Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Photo : © DR


Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino)
Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort.

Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia)
Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits.

David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone)
On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde.

Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music)
De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973.

Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)
Dans la multitude de 45t expressément édités, ce single de Florence + The Machine vaut beaucoup pour sa face B, Only Love Can Break Your Heart, un classique de ses concerts et surtout de Neil Young.

Jason Molina – The Townes Van Zandt Covers 7'' (Secretly Canadian)
Jason Molina, l'homme de Magnolia Electric Co. Deux chansons de Townes Van Zandt, le plus grand des cowboys. N'en jetez plus.

Jay Reatard – Blood Visions 10th anniversary reissue (Fat Possum)
En 2014, les Lyonnais de Teenage Hate Records lui avaient rendu un bel hommage en tribute. Voici réédité son premier album solo, incontournable.

Rob Zombie – Well, Everybody's fucking in a UFO 25 cm (Universal)
Dernier single du rockeur réalisateur de film d'horreur. Ça ne va pas mieux mais il faut avoir ça. Ne serait-ce que pour sa pochette euh.. explicite.

The Limiñanas – Garden of Love 7'' (Because)
La suavité garage de Marie Limiñana, la basse océanique de Peter Hook, songeait-on que tout cela pouvait tenir sur un 45t ? Non. C'est pourtant le cas.

The Shaggs – Sweet Maria b /w The Missouri Waltz (Missouri State Song)
Magie (ou ultime excès) du Disquaire Day, le plus mauvais groupe du monde, qui n'a pas vendu un disque de son horrible vivant voit deux chansons (dont l'hymne du Missouri) déterrées par Light in the Attic.

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Seu Jorge : Black Starman

Nuits de Fourvière | Pour qui se souvient du marin brésilien qui transformait du David Bowie en poésie carioca sur le pont d'un rafiot dans La Vie Aquatique de Wes Anderson, alors la venue de Seu Jorge à Fourvière, dans le cadre d'une tournée hommage au Thin White Duke, est un événement digne d'une grande marée. Grand moment de saudade en perspective que les embruns de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon pourraient bien transformer en larmes de joie.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Seu Jorge : Black Starman

Un marin brésilien au bonnet rouge du nom de Pele Dos Santos, interprétant du David Bowie en portugais sur le pont d'une Calypso d'opérette, baptisée le Belafonte, cela aurait pu ne constituer que quelques scènes anecdotiques de La Vie Aquatique (2004) l'un des films les plus cultes – même si souvent décrié – du cinéaste texan Wes Anderson, lui qui aime tant faire regorger ses œuvres de détails croustillants. Au lieu de cela, elles devinrent elles-mêmes cultissimes et firent de leur interprète, le chanteur et acteur brésilien Seu Jorge, pourtant déjà largement reconnu dans son pays, une icône. Sans doute, ce qui avait alors marqué à l'époque s'ancrait-il dans le contraste entre ces moments de pure poésie musicale, presque inexplicables sur le moment (pourquoi diable la musique de Bowie est-elle si sublime en brésilien, accompagnée d'une simple guitare acoustique ? Transposée ici en bossa nova, là en samba triste ?) et l'ambiance plutôt frappadingue des aventures d'océanographes documentaristes menés par Bill Murray, partis explorer les f

