Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres.

Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff, qui se reforme, ou se rassemble, on ne saurait trop dire, pour une date à Fourvière (21 juillet).

Au passage, les amateurs de cures de jouvence ratées pourront aller prendre quelques conseils le 29 février au Transbordeur du côté de Joe Jackson. Pour la jouvence réussie, ou la vieillesse assumée, voir du côté des immarcescibles Dominique A (27 janvier, Radiant) et Miossec (17 mars, Marché Gare).

Forever Young

Mais que diable, place aux jeunes, comme dirait Neil Young, l'increvable, qui remet le couvert lui aussi à la Halle Tony Garnier le 15 juin. Car cette année a son lot de figures montantes, pour ne pas dire carrément ascensionnelles, de Jeanne Added (une chanteuse française augmentée, par opposition à la chanteuse française diminuée, genre Zaz) le 17 mars à l'Épicerie aux détonations de Savages (le 27 février, même lieu) en passant par d'autres filles rock encore, celles de Hinds (Périscope, 18 janvier), et les envolées post-folk-kubricko-morriconienne d'Other Lives (mettez quelques menus deniers sur ce concert du 4 mars à... l'Épicerie Moderne).

Sans compter le retour, au même endroit, de deux des valeurs les plus sûres des pop hexagonale et voisine avec, le 29 janvier, l'immense Rover (aussi immense que son deuxième album) et les rois de Belgique Balthazar (le 25), toujours impeccables et fascinants.

Et quelques créations ou presque, de notre cru ou presque, avec deux rencontres au sommet en PB Live impliquant le quatuor Debussy : avec Yael Naim d'abord, les 30 et 31 janvier en la Chapelle de la Trinité ainsi que le 9 avril à la salle Rameau, puis avec un jeune prodige d'une musique savante américaine qui prend de plus en plus de plaisir à se popériser, Gabriel Kahane, aux Subs le 24 mars.

On finit ce panorama non exhaustif avec ce qui sera l'une des lourdes sensations de l'année, à savoir le concert des ces fous à lier de Foals dans l'antre hautement improbable de l'Amphithéâtre 3000. Celle-là même qui accueillera les Insus, provoquant sans doute une rupture du continuum espace-temps. Au point où on en est...

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Le festival de Kahane

Pop | Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Le festival de Kahane

Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert lyonnais en mars 2016, en compagnie du Quatuor Debussy, puis consacré une Une à son Book of Travelers, sublime auscultation itinérante de l'Amérique de Trump, qui lui avait valu de se produire deux soirs de suite au Théâtre de la Croix-Rousse en avril dernier. Depuis, l'auteur-compositeur-arrangeur, prodigieuse émanation de la génération dorée de la pop US (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Bon Iver, Chris Thile...) a encore davantage trimballé ses galo

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36 chants d’elles : "Haut les filles"

Documentaire | Alors que la scène française contemporaine semble renaître grâce à l’énergie des rockeuses, François Armanet part à la rencontre de quelques-unes de celles qui ont marqué de leurs voix, textes, notes et présence le dernier demi-siècle.

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

36 chants d’elles :

Ce panorama du rock au féminin, à la fois agréable et foutraque par son côté joyeusement a-chronologique, s’avère fatalement frustrant : il manque forcément dans cette évocation les témoignages des disparues dont on aurait aimé entendre le point de vue (et d’écoute), comme France Gall. Et puis on déplore les impasses sur quelques voix importantes, telle que celle de Corine Marienneau (ex Téléphone), trop souvent marginalisée ou de Zazie aux abonnées absentes, quand certaines artistes du moment se retrouvent sur-représentées. Le showbiz ne change pas : infligeant ses purgatoires ici, cajolant ses favoris là… Heureusement, il accorde une place prépondérante à cette figure majeure qu’est Françoise Hardy, dont la carrière et le parcours à nul autre pareil vaudraient bien une dizaine de documentaires. Sa voix posée, et ses mot simples tranchent avec le commentaire spiralé lu par par Élisabeth Quin, tout droit sorti de la plume d’Armanet et Bayon. Haut les Filles Un film de François Armanet (Fr, 1h19) avec Françoise Hardy, Jeanne Added, Jehnny B

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Au bazar Balthazar

Europavox | À rebours de l'éternelle fissuration de l'Europe politique, Europavox dévoile chaque année ce que le Vieux Continent a de mieux à offrir en terme de cohésion reposant sur la diversité musicale, entre têtes de liste installées et outsiders prometteurs. À l'avant de la flotte cette année, la drôle d'embarcation belge nommée Balthazar, en proie à une réforme qui voudrait la voir tutoyer les dancefloors avec le détachement aristocratique qu'on lui connaît.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Au bazar Balthazar

Puisqu'on a souvent érigé Balthazar en fils spirituels de Leonard Cohen, alors le virage musical opéré par le groupe belge avec Fever pourrait se rapprocher tout à la fois de l'embardée philspectorienne du Beautiful Loser sur Death of a Ladies' Man, des avances de gentleman cambrioleur de cœurs et crocheteur de vertus d'I'm You Man ou des roucoulades sur un monde en ruines de The Future. Pas dans l'empaquetage sonore, oh ça non : rien ici de comparable à l'effet du Wall of Sound sur la musique du Canadien ou au devenir synthétique de ses complaintes jadis folk. Mais bien davantage dans l'intention de s'émanciper de l'aura brumeuse du troubadour traîne-misère. Une tentative de ne pas rentrer à la maison avec le drapeau hissé haut dans le suspensoir, comme le conseille un des titres de Death of a Ladies' Man, justement (Don't go home with your hard-on, pour ne pas le nommer), mais bien au contraire d'en faire profiter l'assistance, de mont

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Sur les rails

Critique | Le Guardian, qui a vu passer du gibier, dit de lui qu'il est le plus grand songwriter de son temps, ce qui vous pose son bonhomme. En tout cas, un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 avril 2019

Sur les rails

Le Guardian, qui a vu passer du gibier, dit de lui qu'il est le plus grand songwriter de son temps, ce qui vous pose son bonhomme. En tout cas, un songwriter pas comme les autres qui consacre une grande partie de son travail à rendre compte en musique et souvent en chanson, du monde qui l'entoure à la manière combinée d'un journaliste – c'est lui qui le dit – et d'un entomologiste. Après son album tiré d'annonces Craigslist, un autre consacré aux histoires hantant la ville de Los Angeles, une pièce orchestrale sur le thème des sans-abris et avant une série de chansons entamée récemment composées à partir de... tweets, Gabriel Kahane a vu les choses en grand avec Book of Travelers. Au lendemain de l'élection de Donald Trump, le New-Yorkais, fleuron de la génération dorée de 1981 (Chris Thile, Bon Iver, Nico Muhly...), a sauté dans un train pour un voyage de 15 000 km à travers les États-Unis, à la rencontre des électeurs de Trump. Pour comprendre, pour dialoguer, pour décrocher aussi des discours tout fait et des admonestations proliférant sur les réseaux sociaux.

