Les 10 concerts à voir en septembre

Musique | La concurrence (ou les confrères) prenant leur temps pour redémarrer la saison en mode diesel, c'est une certaine péniche du quai des Étroits, qui ce mois-ci fait figure de bon élève boulimique, alignant comme des perles les concerts de musique pas comme les autres. Septembre sera (surtout) Sonic ou ne sera pas.

La rédaction | Jeudi 1 septembre 2016

Photo : © DR


Daniel Romano

Les fans hardcore de l'ancien Daniel Romano ont sans doute eu du mal à reconnaître leur protégé canadien lorsqu'ils ont posé l'oreille sur Mosey, son dernier album, puis constaté qu'il avait troqué le costume de dandy à Stetson – et les chansons crincrin qui allaient avec – pour une veste de jogging. Finie (pour le moment) la country pliant (magnifiquement) le genou devant les figures d'Hank Williams ou Merle Haggard, Romano a ici sorti le couteau suisse musical et donne l'impression de balayer d'un revers de main sa discographie précédente à coups de pop cinématographique, emphatique ou intime, reliant par la grâce du fil invisible d'un songwriting impressionnant Morricone, Dylan, Newman, Hazlewood. Et surtout l'ancien Daniel avec le nouveau, génial dans toutes les configurations.

Au Sonic le mardi 13 septembre

Les Innocents

S'il ne doit y avoir qu'un point commun entre les Insus et les Innos, à part les deux premières lettres de leur nom et leur come-back simultanément, c'est bien qu'après avoir longtemps fait défaut, on les voit maintenant partout. Concernant le duo JP-Jean-Cri, il n'y pas de quoi se plaindre. Toutes les occasions sont bonnes de revoir ce groupe bien plus important que l'Histoire n'a bien voulu le retenir, et encore capable, contrairement aux Insus, de se renouveler. In-manquable, quoi qu'on en pense.

Au festival Vendanges Musicales à Charnay le vendredi 16 septembre

Les Marinellis

On a comme déjà entendu ce son frontal, cette voix encastrée dans un mur de son, cet accent qui pointe légèrement dans la brume sonique, ces paroles farfelues. C'est un classique du rock montréalais francophone (pensez Malajube notamment, mais pas que). Leur garage volontiers yé-yé qui peut aussi rappeler les frenchies de Mustang ou nos Rebels de Tijuana, tout autant qu'Antoine et ses Problèmes squattant une compile Nuggets, s'est ainsi vu épingler, et cela vaut médaille, par le très indépendant label Burger Records (The Growlers, The Cosmonaut). Qui plus est sur scène la bande de Cédric Marinelli, ce dernier en tête, ne laisse pas sa part aux chiens de l'entertainement foutraque.

Au Sonic le vendredi 16 septembre

The Younger Lovers

« Un rocker noir et gay en mission », voici comment certains magazines spécialisés américains qualifient Brontez Purnell. « Et qui veut être écouté » ajoute le webzine Colorlines. C'est ainsi, même si c'est réducteur : on étiquette souvent The Younger Lovers en mode queer-rock. Il faut dire qu'elles ne parlent que du fait d'être gay. Au-delà, c'est un sacré fatras DIY de soul-garage-psyché à faire se déhancher la fameuse Coït Tower de San Francisco (où est installé le groupe). Et effectivement comme pressé d'en découdre avec quelque chose. En mission, quoi.

Au Sonic le samedi 17 septembre

Vaudou Game

C'est le grand retour des nouveaux rois de l'afro funk made in Lyon, munis d'un second opus abouti et doté d'un single averti, tout simplement baptisé Revolution. Riches d'une tournée épique les ayant mené jusqu'au Japon cet été, Vaudou Game, emmené par Peter Solo, ouvre logiquement ce nouveau cycle des soirées Black Atlantic Club.

Au Sucre le samedi 17 septembre

Radio Elvis

On en a parlé, on en parle, on en reparlera de ces cousins pas si éloignés de Feu ! Chatterton, sans doute fatigués de la comparaison (en même temps, ils n'avaient qu'à pas faire pot commun aux Nuits de Fourvière cet été) et dont le talent littéraro-musical s'est plus que confirmé avec Les Conquêtes, album d'exploration qui recule tous les horizons et que prouve que si les voyages ne forment par toujours la jeunesse, une certaine jeunesse peut former de bien beaux voyages.

Au festival Vendanges Musicales à Charnay le 17 septembre

Pop. 1280

Ah, ça pour se mettre à la fraîche pépouze, en mode bon esprit, l'esprit vidé de tout ce qui va de travers (L'économie, les attentats, la suppression de l'huile de palme dans la recette du Savane devenu immangeable, tout ce que pense dit, fait et défait Laurent Wauquiez...), il y a mieux que la cyber-pop tendue comme un sarkozyste à la vue d'un burkini. Ah, on aurait pu se laisser tromper par le titre de leur pénultième embardée, Paradise, mais il faudra plutôt se rabattre sur les plus évocateurs Pulse, le dernier, ou The Horror. Quelque part entre Bauhaus au XIXe siècle et la musique de John Carpenter, c'est tout simplement déllicieux, comme courir dans le Lincoln Tunnel depuis New York vers le New Jersey poursuivi par 1280 zombies.

