Cinq bonnes raisons d'aller à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Les festivals s'effeuillent en cette fin d'hiver : au tour de Jazz à Vienne de présenter son programme, relevé et concentré sur les valeurs sûres. Voici notre top 5 (et la programmation complète en bas d'article).

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Photo : © DR


Chic feat. Nile Rodgers

Le retour en force du génial Nile Rodgers initié par sa collaboration avec Daft Punk et Pharrell Williams sur Get Lucky entraîne évidemment le come-back de Chic (ou ce qu'il en reste, c'est à dire Nile) sur les grandes scènes de festivals. Revue de tubes en approche : des pépites disco composées avec son acolyte Bernard Edwards (disparu en 1996) à celles concoctées pour d'autres (Sister Sledge, Diana Ross remise en selle par Upside Down, le Let's Dance de Bowie…), le théâtre va onduler du bodjo, sévèrement. Plaisir pur.

Au Théâtre Antique le samedi 2 juillet

Ibrahim Maalouf

Le génial trompettiste d'origine libanaise s'est imposé durablement sur la scène jazz et au delà, depuis son premier album Diasporas en 2007. Réussissant à se frayer un chemin original et à défricher des pistes inexplorées, si ce n'est parfois par Jon Hassell, Ibrahim Maalouf mêle sonorités orientales et jazz, parfois saupoudrées d'une fine influence hip hop ou électronique. Mystique voyage.

Au Théâtre Antique le mardi 28 juin

Randy Weston

Pianiste virtuose, précurseur d'un jazz fortement mâtiné d'Afrique, il s'est installé un temps au Maroc où il a beaucoup œuvré autour de la musique gnawa. Beaucoup de ses disques sont des chefs d'œuvre et vu le groupe qui l'accompagne cette année à Vienne, de Cheick Tidiane Seck à Mohamed Abozekry, ont peut imaginer d'ores et déjà la transe que son African Rhythms Quintet va propager dans les travées.

Au Théâtre Antique le lundi 4 juillet

John McLaughlin

Un gars qui jouait sur le Bitches Brew de Miles Davis mérite assurément que l'on retourne le voir à chaque passage dans la région. Il sera accompagné cette fois de son groupe The 4th Dimension, aux échappées fusion, plus proche du son Mahavishnu Orchestra du début 70's que des envolées indiennes de Shakti.

Au Théâtre Antique le jeudi 7 juillet

Blick Bassy

On l'avait déjà repéré, mais la parution l'an dernier de Akö, son troisième album, a confirmé nos impressions : Blick Bassy est assurément l'un des grands de la musique africaine d'aujourd'hui. Le Camerounais s'est replongé dans le blues un soir de panne d'électricité dans son village du Nord-Pas-de-Calais, dit-il, avec Skip James comme ombre tutélaire de ce disque tout en subtilité et finesse que l'on a hâte de voir retranscrit live.

Au Club de Minuit le mardi 5 juillet

Au Théâtre Antique :

Mardi 28 juin
- Ibrahim Maalouf

Mercredi 29 juin
- Hommage à Chet Baker avec José James, Piers Faccini, Sandra Nkaké, Camelia Jordana, Yael Naim, Stéphane Belmondo, Airelle Besson…
- Erik Truffaz 4tet feat. Oxmo Puccino

Jeudi 30 juin
- Caravan Palace
- Pink Martini

Vendredi 1er juillet
- Goran Bregović & l'Orchestre des mariages et des enterrements
- Sanseverino

Samedi 2 juillet
- Chic feat. Nile Rodgers
- Jacob Collier

Lundi 4 juillet
- Randy Weston African Rhythms 5tet + special guests : Cheick Tidiane Seck, Ablaye Cissoko & Mohamed Abozekry
- Lisa Simone

Mardi 5 juillet
- Diana Krall
- Hugh Coltman

Mercredi 6 juillet : Hommage à Django Reinhardt
- The Amazing Keystone Big Band + special guests : James Carter & Stochelo Rosenberg
- Angelo Debarre & Marius Apostol

Jeudi 7 juillet
- John McLaughlin & The 4th Dimension
- Scofield / Mehldau / Guiliana

Vendredi 8 juillet
- Beth Hart
- Imelda May

Samedi 9 juillet
- Yaël Naim
- Esperanza Spalding presents : Emily's D + Evolution
- Ibeyi

Dimanche 10 juillet : Gospel
- Tonya Baker
- Joyful

Lundi 11 juillet
- Chick Corea 75th birthday celebration with Wallace Roney, Kenny Garrett, Christian McBride & Marcus Gilmore
- Gregory Porter

Mardi 12 juillet
- Seal
- Cecile McLorin Salvant

Mercredi 13 juillet
- nOx.3 - Lauréat RéZZo Focal Jazz à Vienne 2015
- Robin McKelle

Vendredi 15 juillet
- The J.B.'S original James Brown band
- Faada Freddy
- Kamasi Washington
- Cory Henry

Vendredi 15 juillet : Blues
- Buddy Guy
- Shakura S'Aida
- Selwyn Birchwood

Au Club de Minuit :

Jeudi 30 juin
- Liro Rantala

Vendredi 1er Juillet
- Babies /Roberto Negro & Théo Ceccaldi

Samedi 2 Juillet
- Sons of Kemet

Mardi 5 Juillet
- Blick Bassy

Mercredi 6 Juillet
- James Carter Trio

Jeudi 7 Juillet
- Kevin Seddiki / Bijan Chemirani

Vendredi 8 Juillet
- Armel Dupas

Samedi 9 Juillet
- Tigana Santana & Inor Sotolongo

Mardi 12 Juillet
- Banda Magda

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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Sarah Chiche, au nom du père

Roman | Avec "Saturne", Sarah Chiche reconstitue l'irrésolvable puzzle d'une enfance marquée par l'absence envahissante de son père décédé quand elle n'avait que 15 mois. Une magnifique étude des dysfonctions familiales et de la manière dont elles dévorent les enfants même devenus adultes.

