La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson.

Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero.

Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG en travaux de l'avant-garde bruitiste locale), les opérateurs webradio de LYL, ils poursuivent eux leur bonhomme de chemin : concerts audiovisuels à domicile (le prochain est pour décembre), broadcasts en direct de chez Groovedge Records et, si tout va bien, un lancement officiel en octobre.

Autre résidence à suivre au Transbo, celles qu'inaugurent ensemble Encore et Totaal Rez cette semaine, nommée "Demain" (voir page 19). Pas de quoi ralentir les activités respectives des deux structures – qui se retrouveront le 19 décembre pour un live du duo Aux 88, parmi les premiers à étouffer la techno sous des heavy basses –, même si Totaal Rez a dû renoncer au Rumble Festival. Encore annonce de son côté, entre autres, les retours de plusieurs figures historiques de la dance music made in Michigan – le fondateur Kevin Saunderson (2 octobre, pour une première au Petit Salon), la fratrie Octave One (5 décembre, même endroit) et Chez Damier (23 octobre au Sucre) – et un live de l'architecte noise Kangding Ray (le 16 octobre au Transbo).

À quoi s'ajoutent, bien sûr, les productions d'une multitude d'acteurs plus discrets (Art Feast, Uncivil, Zuper...) et les programmations hebdomadaires du DV1 et du Terminal, évidemment inconnues au-delà du 30 septembre, ainsi que celle du Sucre, pour le moment arrêtée à fin octobre et des plus familières : barouf techno dominical (Ben Sims et Boddika le 4, DVS1 le 18) et house qui alourdit les fesses (Tom Trago le 3) ou en vol géostationnaire (Edward le 16).

Au singulier

Au-delà de ces rendez-vous bien identifiés, le début de saison sera aussi émaillé de quelques concerts non labellisés (en tête celui de Bill Kouligas au Sonic le 9 octobre), en particulier du côté du Transbo. On y assistera ainsi à trois retours aussi craints qu'attendus : celui du duo guitare-machines Ratatat (1er novembre) qui, sous couvert d'un retour à ses fondamentaux – du Daft Punk non équipé d'un logiciel de synthèse vocale, en gros – vient de signer un album dont l'écoute s'avère aussi passionnante que l'observation d'une porte d'ascenseur butant sur un carton ; celui de Saint-Germain (18 novembre), pionnier de la fusion des musiques noires d'hier (jazz, blues) et d'aujourd'hui (house, techno) et, par voie de conséquence malheureuse, de l'easy listening 2.0 ; et enfin celui des premiers turntablists – comme on parle de premier violon – de Birdy Nam Nam (14 janvier), désormais amputés de leur paire de mains la plus dextre (DJ Pone). Aucun souci à se faire en revanche pour Nosaj Thing (3 novembre) : en matière de beatmaking atmosphérique, rares sont ceux qui peuvent soutenir la comparaison avec ce jeune maître californien de la MPC.

Du côté du Sucre également, trois dates à retenir : le 8 octobre, pour la venue du phénomène depeche-modesque Ghost Culture, le 9 pour un big up mérité au minimaliste brésilien Gui Boratto et, surtout, le 24, qui verra le rooftop proposer un plateau format festival avec le bidouilleur hyperactif Four Tet, Daphni (Caribou en mode dancefloor) et le prodige house ascendant chef d'orchestre Floating Points.

Au pluriel

Festival, on a dit festival ? Un mot, alors, sur ceux qui parsèmeront l'automne. Elektro System dégainera le premier avec Hypnotik (le 10 octobre à Eurexpo), où sont notamment attendus le cadet Kalkbrenner, la fine fleur du label Mobilee (sa fondatrice Anja Schneider, Maya Janes Coles et Re.you) et Len Faki, peut-être le résident le plus rentre-dedans du Berghain, avant de remettre le couvert un mois plus tard pour son quinzième anniversaire (10 novembre au Double Mixte). Baptisé Magic, il accueillera entre autres l'égérie berlinoise Ellen Allien et Dufbire (qui jadis rendit la house soluble dans la pop mainstream au sein de Deep Dish).

Au même moment, le Riddim Collision donnera le coup d'envoi de sa 17e édition (10 au 15 novembre au Transbordeur) avec sa traditionnelle carte blanche ubiquiste – six bars des pentes, six organisations locales –, avant d'embrayer sur deux folles soirées où se succéderont le pionnier du hip-hop nippon DJ Krush, Blanck Mass – projet solo pour le moins misanthrope d'une moitié des assourdissants Fuck Buttons –, Clark, figure emblématique de l'IDM à la mode de chez Warp, son labelmate fan de collages Prefuse 73 ou encore le surdoué de l'arrangement électro-acoustique Chapelier Fou.

Terminons par une curiosité : Synthzilla (31 octobre au Jack Jack), un événement consacré à la synthwave, sous-culture rétro-futuriste qui puise son inspiration dans les kitscheries éclairées au néon des années 80, ainsi que chez John Carpenter, Tangerine Dream et autres autres sommités du cruising analogique. Vous aimez Drive ? Vous aimez Hotline Miami ? Vous allez adorer l'espèce de new wave bis de Carpenter Brut et ses copains.

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“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Cannes 2021 | Une réalisatrice sur l’île d’un réalisateur autofictionne sa relation avec un autre réalisateur et signe un film faisant penser à un autre réalisateur. On préfère le cinéma de Mia Hansen-Løve quand il s’intéresse aux histoires des autres qu’aux récits à peine transformés de sa propre existence.

Vincent Raymond | Vendredi 16 juillet 2021

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Chris et Tony, un couple de cinéastes, débarque sur Fårö, l’île où vécut Ingmar Bergman (et où demeure son empreinte) pour écrire, chacun s’attelant à son projet personnel. Entre les obligations liée à la résidence artistique de l’un, le désir (ou la nécessité) d’explorer l’univers bergmanien, les impasses narratives de l’autre, le couple perd un peu de son harmonie et la fiction contamine le réel… Un vent de déjà-vu traverse ce bien sage ego-fan-trip où Mia Hansen-Løve ne se donne pas vraiment la peine de dissimuler les visages derrières les personnages : Tony, c’est Assayas et Chris… eh bien c’est elle. Deux artistes ensemble, unis par le métier et une enfant, mais dissociés par l’impossibilité de construire conjointement une famille équilibrée et chacun leur œuvre. Une incapacité qui les rapproche de Bergman, ou du moins que Fårö semble révéler à Chris : quand Tony avance dans son écriture et est célébré par les insulaires, elle se trouve en proie aux doutes, aux atermoiements, son stylo tombant régulièrement (et symboliquement) en panne sèche…

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“Titane” de Julia Ducournau : au lit, motors !

Palme d'Or 2021 | Une carrosserie parfaitement lustrée et polie, un moteur qui rugit mais atteint trop vite sa vitesse de croisière pépère… En apparence du même métal que son premier et précédent long-métrage, Grave, le nouveau film de Julia Ducournau semble effrayé d’affronter la rationalité et convoque le fantastique en vain. Dommage.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Titane” de Julia Ducournau : au lit, motors !

