y compris des récits coraniques d'un muezzin algérien, valant aux rééditions futures une censure du titre concerné, Qu'ran, l'Islamic Council of Great Britain ayant porté plainte), rajoutant ensuite leur sauce proto-Talking Heads pour faire groover l'ensemble. YouTube plutôt que grandes ondes En 2021, la radio, c'est démodé : Tushen Raï a appliqué

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Maison Barthès met son grain de sel In Cuisine

Épicerie | Spécialiste des épices de Madagascar (mais aussi d’ailleurs), Serge Barthès n’était jusqu’à alors présent qu’en ligne. Le Lyonnais vient d’ouvrir pour la Maison (...)

Vincent Raymond | Jeudi 2 décembre 2021

Maison Barthès met son grain de sel In Cuisine

Spécialiste des épices de Madagascar (mais aussi d’ailleurs), Serge Barthès n’était jusqu’à alors présent qu’en ligne. Le Lyonnais vient d’ouvrir pour la Maison portant son nom un élégant corner façon comptoir tropical au sein de la librairie culinaire de la place Bellecour In Cusine (du mardi au samedi de 11h à 18h30). Sur ses rayons, des dizaines de références garanties “éthique et solidaire” puisqu’il travaille en direct avec des producteurs locaux fixant eux-mêmes leur prix d’achat. On est impressionné par la kyrielle de variétés de poivres du monde — Cambodge ou Madagascar — (6, 50€ les 25g environ), par les miels précieux (naouli, eucalyptus, 8€ les 200g), les mélanges d’épices pour pâtisserie ou rhum arrangé comme la fleur de sel… de l’île de Ré.

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François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Théâtre | La Peur : un spectacle signé François Hien, à la fois sur l'homosexualité et sur la pédocriminalité des hommes d'Église, qui se révèle sans relief.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Le père Guérin, pour que son homosexualité ne soit pas révélée, va mentir à la justice : non, le père Grésieux n’était pas au courant des actes pédocriminels d’un troisième homme d’Église. Car « renoncer au secret de la confession » reviendrait à « être les supplétifs de la police » et surtout à ne plus avoir de paroisse, le bagne pour ce croyant qui ne s’accomplit que face à ses fidèles. Une des victimes ne l’entend pas ainsi et va marteler chaque dimanche sa vérité. Inspiré de l’affaire Bernard Preynat et nourri de la lecture de Sodoma de Frédéric Martel, le nouveau travail de François Hien, dans un décor réduit à son minimum, embrasse trop de sujets et s’avère comme bien souvent très bavard. François Hien sait parfaitement faire s’entrecroiser tous ces personnages dans un tissage très serré de son texte. Contrairement à ce qu’il faisait dans Olivier Masson doit-il mourir ? (qui traitait de l’euthanasie), son point de vue sur son sujet est clair (et heureusement !) : l’omerta qui règne

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Chokä, resto éphémère, succès répété

Restaurant | C’est un succès populaire, brandi pour prouver qu’on mange bien dans la nouvelle Part-Dieu (oui, le centre commercial). Ses ingrédients ? Un thème éphémère, et de la vraie cuisine, aussi.

Adrien Simon | Jeudi 2 décembre 2021

Chokä, resto éphémère, succès répété

La Part-Dieu fait depuis sa nouvelle extension la part belle à la nourriture. C’est l’espace des Tables, ensemble de restaurants placés sous la grande verrière du troisième étage. Qui s’étendait cet été jusque sur le toit (ce fut le Roofpop) et qui se prolonge dans la pénombre de la Food Society, l'espace street food. On avait évoqué récemment ce dernier, mais pas encore le vaisseau amiral des Tables, lui qui fait le buzz depuis que sa "réouverture" — la dynamique du projet étant de fermer et renaître après avoir tout changé — a provoqué pas moins de mille réservations en cinq petites heures. Pour comprendre, il faut revenir aux beaux jours de 2019, quand trois vingtenaires, Jade Frommer, Annaïg Ferrand et Loris de Vaucelles, se retrouvent fraichement diplômés de l’institut Paul Bocuse. L’histoire ne dit pas pourquoi ils ont rayé "stabilité" de leur vocabulaire, préférant "l'éphémère". Ils squattent quelques temps les locaux de La Cuisign, dans le 7e, pour y penser six menus thématiques. Le premier tourne autour du chocolat et d’un film ins

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Planète Seconde Main : la nouvelle fripe engagée et partagée

Friperie | L’heure est à la seconde main, et c’est tant mieux. Une nouvelle boutique se pointe dans le paysage lyonnais des fripes, elle s’appelle Planète Seconde Main, elle est la fusion de trois structures et elle est éphémère.

Louise Grossen | Jeudi 2 décembre 2021

Planète Seconde Main : la nouvelle fripe engagée et partagée

Fruit d’une synergie entre la fripe associative itinérante Cigüe Vintage, la marque d’up-cycling Good Mates et Clothe2Me, la friperie Planète Seconde Main vient d’ouvrir au 10 cours Aristide Briand. La promesse : favoriser de nouveaux modes de consommation vertueux, sensibiliser à l'écologie et proposer des sapes stylées à prix abordables. L’espace : une boutique tricéphale, spacieuse, colorée et accueillante. On entre par la section Cigüe, où articles vintage (mixtes) des années 1970 à 2000 et accessoires plastronnent en un harmonieux camaïeux sur les portants. 10€ pour un mignon gilet en laine, 15€ pour un pantalon. Vient la partie Good Mates : la marque propose des pièces uniques. Donne-lui trois vêtements, elle t’en fait un. Ou encore, on peut chiner dans sa sélection : du velours, du jean, du doux ou du rugueux… up to you. Puis cap sur Clothe2Me qui met en valeur des pièces de seconde main plus contemporaines, 100% récup. Un exemple de ce que peut être un écosystème de l'occasion qui lutte, à son échelle, contre la surconsommation. Bo

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Toutes les couleurs des vanités au Musée des Beaux-Arts

Arts | Troisième exposition entremêlant les collections du Musée des Beaux-Arts à celles du Musée d’Art Contemporain (et une collection privée), À la mort, à la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 novembre 2021

Toutes les couleurs des vanités au Musée des Beaux-Arts

Troisième exposition entremêlant les collections du Musée des Beaux-Arts à celles du Musée d’Art Contemporain (et une collection privée), À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui vient d’ouvrir ses portes au MBA. Elle réunit quelque 160 œuvres (estampes, sculptures, peintures, photographies, vidéos…), du XVIe siècle au XXIe siècle, sous le thème intemporel de la vanité. Le parcours n’hésite pas à faire voisiner les époques et les styles les plus différents, dans un accrochage fort réussi. Et décortique tous les aspects de la vanité : danse macabre, les âges de la vie, la vanité des arts et du savoir, les méditations… Parmi nos découvertes ou redécouvertes fortes de cette exposition, citons : l’installation vidéo Tiny Deaths de Bill Viola, la série photographique bouleversante de Philippe Bazin Faces, deux polyptiques de Jean-Luc Mylayne, deux grandes toiles signées Jim Dine et Paul Rebeyrolle…. À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui Au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 7 mai 2022

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Raconte-moi Lyon dépoussière les audio-guides

Tourisme | En attendant de voyager via le métavers, pour visiter des villes, il existe toujours des audio-guides. Beaucoup sont poussiéreux, soporifiques, monocordes… D’autres, comme celui de Séverine Peurichard, nous transportent avec virtuosité dans l’Histoire au travers de balades guidées en totale autonomie : voici Raconte-moi Lyon.