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Gabriel Kahane : « la plupart des électeurs de Trump n'ont rien à voir avec ce que j'imaginais »

MUSIQUES | Deux soirs durant, le New-Yorkais Gabriel Kahane, découvert à Lyon en Petit Bulletin Live en 2016, vient présenter au Théâtre de la Croix-Rousse la version scénique de son album Book of Travelers, fruit d'un voyage en train de 8980 miles à travers l'Amérique entamé au lendemain de la l'élection de Donald Trump, à la rencontre de ses électeurs.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 avril 2019

Gabriel Kahane : « la plupart des électeurs de Trump n'ont rien à voir avec ce que j'imaginais »

Book of Travelers est né de l'élection de Donald Trump, comment vous êtes-vous senti dans les minutes qui ont suivi sa victoire ? Gabriel Kahane : En réalité, ce projet est antérieur à tout cela. Je travaillais sur des chansons en rapport avec l'idée de voyage dans la culture américaine. Depuis les pèlerins jusqu'à la renaissance au XXe siècle du voyage comme expérience mystique – avec la création des Parcs nationaux sous la présidence Roosevelt, tout un vocabulaire quasi religieux s'est développé autour de l'idée de voir Dieu dans la Nature. Mais ça me semblait un peu trop cérébral et intellectualisant. J'ai alors pensé que je devrais partir en voyage pour donner un cadre narratif à ces chansons – j'en avais déjà écrit 17 ou 18. Trois semaines avant l'élection, alors que comme beaucoup d'Américains j'étais perplexe à l'égard de l'ascension de Donald Trump, j'ai décidé que quel que soit le résultat du scrutin, je sauterai dans un train le lendemain à la rencontre des gens, guidé par ma croyance qu'aussi répulsif et toxique puisse être Trump, ses supporters ne l'étaient pas nécessairement tous. Je voulais comprendre

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Miossec en tête d'affiche

Changez d'Air | En attendant un dévoilement complet de sa programmation, Changez d'Air vient de lâcher les premiers noms de sa 19e édition. Le festival sis entre (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Miossec en tête d'affiche

En attendant un dévoilement complet de sa programmation, Changez d'Air vient de lâcher les premiers noms de sa 19e édition. Le festival sis entre St-Genis-lès-Ollières et Craponne accueillera ainsi à l'Escale Miossec le 17 mai en compagnie de Laure Briard. Ainsi que Cléa Vincent la veille. Ces trois artistes venant dévoiler sur scène leurs derniers disques en date. Changez d'Air se déroulera du 15 au 18 mai.

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10 concerts au top pour lesquels vous devriez réserver

Rentrée Musique | Les traditionnels tops musicaux de fin d'année n'ayant pas survécu à la Saint-Sylvestre, voici venu le temps des tops de début d'année. À commencer par celui des concerts indispensables du premier semestre.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

10 concerts au top pour lesquels vous devriez réserver

Brendan Perry Avec Dead Can Dance, Brendan Perry a incarné à la fois un label (le mythique 4AD et son âge d'or), une époque et une démarche musicale unique oscillant entre cold wave onirique et liturgie incantatoire. Depuis la séparation du groupe (qui s'est reformé depuis) en 1998, Perry mène une carrière solo à l'avenant, proche des productions tardives d'un Scott Walker, mais à la discographie toutefois clairsemée. Son troisième véritable album ne sortira qu'en novembre 2019 mais Perry vient le présenter en très grande avant-première. Au Kao le mercredi 13 février Cyril Cyril Décidément les zinzins helvètes Mama Rosin de Robin Girod et Cyril Yeterian ont fait bien des petits, que l'on songe par exemple aux Frères Souchet ou à Duck Duck Grey Duck. En voici une nouvelle émanation avec Cyril Cyril (composé de Yeterian et de son jumeau de prénom Cyril Bondi) qui propose sur fonds d'instruments tordus (banjo amplifié, melodeon, ba

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"Radiate" : Jeanne Added en son et lumière

L'Album | L'image est nette, la mèche blonde conquérante, le menton relevé, les yeux clairs et déterminés, la fumée a disparu et le fond noir a laissé place à un arrière-plan (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 novembre 2018

L'image est nette, la mèche blonde conquérante, le menton relevé, les yeux clairs et déterminés, la fumée a disparu et le fond noir a laissé place à un arrière-plan immaculé. Voilà comment s'avance la pochette du deuxième album de Jeanne Added, Radiate : comme un négatif, ou plutôt un positif, du premier Be sensational (2015). Et puisqu'une image n'est jamais innocente, encore moins une pochette de disque, cela traduit littéralement, et l'on ne saurait mieux le faire, l'évolution musicale de Jeanne Added. Comme pour en donner un avant-goût, le premier single qui en était tiré avait été baptisé Mutate. On y trouvait très en avant, et comme libérée, la voix exceptionnelle de celle qui se forma au lyrique et fut interprète de jazz, ondulant au milieu de synthés numériques vaporeux enfiévrés par une boîte à rythmes. Et lâchant ces mots : « Can you feel the vibration waving through me / Another kind of sensations can you see / See how operate now how modulate now / Can you feel the vibration waving th

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Jeanne Added : « je chante comme je suis »

Riddim Collision | Avec Radiate, la Française Jeanne Added a opéré une nouvelle mue. Entrant, au sens propre, dans la lumière, au son des synthétiseurs et d'une voix remarquablement exploitée. Au Transbordeur le 24 novembre dans le cadre du Riddim Collision.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 novembre 2018

Jeanne Added : « je chante comme je suis »

Votre deuxième album Radiate marque par rapport au premier, Be sensational, une évolution dans votre travail vers quelque chose de plus lumineux. Quelle a été votre approche pour ce disque ? Jeanne Added : Le point de départ, c'était déjà d'écrire de meilleures chansons, de continuer ce que j'avais commencé, à savoir un nouveau métier : celui d'autrice-compositrice [elle était précédemment une interprète courtisée par des formations jazz – NdlR]. Ce qui, quand j'ai commencé le projet Jeanne Added, était nouveau pour moi – ça l'est moins maintenant mais ça le reste encore un peu. J'avais très envie d'aller plus loin, de développer cette forme-là et de la travailler. Quant à l'évolution esthétique, elle n'a pas vraiment été préméditée. L'écriture est une sorte de photographie de là où on est. En tout cas, pour le moment, j'écris encore sur mon rapport au monde, comment je le perçois, l'effet qu'il me fait. Des sensations physiques, mentales. Et il se trouve qu'entre Be s

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Dominique A : haut, bas, fragile

L'Album | Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : haut, bas, fragile

Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 ans se tourne avec La Fragilité, revenant, comme au temps de La Fossette, il y a un plus d'un quart de siècle, mais aussi de La Musique – deux de ses albums préférés – à l'intimité de sa chambre. Là où s'épanouit l'épure de l'enregistrement solitaire sur un 8-pistes en la seule compagnie d'une boîte à rythmes et, surtout, de la guitare acoustique aux nylons usés achetée au moment de La Mémoire neuve (1995). Une sorte de contre-pied à Toute Latitude, sorti au printemps et brûlant de rage électro-rock (la terreur sourde de Corps de ferme à l'abandon...). Ici, la chose éclôt en douceur avec La Poésie, écrite au lendemain de la mort de Leonard Cohen et de l'élection de Donald Trump le jour suivant, deux sacrés coups portés à la poésie du monde. Poé

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Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Chanson | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue au Radiant et à la librairie Musicalame, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans cette année. Une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute Latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y-avait-il de votre part une manière de la marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous publiez donc Ma vie en morceaux (Flammarion) dan

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Le Petit Bulletin Festival pour ceux qui n'y étaient pas

Après-Coup | Un an après sa première édition, le retour du Petit Bulletin festival à la Chapelle de la Trinité a donné une fois encore lieu à quelques moments de magie, fruits de l'atmosphère unique du lieu et de la générosité musicale de L, Stuart A. Staples et Yael Naim, les artistes invités trois soirs durant. Retour sur un week-end riche en émotions.

