Kurt Vile décoiffe la pop

Stéphane Duchêne | Mardi 17 novembre 2015

Kurt Vile a une petite manie, celle d'amputer les titres/paroles de ses chansons de certaines de leur lettres comme on retranscrirait une oralité ou un accent. Ainsi son Wakin(g) on a pretty daze ouvrait-il l'album du même nom. Pretty Pimpin(g), l'histoire d'un type qui ne se reconnaît plus dans le miroir et décide de s'arranger un peu, invite cette fois à entrer dans b'lieve i'm goin down, sur lequel Vile semble revoir ses ambitions à la baisse (ce qui reste à prouver).

C'est anecdotique, mais cela traduit merveilleusement ce qui fait tout le charme et la grandeur de la pop de Kurt Vile, son homophonie fameuse, ses cheveux jamais coupés, ses mélodies faussement mal attifées : une sensation d'inachèvement, une sorte de tantalisme qui fait que lorsque l'on croit toucher au moment de grâce, il fait un pas de côté ou de recul, lentement, si lentement que l'on a pourtant tout loisir de le voir venir.

Comme une course à la défonce qu'aucune descente ne viendrait pénaliser, on court après les morceaux polymorphes de Vile sans jamais avoir aucune chance de les attraper, sans jamais toucher à la satisfaction ultime qui finirait par nous détourner de lui.

La pop de Kurt Vile est un art du presque, du "je n'ai touché à rien" aussi Dylanien que Youngien, une musique ouvragée qui ne voudrait pas être tout à fait prise au sérieux, un éloge de la paresse psychédélique. Voire, sur b'lieve i'm goin down, à mesure que l'album se déroule, un véritable yoga de l'effacement et du ravalement (dans tous les sens du terme) de soi.

Kurt Vile & The Violators [+ Lushes]
À l'Épicerie Moderne samedi 21 novembre


Kurt Vile & The Violators + Waxahatchee

Folk psyché
Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Kurt Vile : le flou du roi

Kurt Vile a toujours été un adepte des grands formats, de ces chansons qui, sur trois accords, s'étirent telles des chewing-gums fondus ou des adolescents sur un canapé. Il le prouve encore ici avec Bottle It in dont les 13 morceaux (si l'on compte l'appendice final à la durée dérisoire) s'étalent sur 80 minutes. Avec cet album sur le thème du voyage et du déplacement incessant (tournées, road trips familiaux) volontairement enregistré aux quatre coins des États-Unis (de New York à Los Angeles, du Connecticut à Portland), tout se passe comme si Kurt Vile avait voulu mettre en bouteille l'ensemble des grands espaces traversés mais aussi toute la musique, americana, indie-rock, folk – qu'ils contiennent, en une forme de boulimie tranquille que symboliserait à merveille la traînante déambulation d'un esprit qui ne tient pas en place qu'est Bassackwards : I was on the moon but more so, I was in the grass / So I was chilling out but with a very drifting mind (J'étais sur la lune mais plus encore, j'étais dans l'herbe / Ainsi je me détendais mais avec l'esprit complètement à la dérive).

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