Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

MUSIQUES | Aussi à l'aise en balade folk qu'en musique de chambre, Gabriel Kahane, nouveau petit génie de la pépinière pop de Brooklyn, saute moins les barrières des genres musicaux qu'il ne les évite avec grâce. The Ambassador, son album consacré à l'histoire et à la géographie... de Los Angeles, sa ville natale, laisse ainsi ses talents multiples de compositeur, conteur et arrangeur exploser à la face de l'auditeur. En attendant de se présenter aux Subsistances le 24 mars en Petit Bulletin Live avec le Quatuor Debussy, l'intéressé s'est livré à une longue explication de textes.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mars 2016

Photo : © DR


Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers des esthétiques plus pop, il a beaucoup été critiqué. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. La génération musicale dont vous êtes issu, on pense à Nico Muhly, Sufjan Stevens, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National – souvent élevés dans l'académie musicale, diplômés de formation classique – semble absolument attachée à briser les barrières entre les genres, composant indifféremment de la pop qui ressemble à de la musique de chambre, du folk, des ballets. On apprend, quand on lit vos interviews, que cette question du genre vous indiffère totalement pour ne pas dire qu'elle vous agace beaucoup.
Gabriel Kahane : Absolument. L'obsession du genre à notre époque est le produit d'une vision étroite des choses. Jusqu'à l'avant-guerre, avant cette espèce de décollage de l'académisme musical, nous avons au moins trois siècles pendant lesquels les compositeurs que l'on qualifiera de classique étaient vraiment engagés sur le terrain de la musique vernaculaire et de la musique folk. Si l'on remonte à Bach et aux Variations Goldberg, prenons la 30e Variation, le Quodlibet [que Gabriel Kahane nous joue depuis New York via Skype, NDLR], il y mixe la ligne de base utilisée pour l'opus et superpose dessus deux folk songs.

Il y a ainsi une lignée directe entre Bach, Mozart et Beethoven mais aussi Schubert, Mahler, Bartok. Tous ces compositeurs étaient incroyablement connectés à la tradition folk et populaire. Ce n'est vraiment qu'entre 1945 et les années 80 qu'on a pu assister à un incroyable resserrement académique, à une austérité sans précédent. Je pense simplement que ce que font les musiciens de ma génération n'est que la continuation d'une tradition qui a été interrompue. Loin d'une transgression, c'est davantage un retour aux sources.

Il y a un petit malentendu sur le fait que j'ai reçu en premier lieu une formation classique. En réalité, j'ai vraiment commencé par écrire des chansons bien avant de faire de la musique de chambre ou pour orchestre classique. C'est dans ce sens que s'est faite l'expansion de mon paysage musical. C'est un peu différent de gens comme Ellis Ludwig-Leone ou Nico Muhly, dont je pense qu'ils ont tous les deux fait la Juilliard School [célèbre académie musicale où, des deux précités seul Nico Muhly a étudié, NDLR]. Cette question de ma formation, classique ou pas, n'est pas importante mais les gens doivent savoir que je me considère avant tout comme un songwriter, que j'essaie de créer des émotions et des paysages musicaux très directs. Que c'est mon premier amour. Écrire de la musique de chambre ou orchestrer, arranger mes propres chansons n'est qu'une extension de cela.

Pourquoi être allé dans le sens de cette expansion vers la musique de chambre, l'orchestration ?
Je crois que ça s'est fait un peu par accident. À 24-25 ans j'ai écrit Craigslistlieder, la mise en musique de chambre d'annonces du site de petites annonces Craig's List. Le fait que des journalistes en parlent m'a valu quelques invitations à écrire des pièces pour le Philharmonique de LA, le Kronos Quartet. Ce n'était pas du tout un but que je poursuivais, pas plus d'ailleurs que je n'avais la formation pour cela. Mais ces opportunités sont arrivées et je me suis aperçu qu'écrire pour un quatuor de cordes, un orchestre de chambre, me permettaient d'ajouter des couleurs à ma palette de songwriter, via une meilleure compréhension des textures et des architectures musicales.

À l'inverse, le fait d'écrire des chansons de trois minutes, avec cette contrainte d'être concis a probablement beaucoup influencé la manière dont j'ai abordé l'écriture de la musique de chambre. Mais la question du pourquoi reste pour moi sans réponse (rires). Il y a tellement à explorer en tant que musicien. C'est assez semblable au fait de voyager, je vais vers d'autres musiques, j'accumule les expériences et je les ramène à mon activité de songwriter. Je sors en ce moment de beaucoup de travaux de commande de musique classique et le fait de savoir que pendant les neuf prochains mois, je vais pouvoir me consacrer à l'écriture de chansons m'excite beaucoup.

Plus qu'un songwriter ou un musicien, vous vous décrivez volontiers à la fois comme un storyteller et comme un artiste qui a à cœur de composer une musique sophistiquée qui sonnerait simplement...
J'avoue que lorsque j'utilise le terme "storyteller", je le fais un peu par provocation. C'est une manière d'éviter justement les conversations sur le genre (rires). Je me dis que mettre en lumière cet aspect de mon travail aura pour effet d'embrouiller les journalistes et le public et m'évitera les questionnements sans fin du style « pourquoi y a-t-il un orchestre de chambre sur ce morceau alors que sur tel autre, il y a un banjo ? Faites-vous de la musique de chambre ou du folk ? Etc. ». Pour moi, tous ces choix d'arrangements ne répondent qu'à une question : comment servir au mieux la chanson pour délivrer une histoire, une expérience émotionnelle authentique. Je ne me vois pas d'abord comme un conteur puis comme un musicien. C'est simplement une manière de faire diversion. Mais je suis ravi que vous rapprochiez cela de la question de la sophistication et de la simplicité car c'est en réalité très lié.

Cela peut paraître arrogant de prétendre vouloir mettre au monde quelque chose de nouveau plutôt que de dupliquer ce qui a déjà été fait. Mais si je devais me contenter de faire cela, je crois que je changerais de métier. Or il y a vraiment une articulation entre cette volonté de nouveauté et le fait de vouloir rendre ma musique abordable, ce qui passe par le storytelling. Mais c'est aussi parce que je crains parfois que l'auditeur moyen se dise « oh, il écrit de la musique de chambre, c'est trop sophistiqué, je ne vais pas me lancer là-dedans, je n'y comprends rien ». Bien souvent les gens s'attachent beaucoup plus à la forme qu'au contenu. Or avec The Ambassador, je raconte des histoires, des histoires de Los Angeles, comme le meurtre d'une jeune femme noire, sur Empire Liquor Mart...

Justement, si l'on prend cette chanson en particulier, elle est la preuve que vous êtes un véritable conteur. Vous y racontez une histoire, réelle, et surtout vous prenez le temps de la raconter... Même chose pour la chanson The Ambassador où vous vous mettez dans la peau du gardien de l'hôtel Ambassador pour raconter la Grande Histoire via la petite.
Ce qui m'intéresse, c'est de trouver le meilleur moyen de raconter une histoire. Comment raconter l'histoire de l'hôtel Ambassador qui a joué un si grand rôle dans l'histoire de Los Angeles, son identité. Les débats qui ont fait rage en 2004-2005 quant à son éventuelle préservation comme monument historique ont beaucoup apporté à Los Angeles. Il y a là une histoire littéraire, architecturale, humaine très riche. Je voulais parler de cet hôtel comme d'un symbole de tout cela, pas seulement parce que c'est là qu'a été assassiné Bobby Kennedy. Se posait alors la question du point de vue ou de la temporalité. À quel moment de l'Histoire, la chanson devait se placer : les années 30, 40, 1991 ?