Stéphane Duchêne | Mercredi 31 octobre 2018

Le Petit Bulletin Festival pour ceux qui n'y étaient pas

L (Raphaële Lannadère), ovni Pour la première incursion du Petit Bulletin Festival aux frontières de la chanson française, c'est peu de dire que L livra une prestation étonnante. Aux "frontières de la chanson française" car avec ses arrangements, élancés, pour deux violoncelles et un percussionniste, la chanteuse livra aussi un ovni musical qui ne mit pas longtemps à décoller entre les murs de la Chapelle de la Trinité. Musiciens tout de noirs vêtus, L d'une grande élégance dans sa robe sombre évoquaient en effet davantage les codes du classique et parfois du cabaret mais brisaient tous les autres, pour des versions bouleversantes, tantôt mélancoliques, tantôt dansantes, dans un mélange d'intensité et de légèreté, de gravité et d'espièglerie parfois, de titres de Chansons son dernier album – tels La Meuse, Laisser Passer, Tempête, La Micheline ou Orlando, au splendide final gospel emprunté au Gentle Angry People de Holly Near, mais aussi Sur mon îl

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LE PETIT BULLETIN FESTIVAL #3 – Gros Plan sur Yael Naim

MUSIQUES | Le 28 octobre prochain, à l'occasion du Petit Bulletin Festival, Yael Naim retrouvera la Chapelle de la Trinité. Après le Quatuor Debussy en 2016, c'est cette fois avec le choeur Les Métaboles que la chanteuse montera sur scène pour un spectacle inédit où la voix sera à l'honneur. Présentation.

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 octobre 2018

LE PETIT BULLETIN FESTIVAL #3 – Gros Plan sur Yael Naim

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Yael Naïm : « avec les Métaboles, j'ai découvert que je pouvais aller encore plus loin »

Petit Bulletin Festival | Il y a un peu plus de deux ans, Yael Naïm livrait trois Petit Bulletin Live pleins à craquer avec le Quatuor Debussy, dont deux à la Chapelle de la Trinité. Et c'est en cette même chapelle qu'elle revient à l'occasion du Petit Bulletin Festival, dans une toute autre configuration. Cette fois c'est avec le chœur Les Métaboles que la musicienne et chanteuse vient présenter un projet inédit ici, initialement créé pour la Philharmonie de Paris.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Yael Naïm : « avec les Métaboles, j'ai découvert que je pouvais aller encore plus loin »

Pouvez-vous nous présenter Les Métaboles, le chœur qui vous accompagnera sur la scène de la Chapelle de la Trinité ? Yael Naim : Ce qui est particulier avec eux, c'est qu'au-delà du classique, ils ont un état d'esprit et une ouverture vers d'autres genres de musique. C'est un chœur qui peut chanter a cappella, avec un orchestre classique, ou comme dans notre cas, avec des musiciens pop. Il y a différents types de chorales, chacune a un peu sa texture, sa couleur, et sa démarche, et on a d'emblée aimé celle des Métaboles qui est vraiment particulière. Le fait qu'ils soient justement ouverts à d'autres expériences a rendu la rencontre vraiment intéressante. Accessoirement, en plus d'être incroyables musicalement, ils sont très gentils et très cool. Parfois dans le classique, les choses sont très institutionnelles, très cadrées, avec eux c'était très libre. Comment avez-vous fait leur connaissance ? On cherchait un chœur pour mener à bien une carte blanche à la Philharmonie de Paris. Au départ on nous a parlé du Jeune Chœur de Paris qui collabore souvent avec la Philharmonie. On était donc parti pour faire l

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Gabriel Kahane au Théâtre de la Croix-Rousse en avril

Plus loin | En plus d'être un musicien et interprète d'exception, Gabriel Kahane est un raconteur d'histoires comme on n'en fait plus beaucoup. En témoignent ses albums (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 septembre 2018

Gabriel Kahane au Théâtre de la Croix-Rousse en avril

En plus d'être un musicien et interprète d'exception, Gabriel Kahane est un raconteur d'histoires comme on n'en fait plus beaucoup. En témoignent ses albums Craiglistslieder et surtout The Ambassador que le New-Yorkais était venu présenter aux Subsistances en mars 2016. Sur ce dernier, un chef d'œuvre, il racontait l'histoire de Los Angeles à travers ses lieux et ses anecdotes. Le revoici avec un nouveau tour de force du même genre : au lendemain de l'élection de Trump, Kahane est parti sillonner l'Amérique en train pour tenter de comprendre l'énigme de cette élection, allant à la rencontre des Américains – toutes sortes d'Américains – au gré des wagons-bars, recueillant leurs témoignages et le récit de leur vie, prenant le pouls, lui le fils de psychanalyste, de la psyché US. C'est leur histoire, leurs portraits que dessine, avec une grande empathie, l'album Book of Travelers dont Kahane a fait un concert-spectacle 8980 : Book of Travelers (8980 comme le nombre de miles parcourus) à voir les 5 et 6 avril 2019 au Théâtre de la Croix-Rousse.

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Stuart A. Staples à la Chapelle de la Trinité

Petit Bulletin Festival | Le Petit Bulletin Festival revient les 26, 27 et 28 octobre en la Chapelle de la Trinité. Au programme, trois concerts uniques en compagnie d'L, Stuart A. Staples et Yael Naim.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 juin 2018

Stuart A. Staples à la Chapelle de la Trinité

À peine refermé son volet printanier aux Subsistances, voici déjà que s'annonce les 26, 27 et 28 octobre la nouvelle version automnale du Petit Bulletin Festival. Toujours sis à la Chapelle de la Trinité, le programme propose trois spectacles uniques, tant qualitativement que quantitativement (autrement dit, vous n'aurez pas la possibilité de les voir ailleurs), au croisement de la pop, de la chanson et du classique. Cela débutera le vendredi 26 octobre avec L (alias Raphaèle Lannadère) dont le premier album, Initiale, armé d'un sens inouï de la poésie, avait charmé la critique en 2011 au point d'en faire un grand espoir de la chanson française. Accompagnée de deux violoncelles et de percussions, elle viendra présenter son troisième long format, Chansons, lui-même uniquement et subtilement habillé d'un quatuor à cordes et d'une harpe. Le samedi 27, c'est une petite légende de l'indie rock que les spécialistes reconnaîtront en la personne de Stuart A. Staples, ci-devant voix vibrante des Tindersticks, formation rock flirtant depuis 25 ans ave

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La Loi n’a pas dû marcher : "En guerre"

On ne Loach rien ! | « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Citant Brecht en préambule, et dans la foulée de La Loi du marché, Stéphane Brizé et Vincent Lindon s’enfoncent plus profondément dans l’horreur économique avec ce magistral récit épique d’une lutte jusqu’au-boutiste pour l’emploi. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

La Loi n’a pas dû marcher :

Quand la direction de l’usine Perrin annonce sa prochaine fermeture, les représentants syndicaux, Laurent Amédéo en tête, refusent la fatalité, rappelant la rentabilité du site, les dividendes versés par la maison-mère allemande aux actionnaires, les sacrifices consentis. Une rude lutte débute… Nul n’est sensé ignorer La Loi du marché (2015), pénultième réalisation de Stéphane Brizé, qui s’intéresse à nouveau ici à la précarisation grandissante des ouvriers et des employés. Mais il serait malvenu de lui tenir grief d’exploiter quelque filon favorable : cela reviendrait à croire qu’il suffit de briser le thermomètre pour voir la fièvre baisser. Mieux vaudrait se tourner vers les responsables de ces situations infernales conduisant le vulgum pecus à crever de préférence la gueule fermée. Des responsables que Brizé, et Lindon son bras armé, désignent clairement, révèlent dans leur glaçant cynisme et la transparence de leur opacité.

