Manu Dibango, le baron du ténor

Parfum de Jazz | L'infatigable créateur de Soul Makossa, ancien chef d'orchestre de Nino Ferrer, compagnon de route de la Fania All-Stars, continue de parcourir les festivals pour donner sa version d'un jazz imprégné de teintes africaines.

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Photo : © DR


Il n'est pas l'homme d'un seul tube. Si Soul Makossa l'a fait roi en pleine ère early disco, il est bon de rappeler que Manu Dibango est venu à la musique par le jazz, qu'il découvrît peu après son arrivée en France, où il était venu poursuivre ses études muni de Trois kilos de café qui devaient lui permettre de payer ses frais avec l'argent de la revente et donnèrent bien des années plus tard son titre à une autobiographie fascinante tant le Camerounais a voyagé, innové, rencontré, symbolisant à merveille la délicieuce époque des indépendances africaines, quand l'espoir faisait briller les yeux d'une jeunesse pétrie de talent.

Politique (le panafricanisme emmené par Kwame Nkrumah), photographie (l'immense Malick Sidibé, récemment décédé), mode, et bien sûr musique (la rumba zaïroise !)... Les swinging sixties ne se cantonnaient pas à Londres ou San Francisco, mais essaimaient aussi à Bamako, Kinshasa et Addis-Abeba.

Manu Dibango, lui, découvre d'abord le jazz et ne l'abandonnera plus jamais. Nous sommes dans les années 50 et il côtoie Francis Bebey, qui l'initie et lui apprend les fondamentaux du genre venu des États-Unis. Vite, il métisse son jazz d'influences venues de son continent natal, en fréquentant la vivace et créative scène congolaise de Bruxelles, où il s'est installé un temps : la communauté est alors en lien direct avec l'énergie décuplée de Kinshasa, où Grand Kalle fait des merveilles. Ce dernier, informé, embauche le jeune saxophoniste et l'emmène en tournée au pays, où Manu finit par s'installer, enregistrant avec son leader le titre emblématique de cette époque, en 1960 : Indépendance Cha Cha.

La suite passe par Soul Makossa, Michael Jackson, Rihanna ou encore Serge Gainsbourg... Mais surtout par la création d'un jazz bien à lui, profondémment africain et inspiré, que le grand Manu continue de défendre chaque été dans les festivals : une clôture parfaire pour Parfum de Jazz.

Manu Dibango
À Saint-Paul-Trois-Châteaux le samedi 27 août dans le cadre de Parfum de Jazz

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"Soul Makossa", la face B devenue tube qui révéla Manu Dibango

Story | Manu Dibango est décédé le mardi 24 mars 2020, des suites du Covid-19. Le saxophoniste est l'auteur de "Soul Makossa" : voici l’histoire de la face B d’un 45 tours enregistré en 1972, devenue hit mondial inspirant la vague disco comme la sono mondiale, repris des dizaines de fois, utilisé par Michael Jackson et installant son créateur au firmament de l’Afrique.

Sébastien Broquet | Mardi 24 mars 2020

Soul Makossa a fait la gloire de Manu Dibango. Sa fortune, aussi. C’était pourtant loin d’être sa destinée… 1972 ; Yaoundé, au Cameroun, est ambiancée football et se prépare pour la huitième coupe d’Afrique des Tropiques. Dibango, reconnu au pays, sollicite le ministre des Sports : ce dernier lui accorde un million de francs CFA – soit 20 000 francs de l’époque, afin d’enregistrer un hymne pour soutenir l’équipe nationale. Le père de Manu dit alors à son épouse : « des choses se passent dans ce pays. Le Président a donné un million à ton fils pour aller faire du bruit. » En face A, l’hymne convenu est gravé. Mais il faut une face B… Manu s’inspire d’un rythme traditionnel makossa et lui donne une coloration soul. Tout simplement, il l‘appelle Soul Makossa et le répète chez ses parents, dans le quartier de Douala. Le gimmick est simple : « mamako mamama mamasa ». Les Camerounais s’étonnent d'entendre Manu bégayer ainsi… Mais c’est la face A qui compte. Le 45 tours est distribué gratuitement, comme convenu, aux supporters. Lesquels cassent

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Manu Dibango est décédé

Covid-19 | Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 mars 2020

Manu Dibango est décédé

Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de nombreux musiciens, était âgé de 86 ans. Ses proches l'ont confirmé dans un communiqué : « chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre 'Papy Groove', survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du Covid-19 » Il était l'auteur d'un hit au parcours unique, Soul Makossa, passé de face B à sample de Michael Jackson dont l'histoire est retracée dans ce podcast :

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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