J'ai commencé à penser un peu par hasard à l'idée d'un portier qui aurait travaillé là pendant 40 ans et qui a tout vu de cet endroit. Vous savez, c'est une chose que je n'ai jamais confié à aucun journaliste américain mais peu de temps après j'ai lu un article dans le LA Times sur cette personne dont j'ai découvert qu'elle avait vraiment existé : son nom est Arthur Nyhagen et le jour de la fermeture de l'hôtel, le Times a rendu hommage à cet homme qui avait tenu la porte de l'hôtel pendant presque 50 ans. J'ai trouvé ça fascinant, ça a été un déclic.

Pourquoi avoir choisi de raconter l'histoire de Los Angeles, à travers une multitude d'histoires identifiées à des lieux de la ville, que vous localisez précisément. Est-ce parce que nous avons cette vision si superficielle de Los Angeles, que nous n'avons pas d'une ville comme New York ? New York se montre immédiatement à nos yeux. Los Angeles est plus énigmatique, à la fois très démonstrative en surface, mais au fond caché derrière ses paillettes.
Tout à fait. New York est une ville d'espaces publics. Il est très facile de cartographier, de se repérer et au fond de comprendre cette ville. Los Angeles n'est pas seulement énigmatique, c'est aussi et surtout une ville d'espaces privés. Qui plus est impossible à pratiquer sans voiture, contrairement à New York. Cela fait des années que ce projet d'écrire sur Los Angeles mûrit en moi. Je suis né là-bas, même si j'ai grandi à New York. J'ai commencé à visiter LA autour de la vingtaine et au fil du temps mes impressions à son égard ont changé. Derrière l'idée d'une superficialité apparente, j'ai pris conscience qu'une âme se dégageait de cette ville qui semblait ne pas en avoir et qu'elle était surtout faite de douleur et de souffrance.

En 2012, je me rendais à l'aéroport et, je ne sais pas pourquoi, au lieu de prendre l'autoroute, j'ai traversé une partie de la ville et suis passé par ce quartier très pauvre qu'est South Central [le quartier d'où étaient parties les émeutes de 1992, NDLR] et j'ai été bouleversé par la tristesse que pouvait dégager cette ville. Je crois que c'est à ce moment que j'ai commencé à vouloir écrire un album sur LA : pour comprendre ce que j'avais ressenti à ce moment. Et même si sur chacune des chansons, je chante à travers un personnage, il y a quelque chose d'infiniment personnel dans cet album. C'est un disque sur la quête de la tristesse et de la douleur que j'ai ressenties et qui émanent de cette ville. Une tentative, d'une certaine façon, de la localiser.

Si j'ai choisi d'attacher précisément ces chansons à une adresse très précise c'est parce que Los Angeles est une ville difficile à cartographier, très fragmentée. Je me suis mis dans la peau d'un flâneur du XIXe siècle. Je suis le flâneur de Los Angeles. J'essaie d'emmener les gens dans une sorte de Secret Tour de Los Angeles et de les présenter à ces personnages.

Vous parlez d'un album très personnel qui parle par la voix des autres, or votre travail est justement très souvent en grande partie référentiel. Vous parlez à travers des personnages ou ils parlent à travers vous. Le procédé est un peu le même pour Craigslistlieder avec cette mise en musique de petites annonces. Est-ce à dire que vous tentez toujours de mettre de la distance avec vous même dans votre travail en ancrant vos chansons dans un terreau extérieur ? Et où se trouve Gabriel Kahane derrière toutes ces histoires ?
Excellente question. D'abord j'aimerais dire que les deux albums qui ont précédé The Ambassador sont bien plus confessionnels [Gabriel Kahane et Where are the arms, NDLR], au sens propre du terme, plus personnels que les autres. Mais au fond, je crois que quel que soit le sujet, la façon de l'aborder relève de quelque chose de très personnel. C'est le cas comme je l'ai dit pour The Ambassador. Qui plus est la première et la dernière chanson font référence à des choses bien plus personnelles que les autres. L'adresse qui accompagne la chanson Black Garden est celle de la maison où j'ai écrit une grande partie de l'album. Cette chanson est même une sorte d'introduction aux questions que je me pose sur Los Angeles. Il y a cette strophe qui dit : « In this black garden / I once called the selfish city / I try to calculate the anguish / And the anger and all the aspirations / Of the millions who have lived here / And will live in desperation » (que l'on pourrait traduire par : « Dans ce jardin noir / Que je qualifiais jadis de ville égoïste / J'essaie de mesurer l'angoisse / Et la colère et toutes les aspirations / Des millions de gens qui ont et vont vivre ici dans la désespérance », NDLR).

C'est une manière de dire que moi, Gabriel Kahane, je ressens la peine de tous ces gens et que je vais tenter d'enquêter sur cette sensation. Je pense que tous les personnages qui habitent cet album sont une part de moi. Alors même quand il ne s'agit pas complètement de moi, il y a beaucoup de moi dans tout ce que je raconte. Dans un sens, c'est moi, même quand ce n'est pas moi.

Vous savez quand un romancier raconte l'histoire de personnages on ne cesse de lui dire qu'il est ces personnages. Quand un songwriter fait la même chose, on dit qu'il se met à distance et je trouve ça très ennuyeux. Le processus est pourtant le même. Quand on écrit des chansons, l'implication émotionnelle est la même, on habite nos personnages de la même façon. Mais la tradition confessionnelle est si forte dans la musique populaire que nous nous retrouvons avec une sorte d'assignation à parler de nous mêmes. Pour le meilleur ou pour le pire, on ne peut échapper à soi-même quand bien même on écrirait sur les autres.

Cette impression vous concernant est néanmoins renforcée par l'intérêt que vous semblez avoir à vous intéresser et à vous glisser dans la psychologie de vos personnages...
Je pense qu'explorer la psychologie des autres est peut-être plus intéressant qu'écrire directement sur soi. Peut-être que cela vient en grande partie du fait que ma vie n'est elle-même pas très intéressante (rires). Le monde est si vaste que la moindre des choses est quand même d'être capable de regarder à l'extérieur de soi-même.

Tout est une histoire d'empathie et je crois que la meilleure chose que le cœur puisse faire c'est d'exprimer de l'empathie. Que ce soit au théâtre, en littérature, en musique. Notre monde, et l'Amérique en particulier, est en train de mourir d'un déficit d'empathie. Si l'on parvient à parler de soi tout en s'intéressant à l'esprit des autres, à la vie de quelqu'un d'autre, c'est un bon moyen de rendre à nouveau possible l'empathie et de l'exprimer. Bon, ma mère est psy, peut-être que c'est quelque chose qui a influencé ma manière d'écrire et de voir les choses.