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 octobre 2020

Sarah Chiche, au nom du père

La narratrice de Saturne n'a pas deux ans lorsque son père Harry, héritier d'une dynastie de médecins ayant fait sa fortune en Algérie avant de la poursuivre en France, meurt d'une leucémie. Il a 34 ans. C'est la scène, terrible, de son agonie, en présence de ses parents et de la mère de sa toute jeune fille, Eve, son grand amour, qui ouvre ce roman qui n'en est pas tout à fait un. Car la narratrice de Saturne est en réalité Sarah Chiche elle-même, autrice du livre. En 2019, elle se rend à Genève pour donner une conférence sur son travail (elle est écrivaine et psychanalyste, écrit des essais sur le sujet et des romans). Là-bas, elle croise une femme lui assurant avoir bien connu Harry et ses parents. Une simple confession, troublante, qui fait replonger la jeune femme dans une histoire familiale et paternelle complexe où l'amour et la haine se regardent dans les yeux : de la relation changeante d'Harry avec son frère aîné, à la passion dévorante entretenue ave

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En formule trio

Jazz | Ce n'est pas si courant dans nos contrées : trois pointures du jazz se succèdent en quelques jours dans les salles lyonnaises, avec Ibrahim Maalouf, Louis Sclavis et Herbie Hancock.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

En formule trio

Ibrahim Maalouf Du jazz à la Halle Tony Garnier ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Sami Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, et l'on ne doute pas que le gigantisme de cette salle ne soit même pas un obstacle pour celui qui fût récompensé en 2017 d'un César pour sa musique du film Dans les forêts de Sibérie. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'

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Dans la boîte de jazz

Jazz | Entre incontournables têtes d'affiche et indécrottables têtes chercheuses, entre péniches, sous-sol et salles extra-larges, voici quelques-uns des grands moments de jazz à piocher cette saison dans la boîte de Pandore jazz.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

Dans la boîte de jazz

Le jazz, c'est pas très compliqué, c'est une affaire de grands noms et de défrichage, de types qui ont joué avec les plus grands (ou qui le sont eux-mêmes) et de laborantins flirtant avec les limites de leur genre. De grands noms, le Grand Lyon n'en manquera pas cette saison qui accueillera deux éternels revenants : Herbie Hancock (2 novembre) et Bobby McFerrin (18 novembre) tous deux à l'Auditorium (avec Jazz à Vienne), et dans des styles très différents Ibrahim Maalouf (27 octobre à la Halle Tony Garnier) et Michel Jonasz (23 novembre à l'Amphi 3000). Plus pointu : Sclavis se présentera en quartet au Périscope pour Characters on a wall, autour du travail du plasticien Ernest Pignon-Ernest (18 octobre) et en trio douze jours plus tard à l'Opéra Underground avec un projet pour cordes et clarinette baptisé Asian Fields Variations (26 octobre). Ce sont d'ailleurs bien dans ces lieux que se joue le jeu du défrichage et de l'expérimentation. Au Périscope qui fêter

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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J’aurai ta peau ! : "L'un dans l'autre" de Bruno Chiche

ECRANS | de Bruno Chiche (Fr, 1h25) avec Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt, Pierre-François Martin-Laval…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

J’aurai ta peau ! :

Amants, Pierre et Pénélope sont mariés chacun de leur côté. Enfin, pas Pénélope, qui va épouser Éric, l’ami et collègue de Pierre. Ce dernier le prend mal mais obtient un ultime rendez-vous, à l’issue duquel, tada ! chacun se retrouve dans le corps de l’autre. Définitivement. De Blake Edwards à Audrey Dana (…), la liste des réalisat·eurs·rices désireux de tâter du body swap ne cesse de s’allonger. En général, c’est pour le plaisir de se frotter à un ressort comique bien particulier : faire en sorte que la dame découvre (puis joue avec) ses bijoux de famille masculins — et réciproquement. Une fois qu’on a réglé la chose, comment occuper les 1h15 restantes ? Facile : il suffit de coller du bourgeois néo-defunèsien, des portes qui claquent, des décors de studio, de l’homosexualité honteuse comme dans les années 60 (de quel siècle ?) et un p’tit drame intime de société “concernant” en forme de désir d’adoption. On éprouve une peine sincère pour Stéphane De Groodt, qui a accumulé les films ces derniers mois, mais pas franchement les réussites. Savoir écrire

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"La Cabane à histoires" : gones à agonir

ECRANS | de Célia Rivière (Fr, 50 min.) avec Yanis Charifi, Alexia Chicot, Valois d'Estribaud…

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Illustrant à merveille le vieil adage “le mieux est l’ennemi du bien”, La Cabane à histoires partait d’une louable intention : adapter sous forme de courts-métrages d’animation des récits de jeunesse contemporains — c’est-à-dire signés par des créateurs d’aujourd’hui, ayant des choses nouvelles à dire (et des factures à payer, à la différence des sempiternels Perrault ou Grimm, tombés dans le domaine public depuis belle lurette). La suite de petits films rythmés en découlant, avec ses inspirations fantaisistes et ses partis pris esthétiques variés, aurait constitué en l’état un excellent programme. Mais voilà : un esprit brillant a cru judicieux d’ajouter un simili “liant” pour habiller la chose, voire “l’incarner”. Le résultat de cette opération calamiteuse ? Une série de saynètes abêtissantes, ânonnés par des gamins faux comme des chaussettes dépareillées. Intervenant comme prologue et conclusion à chaque petit conte, ces plateaux inutiles tournés dans un studio déguisé en arbre gâchent le merveilleux de l’ensemble à coups de clichés balourds