Victime enfant d’un accident de voiture dont elle a été la cause, Alexia vit depuis avec une plaque de titane dans le crâne. Devenue danseuse, elle se livre en parallèle des meurtres affolant le sud de la France et “s’accouple” avec une voiture. Pour se faire oublier après une soirée très sanglante, Alexia endosse l’identité d’Adrien, un adolescent disparu depuis dix ans. Son père, un commandant de pompiers détruit, va cependant reconnaître ce “fils” prodigue et l’accueillir… Programmé par la Semaine de Critique en 2016, le sympathique Grave avait instantanément transformé Julia Ducournau, dès son premier long-métrage, en nouvelle figure de la hype cinématographique française. Sans doute les festivaliers, déjà peu coutumiers des œuvres se revendiquant d’un “autre cinéma” louchant vers le fantastico-gore, la série B et les séances de minuit, avaient-il été titillés par le fait que ce film soit signé non pas par l’un des olibrius vaguement inquiétants fréquentant les marches du Palais (Gaspar

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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

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Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Kaamelott | Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de "Kaamelott - Premier Volet". Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Attention, spoilers ! Vous viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas s

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“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Thriller | De petits arrangements avec la sécurité dans une influente usine vont empoisonner l’environnement, les salariés et les relations familiale d’une infirmière trop jeune et trop honnête. Après la belle histoire Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte d’un cran avec cet éco-thriller tristement contemporain. Label Cannes 2020.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Tout juste diplômée, Nour a été embauchée comme infirmière dans l’usine où son père est syndicaliste. Très vite, elle découvre l’existence de graves pollutions boueuses affectant l’environnement et les salariés, ainsi que de nombreuses complicités pour dissimuler ces empoisonnements… Ironie tragique, le rouge du titre ne renvoie pas à la couleur du monde ouvrier, celui-ci ayant pactisé avec le patronat autour d’intérêt communs ; en l’occurence sur le dos du monde vert. C’est d’ailleurs l’un des enjeux remarquables de ce film qui infléchit de manière pragmatique la démarcation entre “les bons et les méchants“. En vérité, on n’est plus dans la dialectique ancienne parant mécaniquement le prolétaire de toutes les vertus et l’employeur des pires turpitudes : la loi du marché est passée par là. Et les compromissions clientélistes successives des élus comme des représentants syndicaux ont fait le reste. Le capitalisme ayant horreur du vide (comprenez : de ne pas avoir une classe à exploiter impunément) a donc jeté son dévolu sur l’environnement, au sens large. Alerte rouge

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“OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire“ de Nicolas Bedos : agent blanchissant

Comédie | OSS 117 continue ses “exploits“ en Afrique, où il échappe aux crocs des cocos comme des crocos et se trouve lesté d’un jeune partenaire… Un troisième volume en-dessous des deux précédents (Nicolas Bedos ne réalise pas tout à fait qu’il a pris la succession de Michel Hazanavicius), porté toutefois par son scénario et ses comédiens. Parfait pour clore un cycle et le festival de Cannes… devant un président de jury doté d’un solide sens de l’humour.

Vincent Raymond | Lundi 19 juillet 2021

“OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire“ de Nicolas Bedos : agent blanchissant

1981. De retour d’Afghanistan, Hubert Bonisseur de La Bath alias OSS 117 est affecté à de nouvelles fonctions administratives. Mais la disparition du jeune agent OSS 1001 en Afrique convainc sa hiérarchie de renvoyer en mission sur le terrain son “meilleur élément“… Doué en théorie de raison, l’Humain se distingue par son incomparable capacité à user au quotidien de déraison. Placez-le face à une boîte de biscuits au chocolat (et à l’orange) : même s’il sait que la vider d’un coup : a/ lui coupera l’appétit b/ l’écœurera c/ le privera d’en manger plusieurs jours durant, que croyez-vous qu’il fera ? La réponse d/ : il la bâfrera jusqu’au couvercle ! Au cinéma, c’est un peu pareil : lorsqu’une franchise de qualité fonctionne, se pose invariablement la question de la laisser à son apogée en cultivant la frustration du public… ou de courir le risque de lui offrir une suite, quitte à déchoir et décevoir. Mais comme le public a la mémoire courte et les poches profondes — vous souvenez-vous d’Indiana Jones et le Royaume du crâne du cristal (2008), le plus rentable au box office et cependa

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”Fast & Furious 9” de Justin Lin : des roues et des roustes

Action | Carburant à l’extrait de testostérone et aux moteurs thermiques en surrégime, la musculeuse et vrombissante saga revient pour un 9 ou 10e tour de (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

”Fast & Furious 9” de Justin Lin : des roues et des roustes

Carburant à l’extrait de testostérone et aux moteurs thermiques en surrégime, la musculeuse et vrombissante saga revient pour un 9 ou 10e tour de piste (tout dépend si l’on compte les spin off au paddock), à nouveau piloté par Justin Lin, déjà aux commandes de la moitié de la franchise. Suivant la règle de la suite accumulative du type Expandables, cet opus surenchérit à tous les étages : davantage d’actions spectaculaires (les voitures vont en orbite, à l’instar de celles d’Elon Musk), plus de personnages — donc de vedettes. John Cena ajoute donc ses biscottos à la fine équipe, dans le rôle de Jakob-le-frère-jusqu’alors-caché-car-maudit-de-Dom-Toretto. Il rejoint à la distribution de Helen Mirren, Charlize Theron, Kurt Russell ou Jason Statham qui viennent eux-aussi montrer le bout de leur museau entre deux poursuites en moto, camion, voiture qui plane ou qui accélère. Sinon, l’histoire ? Disons qu’elle est facultative et ne constitue pas un argumen

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“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe un nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Lundi 12 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : la chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel — ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir. Prisonnière d’une communa

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Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Du XIXe au XXIe siècles, des frères Flandrin à Weerasethakul, voici notre sélection éclectique des expositions d’art à ne pas manquer cet été.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 15 juillet 2021

Cinq expos à voir cet été

Apichatpong Weerasethakul, entre rêve et réalité Le cinéaste (Palme d’or à Cannes en 2010 pour Oncle Boonmee…) et artiste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul investit l’ensemble des espaces de l’IAC pour un véritable trip en images vidéo. De salle en salle, on est immergé, entre rêve et réalité, dans différents dispositifs de projections, où l’on découvre de jeunes gens jouant avec un ballon de feu, un couple se promenant dans un jardin de sculptures, d’étranges chiens fantomatiques… Un parcours hallucinant ! Apichatpong Weerasethakul, Periphery of the night À l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne jusqu’au 28 novembre La fratrie Flandrin Auguste, H

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Le retour, en plus grand, du Lyon Street Food Festival

Food | Le festival de la bouffe de rue, et plus encore, revient pour une cinquième édition — cette fois à Faogr-Brandt, du 16 au 19 septembre 2021.

Adrien Simon | Jeudi 8 juillet 2021

Le retour, en plus grand, du Lyon Street Food Festival

Après quatre éditions passées aux Subsistances, le Lyon Street Food Festival avait prévu de se décaler, en automne 2020, du côté des usines Fagor-Brandt (bien connues des amateurs de Nuits Sonores). L’objectif ? Prendre ses aises et augmenter la jauge, alors que plus de 30 000 personnes étaient venus manger (avec les doigts) l’année précédente. Patatras, la Covid est passé par là, alors on se donne rendez-vous même lieu même heure, presqu’un an plus tard. L’événement qui, depuis la première édition, voit accourir les Lyonnais et Lyonnaises par l’odeur (de street food) alléchés, n’a cessé de gonfler au fil des années. Résultat, il devient peu aisé de le définir. Est-ce un rassemblement de foodtrucks ? Un rencard pour grands chefs voulant s’essayer à la nourriture de rue (cette année, notamment, Anne-Sophie Pic, Yoann Conte, Mathieu Viannay, tous étoilés) ? Un salon de créateurs locaux (une cinquantaine « d’artisans fait-main », répart

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Feyzin : le musicien Alexandre Rochon nommé directeur de l'Épicerie Moderne

Mercato | François Jolivet s'en va, Alexandre Rochon arrive : l'Épicerie Moderne vient de changer de tête.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

Feyzin : le musicien Alexandre Rochon nommé directeur de l'Épicerie Moderne

Pour ceux qui ont suivi de près l'essor de la scène clermontoise entre la deuxième moitié de la décennie 2000 et du début de la suivante, le nouveau directeur de l'Épicerie Moderne n'est certainement pas un inconnu. En 2006, Alexandre Rochon avait fondé avec un collectif d'artistes le label artisanal et indépendant Kütü Folk spécialisé dans le revival folk (St. Augustine, Leopold Skin...). Un label sur lequel on retrouvait logiquement son propre groupe The Delano Orchestra, drôle de vaisseau aux frontières du folk et du post-rock avec lequel il publia pas moins de cinq albums et multiplia les collaborations, discographique comme sur le Babel de Jean-Louis Murat, ou scénique avec la conception musicale de l'adaptation du cycle de Marie de l'auteur belge Jean-Philippe Toussaint (M.M.M.M). En parallèle, également vidéaste, le Clermontois a beaucoup œuvré à la réalisation de