Vous allez jouer ici à Lyon, aux Subsistances, avec le Quatuor Debussy. Vous avez déjà joué The Ambassador sur scène dans de nombreuses configurations, y compris orchestrales, comment avez-vous travaillé cette adaptation scénique de l'album pour cette mini-tournée française qui passe aussi par la Philharmonie de Paris et le lieu unique à Nantes ?
Marc Cardonnel de Rain Dog Prod est très ami avec le Quatuor Debussy et c'était son idée de nous présenter. Le but était de donner une approche nouvelle de l'album qui soit adaptée à un public qui le connaissait peut-être peu, en le débarrassant d'un certain nombre d'éléments orchestraux. Pour le rendre plus direct d'une certaine manière.

J'ai une certaine expérience avec les quatuors à cordes, notamment parce que je viens d'achever une tournée américaine avec le merveilleux Brooklyn Rider Quartet. Et nous allons reproduire ces arrangements ici avec le Quatuor Debussy. Il y aura des chansons de The Ambassador, d'autres d'albums précédents comme Where are the arms, peut-être aussi quelques morceaux tirés de ce nouvel album de musique de chambre intitulé The Fiction Issue. Et quelques chansons en solo. C'est pour moi très confortable de venir jouer en France dans ces conditions avec ces arrangements de cordes qui nous semblaient parfaits pour mettre en lumière ma musique.

Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Gabriel Kahane & Quatuor Debussy
Aux Subsistances le jeudi 24 mars


Gabriel Kahane & Quatuor Debussy


Les Subs 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
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C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du Canada, où elle vient d'enregistrer son premier album attendu de pied ferme, la chanteuse-auteure-compositrice soul-folk au groove unique nous fera le cadeau de se produire pour la première fois en solo depuis un bon moment. Une raison de plus d'arriver à l'heure, à 19h tapantes et même avant.

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Chris Thile : « le secret réside dans de petites idées »

3 questions à... | Vous êtes considéré comme un virtuose de la mandoline particulièrement précoce : vous avez joué pour Bill Monroe à 11 ans, fondé Nickel Creek à 8, sorti votre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 mars 2017

Chris Thile : « le secret réside dans de petites idées »

Vous êtes considéré comme un virtuose de la mandoline particulièrement précoce : vous avez joué pour Bill Monroe à 11 ans, fondé Nickel Creek à 8, sorti votre premier album à 13, remporté un Grammy à 15, et quatre Grammy en tout, Garrison Keillor dit de vous que vous êtes le meilleur musicien bluegrass de votre génération... Comment un enfant puis un jeune homme tel que vous se débrouille avec tout cela sans jamais être blasé ? Chris Thile : Je n'aurais jamais imaginé tout ce qui a pu m'arriver en tant que musicien. Rencontrer un tel succès avec une simple mandoline, devenir l'animateur du show radio A Prairie Home Companion, par exemple. Jouer pour les gens, partager de la musique avec eux, faire des concerts à l'autre bout du monde ou presque, venir jouer ici en France, c'est comme un rêve devenu réalité, quelque chose que je n'aurais pu croire il n'y a encore pas si longtemps. Mais pour être tout à fait honnête, je pense que je suis davantage surpris par tout cela en tant qu'adulte que j'aurais pu l'être enfant. À l'époque, j'étais sans doute un petit garçon un peu arrogant (rires). Mes parents me répétant sans cesse qu'il n'y

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Ainsi soit Thile !

PB Live | Prodige précoce de la mandoline et du bluegrass, compositeur hors-pair et touche-à-tout brillant dans l'art de la reprise décalée (Bach, les Strokes, Radiohead...) l'Américain Chris Thile viendra, lors d'un PB Live aux Subsistances, faire étalage de sa virtuosité et de son enthousiasme aux commandes d'un instrument pas comme les autres.

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 mars 2017

Ainsi soit Thile !

C'est une histoire de précocité, de virtuosité et de singularité comme on en voit peu. L'une de ces fables, pourtant bien réelle, dont les Américains ont non seulement le secret mais aussi le goût. L'histoire d'un enfant que ses parents emmènent chaque samedi ou presque dans une pizzeria californienne, That Pizza Place, où l'on joue du bluegrass, ce pilier de la musique traditionnelle américaine des Appalaches, mélange de blues et de musique traditionnelle anglo-irlandaise. Un bambin pas plus grand que la Margharita qu'il essaie de bâfrer, qui tombe inexplicablement en amour pour l'un des instruments incontournables de cette discipline : la mandoline, petite chose étriquée dont il faut bien du talent pour tirer autre chose qu'un simple accompagnement, ou des cling-cling grinçants. « En réalité, concède Thile, ce n'était pas tant l'instrument en lui-même. J'étais surtout fasciné par le type qui en jouait, John Moore, un musicien remarquable et très drôle. Pour le tout petit garçon que j'étais – à vrai dire, j'étais encore quasiment un bébé – c'était tellement cool à voir. » Imagine-t-on

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Thomas Dybdahl en Petit Bulletin Live

PB Live | Découvert en 2002 avec un chef d'œuvre notoirement passé sous le radar, ...That Great October Sound, qu'ouvrait un titre lourd de sens, From Grace, voilà 15 (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 février 2017

Thomas Dybdahl en Petit Bulletin Live

Découvert en 2002 avec un chef d'œuvre notoirement passé sous le radar, ...That Great October Sound, qu'ouvrait un titre lourd de sens, From Grace, voilà 15 ans que Thomas Dybdahl, véritable star en Norvège, nommé aux Grammys US en 2013, régale ses fans de sa folk-soul vaporeuse. Six albums plus tard, tous n°1 en Norvège, ce songwriter de velours dont l'héritage va de Nick Drake à Jeff Buckley n'a rien perdu de son génie mélancolique et aventureux. Rare dans nos contrées, Thomas Dybdahl nous fera l'honneur de venir distiller en solo un peu de sa grâce unique et de son dernier album en date, The Great Plains, lors d'un Petit Bulletin Live à la Comédie Odéon le 21 mai. Mise en vente ce mercredi 15 février.

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Chris Thile, le virtuose de la mandoline

Prochain PB Live | Les PB Live, ce sont ces concerts un brin décalés que nous aimons partager avec vous, conçus avec nos amis de Rain Dog Productions, en des lieux peu visités et avec des artistes qui nous fascinent, mais encore peu mis en lumière. Voici le prochain.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 novembre 2016

Chris Thile, le virtuose de la mandoline

Chris Thile a dépoussiéré la mandoline, instrument dont il est le plus solide représentant sur la planète. Réputé pour ses interprétations de Bach, celui qui est aussi chanteur des Punch Brothers promène sa mandoline dans un répertoire allant du baroque à la country, du rock aux musiques contemporaines ; chacun de ses récitals se transforme en un événement imprévisible où peuvent se croiser Bach, Radiohead et Johnny Cash. Véritable institution aux USA, où il anime à la radio le culte programme A Prairie Home Companion, Chris Thile est aussi un musicien demandé par les plus grands, de Yo-Yo Ma à Brad Mehldau, en passant par Bela Fleck et Hilary Hahn. Chris Thile Aux Subsistances le 16 mars 2017

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Chris Thile en PB Live

Plus Loin | Virtuose de la mandoline, Chris Thile a dépoussiéré cet instrument dont il est le plus solide représentant sur la planète. Véritable institution aux USA, il (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Chris Thile en PB Live

Virtuose de la mandoline, Chris Thile a dépoussiéré cet instrument dont il est le plus solide représentant sur la planète. Véritable institution aux USA, il promène sa mandoline dans un répertoire allant du baroque à la country, du rock aux musiques contemporaines ; chacun de ses récitals se transforme en un événement imprévisible où peuvent se croiser Bach, Radiohead et Johnny Cash : nous l'invitons en PB Live, le 16 mars 2017, aux Subsistances. La billetterie est ouverte.

