Voilà l'été : un jour, une sortie #3

SAISON ESTIVALE | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 20 juillet 2016

Photo : Amy Winehouse © DR


15 / Mercredi 20 juillet : cirque

Obludarium

Puisque les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel (et l'urbanité en juillet ça va bien cinq minutes), hâtez-vous au domaine de Lacroix-Laval voir les grosses caboches toutes biscornues et étranges d'Obludarium. Signé des fils jumeaux du cinéaste Miloš Forman, ce spectacle qui a fait le tour du monde s'arrête depuis hier et jusqu'au 31 juillet dans ce village dédié au cirque. Si vous le pouvez, venez même dès 18h profiter des lampions, du bar digne d'un diners US et du plancher en bois où vous pourrez faire résonner vos tongs (en bois, les tongs). Fourvière version campagne : c'est ici !
Au domaine de Lacroix-Laval dans le cadre des Nuits de Fourvière

16 / Jeudi 21 juillet : chanson

Michel Polnareff

Moins on l'attend, plus il revient, le Polnaroïde. On a arrêté de compter avant même notre naissance, mais le Roi des fourmis à frisettes en est bien, à vue de nez, à montures, à son énième come-back. Toujours avec trois fois rien sous le bras, si ce n'est un mythe un peu rassis. Et pourtant, ça fait l'événement. Le personnage est tel qu'il ferait vendre des crédits en ligne par un homme-buisson (tiens, d'ailleurs c'est le cas). Rare sont les légendes dont toute personne possédant un balai espagnol et une paire de lunettes 3D peut être le sosie.
Au Grand Théâtre dans le cadre des Nuits de Fourvière

17 / Vendredi 22 juillet : cinéma

Ciné Drive-in : Northern Soul

Rien de tel qu'un bon vieux mode drive-in (l'idée de génie depuis quelques saisons des Summer Sessions du Transbo) pour se régaler d'un film sur l'âge d'or perdu de la jeunesse. Et plus précisément ce moment fou où l'Angleterre découvrit la soul américaine et se fabriqua la sienne, la Northern soul, thème du feel-good movie musical et britannique (gigantesque pléonasme) d'Elaine Constantine. Si vous avez été prévoyant vous avez même pensé à réserver une des vieilles américaines (on parle de voiture), sans quoi ça se fera en Kangoo.
Au Transbordeur dans le cadre des Summer Sessions

18 / Samedi 23 juillet : théâtre

L'Intégrale Sophocle

Faites un effort... vous venez d'atterrir à Athènes, vous foncez à l'Acropole. Heureusement, tous les Japonais sont sur le Parthénon. Reste un théâtre de Dionysos assez libre. C'est en fait l'esplanade de Fourvière, mais c'est pareil. Il est 5h du matin. Trois tragédies de Sophocle vont s'enchaîner (gratuitement). Et pour la première fois de votre vie, une journée commencera par du théâtre plutôt que de se clore de la sorte. Venez nous raconter ce que cette expérience unique change au déroulé qui suit : npobel@petit-bulletin.fr.
Sur l'esplanade de l'Odéon à 5h du matin, dans le cadre des Nuits de Fourvière

19 / Dimanche 24 juillet : danse contemporaine

Yuval Pick au Monastère

Dans le cadre de la 2e édition de l'événement national Monuments en mouvements, le chorégraphe Yuval Pick présente au Monastère Royal de Brou une création in situ, Hydre. Pièce en trois parties, Hydre se veut la confrontation de la vie organique et pulsionnelle des danseurs à celle, minérale et mémorielle, du monument historique. La danse si singulière de Yuval Pick tentera de redonner une dimension humaine à une architecture démesurée et chargée de symboles.
Au Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse (également le 23 juillet)

20 / Lundi 25 juillet : cinéma

Le BGG – Le Bon Gros Géant

Ni club de foot, ni grand magasin parisien ; ni philosophe va-t-en guerre et encore moins chaîne de fast food, l'acronyme BGG désigne la nouvelle créature intégrant l'écurie de Spielberg — déjà fort remplie. Né en 1982 dans l'esprit fécond de Roald Dahl, le Bon Gros Géant avait tout pour l'inspirer, puisqu'il convoque dans un conte contemporain les solitudes de deux “doubles exclus” — une petite orpheline et un monstre rejeté par les siens —, du merveilleux spectaculaire et de l'impertinence. (lire la suite de la critique ici)

21 / Mardi 26 juillet : cinéma

Amy

Un destin tragique comme celui de cette délicieuse chanteuse de soul qu'était Amy Winehouse ne pouvait laisser insensible la caméra du doué Asif Kapadia, qui en a fait un documentaire scotché à l'œuvre, nourri d'images de live, de témoignages de proches (non présents à l'image) construisant un personnage bien réel dont on découvre nombre d'images aussi inédites que privées. C'est poignant et emballant.
Sur la place Ambroise Courtois dans le 8e à 21h30 dans le cadre de L'été en cinémascope


Amy

D'Asif Kapadia (2015, 2h07)
Place Ambroise Courtois Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Michel Polnareff


Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


BGG - Le Bon gros géant

De Steven Spielberg (EU, 1h55) avec Ruby Barnhill, Mark Rylance...
Le Bon Gros Géant ne ressemble pas du tout aux autres habitants du Pays des Géants. Il mesure plus de 7 mètres de haut et possède de grandes oreilles et un odorat très fin. Il n’est pas très malin mais tout à fait adorable, et assez secret. Les géants comme le Buveur de sang et l’Avaleur de chair fraîche, sont deux fois plus grands que lui et aux moins deux fois plus effrayants, et en plus, ils mangent les humains. Le BGG, lui, préfère les schnockombres et la frambouille. À son arrivée au Pays des Géants, la petite Sophie, une enfant précoce de 10 ans qui habite Londres, a d’abord peur de ce mystérieux géant qui l’a emmenée dans sa grotte, mais elle va vite se rendre compte qu’il est très gentil. Comme elle n’a encore jamais vu de géant, elle a beaucoup de questions à lui poser. Le BGG emmène alors Sophie au Pays des Rêves, où il recueille les rêves et les envoie aux enfants. Il va tout apprendre à Sophie sur la magie et le mystère des rêves… Le Scénario Place Charles Ottina Saint-Priest
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Intégrale : Ajax, Oedipe roi, Electre

