Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

MUSIQUES | Avant le concert du Suédois au Transbordeur, on pose cette question capitale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

The Hives ; Loney, Dear ; I'm from Barcelona ; Jose Gonzales ; The Knife ; Peter Björn and John ; The Tallest Man on Earth ; Peter Von Poehl ; Frida Hÿvonen ; The International Noise Conspiracy... Même en ne s'en tenant qu'aux artistes déjà cités dans ce journal (on en oublie sûrement et on vous épargne les mastodontes passés et présents toutes disciplines confondues – ABBA, Roxette, Ace of Base, Don et Neneh Cherry, Robyn, EST...), les Suédois sont aussi présents dans nos oreilles que les Anglo-Saxons.

D'ailleurs c'est simple, la Suède est le troisième exportateur de musique au monde. Et c'est à Stockholm que l'on compte le plus de studios d'enregistrement par habitant, abritant une armée de faiseurs de tubes pop que les plus grandes stars US s'arrachent pour transformer une mélodie en son de tiroir-caisse.

Sauf qu'à vivre et produire dans un pays d'exportation, on en vient à n'être pas soi-même importé. Tel un Patrick Devedjian victime collatérale de l'« ouverture » sarkozyste, Jay-Jay Johanson, qui connut ses premiers succès en France (au point d'y vivre un temps, à Strasbourg, et de constater qu'on ne s'y ennuyait pas assez pour écrire) et a toujours enregistré en Suède avec une équipe suédoise (le fidèle Erik Jansson), n'est jamais parvenu, comme ses camarades précités, à être non pas prophète en son pays (ce serait beaucoup demander), mais au moins enfant de chœur.

Seul Antenna lui permit de forcer la porte comme il le fit avec le marché US, Jay-Jay commercialisant immédiatement un best-of suédois de ses œuvres précédentes pour rattraper le coup. Peine perdue, lui qui combine pourtant l'élixir parfait du suédois (le jazz et la pop) et a, en plus, la politesse de les monter en kit, n'a jamais dépassé un n°36 dans les hits suédois.

Alors depuis la Suède, Jay-Jay fait comme les mercenaires suédois, il exporte en France, en Angleterre, aux États-Unis, en Russie et, comme le petit garçon triste et ironique qu'il aime à être, appelle la Suède « mon pays qui m'ignore depuis toujours ».


Jay Jay Johanson + Tachka


Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Body Count et The Hives complètent la programmation

Felyn Festival | Le Felyn Festival dévoile de nouveaux noms, parmi lesquels Body Count emmené par Ice T.

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 janvier 2020

Body Count et The Hives complètent la programmation

On connaissait déjà depuis novembre quelques noms de la programmation de ce drôle de "Stadium festival" que sera le Felyn en juin prochain au Parc OL. Avec les annonces de Bad Bunny, DJ Snake et Dadju (le 19 juin) le festival optait pour une orientation urban pop que venait compléter un dinosaure de la musique de stade en la personne des Red Hot Chili Peppers, icône de la fusion des années 90 taillé pour le gigantisme live, programmée le 20 juin. La deuxième vague d'annonce d'une programmation désormais complète confirme et infirme tout à la fois ces deux tendances. Avec le rap métal californien rageur du Body Count d'Ice T (autre emblème de la fusion 90's) ce sont là encore les années 90 et la touche urbaine – ainsi que la puissance de feu live – qui sont visées. D'une certaine manière on pourrait tenir

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Peter Von Poehl : « les instruments sont une palette d'émotions »

Pop | Composé à partir de claviers vintage, le dernier album du Suédois Peter Von Poehl, Sympathetic Magic, détonne sans dérouter dans l'univers musical délicieusement impressionniste d'un compositeur nourri d'images autant que de sons. Entretien avant sa venue au Ninkasi Kao.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 décembre 2017

Peter Von Poehl : « les instruments sont une palette d'émotions »