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“Annette” de Leos Carax : noces de son

Cannes 2021 | Espéré depuis un an, le nouveau Carax tient davantage de la captation d’un projet scénique que de ses habituelles transes cinématographiques. Vraisemblablement nourrie de son histoire intime, cette mise en abyme du vampirisme trouble entre artistes, artistes et modèles, artistes et environnement familial dépose presque toute fragilité en multipliant les oripeaux chic, glamour et trendy. Parfait pour le tapis rouge de l’ouverture de Cannes ; moins pour l’émotion…

Vincent Raymond | Mercredi 7 juillet 2021

“Annette” de Leos Carax : noces de son

Figurer en ouverture sur la Croisette n’est pas forcément une bonne nouvelle pour un film. A fortiori cette année, après deux ans de disette. Car ce que le Festival attend de sa première montée des marches, c’est qu’elle amorce la pompe à coup de stars, de strass et de flashs fédérateurs. L’œuvre qui abrite ces premiers de cordée se trouve souvent reléguée à l’enveloppe de luxe et elle encourt surtout le risque d’être vite oblitérée d’abord par le reste de la sélection, puis par le tamis du temps — on n’aura pas la cruauté de rappeler quelques pétards mouillés du passé… Cochant les cases de la notoriété grand public et auteur, Annette souscrit également — on le verra — à d’autres paramètres prisés par les festivals : une dénonciation à travers la comédie musicale cinématographique de l’égotisme des gens de la “société du spectacle”, à l’instar du All That Jazz

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Lyon : Audrey Henocque et Sylvie Tomic remplacent Victoire Goust, démissionnaire

Politique | Victoire Goust, adjointe à la Ville de Lyon en charge du Tourisme Durable et des Grands Événements, a démissionné en juin. Sa délégation sera partagée entre Audrey Henocque et Sylvie Tomic.

Sébastien Broquet | Mercredi 7 juillet 2021

Lyon : Audrey Henocque et Sylvie Tomic remplacent Victoire Goust, démissionnaire

Victoire Goust, élue EELV jusqu'ici 21e adjointe en charge du Tourisme Durable et des Grands Événements, a démissionné au mois de juin ; conseillère municipale du 8e arrondissement, elle conserve toutefois sa place au conseil municipal. C'est Le Progrès qui a révélé l'information dans son édition du samedi 2 juillet. Novice en politique, lancée dans la campagne municipale dans le sillage de Grégory Doucet qui a fédéré derrière lui nombre de candidatures de militants associatifs, Victoire Goust a choisi de démissionner pour des raisons personnelles. Une défection qui illustre aussi la difficulté pour certains nouveaux mandatés et mandatées débarqués sans formation politique préalable, sans passé dans un parti — et donc principalement chez LREM ou EELV —, à s'imprégner de la réalité du monde politique. La désormais ancienne adjointe sera remplacée par deux femmes, sa délégation étant partagée et réorientée. Ainsi,

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Pistache, le resto au-dessus de la piscine du Rhône, ferme définitivement

Restaurant | À La Piscine avait périclité à l'automne 2019. C'est au tour de Pistache de jeter l'éponge. Le restaurant situé en surplomb de la piscine du Rhône restera vide cet été.

Sébastien Broquet | Mercredi 7 juillet 2021

Pistache, le resto au-dessus de la piscine du Rhône, ferme définitivement

Le lieu va finir par avoir l'image d'un spot maudit. Après l'échec de À La Piscine, restaurant porté par la société Swimming Poule (émanation de Arty Farty qui collaborait alors avec le Café Cousu sur ce projet), fermé à l'automne 2019, c'est son éphémère successeur, Pistache, qui a jeté l'éponge un an plus tard. En cause : une économie initialement fragile, et évidemment la crise Covid qui a coupé net l'espoir d'une potentielle émergence. Nouvelle incarnation du lieu qui se voulait plus classique après les expériences novatrices et marquantes de À La Piscine portées en particulier par le fringant Andrea Pétrini, Pistache était géré au quotidien par le groupe Darwin (Maison Mère, Monkey Club, Soda Bar, Solal et depuis peu la friche La Cité des Halles dans le 7e) qui avait rejoint le projet en octobre 2019 — toujours avec Swimming Poule, suite à une réorganisation et

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Apichatpong Weerasethakul entre le jour et la nuit, à l'IAC

Vidéo | Nous ne sommes pas dans la jungle thaïlandaise, mais dans le jardin de l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne, où l’artiste Apichatpong (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 5 juillet 2021

Apichatpong Weerasethakul entre le jour et la nuit, à l'IAC

Nous ne sommes pas dans la jungle thaïlandaise, mais dans le jardin de l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne, où l’artiste Apichatpong Weerasethakul (en compagnie de Nathalie Ergino, directrice de l’IAC) présente à la presse son exposition immersive. Le cinéaste (Palme d’or à Cannes en 2010 pour Oncle Boonmee, et qui présentera sur la Croisette cette année son dernier film Memoria) alterne les films et les projets d’environnements vidéo pour des musées. Une vingtaine de projections immersives composent sa fascinante exposition à l’IAC, explorant les frêles frontières entre le rêve et la réalité, la vie et la mort, la veille et le sommeil… On parcourt les salles du musée dans une sorte d’état onirique, hypnotique, à travers des formes d’images singulières : projections ralenties, surexpositions ou sous-expositions, surimpressions, passages de la couleur à un noir et blanc presque laiteux, présentation en polyptyques… Une exposition où l’on réalise moins ses

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Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Street Art | Peinture Fraîche sera de retour à la Halle Debourg du 1er au 31 octobre 2021, pour une troisième édition sous le signe des nouvelles technologies, de l’écologie, des regards féminins et de l’abstraction. Les premiers noms viennent d’être dévoilés.

Sarah Fouassier | Mardi 29 juin 2021

Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Le lieu du festival reste inchangé, mais la programmation sera, elle, entièrement renouvelée : vingt artistes locaux se joindront à vingt artistes internationaux et nationaux pour repeindre les murs de la Halle Debourg. La réalisation de chacune des œuvres sera filmée puis timlapsée — c’est-à-dire accélérée, afin de montrer au public, en quelques secondes, les conditions de réalisation. Ainsi seront dévoilées toutes les étapes du processus de production d’une œuvre. Ces vidéos seront visibles sur nos téléphones à l’aide de la réalité augmentée. Parmi les premiers noms révélés, on retrouve le Belge Ceepil et ses animaux en bandes qui paraissent comme emprisonnés dans une condition dont ils ne maîtrisent pas la destinée. L’Espagnol Angel Toren fera vivre au public une véritable expérience optique et numérique. Ses peintures murales mêlent tradition et innovation en jouant sur les lettrages, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Le Suisse Ygrek installera l’une de ses créations typographiques sur fil de fer qu’il expérimente depuis 2012, tandis que le Danois Dais

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Mohamed Chihi : « reconnaître le champ de la nuit comme un espace de sociabilisation »

Politique | L'adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon, Mohamed Chihi, confronté à différentes problématiques et polémiques — rodéos urbains, délinquance, ateliers théâtre pour la police — s'exprime : où l'on parle de la nuit, et de sa perception parfois très réductrice.

