Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Photo : © DR


Il a quand-même un nom magnifique, ce festival, non ? De l'île à l'utopie, tout nous plaît par ici mais encore plus, sa programmation : résolument tournée vers le monde, d'un Tiken Jah Fakoly toujours impressionnant sur une scène où il donne énormément, s'en servant comme d'une tribune pour propager ses envies de changements, d'ailleurs, de meilleurs... Utopie, vous disiez ?

Même si Tiken n'invente rien esthétiquement parlant, là n'est pas le plus important et d'autres s'en chargent : prenez Brooklyn Funk Essentials, qui lui succéderont le lendemain, vendredi. Tribu hétéroclite venue de New York, c'est un big band funk nourri de toutes les musiques urbaines débarquées à la porte de l'Amérique par vagues d'immigrations successives, de la salsa au hip-hop. Ou encore The Herbaliser, eux aussi un brin hip-hop mais bien plus que cela, pourvu que le groove soit présent : les anciens poulains de Ninjatune complètent cette soirée très 90's, qui sera ouverte par les futurs grands de Vaudou Game sur lesquels il faudra bien revenir plus longuement un jour prochain.

Reste que celui que l'on aimerait mettre en lumière est un autre Lyonnais, Bruno "Patchworks" Hovart, doux dingue sans doute schizophrène tellement il s'est déjà inventé d'identités différentes. Oh, toujours avec un but sain d'esprit : lancer un nouveau groupe (parfois seul), explorer une nouvelle musique. Tiens, Taggy Matcher, cet esthète du reggae à la cover subtile ? C'était lui, il y a deux ans. The Dynamics ? Lui aussi. Mr President ? Encore lui. Mr Day ? Vous avez deviné. Et aujourd'hui ?

Le voici réincarné en Voilaaa, dont un album est paru : il s'agit ici d'afro disco, de paillettes et de boules à facettes virevoltant dans un maquis de l'Ouest africain. Pat Kalla et Sir Jean font partie de l'aventure, sur disque. C'est pétillant, foisonnant, jubilatoire. Voici venir la traduction aux platines, avec d'autres amis : Boolimix, James Stewart, Freakistan (soit la fine fleur du groove métissé dans la ville) et le suscité Pat Kalla au micro le rejoignent pour une grande embardée façon Saturday Night Fever à Lagos. Dépêchez-vous d'y aller : il a probablement déjà trouvé une nouvelle identité pour la rentrée.

Île Utopie
Sur l'île Barbe du 30 juin au 3 juillet
Voilaaa le samedi 2 juillet

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Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Summer Sessions | Retour des Summer Sessions le 1er juillet, avec en ouverture Pat Kalla & co. Hors d'œuvre d'une saison estivale qui s'annonce prometteuse aux abords extérieurs du Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 juin 2021

Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Il était déjà revenu un peu timidement et reviendra sans doute encore bien plus fort mais voici que le live fait sa rentrée d'été au Transbordeur. En extérieur et selon la désormais bonne vieille tradition des Summer Sessions. Lesquelles fleurissent généralement avec le mois de juillet. Ouverture le 1er juillet donc avec Pat Kalla & le Super Mojo en release party du tout frais album Hymne à la vie, à la pochette (et musique) très Summer Session. Kalla qui sera accompagné ce soir-là du projet tout aussi solaire de Paola, Povoa et Jerge (appelez-les PPJ), trio né du confinement et dont le 1er EP vient de paraître. Un set encadré en ouverture du warm-up (où on fera chauffer les pneus, sauf qu'il n'y aura pas de pneus) d'Heavenly Sweetness Sound System (avec Hugo Mendez, fondateur du label Sofrito !) et du closing (c'est quand on ferme la soirée) dispensé par Pedro Bertho. Comme c'est l'ouverture, c'est gratuit (même si sur réservations, la cour du Transbo n'est pas extensib

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Ça décale aux Fêtes Escales

Fêtes Escales | Le rendez-vous musiques du monde de l’agglomération lyonnaise s’enrichit cette année d’une programmation rap : KLM et Dosseh partageront l’affiche avec Cumbia All Stars ou encore Pat Kalla & le Super Mojo. Rendez-vous à Vénissieux du 12 au 14 juillet.

Nina Roussel | Mardi 11 juin 2019

Ça décale aux Fêtes Escales

Proposer un festival de trois jours entièrement gratuit : c’est le défi que la Ville de Vénissieux a choisi de relever pour la 21ème année consécutive. Le 12 juillet, direction l’Amérique latine avec une soirée cumbia. Le groupe Sonido del Monte, dont le concert avait été annulé l’an passé pour cause d’orage, tentera de prendre sa revanche. En prime : la présence de la formation péruvienne des Cumbia All Stars, l’un des plus éminents représentants du genre. Les musiques du monde seront également à l’honneur lors de la soirée de clôture, avec une programmation afro. La grande nouveauté est pour le 13 : le festival tente un interlude rap, en partenariat avec la salle de la ville, Bizarre!. En début de soirée, l’une de ses protégées, la rappeuse lyonnaise KLM fera vibrer de ses textes engagés, avant de laisser la place au Sétois Rachid Daïf, alias Demi-Portion, puis à Dosseh. Révélé au grand public par son titre Habitué, cet artiste cultive un profil singulier dans le paysage du rap français. En addition à ces trois soirées de concerts, petits et grands pourront profiter de spectacles vivants

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Pat Kalla : « on a bien dansé, on a un peu réfléchi : c'est l'esprit »

Sono Mondiale | Vous l'avez découvert avec le projet Voilaaa mené par Patchworks, le revoici avec son projet perso : Pat Kalla livre un album épatant de groove, de finesse et de maturité, véritable collection de tubes afro disco servie brûlante en compagnie de son Super Mojo Band. Entretien.

