La programmation du Reperkusound 2016 en vidéo

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

La programmation de la onzième édition du festival printanier de Mediatone, programmée les 25, 26 et 27 mars au Double Mixte, vient de tomber sous la forme d'un teaser.

Au programme notamment : le retour des branleurs psyché de La Femme, des platinistes de haut vol (Scratch Bandits Crew, L'Entourloop), le beatmaker bienheureux Guts, la fan favorite brésilienne Flavia Coelho et la pop éternellement juvénile de Coming Soon.

Comptez 24€ par nuit et 60€ pour le pass.

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Woodstower : être et avoir l'été

Festival | Finalement non restreint sanitairement, Woodstower, le festival éco-responsable de Miribel-Jonage offre pour son retour un mix de bamboche musicale et de profusion d'humour de jeunes pour, si le temps le permet, conclure l'été en beauté.

Stéphane Duchêne | Mercredi 25 août 2021

Woodstower : être et avoir l'été

Il faudrait demander confirmation et expertise à un genre de Giec de l'ambiance mais il semblerait quand même qu'entre l'offensive du variant Delta et le temps exécrable, on ait connu en 2021 l'été le plus pourri depuis ces grandes vacances de sinistre mémoire qui virent l'avénement conjugué de la Macarena et de Carapicho – oui, Yakalelo c'était probablement bien pire mais cette année-là, on avait gagné la Coupe du Monde, ça compense. Alors, on dira ce qu'on voudra mais dans ce contexte, Woodstower pourrait bien jouer le rôle de phare dans la nuit, de sortie par la grande porte. Sauf pour les anti-vax, les anti-passe et les anti-parc de Miribel-Jonage (la contradiction systématique est un art). D'abord parce que comme cela avait été annoncé au mois de juillet, les restrictions prévues à l'origine pour le festival (jauge limitée, position assise obligatoire, ce genre de tue-l'amour), ont été effacées. Avec un passe sanitaire, tout le monde pourra entrer, se dresser sur ses pieds et éventuellement les bouger. Ensuite, parce que sans doute davantage

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Woodstower dévoile sa programmation 2021

Festival | Réservez votre fin août, la programmation de Woodstower est tombée : beaucoup de musique (rock, pop, rap, soul, musiques urbaines, électro, découvertes...) et pas mal de stand-up. Revue d'effectifs.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 mai 2021

Woodstower dévoile sa programmation 2021

Après nous avoir annoncé et expliqué la tenue de son édition limitée — en présentiel —, Woodstower vient d'en livrer le plat de résistance, à savoir sa programmation artistique. Laquelle débutera le mardi 24 août avec une soirée résolument pop : où l'on pourra accueillir dans La Grande Prairie prévue à cet effet, les Lyonnais d'Arche, petite troupe psychédélique très en vue au dernier Ninkasi Music Lab, la très cinématographique P.R2B et ce qui se fait de mieux en matière de branchitude frenchy par les temps qui courent : L'impératrice et Feu! Chatterton — dont le dernier album vaut, il faut bien le dire, son pesant de Moderna. Le lendemain, mercredi 25 août, ce sera musiques dites urbaines, bien urbaines, dans la plaine, avec là encore du Ninkasi Musik laborantin, ou plutôt laborantine, Elina Jones qui donne d'ailleurs plutôt dans le funk-soul, mais aussi le phénomène Yseult et deux apôtres du parler-chanter Abd Al Malik et Gaël Faye. Urbanité toujours le 26 aoû

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Joan Bennett, actrice pour Fritz Lang

Institut Lumière | Elle aurait soufflé 110 bougies en cette nouvelle année, marquant également les trente ans de sa disparition. La notoriété de Joan Bennett (1910-1990) se (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Joan Bennett, actrice pour Fritz Lang