Sébastien Broquet | Mercredi 30 juin 2021

Mohamed Chihi : « reconnaître le champ de la nuit comme un espace de sociabilisation »

Chez les politiques, la nuit est le plus souvent réduite aux nuisances, au bruit, aux incivilités. Jamais — ou rarement — à l'économie, à la culture, au lien social, aux relations humaines, voire à la joie de vivre. Pourquoi résumer la nuit et les décisions que les politiques doivent prendre par rapport à elle à ce problème d'insécurité ? Mohamed Chihi : il faut avoir une lecture qui soit la plus large possible sur ce qui amène à tenir un discours public aussi négatif sur la nuit. C'est d'abord culturel : je vais être un peu provocateur, mais les productifs, les personnes qui comptent, qui travaillent de jour, se lèvent tôt — « la France qui se lève tôt », rappelez-vous M. Raffarin — ça s'appuyait sur un imaginaire qui était et qui est toujours celui de l'honnête citoyen et citoyenne qui fait les efforts et qui mérite après les avoir fait, de se reposer. Par conséquent, il y a une volonté de sacraliser ce temps-là. Un imaginaire qui nous amène à penser la nuit comme un espace de repos. C'est le début de notre histoire. La question qui se pose maintenant, c'est de savoir comment au travers de l'évolution de notre société

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Quais du Polar : un festival de littératures noires

Polar | Né en bord de Saône, Quais du Polar s’offre une résurrection post-Covid de luxe en bord de Rhône et à l’air libre. Coups d’éclats, de soleil et lunettes noires à prévoir.

Vincent Raymond | Lundi 28 juin 2021

Quais du Polar : un festival de littératures noires

À quelque chose, malheur est bon : forcée de se décaler à l’aube de l’été pour éviter la parenthèse covidienne, cette 17e édition de Quais du Polar s’est adaptée, démultipliant les interactions avec la ville et l’air libre. Point de Grande Librairie dans le Palais de la Bourse cette année, mais une farandole d’étals s’étirant quai Sarrail en face, le long du Rhône, à la manière des bouquinistes — c’est ici que les autrices et auteurs viendront dédicacer. Pas d’espace jeunesse en intérieur non plus : à l’instar de Lyon BD, le Parc de la Tête d’Or est réquisitionné pour accueillir les auteurs et leur public sur la pelouse des Ébats. Mais ce n’est pas tout : le festival a aussi créé de nouveaux formats, en théorie éphémères (2022 verra en effet le retour du festival à son calendrier normal) de “reconquête” de l’espace public. En plus de la traditionnelle Grande Enquête signée Christelle Ravey, saluons notamment l’hommage

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Quais du Polar : Cantaloube Island

Série Noire | Héritier de la veine politique et sociale qui a marqué le polar français moderne, Thomas Cantaloube, désormais entièrement tourné vers la fiction, publie une seconde Série Noire scotchante, Frakas.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 juillet 2021

Quais du Polar : Cantaloube Island

Deux romans seulement. Mais c'est une nouvelle voix qui compte dans le polar français, tendance politico-sociale, héritage Pouy-Daeninckx, où l'on explore les tréfonds de la politique et creuse du côté des officines style SAC, tout en scrutant l'arrière-cour des grands faits historiques du pays — comme dans Meurtres pour mémoire du suscité Didier Daeninckx, car ici aussi, Maurice Papon traîne dans le paysage de Requiem pour une république. Et c'est Jacques Foccard, le monsieur Afrique du général De Gaulle, qui prend la lumière sur ce second volet, suite habile baptisée Frakas, tableau forcément sombre d'une Françafrique tordue, manipulatrice, meurtrière, alors naissante dans la foulée des indépendances qui se succédent sur le grand continent. Cette voix, c'est celle de Thomas Cantaloube. Ancien grand reporter ayant œuvré pour les Cahiers du Cinéma comme pour L'Humanité, dont il fût longtemps le correspondant aux États-Unis avant d'aller enquêter un peu partout sur la planète, il quitta le journal communiste en 2001, participa à la

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Chez Pimousse, partage et beaujolais

Restaurant | Un bistrot à partager, en bord de Saône : Pierre-Michaël Martin régale chez Pimousse.

Adrien Simon | Lundi 5 juillet 2021

Chez Pimousse, partage et beaujolais

Il naviguait jusqu’à présent pour la flotte de Floriant Remont, Pierre-Michaël Martin a désormais accosté en bord de Saône, au pied de La Croix-Rousse. Ses cookies garnissaient les tables des Bistrots du Potager, Pimousse en reprend les codes : un intérieur soigné (ici blanc, bois clair, verre et lumière) pour des tables à partager et des magnums de beaujolais. Après quelques tapas — jambon noir de Bigorre, burrata (petits pois et fèves) ou thon rouge et pequillos (16€) —, de vrais plats : de pigeon (artichaut et figues), de bœuf (raturé), de cabillaud. Et surtout, les ris de veau (anchois et escargots) servis fumants à même la poêle (25€). En plus des cookies, une cave sans fond, dans laquelle piocher du Champagne Drappier (brut nature, 64€), un brouilly de Lapalu (46€), ou un mythique Silex de Dagueneau (148€). Chez Pimousse 27 quai Saint-Vincent, Lyon 1er Midi et soir ; fermé le week-end

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Micro Sillon, ça tourne rond

Cave à Manger | ​Précédemment, on évoquait l'alliance entre vinyles et vins natures : ça se passait chez Satriale, dans les Pentes. Cette semaine, une cave (nature encore, dans le 1er toujours, mais où l'on mange, cette fois) a ouvert à l’enseigne Micro Sillon. Point cette fois d’histoire musicale. Mais une référence à un sacré épisode de la jeune bouffe lyonnaise. Remember 2014…

Adrien Simon | Mercredi 30 juin 2021

Micro Sillon, ça tourne rond

Cet énième déconfinement a vu les terrasses ressortir, et ressurgir des souvenirs. Jusqu'en -2 avant Covid, il y eut un resto qui replaça Lyon sur la carte du manger et du cool : le Café Sillon, né en 2014 — prix du Fooding dans la foulée. L'apothéose ? Une folle nuit, en clôture du festival Attable. Dans les cuisines de ce néobistrot du 7e se réunirent, jusqu'à tard, un bataillon de chefs stars (Troisgros père et fils, Carrette, Grébaut, Aizspitarte). Quelques mois plus tard, bim, le Sillon fermait. Et son chef, Mathieu Rostaing-Tayard, disparaissait des radars. La rumeur dit qu'il reprend du service. Mais du côté de Biarritz… Le Pays Basque n'est pas lyonnais, alors comment le fantôme du Sillon fait-il pour venir hanter Lyon en ce début d’été ? Mory Sacko disait dans notre dernier numéro qu’un resto ne saurait se réduire à sa nourriture. Qu'un resto ne tient pas que par un chef. Au Sillon, au côté de Mathieu,

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Regain : on dirait le sud

Restaurant | Après la fermeture il y a plus d’un an d’A la piscine, Thomas Rolland et Benjamin Sanchez rebondissent près des Terreaux avec Regain. Dans un espace presque chic, ils envoient un menu déjeuner bien roulé.

Adrien Simon | Lundi 5 juillet 2021

Regain : on dirait le sud

2018. Le festival Attable, co-organisé par Arty Farty (Nuits Sonores) devait envoyer le signal au reste du monde d’une cuisine lyonnaise à nouveau « dans le coup ». L’événement désignait le 7e arrondissement comme l’épicentre d'un tremblement gastronomique en cours. La Piscine du Rhône abritait alors un superbe spot accueillant de jeunes chefs étrangers qui dépotent, souvent à peine extirpés de restos bien placés au 50 Best (classement mondial, dont Andrea Petrini, l’ancien sélectionneur de À la Piscine fut l’un des chairman). Au quotidien, la bouffe était envoyée par Benjamin Sanchez (étudiant en relations internationales, reconverti cuistot, passé par le Café Sillon — décidément !) et Thomas Rolland

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Arandel : « aussi compliqué que se remixer soi-même »

Electro-Bach | Même si c'est une première partie, c'est l'un des événements des Nuits de Fourvière : la transposition du fabuleux InBach d'Arandel sur scène. Avec pour ce concert lyonnais, une pléiade d'invités et des arrangements de cordes. Un événement qui se double de la sortie d'InBach vol.2 composé d'inédits de la rencontre Bach/Arandel.