D'après Sophocle, ms Gwenaël Morin
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Ciné drive-in : Northern Soul

Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

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Yuval Pick en latin

Danse | Il est amusant d'observer que le chorégraphe Yuval Pick reprenne cette semaine l'une de ses meilleures pièces (Acta est fabula, 2018), juste avant (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Yuval Pick en latin

Il est amusant d'observer que le chorégraphe Yuval Pick reprenne cette semaine l'une de ses meilleures pièces (Acta est fabula, 2018), juste avant l'ouverture du Festival Lumière, qui a pour tête d'affiche le réalisateur d'Apocalypse Now, Francis Ford Coppola. A priori, rien à voir entre la pièce dépouillée de l'un et le film exubérant de l'autre. Mais, si l'on admet que la remontée du fleuve du capitaine Willard est aussi une remontée dans le temps historique, et même vers ce qu'il y a de plus archaïque et primitif chez l'être humain, alors Yuval Pick n'est plus si loin de Coppola. Acta est fabula est une avancée-remontée vers l'archaïque à travers des éclats de gestes ou des éclats de voix, des réminiscences de musiques quasi tribales (les coups de reins vocaux de Prince, des rythmes de techno...), le grotesque d'une grimace ou l'angoisse d'un cri muet... Soit une saccade de séquences qui creusent, par la danse (avec quelques détours vers le thé

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Beauté, matin, midi et soir

Colloque | Faire se croiser arts, sciences et soins, telle est l'ambition roborative de l'association L’Invitation à la beauté. Elle propose cette semaine deux journées de rencontres et de spectacles autour de ce thème.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Beauté, matin, midi et soir

De la catharsis (purification) grecque à l’art-thérapie contemporaine, les liens entre création et santé ont depuis longtemps été défrichés en tous sens, et même parfois en sens contraires... L'association L'Invitation à la beauté, co-présidée par le neurologue toulonnais Pierre Lemarquis et par la psychologue lyonnaise Laure Mayoud, relance le débat et les investigations transdisciplinaires sur les fonctions préventives et curatives de « la rencontre avec la beauté ». Le terme de "beauté", bien sûr, ne va pas sans poser quelques (lourds) problèmes esthétiques et philosophiques, et le concept clef de Pierre Lemarquis « d'empathie esthétique » demeure à nos yeux un peu fruste : la confrontation à une œuvre (tableau, musique, pièce de danse...) induit en l'humain une certaine activité cérébrale d'obédience mimétique (via notamment les fameux neurones miroirs), ainsi que la sécrétion de substances chimiques plutôt sympathiques (dopamine, sérotonine, endorphines...). Dit autrement, le cerveau du spectateur fonctionne, et ce plutôt dans le bon sen

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Soirée culte aux 400 Coups avec Spielberg et del Toro

Fantastique | Il n’y a pas si longtemps, le Mexicain Guillermo Del Toro et l’Américain Steven Spielberg étaient tous les deux nommés pour l’Oscar du meilleur film... (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 29 mai 2018

Soirée culte aux 400 Coups avec Spielberg et del Toro

Il n’y a pas si longtemps, le Mexicain Guillermo Del Toro et l’Américain Steven Spielberg étaient tous les deux nommés pour l’Oscar du meilleur film... Malheureusement pour Pentagon Papers, c’est La Forme de l’eau qui l’a emporté. Et si on remettait en compétition ces deux réalisateurs sur le ring du film fantastique, qui gagnerait ? Voyons ça dans le Beaujolais, aux 400 Coups, lors d'une soirée dédiée à ce genre. Pour un duel intense, mieux vaut choisir deux films cultes. Côté Steven Spielberg, même si la série des Indiana Jones pourrait faire l’affaire, l’un des chefs-d ‘œuvres du réalisateur reste l’histoire de E.T l’Extraterrestre, réalisé en 1982. Alors que le petit Elliot se lie d’amitié avec l’extraterrestre et fait tout pour le cacher au gouvernement, E.T cherche à rentrer parmi les siens. Et si tout le monde retient sans problème la réplique « E.T téléphone maison », on en oublie parfois les quatre Osc

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Une hydre signée Yuval Pick

Danse | Créé par Yuval Pick en 2016 au Monastère de Brou, le trio Hydre confronte le mouvement organique des danseurs à la mémoire minérale d'une architecture, et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Une hydre signée Yuval Pick

Créé par Yuval Pick en 2016 au Monastère de Brou, le trio Hydre confronte le mouvement organique des danseurs à la mémoire minérale d'une architecture, et redonne corps et sensibilité à un lieu. En l’occurrence, le 30 juin, à l'ancienne halle du marché de gros de la Confluence, dans le cadre du festival artistique, sportif et citoyen Kiosk (jusqu'au 2 juillet).

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Kraftwerk Pické

Yuval Pick | De plus en plus préoccupé par les questions du collectif et les rapports complexes entre l'individu et le groupe, Yuval Pick se lance, dans sa dernière pièce, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Kraftwerk Pické

De plus en plus préoccupé par les questions du collectif et les rapports complexes entre l'individu et le groupe, Yuval Pick se lance, dans sa dernière pièce, dans l'univers du groupe légendaire Kraftwerk. Une musique qui, pour le chorégraphe, connote un possible romantisme contemporain, avec des pulsions-pulsations technos reliées à notre mémoire collective, qui remplacent celles, plus acoustiques mais pas moins lyriques, du romantisme allemand et notamment, des lieds de Schubert (présent lui-aussi dans la bande-son). Are friends electric ? (au CCN de Rillieux-la-Pape les 24 et 25 janvier) réunit concrètement six danseurs et explore tout à la fois le corps dans ses éléments les plus bruts, physiques, et des configurations plus codées de mouvements collectifs... Yuval Pick n'hésite plus, même, à y libérer les élans et les gestes de ses interp

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Yuval Pick présente Ply

Danse | En marge de la Biennale de la Danse, le chorégraphe Yuval Pick reprend au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape (le samedi 24 septembre à 12h) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 septembre 2016

Yuval Pick présente Ply

En marge de la Biennale de la Danse, le chorégraphe Yuval Pick reprend au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape (le samedi 24 septembre à 12h) l'une de ses plus belles pièces, Ply (2014), avec les nouveaux danseurs de sa compagnie. Sur la bande son de l'américaine Ashley Fure, composée pour l'occasion, les cinq interprètes de Ply explorent les couches successives de la musique, en mouvements centrifuges, jusqu'à la rencontre avec l'autre, jusqu'à la constitution progressive d'un groupe aux intensités émotionnelles des plus singulières !