Louise Grossen | Vendredi 3 décembre 2021

Raconte-moi Lyon dépoussière les audio-guides

Impossible de passer à côté si vous habitez le quartier de Saint-Jean. Depuis septembre, cette dame vêtue d’une robe de marquise du XVIIIe siècle, d’un corset et d’un chapeau à plumes déambule dans les rues, accompagnée de son fidèle équipier, un shiba inu. Mais que fait-elle ? Elle nous raconte Lyon. « À la base, je n’aime pas du tout les audio-guides, particulièrement ceux des musées. Je les trouve ennuyeux, les boitiers sont lourds… Je voulais créer des guides vivants, les dépoussiérer de leurs vieux clichés. Ma passion de l’Histoire s’exprime jusque dans ma tenue. Tous les samedis, j’enfile ma robe et je descends à Saint-Jean pour faire la promotion de mon activité » nous explique Séverine Peurichard. Passion et expertise transpirent au travers d’épisodes qui nous font oublier les commentaires un peu trop sages des audioguides traditionnels. Ici, ils sont nourris de saynètes, font appel à des commentaires plus personnels et s'enrichissent d’un décor sonore et musical quasi cinématographique. À la manœuvre : le crooner et musicie

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Les âmes démultipliées d'Enzo Cormann au Théâtre de la Renaissance

Théâtre | Du pari fou d’Enzo Cormann d’écrire 99 pièces de théâtre de 30 minutes, le metteur en scène Philippe Delaigue en porte huit à la scène. Partie 2 et intégrale de cette aventure aussi étonnante que séduisante à La Renaissance, à Oullins.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

Les âmes démultipliées d'Enzo Cormann au Théâtre de la Renaissance

C’est un compagnonnage long d’une quarantaine d’années qui unit les deux hommes, depuis une rencontre fortuite à Lyon. Ils ont beaucoup travaillé ensemble notamment en tant que directeurs de département à l’ENSATT et aussi sur les planches. En 2014, Philippe Delaigue dirigeait Enzo Cormann dans Hors jeu, un texte de ce dernier relatif à la violence de la société envers les chômeurs. Seul en scène, il dialoguait avec ses interlocuteurs cachés dans de multiples haut-parleurs. Désormais il y a des visages. Depuis 2016, l’auteur s’attelle en effet à l’écriture d’un grand ensemble de textes de chacun 30 minutes, pour trois acteurs de trois générations (25, 45 et 65 ans). Un volume a déjà été publié aux Solitaires Intempestifs, un autre suivra très prochainement. Au théâtre, il joue dans sept des huit pièces retenues dans cette somme et semble s’en amuser. Car, avant les propos politiques que véhiculent ses textes, il y a un plaisir indéniable de jouer, à se transformer, s’affranchir des mensonges et des

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Des litres de Talitres à l'Épicerie Moderne

Label | L'Épicerie Moderne et Talitres c'est en quelque sorte une longue histoire. Nombreux sont les artistes mis en avant par le label bordelais – qui a fêté (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 décembre 2021

Des litres de Talitres à l'Épicerie Moderne

L'Épicerie Moderne et Talitres c'est en quelque sorte une longue histoire. Nombreux sont les artistes mis en avant par le label bordelais – qui a fêté ses vingt ans cette année – à avoir arpenté la scène feyzinoise, parfois à plusieurs reprises. L'exemple le plus emblématique et récent étant Raoul Vignal, quand bien même son statut de local biaise sans doute un peu l'affaire. Cette fois ce sont d'un coup quatre formations maison qui se rejoignent pour un concert spécial. D'abord, le précité Vignal, prince de l'accord alternatif et empereur du finger-picking, dont on ne se lasse guère et qui vient présenter à nouveau son très beau Years in Marble. Si l'on se pique de penser que Vignal a un côté crooner alors c'est assurément la couleur d'une soirée qui accueille ég

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The Stranglers au Transbordeur : Jean-Jacques Burnel, l'enfant terrible

Baston | Au fil des années, nous confie Jean-Jacques Burnel dans l'interview ci-contre, le regard des journalistes et du public sur les Stranglers a changé : (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 décembre 2021

The Stranglers au Transbordeur : Jean-Jacques Burnel, l'enfant terrible

Au fil des années, nous confie Jean-Jacques Burnel dans l'interview ci-contre, le regard des journalistes et du public sur les Stranglers a changé : « peut-être parce que je ne leur fais plus peur ». Cela peut passer pour une boutade mais c'est un fait : fut une époque où Burnel et les Stranglers terrifiaient absolument tout le monde par leur propension à dégoupiller et à jouer les Attila – ou les Bruce Lee. Burnel en tête (solidement épaulé par le très volatil Jet Black) qui reconnaît que la mauvaise réputation du groupe est née le soir où au Dingwalls de Londres il concassa Paul Simonon, icône virile du Clash, qui venait de cracher à ses pieds. Devant toute la profession. Il y eut ces deux fois où le groupe fut escorté de Suède par la police : la première lorsqu'attaqués par des motards les Stranglers ont répliqué en balançant des cocktails molotov, la seconde parce qu'ils détruisirent un hôtel avant d'être délogés par des flics armés de mitraillette. Et puis il y a le fameux

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Jean-Jacques Burnel : « les Stranglers avaient un bouton autodestruction incorporé »

Rock | Les Stranglers sont une énigme. Ayant toujours tout fait à l'envers, provoqué absolument tout le monde, jamais respecté le dogme punk, fait un tube énorme avec une valse, ils sont pourtant toujours là 45 ans après leur création, dans le sillage de leur bassiste-leader, le turbulent Jean-Jacques Burnel. À l'occasion de la venue des Stranglers au Transbordeur, la légende vous parle.

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 décembre 2021

Jean-Jacques Burnel : « les Stranglers avaient un bouton autodestruction incorporé »

En tant que dernier membre original des Stranglers, vous sentez-vous comme le gardien du temple ? Jean-Jacques Burnel : (Rires) Un peu oui, parfois. Heureusement, Baz Warne est maintenant le chanteur du groupe depuis presque vingt ans. Il est mon petit dauphin. C'est un peu comme le passage de flambeau d'une certaine éthique et d'une certaine façon de faire de la musique. Mais c'est vrai, je suis le capitaine Nemo des Stranglers, je suis le dernier, tous les autres sont enterrés (sic). The Stranglers est le seul groupe punk à être toujours debout et à n'avoir jamais disparu. Pouviez-vous imaginer il y a 45 ans, dans l'effervescence no future du punk, que vous seriez toujours là en 2021 ? Évidemment qu'on n'imaginait pas ça. À l'époque, si on rêvait d'avoir un peu de succès on savait que ça ne pouvait pas durer, simplement parce que les groupes n'existaient pas si longtemps. Cette éventualité éta

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Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

La Pièce rapportée | Une guichetière épouse un fils de famille et éprouve l’hostilité continue de la revêche “Reine Mère” déçu par cette mésalliance. Tel est le point de départ de la nouvelle comédie burlesque du Grenoblois Antonin Peretjatko, en partie tournée à Lyon avec Josiane Balasko. Rencontre…

Vincent Raymond | Mercredi 24 novembre 2021

Antonin Peretjatko : « je suis prêt à remettre le couvert avec Josiane Balasko »

Était-ce facile pour vous de composer un personnage aussi détestable que celui de cette “Reine Mère” ?Josiane Balasko: Oh, c’est amusant ! Faire “semblant de”, comme les enfants qui jouent au gendarme, ou au théâtre où l’on gueule sur scène, c’est pas pour de vrai… Entrer dans un personnage qui n’est pas le mien et jouer ce qu’il y a à jouer, c’est ça que j’aime. Mais il faut qu’on ait l’impression que c’est pour de vrai ! Le truc amusant en plus ici, c’est que c’est un personnage de bourgeoise, très riche, avec des bijoux, qu’elle vit dans une maison incroyable. Justement, cette maison, plus qu’un décor, est un élément central du film…Antonin Peretjatko : On l’a trouvée vers Lyon, après une recherche basée autour de l’époque. Et ce n’était pas du tout ce que j’imaginais au départ — à

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"Le Diable n’existe pas" de Mohammad Rasoulof : quatre morts et une seule vie

Drame | Un film en quatre temps et en crescendo pour montrer la banalité de la peine capitale en Iran, où la mort donnée sur ordres détruit par contrecoup bien des vies. Un conte d’une tragique beauté visuelle, douloureusement bien interprété, comme toujours chez Mohammad Rasoulof. Ours d’Or à Berlin 2020.