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 juin 2021

Arandel : « aussi compliqué que se remixer soi-même »

Comment as-tu mis au point ce live d'InBach ? Arandel : Au départ, c'est un projet en trio avec Ornette aux claviers qui s'occupe de toutes les parties de Bach. Je voulais qu'il y ait quelqu'un sur scène pour les jouer, que ce ne soit pas uniquement de l'électronique ou des bandes. Il y a aussi Flore aux machines et moi sur plusieurs instruments, du chant, de la flûte, des claviers, de la batterie. On joue majoritairement InBach mais aussi quelques morceaux des albums précédents qui trouvaient leur place, ce qui n'était pas évident. Avant les live d'Arandel, c'était 1h10 sans pause, les morceaux étaient fondus, enchaînés, dans un format plus club. Là, c'est plus classique avec des pauses pour respecter les morceaux de Bach. À Fourvière c'est un peu spécial, avec des invités présents sur l'album... Oui, l'an dernier, on devait avoir ce live à Days Off à la Philharmonie de Paris. C'est le projet qu'on avait vendu à Fourvière mais les deux concerts

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Fripes Machine : les Charly et Lulu de la sape

Friperie | On connaissait Le Frip Club rue Victor Hugo, on connaissait aussi le joli camion itinérant du Road Frip. La fusion de ces deux concepts fait naître Fripes Machine, une boutique partagée en plein cœur de Guillotière.

Louise Grossen | Mercredi 30 juin 2021

Fripes Machine : les Charly et Lulu de la sape

Amandine Savi et Bastien Monhard viennent d’inaugurer leur dernier projet : 110m2 de pièces vintage sur deux niveaux avec une partie vente à la pièce (de 10€ à 70€), une autre au kilo (25€ le kg) et un étage dédié à l'échange de vêtements. Des néons roses, des vieux téléphones aux murs, des long-boards, des patins à roulettes suspendus, du papier peint bariolé, des vinyles, une ambiance musicale qui suffirait pour nous faire rester, et un distributeur de bonbons. Non, on n'a pas encore découvert la machine à remonter le temps, on est juste chez Fripes Machine. Ces deux Lyonnais nostalgiques n’ont rien laissé au hasard dans la boutique. « Le projet des fripes est né de notre tour du monde avec Amandine. On a flashé sur les concepts canadiens, genre temples de la fripe. Ici, on a reproduit un peu notre rêve version miniature. Et comme on est des enfants des années 90, Hit Machine, tout ça… l’univers était tout trouvé ! » L’espace agréableme

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Summer Camp : le Zola passe la deuxième

Villeurbanne | On ne change pas une formule qui gagne… sauf pour l’améliorer. C’est en substance le parti-pris du Zola à l’occasion de son deuxième Summer Camp. Du fait de (...)

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Summer Camp : le Zola passe la deuxième

On ne change pas une formule qui gagne… sauf pour l’améliorer. C’est en substance le parti-pris du Zola à l’occasion de son deuxième Summer Camp. Du fait de la densité de l’actualité cinématographique alimentée par le Festival de Cannes d’une part et les “réserves” accumulées pendant les confinements de l’autre, cette session s’offre jusqu’au 1er août un joli strabisme en conjuguant regard rétrospectif ET suivi des sorties, sans jamais cesser de créer des passerelles ni des événements. Qu’on en juge : une soirée Satoshi Kon en sa présence (et trois films, dont un surprise), soirée David Robert Mitchell (avec It Follows et Under The Silver Lake), un cycle Kelly Reichardt (une quasi intégrale, avec First Cow en avant-première), un autre consacré à Takeshi Kitano (dont Sonatine et Kids Return), un focus road movie montrant que le genre va des légendaires Zabriskie Point

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Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pixar | Le réalisateur du nouveau Pixar (exclusivement visible en streaming sur Disney+) évoque quelques-unes des inspirations ayant guidé son trait et sa palette vers cet univers bariolé peuplé de monstres marins et d’une Italie idéale : celle de la Dolce Vita et des côtes. Propos rapportés.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pourquoi cette décision de réaliser le film dans un décor du littoral Italien ? Enrico Casarosa : J’ai eu la chance de grandir à Gênes. J’ai passé tous mes étés sur le littoral Italien, en compagnie de mon meilleur ami qui s’appelait vraiment Alberto. Nous avons sauté des falaises pour plonger dans la mer ensemble… Enfin, il m’a surtout poussé ! Le littoral en Ligurie a une cote particulière, très escarpée : les montagnes paraissent s’élever droit au-dessus de l’océan. Et j’ai toujours aimé tout particulièrement les Cinque Terre. On dirait que ces cinq petites villes viennent de sortir de la mer et s'accrochent à la montagne afin de ne pas tomber. C’est un lieu vraiment unique, qui me semblait l’endroit idéal pour rendre hommage à la culture italienne : la petite ville ouvrière, le bleu de la mer… C'est très particulier, et ça me rappelle mes souvenirs d’enfance, notamment cette notion autour des amitiés qui nous changent et nous font grandir qui est cœur du film. Quelles recherches avez-vous faites pour ce film ? Concernant les villes qui nous ont inspirés, il y avai

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“Luca“ : Italia belle eau

Sur Disney+ | Le dernier Pixar en date, court et beau, dispo sur Disney+.

Vincent Raymond | Vendredi 25 juin 2021

“Luca“ : Italia belle eau

Aux abord des côtes italiennes, Luca est un gentil petit monstre marin tenu à l’écart des humains par ses parents. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alberto : celui-ci lui révèle qu'il peut prendre forme humaine sur terre. Les deux amis vont s’enfuir et s’inscrire à un concours leur ouvrant le monde… Luca tranche par la simplicité de son intrigue — ce qui ne signifie pas qu’elle soit simpliste — comme en atteste la brièveté du film. Rappelant par son esprit “entre terre et mer“ Ponyo sur la falaise ou Lou et l’île aux sirènes, l'arc dramatique principal, la quête de Luca et d’Alberto, est elle-même basique, à hauteur de rêve d’enfant (même si la Vespa symbolise davantage qu’un deux-roues, la liberté et l’émancipation de leur quotidien, l’adolescence, etc.) ; l'unité de temps (l’été), de lieu (le village façon Cinque Terre), et d’action (la préparation du concours) est par ailleurs respectée. Cette épure presque nippone s’avère aussi bienvenue : en resserrant le film sur l’essentiel, sans digression, elle permet aux plus jeunes spectateurs de mieu

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“Minari” de Lee Isaac Chung : un problème de cultures

Drame | À partir de souvenirs mêlant biculturalisme, déboires d’une agro-entreprise familiale et relation avec une aïeule, Lee Isaac Chung signe un film aussi ouvert que lyrique participant de ce courant cicatriciel touchant le cinéma étasunien. Du rêve américain et de l’invincible espoir…

Vincent Raymond | Mercredi 23 juin 2021

“Minari” de Lee Isaac Chung : un problème de cultures

Arkansas, années 1980. Jacob Yi a convaincu son épouse Monica de quitter la Californie afin de mener de grands projets de culture de légumes coréens pour les expatriés affluant aux États-Unis. En attendant la fortune, ils travaillent comme sexeurs de volailles, au milieu de nulle part. Mais Monica a peur pour leur fils David atteint d’un souffle au cœur. Alors elle invite sa mère Soon-ja… Recomposition autobiographique de l’enfance du réalisateur dans l’Amérique de Ronald Reagan, Minari est, à l’instar de Nomadland — auquel il disputait les statuettes suprêmes cette année —, une relecture d’un de ces grands mythes étasunien : celui du chercheur d'or persuadé de faire fortune grâce à son obstination et sa confiance inébranlable dans cette land of plenty. Ce grand pays tellement neuf où l’on plante des espoirs et où fleurissent des promesses vite flétries ; où les récoltes attendues s’avèrent amères, et les surprises abondantes… Une terre à l’herbe toujours plus verte ailleurs et qui semble perpétuellement s’ingénier à illustrer la maxime « quand la vie

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"Wendy" de Benh Zeitlin : île (et elle) était une fois

Conte | Une adaptation de Peter Pan par Benh Zeitlin : un régal.