Elle aurait soufflé 110 bougies en cette nouvelle année, marquant également les trente ans de sa disparition. La notoriété de Joan Bennett (1910-1990) se dilue sans doute aujourd’hui dans les replis du temps ; toutefois cette grande star des temps jadis demeure indissociable de la période américaine de Fritz Lang dont la rétrospective se poursuit gaillardement à l’Institut Lumière. On le vérifiera avec deux des quatre films qu’ils tournèrent ensemble durant les prolifiques années 1940, La Femme au portrait (1944) et Le Secret derrière la porte (1948). Deux films noirs imprégnés de références psychanalytiques — l’une des marottes de Lang, aficionado de Freud — où elle révèle des visages très opposés. Le premier film fait étrangement écho au Laura de Preminger, tourné la même année, ayant également trait à la fascination d’un homme pour un visage entrevu sur un tableau. Mais chez Lang, Bennett incarne une femme fat

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Entre elle et lui : "La Femme de mon frère"

Comédie | Sophia vient de soutenir sa thèse et devant elle s’ouvre : le vide. Sans emploi ni relation sentimentale (mais enceinte d’un amant passé), elle squatte chez son frère Karim. Quand elle se résout à l’IVG, Karim flashe sur la gynéco. Les sentiments sont partagés. Sauf par Sophia…

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Entre elle et lui :

On parle souvent des "films du milieu" pour désigner des productions économiquement intermédiaires. Mais il faudrait reconsidérer la formule pour qualifier le jeune cinéma de la comédienne Monia Chokri (vue notamment chez Xavier Dolan), dont cette première réalisation de long-métrage laisse espérer de grandes choses. La Femme de mon frère est sans doute un film intermédiaire par son budget ; totalement par son sujet puisque Sophia se retrouve à tenir la chandelle entre sa gynéco et son frère. Il l’est surtout par son style à mi-chemin entre une inspiration résolument Nouvelle Vague (avec jump cut godardiens, effets de surimpression, errances nocturnes commentées en voix-off, citations littéraires) et sa tonalité de comédie américaine sentimentale des années 1980, ses décors pastel ou son ambiance familiale orientale explosive – un joyeux mélange entre Quand Harry rencontre Sally de Rob Reiner, Recherche Susan désespérément de Susan Seidelman et Le Complot d’Œdipe de Woody Allen. Débordant de rebondissements, cette petite saga portée par une anti-héroïne jalouse, agaçante, attachante et fragile à la f

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15 concerts à ne pas louper cet automne

Bons Plans | Coming Soon Cela fait dix ans que le Scooby Gang baptisé Coming Soon a publié son premier album. Un petit peu plus que (fin 2006) le groupe (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

15 concerts à ne pas louper cet automne

Coming Soon Cela fait dix ans que le Scooby Gang baptisé Coming Soon a publié son premier album. Un petit peu plus que (fin 2006) le groupe avait fait forte impression lors du tremplin Dandelyon. Sans doute à l'époque aviez-vous découvert ce groupe dans ces pages. Il a depuis fait du chemin, que ce soit à travers de nombreuses collaborations et en multipliant les projets parallèles. Surtout en ouvrant l'éventail de son anti-folk initial vers des esthétiques alors insoupçonnées dont leur dernier album Sentimental Jukebox semble être un concentré. Le passage de Coming Soon pour un French Kiss au Club Transbo (petit nom des release parties consacrées aux locaux et aux amis) est comme une manière de retour au bercail pour les plus Lyonnais des Anneciens. Au Club Transbo le mercredi 10 octobre The Apartments La date du très rare Peter Milton Walsh au Marché Gare à l'occasion d'un Petit Bulletin Live en 2016 aura sans doute contribué à débloquer le compteur lyonnais de celui qui incar

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"Cherchez la femme" de Sou Abadi : cachez ce film qu’on ne saurait voir