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Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

PB Live | Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 18 mai 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade que l'on pourra savourer en PB Live la saison prochaine. Ce sera le mercredi 9 novembre, dans un cadre soigné : le Temple Lanterne, dans le 1er arrondissement. Les deux protégés du label Infiné (Bachar Mal-Khalifé, Rone, Clara Moto...) trouveront là un écrin à leur juste mesure pour dévoiler les merveilles de leur dernier album récemment paru, Al Viento, poursuivant ces échanges de cordes familiaux entamés dès 2011 avec Barlande, à l'initiative du fils, alors enregistré à New York.

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The Apartments en aparté

Pop | Génie au destin contrarié et tragique, tiré d'une retraite que l'on pensait définitive par une poignée de fans français, Peter Milton Walsh aka The Apartments vient se livrer sur scène en trio acoustique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 avril 2016

The Apartments en aparté

« Une vie pleine d'adieux », A Life full of Farewells (1995) resta longtemps le dernier album de The Apartments — on met volontairement Apart (1997) à part —, celui avec lequel de fidèles fans firent leur deuil d'un "groupe" depuis longtemps porté par le seul Peter Milton Walsh, songwriter australien au nom et manières de poète dandy romantique anglais et à la carrière ad hoc : un Paradis perdu d'avance. Entre fulgurances musicales, coups d'arrêts, ruptures, dépressions et coups du sort, Peter Milton Walsh n'a jamais eu le loisir de récolter la gloire connue à divers degrés par ses amis The Saints, The Go-Betweens (dont il fut un temps le quatrième membre), Mick Harvey ou Nick Cave. Mais en voulait-il vraiment ? « J'ai peut-être eu l'envie, il y a un siècle, quand j'avais 18 ans à Brisbane, de devenir la plus grande rock star du monde, rigole-t-il, mais tout a déraillé si vite... La musique n'est pas qu'une activité spirituelle, c'est aussi une discipline et un business : écrire, enregistrer, répéter, faire de la promo, tourner, et recommencer avec un autre disque, je n'ai jamais été très doué pour ça. » Qui plus

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Un festival de Kahane

MUSIQUES | Jeudi soir 24 mars, c'est Gabriel Kahane, petit génie new-yorkais inconnu qui a continué, accompagné du Quatuor Debussy, l'année 2016 des Petit Bulletin Live, concoctés par Rain Dog Productions. Dans le Hangar des Subsistances, empli d'un public captivé, le musicien protéiforme a livré une prestation impressionnante de variété, de maîtrise et de décontraction qui ne devraient pas faire oublier l'essentiel : l'émotion transmise à un public qui dans sa grande majorité l'entendait pour la première fois. Et sûrement pas la dernière.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 mars 2016

Un festival de Kahane

« Espiègle génie de la pop. » C'est avec tout l'attirail charrié par les mots dithyrambiques de Time Out New York que Gabriel Kahane s'est présenté, ce jeudi 24 mars au soir, dans le Hangar des Subsistances pour son Petit Bulletin Live. Espiègle étant sans doute le terme qui l'emporta et Dieu sait si le génie et la pop furent au rendez-vous. Accompagné du Quatuor Debussy qui officiait hier pour la troisième fois d'affilée dans ces concerts très spéciaux après une double prestation aux côtés de Yael Naïm, le petit new-yorkais semblait particulièrement détendu pour ne pas dire carrément laid-back en dépit d'un problème de pédales d'effet qui n'eut pas l'heur de le perturber beaucoup. Pédagogue et bilingue, s'amusant beaucoup de l'usage (excellent mais pudique et plein d'autodérision) qu'il fait de la langue française, visiblement heureux comme un gosse dans un magasin de bonbons, Gabriel Kahane avait à cœur d'expliquer à coups d'intermèdes parlés le propos de son album The Ambassador qu'il venait présenter en tout premier lieu à un public aux trois-quarts novice à son sujet. Mais que l'on ne s'y trompe pas, si Gabriel Kahane est semble-t

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L'esprit de Kahane

MUSIQUES | Virtuose aux talents multiples comme New York en a produit de bien beaux ces derniers temps, compositeur — au sens classique du terme — songwriter, storyteller, Gabriel Kahane est surtout un génie, d'une grande humilité, de la variation sur un même thème. Il le prouve sur le sublime album The Ambassador, dédié aux mystères de Los Angeles, que ce caméléon vient nous présenter en PB Live.

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mars 2016

L'esprit de Kahane

Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des personnalités multiples qui reviennent le hanter. Il est à la fois Carter mais aussi Josh, un garçon apeuré, Margot, et surtout Caïn, son double maléfique. Un trouble de la personnalité, certes musicale, c'est toujours ce que nous évoque cette scène new-yorkaise (Nico Muhly, Sufjan Stevens, Bryce Dessner de The National). Élevés au grain de la formation académique et de l'expérimentation tout autant qu'exposés à l'ère du temps pop, tout se passe comme si chacun d'eux, pris de schizophrénie, avait développé un "monstre" intérieur à plusieurs têtes qu'il faudrait nourrir par tous les moyens : ballet le lundi, pièce de danse le mardi, tube pop le mercredi, morceau de chambre le jeudi, concert acoustique le vendredi et avec orchestre le samedi. À bout de genre Cet Esprit de Caïn c'est aussi un peu l'Esprit de Kahane. Gabriel de son prénom. Moins connu dans nos contrées, cet autre new-yorkais ne déroge guère à la description que l'on vient de faire de ses amis. Alliant avec la m

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The Apartments en PB Live

MUSIQUES | On en n'avait même pas rêvé, Rain Dog Prod l'a fait : un PB Live avec les mythiques Apartments de Peter Milton Walsh, (vrai-faux) groupe australien à (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 février 2016

The Apartments en PB Live

On en n'avait même pas rêvé, Rain Dog Prod l'a fait : un PB Live avec les mythiques Apartments de Peter Milton Walsh, (vrai-faux) groupe australien à la trajectoire sinueuse et aux albums indispensables (Drift, The Evening Visits..., A Life Full of Farewell) qui ont marqué l'histoire de l'indie pop à coups de tubes délicats et d'arrangements soyeux. Les fans vont venir de loin pour assister à ce moment historique, sis le 26 avril au Marché Gare. Places en vente dès ce vendredi 5 février via les réseaux habituels.