Au Sonic le mardi 20 septembre

Rahzel

Si le beatboxing ne devait être incarné que par un seul homme, ce serait certainement lui : Rahzel, repéré avec The Roots au début des années 90, n'a plus cessé depuis de partager sa technique phénoménale (les featurings allant de Common à Rakim en passant par Ben Harper). Mais c'est live que la performance prend toute son ampleur.

Au Ninkasi dans le cadre de Notorious Festival le mercredi 21 septembre

Usé

La preuve qu'on peut être Usé, sans être vieilli, ni fatigué (non Lionel Jospin n'avait pas raison sur tout, ce fut son plus grand tort que de croire le contraire), c'est Nicolas Belvalette dont la musique peut être, elle, usante, en tout cas, c'est certain, pour ses instruments, ce Chien d'la casse (titre de l'album qui lui a valu adoption par le label Born Bad) qui martyrise ses instruments, en les martelant, essentiellement, pour en tirer la substantifique moelle graisseuse d'une apocalypse nucléaire et musicale sous amphétamines. À moins que ce ne soit la vie de tous les jours qu'il nous dépeigne. À force, on ne sait plus.

Au Sonic le vendredi 23 septembre

The Warlocks

En quasi préambule d'une saison qui annonce quelques événements psychés qui sentent d'ici le pneu brûlé (Suuns, Wooden Shjips), les Warlocks de Bobby Hecksher reviennent juste un peu plus d'un an après leur dernier passage lyonnais, avec cette fois-ci sous le bras une sombre galette toute fraîche intitulée Songs from the Pale Eclipse. Quant à savoir si ça va mieux du côté d'Hecksher après sa trilogie mortifère à bases de crânes, il suffit pour répondre à la question d'écouter le single Lonesome Bulldog (genre de Brian Jonestown Massacre chloroformé ahanant « Nothing to eat, nothing to drink / No one to love / no one to talk to. Just another day as a lonesome bulldog ») et de conclure que ça va mieux mais mal. Allez bonne rentrée !

Au Sonic le lundi 26 septembre


Daniel Romano


Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Warlocks + Dead Rabbits

Rock psyché
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Usé + Le Chemin de la Honte

Synth punk, post punk
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pop. 1280 + Abschaum

Synth noise, cold wave
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Younger Lovers + Avions

Punk
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Black Atlantic Club

Vaudou game + Raoul K + James Stewart
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Voici la nouvelle ayant gagné le concours "Récits d'objets"

Musée des Confluences | Pas moins de 78 candidats ont participé au concours "Récits d'objets" organisé par le Musée des Confluences sur le modèle des livres publiés dans la collection du même nom. Le jury composé de bibliothécaires de la BmL, de responsables du Musée, de la conseillère éditoriale de récits d'objets et de Stéphane Duchêne, membre de la rédaction du Petit Bulletin, a désigné la nouvelle signée Maxime Dejob : "Vie et œuvre de Désiré Solé".

Stéphane Duchêne | Jeudi 28 janvier 2021

Voici la nouvelle ayant gagné le concours

Vie et œuvre de Désiré Solé Paru initialement dans Les Annales de la littérature de fantasy, novembre 1987 Le petit Désiré naît en 1867 au cœur du pays d'Issoire dans la ferme familiale. Ses deux parents dont les prénoms ne nous sont pas parvenus sont paysans. Ils meurent du choléra en 1872 laissant Désiré orphelin. Le bambin est recueilli par une voisine, religieuse. Elle lui enseigne le latin et le grec ancien. On sait qu'il se passionne très jeune pour la littérature courtoise : quelques ouvrages trouvés dans la bibliothèque secrète de la préceptrice. À quinze ans il quitte définitivement l'Auvergne et se rend à Paris. Désireux de continuer sa formation intellectuelle il passe ses journées au Collège de France et tente d'obtenir une bourse universitaire qu'on lui refuse. Il travaille donc quelque temps comme manutentionnaire aux halles centrales. Rapidement il souhaite fuir cette vie de misère et il prend la décision de partir pour les États-Unis. Il accoste à New York en 1885. On ne sait pas grand-chose de cette époque. Les sources les plus sérieuses parlent d

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Ananda Devi : « pour certaines personnes, il n'y a pas de mémoire »

Littérature | Le mardi 26 janvier, le Musée des Confluences dévoilera les lauréats du concours de nouvelles "Récits d'objets". À cette occasion, le Musée invite l'autrice mauricienne Ananda Devi à venir évoquer sa contribution à la collection du même nom : "Fardo", récit très court mais d'une puissance inouïe inspiré par la tombe féminine de Koban et la momie de femme Ychsma. Ananda Devi revient pour nous sur ce projet qui résonne fortement avec les grands thèmes d'une œuvre entamée en 1977 : le corps de la femme, la violence, le poids de la tradition et l'évolution folle de notre société de consommation. Et le silence des oubliés.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 janvier 2021

Ananda Devi : « pour certaines personnes, il n'y a pas de mémoire »

