Eliahu Inbal / Sol Gabetta : une rencontre au sommet

Pascale Clavel | Mardi 1 décembre 2015

Eliahu Inbal et Sol Gabetta sur un même plateau. On n'osait en rêver, l'Auditorium l'a quand même fait. En passe de fêter ses quatre-vingts ans, le chef israélien est entré dans la postérité depuis longtemps, grâce à ses interprétations sublimes des symphonies de Mahler, portées par une gestique ciselée et éloquente. Choisissant des œuvres dont il sait mieux que quiconque révéler la spiritualité, Eliahu Inbal s'engage physiquement, comme si sa vie en dépendait, et reste néanmoins d'une intransigeance absolue. Il en fait sa marque de fabrique et le démontrera ici en dirigeant à deux reprises le Concerto pour violoncelle d'Elgar.

On ne voyait malgré tout plus trop de raisons d'aller écouter cette partition depuis que, dans les années 70, l'immense Jacqueline du Pré en avait livré une interprétation à couper le souffle. Mais voilà, au violoncelle officiera rien de moins que Sol Gabetta, trente-quatre ans et déjà une belle et méritée renommée internationale. Car à chaque fois que la violoncelliste prend son instrument, son jeu rempli d'élan et d'énergie fascine, Gabetta faisant du moindre phrasé un petit moment d'extase poétique.

D'une grande force émotionnelle, le Concerto d'Elgar ne pourra qu'être sublimé par cette association inédite.

Eliahu Inbal et Sol Gabetta
À l'Auditorium jeudi 3 et samedi 5 décembre


Concert pour les étudiants

Par Sol Gabetta, Eliahu Inbal et l'ONL
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Berlioz / Elgar / Schumann

Par Sol Gabetta au violoncelle, dir mus Eliahu Inbal
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La rentrée musique côté classique

MUSIQUES | Cette saison, tous les lieux lyonnais consacrés aux musiques dites savantes affichent un programme qui ose, qui revendique, qui dénonce une époque contemporaine en plein repli. De belles expériences en perspective.

Pascale Clavel | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté classique

Peter Pan, Jean-Sébastien Bach et Matrix sont dans un bateau. Rien d’halluciné dans ces propos, juste une lecture aiguë de la nouvelle saison de l’Auditorium. Depuis l’arrivée du très décomplexé Jean-Marc Bador à la tête de la maison, la programmation s’affole, s’emballe et le choix semble si vaste qu’on pourrait s’y perdre. Il faudrait tout tester, devenir un mélomane glouton. Certains diront qu’il y en a pour tous les goûts, d’autres que, franchement, c’est trop. Partons de l’idée que la proposition est alléchante. Les portes se sont ouvertes sur l’inoxydable Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Léonard Slatkin. Cerise sur le gros gâteau, le public s'est vu investi d’une belle mission : chanter l’Hymne à la joie à tue-tête, avec ses tripes et ses convictions, acte quasi politique en ces temps où la fraternité entre les peuples est plutôt mise à mal – Jean-Marc Bador et Léonard Slatkin martèlent d'ailleurs d’une seule voix leur volonté d'«effacer les distances et gommer le temps» ; vaste ambition, utopie régalante. L’énigmatique pianiste Hélène Grimaud et l’indémodable Ton Koopman seront tous deux artist

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