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Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Nuits de Fourvière | Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée (...)

Sébastien Broquet | Lundi 15 août 2016

Fellag, invité d'honneur aux Nuits de Fourvière 2017

Bilan positif pour les Nuits de Fourvière, malgré une fréquentation en baisse : 136 000 spectateurs se sont déplacés pour cette édition 2016, il est vrai perturbée plusieurs fois par la pluie (voire le déluge, lors de l'Éclat Final en compagnie de Celso Piña et Danyel Waro). Côté artistique, c'est une réussite : de la création autour de Moondog au cirque débridé des frères Forman, en passant par les émouvants et toujours aussi classe Tindersticks, ou encore la très réussie

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"Le BGG – Le Bon Gros Géant" : la nouvelle créature de Spielberg

ECRANS | Un film de Steven Spielberg (É-U, 1h55) avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hallplus… (sortie le 20 juillet)

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Ni club de foot, ni grand magasin parisien ; ni philosophe va-t-en guerre et encore moins chaîne de fast food, l’acronyme BGG désigne la nouvelle créature intégrant l’écurie de Spielberg — déjà fort remplie. Né en 1982 dans l’esprit fécond de Roald Dahl, le Bon Gros Géant avait tout pour l’inspirer, puisqu’il convoque dans un conte contemporain les solitudes de deux “doubles exclus” — une petite orpheline et un monstre rejeté par les siens —, du merveilleux spectaculaire et de l’impertinence. Le cinéaste en tire une œuvre conventionnelle au début, qui s’envole et s’anime dans sa seconde moitié, lorsqu’entre majestueusement en scène une Reine d’Angleterre à la cocasserie insoupçonnée. Spielberg est coutumier de ces films hétérogènes, changeant de ton après une ligne de démarcation nette — voir A.I. Intelligence Artificielle (2001)—, comme d’intrigantes scènes de sadisme sur les enfants, qu’il semble apprécier de recouvrir de détritus ou de mucosités : les crachats de brontosaures dans Jurassic Park (1993) étant ici remplacés par de la pulpe infâme de “schnocombre”. L’humour pot-de-chambre ira d’ailleurs assez loin — jusqu’au

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Yuval Pick : Une "Hydre" à Brou

Plus Loin | Dans le cadre de la 2e édition de l'événement national Monuments en mouvements, Yuval Pick présentera au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse (les 23 et 24 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 juin 2016

Yuval Pick : Une

Dans le cadre de la 2e édition de l'événement national Monuments en mouvements, Yuval Pick présentera au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse (les 23 et 24 juillet) une création in situ, Hydre. Pièce en trois parties, Hydre se veut la confrontation de la vie organique et pulsionnelle des danseurs à celle, minérale et figée, du monument historique. La danse si singulière de Yuval Pick tentera de redonner une dimension humaine à une architecture démesurée et chargée de symboles.

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Cocotte au CCN

Danse | Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

Cocotte au CCN

Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative avec pas moins de 16 performances proposées durant cette soirée : des six minutes interprétées par le metteur en scène Michel Raskine sur une proposition chorégraphique de Yuval Pick, aux cinq heures (et jusqu'à épuisement) de la danseuse et chorégraphe japonaise Mikiko Kawamura...

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Play Time : Carolyn & Cie

SCENES | Un bal pour les enfants, un concert de musiques du monde (Trio Bassma + Tram des Balkans), une nouvelle création de Jozsef Trefeli et Gabor Varga (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 mars 2016

Play Time : Carolyn & Cie

Un bal pour les enfants, un concert de musiques du monde (Trio Bassma + Tram des Balkans), une nouvelle création de Jozsef Trefeli et Gabor Varga revisitant les danses folkloriques hongroises, une création participative sur les sonorités de la ville... La 4e édition du festival Play Time (concoctée par le Centre Chorégraphique National et d'autres structures, se déroulant du 1er au 8 avril) à Rillieux-la-Pape se veut à nouveau festive et hétéroclite. Le chorégraphe Yuval Pick y reprendra aussi Playbach, œuvre courte en hommage à Bach. Et les plus jeunes, à partir de huit ans, auront la chance de découvrir la nouvelle création de Carolyn Carlson (auteure entre autres nombreuses pièces du solo Blue Lady) : Seeds (graines en anglais), en collaboration avec le dessinateur Yacine Ait Kaci et son petit personnage simplifié Elyx. Pièce pour trois danseurs entremêlant la danse et des animations vidéo, Seeds est un voyage imaginaire abordant avec poésie les problèmes d'écologie. JED

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À Vaulx Jazz comme des images

ECRANS | Chaque édition d’À Vaulx Jazz donne l’occasion de rappeler combien fécondes peuvent être les noces entre ce genre musical et le cinéma, combien intacte demeure leur complicité.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

À Vaulx Jazz comme des images

L’un et l’autre nés à la fin du XIXe siècle, ces deux vecteurs d’expression populaire ont prospéré en marge dans les rues ou les foires, avant de se tailler leur place parmi les disciplines artistiques considérées comme ”nobles“. On en arrive même à un formidable paradoxe aujourd’hui, où tout film pourvu d’une bande originale jazzy se trouve d’emblée doté d’une aura de raffinement vintage, voire d’un brevet d’intellectualisme woodyallenien ! Parfaites girouettes, les mentalités ont une stabilité comparable aux gouvernements de la IVe République… Quatuor de choc Justement, parmi les quatre films retenus dans la programmation de cette année figure un classique de cette époque : Rendez-vous de juillet (1949). Signé par Jacques Becker, le Howard Hawks français, ce film aspire l’air ambiant autant qu’il s’en inspire — en particulier celui des caveaux jazz ayant fleuri après la Libération à Paris. Révélant les comédiens Maurice Ronet et Nicole Courcel, il a aussi le flair de capter les notes du jeune Claude Luter et de ses “Lorientais”. Revendiquant en musique des goûts éclectiques (« de Duke Ellington