Vous en parlez dans le livre mais pouvez-vous nous expliquer plus avant comment l'on vous a approchée pour ce projet et comment les choses se sont déroulées dans la découverte et le choix des "objets" ? Et peut-être quelles ont été les hésitations dont vous parlez dans Fardo ? Ananda Devi : J'avais été invitée à un festival littéraire à Vienne et j'y ai recontré Adélaïde Fabre [conseillère éditoriale de la collection "Récits d'objets" co-éditée par le Musée des Confluences et Cambourakis] qui m'a parlé de cette collection et proposé ce projet. On m'a envoyé quelques livres de la collection pour que je vois en détail comment ça se passait, quel genre de texte on attendait de moi. J'ai vu qu'on était vraiment libre sur la forme. Ça pouvait être une fiction, un texte de réflexion et c'est ce qui m'a intéressé. J'ai ensuite visité le musée pour y trouver un objet. C'était assez réjouissant mais il y avait l

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Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

Lyon | On pourrait vous la faire courte en recopiant trois phrases du communiqué de presse de la Métropole annonçant en quoi consiste la grande "rébellion" de Bruno Bernard contre la décision du gouvernement de laisser les lieux de culture fermés. On a préféré laisser un peu de suspens et vous conter dans le détail la surréaliste conférence de presse qui s'est déroulée mardi 16 décembre au musée Lugdunum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 décembre 2020

Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

On allait voir. Le combat était annoncé et la potion magique bouillait déjà dans la marmite de la petite capitale provinciale. Après la tournée des médias pendant le week-end — Le Progrès à défaut d'Uderzo —, Bruno Bernard allait passer en mode Gaulois réfractaire. Et ouvrir le Musée des Confluences et Lugdunum dès samedi ? Engager la baston avec le centurion Jean Castex ? Oui. Enfin... pourquoi pas. Déjà, il fallait mettre les services — culturel et juridique, on imagine — au boulot lundi pour trouver comment, puisque comme l'a dit lui-même le président de la Métropole avant le conseil

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Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Lyon | Face à l'annonce brutale faite par Jean Castex jeudi 10 décembre, intimant aux lieux culturels de rester fermés alors que beaucoup avaient préparé activement leur réouverture pour ce mardi 15 décembre, les élus EELV de Lyon et socialiste de Villeurbanne, emmenés par le président de la Métropole Bruno Bernard, lancent la fronde. Ce dernier se dit même prêt à ouvrir sans accord gouvernemental le Musée des Confluences dès samedi. Bluff ?

Sébastien Broquet | Lundi 14 décembre 2020

Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Il y a une ironie certaine à découvrir Bruno Bernard se faire soudainement le champion de la "libération" des lieux de culture, quitte à prendre la tête d'une fronde locale et à vouloir ouvrir dès samedi deux musées dont sa collectivité a la charge — le Musée des Confluences et Lugdunum — sans l'autorisation de l'État. Verra-t-on un président de Métropole faire face à la police nationale et à la préfecture pour maintenir ses musées ouverts ? La question peut se poser : il faudra bien assumer le coup d'éclat médiatique du week-end. Et l'ironie, donc, veut que le meneur de la fronde soit celui qui s'est le plus totalement désintéressé des questions culturelles jusqu'ici. Bruno Bernard, alors candidat EELV, n'a pas eu un mot pour ce secteur durant sa campagne et n'avait pas de programme culturel à mettre en application. Une fois élu, il a nommé vice-président en charge de ce portefeuille son allié socialiste,

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Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Politique | Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. La jeune femme succède à Myriam Picot, comme elle ex-maire du 7e, mais surtout ancienne vice-présidente de la Métropole en charge du volet culturel. Ce qui paraissait plus... logique, et dénote le manque de ressources au sein d'EELV en ce qui concerne la culture : après avoir refilé les deux délégations concernées à la Ville et la Métropole à leurs alliés Nathalie Perrin-Gilbert et Cédric Van Styvendael, les Verts se tournent donc vers des élus locaux n'ayant montré aucune appétence pour ce secteur pourtant en crise ouverte. Fanny Dubot, déjà critiquée dans son arrondisseme

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Les Débuteuses, droites au but

Foot militant | Équipe de foot inclusive, militante et libre de ses mouvements, Les Débuteuses défendent l'idée d'une pratique ludique et ouverte à toutes, affranchie de toute compétition. Et une vision du football, notamment féminin, qui tend à s'éloigner des canons en vigueur de ce sport en développement. Rencontre avec Julie Fraioli, Louise Frionnet et Valentine Lopez : trois Débuteuses confirmées.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2020

Les Débuteuses, droites au but

Les spécialistes de football savent à quel point sa tactique repose avant tout sur une gestion optimale de l'espace. Avec le totaalvoetbal, le sorcier de l'Ajax, Rinus Michel, et son capitaine Johan Cruyff, avaient, à l'aube des années 1970, poussé l'affaire dans ses retranchements. On sait moins que le jeu initié alors s'inspirait entre autres de la réalité d'un pays, les Pays-Bas donc, qui pour se développer avait dû gagner du terrain sur la mer et élargir à coups de polder l'espace vital disponible. Le foot au fond, ce n'est que cela : une conquête de l'espace situé entre quatre lignes blanches. Or, lorsqu'on est une femme et que l'on souhaite jouer au foot, la question de l'espace est l'une des premières à se poser. Pour cultiver sa passion il faut un potager digne de ce nom et quand cela ne va pas de soi, dans une société où les petits garçons occupent le centre de la cour de récré avec un ballon et les filles ce qu'il en reste, cet espace ne se trouve pas sous la queue d'un cheval. Il faut aller le chercher avec les dents.