ECRANS | de Sou Abadi (Fr, 1h28) avec Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Anne Alvaro est, décidément, une immense comédienne que son talent préserve de l’adversité — c’est-à-dire des pires des naufrages cinématographiques. Sa confondante interprétation d’une militante iranienne (accent inclus) réfugiée dans le XVIe arrondissement lui vaut de sortir sans dommage de cette épouvantable comédie sentimentale. Elle est bien la seule. La réalisatrice, par exemple, manque son coche dans ce mariage entre romance et critique sociale humoristique. Pas du fait d’une hybridation hasardeuse, ni du thème puisque l’on peut rire de tout, si c’est fait avec intelligence et talent. Car hélas, le choix d’un sujet brûlant n’exonère pas un auteur de maladresse ni de naïveté. Sou Abadi raconte ici le stratagème trouvé par un étudiant désirant continuer à voir sa copine enfermée chez elle par son grand frère revenu radicalisé d’un camp : il se couvre d’une burqa et se fait passer pour une femme. Quiproquos à l’ancienne, situations balourdes, personnage de fondamentalistes d’une bêtise profonde…

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Coming soon : l'éternel détour

Pop | En sortie d'une tournée des Grands ducs anglo-saxons avec le crooner (ex) anti-folkeux et ami Adam Green, Coming Soon revient jouer en catimini au Sonic. À l'image d'un groupe darwinien qui s'est toujours adapté tant à son environnement qu'à ses envies musicales. Pourvu que ça joue, et bien.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 juin 2016

Coming soon : l'éternel détour

Ok, on vous l'a déjà faite celle de la personnalité selon Fitzgerald : « une succession de gestes réussis. » Il faut dire qu'elle s'applique à beaucoup. Mais quelque part cet aphorisme dut être écrit pour les (plus si petits) gars de Coming Soon. D'où vient que, Jack Nicholson Style, comme ils le chantaient à leur début (ou pas) ce groupe a su conserver sa personnalité en tentant toujours de nouveau gestes à risques. Passant par exemple de l'anti-folk Herman Düne-friendly des débuts à cette pop à synthé qui rugit depuis avant même Tiger Meets Lion (2014) et sur le long EP Sun Gets in. Si à l'époque on croyait dur comme fer à ces jeunes prodiges de 13 à 26 ans (ajouter quasiment une décennie à ces âges), pouvait-on se douter qu'ils iraient si loin, non pas tant en termes de succès, qui à notre époque reste relatif, que sur leur route musicale ? Enlever l'échelle Bien sûr, on eut pu leur reprocher de s'être perdu en route, autrement dit de ne pas s'être accroché au chapeau de cowboy p

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10 concerts à voir en juin

MUSIQUES | En attendant d'entrer pleinement dans la saison des festivals, voici dix concerts à ne pas louper dans la ville.

Stéphane Duchêne | Lundi 13 juin 2016

10 concerts à voir en juin

Billie On l'avait laissé sur un Baiser, on la retrouve sur un French Kiss. Le Baiser, c'était son premier album d'étrange chanson française d'obédience krautrockeuse et conteuse. Le French Kiss, c'est ce moment de retrouvailles traditionnellement organisé par le Club Transbo pour fêter la sortie (ou la release comme on dit en étranger) d'un album ou d'un EP d'un ami du coin. Là c'est un EP, Nuits Aquatiques produit par Erotic Market en mode plus r'n'b et plus coulant, quoique. Comme il se doit l'affaire se joue gratuitement sur réservation avec pléthore d'invités surprises. Au Club Transbo le mercredi 15 juin Neil Young & Promise of the Real Au rythme où ça va, gageons que Neil Young est parti pour enterrer tous ses pairs. Le fait qu'il est l'un des derniers de sa génération à sortir des albums dignes de ce nom — pas toujours, l'avant-dernier n'étant pas une réussite — et porteurs d'une capacité de régénération plutôt hors du commun. DHEA ? Non, enthousiasme, car Neil pr

