Label : Le b.a.-ba pop

MUSIQUES | C'est peut-être le label lyonnais le plus en vogue actuellement. C'est en tout cas le plus fécond et le plus dégourdi. Présentation de la smala indie pop AB Records, à l'occasion des focus que lui consacrent successivement le Kraspek Myzik et la BM.

Benjamin Mialot | Mardi 19 janvier 2016

En musique comme en toute chose, les mots ont leur importance. Dans la quiétude de la colocation qui abrite leurs activités, aussi joliment négligée que les chansons qu'ils diffusent, les fondateurs d'AB Records trouvent les bons l'air de rien : quand ils ont créé le label en 2011 à Annecy, ce n'était pas pour publier des disques, mais des «objets musicaux». Au-delà de ce qu'elle révèle de leur background – ils suivaient alors un cursus artistique – la formule en dit long sur le souci de bien faire qui anime ce collectif de slackers peroxydés et de nerds à grosses montures. Et sur l'intelligence qui les soude.

Car AB n'est pas un label traditionnel. Il ne travaille pas au développement de la carrière des musiciens, il se "contente" de les faire se sentir moins seuls : «À part sortir leur album, on ne peut pas faire grand chose pour eux. Mais on est toujours sincère avec ça. On leur explique qu'ils seront bien, au sein d'une famille qui pourra peut-être servir de tremplin pour d'autres rencontres, mais rien de plus. On veut que les choses restent simples.»

See you later, Alligator Baby

Au point que la ligne éditoriale d'AB se dessine comme à main levée, sur cassette aussi bien qu'en téléchargement, entre expérimentations électroniques et nouvelles écritures indie – certains se sont même approprié d'eux-mêmes son emblématique bébé alligator. Ces derniers temps, elle épouse globalement les contours d'une pop qui, bien que d'apparence protéiforme, se révèle à l'intérieur unanimement bienheureuse et décomplexée – attitude jadis personnifiée par la clique hip-hop Anticon et dont le secret est désormais planqué dans le diastème de Mac Demarco.

Elle est (voix de) tête en l'air et bruitiste chez House of John Player, projet solo de l'expat' anglais Dean Spacer, dont la prolificité donne également des ailes au trio électrique Gammy Bird. Elle se fait rêche et confidente chez François Virot, qui réserve ses compositions les plus extatiques et tordues à Clara Clara. Elle bruisse de textures luxuriantes et de beats implacables chez Alexander Van Pelt, par ailleurs membre de Coming Soon.

Autant de talentueux bricoleurs de mélodies à découvrir à la BM de la Part-Dieu, le temps d'une fin d'après-midi acoustique qui résonnera doucement avec le Plug & Play du Kraspek, où se produiront au complet deux autres groupes. D'abord celui de la princesse synthétique Kcidy, dont on vous a maintes fois vanté les délicats mérites – qu'elle fait aussi valoir au sein de l'excellent big band psyché Satellite Jockey, en lice pour les découvertes du Printemps de Bourges. Et enfin le all star band Sierra Manhattan, dont les surf songs candides et nonchalantes résument à elle seule la trajectoire en forme d'orbite solaire d'un label qui n'a pas fini de nous faire rêvasser.

AB Records Super Party : Kcidy + Sierra Manhattan
Au Kraspek Myzik jeudi 21 janvier

Carte blanche à AB Records : François Virot + Kcidy + Alexander Van Pelt + Sierra Manhattan + House of John Player
À la BM de la Part-Dieu vendredi 29 janvier


AB records party : Kcidy + Sierra Manhattan

Pop aquatique + love-fi
Kraspek Myzik 20 montée Saint-Sébastien Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Kcidy : mélancolie heureuse

Portrait | Avec son deuxième album, Les Gens heureux, disque baroque 60's et mélancolique, la Lyonnaise Kcidy vient de frapper un très grand coup. Et de marquer avec bonheur un changement radical dans son approche de la pop.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