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L'élan retenu de Yuval Pick

SCENES | Créée en 2014 pour cinq danseurs, en collaboration avec la compositrice Ashley Fure, Ply est la pièce idoine pour apprécier l'univers du chorégraphe Yuval (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 mars 2016

L'élan retenu de Yuval Pick

Créée en 2014 pour cinq danseurs, en collaboration avec la compositrice Ashley Fure, Ply est la pièce idoine pour apprécier l'univers du chorégraphe Yuval Pick. Couche par couche (Ply signifie "couche" en français), voire grain par grain, Yuval Pick déconstruit les mouvements essentiels de ses interprètes, avant de les ré-assembler autrement, d'en inventer de nouvelles variations, de les faire entrer en échos collectifs. Au cœur du vocabulaire du chorégraphe, il y a ce que l'on pourrait nommer, en reprenant l'expression du poète Francis Ponge, un « élan retenu ». L'élan retenu chez Yuval Pick, ce sont ces bras qui se tendent, ces jambes qui s'aventurent hors de la sphère individuelle, ces pas qui s'élancent en courses, tout en restant aimantés, retenus par le corps et le rythme propre du danseur. Jamais un geste n'ira se perdre complètement dans une ligne ou une cadence continues, se fondre dans un bel ensemble uniforme. Au risque de décevoir nos attentes esthétiques habituelles, Yuval Pick demeure attentif, si ce n'est attaché, à la spécificité rythmique et gestuelle d'un individu. La construction d'une entité collective ne s'effectuera jam

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Les Nuits de Fourvière s'affichent

MUSIQUES | On en sait un poil plus sur les prochaines Nuits de Fourvière. Le visuel de cette édition est confié au photographe américain Tod Seelie, dont deux images (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 3 février 2016

Les Nuits de Fourvière s'affichent

On en sait un poil plus sur les prochaines Nuits de Fourvière. Le visuel de cette édition est confié au photographe américain Tod Seelie, dont deux images accompagneront le festival. Elles sont extraites de son reportage Swimming Cities of Serenissima. Seul nom dévoilé au rayon programmation à l'heure actuelle, Michel Polnareff sera au Grand Théâtre le 21 juillet. C'est le jeudi 24 mars à 11h que l'ensemble des festivités sera dévoilé, avec ouverture de la billetterie dès le lendemain.

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Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne —plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent peu nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24 février) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il serait temps : même Tom Cruise en a eu une jadis pour un second rôle. S’il n’est pas encore une fois débordé par un outsider tel que

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Michel Polnareff aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après avoir provoqué une invasion de sosies à Montluçon, c'est aux Nuits de Fourvière que Michel Polnareff ressucitera l'époque où il enlevait le bas. Il se (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Michel Polnareff aux Nuits de Fourvière

Après avoir provoqué une invasion de sosies à Montluçon, c'est aux Nuits de Fourvière que Michel Polnareff ressucitera l'époque où il enlevait le bas. Il se produira dans le Grand Théâtre jeudi 21 juillet, fort d'un nouvel album à paraître au premier trimestre 2016. Pas d'informations concernant l'ouverture de la billetrerie pour le moment.

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Le Pont des Espions

ECRANS | Quand deux super-puissances artistiques (les Coen et Steven Spielberg) décident de s’atteler à un projet cinématographique commun, comment imaginer que le résultat puisse être autre chose qu’une réussite ?

Vincent Raymond | Mardi 1 décembre 2015

Le Pont des Espions

Voir côte-à-côte les noms des Coen et celui de Spielberg fait saliver l’œil avant même que l’on découvre leur film. Devant l’affiche aussi insolite qu’inédite, on s’étonne presque de s’étonner de cette association ! Certes, Spielberg possède un côté mogul discret, façon "je suis le seigneur du château" ; et on l’imagine volontiers concevant en solitaire ses réalisations, très à l’écart de la meute galopante de ses confrères. C’est oublier qu’il a déjà, à plusieurs reprises, partagé un générique avec d’autres cinéastes : dirigeant Truffaut dans Rencontres du troisième type (1977) ou mettant en scène un scénario de Lawrence Kasdan/George Lucas/Philip Kaufmann pour Les Aventuriers de l’arche perdue (1981) voire, bien entendu, de Kubrick dont il acheva le projet inabouti A.I. Intelligence artificielle (2001). Et l’on ne cite pas le Steven producteur, qui avait proposé à Scorsese de réaliser La Liste de Schindler, avant que Marty ne le convainque de le tourner lui-même. Bref, Spielberg s’avère totalement compatible avec ceux chez qui vibre une fibre identique à la sienne. Drôles de cocos Avec les C

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Amy

ECRANS | D’Asif Kapadia (ÉU, 2h07) documentaire

Christophe Chabert | Mardi 7 juillet 2015

Amy

Raconter la vie, aussi brève qu’intensément romanesque, d’Amy Winehouse, est pour Asif Kapadia l’occasion de tordre le cou à beaucoup de clichés sur la chanteuse et ses "frasques". Le film la décrit comme une jeune fille plongée trop vite et trop tôt dans la célébrité et la hype londonienne de Camden, passant de mauvaises rencontres — un mari junkie et noceur — en tentatives de récupération opportuniste — son propre père, qui vend son exil post-rehab’ à une équipe de télé-réalité — de star montante reçue dans tous les talk-shows à tête de turc des mêmes dans leurs éditos "comiques" — Jay Leno, au sommet de son hypocrite flagornerie. Discutables par contre, et même embarrassants, sont les choix du cinéaste : plutôt que de montrer les visages des interviewés, il ne conserve que leurs voix et préfère insérer des images très privées tournées dans l’intimité par Winehouse avec son téléphone portable, selfies figés ou en mouvement, qui vont jusqu’à cette vision de son appartement jonché de seringues et de déchets. En adoptant le point de vue des paparazzis, des voyeurs et des tabloïds people, Kapadia commet un contresens filmique qui annu