Vincent Raymond | Mercredi 23 juin 2021

Quand le train fantôme s’arrête en bas de chez elle, la jeune Wendy n’hésite pas : avec ses deux frères, elle quitte le bouiboui familial et la Louisiane pour l’aventure offerte par Peter Pan. Sur son île fantastique, les enfants s’ébattent libres, sans vieillir. Seule condition : respecter les règles… Depuis Les Bêtes du Sud sauvage (2012) on attendait le retour — et la confirmation — de Benh Zeitlin ; quel plaisir de retrouver son empreinte intacte dans cette adaptation de Peter Pan somme toute cohérente avec son univers épique à hauteur d’enfants, où l’action progresse par envolées spiralées, autant portées par un irrésistible mouvement musical et la voix off que par un somptueux flamboiement visuel. À la fois conte, transe new age et opéra, le cinéma de Zeitlin — et tout particulièrement Wendy — fouille les sensations primales de l’enfance pour retrouver la sincérité originelle du regard. Ce qui n’exclut pas une certaine violence psychologique rappelant Sa Majesté des mouches

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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Aux Subs, le vivarium sous tornade de Mathilde Delahaye

Installation | Pour clore la série de créations sous la tornade de papier des Subs, la metteuse en scène Mathilde Delahaye a été conviée à inventer un spectacle. Ce sera une installation de fin du monde. Plus que prometteuse, au vu d’un de ses précédents travaux.

Nadja Pobel | Lundi 5 juillet 2021

Aux Subs, le vivarium sous tornade de Mathilde Delahaye

Sortie en 2016 diplômée de la section mise en scène de l’école du Théâtre National de Strasbourg, Mathilde Delahaye livre depuis sa vision du théâtre déclinée sur un mode paysage. Régulièrement, elle s’installe dans des lieux très différents de ceux conçus pour une activité artistique. En 2019, après avoir donné un premier jet de Maladie ou Femmes modernes d’après le texte d’Elfriede Jelinek aux anciennes usines DMC de Mulhouse, elle se posait dans le port de commerce de Valence lors de la dernière édition du festival Ambivalence(s) initié par Richard Brunel. Dans l’immensité de cet espace, les gradins accueillant le public étaient ridiculement petits mais le spectacle s’en est trouvé agrandi, comme amplifié par ce gigantisme qui jamais — prouesse — n’a écrasé le propos ; Jelinek elle-même évoquant « une lande sauvage avec des rochers. Au loin, collines, eau, etc. » Les silos, les abords naturel

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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"Les Fantômes de Séville" : on refait le match

Euro 2021 | Tronchet se penche dans une fiction très réaliste sur le traumatisme du Mundial 82 : la demi-finale sévillane de sinistre mémoire qui vit la Mannschaft écrabouiller les Bleus… À lire en ces temps d'Euro pas glorieux pour la bande à Deschamps.

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Non, Tronchet n’est pas obsessionnel ; disons qu’il a de la suite dans les idées. Quand il ne pédale pas sur sa monture, il théorise ou dessine sur la bicyclette (Petit Traité de vélosophie) ; s’il n’est pas en train d’écrire un roman, il en signe l’adaptation BD ou cinématographique ; lorsqu’il ne part pas à la recherche de Jean-Claude Rémy, auteur-compositeur-interprète qu’il idolâtrait dans les années 1970, il métaphorise sa quête dans l’album Le Chanteur Perdu et enregistre un titre avec lui. Et quand il ne joue pas au foot (autre passion de sa prolifique existence), il écrit sur… un match ! Mais pas n’importe lequel : la mère de toutes les défaites amères ou, si l’on est optimiste, le combat épique ayant valu à l’équipe de France d’échouer pendant une demi-génération avant de vaincre son signe indien germanique et d’accéder au Graal suprême en 1998 face au Brésil.

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Au Musée des Confluences, la planète à terre

ARTS | Exposition d’ampleur, aussi belle qu’anxiogène, La Terre en héritage a le mérite de remettre en perspective nos connaissances et montre comment depuis le néolithique, l'humain a dévoyé les richesses de son air, son sol, ses eaux à son seul profit.

Nadja Pobel | Mercredi 16 juin 2021

Au Musée des Confluences, la planète à terre

Attention au crash ! Sur une frise vertigineuse qui traite l’apparition de la vie et de l’homme en une année civile, l’apparition de la vie sur terre est posée le 1er janvier, l’arrivée du premier dinosaure date du 8 décembre, celle de l’homo sapiens du 31 décembre à 23h14 et celle de la révolution néolithique de 23h58 ! Ce sont donc ces "deux minutes" qui séparent de minuit qui sont ici exposées, avec leurs inventions et leurs destructions. Quand il y a 12 000 ans l'humain cesse de vagabonder pour chasser et cueillir de quoi vivre, il fait sa révolution néolithique. Cette sédentarisation est encore ce qui façonne l’ère de l’anthropocène actuelle. Elle est analysée par le travail conjoint du Musée des Confluences et de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) via les thématiques se nourrir / posséder / occuper la Terre au cœur des 700 m² de la salle. Organisées de façon ciculaire, ces thématiques se déclinent via des objets de fouilles au centre, jusqu’aux objets actuels dans l’un

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Woody Guthrie : Lui, the people

Story | En point d'orgue de son festival Images de sons, du 11 au 20 juin, le Musée des Confluences propose une soirée hommage à Woody Guthrie, peut-être la plus grande figure de la musique folk américaine – ce à quoi souscrirait son plus grand fan, le Prix Nobel Bob Dylan. Retour, en compagnie de sa fille Nora Guthrie, présidente de la fondation Woody Guthrie, sur la trajectoire aussi belle que terrible d'un chanteur, peintre et écrivain, communiste et humaniste, pourfendeur des injustices et inégalités de toutes sortes et pionniers de bien des luttes (anti-racisme, féminisme, écologie...). Un artiste aussi immense que modeste qui n'eut de sa vie qu'une seule vocation : chanter, et donc parler, pour le peuple.

Stéphane Duchêne | Jeudi 10 juin 2021

Woody Guthrie : Lui, the people

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Lyon : un bar branché musiques électroniques va ouvrir sur les Pentes

Bar | Bientôt ouvrira un nouveau bar dansant à coloration musiques électroniques, à la place de l'ancien théâtre du Nid de Poule. Aux manettes : la bande de Club Safar et leurs amis. Pendaison de crémaillère prévue en septembre.