 Kcidy : mélancolie heureuse

« Les gens heureux dansent », chante Kcidy sur une chanson extraite de son dernier album. Du moins ils devraient, les gens, être heureux et danser. Mais en ce moment personne ne danse. Les lieux de culture ont beau rouvrir petit à petit, à Nuits Sonores (exemple non contractuel), le public se couchera, comme on passerait son tour. Et il faudra attendre encore un peu (beaucoup ?) pour le retour des « jours heureux » promis par Emmanuel "Fonzie" Macron. Certes, Les gens heureux dansent n'est pas tout à fait une chanson sur nos corps contrariés par la pandémie mais elle traduit quelque chose de l'inaccessibilité de cet état de mouvement. « J’ai imaginé ce que ça ferait d’être entourée de ces "gens heureux" qui dansent, alors que moi je serai immobile et figée, comme engluée dans la mélancolie, comme si le bonheur de ces gens m’était inaccessible, lointain » confiait la chanteuse et musicienne au site Soul Kitchen, à propos de cette chanson cl

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"Lost in Space" : le Cosmic trip de Kcidy

Indie | Ce mercredi 8 février, la lyonnaise Kcidy organise la "teuf de sortie", avec comme invité, Clara Clara, de son premier album Lost in Space à bord d'un Sonic sans doute un peu transformé pour l'occasion en vaisseau spatial. Car si elle a quelque peu viré de bord stylistiquement, l'indie-pop de Kcidy opère toujours dans des sphères cosmiques et planantes qu'il sera bon de retrouver pour une part et, pour une autre, de découvrir.

Stéphane Duchêne | Mercredi 8 février 2017

Il n'aura pas fallu longtemps à Pauline Le Caignec pour se faire remarquer en tant que Kcidy, avatar synth-pop planant dont nous rendions compte du talent prometteur il y a tout juste deux ans, sur la fois notamment de son EP Pursuit (où figurait l'addictif Stormy Day), qualifiant sa musique de trip-pop. Depuis, elle n'a fait que confirmer sur toutes les scènes et avec un autre EP, Running on the roof, petite merveille, là encore d'indie-tronica. Et si l'on considère que les choses, sinon ne commencent sérieusement, du moins se poursuivent vraiment à la sortie d'un long format, alors le premier album de la petite protégée label AB Records est en train de faire son office. Avec la chanson qui en est extraite et en porte le nom, Lost in Space, Kcidy nous perd effectivement dans l'espace sans pesanteur de son univers empli de vestales artisanales (voir le clip). Les Inrocks en avait fait leur morceau de la semaine début janvier, lui valant comparaison indirecte avec la Julee Cruise qui envoûtait musicalement l'univers de Twin Peaks. Ils avaient sans doute rai

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Du zouk, du turntablism et des K7

Riddim Collision | Rendez-vous incontournable des oreilles en quête de découvertes auditives, le Riddim Collision vient de dévoiler sa programmation.

Gabriel Cnudde | Mardi 20 septembre 2016

Du zouk, du turntablism et des K7

La seule règle en vigueur pour apprécier le Riddim Collision, c'est de ne pas baisser les bras après avoir découvert sa programmation. Car derrière les étranges noms de groupe (Hippy Dinosaur 3000, Mat3r Dolorosa, Télédétente 666) et les dénominations stylistiques aussi nombreuses qu'inutiles (future garage, chillwave, alternative zouk noise : really ?) se cachent bien souvent des diamants bruts. Cette année et comme à son habitude, le festival nous en révèlera quelques uns. Pour lancer parfaitement cette 18e édition, ce sont les Montréalais de Suuns qui ouvriront le bal, le 6 novembre. Les adeptes de Kraftwerk et Spiritualized se réjouiront de la venue de ce groupe, jugé par certains comme l'un des plus emblématiques du rock moderne. Moins médiatisé et surtout beaucoup plus calme, Vince Dolphin, qui vient de sortir son deuxième album sur le label lyonnais AB Records, jouera le 17 novembre à la Grooverie lors de la traditionnelle soirée barbars. À quelques pas de là, aux Valseuses, Hubwar présentera une électro aux influences variées, n'hésitant pas à l'emmêler de so