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Nada Surf : Let Go again

Power Pop | Il y a deux ans, Nada Surf sortait You know who you are, sur lequel le groupe new-yorkais démontrait qu'après vingt ans de carrière il n'avait rien (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 février 2018

Nada Surf : Let Go again

Il y a deux ans, Nada Surf sortait You know who you are, sur lequel le groupe new-yorkais démontrait qu'après vingt ans de carrière il n'avait rien perdu de sa science de l'alliage power pop. Un disque suivi d'un de ces live symphoniques – avec le Babelsberg Film Orchestra – qui font définitivement de vous une institution, mais une institution bien vivante. Si Nada Surf en est là aujourd'hui, c'est sans doute grâce à Let Go, publié il y a 15 ans, et qui permit au groupe de se remettre du désastre (provoqué par le label Elektra) que fut The Proximity Effect, son disque post-Popular. Un disque intime, combinant ballade et refrains efficaces, sur lequel figurent quelques-uns des classiques éternels du groupe. Une vraie renaissance qui permit sans doute à Nada Surf de dépasser la pression engendrée par le succès mondial de Popular, et responsable du comportement d'Elektra. Et de conquérir au fil des années, de nouveaux publics. Cela valait bien une tournée anniversaire passant par l'Épicerie Moderne le vendredi 9 février. Avec quand même, pour la bonne bouche, un petit goût de nostalgi

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Seule avec le silence : "Hannah"

Portrait | de Andrea Pallaoro (Fr-Bel-It, 1h35) avec Charlotte Rampling, André Wilms, Jean-Michel Balthazar…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Seule avec le silence :

L’histoire d’Hannah n’a que peu à voir avec celle de 45 ans sorti en 2016 ; et la forme des deux films diffère. Pourtant, les deux semblent indissolublement liés par la présence de leur interprète féminine commune, Charlotte Rampling. Comme si la comédienne s’appliquait à réunir, dans sa maturité, une galerie de portraits de femmes éprouvées portant haut leur dignité. Des portraits tels qu'elle avait pu esquisser chez Ozon, où elle offre sans fard la dignité de son délitement et qui lui valent aujourd’hui une razzia de prix : après l’Ours d’argent, elle a ici conquis la Coupe Volpi à Venise. Hannah voit ses repères basculer lorsque son époux est incarcéré pour une histoire dont on comprend peu à peu la sombre nature. Mais cette femme droite tente de faire bonne figure, et de ne rien laisser paraître aux yeux du monde… Peu de dialogue et un

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Les concerts à ne pas louper

La Rentrée Musique | La trêve des confiseurs à peine achevée, la dinde à peine digérée, voilà que redémarre déjà la saison des concerts. Pour vous éviter une autre indigestion, nous avons sélectionné pour vous, d'une main innocente, incontournables et découvertes de cette nouvelle année.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Les concerts à ne pas louper

Bertrand Burgalat & AS Dragon Avec l'album Les Choses qu'on ne peut dire à personne, le gentleman de la pop française et patron plénipotentiaire du label Tricatel a effectué l'an dernier un retour plutôt magistral, se livrant paradoxalement comme jamais. Musicalement, où le spectre burgalatien (comme on dirait martien) s'étend de la pop à la bossa, de l'électro à l'easy listening, ou au cœur de ses textes, rappelant parfois le Présence humaine de Houellebecq. Une bonne nouvelle qui en amène une autre puisque le maître se produira en concert avec son groupe de (presque) toujours : les redoutables AS Dragon. Au Sonic le mercredi 24 janvier (avec Catastrophe) Pierre Lapointe « La science du cœur est un objet d'abstraction propulsée par la volonté qu'ont les gens tristes à se laisser toucher » chante Pierre Lapointe en ouverture de son album La Science du cœur. Cette science, c'est peu de dire que

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Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vu à la TV | Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 décembre 2017

Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement envie de revivre l'émotion de ces concerts ? Ça tombe bien, en guise de cadeau de Noël, les meilleurs moments des trois concerts du festival, captés par Séquence SDP, seront diffusés sur TLM (Télé Lyon Métropole) pendant les fêtes selon le calendrier suivant : Cocoon avec le Quatuor Debussy : le 25 décembre à 21h. Rover : le 26 décembre à 20h. Keren Ann et le Quatuor Debussy : le 27 décembre à 20h. Quelle meilleure manière pour se remettre en douceur des agapes de Noël qu'un festin de musique ?

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Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Pop Contemporaine | La première édition du Petit Bulletin Festival s'est achevé ce dimanche 29 octobre en La Chapelle de la Trinité. Une première réussie avec trois concerts complets mais surtout trois moments hors-du-temps dans la droite ligne de l'ambition du festival : proposer des concerts pas comme les autres. Ce qui fut fait et pas qu'un peu avec Cocoon, Keren Ann et Rover. Petit bilan pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 octobre 2017

Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Ça y est, c'est terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est passé vite. Le Petit Bulletin Festival s'est achevé dimanche soir après trois soirs de concerts vibrants en une Chapelle de la Trinité comble à chaque fois. De public, mais aussi d'émotions. Tout avait commencé le vendredi soir avec la création opérée par Cocoon et baptisée Chupee Chapel. Accompagné de la pianiste et chanteuse Thea et, sur certains morceaux, du Quatuor Debussy, c'est un Mark Daumail aux anges qui entamait le concert par un Cathedral joué au milieu du public et sans micro, avant de délivrer un mélange des classiques de Cocoon (On my way, Hummingbird, Tell me, Comets, Sushi) et d'extraits de son dernier album, W

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Rover « La petite enfance des chansons »

Petit Bulletin Festival | Au sortir d'une longue tournée consécutive à la sortie de son deuxième album, Let It Glow, Rover remet le couvert avec Out Of The Blue, nouveau concept scénique qui le voit revenir aux sources de la création de ses chansons et qui passe par le Petit Bulletin festival, en compagnie du violoncelliste Gaspar Claus.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Rover « La petite enfance des chansons »

Comment s'est passé l'après Let it Glow et la tournée qui s'en est suivi ? Rover : C'était une très belle tournée, très dense et très riche. Très inspirante. La première tournée, on a tendance à davantage la subir qu'on ne la vit, tout va très vite. La deuxième on prend le temps, ça permet d'être pleinement dans la musique. C'est différent. Ce n'est pas forcément mieux, mais différent. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Les débuts ont été chaotiques du fait des attentats du Bataclan. Le disque était sorti une semaine avant. On a fait la tournée dans ce contexte avec ce genre d'émotion très forte qu'on n'arrive pas à expliquer. Mais ces émotions, la musique permet de les vivre, et de les assimiler un tout petit peu. Quelle est l'origine du projet scénique Out Of The Blue ? En quoi consiste-t-il ? Out Of The Blue signifie en anglais “sorti de nulle part”. Ça fait référence à quelque chose qu

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Un festival, trois étoiles

Petit Bulletin Festival | Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip (...)