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La Femme défendue

MUSIQUES | Au milieu de la programmation atomisée du festival Reperkusound (au-delà d'un certain degré, entre Flavia Coehlo, Thylacine et Hilight Tribe, on ne peut plus parler d'éclectisme), on a retrouvé La Femme, cette petite frappe de la pop française que l'on aime tant détester.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 mars 2016

La Femme défendue

« Une snare un peu Berlin ». Il y a trois ans, nous évoquions avec enthousiasme la montée en puissance d'une scène pop francophone (Granville, Aline, Pendentif, tout ça) dont La Femme était l'un des leaders naturels. Deux de ses membres livraient au site The Drone une interview qui, en quelques phrases dignes d'un sketch (dont celle précitée qui fait beaucoup rire) dévoilait un ego gros comme le Ritz (et à dire vrai une bêtise, pardon une naïveté guère plus mesurée). On le leur reprocha vivement : leur côte de sympathie chez les initiés plongea tel François Hollande dans un sondage du Figaro. Soyons honnête. D'une, depuis quand reproche-t-on un peu d'arrogance et de désinvolture à un groupe de rock (de John Lennon aux frères Gallagher, on a vu légèrement pire) ? De deux, Sur la planche, les pensionnaires de Born Bad Records, particulièrement impressionnants en live (se rappeler d'une prestation costumée aux Victoires de la Musique 2014 dont le service public se souviendra longtemps), une fois les micros parasites et autres aimants à phra

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Lumière 2014, jours 6 et 7 - Les fantômes du permanent

ECRANS | «Un étrange voyage» d’Alain Cavalier, «Piège de cristal» de John MacTiernan, «Furtivos» de José Luis Borau, «La Femme de mon pote» de Bertrand Blier.

Christophe Chabert | Lundi 20 octobre 2014

Lumière 2014, jours 6 et 7 - Les fantômes du permanent

Voilà, le festival est fini, mais il est encore temps de revenir sur ses deux dernières journées de projection, dont un samedi riche en émotions. À commencer par la venue, tardive mais exceptionnelle, de John MacTiernan pour présenter Piège de cristal. Après avoir été honoré par la Cinémathèque Française et par le festival de Deauville, MacTiernan a débarqué quasiment à l’improviste à Lyon, où il s’est d’abord plié à l’exercice de la présentation d’un film du festival — en l’occurrence L’Homme de la rue de Capra ; puis, en catimini, Lumière a monté cette séance exceptionnelle autour du premier Die hard, ce qui n’a pas empêché la salle d’être comble en 24 heures, remplie de fans qui se sont rués sur le cinéaste une fois son introduction terminée. MacTiernan est apparu fatigué, se déplaçant difficilement, s’exprimant avec lenteur, lançant aux spectateurs un avertissement qui sentait bon la parano quant aux dérives de son pays vers l’extrême droite. Pour ceux qui n’auraient pas vraiment suivi "l’affaire MacTiernan", rappelons que suite à un vaste scandale lié à des écoutes illégales impliquant un certain nombre de grands n

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Lumière 2014, jour 1 – Garçon, des films !

ECRANS | "Mado" et "Garçon !" de Claude Sautet. "La Femme aux cigarettes" de Jean Negulesco.

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Lumière 2014, jour 1 – Garçon, des films !

Inutile de parler ici de la cérémonie d’ouverture, qu’on a séchée comme toutes les années — la Halle Tony Garnier, pour le cinéma, ce n’est simplement pas possible — mais le festival Lumière a pris l’heureuse initiative de commencer dès le lundi matin ses projections, ce qui fait qu’au moment d’aller se coucher, on avait déjà trois films au compteur — notre rythme de croisière prévu pendant une semaine. Avant de causer desdits films, deux remarques liminaires : d’abord, la moyenne d’âge carrément élevée à toutes les séances. On ne fera pas l’injure au festival en disant qu’il a réussi à transformer ce que beaucoup considère comme du "vieux cinéma" en cinéma pour vieux, mais tout de même… On n’avait pas eu ce sentiment les années précédentes, en tout cas, pas de façon aussi systématique. Est-ce à dire que, pour les séances du matin et de l’après-midi, seuls les retraités peuvent se rendre au cinéma ? Ce serait logique, mais l’absence de jeunes cinéphiles dans les rangs — à quelques exceptions près, quasiment toutes connues de nos services — est tout de même un peu flippante. Deuxième remarque : les présentations. On a eu droit hier au laïus introductif de Nicole G