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The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Rock | Avec Shadow People, un disque détonnant produit par Anton Newcombe, le meilleur groupe garage catalan du monde, The Limiñanas, a livré en début d'année son album le plus abouti, le plus libre, et peut-être le plus personnel. Et frappé un gros coup dont les secousses se propagent à très grande vitesse dans le paysage rock. Entretien avec M. Limiñana avant leur passage à L'Epicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Sur cet album vous avez travaillé pour la première fois avec un producteur et non des moindres, Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre. Comment a-t-il influé sur votre manière de travailler, vos habitudes et surtout votre son qui n'a jamais été aussi percutant ? Lionel Limiñana : La première fois qu'on est allé à Berlin, je lui ai amené toutes les rythmiques et la plupart des mélodies, des riffs en tout cas. Nous attendait là-bas une ingé son, Andrea Wright, qui a produit des gens aussi différents que Black Sabbath, Echo & the Bunnymen, quelqu'un qui sait enregistrer une batterie et une guitare. On a commencé par reprendre toutes les rythmiques de Marie et là, déjà, j'ai senti que le disque prenait de l'épaisseur par rapport à ce que j'aurais fait. On a commencé à travailler sur cette base-là, Andrea, Marie et moi. Anton se baladait dans l'appart', il entrait, écoutait de l'extérieur et balançait un riff ou un arrangement de mellotron. Ça s'est monté par petits bouts avec des interventions d'Anton qui avait toute

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Bowie, d’ailleurs

ECRANS | Rarement titre fut plus approprié pour décrire le comédien interprétant le rôle principal d’un film. L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) n’aurait pu être interprété (...)

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Bowie, d’ailleurs

Rarement titre fut plus approprié pour décrire le comédien interprétant le rôle principal d’un film. L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) n’aurait pu être interprété par personne d’autre que le Thin White Duke. Ni réalisé par personne d’autre que Nicolas Roeg, chef opérateur d’exception et pape d’un cinéma flirtant avec l’expérimental. Dans cet histoire au sous-texte apocalyptique, Bowie joue un extraterrestre et un survivant ; grâce à la projection, il le sera encore un peu pour les spectateurs qui bénéficieront en sus, avant le film, d’une intervention musicale autour de son univers. Let’s dance ! L’Homme qui venait d’ailleurs Au cinéma Les Alizés le mardi 2 mai à 20h

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Dans les yeux de Bowie

Street Art | Big Ben rend hommage à l'auteur de Rebel Rebel disparu il y a un an, avec une œuvre intense à dénicher au cœur des pentes de la Croix-Rousse.

Louis Beaufort | Mardi 24 janvier 2017

Dans les yeux de Bowie

« J’essayais pratiquement tout. J’étais vraiment avide de découvrir tout ce que la vie avait à offrir, de la fumerie d’opium à n’importe quoi d’autre. Et je pense que j’ai fait à peu près tout ce qu’il est possible de faire. Sauf des choses vraiment dangereuses, comme être un explorateur. Mais je me suis introduit dans la plupart de tout ce que la culture occidentale a à offrir. » Cette citation fait référence à un moment sombre de l'année 2016. Pour le monde de la musique, et bien au-delà. Nous ne faisons bien évidemment pas allusion à la dernière tournée de Keen'V, mais à la mort de David Bowie : véritable icône de la pop culture, ce fut la première étoile disparue de cette année mortifère, laissant derrière elle des millions d'admirateurs attristés. Parmi eux, l'artiste Big Ben. Dès l'annonce du décès, ce dernier savait qu'il dédierait l'une de ses pièces à Bowie : il s'agissait juste de trouver l'endroit idéal pour lui rendre hommage. Peintre pochoiriste depuis 2012, Big Ben utilise les mu

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"Elvis & Nixon" : les canailles authentiques font d’épatants personnages

ECRANS | Un film de Liza Johnson (É-U, 1h26) avec Michael Shannon, Kevin Spacey, Alex Pettyfer… (sortie le 20 juillet)

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

À l’écran, les canailles authentiques et les immenses stars font d’épatants personnages : ils le sont déjà dans l’inconscient collectif. Leur aura habitant presque totalement le rôle, il ne reste souvent au comédien qu’un reliquat de job à accomplir. Certains feignants s’en accommodent, misant tout sur le seul mimétisme, à coup de grimaces et de maquillage. D’autres investissent l’intériorité de leur modèle, la personnalité davantage que le personnage. C’est le cas dans ce tête-à-tête insolite, mariage d’une carpe et d’un lapin à peine apocryphe, puisque le rockeur halluciné a bien rencontré le président revêche pour lui proposer ses services comme “agent détaché du FBI”, histoire de prémunir la jeunesse des ravages de la drogue — et d’avoir, surtout, un zouli insigne argenté. À peine grimés, Shannon et Spacey évoquent les contours d’Elvis et Nixon. Mais ce qu’ils dégagent se révèle infiniment plus précieux qu’une banale ressemblance. Cette réflexion sur les illusions des apparences, la vanité de la célébrité, du pouvoir ou de l’argent ap