Pour votre précédent album, Big Issues Printed Small (2013), que vous qualifiiez de « symphonie lo-fi », vous aviez écrit tous les morceaux au préalable avant de les tester sur scène et de les enregistrer en une journée avec un orchestre dans les conditions du live. Comment vous y êtes vous pris cette fois pour Sympathetic Magic ? Peter Von Poehl : Ça ressemble davantage à la méthode que j'avais utilisée sur mon premier album, Going to Where the Tea Trees Are (2006) : quelque chose de plus bricolé, avec beaucoup de petits enregistrements successifs dans mon studio de Paris, qui étaient censés être des maquettes mais dont j'ai finalement gardé pas mal de choses. Mais le vrai déclencheur de l'écriture de ce disque, c'est que j'avais récupéré des claviers que j'avais ado à Malmö et que mes parents menaçaient d'envoyer à la décharge. Retrouver le son de ces synthés a un peu fonctionné comme une madeleine de Proust. Et comme ce sont des instruments que je ne maîtrise pas parfaitement, ça m'a aussi obligé, moi qui suis plus habitué aux guitares, à composer différemment. On sent sur ce disque une patte beauco

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Christophe Moulin : « Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

Ninkasi | Pour ses vingt ans, le Ninkasi s'est offert un lifting : rendez-vous le 16 octobre pour un lieu multiple repensé autour d'une programmation toujours plus éclectique où se croiseront jusqu'en décembre Arrested Development, The Stranglers ou encore Tété. On en parle avec Christophe Moulin, le programmateur.

Sébastien Broquet | Mardi 19 septembre 2017

Christophe Moulin : « Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

Quel retour feriez-vous de votre première année de programmateur du Ninkasi ? Christophe Moulin : Il y a un an, nous avons commencé les travaux, dont nous ne récoltons pas encore les fruits. C'était une année de transition, mais aussi de complication pour le public, pour les artistes - les backstages étant en travaux. On s'en excuse encore ! C'était une année d'expérimentation, sans pouvoir aller au bout du geste. Ça va vraiment démarrer le 16 octobre : là on va commencer à dérouler la machine telle qu'on l'a réfléchie il y a deux ans. Je garde de très bons souvenirs comme The Game, ou encore la Ninkasi Urban Week où l'on a pu investir l'espace urbain, notre travail sur le Mur7 avec Birdy Kids. C'est ma touche personnelle, cette porosité entre la salle et le quartier. J'ai du mal à rester en place ! C'est normal que les habitants n'entrent pas obligatoirement dans une salle de concerts qui reste un cube fermé. Mais le concert doit sortir à l'extérieur, lui.

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Marie Modianesque

Littérature | Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Marie Modianesque

Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance mathématique, pour ses albums dont l'un est la mise en musique du recueil précité, par son compagnon Peter Von Poehl, et pour un étrange roman baptisé Upsilon Scorpii. On la connaît évidemment aussi pour être la fille d'un Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano. Une filiation difficile à passer sous silence. En revanche, on la connaît un peu moins pour une histoire toute personnelle, intime, qui est aussi un petit bout d'Histoire de la littérature et qu'elle raconte dans Lointain son deuxième roman. Une histoire comme on ne les invente pas, insatiablement romanesque : celle de sa rencontre, adolescente, avec un jeune américain en 1994 sur le Pont des Arts. Un type un peu errant, musicien, poète, écrivain, qu'elle ramènera à la maison et dont elle finira par découvrir qu'il est l'auteur d'un gigantesque manuscrit écrit en pattes de mouches sur lequel il est urgent de se penche