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La Femme du ferrailleur

ECRANS | Au fin fond de la Bosnie, le réalisateur de "No man’s land" Danis Tanovic filme une fiction avec un maximum de documentaire dedans, et s’extirpe du misérabilisme de son contexte et des schémas parfois grossiers de son scénario par l’efficacité de sa mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

La Femme du ferrailleur

Un petit village enneigé au fin fond de la Bosnie. Nazif est ferrailleur, ce qui lui rapporte quelques maigres marks, tout juste suffisants pour nourrir ses deux enfants et sa femme Senada au physique fellinien. Elle est enceinte pour la troisième fois, mais la grossesse se passe mal et elle doit se faire opérer en urgence après une fausse-couche. Sauf que Nazif n’a pas d’assurance-maladie et que l’opération coûte un bras… C’est d’abord une surprise de retrouver Danis Tanovic, le cinéaste précis et élégant de No man’s land, aux commandes d’un film qui exhibe ostensiblement son caractère rugueux et mal dégrossi. L’image est brute, les cadres vacillants et les personnages comme le décor soulignent en permanence le réalisme du contexte. Sans parler du sujet, qui fustige les inégalités à l’œuvre dans la société bosniaque d’après-guerre — Nazif a passé quatre ans à se battre contre les Serbes «dans les tranchées», mais n’y a gagné que des souvenirs traumatiques. C’est d’ailleurs le projet du film tout entier : construire une fiction avec d’énormes pans de réalité documentaire, les acteurs étant au plus proche de ce qu’ils sont dans la vie. Au bout d

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Des Invites pleines de surprises

CONNAITRE | De la bonne musique, le haut du panier des arts de la rue et surtout un esprit festif, associatif et généreux. Voilà de quoi va se parer Villeurbanne du 19 au 22 juin pour les traditionnelles Invites, 12èmes du nom. Revue de détail. Nadja Pobel et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 18 avril 2013

Des Invites pleines de surprises

Sous-titré «festival pas pareil», les Invites sont effectivement en constante évolution et (ré)invention. Cette année, c'est sur le thème de la mer et en se révélant encore plus centrée que d’habitude sur le jeune public que la fête réinvestira Villeurbanne. Le parc de la Commune étant abandonné depuis trois ans, c’est en effet en centre-ville que se déroulera de nouveau le cœur de la manifestation, entre la place Lazare-Goujon et le parc du centre, de part et d’autre du cours Émile Zola, au niveau de la station de métro Gratte-ciel. La compagnie Délices Dada fera des visites de la cité avec toujours autant de truculence et d’impertinence ; De Fakto proposera une création hip hop autour du Petit bal perdu chanté par Bourvil et chorégraphié par Découflé. La Constellation présentera elle aussi sa création de l’année, Outside, sorte d’opéra rock adapté au plein air. Bien d’autres propositions artistiques sont à découvrir au fil des rues - certaines, les impromptus, ne sont d’ailleurs pas encore annoncées et se dévoileront pendant le festival, à limage de fausses

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de Granville et La Femme, de passage à Lyon cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 avril 2013

Made in french

«Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais». Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. A son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans Les Inrocks de la semaine passée : «Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque». C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapidement dans les oubliettes