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Limiñanas/Comelade : crème de la crème catalane

MUSIQUES | Comme il était temps que se réunissent sur disque les garagistes vintage de Limiñanas et leur génial ami bricoleur Pascal Comelade ! Ce fut fait en 2015 avec Traité de Guitarres Triolectiques. Comme il était temps aussi qu'ils montent une dream team catalane sur scène, pour nous montrer leur bric à branque.

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 février 2016

Limiñanas/Comelade : crème de la crème catalane

« Attention, à jouer au génie, on risque de le devenir ». Ainsi finissions-nous il y a deux ans un article consacré aux Limiñanas, duo garage des environs de Perpignan, mettant ainsi leur destin dans la bouche de Salvador Dali (Cali, Perpignanais lui aussi, n'étant pas disponible). On ne va pas vous dire que les Limiñanas sont devenus les génies pour lesquels leurs disques fiers à bras et désinvoltes, leur j'm'enfoutisme pas vendeur, donnaient l'impression qu'ils se prenaient. Leur étonnant succès US semblait le confirmer, quand en France ils étaient quasi inconnus – cela va changer on vous l'annonce avec la sortie de Malamore en 2016. Même si dans leur genre, inclassable et incassable, ils sont assez géniaux – ce qui n'est pas tout à fait pareil. À défaut de devenir tout à fait ce génie, Lionel et Marie Limiñana ont eu l'idée – de génie – d'aller à la rencontre (ou peut-être est-ce l'inverse ? Ou peut-être sont ils allés l'un vers l'autre) d'un autre génie Catalan. Non, toujours pas Cali, mais Pascal Comelade. Catalan casanier comme eux en même temps que, comme eux, increvable voyageur musical, brocanteur esthétique, bavard mutique

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

MUSIQUES | En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. Détruisant son studio et sa maison, il a mis à la porte l'une des légendes locales, pilier de la culture musicale et donc de la Culture avec un grand C d'une Big Easy qui l'était soudain beaucoup moins, easy : Allen Toussaint. Mais s'il est "aisé" d'abattre d'un coup de brise un monumental chêne Quercus Virginia, il est plus compliqué d'en effacer l'ombre tentaculaire et infinie. Car Allen Toussaint, c'est à lui tout seul près de 60 ans de musique néo-orléanaise, l'incarnation des mélanges constitutifs de l'art musical local par sa manière de revisiter le R'n'B originel à sa sauce et sa volonté toujours farouche de mêler son talent à celui des autres, quitte à rester volontairement dans l'ombre. Sa carrière solo, pourtant brillante, n'ayant jamais été sa priorité, Toussaint a toujours pris davantage de plaisir a écrire, composer, produire pour les autres dans à peu près tous les styles imaginables, au point de devenir une référence très demandée, y compris par les géants de la pop (Macca, Costello, Joe Coc

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Insomniaque - Semaine du 19 au 25 février

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : l'apéro Jay Reatard de Teenage Hate Records, la soirée d'annonce du Sylak Open Air et lancement de la revue "Fiction". Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