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Insomniaque

27>01>17 LE SUCRE MATTHEW DEAR Le fondateur du label Ghostly International pose ses valises à Lyon le temps d'une nuit où l'homme qui multiplie les pseudonymes (Jabberjaw, Audion, False...) dévoilera sa techno atmosphérique et sombre, voisinant avec ses influences pop, new wave voire industrielles. Le Texan sera accompagné sur ce line-up du parisien Amandra, fondateur du label Ahrpe Records, et de la jeune pousse locale Bärchen. Dark. 27>01>17 L'EMPREINTE WILD ASPECT Encore un nouvel espace dédié aux musiques électroniques dans la ville... On frise l'overdose et l'on se demande lequel va jeter l'éponge en premier, à force. Voici donc venir sur ce terrain L'Empreinte, du côté de Jean Macé dans le 7e, qui convie une fois par semaine un collectif lyonnais. Ce vendredi, se relaieront Wild Aspect, Istigkeit (repéré récemment par le label Blackwater) et Milenko. Newcomer. 28>01>17 LE PETIT SALON GIORGIA ANGIULI La révélation italienne Giorgia Angiuli fait son pr

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Jay-Jay Johanson : l'homme 100 visages

MUSIQUES | Dites aux filles qu'il est de retour en ville. 20 ans de carrière, 10 albums, le moral toujours dans les chaussettes, l'échalas suédois, 46 ans, est toujours là et bien là, cachant derrière un masque de lassitude fait de chausse-trappes esthétiques et d'auto-recyclage permanent les mille facettes d'un immuable talent triste. La preuve en dix albums avant son concert au Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

Jay-Jay Johanson : l'homme 100 visages

Whiskey (1996) Interminable silhouette fantôme, cheveu jaune, chemisette remontée sur des bras trop maigres : voilà le dégingandé crooner apparu en 1996 avec l'ovni Whiskey qui fêtait tristement les agapes entre Chet Baker, autre grand timide efflanqué à la grâce schlass, et Portishead. À coups de scratches insensés, de crooning à l'inquiétante étrangeté (un falsetto comme trafiqué) et de sampling raffiné (le Fish Beach de Michael Nyman sur I'm Older Now), ce Suédois venu du jazz et du design invente un "easy-listening" si malaisant qu'il donne l'impression de sonner génialement faux. Une claque de grande classe administrée en gant de velours. Tattoo (1998) Parmi les confirmations livrées par ce deuxième disque : le « têtard couinant » (© Bayon de Libération) s

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Elvis Perkins, mi-gitan mi-Dylan

MUSIQUES | Après une éclipse dylanienne de six ans, c'est un Elvis Perkins particulièrement habité tout autant que serein qui livre avec "I Aubade" son troisième auto-portrait du jeune homme torturé en artiste radieux. Rappel des faits avant son live au Transbordeur. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 2 juin 2015

Elvis Perkins, mi-gitan mi-Dylan

Cheveux longs façon Christ des gitans, chapeau à larges bords, barbe à la pousse contrariée, veste ou chemise d'étoffe native american, l'Elvis Perkins nouveau – dont on aperçoit la silhouette sur la pochette cryptique de son récent I Aubade – n'est pas sans faire penser au(x) Bob Dylan du comeback spectral (de John Wesley Harding au personnage d'Alias chez Peckinpah, en passant par Nashville Skyline, New Morning et Another Self Portrait, précieuse réédition de ces années). Celui d'après l'accident de moto de Woodstock qui nourrit tant de rumeurs fantasques et vit le Zim' disparaître dans la nature, au sens propre, pour réapparaître quelques années plus tard encore plus dépenaillé qu'à l'origine et comme délivré d'un poids, comme transfiguré, comme, pour ainsi dire, quelqu'un d'autre. Et complètement ailleurs. Si l'on dit cela d'Elvis Perkins, c'est aussi parce que l'Américain a disparu de nos radars pendant près de six ans – soit après son deuxième album Elvis Perkins in Dearland (2009), successeur du tragique Ash Wednesday (2007). Ce rythme d'un album tous les deux ans, Elvis n

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Peter et son orchestre

MUSIQUES | Voilà déjà presque un an qu'est sorti le premier extrait de Big Issues Printed Small, le prometteur et frustrant Twelve Twenty One. Frustrant car, dans (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2013