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Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

Danse | Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert retoquent le projet d'installer des Ateliers de la Danse dans l'ancien musée Guimet — trop coûteux — sans pour autant remettre en question le concept de Dominique Hervieu en lui-même, qui sera installé (probablement) dans le 8e arrondissement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : les Ateliers de la Danse, imaginés par la directrice de la Maison de la Danse Dominique Hervieu au sein de l'ancien Musée Guimet (Lyon 6e), fermé depuis 2007, ont été retoqués par la nouvelle municipalité. En cause : le coût, principalement. Qui ne correspond pas aux chiffres annoncés en conseil municipal. Si le montant initial était envisagé autour de 5M€ en 2015, il a vite grimpé à 31M€ en 2020. Et Nathalie Perrin-Gilbert, la nouvelle adjointe à la Culture, a découvert à son arrivée en poste que ces Ateliers de la Danse coûteraient en réalité 40M€ à la collectivité. Pour un projet que certains dans les couloirs de la mairi

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Les yeux dans les rouges-et-bleues de l'Olympique Lyonnais : "Les Joueuses"

Documentaire | ★★★★☆ Documentaire de Stéphanie Gillard (Fr, 1h28) avec Wendie Renard, Ada Hegerberg, Delphine Cascarino…

Vincent Raymond | Jeudi 3 septembre 2020

Les yeux dans les rouges-et-bleues de l'Olympique Lyonnais :

Saison 2018-2019. L’équipe féminine de l’OL est en lice pour un triplé : Championnat et Coupe de France, Championnat d’Europe. Des entraînements aux vestiaires, des terrains aux victoires, le portrait d’un groupe bâtissant sa légende autant qu’il popularise son sport… On pèse nos mots en parlant d’un documentaire historique. Parce que Stéphanie Gillard montre le labeur quotidien de ces pionnières perfectionnistes (« Ce qu’il faut de sanglot pour un air de guitare », dirait Aragon) mais aussi leur enthousiasme à vivre de leur passion — si elles remercient volontiers le président Aulas, elles le titillent toujours un peu quant à l’écart abyssal entre filles et garçons. Investies sur le terrain comme le prouvent de spectaculaires mais rares images de matches (question de droits, sans doute), les joueuses le sont aussi en faveur de la relève : l’iconique équipe se trouve en effet à un moment charnière où les “aînées“ (Renard, Fischlock, Bouhaddi…) guident avec bienveillance les nouvelles recrues (Bacha…). D’autant plus précieux à voir que la couverture médiatique dont ces athlètes bénéficient d

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Veillée fatale : "The Vigil" de Keith Thomas

Horreur | Yakov, qui a rompu avec sa communauté juive orthodoxe, vit dans la précarité. Pour payer son loyer, il accepte contre rétribution d’effectuer la veillée funèbre de M. Litvak un coreligionnaire. Sans savoir que le défunt est possédé par un démon en quête d’un nouveau corps hôte…

Vincent Raymond | Mercredi 29 juillet 2020

Veillée fatale :

Distributeur du film outre-Atlantique, Blumhouse Productions poursuit son intéressant cheminement dans le cinéma de genre, investissant sans crainte des créneaux en déshérence ou ignorés. The Vigil constitue une incursion dans le registre cultuel autant qu’une percée : à de notables exceptions telles que Le Golem ou Pi, la religion juive n’est habituellement pas convoquée pour les films fantastiques ou d’épouvante — on lui préfère le catholicisme et ses possessions/exorcismes, pour le coup cinématographiquement très ritualisés. Pour son premier long-métrage, Keith Thomas réussit deux choses assez ardues. D’abord, créer une terreur a minima, froide, par la suggestion. Ensuite, asseoir son intrigue horrifique sur un substrat historico-philosophique offrant une authentique matière à réflexion. Le passé en tant qu’obsession est ici métaphoriquement représenté par un démon (le “mazik“) qu’il faut éliminer par le feu, sans quoi c’est lui qui détruit celui qu’il possède. Le propos est plutôt iconoclaste

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Cité Tony Garnier : patrimoine squatté

Musée Urbain Tony Garnier | Dans le quartier des États-Unis, le patrimoine de la cité ouvrière est de plus en plus en proie aux squatteurs. Le musée urbain Tony Garnier alerte et Grand Lyon Habitat se défend.