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Williams / Spielberg : terrain d’entente

ECRANS | Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Williams / Spielberg : terrain d’entente

Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude Sautet, Georges Delerue et François Truffaut, Pino Donaggio et Brian De Palma, Howard Shore et David Cronenberg ou encore Carter Burwell et les frères Coen. De tous, le couple John Williams et Steven Spielberg est de loin le plus fidèle : Williams a orchestré toutes les bandes originales du cinéaste, à l’exception du futur Bridge of Spies pour des raisons de santé. Surtout, le musicien a écrit des scores qui ont participé à la popularité des films : le thème des Dents de la mer avec son crescendo inquiétant, les partitions symphoniques d’Indiana Jones, E.T., Jurassic Park, les cinq notes à la base de Rencontres du troisième type… Leurs collaborations récentes sont même parmi les plus surprenantes : la musique épurée et sombre de Munich, virevoltante et "mancinienne" des Aventures de Tintin, ambitieuse et complexe de

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Chronique d'une Biennale 2/3

SCENES | Quelques petites déceptions encore cette semaine, mais le chef-d’œuvre "Sounddance" de Merce Cunningham et "Ply", la création âpre et singulière de Yuval Pick, nous ont restitué notre enthousiasme pour la danse. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 22 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 2/3

Mélange des genres et mélange des époques au programme du Ballet de Lorraine, avec cette question sous-jacente : qui des anciens (Picabia et Satie en 1924), des modernes (Merce Cunningham en 1975) ou des contemporains (le jeune Noé Soulier en 2014) a produit la pièce la plus "barrée", la plus osée ? On aurait volontiers parié a priori sur le Dadaïste Picabia mais Relâche, qui fut certainement provocateur et rafraîchissant à l'époque (avec des danseurs dans la salle, une infirmière à barbe...) s'avère aujourd'hui assez ennuyeux et "muséal". Seul le film foldingue de René Clair (Entr'acte, projeté en plein milieu de la pièce) sauve les meubles et nous embarque dans une blague surréaliste aux effets de montage et de mouvements de caméra aujourd'hui encore surprenants ! Le montage, le démontage et le remontage, c'est aussi le "truc" de Noé Soulier, qui s'empare des codes de la danse classique pour les déstructurer, les cogner les uns aux autres, les accélérer ou les ralentir. Sa création Corps de ballet contient bien des idées mais ici encore à l'état de friche, de recherche inaboutie... La pièce la plus folle, et même

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Sur la même longueur d'onde

SCENES | La formule du festival Aire de jeu est aussi simple qu'originale : inviter des chorégraphes à créer des pièces à partir d’œuvres musicales d'un même compositeur. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 janvier 2014

Sur la même longueur d'onde

La formule du festival Aire de jeu est aussi simple qu'originale : inviter des chorégraphes à créer des pièces à partir d’œuvres musicales d'un même compositeur. Un retour aux amours classiques entre la musique (jouée live sur scène) et la danse qui est aussi un "retour en avant" puisque chaque invité est une figure de la musique contemporaine. Après David Lang et Julia Wolfe, c'est le jeune et prolifique Nico Muhly qui est à l'honneur et dont on pourra découvrir le travail à travers celui de quatre fortes individualités. Ancien ingénieur en chimie, longtemps metteur en scène de théâtre et d'opéra à Berlin, Laurent Chétouane (né en 1973) se tourne vers la danse en 2007 et s'intéresse tout particulièrement aux problèmes de communauté politique et de vivre-ensemble (il est inspiré par Roland Barthes !), ainsi qu'aux notions connexes de frontière, de territoire, d'espace commun. C'est lui qui signera la pièce la plus longue du festival (15 variations autour de l'ouvert), plongeant nouvellement dans la matière brute et émotionnelle de la danse, et interprétant la musique de Muhly comme «une invitation à la vie, un appel à chanter, un concentré d’ancien et de nouveau créant une const

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Sur Stravinski ou New Order

SCENES | Jusqu'au 5 décembre, le Centre Chorégraphique National de Rilleux-la-Pape propose son deuxième temps fort, "Play Time", ouvert à tous les publics (dès 3 ans (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 20 novembre 2013

Sur Stravinski ou New Order

Jusqu'au 5 décembre, le Centre Chorégraphique National de Rilleux-la-Pape propose son deuxième temps fort, "Play Time", ouvert à tous les publics (dès 3 ans pour Têtes à têtes de Maria Clara Villa-Lobos) et rassemblant les propositions les plus diverses. Les "grands" pourront ainsi s'immerger dans le Sacre du printemps de Roger Bernat (également au programme du festival Micro Mondes) pour une expérience scènique inédite en hommage à Pina Bausch, et les "petits" dans Partituur de la très renommée performeuse croate Ivana Müller, pièce dans laquelle trente enfants sont invités à imaginer une histoire et une chorégraphie dans un pays fictif - et qui sera reprise à la Maison de la danse du 11 au 18 décembre.  Il y aura aussi du hip hop féminin avec le duo Yonder Woman d'Anne Nguyen et un spectacle promettant son pesant de cold rock : The Him de Yuval Pick (directeur du CCN). Cette pièce inspirée de la musique de New Order (et tout particulièrement de leur premier album, le bien no

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Steven Spielberg, une rétrospective

CONNAITRE | Richard Schickel Éditions de la Martinière

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Steven Spielberg, une rétrospective

Aussi étrange que cela puisse paraître, peu d’ouvrages ont été consacrés à la filmographie pourtant conséquente de Steven Spielberg. La réponse à ce mystère est partiellement avancée par Richard Schickel dans cette «rétrospective», beau livre richement illustré où l’auteur ne cache pas son admiration pour l’œuvre, même s’il émet parfois des réserves surprenantes concernant certains opus — Minority report, notamment. Le succès remporté par Spielberg tout au long de sa carrière et sa capacité à passer d’un registre "sérieux" à un autre plus léger et ouvertement divertissant a longtemps rendu le cinéaste suspect aux yeux de la critique. De fait, on découvre dans ce travail made in USA que la défiance envers le cinéma de Spielberg n’est pas seulement l’apanage d’une partie de la critique française — qui s’est exprimée, encore, lors de la sortie de Lincoln. La presse américaine aussi lui a toujours cherché des poux dans la tête, lui reprochant tantôt de se complaire dans le cinéma pop corn, tantôt de s’aventurer vers des sujets qui le dépassent. Or, c