Peter et son orchestre

Voilà déjà presque un an qu'est sorti le premier extrait de Big Issues Printed Small, le prometteur et frustrant Twelve Twenty One. Frustrant car, dans l'intervalle, même le concert (magique) donné au Temple Lanterne en duo acoustique au printemps dernier, à l'occasion d'une tournée que nous appellerons "des églises", s'il dévoilait la plupart des chansons dudit album, n'avait guère permis de s'en faire une idée précise. Pour cela, il fallait compter parmi les chanceux à avoir applaudi le Suédois l'année précédente, Salle Pleyel notamment, où il se livra à un tour de chauffe pré-enregistrement. Une préparation au long cours qui devait permettre un enregistrement live et analogique dans le studio de son producteur de toujours, Christoffer Lundquist, lauréat en 2011 du prix George Martin – dont les méthodes d'enregistrements avec les Beatles ont éclairé les deux compères. Une manière de se mettre en danger qui n'en rend le résultat que plus époustouflant et, à l'image de ce processus de création inédit pour Von Poehl, commande qu'on y revienne pour mie

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Von Poehl aux œufs d'or

MUSIQUES | Quatre ans après "Mayday" et un an après un premier single alléchant, le parigot-Suédois revient enfin avec l'ultra-raffiné "Big Issues Printed Small" : près de trois ans de préparation sur scène avec orchestre, une journée d'enregistrement live en Suède et sans doute son meilleur album à ce jour. Qu'il nous présente ici, avant de le faire sur la scène de l’Épicerie Moderne en duo acoustique. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2013

Von Poehl aux œufs d'or

L'an dernier tu as joué dans un certain nombre de lieux "insolites", notamment au Temple Lanterne à Lyon. Quels souvenirs gardes-tu de cette tournée ?Peter Von Poehl : La préparation de l'album avait été longue, avec beaucoup de concerts en formation de 17 à 40 musiciens, pour aboutir à ce que je voulais : un enregistrement live sur une journée. Tout était très organisé, très calé, avec des partitions écrites jusqu'au moindre triangle. A la fin de l'enregistrement, j'ai eu envie de revenir sur scène d'une manière totalement différente, en duo avec le violoncelliste Zack Miskin. Quant à cette idée de jouer dans des endroits "différents", c'était en moi depuis longtemps. Dans les salles de concert, on a un rituel, des habitudes. Quand on se retrouve dans un temple, une église ou même une usine de tapis, ça raconte autre chose avant même qu'on ait joué une seule note. Le public se comporte différemment, comme intimidé par le lieu. Pour moi également les sensations étaient vraiment différentes, et elles ont été propres à chaque lieu où j'ai joué lors de cette tournée.

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Dura Lex Sed Lex Hives

MUSIQUES | Cinq albums en quinze ans. Les Hives feraient-ils leurs Laurent Voulzy ? Les fidèles pouvaient le craindre après les cinq ans de silence discographique (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Dura Lex Sed Lex Hives

Cinq albums en quinze ans. Les Hives feraient-ils leurs Laurent Voulzy ? Les fidèles pouvaient le craindre après les cinq ans de silence discographique qui ont suivi leur Black & White Album. C'est que les Suédois, victimes de leur immense succès, ont énormément tourné et qu'on ne peut pas être au four et au moulin – surtout qu'en Suède il n'y a pas de moulins. Car, le titre d'un précédent Tyrannausorus Hives en atteste, le groupe est devenu un monstre. En gros l'alpha et l'omega de ce qu'on appelle vulgairement le rock garage – encore que si vous lisez attentivement ce journal et l'accompagnez de séances d'écoute, vous vous apercevrez bien vite qu'il y a autant à voir entre le garage punk de The Hives et le garage fourre-tout des Xray Eyeballs qu'entre un Tyrannosaure et un Ptérodactyle : on sent bien qu'ils sont peu ou prou de la même famille mais vous pouvez toujours courir pour que le premier s'envole. La question est donc, est-ce que ça valait le coup d'attendre ­– indépendamment du fait qu'on n'avait guère le choix, on veut dire ? Oui et non, selon le degré de fanitude qui nous anime et le besoin de nouveaux titres à ululer devant la g