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Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Portrait | Séduit par sa fougue, Édouard Baer a récrit pour elle le premier rôle de Ouvert la nuit, initialement destiné à un comédien. Une heureuse inspiration qui donne à Sabrina Ouazani une partition à sa mesure.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Il n’y a pas eu de trimestre en 2016 sans qu’elle figure sur les écrans, enchaînant des films pour le moins éclectiques : la comédie Pattaya de Franck Gastambide, le biopic inspiré de l’affaire Kerviel L’Outsider de Christophe Barratier, et enfin les drames Toril de Laurent Teyssier et Maman à tort de Marc Fitoussi. Et 2017 s’engage sous les mêmes auspices, puisqu’après avoir partagé avec Édouard Baer la vedette du pléthorique Ouvert la Nuit, on la retrouvera deux fois d’ici le printemps. À 28 ans depuis la dernière Saint-Nicolas, dont (déjà) plus de la moitié de carrière, Sabrina Ouazani a le vent en poupe. Elle possède aussi un sourire ravageur, volontiers prodigué, qui s’envole fréquemment dans de tonitruants éclats communicatifs. On n’aurait pas à creuser longtemps pour faire rejaillir son tempérament comique ; pourtant c’est davantage vers la gravité de compositions tout en intériorité que les réalisateurs l’ont aiguillée, l’obligeant à canaliser son intensité native. La faute à Abdel Le cinéaste Abdellatif

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Nouvelles Voix en Beaujolais

Festival | Résister. Ne faire aucun jeu de mots lié au beaujolais nouveau, à l'ivresse, avec "grand cru". Causer musique : voici donc venir le programme des Nouvelles (...)

Sébastien Broquet | Mardi 15 novembre 2016

Nouvelles Voix en Beaujolais

Résister. Ne faire aucun jeu de mots lié au beaujolais nouveau, à l'ivresse, avec "grand cru". Causer musique : voici donc venir le programme des Nouvelles Voix en Beaujolais, festival lancé en 2005 et qui du 14 au 20 novembre prochain va agiter toute l’agglomération de Villefranche-sur-Saône en divers spots. À commencer par le théâtre de la ville, qui accueille le vendredi 18 trois merveilles estampillées sono mondiale : les sœurs israëliennes d'A-Wa mêlant folklore yéménite et beats électro, assurément l'une des plus belles découvertes de l'année, qui partagent l'affiche avec le Camerounais Blick Blassy que l'on chérit tant il progresse d'album en album, couvé par l'excellent label Nø Førmat. Soom T, la MC incendiaire de Glasgow, complétant le programme. La couleur du festival reste axée chanson et découvertes : on suivra ainsi les performances de Pomme (le 15) et de Sarah Mikovski (le 17), repérées par ici. À guetter également : Ala.ni, elle aussi hébergée par Nø Førmat et ancienne choriste de Damon Albarn et Mary J. Blige (le 16 à Gleizé)

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"Hibou" : le style Dupieux se devine à chaque recoin

ECRANS | Un film de & avec Ramzy Bedia (Fr, 1h23) avec également Élodie Bouchez, Etienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence, et finit par s’interroger sur sa propre existence, alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc — l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia

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Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

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"Absence" : un film contemplatif, mais quelconque

ECRANS | Un film de Chico Teixeira (Br/Chi/Fr, 1h27) Avec Matheus Fagundes, Irandhir Santos, Gilda Nom

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Une contrainte oulipienne a dû être imposée ces derniers mois aux cinéastes sud-américains pour qu’ils intègrent dans leurs œuvres les paramètres suivants : a/ un homme entre deux âges, plutôt aisé, vivant seul et appréciant les adolescents ; b/ un adolescent (ça tombe bien) se débattant avec une vie de galère et nourrissant, sans forcément se l’avouer, une fascination trouble pour son protecteur. Chico Teixeira l’a relevée, ajoutant au passage une mère alcoolique pour faire bonne mesure et un père tellement démissionnaire qu’il vide les lieux dès la première séquence. Saupoudré de contemplatif, imprégné de frustrations, le résultat ne se distingue pas vraiment du tout-venant : le film est propre, mais terriblement quelconque.

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Men & Chicken : décalé et incorrect

ECRANS | de Anders Thomas Jensen (Dan, 1h44) avec Mads Mikkelsen, David Dencik, Nicolas Bro…

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Men & Chicken : décalé et incorrect

Pas étonnant que le nouveau Anders Thomas Jensen ait remporté les faveurs du public lors du festival Hallucinations collectives : Men & Chicken était carrossé pour une audience raffolant d’un cinéma de genre décalé, dynamique et incorrect. Un sorte d’hybride dont le Danois s’est fait le champion depuis Les Bouchers verts (2003), avec des réalisations baignées d’un humour noir mettant volontiers à mal ses personnages, comme ceux qui les interprètent. C’est encore le cas ici pour son comédien fétiche Mads Mikkelsen, qui subit niveau maquillage ce que Serrault acceptait jadis de Mocky : un enlaidissement gratiné lui donnant visage presque aussi inhumain que ses malheureux partenaires, joyeuses fratrie de freaks passant leur temps à se flanquer des peignées à coup d’oiseaux empaillés (quand ils ne fabriquent pas du fromage). D’aucuns trouveraient morbide ou malsaine cette inclination pour la tératologie, qui rapproche Jensen du Guillermo del Toro réalisateur du Labyrinthe de Pan et surtout de L’Échine du diable (2001). Tous deux usent de la monstruosité physique comme d’une extériorisation métaphorique des t

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Sauce blanche et dents en or

Extra! Nuits Sonores | Ice Cube, sauce blanche et tomate-oignons-salade : nos voisins et néanmoins amis de Rue89Lyon ne lésinent pas sur l'Extra! en se calant (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 4 mai 2016