Insomniaque - Semaine du 19 au 25 février

19.02 Apéro Jay ReatardLe 13 janvier 2010 s'éteignait Jay Reatard, stakhanoviste de la punk rock song fauchée au physique de patient du Dr Chilton (le directeur du pénitencier du Silence des agneaux), laissant derrière lui une discographie de groupe on ne peut plus bordélique et deux albums solo rivalisant de brusquerie et d'agilité mélodique avec ceux des Buzzcocks et de Husker Dü. Quatre ans plus tard, la fine fleur du haut voltage à la française (Cheveu, JC Satàn, Kap Bambino...) lui rend hommage sur une excellente compil' éditée par le tout nouveau label lyonnais Teenage Hate Records. Présentation et écoute ce mercredi au Trokson.   22.02 Sylak – Première annonceLe Sylak Open Air, ce festival bressois tout entier dédié aux musiques qui font le bonheur des tatoueurs (et le malheur des salons d'épilation) et que nous taxons affectueusement de "Hellfest artisanal", se tiendra cette année du 8 au 10 aout, toujou

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Les nombrils du monde

MUSIQUES | Duo perpignanais parti à la conquête de l'Amérique avant même qu'on ait entendu parler de lui en France, The Limiñanas se pointe déjà avec son troisième album, une allure dingue et une geste musicale quasiment indescriptible faite de psychédélisme cinématographique et de spectres yéyé multicolores. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Les nombrils du monde

A la question «où se trouve le centre du monde ?», chacun répondra à peu près : «quelque part autour de mon nombril» ou «dans ton coeur» (pour les plus polis). Salvador Dali, lui, situait ce lieu primordial du côté de la gare de Perpignan. Ensuite, Cali – a-t-on noté qu'une seule lettre et une place dans l'alphabet sépare les patronymes de ces deux "génies" ? – est venu tout saloper et transpirer des cheveux en gueulant «C'est quand le bonheur ?», on a eu envie de mourir sans avoir été heureux et on n'a guère plus regardé Perpignan que légèrement de travers. Puis sont arrivés les Limiñanas. Bon, ne nous cachons pas derrière le petit doigt de la lorgnette, en France, Lionel et Marie Limiñana sont aussi connus du grand public que Cali est étudié à l'IRCAM ou à la Berklee Academy, mais les States, cet Eldorado pour lequel on abandonne sans peine son ego hexagonal, les adorent. Leurs vinyles font un tabac – un petit tabac, genre bar-tabac de village mais quand même –, ils sont la preuve qu'il y a une vie avant et après Get Lucky.

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Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

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Benjamin Gibbard

MUSIQUES | Former Lives (City Slang/Pias)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Benjamin Gibbard

Benjamin Gibbard, chanteur et leader de Death Cab For Cutie, c'est un peu notre assistant d'anglais, le type qui articule bien ses phrases, le type normal qui ressemble au voisin de palier mais dont toutes les filles et certains garçons sont amoureux au lycée – alors que pourtant il n'a pas vraiment un physique à tout casser.     Le truc c'est que là, notre pauvre assistant d'anglais, celui qui a toujours si bien parlé d'amour et offert tant de « c'est notre chanson » à des milliers de couples sur les campus des facs américaines, s'est fait larguer comme une vieille tong trois fois dans les huit dernières années (c'est notre passage Closer mais il se justifiera dans quelques lignes). Dont une par Zooey « Paul » Deschanel – oui, il paraît qu'elle est un peu zinzin, en tout cas elle en a l'air et on l'imagine tout à fait tomber d'un train en pyjama ; cha

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The Thick White Duke

MUSIQUES | Après "Cascadeur" l'an dernier, Rover est sans doute la révélation pop française de cette année. Un ovni romantique et bowie, dandy et bestial qui devrait envoûter par sa seule présence, les spectateurs du festival Changez d'Air. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