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Yael Naim de retour en avril

MUSIQUES | Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 18 décembre 2015

Yael Naim de retour en avril

Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous savez ce qu'on dit : jamais deux sans trois. Notez donc que tout cet intrépide petit monde (dont on peut entendre une première collaboration sur l'EP Older Revisited) se retrouvera le 9 avril, cette fois à la Salle Rameau, et une fois encore sous notre bannière oculaire.

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PB Live : Gabriel Kahane, un prodige pop aux Subsistances

MUSIQUES | Au sein de la (de plus en plus) grande famille de ces jeunes musiciens nourris de classicisme et de Philipglassisme qui aiment venir caresser la pop (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 décembre 2015

PB Live : Gabriel Kahane, un prodige pop aux Subsistances

Au sein de la (de plus en plus) grande famille de ces jeunes musiciens nourris de classicisme et de Philipglassisme qui aiment venir caresser la pop de leur génie savant (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National), Gabriel Kahane fait figure de nouvelle sensation. Nouvelle, car sa réputation commence doucement mais sûrement à franchir l'Atlantique. Sensation parce qu'il se dégage de sa musique quelque chose d'atmosphérique qui doit autant à la musique de chambre qu'au jazz, au néo-classique qu'au crooning, aux traditionals qu'à la sophistication du high concept (un album inspiré par le site de petites annonces Craigslist, un autre par la topographie de Los Angeles). Puisque Kahane nous fait l'honneur de visiter la France depuis Brooklyn et avant qu'on ne nous le pique définitivement, l'occasion était trop bonne d'en faire un PB Live exceptionnel à plusieurs titres : d'abord parce qu'il se produira aux Subsistances (une première pour un PB Live), le 24 mars prochain, ensuite parce que ce collaborateur régulier du Kronos Quartet sera accompagn

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Yael Naim : c'est complet, mais...

MUSIQUES | Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

Yael Naim : c'est complet, mais...

Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances avec le climat menaçant qui est le nôtre en ce moment. Cette fois, nous avons le plaisir de vous faire savoir que celui scellant les retrouvailles de Yael Naim et du Quatuor Debussy le 30 janvier à la Chapelle de la Trinité est complet. Pour la peine, ils remettront le couvert le lendemain, le 31 donc, au même endroit. Au figuré hein ! http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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«La musique de Glass : une invitation à contempler» - Interview de Bruce Brubaker

MUSIQUES | Reconnu comme l'un des meilleurs interprètes de Philip Glass, le pianiste new-yorkais Bruce Brubaker a publié chez Infiné "Glass Piano", où il reprend les incontournables pour piano solo du maître de la musique dite minimaliste. Il présentera la chose au Sucre à l'occasion du premier PB Live de la saison. Explication (et interprétation) avec l'intéressé.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 octobre 2015

«La musique de Glass : une invitation à contempler» - Interview de Bruce Brubaker

Pourquoi cette fascination pour le travail de Philip Glass ? Que représente-t-il pour un musicien tel que vous ? Bruce Brubaker : Pour moi, certains des morceaux que Philip a écrit pour le piano ouvrent un territoire d'expérience et de temps musicaux qui ne seraient tout simplement pas accessibles autrement ! Bien sûr, il y a là de jolis sons et des harmonies qui nous comblent émotionnellement mais, plus que tout, leur qualité première et d'être dans l'instant, le présent et de nous y projeter – maintenant ! Reste qu'on peut légitimement se demander à quoi bon jouer les oeuvres de Philip Glass à sa place. C'est un peu, toute proportion gardée, comme jouer du Mozart avec Mozart regardant par-dessus votre épaule. Que peut-on apporter à ces œuvres de plus que leur auteur ? Pour moi, le circuit musical complet de la “musique écrite” se décline comme suit : l'auteur de la musique, l'interprête et ensuite l'auditeur. Chacune de ces composantes est nécessaire. Quand un auteur a terminé d'écrire, son texte peut-être lu de bien des manières différentes. Il est très intéressant d'entendre un compositeur jouer sa propre musique, mai

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La musique de chambre sans domicile fixe

ACTUS | ​Le lyrique a l’Opéra, le symphonique l’Auditorium, le baroque la Chapelle de la Trinité… Mais : et la musique de chambre ?

Philippe Yves | Mardi 22 septembre 2015

La musique de chambre sans domicile fixe

À Lyon, la question se pose pour les mélomanes en quête d'intimité, du plaisir d’écouter la musique en petit format, comme pour ceux qui préfèrent l’épure des sonates et quatuors aux grands raouts orchestraux. Où écouter – et dans de bonnes conditions sonores – de la musique de chambre ? L’offre de concerts est pourtant abondante et de qualité, mais les lieux pas toujours appropriés. À l’ONL, les membres de l’orchestre se produisent dans l’immensité du plateau de l’Auditorium, tandis que ceux de l’Orchestre de l’Opéra investissent le cadre sublime – mais acoustiquement discutable – du Grand Studio du Ballet. L’association Fortissimo, elle, présentera une septième saison de concerts alléchante en invitant de très beaux artistes à se produire dans le cadre peu glamour et si mal identifié du Palais de la Mutualité – Salle Édouard Herriot (vous connaissez ?) où, là encore, l’écrin n’est pas à la hauteur. Dis, Molière, quand reviendras-tu ? Et pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le joyau lyonnais de la musique de chambre, c’est assurément la Salle Molière, port idéal en tout point de la musique de chambre (600 places, acoustique cha

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Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

MUSIQUES | Philip Glass joué par Bruce Brubaker au Sucre, Yael Naim qui fricote pour la quasi première fois avec le Quatuor Debussy en la Chapelle de la Trinité et le retour de San Fermin au Marché Gare : cette saison, le PB Live voit triple.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

Bruce Brubaker, San Fermin et Yael Naim ouvrent la saison 2015/2016 des PB Live

On avait laissé les Petit Bulletin Live résonner sur les dernières notes du Songs of Time Lost de Piers Faccini et Vincent Segal au Temple Lanterne en novembre dernier – ces derniers y refaisant un passage le 10 décembre. Certes, le temps fut long, mais comme l'a chanté Francis Lalanne, «on se retrouvera», et ce dès le 21 octobre. Et pas avec Francis Lalanne, c'est dire si le public est gâté. Et pas que pour une seule date, mais trois. Cette année, le PB Live, après une remise en forme, s'est converti à la tactique bien connue de Jacques Anquetil et de notre précieux et enthousiaste partenaire Rain Dog Productions :«On part à fond, on accélère au milieu et on finit au sprint.» Donc on part à fond, avec du lourd et du pointu, un bon 53x12 en langage cycliste mais qui, une fois lancé, roule tout seul : Bruce Brubaker joue Glass. Au Sucre. Parce que personne ne joue mieux Glass que Brubaker, à part peut-être Glass lui-même. On y revient de toute façon très vite. Sachez simplement que, interprétées par un tel virtuose, les études pour piano solo de Philip Glass,

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Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

MUSIQUES | À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable, plus travaillée et surtout plus publique (la capacité du Lavoir étant ce qu'elle est). La chanteuse et le quatuor baroque se retrouveront donc le 30 janvier 2016 en la Chapelle de la Trinité pour un PB Live forcément exceptionnel (ils le sont toujours) qui revisitera avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de Yael. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. Informations et préventes : http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