Sébastien Broquet | Mardi 11 décembre 2018

Pat Kalla : « on a bien dansé, on a un peu réfléchi : c'est l'esprit »

Votre père est venu s'installer à Lyon, en exil forcé après avoir milité pour l'indépendance du Cameroun, ce qui lui a valu quelques problèmes à Douala. Pat Kalla : Oui, exactement. Il est venu économiquement, aussi. Il fallait nourrir la famille et à Douala dans les années 60, c'était compliqué. Comme en plus il faisait partie du PC, le parti d'opposition au gouvernement en place... Il a laissé plein de copains militants là-bas, dont certains sont décédés. Lui a décidé de partir pour continuer le combat ici, jusqu'à ce que sa famille soit menacée sur place, il a alors levé le pied : tu pouvais perdre tout le monde, sans procès ni rien. Il a continué au niveau littéraire et musical, par ce qu'il nous a transmis. On ressent dans votre musique une influence totalement panafricaine, des textes qui parlent d'Afrique du Sud ou d'Angola, du highlife, un engagement politique : tout vient des disques de votre père ou il y a eu d'autres rencontres à Lyon ? Je suis métis, franco-camerounais, forcément je vis avec deux cultures en moi. Une qui est inconsciente et l'autre qui est consciente, parce que tu vis ici donc

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Un air de vacances au Lyon Street Food Festival

FOOD | La troisième édition du Lyon Street Food Festival s’annonce épicée et croustillante : du 13 au 16 septembre, cuisine nomade sur fond de concerts cools vous feront repartir en vacances.

Lisa Dumoulin | Lundi 10 septembre 2018

Un air de vacances au Lyon Street Food Festival

Chaque année, le Lyon Street Food Festival met à l’honneur plusieurs destinations phares. Pour cette troisième édition, un tour panoramique du globe et des saveurs entre orient et occident est organisé avec un focus sur Montréal, Hong Kong et Izmir. La ville où la street food ne dort jamais, c’est bien sûr Hong Kong et ses marchés de nuit et autres étals de rue. Entre nature luxuriante et urbanisation, traditions et émergence, le champ des possibles est infini. Dignes représentants de cette culture, La Table Wei, nouveau restaurant bistronomique lyonnais, proposera des petits pains cantonais fourrés au porc cuit sept heures ; Mammy Pancake, échoppe de bubble gaufres, viendra spécialement pour faire goûter les egg waffles traditionnelles ; Jiang Xin, deux anciens étudiants de l’Institut Paul Bocuse, prépareront leur spécialité : le dim sum ; et enfin Bao Time, restaurant traditionnel cantonais, proposera sa recette de brio

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Sir Jean, Black Lyon

Portrait | Vous l’avez certainement vu sur une scène ou une autre, ces vingt-cinq dernières années : des Crazy Skankers au Peuple de l’Herbe, en passant par Meï Teï Shô, Sir Jean a été le frontman de quelques-uns des groupes les plus importants de la ville. Le Sénégalais revient cette semaine avec le NMB Afrobeat Experience.

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Sir Jean, Black Lyon

C’est par accident que tout est arrivé, dit-il en contant l’anecdote l’ayant amené à se saisir d’un micro la première fois. L’on parle de sa carrière de chanteur protéiformes ; même si carrière est un mot bien inapproprié pour cet homme voguant au gré des rencontres, attiré par ses semblables et toujours tourné vers l’Autre. Si pour certains cela pourrait se traduire par une forme de dilettantisme, lui n’en a cure : il a croisé sur sa route nombre de ses héros, dont l’un, le batteur de Steel Pulse, Steve "Grizzly" Nisbett, lui fit changer son regard au moment opportun. C’était avant un concert des Crazy Skankers, ce groupe de ska précurseur en France. Jean Gomis insista pour aller voir ce grizzly qui l’impressionnait tant, à défaut d’assister à son concert prévu en même temps que celui des Skankers. Il lui demanda un conseil, un seul. Steve Nisbett lui griffonna sur un bout de papier : « Love what you do. » Le papier mit longtemps à quitter la poche du chanteur, le conseil l’habite encore aujourd’hui. Car Jean Gomis, alors, n’en voulait pas de cette carrière de chanteur qui se profilait, même s’il adorait sa bande de potes bien Crazy. Lui, arrivé en F

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