Nadja Pobel | Mercredi 22 juillet 2020

Cité Tony Garnier : patrimoine squatté

« Ça fait 43 ans que j'habite ici et y'a jamais eu ça » nous dit une résidente de la Cité des États-Unis. Comprendre : l' agression qui s'est terminée dans le sang le 28 juin et une autre du même acabit une dizaine de jours plus tard. Bien sûr, ce quartier du 8e arrondissement lyonnais n'est pas le Bronx et aucun mort n'est à déclarer. Cependant, le Musée Urbain Tony Garnier a reçu des lettres de doléances de ses voisins qui dénoncent une « insécurité totale », des « allers et venues toutes les nuits », du « tapage nocturne » et menacent de bloquer le paiement de leurs loyers. L'ensemble de plus de 1500 logements, repartis en douze îlots, construits dans les années 30 d'après les plans de Tony Garnier, connaît une phase massive de rénovation. Et donc une non-relocation des appartements laissés vacants. Grand Lyon Habitat — qui

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Les Sète cents coups : "Jeunesse sauvage" de Frédéric Carpentier

Drame | Portrait d’une jeunesse à la marge, entre la cour de récréation et la cour des grands, à la lisière de la délinquance et du crime ; portrait d’une jeunesse à la rue et sans amour, à l’heure des choix ou de la mort. Un premier long-métrage réussi de Frédéric Carpentier.

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

Les Sète cents coups :

Les rues de Sète. Quand il ne veille pas sur son père malade psychique SDF, Raphaël règne sur son gang avec sa gueule d’ange. Détroussant les passants, piquant des caisses, il joue volontiers du poing sans jamais aller trop loin. Pas assez pour son bras droit Kevin qui, lui, en veut plus… Quelque part entre L’Enfant sauvage vieilli et un Pickpocket contemporain, Raphaël est le héraut de cette jeunesse farouche et féroce si bien dépeinte par le titre, autant que le héros d’une épopée dont on devine dès les premières images sa trajectoire de longue fuite tragique. Redoutable de beauté solaire, inquiétant comme ces démons androgynes nés de la plume de Manara ; prénommé comme l’archange annonciateur du Jugement dernier et le peintre de la délicatesse, Raphaël est aussi un concentré de paradoxes, écartelé entre ses pulsions de conquête violente et la prescience d’une fatalité immanente. S’il donne l’impression de reprendre à son compte la phrase de Chirac « un chef doit cheffer

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La firme des animaux : "The Hunt"

Thriller | Un groupe de nantis issus d’une même société kidnappe des citoyens apparemment ordinaires pour en faire les cibles d’un safari géant. Mais l’une des proies leur échappe. Un scénario d’anticipation cauchemardesque, une cinglante critique contemporaine. Orwellien et captivant.

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

La firme des animaux :

Longtemps sur la ligne du rasoir — ce qui, au demeurant, est assez cohérent avec sa tonalité saignante —, The Hunt bascule finalement du côté d’une sortie dans les salles obscures. Précisément dès leur réouverture. On pourrait croire à de l’opportunisme d’Universal eu égard à la situation actuelle des États-Unis, au bord de l’explosion à la suite de l’assassinat de George Floyd et des escalades provocatrices de Donald Trump. Pourtant, ce que le film imagine n’est rien d’autre qu’une extrapolation horrifico-satirique de l’état réel d’une société clivée jusqu’à la moelle, où l’hypocrisie d’un politiquement correct de façade peine à masquer les pulsions ségrégationnistes des dominants. Pulsions sans limites, grandissant autant que la fortune et l’hybris des ploutocrates. Du plomb dans la cervelle Reprenant ici sous la bannière Blumhouse le principe des Chasses du Comte Zaroff (1932) — depuis décliné sous bien des formes jusqu’à

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Retour le 2 juin pour le Musée des Confluences

ARTS | L'intégralité des expositions — qu'elles soient temporaires ou permanentes — du Musée des Confluences sera de nouveau accessible au (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 29 mai 2020

Retour le 2 juin pour le Musée des Confluences

L'intégralité des expositions — qu'elles soient temporaires ou permanentes — du Musée des Confluences sera de nouveau accessible au public dès ce mardi 2 juin, à 11h. Bien entendu, les règles sanitaires et de distanciation sociale seront appliquées : consultez ici les adaptations prises par le musée. L'exposition Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert est prolongée jusqu’au 23 août. Traces du vivant ouverte en février est à découvrir jusqu’au 6 décembre 2020. Les expositions qui devaient ouvrir avant l’été sont reportées au mois d’octobre prochain. Enfin, le musée travaille à de nouveaux formats pour l'été : en plein-air, dans les jardins du musée mais aussi à la rentrée de septembre dans les écoles.

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Juliette Binoche et l’école des femmes : "La Bonne Épouse"

Comédie | La brutale disparition de son époux oblige Paulette Van Der Beck à prendre les commandes de l’école ménagère familiale en déclin qu’il était censé diriger. Mais en cette veille de mai 68, les jeunes élèves ne tiennent plus à devenir des fées du logis soumises en tout point à leur mari…

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Juliette Binoche et l’école des femmes :

Sortant avec une certaine malice quelques jours après que l’on a célébré la Journée internationale des droits des femmes, La Bonne Épouse rappelle avec un second degré évident les vertus et commandements jadis prodigués aux jeunes filles ; le hiatus entre les us de l’époque patriarcale serinés par une institution vitrifiée dans la tradition et l’éclosion d’une nouvelle société n’en paraît que plus comique ! Dans cette ambiance provinciale patinée façon Choristes, Martin Provost bénéficie de surcroît d’un trio féminin de choc : Juliette Binoche (apprêtée et maniérée comme Micheline Presle dans Les Saintes Chéries) en directrice prenant la vague de l’émancipation féminine, Yolande Moreau en vieille fille éberluée par ces changements insolites et surtout Noémie Lvovsky en bonne-sœur revêche, évoquant un Don Camillo en guimpe — parfaite dans ce registre qu’on ne lui connaissait pas encore. Cœur sensible, Provost complète son histoire d’une romance au