La rédaction | Mercredi 20 septembre 2017

Un festival, trois étoiles

Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip Glass, Gabriel Kahane, Yael Naim, The Apartments, Pedro Soler et Gaspar Claus, Chris Thile, Thomas Dybdahl... Depuis novembre 2013, ce sont pas moins de 15 concerts, organisés en partenariat avec Rain Dog Productions, qui ont régalés les spectateurs dans le cadre des Petit Bulletin live. L'idée : inviter un artiste à se produire dans un lieu exceptionnel, atypique, ou les deux : Chapelle de la Trinité, Théâtre des Ateliers, Temple Lanterne, Sucre, Subsistances ou Comédie Odéon. Des artistes confirmés ou à découvrir dans une configuration musicale parfois inédite et souvent intime. La formule a fait ses preuves et quelques heureux, à commencer par nous, mais nous avons décidé de la modifier. Après tant de concerts parsemant la saison musicale, place à un format festival dont la première édition, en collaboration avec Les Grands Concerts se t

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Le Petit Bulletin Festival, première !

Festival | C'est décidé ! Nous lançons notre propre festival, en partenariat avec nos amis de Rain dog productions et en coréalisation avec Les Grands Concerts ! La suite logique des PB Live itinérants, qui se sont baladés dans la cité depuis novembre 2013, accueillant Benjamin Clementine ou encore Gaspar Claus & Pedro Soler. Cette première édition du Petit Bulletin Festival se déroulera du 27 au 29 octobre, à la Chapelle de la Trinité.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Le Petit Bulletin Festival, première !

Trois artistes majeurs de la scène pop française vous invitent à découvrir leur "atelier", en se produisant en solo. Sans les musiciens qui les entourent habituellement sur scène, Cocoon, Keren Ann et Rover replongent à la source de leur inspiration et livrent des versions intimes, proches des premières ébauches de leurs compositions. En accord parfait avec l’acoustique de la Chapelle de la Trinité, Le Petit Bulletin Festival a convié des musiciens classiques (cordes, quatuor, violoncelle) à les rejoindre sur scène pour des collaborations inédites. Cocoon On se souvient du succès de Cocoon il y a une dizaine d'années, de ses tubes d'une douceur tantôt amère, tantôt sucrée. Si Mark Daumail a mis le projet entre parenthèses pendant quelques années, le temps de vivre l'aventure solo qui le chatouillait, le voici revenu dans son cocon séminal, avec le bien nommé Welcome Home, paru l'an dernier. Sans Morgane Imbeaud, cette fois mais, ça et là, bien accompagné, sur des duos avec Natalie Prass et Matthew E. White, également producteur de l'album

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Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

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"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

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Belle de journées

Festival | Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Musilac : le feu au lac

Musilac | Aussi foisonnante que pointue, éclectique que bien choisie, populaire (Les Insus, Elton John) que fureteuse (Barns Courtney), hurlante (Mass Hysteria) que sussurante (Lou Doillon), la programmation de Musilac est un joyeux casse-tête autant qu'un labyrinthe où il fait bon se perdre. Et où nous avons posé ça et là quelques balises.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Musilac : le feu au lac

Grand Blanc L'Australie, La Réunion, Aix-les-Bains : on ne peut plus se baigner tranquille. La nature est devenue tellement folle, que l'on ne peut plus barboter deux secondes dans l'insouciance estivale sans se faire croquer par un requin, ici un Grand Blanc. Certes, Grand Blanc le groupe ne mord pas vraiment mais pour ce qui est de venir souffler de l'intranquillité sur la nuque de vos aspirations festives, il n'y a pas mieux, c'est même un peu le concept du dernier album, qui est d'ailleurs le premier, de ces lorrains à la discold-wave dévastatrice et aux tubes dévorants. Ils ne sont peut-être pas des têtes d'affiche du festival au sens premier du terme. Mais ils en ont la gueule. Et grande ouverte avec ça. Sur la scène Le Korner le samedi 9 juillet à 15h25 Foals À quoi voit-on qu'une sauce est en train de prendre pour de bon ? C'est simple : quand certains commencent, affublés d'une grimace de doute, à l'accuser d'avoir tourné. C'est bien le phénomène qui commence à se produire avec Foals, prodigieux groupe de disque et de live, dont l'ambition démesurée — pour schématiser on pourrait dire qu'ils ont remisé leur m

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10 concerts à voir en juin

MUSIQUES | En attendant d'entrer pleinement dans la saison des festivals, voici dix concerts à ne pas louper dans la ville.

Stéphane Duchêne | Lundi 13 juin 2016

10 concerts à voir en juin

Billie On l'avait laissé sur un Baiser, on la retrouve sur un French Kiss. Le Baiser, c'était son premier album d'étrange chanson française d'obédience krautrockeuse et conteuse. Le French Kiss, c'est ce moment de retrouvailles traditionnellement organisé par le Club Transbo pour fêter la sortie (ou la release comme on dit en étranger) d'un album ou d'un EP d'un ami du coin. Là c'est un EP, Nuits Aquatiques produit par Erotic Market en mode plus r'n'b et plus coulant, quoique. Comme il se doit l'affaire se joue gratuitement sur réservation avec pléthore d'invités surprises. Au Club Transbo le mercredi 15 juin Neil Young & Promise of the Real Au rythme où ça va, gageons que Neil Young est parti pour enterrer tous ses pairs. Le fait qu'il est l'un des derniers de sa génération à sortir des albums dignes de ce nom — pas toujours, l'avant-dernier n'étant pas une réussite — et porteurs d'une capacité de régénération plutôt hors du commun. DHEA ? Non, enthousiasme, car Neil pr

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Les 10 concerts à voir en avril

MUSIQUES | Sortez vos agendas : voici dix concerts à ne pas manquer ce mois-ci ; du show latino où emmener votre maman à l'indie pop dépressive où s'oublier. Par Stéphane Duchêne & Sébastien Broquet.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 avril 2016

Les 10 concerts à voir en avril

Get Well Soon Quand il est apparu au monde de la pop chercheuse et bien mise, rayon dandy touche à tout, le Mannheimois Konstantin Gropper évoquait aussi bien Beirut que Radiohead, Arcade Fire que Magnetic Fields. Génie solitaire, il a prouvé par la suite qu'il était capable de partir dans toutes les directions et c'est davantage en mode crooner qu'il nous revient, genre Neil Hannon chevalier teutonique, avec un album LOVE, rempli d'amour (fut-il tordu comme sur le single It's Love) et de tubes à emporter. LOVE en live, on pressent que ça va le faire. À l'Épicerie Moderne le samedi 16 avril Calexico On l'a souvent dit, Calexico, c'est comme les genêts ou les bêtes à cornes, c'est encore Jean-Louis Murat qui en parle le mieux : « Oui, je vois mieux qui je suis, moi, là, avec Calexico » chantait l'Auvergnat avec façon sur son Viva Calexico circa Mustango (1999). Le duo Joey Burns/John Convertino et sa bande d'arizonards de Tucson, après une

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Un festival de Kahane

MUSIQUES | Jeudi soir 24 mars, c'est Gabriel Kahane, petit génie new-yorkais inconnu qui a continué, accompagné du Quatuor Debussy, l'année 2016 des Petit Bulletin Live, concoctés par Rain Dog Productions. Dans le Hangar des Subsistances, empli d'un public captivé, le musicien protéiforme a livré une prestation impressionnante de variété, de maîtrise et de décontraction qui ne devraient pas faire oublier l'essentiel : l'émotion transmise à un public qui dans sa grande majorité l'entendait pour la première fois. Et sûrement pas la dernière.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Un festival de Kahane