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Femme sous influences

MUSIQUES | «Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 4 avril 2013

Femme sous influences

«Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des filles que l'on aime / Et celles qu'on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu'on attendait». Nul doute que ces paroles, tirées de La Fleur aux dents, la best country song ever de Joe Dassin, ont résonné dans la tête de Pascal Nègre lorsqu'en novembre dernier il a conclu avec La Femme, de turbulents ados que l'industrie s'arrachait depuis des mois. Turbulents et insaisissables. De son mode de fonctionnement – trois compositeurs autour desquels gravitent de fausses ingénues - à ses origines géographiques (de Marseille à Paris en passant par Biarritz), de son look – la bande arbora un temps le combo chevelure platinée/regard perçant des gamins du Village des damnés – à sa culture musicale, bouillon 80's dans lequel barbotent en bonne entente la new wave unisexe de Marie et les garçons et le rock superbement minimal du Velvet Underground, cette Femme-là ne ressemble en effet à aucune autr

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Entrain fantôme

MUSIQUES | Musique / À force d’ «arriver bientôt», les Coming Soon ont fini, contrairement à l’Arlésienne, par être partout en même temps.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2009

Entrain fantôme

Physiquement d’abord : BO du film Juno avec Kimya Dawson pour le batteur Leo Bear Creek, album solo pour Howard Hugues, festivals divers, collaborations avec Indochine, Étienne Daho et Olivia Ruiz (ce que ça fait d’être branché !), premières parties de Dionysos. Musicalement ensuite, tant leur anti-folk ratisse l’horizon d’un paysage largement rock. En témoigne le tout chaud ‘Ghost Train Tragedy’, mené par le faussement lascif single ‘Love in the Afternoon’. Chaud bouillant même, jusqu’à enflammer le gilet en jean du jeune homme sur la pochette. Fiévreux comme ‘Walking’, qui ouvre l’album, parfois pressé comme sur l’entêté Back Seat, single potentiel. Mais toujours avec cet enthousiasme un peu fantôme, cette démarche zombiesque hantée par la musique du passé (Leonard Cohen, Velvet Underground, la country, Pavement) mais prête à dépecer celle du présent. Toujours fidèle aussi à cet univers étrange et ironique fait, comme chez les nouveaux amis Dionysos, de bric mélancolique et morbide et de broc sacrément déconneur. Une fois de plus le collectif impressionne et chacun a l’occasion de briller (Steel Wire, School Trip Bus Crash). Mais la figure marquante du groupe et de l’album

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Bientôt dans vos oreilles

MUSIQUES | Révélation incontestable du tremplin Dandelyon, les cinq anneciens de Coming Soon réinventent avec une indécente facilité la musique américaine, dans une joie contagieuse et à coups de tubes fédérateurs. Rencontre sur place, un soir de concert… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mars 2007

Bientôt dans vos oreilles

À Annecy, ce samedi-là, c’est carnaval vénitien, en référence au sobriquet de la ville, «la petite Venise des Alpes». Entre lac et montagnes, s’épanouit une série de cartes postales vivantes dans lesquelles chacun prend plaisir à se fondre le temps d’une photo-souvenir. Mais pour peu qu’on sorte du centre ville et qu’on aille se perdre dans les patelins alentour, lignes droites de maisons de famille en bord de lac et de pavillons lynchiens à flanc de forêt, une inquiétante odeur de Délivrance se met à flotter dans l’air. Pour parfaire ce tableau du haut-savoyard en redneck faussement paisible, le sport local semble être le collage d’affiches Le Pen à l’entrée et à la sortie de la ville. Par ailleurs, les filles y sont très jolies… Howard, Billy, Ben, Alex, Leo et les autres… C’est ici, dans cette ville où le mot culture n’est pas loin de s’écrire avec un K, qu’est né le groupe pop le plus accrocheur du moment : Coming Soon. On fera connaissance dans une minute avec ces jeunes gens timides et sans complexe musical. Mais avant, une énigme est à résoudre : comment une ville pareille engendre-t-elle si belle réunion de talents ? «C’est d’abord

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