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 2021

Un père de famille, époux et fils attentionné, exerce un métier peu commun ; un militaire cherche à éviter de participer à une exécution capitale ; un autre militaire profite d’une permission pour aller fêter l’anniversaire de sa fiancée ; une jeune femme expatriée débarque en pleine campagne pour faire connaissance avec son oncle malade… sans se douter de ce qu’elle va découvrir. Quatre courts-métrages se déroulant dans l’Iran contemporain, quatre histoires se répondant entre elles, quatre contes liés à la question de la peine de mort… De la contrainte naît la créativité — hélas ! Rasoulof a opté pour ce film en quatre tableaux afin d’éviter d’attirer l’attention sur son travail. Pour qui est familier du court-métrage (et de sa construction “à chute”, sans exécrable jeu de mot), son premier volet se révèle prévisible ; mis en perspective dans la globalité de l’œuvre, il prend une dimension davantage inquiétante contrastant avec son apparente douceur : la peine de mort est cette épée de Damoclès gangrénant le quotidien, menaçant tout le monde, et dont tout un chacun peut être malgré soi complice. Un

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Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

En salles | Les films à voir au cinéma cette quinzaine : notre sélection.

Vincent Raymond | Jeudi 2 décembre 2021

Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

★★☆☆☆ La Méthode Williams Qu’est-ce que ça bouge sur les écrans ! Espérons toutefois conserver un peu de stabilité pour les films, certains sortant à la vitesse d’un service des sœurs Williams (207 km/h). Celles-ci sont justement au cœur de La Méthode Williams, biopic autorisé de Reinaldo Marcus Green dans lequel Will Smith incarne leur père et coach Richard, promoteur d’une méthode destinée à faire dès le berceau de ses filles des championnes. La nécessité de créer des role models aux États-Unis, alliée au politiquement correct, abrasent les rugosités du personnage. Certes, il apparaît déterminé et doué d’une formidable vista, mais ses zones d’ombres avérées sont soit à peine évoquées, soit “arrangées” en extravagances de caractère. Dommage, car en instillant ces nuances dans le rôle, il y aurait eu davantage d’enjeu pour Will Smith. Et plus d’intérêt à coller à la vérité. Un film de Reinaldo Marcus Green (EU, 2h18) avec Will Smith, Saniyya Sidney, Demi Singleton ; sorti

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L'Aquarium propose une soirée Bis, une vente de DVD et du documentaire

Ciné-Café | Peur d’un décembre frisquet ? Les moelleux canapés du ciné-café croix-roussien L'Aquarium accueillent les amateurs pour quelques séances réconfortantes et (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 2021

L'Aquarium propose une soirée Bis, une vente de DVD et du documentaire

Peur d’un décembre frisquet ? Les moelleux canapés du ciné-café croix-roussien L'Aquarium accueillent les amateurs pour quelques séances réconfortantes et toujours aussi éclectiques, qu’il s’agisse de la projection d’un désopilant classique (Certains l’aiment chaud le 2 décembre) ou de soirées quiz (samedi 11 : les médias et le cinéma). Bonne nouvelle, il programme également la nouvelle mouture du festival de court-métrage documentaire organisé par l’Université Lyon 2 — une sordide affaire ayant impliqué le créateur de Doc en Court à la rentrée. Sans doute cornaqué par une nouvelle équipe, le rendez-vous désormais baptisé Lumidoc renaît pour trois soirées les 14, 16 et 17 décembre. L’Aquarium, dont on rappelle qu’il est aussi une vidéothèque, organise samedi 18 décembre de 10 à 19h un immense déstockage en se délestant de plus de 3 000 DVD à 3€ pièce. De quoi attirer une foule de Pères Noël et légitimer la pétillante soirée Bis du lendemain, dont l’affiche compte

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Les salles du GRAC régalent en décembre

Cinéma | Réunissant quatre œuvres splendidement restaurées, la livraison du Ciné-Collection de décembre tient du cadeau de Noël anticipé. Et rend compte d’un certain (...)

Vincent Raymond | Mercredi 1 décembre 2021

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Réunissant quatre œuvres splendidement restaurées, la livraison du Ciné-Collection de décembre tient du cadeau de Noël anticipé. Et rend compte d’un certain avant-gardisme : dans le paganisme horrifique (The Wicker Man de Robin Hardy), en dévoilant l’envers de la société étasunienne (Le Démon s’éveille la nuit de Fritz Lang et Outrage de Ida Lupino) ou en évoquant la guerre à travers une fable d’une stupéfiante atemporalité Qui chante là-bas ? de Slobodan Šijan (1980). Chaînon manquant entre Petrović et Kusturica dans le cinéma yougoslave, Šijan embarque (c’est le mot) à bord d’un car défoncé sinuant vers Belgrade, un panel de voyageurs conduits par un ingénu et son père combinard — improbable sosie de Günter Grass. Le contexte (nous sommes en 1941) rend l’équipée plus périlleuse et

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Jazz à Vienne 2022, les premiers noms

Festival | C'est un mélange d'habitués et d'artistes reportés des précédentes éditions que propose Jazz à Vienne avec les premiers noms de son édition 2022, déjà alléchante, qui dévoile également sa nouvelle identité visuelle.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 novembre 2021

Jazz à Vienne 2022, les premiers noms

Voilà le genre d'annonces qui donne comme un avant-goût d'été en plein mois de novembre et au beau milieu d'une vague de froid (et d'une cinquième vague de Covid) : les premiers noms de la programmation de Jazz à Vienne. Bon, on se garde sous le coude l'idée qu'une programmation dévoilée à huit mois de l'événement ne mange plus beaucoup de pain depuis deux ans, mais quand même, il ne s'agirait pas d'être trop fataliste. Alors voilà, comme chaque année depuis que Bruno Théry a passé la main, c'est par le dévoilement de l'auteur de l'affiche de la future édition que commence l'annonce. En l'occurrence une autrice puisque c'est Audrey Spiry qui a été désignée pour une touche, enfin, féminine qui a travaillé sur l'idée de vibration. Le dessin, et son mariage avec la musique, sera encore au centre le vendredi 8 juillet pour un concert dessiné – en partenariat avec le Festival d'Angoulême – où un line-up premium réunissant Laurent Bardainne, Thomas de Pourquery et Fabrice Martinez se confrontera à l'univers onirique de Fanny Michaëlis.

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"Oranges Sanguines" de Jean-Christophe Meurisse : pas de quartier !

Comédie | Deuxième incursion du maître de La Compagnie des Chiens de Navarre au cinéma après le bancal Apnée, Oranges Sanguines rectifie le tir pour viser juste dans plusieurs directions à la fois : politique, économie, famille, adolescence… Un tableau acerbe et féroce de la société française, façon puzzle.

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Pendant qu’un ministre des Finances tente de gérer en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique (en clair, ses fraudes fiscales), un couple de vieillards surendettés essaie de se sortir de sa mouise en participant à un concours de rock. Et une adolescente rêve à sa première fois. Mais, méfiance, dans la campagne profonde, un frappadingue attend son heure pour commettre des agressions sexuelles. La France, en 2021… Passer des planches à la caméra est rarement une sinécure pour les metteurs en scène, qui doivent apprendre à changer de dimensions : réduire les trois dimensions de la scène à deux pour l’écran, et puis dompter le temps à coup d’ellipses et de montage. Jean-Christophe Meurisse avait sans doute besoin d’ajustements à l’époque d’Apnée, objet peu mémorable aux faux-airs de prototype ; il en a tiré de vertigineuses leçons pour ces Oranges

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La mélancolie de Léonie Pernet à l'Opéra Underground

Pop Électronique | Infiné n'en finit plus d'assouvir nos passions mélomanes pour les chemins de traverse, œuvrant aux confins des musiques électroniques, du contemporain et de (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 18 novembre 2021

La mélancolie de Léonie Pernet à l'Opéra Underground

Infiné n'en finit plus d'assouvir nos passions mélomanes pour les chemins de traverse, œuvrant aux confins des musiques électroniques, du contemporain et de la sono mondiale, constituant un laboratoire fort pertinent de la création actuelle. Un labo accueillant depuis trois ans en collaboration avec le label Crybaby les pas de côté d'une jeune artiste auparavant repérée par le label Kill the DJ de Fany Corral, épatante tête chercheuse. Cette jeune femme, c'est Léonie Pernet, autrice d'un premier album baptisé Crave en 2019 qui l'avait d'emblée posée sur la carte des productrices les plus influentes du pays. Son successeur, Le Cirque de Consolation, paraît ce vendredi 19 novembre — la veille de son passage à l'Opéra Underground qui devrait rayonner de ses volutes électroniques couplées à des influences africaines ou orientales, développées au fil d'un disque où elle chante aussi beaucoup plus : c'est forcément pop, aussi. Femme de goût, Léonie Pernet a confié son dernier clip en date, Hard Billy, à l'épatant réalisateur Jean-Gabriel Périot — expert en cut-up d'mages d'archives