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Spielberg et les autres

ECRANS | Qu'est-ce qui peut hanter Spielberg pour revenir plusieurs fois sur l'esclavage ? Bien avant Lincoln, La Couleur pourpre puis Amistad annonçaient déjà un (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 25 janvier 2013

Spielberg et les autres

Qu'est-ce qui peut hanter Spielberg pour revenir plusieurs fois sur l'esclavage ? Bien avant Lincoln, La Couleur pourpre puis Amistad annonçaient déjà un sujet qui en dit long sur son auteur. Sur deux fronts, l'un la condition féminine des afro-américaines au début du XXe siècle, l'autre le procès des esclaves qui mena à la guerre de Sécession, Spielberg s'est évertué à filmer son pays et le peuple noir américain. Avec une telle vigueur volontariste que les deux films figurent parmi les plus décriés de sa filmographie. En cause une représentation épineuse qui, entre le mélo biblique Oprah Winfreyisé - La Couleur pourpre, mal reçu par la communauté noire à sa sortie - et l'exercice de pénitence vantant les valeurs de la Constitution américaine - Amistad, tourné pour corriger la réception critique du premier, chaque film fait de cet Autre, l'esclave, le noir, une drôle de figure. On s'explique : en se penchant sur l'esclavage ou la ségrégation, Spielberg vante moins les vertus des Droits de l'homme qu'il traite de sa plus grande angoisse, la perte identitaire. Au fond, peu importe qu'il s'agisse des noirs, des femmes, d'un na

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Lincoln

ECRANS | On pouvait craindre un film hagiographique sur un Président mythique ou une œuvre pleine de bonne conscience sur un grand sujet, mais le «Lincoln» de Spielberg est beaucoup plus surprenant et enthousiasmant, tant il pose un regard vif, mordant et humain sur les arcanes de la démocratie américaine. Une merveille, qui conclut une (inégale) trilogie spielbergienne sur l’esclavage. Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 23 janvier 2013

Lincoln

Ce n'est peut-être qu’un hasard… Toujours est-il que ce film sur Abraham Lincoln au début de son second mandat de Président des États-Unis est sorti au moment où Barack Obama, qui n’a jamais caché son admiration pour Lincoln, était lui-même réélu Président. Hasard aussi, Lincoln affronte sur les écrans (et aux Oscars) Django unchained, Spielberg et Tarantino se disputant ainsi un même sujet : celui de l’esclavage. Tarantino n’a pas caché au cours de ses interviews avoir souhaité faire avec Django un anti-Amistad, c’est-à-dire un film où les Noirs ont vraiment la parole et n’ont pas besoin de porte-voix blancs pour plaider leur cause. De fait, Spielberg, à l’époque un peu écartelé entre ses grands films sérieux, sa franchise jurassique et ses productions télé, était passé à côté de son affaire. Lincoln pourrait tomber exactement sous le coup de la même critique : un film qui se dissimule derrière la vérité historique — car, scoop, ce sont bien des blancs qui ont mis fin à l’esclavage — pour mieux réduire au silence sur l’écran les princi

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Universal : 100 ans, toujours à flot !

ECRANS | Un siècle qu'Universal a planté son drapeau à Hollywood. Si le doyen des studios encore en activité méritait bien son petit hommage, quel meilleur film que le (...)

Christophe Chabert | Vendredi 12 octobre 2012

Universal : 100 ans, toujours à flot !

Un siècle qu'Universal a planté son drapeau à Hollywood. Si le doyen des studios encore en activité méritait bien son petit hommage, quel meilleur film que le mythique Jaws (Les Dents de la mer) dans une copie flambant neuve pour fêter ça ? Archi revu et commenté mais toujours aussi fascinant, il est une date clé du cinéma américain. Film souche pour Steven Spielberg et son œuvre, qui n'a cessé de traiter ensuite du grand Autre sous toutes ses formes : ici animalière et dangereuse comme elle reviendra décalée dans Cheval de guerre ; ou plus volontairement naïve mais pas moins symptomatique dans E.T. (projeté également en copie restaurée durant le festival). Film providentiel pour Universal, qui voit en son succès massif la lueur d'espoir tant attendue pour relancer des studios alors exsangues au début des années 70 : il sera l'instigateur du blockbuster hollywoodien, inventant une nouvelle manière de faire des films repris par tous depuis. Mais si Jaws s'impose aujourd'hui dans ce cadre, c'est qu'il est aussi un bel hommage de

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Tournez manège !

SCENES | Malgré de beaux moments dans le "Sacre du Printemps" de Thierry Thieû Niang, la dernière semaine de la Biennale de la danse nous laisse à nouveau sur notre faim d’inédit et de créativité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 septembre 2012

Tournez manège !

Au TNP la semaine dernière, il y eut une sorte de précipité (comme on dit en chimie) de l’histoire de la danse et du théâtre modernes : Patrice Chéreau, pieds nus, lisant le journal de Nijinski où celui-ci pourfend le théâtre et défend le «sentiment», peste contre Serge de Diaghilev et Igor Stravinski, ces personnages selon lui ennuyeux, prône la vie, le mouvement, l’écriture et la masturbation contre l’esprit de sérieux, la scène guindée… On aurait cru entendre Artaud dans son Théâtre de la cruauté, et on assistait alors à de singuliers courts-circuits entre les histoires du TNP, de la danse, de Chéreau, du Sacre du Printemps (dont on fêtera l’an prochain les 100 ans), de ce qui fît scandale en 1913 mais ne le fait plus, de ce qui fît modernité mais ne le peut plus… Épuisement. C’est dans la neige que se termine le récit de Nijinski et que démarre alors la musique du Sacre de Stravinski et s’ébranle le "tournez manège" de vingt-quatre danseurs amateurs âgés. Une belle spirale sans fin plutôt émouvante, un mouvement en hélices multiples non sans charme, des corps fatigués mais fiers, précis et poignants…