Sauce blanche et dents en or

Ice Cube, sauce blanche et tomate-oignons-salade : nos voisins et néanmoins amis de Rue89Lyon ne lésinent pas sur l'Extra! en se calant sur le beat de Nuits Sonores, conviant tout le gratin festivalier (ou non) à venir déguster ce qu'ils annoncent, en toute humilité, comme étant le meilleur kebab du monde. C'est Mathieu Rostaing, le chef du Café Sillon, qui aura la lourde (autant qu'une pendule en or suspendue autour du coup) tâche de réaliser ce sandwich sortant pour le coup de l'ordinaire, cotoyé par un falafel aux asperges et d'ail des ours, puis par un dessert au lait d'amande, brick de miel et sorbet à la fleur d'oranger. Le tout solidement arrosé d'une blonde houblonnée artisanale de la brasserie Grangier et de vins naturels sélectionnés chez Sylvain Bock, aux Capriades et au domaine Séléné. Avec, donc, un fat sound-system aux fenêtres pour ambiancer l'avenue Jean-Jaurès de bon vieux hip-hop bien gras (Wu Tang, Beastie Boys, KRS One, ce genre). Ça s'appelle Run DM Chiche et l'on adhère. Run DM Chiche Au Café Sillon le jeudi 5 de 17h à 21h

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Chocolat

ECRANS | Avec quatre réalisations en dix ans — dont trois depuis juin 2011 — on va finir par oublier que Roschdy Zem a commencé comme comédien. Il aurait intérêt à ralentir la cadence : son parcours de cinéaste ressemble à une course forcenée vers une forme de reconnaissance faisant défaut à l’acteur…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Chocolat

Rien de tel, pour un réalisateur désireux de s’assurer un consensus tranquille, qu’un bon vieux film-dossier des familles ou la biographie d’une victime de l’Histoire. Qu’importe le résultat artistique : il sera toujours considéré comme une entreprise morale nécessaire visant à rétablir une injustice et réduit à sa (bonne) intention de départ, si naïve qu’elle soit — on l’a vu il y a peu avec le documentaire mou du genou Demain de Cyril Dion & Mélanie Laurent, encensé pour les vérités premières qu’il énonce, malgré sa médiocrité formelle et sa construction scolaire. Chocolat est de ces hyper téléfilms néo-qualité française qui embaument la reconstitution académique et s’appuient sur une distribution comptant le ban et l’arrière-ban du cinéma, figée dans un jeu "concerné", dans l’attente de séquences tire-larmes. La bande originale de Gabriel Yared, étonnamment proche des mélodies de Georges Delerue — mais ce doit être un hasard, Yared étant plutôt connu pour ses “hommages” à John Williams — incitant fortement à l’usage du mouchoir. Un

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Je vous souhaite d'être follement aimée

ECRANS | De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) Avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes Aguis…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Je vous souhaite d'être follement aimée

Ounie Lecomte n’en a pas fini avec la thématique de l’adoption. Un sujet intime qu’elle avait déjà abordé frontalement — sans laisser d’impérissable souvenir, d’ailleurs — dans Une vie toute neuve (2008), inspiré de son propre parcours. Plus abouti, ce nouveau film a pour figure centrale une kiné née sous X décidée à retrouver sa mère biologique pour calmer ses tourments existentiels ; il dresse cependant le portrait de trois, voire quatre générations chamboulées dans leur identité. Malgré des atouts de poids, allant de la musique d’Ibrahim Maalouf à la distribution "auteur" de prestige (une lignée Françoise Lebrun/Anne Benoît/Céline Sallette, tout de même…), malgré un questionnement légitime sur le droit de connaître ses origines, et une approche tactile des relations entre les personnages, Je vous souhaite d'être follement aimée se distend peu à peu, s’égare et se dissout dans ses propres interrogations, pendant que le spectateur anticipe sur des rebondissements cousus de fil blanc. Dommage.

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Insomniaque - Semaine du 25 juin au 1er juillet

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le Summer Fest de l'Ayers Rock Boat, le premier anniversaire du Sucre et Illum Sphere à La Marquise. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

Insomniaque - Semaine du 25 juin au 1er juillet

25.06 Ayers Rock Boat Summer Fest Putain, trois ans. Trois ans, déjà, que l'Ayers Rock Boat se traîne une réputation d'aimant à épaves – le comble pour une péniche. Réputation de moins en moins méritée, comme nous vous l'expliquions la semaine passée à l'occasion du concert de Kadavar, qui constituait à la fois sa dernière opération de retape rock'n'roll de la saison et la première partie d'une birthday party se poursuivant ce mercredi avec sept habitués des lieux – dont le collectionneur de reprises insolites Harry Cover et le tonitruant Mike Rock, le seul DJ ayant droit de séjour au Hellfest. Alors, qu'est-ce qu'on dit ? 27.06 One Ye

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India Song

MUSIQUES | Guitariste virtuose, John McLaughlin a frappé un grand coup en fondant Shakti en 1975 avec le tabliste Zakir Hussain. Aux confins de l’impro jazz et de la musique indienne, on découvrait un nouveau monde, récréé en 1999 avec "Remember Shakti" et de passage, exceptionnel, à Lyon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 octobre 2013

India Song

Quand John McLaughlin crée Shakti avec le tabliste Zakir Hussain Khan en 1975, le monde de la pop n’en est pas à ses premiers flirts avec la musique indienne. Le sitar du Rolling Stone Brian Jones et les Beatles de la période Maharishi Mahesh Yogi ont déjà louché du côté du sous-continent indien pour ajouter quelque impressionnisme lysergique à leur musique. McLaughlin aussi : l’ancien collaborateur de Miles, des Stones et de Bowie, sort en 1970 My Goal’s Beyond, dédié à son gourou Sri Chinmoy et dont la première face, qui convoque percussions, flûtes indiennes et sitar, préfigure son véritable virage esthétique. Paradoxalement, ce n’est pas avec la création du Mahavishnu Orchestra cette même année qu’il s’opère. Bien que sous l’influence de Chinmoy – qui se limitera en fait au nom du groupe – il n’explore que très peu les rives de la musique indienne, ou alors noyées dans une multitude d’influences : musique classique européenne, Jimi Hendrix, rhythm & blues, funk.... Pour tout dire, malgré quelques morceaux cultes (Birds of Fire), le truc est de plus en

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La Vie d’Adèle chapitres 1 & 2