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Marie-Julie Michel, dessins-vertiges à la Galerie 1111

Dessin | En quelques dessins seulement, Marie-Julie Michel nous plonge dans l’infini. Rien moins ! Exigeant chacun plusieurs centaines d’heures de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 novembre 2021

Marie-Julie Michel, dessins-vertiges à la Galerie 1111

En quelques dessins seulement, Marie-Julie Michel nous plonge dans l’infini. Rien moins ! Exigeant chacun plusieurs centaines d’heures de travail, ses dessins sont composés de minuscules motifs répétés indéfiniment, et évoquant plus globalement (quand on les regarde avec un peu de recul) quelques formes abstraites (cercles, ondulations, etc.). De près, on s’immisce dans un champ de particules, une carte de l’infini, un monde aussi simple que foisonnant… Une magie hypnotique opère, le regard se prend de vertiges… Pourtant, il y a dix ans encore, rien ne destinait Marie-Julie Michel (née en 1979, vivant à Lyon) à un tel travail créatif, elle n’était pas encore artiste. C’est après une grave maladie pulmonaire que la jeune femme se met à dessiner, pour exorciser son mal au début, de manière plus délibérée ensuite. Proches du monde cellulaire, de l’infiniment petit comme de l’infiniment grand (on pense parfois à des cartographies de constellations), ses œuvres se déclinent en dessins et aussi en sculptures. Au 1111, elles dialoguent avec deux

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Au TNP, les parts d'ombres de Christiane Jatahy

Théâtre | Christiane Jatahy, brésilienne, surestimée star du théâtre en France, vient au TNP avec sa dernière création en date, très aboutie. Dans Entre chien et loup, variation sur le film Dogville, elle parvient à mêler avec virtuosité ce que jusqu'ici elle scindait en deux : témoigner de la déliquescence de son pays et explorer toujours plus l'outil vidéo. Avec des acteurs parfaits.

Nadja Pobel | Mercredi 17 novembre 2021

Au TNP, les parts d'ombres de Christiane Jatahy

Gracia vient de fuir son pays totalitaire, le Brésil, et débarque, sans papier, dans une communauté qu'elle pense protectrice. Ce sera sans compter avec la perversité de ses membres de vouloir jauger l'étrangère et observer, comme des apprentis chimistes, les réactions que son arrivée peut générer sur ses composantes. Dogville se déroulait aux États-Unis et Lars von Trier, après Les Idiots et Breaking the Waves, posait sa caméra sur une boite noire et des traits blancs au sol pour délimiter les espaces. Il faisait du théâtre avec Nicole Kidman. Cinéaste et metteuse en scène, Christiane Jatahy explore la jonction de ces deux arts depuis 2003 avec plus ou moins de bonheur. Sa Julia, qui l'a fait connaître (et triompher) dans nos contrées, n'est rien moins qu'une mauvaise tentative de subversion. En grossissant le trait de Mademoiselle Julie de Strindberg et en faisant une poussive démonstration des rapports de domination au sein d'une famille bourgeoise via une scène sexuelle filmée derrière un paravent et diffusée en live en quatre par trois mètres, elle a surtout montré que sa systéma

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Les sorties cinéma à Lyon du 17 au 24 novembre

En salles | C'est la clef, dit-on, du succès d’un film. Bien plus que les critiques — voilà pourquoi on les cite pour l’alimenter. Mais le bouche à oreille peut aussi évoquer des histoires de bouches… et d’oreilles…

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Les sorties cinéma à Lyon du 17 au 24 novembre

Voix et parole vont souvent de pair, en particulier dans le vocable politique. En pleine précampagne électorale, Jean-Christophe Meurisse des Chiens de Navarre sort avec Oranges sanguines (17 novembre) un bijou corrosif évoquant (notamment) la figure du politique et son usage de la langue de bois à travers un ministre gérant en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique. Volontairement “impur” dans sa forme — une construction de saynètes rend le fil de sa narration discontinu, mais l’effet mosaïque en résultant sert admirablement le propos — ce film choral restitue l’impureté de la chose publique, les arrangements boiteux, les masques sociaux et l’hypocrisie ambiante dont, pourtant, personne n’est dupe. Dialogue, distribution, jeu sont impeccables, et si l’on rit devant ces polaroïds du cynisme contemporain érigé en norme, c’est jaune : qui est le plus monstrueux ? Chacun fabrique le monstre de son prochain. Tragiquement drôle ! Oh, ouïe, encore ! À la même date, mais plus près des tympans, une rom’-com’ charmante, cocasse et touchante de et avec

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Nacre, bain d’iode à Saint-Paul

Bar à Huitres | « J’adore les huîtres : on a l’impression d’embrasser la mer sur la bouche » disait le poète Léon-Paul Fargue. On a testé Nacre, fraîchement ouvert à Saint-Paul : tout un poème.

Louise Grossen | Jeudi 18 novembre 2021

Nacre, bain d’iode à Saint-Paul

Ces cinq dernières années, Martin Bagne travaillait dans le bassin de Marennes-Oléron chez l’ostréiculteur Les Claires d’Arceau. Les huîtres, il connaît ça par cœur. Avec deux de ses amis, Mathieu Ryon et Matthieu Julliat, ils ont fait le pari d’ouvrir Nacre, une petite huîtrerie située au 14 rue Lainerie. « Je m’occupais de la vente, mais je m’intéressais forcément au produit. J’allais parfois en mer, et j’en ai appris un rayon. On s’est dit que c’était une bonne idée d’en proposer ici » explique Martin. Quelques tables, de quoi accueillir une quarantaine de couverts en intérieur, poutres et pierres apparentes, guirlandes style guinguette et une fresque bleue habillée de mouettes, un trompe l’œil imaginant Lyon en bord de mer. Ici, l’huître trône en reine des lieux autour des "à-côtés" : crustacés, fromages de la crèmerie Saint-Antoine ou de la Mère Richard et charcuterie de chez Bobosse. Pour les huitres, Martin détaille : « on se fournit directement chez le producteur — Les Claires d’Arceau et Yves P

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Le Réverbère, 40 ans d’images

Photographie | Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 novembre 2021

Le Réverbère, 40 ans d’images

Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de ses (anciens ou actuels) assistants et assistantes de présenter, chacun sur une cimaise, leur florilège d’images produites par la galerie. L’exposition est prolifique, variée, et ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on redécouvre des photographies vues dans d'anciennes expositions du lieu : quelques chefs d’œuvre coups de poing de William Klein, quelques éclats poétiques de Bernard Plossu, des portraits émouvants d’Arièle Bonzon, des jeux de reflets en abyme du Canadien Serge Clément, des compositions au cordeau de Pierre Canaguier… La sélection la plus osée et la plus troublante est signée Aurélie Sannazzaro qui met en avant le corps : corps érotique, corps pornographique, corps fragile et blessé, corps fragmenté… On y revoit l’un des plus beaux diptyque de Denis Roche, quelques nus de Jacques Damez, et ces genoux photographiés par

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Au tour du Lou Rugby de lancer son festival avec Vivendi

Stadium de Gerland | Après l'OL de Jean-Michel Aulas qui a annoncé s'associer à Live Nation pour produire les événements de son Arena à Décines, c'est au tour du Lou Rugby d'Olivier Ginon de se lancer dans la production de concerts dans son stade en compagnie d'Olympia Production, filiale de Vivendi : la bataille du divertissement est déclarée à Lyon.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 novembre 2021

Au tour du Lou Rugby de lancer son festival avec Vivendi

La programmation sera dévoilée le mardi 12 novembre, les dates aussi. Ce jour-là, Yann Roubert, le président du Lou Rugby, sera accompagné de Christophe Sabot, président d'Olympia Production. Tous deux annonceront la création d'un festival en 2022 devant se dérouler au Stadium de Gerland, mais pas seulement, puisque l'association entre les deux entités concerne également de « futurs grands événements musicaux » en plus de ce festival. Quelques semaines après l'annonce de la collaboration entre la multinationale du divertissement Live Nation et l'Olympique Lyonnais pour la future Arena de Décines devant sortir de terre en 2023, c'est donc un nouveau coup de tonnerre qui s'annonce dans le paysage des concerts et festivals à Lyon. Déjà, car une deuxième multinationale du divertissement s'installe en ville — Oly

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Festival du Film Court de Villeurbanne : Level 42

Court-métrage | Dans H2G2, la bible de Douglas Adams, 42 était la réponse à la « question ultime sur le sens de la vie ». Peut-on alors parler hasard si le millésime 2021 du Festival du film court correspond à sa 42e édition ? Non point, puisqu’il a été créé en 1980. Tout se tient !