Sébastien Broquet | Lundi 7 juin 2021

Lyon : un bar branché musiques électroniques va ouvrir sur les Pentes

Au Nid de Poule, auparavant, l'on venait pour une pièce de théâtre et découvrir dans ce tout petit espace ce qui ferait les levers de rideau de demain. Fermé l'année passée, ses meneurs Joseph Elbaz et Marion Viquesnel étant partis perpétuer leur projet théâtral du côté de Villeurbanne, le local du Nid ne sera pas resté vide très longtemps : actuellement en plein travaux d'aménagements, le spot du 17 rue Royale, au bas des Pentes, a été repris par des membres du crew de musiques électroniques Club Safar. Avec l'idée d'en faire, là-encore, un labo et une pépinière à destination des jeunes artistes locaux. Sauf que dans ce nouveau projet provisoirement baptisé Reverse, les jeunes talents ne seront pas issus de l'ENSATT mais plutôt du monde de la techno et des arts digitaux. « On a signé en septembre 2019, nous sommes trois membres du collectif No Time / Club Safar à l'origine de cette reprise » explique Ianis Titah, porteur de ce nouveau projet en compagnie de Julien Gouas et Axel Blanc. « À l'origine, on vou

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Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l’absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l’emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d’un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d’inventivité qu’il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l’infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d’une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d’expression, et de l’autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition. Ça repart en live ! Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cour

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"La Nuée" de Just Philippot : du genre à sang à sillons

Horreur | Une éleveuse de sauterelles en difficulté découvre que nourrir ses bêtes en sang fait bondir le rendement… Aux lisières du fantastique et du drame social, le premier long de Just Philippot interroge les genres autant que notre rapport au vivant et à sa production. La nouvelle veine du genre français pulse bien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Agricultrice isolée, mère célibataire, Virginie ne s’en sort plus : est au bord de la faillite, et son élevage de sauterelles vivote. À la suite d’un accident, elle remarque que les insectes ayant goûté son sang se développent mieux, et plus rapidement. L’apparente aubaine la conduit à augmenter la capacité de son exploitation et à s’investir corps et âmes pour des sauterelles hématophages de plus en plus gourmandes… La Nuée peut se définir comme un “film de genre français d’horreur rurale“. L’allitération tord la langue, mais chacun des termes de cette appellation baroque est signifiant. Récapitulons. D’abord, “film de genre français d’horreur“ parce qu’issu du (plutôt fécond) programme monté par So Film visant à détecter des auteurs et des réalisateurs, puis à produire un style de cinéma codifié où la France recommence doucement à glisser l’orteil (Grave). L’argument éco

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Week-end : se presser vers la Bresse

Ain | À à peine plus d’une heure au nord de Lyon, la Bresse est assez méconnue des gones à moins d’y être né. Pourtant avec son territoire vallonné, son poulet nec plus ultra AOC et ses fromages, cette région régale et n’est pas encore débordée par le tourisme de masse. Go !

Nadja Pobel | Lundi 5 juillet 2021

Week-end : se presser vers la Bresse

Attention à ne pas confondre avec la Bresse des Hautes-Vosges ; celle dont il est question ici se trouve essentiellement sur le département de l’Ain (qui regroupe aussi le Pays de Gex riche de sa frontière avec la Suisse, la Dombes et le Bugey) et mord sur la Saône-et-Loire et le Jura. Zone naturelle et non administrative, elle occupe le quart nord-ouest de l’Ain, englobant le massif du Revermont qui culmine à 768m au Signal de Nivigne, paradis des parapentistes. Rien n’est plat sur cette terre agricole couverte de maïs et bien casse-patte pour les cyclistes — loin cependant des 1500m du Grand Colombier (Bugey). Alors que faire en Bresse ? Des balades et des resto à gogo puisque c’est ici que grandissent les seules volailles de France à qui est décernée l’appellation d’origine contrôlée, qu’elles soient dindes, chapons, poulets ou poulardes avec leurs fameuses pattes bleues. Un minimum de 10m² par animal où il puise un tiers de sa nourriture est exigé. Leur chair ferme est parfaite. Une ville : Bourg-en Bresse Préfecture paisible, Bourg-en-Bresse conserve quelques rues aux habitations à colombages du bas Moyen Âge et surtout le

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La route des Flandrin : trois artistes lyonnais au Musée des Beaux-Arts

Peinture Néo-classique | Le Musée des Beaux-Arts réunit les trois frères artistes Hippolyte, Paul et Auguste Flandrin, acteurs clefs de la scène lyonnaise du début du XIXe siècle. L’exposition foisonnante explore leur complicité artistique, et dévoile, dans un parcours thématique, nombre d’œuvres méconnues.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 juin 2021

La route des Flandrin : trois artistes lyonnais au Musée des Beaux-Arts

Comment ne pas tomber amoureux de La Florentine et de son doux regard bleu d’une pureté désarmante, glissant de biais vers le spectateur ? Le drapé de sa tunique blanche et lâche souligne (en le cachant) la sensualité de son corps, et le cadrage serré sur le haut de son buste nous la rend très proche malgré la fuite éternelle de son regard… À quelques pas de là, dans un autre tableau, un jeune homme nu repose la tête entre ses genoux et les yeux fermés, assis sur un rocher juchant la mer… Dans ces deux toiles de la fin des années 1830 signées Hippolyte Flandrin, nous sommes frappés par la sérénité de la beauté des corps et des visages. Même si affleurent possiblement dans ces toiles tristesse ou abandon, quel calme, quelle douceur dans les formes et dans les poses ! Mais l’on se rend compte bientôt que, le temps d’un regard, nous étions plongés dans un monde idyllique, idéal, hors d’atteinte. C’est là à la fois le charme et le vertige du néoclassicisme pictural dont la figure tutélaire se nomme Jean-Auguste Ingres

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"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l’Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’ une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l

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Kcidy : mélancolie heureuse

Portrait | Avec son deuxième album, Les Gens heureux, disque baroque 60's et mélancolique, la Lyonnaise Kcidy vient de frapper un très grand coup. Et de marquer avec bonheur un changement radical dans son approche de la pop.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

 Kcidy : mélancolie heureuse

« Les gens heureux dansent », chante Kcidy sur une chanson extraite de son dernier album. Du moins ils devraient, les gens, être heureux et danser. Mais en ce moment personne ne danse. Les lieux de culture ont beau rouvrir petit à petit, à Nuits Sonores (exemple non contractuel), le public se couchera, comme on passerait son tour. Et il faudra attendre encore un peu (beaucoup ?) pour le retour des « jours heureux » promis par Emmanuel "Fonzie" Macron. Certes, Les gens heureux dansent n'est pas tout à fait une chanson sur nos corps contrariés par la pandémie mais elle traduit quelque chose de l'inaccessibilité de cet état de mouvement. « J’ai imaginé ce que ça ferait d’être entourée de ces "gens heureux" qui dansent, alors que moi je serai immobile et figée, comme engluée dans la mélancolie, comme si le bonheur de ces gens m’était inaccessible, lointain » confiait la chanteuse et musicienne au site Soul Kitchen, à propos de cette chanson cl

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Lyon : RoofPop s'installe à la Part-Dieu

Street Food | C’est sur le toit terrasse du centre commercial de la Part-Dieu, au RoofPop, que les Lyonnais prendront de la hauteur cet été pour (...)

Louise Grossen | Vendredi 4 juin 2021

Lyon : RoofPop s'installe à la Part-Dieu

C’est sur le toit terrasse du centre commercial de la Part-Dieu, au RoofPop, que les Lyonnais prendront de la hauteur cet été pour profiter d’un afterwork. Ouvert depuis le jeudi 3 juin, ce nouveau spot fonctionne sept jours sur sept de 11h à minuit. Cette terrasse de 250 m2 gérée par Nomad Kitchens — qui pilote le Lyon Street Food Festival —, promet de rythmer l’été avec sa programmation bouillonnante de mixologues, de chefs et de DJs. Côté food, le RoofPop déballera sa caravane Airstream flambant neuve de laquelle abonderont burgers, tapas et diverses denrées estampillées street food. À accompagner d'une sélection de craft beers et de cocktails pop. Mais, car il y a un mais : le spot est éphémère, et f

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Maître Grimme

Pop | Victor Roux aka Grimme nous avait sacrément tapé dans l'oreille avec son EP de 2015 et son album de 2017, The World's is all wrong but it's allright, qui (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Maître Grimme

Victor Roux aka Grimme nous avait sacrément tapé dans l'oreille avec son EP de 2015 et son album de 2017, The World's is all wrong but it's allright, qui l'avaient installé, en ce qui nous concerne du moins, comme un des plus beaux artisans de la pop hexagonale chiadée. Et l'on était assez impatient de la suite aux annonces répétées de son changement d'idiome, le musicien passant de l'expression en anglais (alpha et oméga de la pop) à l'oral de français. Non sans une certaine appréhension. Totallement dissipée à l'écoute d'Un hôtel une étoile en 2020 et plus encore avec la sortie ce printemps d'Un manteau pour l'hiver, où la puissance cinématographique de ses chansons, l'onirisme de ses arrangements continuent de tisser une œuvre singulière, un monde à part. Grimme, Un manteau pour l'hiver (Vibrations sur le fil / Inouïe distribution)