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Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Le Blues de la rentrée

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël. Talk about the blues Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment

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Le Marchand du Temple

MUSIQUES | Le revoilà notre Vagabond du Grand Nord préféré, Peter Von Poehl, ce Suédois qui comme l'Italo-Anglais Piers Faccini a choisi la France comme pays d'adoption. (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 5 avril 2012

Le Marchand du Temple

Le revoilà notre Vagabond du Grand Nord préféré, Peter Von Poehl, ce Suédois qui comme l'Italo-Anglais Piers Faccini a choisi la France comme pays d'adoption. Le voilà d'ailleurs si attaché à notre beau pays, qu'après avoir épousé la fille d'un écrivain patrimonial, Marie Modiano (fille de Patrick donc), il a choisi de parcourir le «long manteau d'églises qui recouvre la France», si cher à notre Président et à sa plume Henri «Hulk» Guaino. On rigole, mais l'idée est assez belle – contourner le circuit habituel des salles de concert et autres Scènes Musiques Actuelles au profit de chapelles, d'églises et de temples – et conduit Peter Von Poehl à se produire à Lyon dans un endroit plutôt inédit pour tout amateur de pop : le Temple Lanterne, antre protestante de la rue du même nom. À lieu intimiste, prestation intimiste, puisque ce sera l'occasion de découvrir les classiques de ses deux premiers albums Goin

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Little Big Man

MUSIQUES | Musique / Actuellement, l'homme le plus grand du monde est, officiellement, Sultan Kosen, 2, 47m. On n'est pas certain que Kristian Matsson, 28 ans, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 mai 2011

Little Big Man

Musique / Actuellement, l'homme le plus grand du monde est, officiellement, Sultan Kosen, 2, 47m. On n'est pas certain que Kristian Matsson, 28 ans, petit suédois à la bouille de panda roux, atteigne 1, 70m. Ce qui le place à peu près à équidistance de l'homme le plus grand du monde et du plus petit. Mais allez donc prendre comme nom d'artiste «L'homme à la taille la plus moyenne du monde». Ça fait tarte. Alors Matsson a choisi d'assumer : il serait The Tallest Man on Earth, ce que quiconque aura accès à sa musique, ne cherchera pas à lui contester. Mais c'est vers un autre grand homme que les comparaisons le portent depuis ses débuts : Bob Dylan lui-même. Matsson le Suédois a développé comme le chanteur de Duluth (Minnesota) un truc probablement provoqué par la rudesse des hivers nordiques  : une voix nasillarde et un timbre nourri à la sciure qui permettent à ses chansons d'arracher le cœur tout en frottant les oreilles (comme on le faisait en hiver aux potes qui n'avaient pas de bonnet). Musicalement, c'est davantage le Dylan des débuts auquel on pense, ne serait-ce que par le dépouillement des arrangements et la simplicité (apparente) des chansons. Mais Matsson y met une

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Elvis au pays des merveilles

MUSIQUES | De Jeremy Jay à Nick Talbot de Gravenhurst, et en attendant d’autres, La Marquise nous offre en cet automne quelques beaux troubadours de la musique (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 septembre 2009

Elvis au pays des merveilles

De Jeremy Jay à Nick Talbot de Gravenhurst, et en attendant d’autres, La Marquise nous offre en cet automne quelques beaux troubadours de la musique moderne, baladins solitaires aux univers marquants et connus pour leur droiture musicale. Pour ouvrir ce beau bal, Elvis Perkins montera dès cette semaine sur la petite scène de la Marquise, et pour la première fois à Lyon. Elvis Perkins, c’est ce jeune homme apparu il y a deux ans sur la scène internationale nanti d’un passé familial un rien poissard qui avait de quoi lui inspirer son premier album, le très beau ‘Ash Wednesday’. Adolescent, lorsqu’il a perdu son père, l’acteur Anthony Perkins, mort du sida, Elvis a en effet vu sa mère, Berry Berenson, sœur de l’actrice Marisa Berenson, se crasher dans le World Trade Center le 11 septembre 2001. Une anecdote macabre dont le récit le suivra sûrement toute sa carrière et qui aurait fait plier plus d’une paire d’épaules. L’an dernier, Elvis Perkins est revenu, cette fois accompagné d’un groupe, sous le nom ‘Elvis Perkins in Dearland’, livrer un album éponyme nettement plus éclatant et moins âcre que ce ‘Ash Wednesday’ où la lumière ne tentait d’entrer que par effraction. Plus orchestré, d

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Le Vagabond du Grand Nord

MUSIQUES | Peter Von Poehl, chanteur et musicien suédois, auteur de "May Day", fruit très savoureux d’un incessant vagabondage géographique et artistique entre Suède, Allemagne et France. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Dimanche 22 mars 2009

Le Vagabond du Grand Nord

Le premier album de Peter Von Poehl, Going to where the tea-trees are, devait au départ s’appeler Mummenschanz, ce qui, en allemand, désigne une sorte de "bouffon musicien itinérant". Bouffon, on ne saurait trop dire, mais musicien itinérant, il l’a toujours été. Entre son pays, la Suède, l’Allemagne, patrie de son père, où il a vécu plusieurs années, et Paris qui l’a adopté, le blond Peter, en tournée perpétuelle depuis trois ans, ne tient pas en place : «J’essaie de faire la paix avec cet aspect de ma personnalité" confie, dans un français parfait, celui qui sur le single Parliament chante «I’m still a stranger in this land». «En ce moment, c’est plus compliqué que jamais car je n’ai plus d’appartement. Je sais juste que je suis en France jusqu’en mai et qu’en juin je vais passer quelques temps à Stockholm, où je vais peu car je suis du sud de la Suède.» La Suède, 8 millions d’habitants mais troisième exportateur de musique après les USA et l’Angleterre, Peter l’a quittée très jeune et l’aime à distance, n’y revenant quasiment que pour enregistrer ses disques, règle à laquelle il ne déroge pas : «C’est difficile

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FRIDA HYVÖNEN Silence is Wild

MUSIQUES | Secretly Canadian / Differ-ant

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 novembre 2008

FRIDA HYVÖNEN
Silence is Wild

La dernière Frida qu’on a connue chanteuse était Suédoise elle aussi (bon, il y a plus de Suédoises prénommées Frida que Françoise, aussi). Elle officiait avec sa copine Agneta et deux Playmobils sans charisme au sein d’un groupe qui tenta de promouvoir, il y a 30 ans, les fringues en papiers d’alu et les brushings en forme de casque. Pour les fringues, ça n’a pas trop pris mais leur musique est encore aujourd’hui très prisée des soirées à perruques et des comédies con-con pour Catherinettes (Muriel, Mamma Mia !). Tout ça n’a pas grand-chose à voir avec notre Frida 2.0, plus barrée (si, si) et moins barbante, mais dont les racines musicales puisent elles aussi dans la pop à paillettes d’antan (Kate Bush) à mélanger avec les ingrédients chargés en sucres de la pop cantonaise et du cabaret baroque. Étrange objet que ce disque, addictif et répulsif à la fois. Œuvre d’une fille-monstre qui affirme que le silence est sauvage et cherche à l’apprivoiser en le remplissant hystériquement d’arrangements haut perchés et de compositions folledingues (l’improbable Scandinavian Blonde qui aborde (il était temps !) le thème crucial de la fascination bien légitime pour la beauté oxygénée des no

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