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Festival du Film Court de Villeurbanne : Level 42

Depuis sa réouverture mi-mai, le Zola n’a pas chômé : il a rattrapé au printemps l’édition “40+1” du festival du film court (confiné l’an passé), animé un Summer Camp, reprogrammé début septembre ses Reflets du cinéma ibérique hivernaux, transformé en week-end son Ciné O’clock, et s’est mis en chasse d’un nouveau directeur ! Sans transition, il embraie avec l’édition “normale” de son historique rendez-vous du court. Comme d’habitude, le programme abonde de friandises (dont une carte blanche à Rafik Djoumi sur “Le monde d’après vu d’avant”, une longue nuit du cinéma bis) autour du cœur de la machine : la compèt’ animation et européenne. Quoi de neuf ? Doc ! Au vu de cette dernière, on comprend pourquoi après trois décennies d’éclipse l’Académie des César a décidé pour 2022 de réactiver un trophée pour le court-métrage documentaire : quasi inexistan

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Alice Guy à l'Institut Lumière

Matrimoine | Imaginez la migraine pour les Anglo-saxons : la première cinéaste de l’histoire s’appelait Guy — bon, d’accord de son nom de famille, Alice (1873-1969) (...)

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Alice Guy à l'Institut Lumière

Imaginez la migraine pour les Anglo-saxons : la première cinéaste de l’histoire s’appelait Guy — bon, d’accord de son nom de famille, Alice (1873-1969) étant son prénom. Tombée dans l’oubli pendant près d’un siècle, cette pionnière est pourtant réputée avoir signé les premières fictions scénarisées dès l’âge de… 23 ans en 1896, parmi lesquelles La Fée aux choux. Créatrice et volontariste, celle qui débuta comme secrétaire chez Gaumont devint même patronne de studio aux États-Unis, avant de tout perdre — à cause de son époux. Un destin hors du commun, tardivement réhabilité, qui bénéficie d’un double éclairage grâce à Catel & Bocquet. Après leurs albums consacrés à Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges ou Joséphine Baker, les deux auteurs ajoutent un nouveau chapitre à leur superbe série de biographies de grandes figures féminines/féministes. Ils la présenteront à l’Institut Lumière lors d’une conférence à 18h30 le jeudi 25 novembre puis lors d’une dédicace à la librairie La BD le lendemain. Les insc

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Deux fois Cronenberg au Lumière Terreaux

Midnight Movie | Grand Prix au printemps dernier lors du festival de Gérardmer, Possessor de Brandon Cronenberg n’a pas eu la chance de rencontrer son public dans les (...)

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Deux fois Cronenberg au Lumière Terreaux

Grand Prix au printemps dernier lors du festival de Gérardmer, Possessor de Brandon Cronenberg n’a pas eu la chance de rencontrer son public dans les salles : il est directement sorti en ligne et en DVD. Profitez donc de ce Midnight Movie pour être dérangés par cette histoire d’infiltration organique, où une officine secrète de tueurs à gages prend corporellement et mentalement le contrôle d’individus afin d’exécuter ses contrats sans laisser de traces ; savourez ses expérimentations visuelles à la limite de l’abstraction hypnotique. Et doublez la mise avec un film du daron de Brandon, David, Chromosome 3 (1979, interdit aux -16 ans). Si grâce à ça vous ne sortez pas de la salle un brin paranoïaque… Au cinéma Lumière Terreaux le samedi 20 novembre à 20h

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Au Théâtre de la Croix-Rousse, Philippe Quesne à la ferme

Théâtre | Des épouvantails ont surgi sur Terre à la place des humains disparus ! Philippe Quesne revient enfin à Lyon mettre son esthétique si singulière au service de la fin du monde.

Nadja Pobel | Jeudi 18 novembre 2021

Au Théâtre de la Croix-Rousse, Philippe Quesne à la ferme

De l’œuvre de Philippe Quesne, il reste des années après leur vision la trace d'une flamme qui s'éteint. Ses spectacles sont à la fois lumineux et crépusculaires, une sorte d'accompagnement vers une belle mort. C'était le cas de La Mélancolie des dragons (2008) et ses hard-rockers errants dans la neige autour de leur caravane figée pour l’éternité. Le mouvement n'est pas la force du travail de celui qui, avant d'être metteur en scène, est scénographe. Ses installations ou morceaux de décor trouvent même place dans les lieux muséaux, au Centre Pompidou ou dans les Biennales d'Art Contemporain de Lyon. En 2017 il livrait à La Sucrière une grotte de plastique noir (Bienvenue à Cleveland) et, deux ans plus tard à Fagor-Brandt, un élément de sa pièce Crash Park, un bout d'île abandonnée. En 2018, Gwenaël Morin lui offrait de présenter au Point du Jour trois de ses créations — certaines très anciennes car Quesne jouit de son répertoire comme le font les Allemands notamment, sur une très longue durée. C'était l’occas

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Aux Clochards Célestes, l'enfance des genres par Jeanne Garraud

Théâtre | Quel rôle la société assigne à une mère fût-elle féministe et consciente des enjeux ? Pour son deuxième spectacle, Jeanne Garraud écrit sans faux-semblants, et pour quatre voix, une histoire autobiographique qui ne cesse de lorgner vers l'étrange.

Nadja Pobel | Jeudi 18 novembre 2021

Aux Clochards Célestes, l'enfance des genres par Jeanne Garraud

En février, Jeanne Garraud laissait le soin à ses quatre comédiens (tous de très haut vol !) le soin de dire ce qu'elle avait écrit quelques mois après la naissance de sa fille, en l'absence d'un père accaparé par le travail. Ce qui n'aurait pu être qu'une énième variation sur la découverte de la charge d'une mère ou, pire, un règlement de compte n'est rien de tout cela. Car celle qui fut chanteuse et qui a fondé sa compagnie de théâtre en 2018 avec un délicat spectacle de transition entre deux métiers — On entend les oiseaux lorsqu’on les écoute —, a eu l'intelligence de replacer cette situation, somme totale banale, dans un contexte plus global. Un soir Johanna reçoit avec son conjoint, pour la première depuis son accouchement, un autre couple : son propre frère et sa compagne qui est aussi la meilleure amie de cette jeune mèr

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Les mercredis de l'Anthropocène, saison 6

ACTUS | Place à la sixième saison des Mercredis de l'Anthropocène ! Le cycle de rencontres et dialogues proposé par l'Ecole urbaine de Lyon invite à mieux comprendre les mondes urbains anthropocènes du 27 octobre 2021 au 31 décembre 2021.

Article Partenaire | Jeudi 4 novembre 2021

Les mercredis de l'Anthropocène, saison 6

Tour d’horizon de ces rendez-vous hebdomadaires devenus incontournables où chercheurs et spécialistes de tous horizons croisent leurs paroles, pointent des problématiques et mettent au jour des solutions. L'objectif : faire dialoguer chercheurs et société civile sur les thématiques emblématiques de l'urbainanthropocène, du numérique à l'économie sociale et solidaire en passant par le changement climatique… La programmation NB : Tous les rendez-vous durent environ 1h, de18h30 à 19h30. Rendez-vous à Hôtel71, sauf le 10 novembre au Collectif Item. Voilà déjà deux mois qu’économistes, sociologues ou ingénieurs agronomes se réunissent à l’Hotel71 pour dialoguer autour des solutions de demain et la programmation de Décembre ne sera pas moins fournie. En décembre ? Trois rendez-vous immanquables : Tandis qu’artistes et scientifiques se saisissent des grands enjeux du siècles (le 1er décembre), deux expertes, Natacha Gondran et Valérie

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Chloé Zhao : « on se place dans le feu pour pouvoir renaître »

Les Éternels | Auréolée de son triomphe aux Oscar pour Nomadland, Chloé Zhao est la véritable vedette des Éternels. Une première pour un film Marvel depuis Ang Lee (et son Hulk, si injustement mésestimé). Rencontre à l’occasion de sa visite parisienne.