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Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Disquaire Day | Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, l'amateur de vinyle se lance dans son annuelle grande chasse à la galette, avec une petite préférence pour les collectors – parfois dispensables, il faut bien l'avouer – édités spécialement pour l'occasion (un 45t live de Ziggy Stardust où Bowie a le hoquet à la fin de Starman ; un split single Adamo / Dinosaur Jr., ce genre). Et histoire de faire de la journée une fête qui ne soit pas que mercantile (on n'est pas des bêtes, enfin pas que), l'événement s'accompagne d'une poignée d'événements. Tels cette année, un showcase de la jeune Claire Days, ancienne finaliste du Ninkasi Musik Lab (dont le Creatures sort le 23 juin), au Village du Disquaire Day (situé à l'Away Hostel, du côté de Croix-Paquet), deux concerts d'After Geography (pop en survêt') et de Midnight Cassette (psyché pop franco-néo Z) au Groom. Ce dernier fera l'objet d'un enregistrement sur vi

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Les 100 ans de l'Institut Franco-Chinois avec Guillaume Degé

Art Contemporain | Il y a cent ans, la Chine installait sur la colline de Fourvière sa première université à l’étranger, et créait (avec la coopération de la ville de Lyon) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 juin 2021

Les 100 ans de l'Institut Franco-Chinois avec Guillaume Degé

Il y a cent ans, la Chine installait sur la colline de Fourvière sa première université à l’étranger, et créait (avec la coopération de la ville de Lyon) l’Institut Franco-Chinois. Celui-ci reçut, entre 1921 et 1946, quelque 470 étudiants, en quête de savoirs et de technologies occidentaux. Le petit musée qui est consacré à cette histoire singulière vient de rénover ses espaces et son parcours, constitué d’une poignée de salles thématiques : reconstitution d’une chambre d’une étudiante en littérature, évocation de la bibliothèque de l’institut, présentation de quelques pièces asiatiques de la collection Guimet… Pour ce centième anniversaire, le Nouvel Institut Franco-Chinois a invité l’artiste (et sinologue) français Guillaume Degé à exposer ses gouaches sur papier chinois et ses céramiques récentes. Les premières laissent libre cours à des formes qui oscillent entre monde minéral et monde végétal, évocations sexuelles masculines et féminines, couleurs acidulées et tons de gris… Un univers non figuratif

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Lyon : Écrans Mixtes invite Gaël Morel et Ulrike Ottinger pour sa onzième édition

Festival | Depuis dix ans, Écrans Mixtes s’attache à brosser un panorama des cinémas queer des plus vastes, c’est-à-dire ouvert à toutes les chapelles, sans exclusive. (...)

Vincent Raymond | Jeudi 3 juin 2021

Lyon : Écrans Mixtes invite Gaël Morel et Ulrike Ottinger pour sa onzième édition

Depuis dix ans, Écrans Mixtes s’attache à brosser un panorama des cinémas queer des plus vastes, c’est-à-dire ouvert à toutes les chapelles, sans exclusive. Cultivant la fidélité (Philippe Vallois est un exemple) autant que le goût pour le patrimoine, sa programmation sait rendre compte des évolutions des genres — ce qui n’est pas un vain mot — comme de leur représentation en accueillant un public grandissant, séduit par ce mélange autant que par l’éclectisme de l’affiche et des invités. Décalée à l’entrée de l’été, cette édition 2021 reste prestigieuse : outre les rétrospectives à Gaël Morel et Ulrike Ottinger (en leur présence), l’hommage à Delphine Seyrig, féérique emblème de l’affiche, il faut noter le focus New Queer Cinema Female Gaze permettant de (re)voir des films des années 1990 pour la plupart, signés par des autrices lesbiennes et/ou abordant l’homosexualité féminine (Go Fish, Orlando, High Art

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Just Philippot : « emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

La Nuée | Avec son premier long-métrage, le réalisateur Just Philippot réalise un carton plein : sélectionné à la Semaine de la Critique, prix spécial du Jury (et de la meilleur actrice pour l’actrice Suliane Brahim) au Festival de Catalogne, La Nuée annonce un renouveau dans le cinéma de genre hexagonal. Fantastique !

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Just Philippot : « emmener les spectateurs sur des univers plus glissants »

Il y a des connexions nombreuses entre La Nuée et votre précédent court-métrage, Acide, réalisé au sein de la résidence So Film. Comment est-ce que tout a commencé ? Just Philippot : L’histoire et la trajectoire sont assez simples et folle. À la base, il y a la volonté de Thierry Lounas, fondateur de So Film et producteur chez Capricci — coproducteur de La Nuée avec Manuel Chiche de The Jokers — de se lancer il y a cinq ans dans un renouveau du cinéma de genre en changeant la façon d’écrire et de fabriquer les histoires. En initiant d’abord des résidences sur du court-métrage qui avaient pour but de faire se rencontrer les cinéastes, scénaristes, superviseurs VFX, compositeurs, illustrateurs, pour que des propositions graphiques, d’effets et de musiques collent tout de suite aux idées et donnent aux partenaires financiers plein d’indices et se concrétisent vite.

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Teen Movies, tour des sorties de juin

Théma | Place aux jeunes ! Devant (parfois aussi derrière) la caméra, les grands ados métaphorisent à l’écran les métamorphoses dont ils sont les témoins privilégiés. Il y en a pour tous les goûts…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Teen Movies, tour des sorties de juin

Débutons par une débutante très exposée, Suzanne Lindon et ses Seize Printemps (sortie le 16 juin), vraie fausse auto-fiction autour d’une néo-effrontée du (très) beau Quartier Latin parisien, tombant en pâmoison face à un comédien de théâtre trentenaire… Disons que c’est conforme à ce que l'on peut en attendre, pour le pire et le meilleur : naïf et autocentré (c’est le sujet), le fait qu’il soit interprété par la réalisatrice interroge sur la distance qu’elle veut poser par rapport à son personnage. Y a-t-il du recul, de l’ironie par rapport à certains clichés propres à ce genre de films, au milieu qui est le sien et qu’elle décrit, à son recours un peu gratuit à la comédie musicale (en hommage à Decouflé ?), à sa personne ? Il faudra attendre son prochain film pour être fixé. Freaky de Christopher Landon (sortie le 23 juin) offre de son côté une vision franchement plus décalée de l’irruption dans le monde des adultes, puisqu’elle reprend en mode comédie horrifique, production Blumhouse oblige, le désormais classique switch de

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Kevin Costner dans "L'un des nôtres" : très chère chair de notre chair

Thriller | Un thriller de Thomas Bezucha, avec Kevin Costner et Diane Lane, qui pourrait figurer dans les filmographies de Clint Eastwood ou John Cassavetes.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Kevin Costner dans

Montana, fin des années 1950. Après la mort accidentelle de leur fils, Margaret et George voient leur bru épouser le très discret Donnie, et quitter la ville du jour au lendemain avec leur petit-fils Jimmy. Bien décidés à le récupérer, ils partent à sa recherche, sans imaginer le calvaire à venir… Signé par un réalisateur n’ayant jamais connu la gloire et doté d'un titre français bancal, L’un des nôtres sort presque en catimini, mais ne vous y trompez pas : il pourrait figurer dans la filmographie de Clint Eastwood ou de Cassavetes. Avec son couple formé d’un shérif retraité mutique (Kevin Costner, parfait dans la mesure et le non-dit) et d’une cow-girl obstinée (Diane Lane, nouvelle Gena Rowlands), ce néo western glissant d’un déchirant drame familial vers un glaçant thriller ne cesse de surprendre par la richesse de ses motifs secondaires et de sa justesse. Sobriété d’interpré

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