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Les Chansons de l'Innocence

Pop | Confirmant, cinq ans après Mandarine, leur retour aux affaires, les Innocents font de 6 1/2 le terreau de la confrontation de talents plus habiles à se vivre dans l'exponentiel que dans la simple addition.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 janvier 2020

Les Chansons de l'Innocence

Quelle fut belle cette reformation des Innocents, du moins de ses deux têtes pensantes, Jipé Nataf et Jean-Christophe Urbain, il y a cinq ans maintenant. Parce qu'on retrouvait bien entendu avec joie et tendresse ces deux orfèvres pop, auteurs dans la confrontation de leurs innocences, de quelques unes des plus belles pages de la pop française de la fin du siècle dernier. Mais surtout parce qu'on sentait là un pas de deux précautionneux, quelque chose comme une parade amicale, une relation qu'il fallait retisser en douceur, sans maladresse. Cela avait donné Mandarine, plus proche de ces Innocents en demi-teinte dénichés jadis en regardant derrière l'évidence de ces tubes 90's qui avaient tant séduit les radios et colonisé les cerveaux. Il s'agissait alors pour le duo, en composant tout à deux, d'avancer dans le consensus, de

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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Conte à pâte de velours : "La Fameuse invasion des ours en Sicile"

Animation - dès 6 ans | En ce temps où les ours et les humains vivaient en paix, le jeune Tonio, fils du roi des ours, se fit capturer par des chasseurs en Sicile. Aidé par un magicien, son père envahit la plaine des Hommes et remporta la victoire. Commença alors une cohabitation entre les deux espèces…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Conte à pâte de velours :

Depuis le temps que l’univers de Mattotti taquinait le cinéma, il fallait bien qu’il franchisse pleinement le pas ; cela aura été par l’entremise d’un roman du génial Dino Buzatti. De par sa structure de conte, cette histoire se prêtait à ses somptueuses fantaisies graphiques (aplats texturés, couleurs chaudes, formes stylisées…) comme aux extensions lui étant ici offertes. En somme, le film accomplit un double travail “d’enluminure“ du texte original en proposant d’une part l’adaptation visuelle par Mattotti et en développant de l’autre le propos philosophique par un enchâssement de récits — lequel fait également écho à la tradition orale du conte. Au scénario, si l’on n’est guère étonné de trouver la présence de Fromental, grand habitué de la transposition de la BD à l’écran — l’homme appartient aux deux mondes —, on se réjouit de découvrir que Thomas Bidegain, brillant auteur et habile cinéaste, a non seulement contribué à l’écriture, mais aussi prêté sa voix à l’un des personnages. Ce faisant, il côtoie au générique son aîné Jean-Claude Carrière, dessinan

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Fin de Quinzaine au Zola

Avant-premières | Comme chaque année, la Quinzaine des Réalisateurs prend ses quartiers de (presque) automne dans quelques salles de France choisies, et notamment au Zola (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Fin de Quinzaine au Zola

Comme chaque année, la Quinzaine des Réalisateurs prend ses quartiers de (presque) automne dans quelques salles de France choisies, et notamment au Zola pour une série d’avant-premières. Dernière salve cette semaine avec du lourd au programme. Dimanche 22 septembre, deux films : Lillian de Andreas Horvath à 18h et le prometteur The Lighthouse de Robert Eggers à 20h30. Enfin, mardi 24 à 20h30, le nouveau film de Nicolas Pariser, Alice et le Maire, reflet politique dans l’œil d’or de la philosophie, accessoirement tourné à Lyon et primé à Cannes. Quinzaine des Réalisateurs Au Zola jusqu'au mardi 24 septembre

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Mini-monstres, super-héros

Musée des Confluences | Les bestioles qui grattent et piquent sont au cœur d'une exposition destinée en priorité aux enfants de 7 à 12 ans. Tables à leur portée, textes à déchiffrer comme un jeu : il sauront tout sur ces insectes pénibles avec un objectif affiché : mieux les connaître, moins les repousser pour mieux les dompter et maîtriser leur prolifération. Instructif et pédagogique.