ECRANS | Pendant solaire de son précédent "Vénus Noire", "La Vie d’Adèle" est pour Abdellatif Kechiche l’opportunité de faire se rencontrer son sens du naturalisme avec un matériau romanesque qui emmène son cinéma vers de nouveaux horizons poétiques. Ce torrent émotionnel n’a pas volé sa Palme d’or. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 octobre 2013

La Vie d’Adèle chapitres 1 & 2

Ce serait l’histoire d’une fille de maintenant qui s’appellerait Adèle, qui irait au lycée, qui aimerait la littérature, qui vivrait chez des parents modestes, qui perdrait sa virginité avec un garçon de son âge, puis qui rencontrerait une autre fille plus âgée et plus cultivée qui s’appellerait Emma, avec qui elle vivrait une passion au long cours. Ce serait donc un film très français, un territoire que l’on connaît par cœur : celui du récit d’apprentissage et des émois sentimentaux. Mais La Vie d’Adèle, tout en suivant pas à pas ce programme, le déborde sans cesse et nous fait redécouvrir un genre comme si jamais on ne s’y était aventuré auparavant. Par quelle magie Abdellatif Kechiche y parvient-il ? D’abord grâce à une vertu qui, depuis trois films, est devenue cardinale dans son cinéma : la patience. Patience nécessaire pour voir surgir une vérité à l’écran, faire oublier que l’on regarde de la fiction et se sentir de plain-pied avec des personnages qui n’en sont plus à nos yeux. Cassavetes, Pialat, Stévenin y sont parvenus avant lui, mais Kechiche semble vouloir les dépasser en cherchant des espaces

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Un monde sans fin

MUSIQUES | Adieu world, jazz, cochon, reggae. On ne savait pas où vous mettre, ça nous a collé un sacré blues. Voilà néanmoins, pour cette saison, si ce n’est le meilleur des mondes, le meilleur de sa musique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Un monde sans fin

Oui, on l’avoue la rubrique world/jazz/blues/soul tourne vite au fourre-tout, au carrefour des incasables découlant en droite ligne de cette manie de journaliste/chef de rayon consistant à coller une étiquette sur tout ce qui bouge. N’allez pas croire qu’on relègue ici en bout de table, comme on le fait parfois dans les banquets, les amis de la famille à problèmes, les vieux oncles portés sur la bouteille, ou la mémé dont on a honte. C’est juste un problème de frontières – musicales hein, du calme – sans cesse repoussées, brouillées, de genres qui supportent de moins en moins les théories qui s’y rapportent, rien de plus.   Surtout quand il s’agit d’inclassables comme le guitariste jazz-rock-psyché John McLaughlin pour "Remember Shakti", du nom de ce projet initié dans les 70’s avec le virtuose du tabla Zakir Hussain. C’est à l’Auditorium le 9 novembre, à l’initiative plus que louable de Jazz à Vienne collection automne-hiver et carrément obligatoire. Tout comme la sortie dans un Transbo viré club de jazz à l’occasion de la venue le 10 octobre

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Chercher le garçon

MUSIQUES | Dandy minute, romantique rieur, crooner "tongue-in-chic" à l'ambivalence assumée, Daisy Lambert dévoile l'univers rétro-futuriste d'un étonnant "Chic type" sur un premier album émouvant et jouissif parce qu'émotif et jouisseur. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 avril 2013

Chercher le garçon

Ton album Chic Type est plutôt déroutant mais il l'est encore plus pour qui t'a découvert avec la chanson et le clip qui l'ont précédé. N'as-tu pas eu peur que ce single, My Pearl, un tube plutôt pas sérieux, ait donné une fausse image de toi et de ta musique ?Daisy Lambert : Disons que c'était une sorte d'apéritif... Et puis le tube, faut pas se mentir, c'est un désir commun à pas mal d'artistes. On est aussi là pour être aimé. Avec My Pearl, j'ai eu envie de faire plaisir à la caissière comme au lecteur de Télérama, mais c'est bien sûr complètement illusoire. Pourquoi avoir attend

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Docteur Daisy et Mister Love

MUSIQUES | Comme d'autres grattent pour dénicher le cochon sous l'homme et les draps, il faut parfois écailler l'artiste pour y dénicher le "chic type". C'est le cas (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 avril 2013

Docteur Daisy et Mister Love

Comme d'autres grattent pour dénicher le cochon sous l'homme et les draps, il faut parfois écailler l'artiste pour y dénicher le "chic type". C'est le cas pour Daisy Lambert, dont le premier effort ne se laisse apprivoiser ni comme un disque pop à l'efficacité rétro ni, encore moins, comme le premier disque de variété venu. Il faut l'écouter et le réécouter pour qu'il vous emporte, qu'il vous prenne, comme Dominique De Villepin entendait prendre la France. Parce que derrière le micro, derrière le masque du dandy un peu branque, se cache un musicien à la sensibilité à fleur de peau et à la pudeur ad hoc. Qu'importe si sur la ballade désabusée Odéon, un des deux titres de l'album réalisés par Frédéric Lo (Daniel Darc, Stephan Eicher...), qui très rapidement ne vous lâche plus, Daisy chante un peu beaucoup comme Marc Lavoine – après tout ce n'est pas tous les jours qu'on nous donne envie de réévaluer Marc Lavoine. Les références de Daisy Lambert sont à mille lieues de celles qu'ont a l'habitude de croiser dans l'époque pop actuelle, en tout cas pas quand on les mélange toutes ensembles : Jean-Michel

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Psycho dealers

MUSIQUES | De tous les genres auxquels ils s'attaquent avec le moins de conviction possible (folk, prog-rock, shoegazing en tongs et kraut-rock, sauf qu'ici le (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 avril 2013

