Clear Soul Forces, dans le haut du panier hip-hop

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Sans mic skill, la puissance n'est rien. En tout cas dans le monde merveilleusement grotesque de la lutte à grand spectacle, où le charisme d'un catcheur se mesure aussi à sa capacité à électriser les foules en deux temps trois mouvements du larynx.

À entendre la façon, alerte et limpide, dont ils usent chacun du leur, E-Fav, L.A.Z., Noveliss et Ilajide, les quatre MCs de Clear Soul Forces, auraient pu faire de phénoménaux talkers, ainsi que l'on nomme les superstars des rings à la reconversion oratoire toute tracée. Nombre d'entre elles ont d'ailleurs droit à une punchline sur le troisième album du désormais quintette – suite à l'arrivée du producteur Nameless – et ce n'est pas qu'une question de malice : grandi à l'ombre des usines mortes et des friches artistiques bien vivantes de son Detroit natal, Fab Five est, plus encore que ses remarquables prédécesseurs, un véritable condensé de la très paradoxale mythologie américaine.

Un disque qui, égrenant à coups de pianos glitchés, d'after-beats faussement poussiéreux et de samples ad hoc, les grandes heures de la soul locale (le fameux son Motown) et du rap national (en tête A Tribe Called Quest), sent autant la fumée s'élevant des armes de service de flics à la gâchette facile que la cire dont on enduit les cours de basket – "Fab 5" désignant à l'origine cinq joueurs universitaires de légende. «You can't think of Michigan without thinking of the Fab Five» déclare l'un d'eux en outro. Tenez-le vous pour dit.

Welcome to Detroit #2 – Clear Soul Forces
À l'Épicerie Moderne jeudi 1er octobre


Welcome to Detroit n°2 : Clear soul Forces


Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

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Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

Il est aussi vain de vouloir donner du sens à un anniversaire que de chercher à justifier un mariage : dans un cas comme dans l'autre, l'événement est surtout prétexte à faire la chouille avec les copains. Reconnaissons toutefois à l’Épicerie Moderne ses efforts : pour marquer le coup de ses dix ans d'existence, elle s'est mise en quatre pour éditer un livre et un vinyle live commémoratifs. Le premier verra le jour le 17 octobre, dans le cadre d'une journée d'animations (tatouage, photo call, papertoys...) ponctuée par un concert du brass band à tout faire The Soul Rebels. Le second sera prêt pour celui du mètre-étalon (et étalon tout court) rock Jon Spencer (voir page 4). Deux habitués des lieux verront également leurs prestations "pimpées" pour l'occasion : d'un côté les Melvins (le 2 octobre), de l'autre Patrick Watson. Les parrains malgré eux du grunge se produiront au sortir d'une dégustation de vin en compagnie des œnologues with an attitude de Wine&Noise, tandis que l'élégant songwriter baroque le fera en parallèle d'un débarras de goodies

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A chaque salle de concerts sa couleur. Rouge viscères pour le Sonic, là où la musique est une question de vie ou de mort, bleu horizon pour l'Épicerie Moderne, haut lieu de la pop vagabonde, noir coquard pour le Clacson, l'antichambre du rock qui bastonne… Quant au Ninkasi Gerland, si son hyperactivité (498 dates la saison passée !) nous a longtemps donné le sentiment d'être atteint d'achromatopsie, nous sommes de plus en plus convaincu qu'il est gris bitume. Car il ne se passe pas une semaine depuis la rentrée sans que l'endroit abrite un concert de rap immanquable.   Après Al'Tarba & Lord Lhus et le S-Crew, c'est ainsi au tour de Clear Soul Forces, jeune quatuor de Detroit qui, en un album au titre culotté (Detroit Revolution(s)) et aux productions suintant l'application et le cool par tous les pavillons (l'effet Motown, assurément), a d'ores et déjà rejoint le défunt J Dilla et le

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