Mansfield.TYA, corps-à-corps électro-baroque

MUSIQUES | En dépit d'un nouvel album et donc de nouveaux indices, on ne sait toujours pas vraiment et à vrai dire de moins en moins qui est Mansfield.TYA. Ennuyeux, non ? Non, bien au contraire.

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 septembre 2015

Photo : (c) Théo Mercier - Erwan Fichou


«Jamais jamais tu ne me trouveras, je suis devenue une montagne ». Ah. Une montagne ou autre chose. Mais quoi ? On ne trouve pas Mansfield.TYA, on ne les situe que très peu – en dehors de leur ville d'origine, Nantes, et de leur état civil, Julia Lanoë et Carla Pallone.

Ça commence par ce pseudo, hommage à June Mansfield Miller, femme d'Henry, aux motivations énigmatiques, suivi de ce TYA sans raison. Ça continue avec une musique qui ne souffre guère l'accolement d'adjectifs et des textes qui semblent ne jamais vouloir choisir entre premier et second degré, gravité pudique et humour masqué, innocence et roublardise, Bleu Lagon et «rouge sang».

Pour ne rien arranger, leur dernier disque, Corpo Inferno, dont la pochette semble signifier l'envers de son titre, est comme vaporisé aux quatre coins des genres, éparpillé façon puzzle entre les cordes baroques et les gourdins électro, «Lully et Garnier» (Laurent, pas le Tony ni le shampooing), Moroder et les Növö, Les Contemplations d'Hugo et Sodome et Gomorrhe.

C'est que, depuis plus de dix ans déjà, le duo tient beaucoup de l'hydre à deux têtes, l'une enflammée, Julia (également membre de Sexy Sushi), l'autre, Carla, formée aux rigueurs du classique. Deux extrémités qui ne demandent qu'à se rejoindre et s'embras(s)er. Comme elles le chantent sur Le Dictionnaire Larousse, «Il y a une vie à occuper entre "amour" et "zoophilie".» Si vous cherchez Mansfield.TYA, la créature est là, quelque part entre ces deux mots, ces deux extrémités jointes dans un espace presque infini.

Mansfield.TYA [+ Mensch]
Au Marché Gare jeudi 1er octobre


Mansfield.TYA


Marché Gare 34 rue Casimir Périer Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Soupe pop'

MUSIQUES | Désenchanté et déglingué, Baxter Dury est sans doute le plus attachant des popeux venus d'outre-manche. Si ce n'est le plus doué comme en témoigne sa dernière livraison, "Happy Soup", à déguster en concert. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 novembre 2011

Soupe pop'

Nul n'ignore ce que le terme "soupe" recouvre dès lors qu'il s'agit de pop music. Pour peu qu'on lui accole l'adjectif "joyeuse", on s'imagine immédiatement tomber sur une intégrale de la Bande à Basile ou, pire, la bien nommée "Tournée entre nous" avec Emile & Images. Et puis il suffit qu'on aperçoive la petite tête d'oisillon en garde à vue de Baxter Dury sur la pochette de son album Happy Soup pour que notre perception s'en trouve bouleversée. En toute discrétion, Happy Soup s'est glissée entre les gouttes parmi les meilleurs albums de l'année. Comme d'ailleurs ses deux précédents, injustement boudés.Mais le talent du bonhomme, qui ne se laisse pas démonter, est intact. Ses obsessions aussi. Qu'il s'agisse de Lisa said ou de Francesca's Party sur le précédent Floor Show ou d'Isabel et Claire (deux des tubes dégingandés de cette joyeuse soupe 2011), il y a chez Baxter une propension à rouler sur la jante (féminine) en rauquant le prénom des filles. À les aimer bien balancées, sur des lignes de basse rondes comme des queues de pelle de fin de biture.

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