Psycho dealers

De tous les genres auxquels ils s'attaquent avec le moins de conviction possible (folk, prog-rock, shoegazing en tongs et kraut-rock, sauf qu'ici le chou se fume), genre bagarre molle de fin soirée en PMU, les Psychic Ills, passés des drogues dures de Dins (2006) à celles plus douces de One Track Mind, n'ont gardé que les composantes les plus lysergiques. Les voilà donc rendus à l'état de légumineuse atteinte d'anthracnose mentale. On ne sait pas comment eux s'en portent – ça a l'air d'aller, mais on n'aimerait être ni leur médecin traitant, ni leur dealer, à supposer que ce ne soit pas la même personne – l'auditeur, lui, est aux anges. Un peu comme quand, sous l'effet d'une quelconque substance prohibée, on se passe un bon vieux Brian Jonestown Massacre et/ou un Spiritualized en omettant, état second oblige, de régler la vitesse de la platine vinyle. Comme un vieux 33 tours de BJM passé au ralenti, donc, Psychic Ills injecte directement par voie auditive son sérum léthargique aux puissants effets hypnotiques. Munissez-vous de préférence d'un acolyte insen

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Jazz à Vienne se dévoile

MUSIQUES | Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays, celui d'un département situé à l'autre bout de la France et même d'une route qui, depuis Lyon, ne mène plus vraiment... à Vienne. N'est pas Rome qui veut. Encore que. Car chaque saison, la cité des Allobroges nous rejoue en son Théâtre antique des jeux du cirque jazzy dont le premier temps consiste à présenter les gladiateurs à la foule. Jazz à Vienne, ceux qui vont jouer te saluent. Et ils sont nombreux. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 mars 2013

Jazz à Vienne se dévoile

Les agapes débuteront le 28 juin par les 11e Victoires du Jazz (pour donner une idée, c'est comme les Victoires de la musique, sauf que c'est vraiment de la musique). Ensuite, on peut vous présenter tout le monde, à ceci près qu'il n'y a plus grand monde qui nécessite d'être présenté. On retrouve en effet à Vienne les noms qui ont l'habitude de truster l'affiche des festivals de jazz en général et de celui-ci en particulier : le guitar hero mexicain (un concept en soi) Santana (11 juillet), George Benson – on y revient –, l'éternel Sonny "Colossus" Rollins, sans doute le dernier géant du be-bop et du post-be-bop qui avance fièrement sur ses 83 ans (10 juillet), le contrebassiste israélien Avishai Cohen (12 juillet) et le même soir la terrible vocaliste You Sun Nah (vue à A Vaulx Jazz en duo avec Ulf Wakenius mais présente ici en version quartet). Ou encore Marcus Miller, oui, mais en plein «Renaissance Tour» (29 juin), alors bon. Chick, Champagne et petits pépés

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Steven Spielberg, une rétrospective

CONNAITRE | Richard Schickel Éditions de la Martinière

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Steven Spielberg, une rétrospective

Aussi étrange que cela puisse paraître, peu d’ouvrages ont été consacrés à la filmographie pourtant conséquente de Steven Spielberg. La réponse à ce mystère est partiellement avancée par Richard Schickel dans cette «rétrospective», beau livre richement illustré où l’auteur ne cache pas son admiration pour l’œuvre, même s’il émet parfois des réserves surprenantes concernant certains opus — Minority report, notamment. Le succès remporté par Spielberg tout au long de sa carrière et sa capacité à passer d’un registre "sérieux" à un autre plus léger et ouvertement divertissant a longtemps rendu le cinéaste suspect aux yeux de la critique. De fait, on découvre dans ce travail made in USA que la défiance envers le cinéma de Spielberg n’est pas seulement l’apanage d’une partie de la critique française — qui s’est exprimée, encore, lors de la sortie de Lincoln. La presse américaine aussi lui a toujours cherché des poux dans la tête, lui reprochant tantôt de se complaire dans le cinéma pop corn, tantôt de s’aventurer vers des sujets qui le dépassent. Or, c

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Oiseaux Jazz

MUSIQUES | Qui dit été dit festivals, qui dit festivals dit jazz, qui dit jazz dit Jazz à Vienne, point de rencontre annuel de la grande migration des jazzeux du monde entier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 juin 2012

Oiseaux Jazz

Avec l'été et l'avènement des festivals, on assiste chaque année à une migration qui pourrait nous rappeler celle de certains volatiles sensibles au climat (oies, grues, etc...). Chaque été, à la même période, c'est la grande transhumance des jazzmen, irrésistiblement attirés par la qualité du climat français, et ici, rhonalpin, et la qualité de ses sites antico-historico-touristiques. Parmi ceux-ci, le théâtre antique de Vienne n'est pas le moins prisé. Or, la notoriété et le talent de ces drôles d'oiseaux aux cris étranges, trompettistes, saxophonistes, chanteurs, pianistes, guitaristes, n'est pas sans attirer de concert toute une foule d'amateurs qui, elle aussi opère une migration vers ce lieu de rassemblement, comme le fauve attiré par la pause réhydratation d'un troupeau de flamands roses. Cette année, à Vienne, les oiseaux sont encore une fois loin de se cacher pour mourir même si une partie d'entre-eux n'est pas de prime jeunesse. Mais ce sont eux qui ont construit la légende du jazz et par là d'un festival qui n'a de jazz que la raison sociale, car toutes les espèces de m

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Drôle de rencontre

SCENES | Vendredi 22 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

Drôle de rencontre

La rencontre improbable entre un jeune patron arrogant et un gardien de phare dépressif débouche sur une excellente pièce comique, Plein phare, bien écrite par Jacques Chambon et mise en scène avec justesse et efficacité par un Loïc Varraut qu'on n'imaginait pas si à l'aise avec cette casquette – c'était, jusqu'ici, un excellent comédien lyonnais. À propos d'acteurs, il faut souligner la complicité et la complémentarité du tandem sur scène : Jonathan Chiche et Jordan Topenas, duo qu'on aimerait bien voir à l'avenir s'épanouir dans d'autres aventures (comme Poiret et Serraut, Dewaere et Depardieu, etc.). À voir jusqu'au vendredi 29 juillet à l'Espace Gerson. CC