The Thick White Duke

Pour évoquer les «géants de la pop», on peut utiliser comme seul critère le gabarit et avoir de très beaux résultats musicaux : que l'on songe à Brian Wilson des Beach Boys (qui n'aurait jamais pu tenir sur un surf), Antony (qui derrière sa voix de vieille blues woman a la taille d'un buffle) et aujourd'hui Win Butler d'Arcade Fire (fameux joueur de basket) ou Sébastien Tellier (le Christ version Pépitos). Bien entendu cela exclut nombre de crevettes comme Brian Jones, Bob Dylan, David Bowie, Neil Hannon mais fort heureusement, l'important, comme le disait si justement un jour Amanda Lear, ce n'est pas la taille, c'est le goût. Alors oui c'est vrai, ce qui frappe en premier chez Rover, Timothée Régnier de son vrai nom, c'est cette masse pareille à celle d'un trou noir sur pattes, combattant lettré ou écrivain romantique de combat qui aurait fait le tour du Monde et en porte le poids sur ses larges épaules voûtées. En ce qui concerne Rover : de la Suisse aux États-Unis, en passant par le Liban, d'où il fut expulsé en 2006 pour atterrir en Bretagne. Le tour du monde des disques aussi : de Bowie aux Beach Boys, de Dylan aux Beatles. Le Big Four. 

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Premiers spots

ECRANS | Reprise en salles de Bugsy Malone d’Alan Parker et des Prédateurs de Tony Scott, premiers films de cinéastes ayant œuvré dans le clip et la pub, qui s’amusaient alors à jouer avec leur passé comme avec leur nouveau media. CC

Christophe Chabert | Vendredi 17 avril 2009

Premiers spots

La première scène des Prédateurs est le genre d’ouverture à la fois remarquable d’efficacité et pleine de sens pour toute personne cherchant, au-delà des images, à faire parler l’histoire de leur auteur. Dans une boîte de nuit aux relents gay underground, le chanteur de Bauhaus interprète, face caméra, le tube de ce groupe mythique de la cold wave : Bela Lugosi’s dead. En montage parallèle, on voit d’un côté deux dandys (Catherine Deneuve et David Bowie, so chic) lever deux autres clubbers, de l’autre des images de singes enragés. Les Prédateurs est un film de vampires moderne. Le but de Tony Scott, alors frère de Ridley et jeune prince de la pub anglaise, est donc de signer l’enterrement définitif du Dracula mythique incarné par Bela Lugosi en créant un cinéma de vampires 80’s, où l’homosexualité n’est plus un sous-entendu et les vieilles breloques (crucifix, pieux dans le cœur…) sont rangées au grenier de mémé pour faire de la place au groupe de rock venu animer la soirée gros rouge à la cave. Les vampires sont donc androgynes et sexy, ils baisent autant qu’ils boivent, et ils meurent de mort presque naturelle ; au lieu de passer trente ans à se délabrer, eux le font en une semai

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La trilogie du Zombie

ECRANS | La Nuit consacrée aux trois films tournés par Rob Zombie permet de faire entendre une des nouvelles voix du cinéma d’horreur américain, dont la cinéphilie et le post-modernisme revisitent avec brio les classiques du genre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 décembre 2008

La trilogie du Zombie

C’est un événement éphémère à ne pas rater. Une soirée à l’Institut Lumière (vendredi 19 décembre de 21h à 3 heures du matin) pour découvrir l’intégralité de l’œuvre de Rob Zombie : trois films tournés entre 2003 et 2007 par cet ancien chanteur de hard-rock au sein du groupe White Zombie. Événement car il s’agit de trois bons films, mais aussi parce qu’ils ont été distribués un peu n’importe comment en France (Halloween n’a eu droit qu’à des VF, The Devil’s rejects est sorti en plein été et La Maison des mille morts n’a jamais été projeté ailleurs qu’en festivals !). Séance de rattrapage sur grand écran obligatoire car si ce cinéma n’est pas de tout repos — il est même d’une violence parfois insoutenable — il s’inscrit avec une réelle pertinence dans le présent des images contemporaines et dessine une voie palpitante pour le cinéma d’horreur. La nuit au musée des horreursTout commence en 2003 avec La Maison des mille morts (House of 1000 corpses). Quatre adolescents à tendance geek décident de faire un pèlerinage sur les lieux de faits-divers sanglants. En chemin, ils font un arrêt au musée des horreurs et des curiosités du Capitaine Spaulding, clow

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