Nadja Pobel | Mercredi 10 juillet 2019

Mini-monstres, super-héros

À hauteur d'enfants ne signifie pas que l'expo n'est pas accessible à ceux qui ne sont pas la dans tranche d'âge visée, mais les adultes de plus d'1, 65 m devront se pencher pour passer sous le corps cartonné d'une grosse bestiole et admirer une galerie de photos de "mini-montres". Autour de ce corps, se déploient quatre alcôves, bréviaires de sept insectes abordés dans cette expo : acarien, tique, pou, mouche, moustique, punaise de lit, puce. De même que pour lire certains cartels, les enfants doivent dégager les poils (des cordes) d'un insecte grossi des millions de fois ou attraper une loupe pour repérer les mots sur une table recouverte de traits en tous sens et découvrir ainsi ce que ces bêtes font sur notre corps. Mini-monstres se veut ludique mais le Musée des Confluences, fidèle à son ADN, expose aussi les outils des scientifiques et dresse leur histoire : une série de microscopes du plus ancien (en 1670 qui grossissait 250 fois le réel) au plus contemporain et numérique. Autre constante du musée : s'ouvrir à tous les continents. Ici, il est montré comment ces insectes sont parfois considérés comme des dieux ou des êtres maléfiques, comment

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Thom Yorke et la maison du bonheur

Minimalisme | Pour un peu, en envahissant leur Minimalist Dream House (deuxième du nom) posée pour un soir à l'Auditorium, Thom Yorke volerait presque la vedette aux (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 avril 2019

Thom Yorke et la maison du bonheur

Pour un peu, en envahissant leur Minimalist Dream House (deuxième du nom) posée pour un soir à l'Auditorium, Thom Yorke volerait presque la vedette aux sœurs Katia et Marielle Labèque. Une invasion bienvenue qui occupera la deuxième partie de ce concert exceptionnel pour lequel le leader de Radiohead a composé spécialement ou presque (le Barbican Centre de Londres et les Philharmonies de Paris et de l'Elbe en sont avec l'Auditorium les heureux co-commanditaires) Don't Fear the Light, un ensemble de pièces pour deux pianos, électronique et synthétiseur modulaire, ses premières compositions pour des musiciens et salles de concert classiques. Autres attractions, on retrouvera également sur scène aux côtés des Labèque, Bryce Dessner (The National) et David Chalmin, ainsi que, en plus de compositions des deux derniers cités, des œuvres (pour deux pianos et deux guitares), de Timo Andres, David Lang, Max Richter et Caroline Shaw. Que du bonheur, en ce lundi 8 avril.

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Radio Elvis : chercher les garçons

French pop | Tête d'affiche des Chants de Mars, Radio Elvis avait plus que convaincu avec son premier album La Conquête. Avec son successeur, Ces Garçons-là, le trio semble s'être trouvé pour de bon.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 mars 2019

Radio Elvis : chercher les garçons

On peut s'être rapidement trouvé et continuer à se chercher. C'est toute l'entreprise menée par Radio Elvis sur son deuxième disque titré Ces Garçons là, comme s'il s'agissait de présenter un ensemble de chansons comme une définition de soi-même. Ou une redéfinition. On pensait pourtant avoir bien cerné l'essence de Radio Elvis dès La Conquête, un premier album qui avait gravé à l'eau forte une identité musicale qui ne l'était pas moins et avait conquis la critique autant qu'un large public, lançant le groupe sur les routes pour 250 dates. Sauf que si La Conquête définissait quelque chose, ce n'était peut-être pas encore tout à fait un groupe achevé. C'est au fil de sa composition, de sa promotion et surtout de la tournée qui a suivi que les trois garçons qui, chose rare dans le paysage, ne sont pas des amis de toujours, ont appris à se connaître presque autant personnellement qu'artistiquement. Et fin

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L'Amour flou de Rodanski

Théâtre | Un grand écart. On avait laissé Georges Lavaudant avec un Hôtel Feydeau pénible, tellement moins fin que le jubilatoire Chapeau de paille d'Italie avec lequel (...)

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

L'Amour flou de Rodanski

Un grand écart. On avait laissé Georges Lavaudant avec un Hôtel Feydeau pénible, tellement moins fin que le jubilatoire Chapeau de paille d'Italie avec lequel on fait sa connaissance. Le voici de retour avec Le Rosaire des voluptés épineuses qu'il amène sur les terres lyonnaises de son auteur Stanislas Rodanski. On retrouve d'emblée l'espace scénique mangé par une table allongée, celle de son somptueux La Rose et la hache. Ici, elle est en version rococo car le metteur en scène nous embarque dans une rêverie romantique allemande où l'on croise la rivière Neckar et Heidelberg, bien que Rodanski ne soit en rien contemporain de Hölderlin puisqu'il décède en 1981 (en hôpital psychiatrique où il aura passé la moitié de sa vie). Dans un décor au cordeau, en images, projection et films de son fidèle compagnon Jean-Pierre Vergier, avec son propre travail sculptural des lumières, Lavaudant ne rend pas pour autant ce texte surréaliste lisible, à la lisière de la mort et du vivant dans lequel un dandy disserte avec une femme aux noms multiples. Peut-être n'est-elle qu'une apparition post-mortem. Alambiquées, ces 70 mi

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Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Ethnologie | Dans une scénographie sombre, millimétrée par la lumière et somptueuse, le Musée des Confluences présente une première partie du legs que lui fait un couple de collectionneurs. Approche sensitive d'un art peu montré : celui du Nigéria.