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Cheval de guerre

ECRANS | Comme s’il avait fait de cette odyssée d’un cheval du Devon à travers la Première Guerre mondiale le prétexte à une relecture de tout son cinéma, Steven Spielberg signe avec "Cheval de guerre" un film somptueux, ample, bouleversant, lumineux et inquiet, où l’on mesure plus que jamais l’apport d’un metteur en scène qui a réinventé le classicisme. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 février 2012

Cheval de guerre

Il y a d’abord le souffle fordien des premières séquences. Quelque part dans le Devon, au début du XXe siècle, un jeune garçon voit naître un cheval, qu’il va tenter d’apprivoiser en quelques plans muets mais d’une grande force d’évocation. Ce cheval sera mis aux enchères et un fermier obstiné, alcoolique et sous le joug d’un propriétaire inflexible, s’entête à l’acheter, au grand dam de son épouse. Sauvage, le cheval doit servir pour labourer un champ à l’abandon, sec et rocailleux ; personne n’y croit sauf Albert, le fils, qui va arriver à le dresser, nouant une relation quasi-amoureuse avec lui. Steven Spielberg est alors de plain-pied dans le conte enfantin, le territoire naïf des productions Amblin et de son cinéma dans les années 80. S’il se mesure à ses maîtres (Ford donc, mais aussi David Lean), il rabat cependant cette première demi-heure sur ses propres thèmes (la générosité de l’enfance contre la cruauté des adultes) et ses figures habituelles de mise en scène, notamment ces travellings recadrant un visage qui s’illumine au contact du merveilleux. D’une certaine manière, toute cette exposition tient dans les interventions ponctuelles d’une oie de comédie qui mord les

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David Lang mis en corps et en mouvements

SCENES | Les Subsistances, dites «Laboratoire international de création artistique», se lancent dans une nouvelle formule... Un nouveau tube à essais intitulé Aire (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

David Lang mis en corps et en mouvements

Les Subsistances, dites «Laboratoire international de création artistique», se lancent dans une nouvelle formule... Un nouveau tube à essais intitulé Aire de jeu (première édition du 2 au 7 février) où il s'agit de précipiter des chorégraphes dans le liquide musical d'un compositeur contemporain, ici l'américain David Lang aux œuvres minimalistes ou au contraire plus lyriques, influencées aussi bien par Steve Reich que par Karlheinz Stockhausen ! Le Lyonnais Yuval Pick, tout nouveau directeur du CCN de Rillieux-la-Pape, en profitera pour aller à l'encontre de ses habitudes chorégraphiques et, à une danse lyrique et pulsionnelle, opposera une danse beaucoup plus décomposée et analytique, simple et basique. Maud Le Pladec proposera deux pièces : un solo où un danseur ira lui aussi contre sa formation et une autre pièce... sans danseur !  L'Américain Andros Zins-Browne s'essaiera quant à lui pour la première fois à une chorégraphie sur une musique potentiellement envoûtante, alors qu'il travaille habituellement uniquement sur des bande-sons bruitistes ou pop. Les musiques de ces trois spectacles seront jouées en direct par des interprètes du Conservatoire National Supérieu

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La danse, de Lyon à Cuba

SCENES | Commençons notre tour d'horizon dansé par un chorégraphe lyonnais, Denis Plassard dont nous avions redécouvert il y a deux ans la superbe adaptation du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 21 décembre 2011

La danse, de Lyon à Cuba

Commençons notre tour d'horizon dansé par un chorégraphe lyonnais, Denis Plassard dont nous avions redécouvert il y a deux ans la superbe adaptation du Terrier de Kafka. Sa prochaine création, Encore quelques illusions (les 26 et 27 janvier au Théâtre de Vénissieux, le 15 mars au Théâtre Astrée dans le cadre du festival Chaos Danse), jouera avec les codes, les techniques et l'esthétique des spectacles de magie. Autre Lyonnais à suivre : le tout nouveau directeur du CCN de Rillieux-la-Pape, Yuval Pick, s'essaiera (ainsi que les chorégraphes Maud Le Pladec et Andros Zins-Browne) à une création sur l'une des œuvres du compositeur américain contemporain David Lang (Aire de jeu aux Subsistances du 2 au 7 février). Maguy Marin quant à elle reprend sa pièce fulgurante et plongée quasi continuellement dans l'obscurité, Salves, du 3 au 5 avril au Toboggan. Du côté de la Maison de la danse, on notera la première venue à Lyon de deux grandes compagnies contemporaines d'outre Atlantique : le Cedar Lake Contemporary Ballet de New York (du 31 janvier au 5 février) avec une pièce du turbulent Hofesh Schechter et une autre de Crystal Pite, et le Danza Contemp

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Yuval Pick ouvre le bal à Rillieux

SCENES | Danse / Le programme "Bonjour !" marque le début de la saison publique du CCN de Rillieux-la-Pape dirigé depuis peu par Yuval Pick. À l’Espace Baudelaire, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 novembre 2011

Yuval Pick ouvre le bal à Rillieux

Danse / Le programme "Bonjour !" marque le début de la saison publique du CCN de Rillieux-la-Pape dirigé depuis peu par Yuval Pick. À l’Espace Baudelaire, le chorégraphe reprend sa pièce Score, fruit d’un voyage en Israël, son pays d’origine. Score est un trio où l’on retrouve la gestuelle physique et instinctive de Yuval Pick sur une bande sonore constituée de bruits de rue, de témoignages et de musiques diverses, échos aux pulsions de vie qui traversent le pays malgré la guerre. Trois jeunes (et très bons) danseurs se frottent ainsi à l'univers vif et organique du chorégraphe : ils exécutent des courses dispersées puis "rembobinées" sur un morceau de cold wave, se resserrent violemment en grappe, se jettent soudainement les uns sur les autres ou, dans une ambiance techno, s'adonnent à des motifs plus répétitifs, saccadés et mécaniques... À ce spectacle succédera au CCN une journée ouverte à tous et gratuite avec une performance de Julie Nioche, des spectacles de la Cie Entorse et du Suisse toujours surprenant et ludique Foofwa d’Immobilité.Jean-Emmanuel Denave