« Espiègle génie de la pop. » C'est avec tout l'attirail charrié par les mots dithyrambiques de Time Out New York que Gabriel Kahane s'est présenté, ce jeudi 24 mars au soir, dans le Hangar des Subsistances pour son Petit Bulletin Live. Espiègle étant sans doute le terme qui l'emporta et Dieu sait si le génie et la pop furent au rendez-vous. Accompagné du Quatuor Debussy qui officiait hier pour la troisième fois d'affilée dans ces concerts très spéciaux après une double prestation aux côtés de Yael Naïm, le petit new-yorkais semblait particulièrement détendu pour ne pas dire carrément laid-back en dépit d'un problème de pédales d'effet qui n'eut pas l'heur de le perturber beaucoup. Pédagogue et bilingue, s'amusant beaucoup de l'usage (excellent mais pudique et plein d'autodérision) qu'il fait de la langue française, visiblement heureux comme un gosse dans un magasin de bonbons, Gabriel Kahane avait à cœur d'expliquer à coups d'intermèdes parlés le propos de son album The Ambassador qu'il venait présenter en tout premier lieu à un public aux trois-quarts novice à son sujet. Mais que l'on ne s'y trompe pas, si Gabriel Kahane est semble-t

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Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

MUSIQUES | Aussi à l'aise en balade folk qu'en musique de chambre, Gabriel Kahane, nouveau petit génie de la pépinière pop de Brooklyn, saute moins les barrières des genres musicaux qu'il ne les évite avec grâce. The Ambassador, son album consacré à l'histoire et à la géographie... de Los Angeles, sa ville natale, laisse ainsi ses talents multiples de compositeur, conteur et arrangeur exploser à la face de l'auditeur. En attendant de se présenter aux Subsistances le 24 mars en Petit Bulletin Live avec le Quatuor Debussy, l'intéressé s'est livré à une longue explication de textes.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mars 2016

Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers des esthétiques plus pop, il a beaucoup été critiqué. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. La génération musicale dont vous êtes issu, on pense à Nico Muhly, Sufjan Stevens, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National – souvent élevés dans l'académie musicale, diplômés de formation classique – semble absolument attachée à briser les barrières entre les genres, composant indifféremment de la pop qui ressemble à de la musique de chambre, du folk, des ballets. On apprend, quand on lit vos interviews, que cette question du genre vous indiffère totalement pour ne pas dire qu'elle vous agace beaucoup. Gabriel Kahane : Absolument. L'obsession du genre à notre époque est le produit d'une vision étroite des choses. Jusqu'à l'avant-guerre, avant cette espèce de décollage de l'académisme musical, nous avons au moins trois siècles pendant lesquels les compositeurs que l'on qualifiera de classique étaient vraiment engagés sur le terrain de la musique vernaculaire et de la musique f

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L'esprit de Kahane

MUSIQUES | Virtuose aux talents multiples comme New York en a produit de bien beaux ces derniers temps, compositeur — au sens classique du terme — songwriter, storyteller, Gabriel Kahane est surtout un génie, d'une grande humilité, de la variation sur un même thème. Il le prouve sur le sublime album The Ambassador, dédié aux mystères de Los Angeles, que ce caméléon vient nous présenter en PB Live.

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mars 2016

L'esprit de Kahane

Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des personnalités multiples qui reviennent le hanter. Il est à la fois Carter mais aussi Josh, un garçon apeuré, Margot, et surtout Caïn, son double maléfique. Un trouble de la personnalité, certes musicale, c'est toujours ce que nous évoque cette scène new-yorkaise (Nico Muhly, Sufjan Stevens, Bryce Dessner de The National). Élevés au grain de la formation académique et de l'expérimentation tout autant qu'exposés à l'ère du temps pop, tout se passe comme si chacun d'eux, pris de schizophrénie, avait développé un "monstre" intérieur à plusieurs têtes qu'il faudrait nourrir par tous les moyens : ballet le lundi, pièce de danse le mardi, tube pop le mercredi, morceau de chambre le jeudi, concert acoustique le vendredi et avec orchestre le samedi. À bout de genre Cet Esprit de Caïn c'est aussi un peu l'Esprit de Kahane. Gabriel de son prénom. Moins connu dans nos contrées, cet autre new-yorkais ne déroge guère à la description que l'on vient de faire de ses amis. Alliant avec la m

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Jeanne is Added

MUSIQUES | Après des années dans le jazz, Jeanne Added a fait table rase pour pratiquer un mélange de post punk électro grunge. Et se pratiquer surtout elle-même.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mars 2016

Jeanne is Added

Le jazz mène à tout, mais pas toujours à soi quand on reste au service des autres, fussent-il parmi les plus grands (Trotignon, Kerecki et consorts). Pour se trouver, il faut parfois s'en échapper. Jeanne Added est un cas d'école : cette interprète courtisée par les formations jazz s'est muée en créature pop grunge après en avoir vu des vertes et des bien mûres en terme de passages obligés, et en avoir soupé. Après le Conservatoire National et la Royal Academy de Londres (formation classique en violoncelle) et quelques tiraillements à l'endroit de la part rock d'elle-même, là voilà vocaliste de jazz – nominée en trio aux Victoires du genre – donnant de la voix pour les autres jusqu'à ne plus pouvoir s'entendre. Elle décide de muer, de muter, de tout changer. Un buzz éclair Ce changement de voie et de voix, Jeanne Added l'a préparé comme si une guerre arrivait (A war is coming, ouvre son album Be Sensational), comme s'il n'y avait soudain plus que des choses à rater (Miss It All). Soi-même par exemple. Il s'agit beaucoup, au cœur de ce projet, de sortir de soi. De livrer une version si ce n'est augmentée, du moins accom

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Other Lives, seuls au monde

MUSIQUES | Déjà vu à Lyon avec son deuxième album Tamer Animals, Other Lives et son leader (très) chevelu Jesse Tabish reviennent en un Rituals qui confirme, littéralement, la trajectoire ascensionnelle d'un groupe folk de l'Oklahoma touchant du doigt les étoiles.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Other Lives, seuls au monde

Certains se souviennent peut-être de Stillwater, rock band fictionnel du film Presque Célèbre de Cameron Crowe - lointainement inspiré d'un groupe réel - et de son kit complet "cheveux longs, pattes d'eph', airs ahuris". Jesse Tabish, ci-devant chanteur d'Other Lives, né à... Stillwater, Oklahoma, pourrait débarquer tout droit de cette époque et de ce groupe avec sa tignasse à la Capitaine Caverne et son regard droopyesque. Mais là où le faux groupe du film manquait de se crasher en avion, Tabish lui s'est posé dans nos vies en astronaute, dans le clip sublime et inoubliable de For 12, quelque part entre Kubrick et Seul sur Mars. Comme cet astronaute perdu, Tabish, que l'on compare fort souvent à Thom Yorke, ce qui pour un Oklahoman de confession folkeuse est plutôt rare, semble perdu dans notre monde trop trivial pour ne pas lui être paradoxalement énigmatique. Déesses C'est sans doute de là que lui vient son regard. Et cette inspiration fantastique, au sens propre du terme, qui, sur l'a

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Jon Spencer : Acte II

MUSIQUES | Spencer X, le Retour du retour. À l'automne dernier, le trio blues atomique devait venir présenter sur la scène de l'Épicerie Moderne son Freedom (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Jon Spencer : Acte II

Spencer X, le Retour du retour. À l'automne dernier, le trio blues atomique devait venir présenter sur la scène de l'Épicerie Moderne son Freedom Tower : No Wave Dance Party sur lequel, au prétexte de rendre hommage à cette ville résiliente tout en réveillant les fantômes underground de son passé, le lubrique Spencer prenait la Grosse Pomme comme Dominique de Villepin entendait prendre la France. Comme une femme et par tous les boroughs. Ce qu'il fit littéralement (Spencer, pas Villepin) au cours d'une tournée locale à travers le Queens, le Bronx et tutti quanti. Malheureusement, un problème de santé empêcha le groupe de poursuivre sa tournée européenne et ce d'autant plus que le Blues Explosion est comme Yoann Gourcuff : il ne joue qu'à 110% de ses capacités. Tout étant rentré dans ce fameux désordre qui fait l'essence de JSBX, le couvert est remis, Jon Spencer et consorts viennent honorer le 6 mars leur promesse, l'Épicerie Moderne - et tout ce qui passera à portée. SD