Vincent Raymond | Vendredi 5 novembre 2021

Chloé Zhao : « on se place dans le feu pour pouvoir renaître »

Les Éternels propose à la fois une continuité de l’univers Marvel et le développement d'une nouvelle mythologie. Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre ce que vous vouliez apporter de nouveau et ce qui était déjà installé ? Chloé Zhao : Le film se déroule immédiatement après le moment où la moitié de la population revient sur Terre. Pour moi, c’est un événement écologique très important. C’est extraordinaire d’avoir une histoire qui se passe à ce moment, et l’influence que ça a sur notre planète. Sachant cela et que nous allions explorer l’origine de l’univers cinématographique de Marvel (et que ça aurait des répercussions sur le futur), j’ai été très encouragée à faire un film un peu “unique“, sans imaginer Nick Fury au milieu. On m’a dit : « non non, ce sont de nouveaux personnages, c’est une nouvelle histoire » Vous revendiquez, parmi vos influences, celles issues du manga, et votre désir de combiner les cultures de l’Occident et de l’Orient. Comment avez-vous fait ? Le manga a été une grande partie de ma vie ! Dans le manga,

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"Les Éternels" de Chloé Zhao : combat land

Marvel | Après Thanos, une nouvelle menace s’abat sur la Terre. Mais pas de panique, un autre groupe de super-héros va faire le job. Ni Dune, ni dieux, Chloé Zhao adapte le premier volet de la série signée par l’alter ego de Stan Lee, le dessinateur Jack Kirby. Et ça fonctionne plutôt bien si l’on excepte quelques concessions à l’air du temps…

Vincent Raymond | Vendredi 5 novembre 2021

En “sommeil” depuis des siècles, les Éternels — un groupe d’êtres surnaturels envoyés par une entité cosmique sur Terre pour la protéger des Déviants, de féroces prédateurs — se réactive et se reforme lorsque une escouades de monstres qu’ils croyaient exterminés, se met à les attaquer, prenant la vie de leur cheffe, Ajak. Commence une implacable traque autour du monde, ainsi qu’un compte rebours dont le déclenchement s’est lancé à leur insu des millénaires plus tôt… Nouvel aiguillage dans le MCU : après Avengers : Endgame (2019) se soldant par la défaite de Thanos, les Éternels relèvent le gant — expliquant au passage pourquoi ils n’ont jamais interféré dans les affaires du réducteur de populations de l’univers : bons petits soldats, il devaient s’en tenir à la mission assignée par leurs boss, Arishem. Comme dans chacune des branches marvelliennes, il s’agit donc pour une poignée de super-veilleurs de sauver notre planète d’une entité résolue à l’asservir ou la détruire ; les humains “ordinaires” (c’est-à-dire non mutants) étant à nouveau des sous-produits narratifs : tout

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Scènes Découvertes, balle au centre

Politique Culturelle | La Ville de Lyon a décidé de remettre en jeu le label des huit Scènes découvertes de la cité. Pour chacune d'entre elles, l'enjeu est important tant l'aide financière et la mise en réseau bénéficient à ces structures souvent fragiles mais au travail sur l'émergence primordial.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 novembre 2021

Scènes Découvertes, balle au centre

Le dispositif Scènes découvertes est l'une des grandes réussites des mandats successifs de Gérard Collomb et de l'adjoint à la Culture qui a initié ce projet, Patrice Béghain. Initié en 2002, l'opération visait à aider les jeunes artistes à trouver de premières scènes, s'épanouir, répéter mais aussi à se faire repérer par des professionnels sensibilisés à la programmation de ces lieux labellisés. Une sorte de "second palier", après la formation, avant le passage vers une vie d'artiste professionnel. Un sas de transition dont l'autre but était bien évidemment d'offrir au public lyonnais un regard permanent sur les bouillonnantes scènes artistiques locales à moindre coût. Le tout, avec le soutien financier et une aide à la communication de la Ville de Lyon. La Drac abondait aussi financièrement. Au départ, seules les salles de théâtres étaient concernées : Les Clochards Célestes, l'Élysée, l'Esp

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Au Bal des Ardents, Christophe Siébert : chroniques criminelles

Littérature | Avec Feminicid, Christophe Siébert poursuit son grand œuvre autour des Chroniques de Mertvecgorod, république post-soviétique imaginaire où le pire est toujours certain. Une nouvelle claque de l'auteur auvergnat, entre roman très noir et dystopie violente.

Stéphane Duchêne | Mercredi 3 novembre 2021

Au Bal des Ardents, Christophe Siébert : chroniques criminelles

Il y a un an et demi l'auteur auvergnat Christophe Siébert frappait très fort avec le premier volet de ses Chroniques de Mertvecgorod, Images de la fin du monde, nommé au Grand prix de l'Imaginaire. Une habitude chez lui depuis ses premières publications dont il avait dans un premier temps enfoncé le clou rouillé avec Métaphysique de la Viande qui réunissait dans une réédition Au Diable Vauvert, deux romans déjà édités et épuisés, Nuit noire et Paranoïa, en son temps récompensé par le Prix Sade. Le style Siébert est, il faut le dire pour ceux qui n'en seraient pas familiers, du genre coup de poing, foutraque et comme disent les Américains larger than life, le plus souvent violent et parfois gore. Pas vraiment de la littérature de salon, à moins que votre salon ait été bombardé nucléairement et attaqué au gaz sarin dans la foulée. Ses Chroniques prennent place dans le futur proche d'une république post-soviétique imaginaire mais fort réaliste dont le sport national est le trafic (de drogues, d'ordures, d'organes), une sorte de "comédie

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Belin et La Féline à la carte à l'Opéra de Lyon

Carte Blanche | En plein mois de novembre, Bertrand Belin et Agnès Gayraud aka La Féline prennent d'assaut l'Opéra Underground pour une carte blanche musicale dont la diversité le dispute à l'exigence, au point de transformer la chose en semaine de la découverte.

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 novembre 2021

Belin et La Féline à la carte à l'Opéra de Lyon

Comme l'a souligné Richard Robert lors de la présentation de l'événement, on n'a pas souvent l'occasion de demander « tu fais quoi mi-novembre ? » ou, à cette question, de répondre quelque chose d'intéressant. C'est désormais le cas avec la Carte blanche offerte à (et offerte par) Bertrand Belin et Agnès Gayraud (que les amateurs de pop connaissent sous le nom de La Féline) du 13 au 21 novembre. Laquelle constitue sans doute l'événement, par sa qualité et sa durée, d'une saison de l'Opéra Underground déjà fort savoureuse. Le chanteur et romancier et la chanteuse et philosophe débarquent donc avec une malle au trésor dans laquelle le grand public ne reconnaîtra peut-être pas grand monde mais pourra satisfaire des monceaux de curiosité. Histoire de commencer en grande pompe et d'introduire comme il se doit les intéressés, Belin et La Féline vont essuyer les magnifiques plâtres de l'Opéra (comprendre : de sa grande salle), le samedi 13 novembre à 20h. Belin en so

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Gabiodiv fait renaitre la biodiversité sur les quais du Rhône

Association | Le projet Gabiodiv — contraction de gabion et biodiversité — initié en 2019 par Victorine De Lachaise et Quentin Brunelle est désormais ancré dans le paysage. Mais si, vous savez... La libellule métallique près du Pont de la Guillotière ! Deux ans après le début de l’aménagement, 200 espèces dont un castor sont revenues sur les berges. Le co-créateur de l’association Des Espèces Parmi’Lyon tire les premières conclusions.