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Le Kraspek remet le courant

MUSIQUES | Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Le Kraspek remet le courant

Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la peur, on hésite, on s'étiole, on commence à traîner dans l'écurie en pyjama et on passe à côté du titre de sauts d'obstacles de la vie. Soit. C'est en tout cas une sorte de variante musicale et DIY de cette théorie que nous proposent les gens de Plug & Play alors que les frimas du mois de janvier nous maintiennent dans la torpeur des lendemains de fête et les questionnements existentiels sur l'année à venir (2016, année de la b.... ou nouvelle année de merde ?). Et ils sont forts pour ça, il faut bien le reconnaître. Pour nous tirer du lit un samedi avec en guise de warm up une intégrale de Ta Gueule. Pour nous promettre de la joie à coups de mots-valises et de poésie qualifiante : du cabaret punk à paillettes, une histoire d'amour, de la furie stellaire instrumentale, du stoner pseudo math-rock déluré (là pas de doute, si tu veux la définition du truc, c'est en venant au Kraspek que tu la trouveras, pas dans le Robert des noms crades). Pour nous annoncer de l'indé de chez indé (le label pop AB Reco

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La scène locale investit les médiathèques

MUSIQUES | Bon, du rififi peut-être pas, mais de la musique oui, grâce à cette initiative qui voit les médiathèques du Lyonnais accueillir en leur sein, durant tout (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 30 septembre 2015

La scène locale investit les médiathèques

Bon, du rififi peut-être pas, mais de la musique oui, grâce à cette initiative qui voit les médiathèques du Lyonnais accueillir en leur sein, durant tout le mois d'octobre (du 3 au 31), «la crème de la scène locale». Soit une vingatine de concerts tous genres confondus. Cela va en effet des magnifiques Odessey & Oracle, le vent en pleine poupe en ce moment, au ukulélé (bien pratique en médiathèque) de Nazca ; du jazz étrange (car pratiqué à la vielle) des Fuzzing Cats au post-punk de Blackthread ; en passant par les chelous La Fabrique des Boucles et Kcidy (fabrique de boucles et trip hop énigmatique, respectivement). On croisera aussi quelques valeurs devenues sûres dans leur domaine, qu'il s'agisse d'Yvan Marc, de Tachka ou de Faïk (l'ancien chanteur de Fake Oddity, passé en mode solo et folk). Enfin, quelques paris seront à prendre sur de jeunes pousses en pleine poussée justement comme Pomme, Satellite Jockey ou The Black Lilys. Bonne occasio

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Mademoiselle K

MUSIQUES | La synth-pop quelle que soit la forme qu'elle prend au final, est devenue la nouvelle spécialité lyonnaise. On vous a déjà parlé – oui, on sait – de Pethrol, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Mademoiselle K

La synth-pop quelle que soit la forme qu'elle prend au final, est devenue la nouvelle spécialité lyonnaise. On vous a déjà parlé – oui, on sait – de Pethrol, Erotic Market, Holy Two et De La Montagne, voici Kcidy, qu'on pourrait voir comme un savant mélange des quatre précités. Après un passage par les scènes découvertes du Ninkasi en novembre dernier, la jeune femme et son look de prêtresse 80's va enchaîner coup sur coup les deux festivals lyonnais de la rentrée : d'abord All Girls to the Front, un "mini fest" (ou "festival de courte durée", pour les membres de l'Académie Française) autoproclamé féministe avec donc pas mal de filles, de films, de live (Terrine, from Amiens, et Theoreme, from Lyon) et même du body-painting en mode riot grrrl. Autant de choses promettant une "méchante ambiance" et que l'on doit à l'esprit de Kathleen Hannah de Bikini Kill. Puis, moins d'une semaine plus tard, le plus long mais tout aussi défricheur Plug & Play – dont on reparlera, c'est promis Deux occasions de découvrir donc la jeune Pauline Le Caignec et les morceaux de son EP Pursuit, dont l'assez peu o

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