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Savages et indomptables

MUSIQUES | Voilà un gang qui a su se construire une image. En mode abrasif, noir et peu souriant, Savages ne cherche pas l’adhésion par la caresse, lui préférant une (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 24 février 2016

Savages et indomptables

Voilà un gang qui a su se construire une image. En mode abrasif, noir et peu souriant, Savages ne cherche pas l’adhésion par la caresse, lui préférant une sèche autorité que les photos du groupe - quasiment jamais un sourire, noir & blanc de rigueur, décor minimaliste, noir majeur - imposent d’emblée, avant même toute écoute. En partie shootées à leurs débuts par Hedi Slimane (qu’elles ne connaissaient pas), ces quatre londoniennes ne sont pas qu’esthétique et parachèvent cette construction par un son du même acabit : sombre comme du Joy Division, doté du groove sec d’Au Pairs dont elles partagent le goût pour la ligne de basse hypnotique, elles invoquent en filigrane cette Angleterre du début des années 80 sans laisser planer le moindre doute sur une éventuelle idée de revival. Savages est bien un groupe du présent, dégageant une tension malsaine, révoltée (le poing de la cover d’Adore Life, leur second effort tout juste paru sur Matador, la cover du Dream Baby Dream de Suicide) et sans concession aucune. La production du disque, aussi glaciale que certaines de leurs interviews (Rock&Folk, si tu nous entends…) est assurée par Johnny

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Foals, la bête qui (dé)monte

MUSIQUES | Après leur flamboyant Holy Fire (2013), les matheux dansant de Foals, poulains mués en veaux d'or du rock anglais, étaient susceptibles de perdre ce (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 février 2016

Foals, la bête qui (dé)monte

Après leur flamboyant Holy Fire (2013), les matheux dansant de Foals, poulains mués en veaux d'or du rock anglais, étaient susceptibles de perdre ce feu sacré. Mais c'est aux poudres qu'ils ont mis le feu, ravivant leur buisson ardent pop pour mieux s'en faire du combustible. Si le dernier album en date de Foals s'intitule What went down, ce n'est sûrement pas du prophète redescendu de la montagne dont il s'agit. Poussant les Dieux pop du coude et avec eux, les codes en vigueurs, tables de la loi fracassées, c'est une trajectoire ascensionnelle, de plus en plus ambitieuse et pour tout dire dévastatrice qu'a emprunté la bande à Yanis Philippakis. Avec ce son lourd qui prend à la gorge d'entrée sur le morceau titre de l'album, plus rageur et menaçant que jamais, rugissant même (« When I see a man / I see a lion » explose Philippakis), ledzeppelinien par moments (Snake Oil), Foals aurait pu se couler les chevilles dans le béton. Mais le groupe ne se défait jamais vraiment de ses aspirations au sabbat dansant et au funk tribal. C'est cette perpétuelle oscillation entre le massif et le sophistiqué, l'homme et la

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Yael Naïm et le Quatuor Debussy mêlent leurs cordes

MUSIQUES | Yael Naïm et le Quatuor Debussy sont de retour en PB Live, cette fois à la salle Rameau, samedi 9 avril.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Yael Naïm et le Quatuor Debussy mêlent leurs cordes

Ce n'était qu'un concert surprise, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets, malicieusement facilité par un ami commun, Marc Cardonnel de Rain Dog Prod. Au départ, forcément, c'était un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé : « On a travaillé un peu en amont avec Nicolas Worns, mais on ne s'est vraiment rencontré avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll. » Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « On a été les premiers surpris de voir à quelle vitesse le lieu s'est rempli. J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment senti très chanceux d'être là » s'étonne encore Yael Naïm. Et Christophe Colette, violoniste du quatuor d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, au Lavoir Public a été tellement magique, qu'avec les membres d

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« Enregistrer sur un chant céleste »

MUSIQUES | Après l'impressionnant Aqualast, le vagabond Rover, revenu de tout et surtout de partout, passe avec succès l'épreuve de la confirmation avec Let it Glow. Réussissant le tour de force, aux commandes de cette étrangeté apatride qui fait sa singularité, de faire plus avec moins et de sonner cosmique avec des méthodes d'enregistrement terre à terre. Rencontre du troisième type et du second album prévue à l'Epicerie moderne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 janvier 2016

« Enregistrer sur un chant céleste »

Avec ton premier album Aqualast, tu es passé en quelque mois d'une vie à reconstruire après ton expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à des centaines de dates. Comment as-tu encaissé ça ? Rover : Il y a une forme de violence dans ce passage de l'intimité de l'écriture à une exposition plus large, mais elle est assez positive, d'autant que ça n'a pas été un succès radical basé sur un seul titre. J'avais déjà connu l'exposition médiatique, même si elle était moindre, avec mon groupe au Liban : ça a été moins brutal que si j'avais eu 20 ans et aucune expérience. C'est beaucoup de joie qu'un label vous accorde la possibilité de faire un disque, de pouvoir s'y exprimer sans contrainte. On est pris dans une espèce de tourbillon, il y a une ampleur médiatique qui nourrit le projet. Une forme de reconnaissance aussi : les Victoires de la Musique, la télévision. On s'installe un peu dans le paysage et c'est une situation très confortable pour envisager un deuxième disque. Justement, après la réclusion de l'écriture d'

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Rover : Étranger en pays étrange

MUSIQUES | Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Rover : Étranger en pays étrange

Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui signifie « étranger en ces lieux ») : « For (…) I've been a stranger in a strange land ». Autrement dit, « un étranger en pays étrange ». Un homme de l'exil permanent. L'expression inondera la pop culture. Donnant son titre, à des dizaines de chansons, des Byrds à U2, et surtout, à un fameux roman des années 60 de Robert Heinlein, comptant le retour sur terre d'un astronaute, seul survivant d'une mission sur Mars, qui d'un coup se sent étranger sur sa propre planète. Le pitch rappelle peu ou prou celui de L'Homme qui venait d'ailleurs, le film Nicolas Roeg qui fit de Bowie l'alien le plus classe de tous les temps. Cet étranger, au vu de son parcours de vie et à l'écoute de ses disques, ce pourrait être Timothée Régnier aka Rover. Né en France, Timothée a grandi à l'étranger, de New-York à ce Liban dont il a été chassé comme un malpropre pour un problème de visa, atterrissant après un détour par Berlin seul en Bretagne, d

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Dominique A, l'Horizon

MUSIQUES | Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Dominique A, l'Horizon

Y Revenir était le titre d'un précédent livre de Dominique A, évoquant le lieu de son enfance. C'est pourtant à Lyon (ou dans ses environs) que le chanteur de Provins revient sans cesse avec la même régularité que les saisons. Après Fourvière en juillet dernier, monsieur A vient au Radiant-Bellevue en ce 27 janvier pour présenter une nouvelle fois - mais en indoor - son superbe et lumineux Eléor, son album le plus rock depuis longtemps, paradoxalement et délicatement tapissé de cordes, sorti en même temps que son livre Regarder l'Océan et d'une certaine façon son pendant musical. Le chef de file de cette fameuse "nouvelle scène française" désormais grisonnante est toujours hanté par les voyages, fussent-ils immobiles, les départs volontiers faux et les lieux fantasmés de l'enfance ou d'un futur qui n'arrivera pas. Il faudra sans doute un jour dresser, si une telle chose est possible, une cartographie des errances de l'oeuvre anéenne aussi vaste que la terre du milieu et de ses interminables tournées comme compensatoire de ses aspirations d'éternel voyageur de l'imaginaire. SD