Louise Grossen | Vendredi 5 novembre 2021

Gabiodiv fait renaitre la biodiversité sur les quais du Rhône

En quoi consiste Gabiodiv ? Quentin Brunelle : C’est un projet innovant. Un aménagement qui vise à restaurer l'habitat des espèces en milieu aquatique, là où toutes les berges sont complètement bétonnées. Il se manifeste par l’installation de modules végétalisés sur les quais de la Métropole lyonnaise, en faveur du cadre de vie des citadins et de la biodiversité urbaine. On s'est aperçu qu'il y avait de grosses lacunes en ville concernant la prise en compte de la biodiversité. Pour nous, il y a un véritable enjeu de sensibilisation des habitants. On ne sauvera pas le monde concernant les espèces, mais commençons par travailler à notre échelle, impliquons durablement les habitants, le reste suivra. Deux ans après le lancement de l'initiative, quels sont les résultats ? L’expérimentation est terminée. 200 espèces animales et végétales — protégées ou menacées — ont refait surface. Le castor, par exemple, vient souvent sur l’aménagement. C’est une espèce mobile qui a besoin de saules et de peupliers pour s'alimenter. Pour lui, c'est un casse-croûte à emporter. Les hérons, les bergeronnettes, le brochet — qui se reproduit à no

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Beurre, Oeuf, Fromage s’installe côté Part-Dieu

Fromagerie | Un nouveau B.O.F vient d’ouvrir. Il est dit « de la Part-Dieu », et refourgue ses laits-crus à deux pas de Guichard.

Adrien Simon | Mercredi 3 novembre 2021

Beurre, Oeuf, Fromage s’installe côté Part-Dieu

Elle, on la connaît. Son fromage garnit toujours les meilleures tables — catégorie jeune, tout du moins. Le brin du maquis au regretté Palégrié, il venait de chez elle, le pélardon du Café Sillon, idem, la tomme au foin du Jeu de Quilles, pareil. Elle, c’est Sophie Martinez, qui embaume depuis dix ans le quartier de la Martinière — d’abord aux Halles, puis à l’enseigne Beurre, Œuf, Fromage, qui font B.O.F. Elle fut rejointe il y a quelques années par Matthieu Saupin, formé… en Angleterre — hé oui, l’île produit treize AOP, le cheddar fermier et les stilton en tête. La paire fromagère confectionne une sélection qui a de l’allure, qui ne court pas derrière l’exhaustivité, qui au contraire fait tourner : selon les saisons, selon leurs envies. La dernière fois, en attendant le retour de l’Aveyron (dont un brebis-chèvre, moitié-moitié, pardon, mieja-mieja), on s’est rué sur les derniers pélardons (rendez-vous au printemps !), mais on aurait pu regarder par delà les frontières, du côté de la Grèce, de l’Espagne ou d'un incroyable parmesan de vache r

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Rakwé, du grain à moudre

Coffee Shop | Elias torréfie depuis cinq ans dans le bas des pentes, sous l’étiquette Rakwé. Il s’est associé avec Jonathan, le Vagabond, dont on croise le triporteur et les espressos sur les marchés des quais. Ça donne un nouveau coffee shop sur Lyon. Un énième ? L’un des meilleurs.

Adrien Simon | Mercredi 3 novembre 2021

Rakwé, du grain à moudre

On en connait tous un : un geek de l’arabica ! Souvent un "créatif" sans bureau fixe, squatteur de coffee shop, pris au dépourvu quand le Covid fut venu. Il peut expliquer des heures durant pourquoi il a resserré son moulin d’un cran, ou comment il a survécu à la pénurie, celle des filtres Chemex. Il n’est pas seul. On peut même dire que cette tendance, disons la nouvelle passion française pour le café de spécialité, ne fait que commencer. Tenez, encore un nouveau coffee shop ! À l’entrée du cours Lafayette, le long de la voie du C3. Juste fait de quelques tables, une machine, un moulin, une clientèle à l’accent américain (nord et sud). En vérité, on a envie de s’enthousiasmer, car c’est l’œuvre de deux garçons un peu à part dans le monde du café lyonnais, le monde post-Mokxa (le torréfacteur des années 10 qui, le premier, nous convertit au café-filtre). Le premier c

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Les 5 expos à ne pas louper pendant les vacances

Bons Plans | Une sélection 100 % galeries et 100%  gratuite, avec beaucoup de photos — et pas des moindres : Nan Goldin, William Klein, Denis Roche ! —, mais pas seulement…

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 27 octobre 2021

Les 5 expos à ne pas louper pendant les vacances

Bon anniversaire Le Réverbère Pour ses quarante ans (eh oui !), la galerie photo Le Réverbère a proposé à plusieurs de ses anciens (ou actuels) assistants de sélectionner chacun leur florilège d’images parmi le fonds de la galerie. Et le résultat est festif avec un fourmillement de photographies (Jacques Damez, Julien Magre, Géraldine Lay…) et de perspectives artistiques (érotique, formelle, romantique…). Avec, cerises sur le gâteau d’anniversaire, quelques chefs-d’œuvre signés Denis Roche, Bernard Plossu, William Klein ! La galerie a quarante ans ! Au Réverbère jusqu’au 18 décembre Les frères Jullien à Slika Jean Jullien est peintre, Nicolas Jullien est sculpteur. Après une résidence à Tokyo, les deux frères exposent ensemble à Lyon. On a été touché par les recherches picturales paysagères de Jean,

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Au Musée des Confluences, des Sioux et des hommes

Exposition | Remarquable, passionnante et très complète exposition que Sur la piste des Sioux proposée par le Musée des Confluences et portée par une sublime collection d'objets. Plongée terrible et magnifique dans la construction de cet Indien imaginaire qui hante nos fantasmes western depuis un siècle et demi.

Stéphane Duchêne | Mercredi 3 novembre 2021

Au Musée des Confluences, des Sioux et des hommes

Pourquoi une exposition sur les Sioux pour évoquer la représentation populaire des Indiens d'Amérique ? Parce que nous dit Steve Friesen, ancien directeur du Buffalo Bill Museum and Grave, ces représentations ont en quelque sorte fait de traits particuliers, ceux du Sioux, une généralité, celle de l'Indien. En grande partie parce que le premier vecteur de cette imagerie, les Wild West Show, ont essentiellement recruté des cavaliers sioux (lakotas pour la plupart). Du fait de leur expérience, les mêmes lakotas seront recrutés par le Hollywood des premiers westerns. Le cavalier des plaines devenant peu à peu et pour longtemps l'archétype de l'Indien. Un archétype qui demeure encore aujourd'hui indélébile. Alors pour décortiquer cette fabrique de l'image, le comité scientifique de l'exposition Sur la piste des Sioux a commencé par faire réaliser par le CREDOC une enquête sur les représentatio

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Figures de l'Indien

Histoire | Alors que le Musée des Confluences s'attache, dans son exposition Sur la Piste des Sioux, à expliquer et déconstruire les clichés autour de la représentation de l'Indien d'Amérique, retour sur la manière dont cet Indien a été traité à travers les âges, de l'arrivée des colons à aujourd'hui.

Stéphane Duchêne | Mercredi 3 novembre 2021

Figures de l'Indien

« Quand ils sont arrivés en bateau, ils ne savaient pas qui on était. Ils ont demandé "qui êtes-vous ?" Nous avons répondu "des êtres humains". Mais ils ne connaissaient pas la notion d'être humain. » Ainsi le poète, musicien et acteur sioux John Trudell résume-t-il le premier contact, moteur du malentendu originel. Quand des hordes d'aventuriers se déversent sur les terres sauvages de l'Ouest, ils oublient de regarder les peuples qui vivent là. Et donc de les comprendre. Dès le XVIe siècle, c'est une vision faussée de cet « étranger familier ». Troublante même, nourrie de mythologie médiévale et de culture chrétienne, d'ignorance et de sentiment d'omniscience. D'abord on ménage une explication à la présence de ces peuples qui ont le toupet d'être déjà là sans y avoir été invités : on les tient pour une des Dix Tribus perdues d'Israël, des cousins des Mongols, ou même des descendants de Gaulois. Seul le Jésuite José de Acosta émet l'hypothèse, bien vue, d'une migration antérieure venue d'Asie. Tout cela n'a en réalité pas beaucoup d'importance car leur réalité est soumise à l'ima

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Thierry Pilat : « on n'est pas obligé de faire tout le temps de grands artistes »

Halle Tony Garnier | Fraîchement nommé directeur de la Halle Tony Garnier, après plusieurs années au Fil à Saint-Étienne, Thierry Pilat fait le point sur la situation financière, le comportement du public, les évolutions qu'il veut mener, l'arrivée à Lyon de Live Nation et de l'Arena ou encore la fin de Fagor-Brandt. Magnéto.