MUSIQUES | «Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane.» Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème "Alla Zingarese" : à la tzigane. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine de jours durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on re

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"Opus" : musique de haute voltige

SCENES | En 2013, les Nuits de Fourvière étaient illuminées par "Opus", rencontre au sommet de la compagnie Circa et du quatuor Debussy le temps d'une vision sublimée d'un art collectif. Bonne nouvelle, celles de 2015 le sont aussi. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 juin 2015

René Magritte, surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre «Ceci n'est pas une pipe». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée «Ceci n'est pas du cirque», tant c'est bien plus que cela. Comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa (venue l'an passé avec le troublant et féerique Beyond) se font les fervents représentants, accompagnés par le quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis plus 25 ans réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle où les corps repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou e

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Prochain PB Live : Philip Glass par Bruce Brubaker

MUSIQUES | Pianiste virtuose considéré comme l'un des maîtres actuels de la musique répétitive, c'est Bruce Brubaker qui ouvrira en grand la saison des Petit Bulletin (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 1 juin 2015

Prochain PB Live : Philip Glass par Bruce Brubaker

Pianiste virtuose considéré comme l'un des maîtres actuels de la musique répétitive, c'est Bruce Brubaker qui ouvrira en grand la saison des Petit Bulletin Live pour un concert exceptionnel au Sucre le 21 octobre. Au menu, l'une de ses spécialités : la (ré)interprétation de l'oeuvre pour piano solo de Philip Glass. Mieux : dans l'esprit du Philip Glass Ensemble primordial qui squattait lofts et galeries, Brubaker évoluera devant un public qui aura tout loisir de choisir sa position d'écoute (debout, assis, couché) dans un rooftop laissé à nu et prêt à accueillir l'hypnose minimaliste. Billetterie : http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Musique-classique-BRUCE-BRUBAKER-PLAYS-PHILIP-GLASS-LYBRU.htm

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Souvenirs du PB Live d'Alela Diane

MUSIQUES | C'était le 12 juin 2014. Sous une chaleur accablante, Alela Diane faisait littéralement suffoquer la Salle Rameau lors du dernier PB Live de la saison (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 8 mars 2015

Souvenirs du PB Live d'Alela Diane

C'était le 12 juin 2014. Sous une chaleur accablante, Alela Diane faisait littéralement suffoquer la Salle Rameau lors du dernier PB Live de la saison avec quelques-uns de ses classiques et les morceaux de son dernier et magnifique disque de rupture About Farewell. Un pur moment de grâce folk à couper au couteau que la Californienne a tenu à bout de voix, comme en témoigne les trois extraits du concert que nous vous proposons de (re)voir ci-dessous.

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Retour au Temple

MUSIQUES | Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 décembre 2014

Retour au Temple

Magie du Temple Lanterne ou des deux invités de cette soirée ? Les deux sans doute. Toujours est-il que vendredi soir, lors de la première de la saison 2 du PB Live avec Vincent Segal et Piers Faccini, il y eut du recueillement et de l'extase. Avec leurs reprises de chansons italiennes, de Townes Van Zandt (sublime version de Quicksilver Dreams of Maria) et d'Alain Péters (Piers chantant en créole, savoureux), présentes sur leur disque Songs of Time Lost, mais aussi quelques unes piochées dans les albums solo de Piers (Where Angels Fly, entre autres), le duo a fait exploser le Temple d'émotion. Quand l'un faisait soudain sonner son violoncelle comme un hautbois, l'autre jouait de la guitare comme on use d'une kora malienne ou se paraît d'une voix de crooner qui réchauffait les murs pierreux du lieu. Sur Dicitencello Vuje, on a même vu une vieille dame en larmes. Comme c'était complet, dans tous les sens du terme, voici pour consoler les absents une vidéo de leur prestati

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Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

MUSIQUES | En 25 ans d'une belle amitié musicale, Piers Faccini et Vincent Segal n'ont jamais cessé, dans leurs chambres ou sur scène, de revisiter les chansons des autres - mais aussi les leurs. Et viennent enfin d'en tirer un très beau disque, "Songs of Time Lost". Le violoncelliste de Bumcello se confie sur ce projet qui le lie au barde anglo-italien.

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 novembre 2014

Piers Faccini & Vincent Segal, les compagnons de la chanson

Vous connaissez Piers Faccini depuis 25 ans et n'avez jamais cessé de vous produire avec lui. Vous avez même réalisé son premier album Leave No Trace. Pourtant, Songs of Time Lost est votre premier vrai disque ensemble. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Vincent Segal : Pour moi Leave no Trace a été tout aussi important. Je me suis tellement investi, en termes de composition, au niveau des idées, que même si ce n'était pas mon album, il a été très important dans ma vie de musicien. Songs of Time Lost est né d'une proposition de Laurent Bizot du label No Format. Ca faisait des années qu'il nous entendait jouer ensemble. Il venait nous voir régulièrement aux Bouffes du Nord et nous demandait sans cesse pourquoi on n'enregistrait pas un album en mode violoncelle-guitare-voix. Ca ne nous était même pas venu à l'idée tellement jouer ensemble nous était naturel, que ce soit sur une scène ou à la maison. Comment vous êtes-vous retrouvés sur le choix de ce répertoire entre ancienne

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Le Temple retrouvé

MUSIQUES | En ouverture de sa saison 2, le PB Live accueillera la rencontre soyeuse entre le violoncelliste polymorphe Vincent Segal et l'Anglo-italien aux semelles de vent et à la voix de velours Piers Faccini. Le projet pour nom "Songs of Lost time". On gagne pourtant bien plus que son temps à se pencher dessus. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Le Temple retrouvé

On dit parfois qu'il n'y a pas de hasard. On peut pourtant jurer que nous ne l'avons pas fait exprès, même à ceux qui pensent que le Petit Bulletin et Rain Dog Productions ont choisi d'ouvrir chaque saison du PB Live (bon, nous n'en sommes qu'à la deuxième, les conclusions sont peut-être hâtives) par un duo d'artistes franco-apatrides baladant le désormais classique violoncelle-voix sur des esthétiques vouées à faire le tour du Monde, de ses musiques et de ses langues. Et qui va même jusqu'à nous servir aussi un morceau en créole. C'est vrai, on le reconnaît à bien des égards, ce projet entre un chanteur polyglotte (également guitariste, voilà une nuance de taille) et un violoncelliste multi-tâche à la culture musicale dépliable à l'infini pourra rappeler le "Birds on a Wire" de Rosemary Standley et Dom La Nena que nous vous avions présenté en ouverture de ce que nous appellerons la saison 1 du PB Live. Et oui, quelle meilleure façon d'ouvrir cette saison deux que par un écho fut-il lointain

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Cordes en voyage

MUSIQUES | En plein cœur de l’Ardèche, le Festival Cordes en Ballade prépare une seizième édition latine. Le Quatuor Debussy à la commande depuis l’origine, on s’attend à de l’inattendu, forcément ; à de l’humour et du décalage parfois ; à de la haute volée musicale toujours. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 26 juin 2014