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Chico et Rita

ECRANS | De Fernando Trueba et Javier Mariscal (Esp-Ang, 1h34) animation

Christophe Chabert | Jeudi 30 juin 2011

Chico et Rita

Chico se remémore, au crépuscule de son existence, sa jeunesse à Cuba où, jeune pianiste talentueux, il fit la rencontre de Rita, chanteuse exceptionnelle, dont il tomba amoureux et avec qui il vécut une décevante aventure artistique aux États-Unis, avant de rentrer seul et oublié dans son pays natal. La bizarrerie de ce film cosigné par Fernando Trueba est son absence totale d’imagination et de surprise : jamais un film d’animation n’aura paru si peu légitime dans sa démarche, tant son scénario et ses rebondissements sont ceux de n’importe quelle œuvre en prises de vue réelles. Certes, reconstituer Cuba et New York dans les années 40 doit coûter une blinde ; certes, le graphisme est loin d’être moche. Mais cela ne suffit pas à sortir Chico et Rita d’une désagréable sensation de routine académique, amassant les clichés à la pelle sur le machisme latino, l’industrie du spectacle américain, la sexualité torride des Cubains et tuant dans l’œuf l’émotion mélancolique qu’elle est censée produire à l’écran. Christophe Chabert

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Je n'ai rien oublié

ECRANS | De Bruno Chiche (Fr, 1h33) avec Gérard Depardieu, Alexandra Maria Lara, Niels Arestrup…

Dorotée Aznar | Jeudi 24 mars 2011

Je n'ai rien oublié

Involontairement grotesque et d'une lourdeur sidérante, "Je n'ai rien oublié" s'impose comme le pinacle d'une longue tradition de nanars dont nous sommes les garants. Roman de gare jamais sublimé autour d'une famille bourgeoise menacée par son lourd secret, le film de Bruno Chiche ressemble à du Chabrol dégénéré. Du chacha téléfilmé, avec un Depardieu alzheimerisé (toute l'intrigue repose là-dessus), qui n'a jamais été aussi je m'en foutiste et aberrant. Pauvre en tout, ce thriller pour grabataires définitivement perdus invite à se poser cette question : c'est quoi, finalement, le cinéma français ? À bien regarder son histoire, la grandeur y est presque une anomalie dans un océan de médiocrité. Jérôme Dittmar

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Deux hommes dans un phare

SCENES | Théâtre / Plein phare commence par l’annonce du licenciement d’un gardien de phare solitaire, alcoolique et misanthrope, puis par la tentative de (...)

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2010

Deux hommes dans un phare

Théâtre / Plein phare commence par l’annonce du licenciement d’un gardien de phare solitaire, alcoolique et misanthrope, puis par la tentative de suicide de celui-ci. Dans le huis clos d’un phare breton, personne ne vous entendra crever. Pourtant, Plein phare est une comédie, écrite par Jacques Chambon qui se plait comme à son habitude à glisser dans le récit quelques notations sociales bienvenues. Guirec ne se pendra pas car Gilles débarque dans son phare. Il le prend pour le technicien venu procéder à l’automatisation du site. Quiproquo : il s’agit d’un businessman imprudent qui faisait de la planche à voile un jour de tempête. Commence alors une comédie des contraires entre l’aigreur désabusée et les passions dérisoires de Guirec (sculpter des bouchons de liège) et l’arrogance de Gilles. Ce qui situe Plein phare au-dessus de l’ordinaire des comédies théâtrales, c’est d’abord son ton, plus doux-amer que gaudriole, et le choix de la rigueur dans la mise en scène. Loïc Varraut, qu’on a connu (grand) acteur chez Meirieu et Hembert, signe ici son premier essai en la matière, qu’il transforme en se souvenant que plus la comédie est faite avec sérieux, plus elle est efficace. Les gags

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L’œuvre au noir

ECRANS | Rétro / En quatre films, Abdellatif Kechiche a créé une œuvre marquée par un regard désespéré mais vivant sur la nature humaine. CC

Christophe Chabert | Mercredi 20 octobre 2010

L’œuvre au noir

2001 : "La Faute à Voltaire"Avec ce récit d’un clandestin cherchant un paradis social à Paris et n’y trouvant qu’exclusion et pauvreté, Kechiche semble encore à la conquête d’un style qui transcenderait le réalisme qui domine le début des années 2000 dans le cinéma français. Avec le recul, on peut toutefois noter une réelle envie de faire durer les séquences et de travailler la fiction comme des blocs de temps réel. Mais l’essai reste encore à transformer… 2004 : "L’Esquive"Où comment Kechiche effectue un reboot spectaculaire de son cinéma. Revenant à une forme d’arte povera (tournage en DV avec des acteurs inexpérimentés ou carrément amateurs), le cinéaste se concentre sur l’environnement, la langue et les personnages. Dans un collège de banlieue, Krimo veut séduire Lidya, et pense y arriver en jouant dans "Le Jeu de l’amour et du hasard" de Marivaux. Malgré l’ingratitude de la forme, Kechiche réussit de saisissants moments de cinéma et n’affiche aucun angélisme : les règles du jeu social sont posées, et les perdants désignés — ceux qui ne possèdent pas les codes et le langage. 2007 : "La Gr

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Vénus noire

ECRANS | Après "La Graine et le mulet", Abdellatif Kechiche confirme sa place au sommet du cinéma français avec "Vénus noire", un film sans concession sur le calvaire de Saartjie Baartman, exhibée, humiliée et disséquée par le peuple et l’aristocratie européenne du XIXe siècle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 octobre 2010