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Preuve de sa formidable popularité, le Musée des Confluences (le premier fréquenté sur le territoire hors de Paris) va acquérir prochainement plusieurs centaines de coiffes réunies par Antoine de Galbert (exposition dès le 6 juin) et recevra à terme le legs intégral de la collection d'Yves et Ewa Develon. Pour l'instant, quarante objets ont été donnés qui, ajoutés à vingt prêts, offrent une plongée au cœur d'une terre artistique encore peu connue par les Français - ce fut une zone coloniale britannique : le Nigéria. Ce psychologue embauché dans les années 60 dans un cabinet d’ingénieurs-conseils en Côte d'Ivoire se prend d'amour pour ces objets, qu'il glane sur place ou en Europe. Il partagera sa passion avec Ewa (rencontrée et épousée en 1979), architecte polonaise, beaucoup plus effacée que lui dans ce parcours où toutefois c'est par ses recherches documentaires qu'ils sont contextualisés, sans être jamais datés précisément - tous ont été fabriqués à la fin XIXe et début XXe. Figuratif Dans les années 70, au Nigéria, les pratiques religieuses traditionnelles déclinent, favorisant la dispersion des objets d'

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Les femmes… et leurs amants marris : "À cause des filles…?"

Comédie | À la fois désuète et très contemporaine, cette imbrication de sketches parlant de l’éternel jeu de chat et chien que se jouent femmes et hommes signe le retour de Pascal Thomas dans son genre de prédilection : la comédie de mœurs chorale. Sous le satin, le papier de verre…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Les femmes… et leurs amants marris :

Sortant de l’église où elle vient de convoler, une mariée voit avec stupeur son époux s’enfuir avec une autre femme. Lors de la noce qui s’ensuit, invités et témoins de ce coup de théâtre rivalisent d’anecdotes illustrant l’insondable versatilité de la vie conjugale… Les plus vénérables se souviendront de La Vie à deux (1958) un florilège d’histoires de couples glanées dans les œuvres de Guitry, dessinant une mosaïque du tandem conjugal à l’époque du vieux maître. Pascal Thomas nous offre une réactualisation de ce portrait de plus en plus abstrait, de sa touche alerte et fantaisiste. Défauts inclus : on ne le reprendra plus sur ses post-synchro hasardeuses qui, avec le temps, confinent à la marque de fabrique autant que ses distributions d’habitués (Christian Morin, Bernad Ménez, Victoria Lafaury) ou ses aphorismes. Celles qui nous ont bien eus Parmi cette collection de sketches, certains semblent adaptés de ces histoires insolites (et pourtant authentiques) jadis racontées par Pierre Bellemare — telle celle du cha

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Inouïs du Printemps de Bourges : et les auditionnés sont...

Tremplin | Les affaires reprennent pour les Inouïs du Printemps de Bourges, chargés de repérer les talents de demain qui iront s'illustrer au festival du même nom. Ou (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 17 décembre 2018

Inouïs du Printemps de Bourges : et les auditionnés sont...

Les affaires reprennent pour les Inouïs du Printemps de Bourges, chargés de repérer les talents de demain qui iront s'illustrer au festival du même nom. Ou plutôt elles ont déjà repris puisque nous es dévoilée la sélection rhônalpine dûment qualifiée pour les auditions régionales qui se tiendront le 26 janvier prochain à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand), le 31 janvier à Bizarre (Vénissieux) et le 1er février à la Tannerie (Bourg-en-Bresse). Parmi eux quelques noms pas tout à fait inconnus des suiveurs de la scène régiono-locale en les personnes de Martin Luminet (chanson), Dowdelin (world d'obédience créolisante), Pelouse (projet de la figure grenobloise Xavier Machault), et même Piniol (savant mariage forcément foufou des cultes Poil et Ni). Ajoutez y le hip-hop du lyonnais Marty de Lutèce et du stéphan

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Marionnettes à portée de main à Gadagne

Musée | Trois salles étaient ouvertes depuis avril 2017, voici désormais la totalité du Musée des Arts de la Marionnette accessible à Gadagne. Moins historique. Plus interactif.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Marionnettes à portée de main à Gadagne

« Bonjour les fenottes, bonjour les gones ! » Enserré dans une cage de verre qui laisse apparaître la beauté du bâtiment Renaissance de Gadagne, Guignol salue le visiteur. Fil rouge bien plus que personnage central de ce Musée des Arts de la Marionnette entièrement repensé qui prend place dans celui des marionnettes du monde, il raconte lui-même son histoire : « me rev'là !, nous dit-il plus loin, quoi qui faut dire ? Ah oui, mon succès...». Rédigés par la compagnie M.A. à la tête du théâtre encastré dans le palais Bondy, ces cartels s'insèrent avec fluidité dans un parcours ambitieux qui vise à montrer que la marionnette est un art vivant reposant entièrement sur le mouvement. Gageure alors que de l'exposer ? Le musée Gadagne a su déjouer cette équation délicate. Déjà, dans les salles d'introduction ouvertes depuis un an et demi, la place était donnée à ceux qui travaillent ces figurines : où il est montré par vidéo comment elles s'animent sans jamais laisser à penser que cela est facile

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Jeunet & Caro en version majuscule

Exposition | C’est l’histoire chaque fois recommencée d’un tout petit musée qui ne cesse de grandir. Et qui après Wes Anderson ou Ma vie de Courgette s’offre Jeunet & Caro en expo temporaire…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Jeunet & Caro en version majuscule

Petit à petit, