Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

MUSIQUES | Toujours sur la ligne blanche mais suivant la ligne jaune, la fameuse, jusqu'au-delà de la ligne rouge, Left Lane Cruiser pratique un rock sudiste qui a bien du mal à garder son parallélisme. Sortie de route garantie.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent passer leur vie en sortie de route dans les champs, mais le pick-up retourné, le nez dans une bouse, une bouteille de Miller Ice dans le fondement.

Car il y a dans cette espèce de bottle-(red)-neck blues quelque chose d'irrésistiblement chavirant, comme lorsque, dans un virage trop mal engagé, la vitesse vous déporte dans le sens inverse de celui dans lequel vous vous échiniez pourtant à tourner le volant. Cette sensation est une ivresse et pourtant, au fond, on sait comment tout cela va finir.

Surtout pour les Left Lane Cruiser, originaires du nord de l'Indiana mais qui semblent toujours devoir échouer quoi qu'il arrive côté sud de la bagnole, du champs et des États-Unis tout entier, comme éjectés par la force centrifuge – ou pète (plutôt pète en fait). Le tout avec une innocence désarmante qui fait de ces trois bouseux l'équivalent musical des personnages principaux du film Dale & Tucker fightent le mal. Deux adorables têtes de nœud sudistes s'y retrouvent en plein film d'horreur, prises, du fait de leur mine patibulairo-consanguine, pour des tueurs en série par une bande d'étudiants qui finit par s'entretuer accidentellement dans la panique.

Oui, l'amour est dans le pré, mais prenez garde qu'il ne ressemble pas à trois épouvantails rock (la pochette de Dirty Spliff Blues, leur dernier album) à qui vous ne confierez pas votre mégot. Ils l'épouseraient.

Left Lane Cruiser [+ James Leg]
Au Marché Gare mercredi 4 novembre


Left lane cruiser + James leg

Blues punk
Marché Gare 34 rue Casimir Périer Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Circuit du jeudi | Représentatif de l'éclectisme de la programmation Nuits Sonores, le Circuit propose une volée de concerts en tous genres dans toutes les salles de l'agglo ou presque. Sélection premium.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 avril 2018

Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Les Filles de Illighadad C'est une énième émanation de la plus en plus riche scène berbéro-touarègue (Tinariwen, Mdou Moctar, Bombino, Group Doueh...), et d'une certaine manière pas la moindre. D'abord parce que – tout est dans le nom – il s'agit-là d'un trio féminin, mené par la flamboyante guitariste Fatou Seidi Ghali – et elles sont rares les femmes guitaristes, dans cette tradition musicale. Ensuite, parce que les Filles transcendent les carcans esthétiques de cette tradition pour les pousser vers un fascinant psychédélisme blues qu'il est urgent de découvrir. Au Marché Gare le jeudi 10 mai à 20h Kid Francescoli Cela fait une quinzaine d'années que le Marseillais Mathieu Hocine officie sous le nom de Kid Francescoli – hommage à l'ancien joueur uruguayen de l'OM. Mais pour lui, le tournant a sans doute lieu au début des années 2010 lorsqu'il rencontre l'Américaine Julia Mink

Continuer à lire

Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

MUSIQUES | Hasard du calendrier, trois hauts lieux des musiques dites actuelles fêtent leur dixième anniversaire cette saison : l’Épicerie Moderne, le Marché Gare et le Trokson. Et en fanfare s'il vous plaît.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

Il est aussi vain de vouloir donner du sens à un anniversaire que de chercher à justifier un mariage : dans un cas comme dans l'autre, l'événement est surtout prétexte à faire la chouille avec les copains. Reconnaissons toutefois à l’Épicerie Moderne ses efforts : pour marquer le coup de ses dix ans d'existence, elle s'est mise en quatre pour éditer un livre et un vinyle live commémoratifs. Le premier verra le jour le 17 octobre, dans le cadre d'une journée d'animations (tatouage, photo call, papertoys...) ponctuée par un concert du brass band à tout faire The Soul Rebels. Le second sera prêt pour celui du mètre-étalon (et étalon tout court) rock Jon Spencer (voir page 4). Deux habitués des lieux verront également leurs prestations "pimpées" pour l'occasion : d'un côté les Melvins (le 2 octobre), de l'autre Patrick Watson. Les parrains malgré eux du grunge se produiront au sortir d'une dégustation de vin en compagnie des œnologues with an attitude de Wine&Noise, tandis que l'élégant songwriter baroque le fera en parallèle d'un débarras de goodies

Continuer à lire

Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

Continuer à lire

Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Le Blues de la rentrée

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël. Talk about the blues Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment

Continuer à lire

Southern (in)confort

MUSIQUES | Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 février 2012

Southern (in)confort

Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au tesson de bouteille sous des néons clignotants façon Titty Twister (le bar à vampires d'Une Nuit en enfer) ou Double Deuce (le dancing bourre-pif de Road House). En lieu et place des Buffalo Killers promis, des remplaçants de choix : les Left Lane Cruiser, estampillés hillbilly punk blues. Autant dire que ça fleure bon le redneck consanguin prêt à vous découper au fond de sa cave au nom du Christ ou du Southern Comfort, le célèbre rince-cochon local, hautement inflammable. Left Lane Cruiser ou le genre de musique jouée pied au plancher – sur la pedal steel – en roulant à gauche. Non pas parce qu'on aurait adopté les mœurs de conduite anglaises mais parce qu

Continuer à lire