Sébastien Broquet | Mercredi 3 novembre 2021

Thierry Pilat : « on n'est pas obligé de faire tout le temps de grands artistes »

Comment se passe le retour des concerts à la Halle ? Thierry Pilat : Ça fait un mois et demi que les spectacles reprennent, les salons également. C'est progressif : il y a un nombre limité d'événements. Le jeu des reports, des annulations, tout ça fait que beaucoup de choses auront lieu en 2022 et il n'y a pas grand chose en cette fin 2021. On s'est concentré surtout sur les spectacles en jauges assises, autour de 5000 spectateurs. À cause du Covid, bien sûr. Des concerts un peu espacés, des salons — et un public qui est un peu timide à revenir. Il y a quand même des bonnes surprises, mais on voit bien que le public n'a pas repris l'habitude d'acheter du billet, de sortir, d'aller voir des spectacles. Donc oui, comme tous les confrères, on se pose pas mal de questions. Et les réponses ne sont pas évidentes. C'est vrai qu'il y a beaucoup de concurrence aussi. L'onde de choc du Covid dure longtemps. On sait que la vraie reprise sera plutôt sur 2023. Ça interroge beaucoup sur le fait qu'on doive aller chercher davantage le public et trouver des explications, rassurer, trouver aussi de nouvelles idées — les gens ont peut-être envie d'autres choses. Il faut du

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"Les Olympiades" de Jacques Audiard : grands ensembles

Comédie Dramatique | Retour au bercail pour Jacques Audiard après la parenthèse western des Frères Sisters, avec une chronique contemporaine urbaine d’une sensuelle vitalité : le portrait d’un quartier métissé et d’une jeunesse qui l’est tout autant, enveloppé dans un noir et blanc somptueux et des volutes composées par Rone. Une symphonie pour quatre corps.

Vincent Raymond | Mercredi 3 novembre 2021

Inattendu dans ce registre — mais qui s’en plaindra ? —, Jacques Audiard se révèle presque une âme de grisette en s’intéressant aux marivaudages du XXIe siècle entre jeunes adultes du XIIIe arrondissement parisien : Émilie, Camille, Nora et Amber, trentenaires représentatifs de toutes les cultures, origines et orientations, encore dans l’âge des possibles… et de l’indécision structurelle. Jadis happé par les récits sombres scandés de conflits et de violence, le cinéaste semble ici marquer une pause plus contemplative en dévidant les fils amoureux de ses quatre protagonistes. Qu’on se rassure : en scrutant la manière dont ils s’emmêlent, s’embrouillent et se débrouillent au fil du temps, Audiard cerne des formes de violences sous-jacentes psychiques ou psychologiques pas moins brutales ni traumatisantes ! Au delà du chassé-croisé sentimental, Les Olympiades s’ancre puissamment dans le territoire éponyme du film, planté de hautes tours où vit une population brassé

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William Forsythe, carte blanche à l'Opéra

Danse Contemporaine | Le grand chorégraphe William Forsythe connaît une double actualité à Lyon ce mois-ci : une carte blanche proposée par l’Opéra et, fin novembre, la représentation de sa dernière pièce à la Maison de la Danse.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 novembre 2021

William Forsythe, carte blanche à l'Opéra

Avec Jiří Kylián et Mats Ek, William Forsythe est l’un des chorégraphes fétiches du Ballet de l’Opéra, ballet qui compte nombre de ses pièces à son répertoire. L’exigence technique alliée à la profondeur artistique de l’univers de l’artiste américain (né en 1949 aux États-Unis, avant d’émigrer en Allemagne et de diriger longtemps le Ballet de Francfort) en est sans doute la raison principale. Pour sa carte blanche proposée par l’Opéra, Forsythe a choisi parmi le répertoire du Ballet deux pièces emblématiques de son univers : Quintett créée en 1993 et One Flat Thing Reproduced datant de 2000 (la soirée s’ouvrant avec une pièce de Fabrice Mazliah, ancien interprète et collaborateur de Forsythe). L'émotion et la virtuosité Pièce-lettre d’adieu à son épouse mourante, Quintett est l’une des plus poignantes de Forsythe, égrenant en boucles (« Jesus’blood never failed me yet ») la voix de Tom Waits sur une compos

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Chacun cherche sa châtaigne

Ardèche | Pour que soit préservé leur métier, les cultivateurs de châtaignes ont initié il y a une trentaine d’années la création du Parc naturel des Monts d’Ardèche sur lequel pousse ce fruit délicieux, AOP, et célébré en cet automne par des fêtes dédiées : les castagnades.

Nadja Pobel | Vendredi 5 novembre 2021

Chacun cherche sa châtaigne

150 communes et un bon tiers du territoire départemental : c’est sur cet espace que se déploie le Parc naturel des Monts d’Ardèche, de Saint-Agrève aux Vans et de Saint-Laurent-les-Bains à Saint-Cierge-la-Serre, qui lèche le Rhône. Ouvert en 2001, ce parc constitué de plateaux (pour l’élevage du bœuf Mézenc AOP notamment et pour les myrtilles), de pentes et du piémont cévenol (avec vignes et oliviers) ne serait pas né sans la volonté des castanéiculteurs de sauver leur production. À la fin des années 1990, l’engouement des sixties et seventies pour l’Ardèche s’est tari et s’opère alors un dépeuplement ; l’agriculture est en recul et les châtaigneraies s’embroussaillent dans ces pentes, compliquées à travailler. Pour ces agriculteurs particuliers, la création du PNR — Parc Naturel Régional — sera une planche de salut puisque sa fonction est d’être « un outil de développement de territoire sur une zone rurale en difficulté », nous confie sa chargée de mission communication Vanessa Nicod. Aujourd’hui 30 000 hectares de châtaigneraies sont recensés mais seuls 5000 sont cultivés — le problème étant que la transmiss

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Les sorties cinéma du 3 au 16 novembre à Lyon

En salles | Être ici et ailleurs en même temps… À la fois dans une salle de cinéma et dans l’espace narratif du film. Un espace qui donne à voir du pays en ce début novembre des plus copieux…

Vincent Raymond | Mercredi 3 novembre 2021

Les sorties cinéma du 3 au 16 novembre à Lyon

Ça voyage ferme dès le 3 novembre avec Compartiment N°6. Ce rail movie de Juho Kuosmanen (dans lequel une archéologue finlandaise rallie Moscou à Mourmansk en train et se lie d’amitié avec son compagnon de voyage aux abords rustauds, après avoir brisé la glace — ha ha), peut se voir comme un mode d’emploi pour apprivoiser l’âme russe rugueuse mais chaleureuse, cordiale mais volage. La faute sans doute à l’antigel englouti par litres à l’écran… Plus proche de nous, My Son se déroule dans les froides landes d’Écosse où Christian Carion transpose le dispositif de son thriller Mon garçon : ici, c’est James McAvoy qui, sans connaître l’intrigue, lance son personnage à la poursuite des ravisseurs de son fils. Carion évite la redite inhérente à l’auto-remake grâce à un dénouement plus musclé et une micro variation finale qui ajoute en tension. Rayon policier toujours mais au pied des falaises normandes, Albatros de Xavier Beauvois décrit le drame d’un gendarme qui, cherchant

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Lyon : deux théâtres remis en jeu

Politique Culturelle | La Ville de Lyon vient de lancer une série d’appels à projets concernant les théâtres des 3e et du 8e arrondissements (actuels Théâtre des Asphodèles et NTH8). Ils seront ainsi peut-être confiés à de nouvelles équipes. Arbitrage prévu en février/mars, pour une mise en application dans ces lieux dès septembre 2022.

Nadja Pobel | Jeudi 4 novembre 2021

Lyon : deux théâtres remis en jeu

Après que les grandes institutions culturelles lyonnaises (Opéra, Subs, Célestins, Villa Gillet, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, CNSMD, ENSATT, Bibliothèque municipale, Biennales de Lyon, Musée d’Art Contemporain…) ont vu leurs directions renouvelées ces dernières années, c’est au tour de celles de moindre envergure d’être — peut-être — concernées. Si les appels à

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