Cordes en voyage

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, "On en pince pour les cordes" explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l'année suivante, "Welcome America !" déroulait une humoristique "Route 07" musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtil de musique classique, contemporaine et de jazz, sous l'intitulé "De Bach à Haydn, la musique en héritage". Pour l’édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec "Viva Latina !", c’est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne.   Métissage, éclectisme et jubilation   Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu’ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c'est peu dire que l

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Les chansons de Ronan

MUSIQUES | Ronan Siri a des airs d'adolescent mais une voix qui fait largement plus que son âge. A vingt-quatre ans, le jeune Lyonnais a déjà pas mal de bouteille. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Les chansons de Ronan

Ronan Siri a des airs d'adolescent mais une voix qui fait largement plus que son âge. A vingt-quatre ans, le jeune Lyonnais a déjà pas mal de bouteille. Ce qui ne l'empêche pas, au prétexte que vous l'avez interviewé une fois à ses débuts, de vous envoyer de temps en temps l'une de ses nouvelles chansons pour avis, ou de quémander quelques conseils d'écoute pour étoffer ses références.  Découvert par Benjamin Biolay, qui l'a immédiatement invité à ouvrir pour lui lors d'un concert caladois en 2011, Ronan Siri a fait parler de lui avant même d'avoir enregistré le moindre disque. Ce qu'il a fini par faire avec très bel EP To Be Twin Sides, un coup d'essai qui, pour les amateurs de folk léché façon Ray LaMontagne/Vandaveer, est un petit coup de maître en matière de songwriting.     Il fau

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Comme un poisson dans l'opéra

SCENES | Sept ans après sa création à (feu) la Biennale du Théâtre jeune public, voici revenir "Jérémy Fisher", conte lyrique sur l’altérité et le courage d’être soi. On replonge. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Comme un poisson dans l'opéra

Le récit tient en une phrase : un couple de pêcheurs engendre un enfant aux mains palmées et qui se recouvre d’écailles en grandissant. De cette histoire tragique et fantasmagorique, écrite par Mohamed Rouabhi en 2002, Michel Dieuaide a fait, cinq ans plus tard, un conte lyrique destiné aux enfants. Les travaux d'une telle importance à l'adresse des futurs spectateurs de "grandes" pièces sont rares ; ceux qui ne les considèrent pas comme un public au rabais encore plus. Le prestigieux Quatuor Debussy et sans cesse renouvelée Maîtrise de petits chanteurs de l’Opéra sont aux commandes de celui-ci. Michel Dieuaide, ancien co-directeur de la Biennale du Théâtre jeune public et du Théâtre des Jeunes années – avant qu’il ne devienne le TNG avec Nino d’Introna – assure lui la mise en scène, organisant le plateau comme un large espace de lecture, avec un îlot central d’où est dite l’histoire et des galets parsemés tout autour comme autant de sièges pour les enfants de la Maîtrise qui, même lorsqu’ils ne chantent pas, sont totalement acteurs du spectacle. Le Quatuor n’est lui non plus pas relégué à une fosse, mais parti prenante du dispositif - au point d'être parfois pris à part

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Taureau ailé

MUSIQUES | Découvert à l'automne sur la foi d'un album à se damner lointainement inspiré d'un célèbre roman d'Hemingway, San Fermin s'affirme comme l'une des plus fascinantes formations musicales de ces derniers mois. A sa tête, le jeune prodige Ellis Ludwig-Leone, formé à Yale et aux côtés de Nico Muhly, qui amène sa petite troupe au théâtre Les Ateliers, pour un PB Live en haute altitude. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Samedi 12 avril 2014

Taureau ailé

Ludwig-Leone. Difficile de trouver nom plus doublement prédestiné au succès musical. Pourtant à l'adolescence, le jeune Ellis, fils d'artistes peintres, rêve surtout de basket-ball. S'il ne fera pas carrière, c'est en pratiquant ce sport qu'au lycée, il rencontre Allen Tate. Mais les deux partagent une autre passion, moins assumée, qui les rend définitivement inséparables : «Dans mon lycée, raconte Ellis, personne ne se souciait de musique. Trouver quelqu'un d'aussi passionné qu'Allen avec qui partager cela a été très important. On a alors commencé à travailler ensemble». Mais l'expérience tournant court, les deux amis se retrouveront plus tard. Pour l'heure, Ellis file à Yale travailler à l'art de la composition, à la direction d'orchestre et surtout «à briser le schéma couplet-refrain». A la même période, il est l'assistant du protée musical Nico Muhly, lui-même ancien disciple de Philip Glass, avec lequel il apprend aussi à désapprendre : «Nico a été essentiel,

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Alela Diane en Petit Bulletin Live

MUSIQUES | A une semaine du concert de Benjamin Clementine et à un mois de celui de San Fermin, nous avons le plaisir de vous confirmer la venue, le 12 juin (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 21 mars 2014

Alela Diane en Petit Bulletin Live

A une semaine du concert de Benjamin Clementine et à un mois de celui de San Fermin, nous avons le plaisir de vous confirmer la venue, le 12 juin prochain, à la Salle Rameau, de la songwriter à la voix d'ébène Alela Diane. Mise en vente des billets pour ce concert exceptionnellement intimiste (elle se produira en solo) : ce samedi 22 mars à 10h.

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San Fermin en PB Live

MUSIQUES | Nous avons l'honneur et la fierté de vous annoncer que la première date de la tournée française de San Fermin, formidable octuor de Brooklyn que d'aucuns (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 7 février 2014

San Fermin en PB Live

Nous avons l'honneur et la fierté de vous annoncer que la première date de la tournée française de San Fermin, formidable octuor de Brooklyn que d'aucuns présentent comme le rejeton des Dirty Projectors et de Sufjan Stevens (et de Shearwater, The Divine Comedy, Arcade Fire... n'en jetons plus), sera un Petit Bulletin Live. Rendez-vous le 18 avril aux Ateliers, cadre aussi intime qu'inhabituel pour un concert de ce calibre, pour l'épiphanie. Plus d'informations ici : http://www.petit-bulletin.fr/live/index.html

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Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

MUSIQUES | Le Londonien Benjamin Clementine a été la sensation de l’hiver musical, enflammant notamment les Transmusicales de Rennes. Il y a de fortes chances qu’il en fasse de même au Sucre pour la deuxième édition du Petit Bulletin Live. Attention claque en vue. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2014

Benjamin Clementine en Petit Bulletin Live

Ses mains courent sur le clavier comme deux veuves noires aux pattes explosives. Autour s'enroule une voix qui semble charrier les tourments de mille vies, serpente en terrain miné, susurre avant d’exploser. Il n’y a pas de mesure chez Benjamin Clementine, pas de retenue. Il s’agit de mettre son cœur sur la table, quitte à ce qu’il soit suffisamment lourd pour la renverser, suffisamment leste pour voler le vôtre, ou peut-être lui infliger des détonations tachycardes. Clementine est un casse-cou qui tord celui de la norme et de la normalité. L'un de ces monte-en-l’air et autres équilibristes de l’interprétation qui n'en sont pas moins prêts à se jeter dans le vide, en saut de la foi, si c’est là le prix du frisson, de la rédemption, de l'émotion. On ne va pas vous refaire le coup du type désoeuvré mais génial découvert dans le métro parisien, ça n’impressionne plus grand monde tant c’est quasiment monnaie courante. Le chanteur londonien d'origine ghanéenne a sans doute de quoi toucher par son histoire, peut-être digne du Pip des Grandes Espérances dickensiennes. Mais serait-elle une page blanche, cette histoire, que l’expérience Clementine n’en serait pas m

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Le premier PB Live, un succès

MUSIQUES | Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux (...)