Vénus noire

Elle s’appelait Saartjie Baartman ; mais on l’exhibait sous le nom de Vénus Hottentote, d’abord dans les foires londoniennes, puis dans les salons de l’aristocratie française et enfin, post-mortem, à l’Académie Royale de Médecine de Paris. Née dans une peuplade sud-africaine, emmenée en Europe par son maître Caezar, elle n’aura été qu’un objet de fantasme et de curiosité pour ceux qui bafouèrent son identité et violèrent son corps aux proportions exceptionnelles : un postérieur et des parties génitales surdéveloppées, baptisées par la science «tablier hottentote». Du calvaire véridique de ce personnage hors du commun, Abdellatif Kechiche aurait pu tirer une fiction indignée, un film attisant la bonne conscience du public à peu de frais. Mais sa Vénus noire n’a rien de confortable ni de rassurant, et le cinéaste cherche jusqu’à son très ambivalent générique de fin à malmener le spectateur, dans une œuvre qui interroge la violence de notre rapport au spectacle et à la mise en scène. Exhibition(s) Vénus noire commence par sa fin : Saartjie n’est déjà plus qu’une reproduction, un moulage de son c

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"Je n'aimais pas la trompette"

MUSIQUES | Entretien avec Ibrahim Maalouf, trompettiste de jazz franco-libanais. À mi-chemin entre le jazz et la musique orientale, ses deux premiers albums ont été acclamés par la critique. Sur scène, c'est accompagné de son quintet, qu'il propose de redécouvrir sa musique, dans une version plus rock. Au festival Jazz à Vienne le 2 juillet. Propos recueillis par Laurence Magnaudet

Dorotée Aznar | Jeudi 1 juillet 2010

Petit Bulletin : Vous êtes issu d'une famille de musiciens. La musique a été une évidence pour vous ?Ibrahim Maalouf : Oui et non. Mon père m'a appris la trompette très tôt, mais j'avais envie de faire autre chose. Je voulais devenir architecte. Et puis, j'ai intégré le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, et j'ai commencé à participer aux concours internationaux. Je me disais que je devais aller le plus loin possible dans ce que je pouvais faire dans le registre classique. Je l'ai fait. Et puis j'ai voulu arrêter. Arrêter la musique ? Pourquoi ?D'abord je n'aimais pas la trompette. J'en ai fait parce que c'était l'instrument de mon père et que j'avais des facilités. Mais je trouvais le son trop dur. Si aujourd'hui je devais refaire d'un instrument, ce serait quelque chose de plus doux, comme le piano ou la guitare. La trompette, ça peut être doux, mais à l'époque, je ne le savais pas. Et finalement, vous avez décidé de continuer, mais dans un autre registre.Oui. J'ai rencontré Maurice André, qui m'a dit de trouver mon propre son. J'ai repris la trompette, mais en travaillant pour moi. Je me suis mis à composer de petites

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Tout feu tout femme

MUSIQUES | Musique / Chicks On Speed participent à la treizième édition du festival Les femmes s’en mêlent. De la musique de filles certes, mais de filles malpolies et bien sapées qui se prennent jamais au sérieux. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 19 mars 2010

Tout feu tout femme

Quand on a vu que Chicks On Speed repassait en concert dans le cadre du festival Les femmes s’en mêlent, nous étions le 8 mars. Nous avons donc consciencieusement réécouté la compile Girl Monster, qui archive sur trois galettes tout un pan de musique faite par le genre femelle : Le Tigre, Angie Reed, Peaches, Soffy O… Autant de références, de copines et d’influences dont se revendique le collectif mené par les héritières de The Slits. Des filles électro-punk qui estiment que les femmes ne doivent pas imiter les hommes, et qui se démarquent à chaque concert en clamant We Don’t Play Guitars à la face des gratteux qui irritent leurs nerfs. Riot GirlsFéministes à tendance j’menfoutiste, punks d’obédience situationniste, ces furies pluridisciplinaires (musique, mode, vidéo, graphisme…) comparent volontiers leur démarche à celle du mouvement Fluxus. Leur dernier album, Cutting The Edge, pose d’ailleurs sur chaque titre le même genre de questions que notre Ben national, ambiance «oui mais comment savoir si c’est de l’art ?». Parler de produits de consommation quand on met soi-même des marchandises en rayon, critiquer le despotisme des Fashion Rules quand on fricote sans vergo

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Chicas

ECRANS | De Yasmina Reza (Fr, 1h24) avec André Dussollier, Emmanuelle Seigner…

Christophe Chabert | Jeudi 4 mars 2010

Chicas

Quand on laisse huit secondes de silence en moyenne entre chaque réplique, on a intérêt à s’appeler Bergman. Ce n’est pas le cas de Yasmina Reza, et "Chicas" n’est pas, mais alors pas du tout, un "Cris et chuchotements" moderne. C’est un grand vide prétentieux, une sorte de robinet d’eau tiède très mal écrit — dialogues et structure renvoient irrémédiablement aux racines théâtrales de la réalisatrice, à peine mis en scène, se voulant sociologique et mordant mais très complaisant envers le milieu d’où il vient… Face à cette purge qui laisse du temps de cerveau disponible pour la cogitation, un point revient à l’esprit du spectateur : peut-on aujourd’hui refuser quelque chose à Yasmina Reza, auteur de l’hagiographique portrait de campagne "L’Aube, le soir ou la nuit" ? CC

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Pas chic chic

MUSIQUES | Les noms français sont «à la mode» (à prononcer avec l’accent anglais) chez les groupes étrangers. Dans le cas de Pas chic chic (au Sonic le jeudi 11 décembre), (...)

Christophe Chabert | Vendredi 5 décembre 2008

Pas chic chic

Les noms français sont «à la mode» (à prononcer avec l’accent anglais) chez les groupes étrangers. Dans le cas de Pas chic chic (au Sonic le jeudi 11 décembre), l’utilisation d’un patronyme frenchy par ces Montréalais est justifié puisque leurs textes sont effectivement écrits dans la langue de Molière. Leur projet ? Inventer une pop mutante, drôle et intelligente, dansante et réfléchie. Normal quand on sait que le groupe rassemble quelques agitateurs ayant sévi au sein de Godspeed you black emperor ! ou Set fire to flames, grands dynamiteurs de musique populaire devant l’éternel ! En première partie, Solarium Tremens, des gens bien et pas seulement parce que l’un d’entre eux travaille avec nous…

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