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Balthazar, entre les murs

MUSIQUES | Après le succès de l'exceptionnel "Rats", l'expérience de la vie sur la route aurait marqué Balthazar au point qu'il en accouche de l'album "Thin Walls", récit plus ou moins circonstancié de la dite tournée que le groupe présente désormais... en tournée. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 19 janvier 2016

Balthazar, entre les murs

« Le mur de Planck est la frontière entre le monde physique et le monde mathématique pur. Cette frontière est la limite du temps entre l'avant et l'après Big Bang. Cette membrane, enfermée dans le cône d'espace-temps, contient tout l'univers et pourtant, elle a une taille encore plus petite que celle d'un atome. Dans ce mur, les mesures n'existent plus, tout est en évolution constante. » nous dit Jean-Christophe Wikipédia. C'est peu ou prou cette "sensation" que semble avoir ressenti le groupe belge Balthazar lors de la tournée qui a suivi la sortie de l'album Rats, le disque de l'avant et de l'après Big Bang pour eux, dont ils ont tiré Thin Walls, en référence à ces murs épais comme du papier à cigarettes figurant le manque d'intimité de la vie en tournée, ce mouvement perpétuel, ce monde parallèle rétréci. Oh, la vie en tournée, c'est une tarte à la crème de la vie du rock. Combien de groupes y ont vécu une apocalypse, y ont laissé des plumes, où s'y sont régénérés (« à la fin, je ne supportais plus ces types

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Hinds : un amour de pop au Périscope

MUSIQUES | Quatuor garage espagnol léger comme une bulle et addictif comme une assiette de tapas, Hinds confirme un talent rapidement entrevu avec la sortie de l'album "Leave me Alone" et une tournée qui passe par le Périscope. Laisser ces filles seules ? Quelle idée ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 12 janvier 2016

Hinds : un amour de pop au Périscope

Pour le chroniqueur rock moyen (ici présent), Hinds, c'est du miel en barre. Une controverse patronymique à même de nourrir l'obsession onomastique – le groupe s'appelait Deers mais à dû se rebaptiser suite à une menace de procès, le créneau du cerf (deer) étant très prisé en musique de jeunes ; une élection au titre de meilleur single of the week par le NME – cette distinction qui accoucha d'autant d'incontournables que d'immenses gâchis que la génération de footballeurs français nés en 1979 ; un passage mémorable au mythique raout indie South by Southwest (seize concerts en quatre jours) ; et, on allait presque oublier, un effectif 100% féminin et plutôt bien de sa personne qui ne nous fera certainement pas dire que c'est pour cela et uniquement pour cela que le NME, toujours lui, l'a élu groupe le plus exciting d'Europe. Qui plus est, à ce jour et sous le nom de Hinds (qui n'est autre en anglais que la femelle du deer), les quatre jeunes Espagnoles n'avaient sorti qu'un best of, intelligemment baptisé The Very Best of Hinds So Far, long d'à peine six titres (dont un live

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Neil Young à Tony Garnier

MUSIQUES | La dernière fois que le Loner a joué à la Halle Tony Garnier, en 2008, il avait fait montre d'une vista qui ridiculisa par avance la prestation du (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 décembre 2015

Neil Young à Tony Garnier

La dernière fois que le Loner a joué à la Halle Tony Garnier, en 2008, il avait fait montre d'une vista qui ridiculisa par avance la prestation du cacochyme Bob Dylan deux ans plus tard en ce même lieu. Au beau milieu d'un morceau, Young s'était même étalé de tout son long en trébuchant. N'importe qui se serait brisé le fémur, lui continua comme si de rien n'était sans oublier une note. Il a depuis conçu des albums dispensables (et aussi un étrange lecteur mp3 en forme de Toblerone). Mais Young le reste Forever. On ne manquera pour rien au monde son retour à l'occasion du Rebel Content Tour, le 15 juin. Lui Rebel, nous contents. Mise en vente des places dès cette semaine.

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Yael Naim de retour en avril

MUSIQUES | Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 18 décembre 2015

Yael Naim de retour en avril

Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous savez ce qu'on dit : jamais deux sans trois. Notez donc que tout cet intrépide petit monde (dont on peut entendre une première collaboration sur l'EP Older Revisited) se retrouvera le 9 avril, cette fois à la Salle Rameau, et une fois encore sous notre bannière oculaire.

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PB Live : Gabriel Kahane, un prodige pop aux Subsistances

MUSIQUES | Au sein de la (de plus en plus) grande famille de ces jeunes musiciens nourris de classicisme et de Philipglassisme qui aiment venir caresser la pop (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 décembre 2015

PB Live : Gabriel Kahane, un prodige pop aux Subsistances

Au sein de la (de plus en plus) grande famille de ces jeunes musiciens nourris de classicisme et de Philipglassisme qui aiment venir caresser la pop de leur génie savant (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National), Gabriel Kahane fait figure de nouvelle sensation. Nouvelle, car sa réputation commence doucement mais sûrement à franchir l'Atlantique. Sensation parce qu'il se dégage de sa musique quelque chose d'atmosphérique qui doit autant à la musique de chambre qu'au jazz, au néo-classique qu'au crooning, aux traditionals qu'à la sophistication du high concept (un album inspiré par le site de petites annonces Craigslist, un autre par la topographie de Los Angeles). Puisque Kahane nous fait l'honneur de visiter la France depuis Brooklyn et avant qu'on ne nous le pique définitivement, l'occasion était trop bonne d'en faire un PB Live exceptionnel à plusieurs titres : d'abord parce qu'il se produira aux Subsistances (une première pour un PB Live), le 24 mars prochain, ensuite parce que ce collaborateur régulier du Kronos Quartet sera accompagn

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Musilac 2016 : les premiers noms

MUSIQUES | Alors que les jours commencent tout juste à se refroidir, les festivals d'été dégaînent déjà une partie de leur programmation. C'est le cas notamment de (...)

Benjamin Mialot | Lundi 30 novembre 2015

Musilac 2016 : les premiers noms

Alors que les jours commencent tout juste à se refroidir, les festivals d'été dégaînent déjà une partie de leur programmation. C'est le cas notamment de Musilac qui, du 8 au 10 juillet, toujours à Aix-les-Bains, recevra comme à son habitude moult gens qu'on ne présente plus – et qu'on aimerait ne plus avoir à présenter, à vrai dire : Elton John, Les Insus (Téléphone undercover), Foals, Louise Attaque et Lilly Wood & the Prick (cf. photo qui pique les yeux). Ouverture de la billetterie ce vendredi 4 décembre à 10 h. La suite, moins pépère on l'éspère, plus tard.

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Yael Naim : c'est complet, mais...

MUSIQUES | Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

Yael Naim : c'est complet, mais...

Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances avec le climat menaçant qui est le nôtre en ce moment. Cette fois, nous avons le plaisir de vous faire savoir que celui scellant les retrouvailles de Yael Naim et du Quatuor Debussy le 30 janvier à la Chapelle de la Trinité est complet. Pour la peine, ils remettront le couvert le lendemain, le 31 donc, au même endroit. Au figuré hein ! http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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