Benjamin Mialot | Lundi 18 novembre 2013

Le premier PB Live, un succès

Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux tourner. Merci à tous ceux qui ont passé leur dimanche soir en notre compagnie et celle de Rosemary Standley et Dom La Nena plutôt qu'en celle de Thomas Sotto. En attendant la disponibilité de la captation du concert (quelques extraits sur notre site, une diffusion sur TLM) et des informations sur notre prochaine date, voici de quoi vous remémorer cette belle soirée.

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Le petit oiseau va sortir

MUSIQUES | Pour la première édition de PB Live, Rosemary Standley et Dom La Nena se produiront à la Chapelle de la Trinité le 17 novembre en duo violoncelle-voix. Au menu : "Birds on a Wire", un répertoire de reprises surprenantes courant de Monteverdi à John Lennon, en passant par Leonard Cohen ou Purcell. La chanteuse de Moriarty revient pour nous sur la genèse de ce projet singulier. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 17 octobre 2013

Le petit oiseau va sortir

Comment est né le projet "Birds on a Wire" ? Rosemary Standley : Au départ c’est une initiative de Madame Lune [producteur de concerts et du festival Les Rendez-vous de la Lune, NdlR]. J’ai commencé avec la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton mais elle a dû arrêter et a pensé à Dom La Nena pour la remplacer. Notre première répétition a été déterminante. Dom vient du classique mais a accompagné beaucoup d’artistes pop en tant que violoncelliste : Piers Faccini, Jane Birkin, Camille… Son oreille et son ouverture dans sa façon de jouer laissaient enrevoir un très grand champ de possibilités. Vous semblez avoir une inclination particulière pour l’exercice de la reprise, que ce soit avec Moriarty [dont le récent album est un album de reprises et dont on se rappelle la version du Enjoy The Silence de Depeche Mode, NdlR] ou vos derniers spectacles [Queen of Heart à la Bastille, NdlR]... Oui, depuis toujours ça fait partie de moi. Je suis née dans une famil

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Il pleut des cordes

MUSIQUES | Pour la quinzième édition de Cordes en Ballade, intitulée "De Bach à Haydn, la musique en héritage", le quatuor Debussy a mijoté une programmation culottée et jouissive, remplie de petits objets musicaux rares. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 18 juin 2013

Il pleut des cordes

Quinze ans que le Quatuor Debussy imagine avec Cordes en Ballade un festival pour tous, les érudits et les grands connaisseurs de musique de chambre comme les vacanciers en tongs assoiffés de beauté. Quinze ans qu'il fidélise au cœur de l'Ardèche un public toujours plus en demande et fait venir les interprètes les plus prestigieux que compte la musique contemporaine et, cerise sur les cordes, renouvelle la forme même de l'événement, fort des parti pris et de l'audace artistique qu'on lui connaît - quel que soit le projet, quel que soit le lieu, ses membres ont toujours des idées plein leur tête bien faite. Cordes en Ballade respire en effet la santé et cette édition 2013, qui déroulera le tapis rouge pour Bach et Haydn d'une façon aussi singulière que décalée et émouvante, ne devrait pas changer la donne.  Bizarre, bizarre… Dans un contrepied dont ils ont le secret, les Debussy ont invité marionnettistes, danseurs de hip hop et musiciens de jazz à magnifier les œuvres des deux maîtres du baroque aux côtés de la violoniste Hélène Schmitt et de la violoncelliste Ophélie Gaillard. La soi

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Musique de chambre avec vue

MUSIQUES | Dans le monde confidentiel de la musique de chambre, le Quatuor Debussy fait office d’ovni bienvenu. Il propose à l’infini des rencontres avec des univers artistiques étonnants : choc esthétique assuré. Depuis plus de vingt ans, les quatre instrumentistes font le bonheur des mélomanes avides de nouveautés fines et réjouissantes. Rencontre avec Christophe Collette, la force tranquille du Quatuor. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Dimanche 26 février 2012

Musique de chambre avec vue

Que dire de votre identité ? De cette pâte sonore qui vous rend si reconnaissable ?Christophe Collette : On nous a toujours dit, depuis les premières notes que nous avons jouées, que nous avions une sorte de "palette française". Certains quatuors mettent en avant une virtuosité, une puissance sonore. Notre définition du son se trouve plus dans la finesse, dans la transparence, dans l’équilibre entre les voix. Ce qui fait notre force, c’est que nous allons souvent nous confronter aux autres arts. La saison prochaine nous allons nous frotter au monde de la marionnette : nous préparons un très beau spectacle avec la Compagnie Émilie Valantin autours d’un conte de Perrault et des quatuors de Haydn. Nous allons également nous confronter au jazz, au tango, au slam, au rap. Nous avons toujours envie de décloisonner. Le changement de violoncelliste, voilà une saison, a t-il fragilisé l’identité du Quatuor ?Ce changement était volontaire et s’est fait dans la douceur puisque nous avons répété quatre mois avec les deux violoncellistes. Contrairement à ce qu’on peut penser, un changement, s’il est bien préparé, reste un enrichissement p

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L’opéra a du nez

MUSIQUES | L’Opéra de Lyon ouvre sa saison avec un Nez d’anthologie, étonnant et déconcertant, celui de Dimitri Chostakovitch, compositeur russe plus connu pour sa musique de chambre sombre et bouleversante, que le quatuor Debussy fera entendre en parallèle de l'événement. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 29 septembre 2011

L’opéra a du nez

Le Nez, qui vient d’avoir un vif succès au Festival d’Aix cet été, arrive à Lyon et les mélomanes de tous poils vont être séduits, c’est certain. Le triomphe d’Aix n’est pas dû au hasard. Prenons un bon chef à la tête de l’orchestre de l’opéra — Kazushi Ono ; un plasticien-metteur en scène hors cadre, au regard décalé et amusé sur le monde de l’opéra — le Sud-africain William Kentridge ; et une œuvre peu connue d’un compositeur russe visible mais pas trop : vous obtiendrez un moment singulier, une expérience unique. Le Nez, c’est tout d’abord une nouvelle surréaliste de Nicolas Gogol, avant de devenir le premier opéra de Dimitri Chostakovitch, écrit lorsque le compositeur avait 24 ans. L’intrigue peut paraître simple : Platon Kovaliov découvre un matin que son nez a disparu. Passé un moment de stupeur, il part à sa recherche. Après de nombreuses et loufoques péripéties, le nez reviendra a sa place. Les audaces de cette œuvre ont vite été sanctionnées : le Nez fut interdit par le régime soviétique en 1930, juste après sa création. Sous la baguette de Kazushi Ono, l’orchestre se donne sans compter et offre avec générosité toute l’ironie et l’âpreté de la partition, montre toutes l

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