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Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne

ECRANS | À l’instar de James Cameron avec Avatar, Steven Spielberg s’empare d’une innovation technologique au potentiel énorme, et la plie à son imagination toujours fertile pour mieux la sublimer, au gré d’une véritable leçon de mise en scène. François Cau

Dorotée Aznar | Jeudi 20 octobre 2011

Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne

Avatar, Drive et Tintin partent tous à leur singulière façon d’un même postulat qu’il est toujours bon de rappeler : si le récit a son importance, la manière de le mettre en images a tout autant de sens. Qu’on ait affaire à Pocahontas au pays des Schtroumpfs extraterrestres géants, à une série B qui aurait pu être interprétée par Jason Statham ou ici, à une trame antédiluvienne de feuilleton à rebondissements à peu près connue de tous, portée par un héros parmi les plus univoques qui soit, l’enjeu est de créer une mise en scène inédite, qui s’appuie sur des canons narratifs ultra-balisés et leur appréhension désormais presque instinctive par le public. Dans le cas de Tintin, quelques embûches théoriques liées au processus d’adaptation s’ajoutent au projet : le charme des aventures de l’intrépide reporter est totalement désuet, tant dans le fond que dans la forme. Il convenait donc de lui substituer un tout autre langage que la fameuse «ligne claire» d’Hergé, tout en opérant un hommage aussi déférent que possible. Passé un générique introductif lisse mais déjà porteur des intentions esthétiques qui animeront le film, Spielberg règle ces questions en trente secondes : au beau mili

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Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

ECRANS | Le quatrième volet des aventures de l’archéologue au chapeau est une bonne surprise : Spielberg et Lucas retournent à leur avantage les invraisemblances du récit et la vieillesse de leur héros pour en faire un blockbuster fier de son charme rétro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 mai 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Lucas en plein déprime post-Star Wars ; Spielberg essoufflé après un marathon de films conclu par son magnifique Munich ; Harrison Ford peinant à trouver des rôles à sa mesure. Il n’y avait, dans le fond, que des mauvaises raisons à rempiler pour un quatrième Indiana Jones, reprise tardive d’une franchise qui, on a tendance à l’oublier, a marqué une révolution dans un genre, le film d’aventures, totalement déserté par Hollywood à l’époque. D’autant plus que des succédanés peu glorieux comme l’immonde Benjamin Gates ont méchamment pillé l’héritage de la série, tout en générant de copieux dividendes au box-office. La bonne surprise de ce Royaume du crâne de cristal, c’est que Spielberg, Ford et Lucas n’ont pas cherché la surenchère ; au contraire, avec une malice de vieux grigous, ils transforment systématiquement leurs handicaps en points forts, se moquant ouvertement de l’air du temps. Vas-y dans le rétro ! Si Indiana Jones n’a plus vingt ans, son fils, joué par le très fade et du coup très bien Shia LaBeouf, les a jusqu’au ridicule. Permanenté façon Fonzie, roulant en cuir et Harley à la f

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Plis intérieurs

MUSIQUES | Danse / Yuval Pick présente sa nouvelle création, Look white inside, sondant les tréfonds du corps et de l'inconscient. Il y découvre aussi bien des forces terriennes et brutes, qu'aériennes et délicates. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 14 février 2007

Plis intérieurs

Place au corps. Dire le corps, ses possibles, ses agencements. Etre au plus près de lui. Lorsque le chorégraphe Yuval Pick parle de ses créations, il emploie un vocabulaire physique (au sens des sciences physiques), chimique et organique : des forces, des champs de force, des polarités, des rencontres entre danseurs comme des chocs entre particules, des transformations et des transmutations d'un état du corps vers un autre, des précipités... «Je voudrais dévoiler les structures communes au genre humain au travers du corps, de ses réactions. Presque organique ou physique au sens scientifique du terme, mon travail interroge les processus de construction de nos individualités, de nos relations aux autres et à notre environnement», écrit-il. Cette approche abstraite de la danse (au sens où la théâtralité, l'expressionnisme, la psychologie et la narration sont évacuées au profit d'un dispositif physique concret, d'une logique de la sensation) est commune aujourd'hui à bien des chorégraphes : on pense en particulier au Suisse Thomas Hauert que l'on a pu découvrir récemment à la Maison de la Danse avec sa pièce Modify, rien moins qu'un chef-d'œuvre et l'un des plus grands moments de danse

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Vies et morts de Michel Polnareff

MUSIQUES | Musique / Avant ses deux concerts à la Halle Tony Garnier, retour sur l'énigme Polnareff, ou la chronique des disparitions d'un artiste novateur, showman rusé et référence discrète mais essentielle de la musique pop française. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 28 mars 2007

Vies et morts de Michel Polnareff

Il n'aura échappé à personne que la campagne présidentielle qui s'annonce est marquée par un trou noir historique engloutissant une époque que tout le monde feint d'avoir oublié : la charnière 1968-1973, cet âge des possibles de la société française vite enterré par la crise économique. Il n'aura échappé à personne non plus qu'au milieu des Unes de journaux qui épiloguaient sur les turpitudes de nos candidats, s'est invité un revenant en pleine forme : Michel Polnareff, sur scène pour la première fois depuis vingt ans. Ces deux considérations n'ont rien à voir entre elles, pensez-vous ? Alors, lançons le 45 tours Polnareff... Face A : Le Beatnick et l'exilé Depuis 1964, les clubs parisiens à la mode se sont trouvés une drôle d'idole. Un type seul avec sa guitare chante des morceaux qui ne sont pas, comme la plupart des autres tubes de l'époque, des adaptations de succès rock'n'roll anglo-américains. Polnareff s'est construit un répertoire bien à lui qu'il joue partout, et surtout dans les rues de Paris, incarnation naturelle du beatnick qui sent le monde en train de changer. Certes, il y a d'autres farfelus dans la place : Dutronc et ses déclinaisons amusées du style Dylan chanté

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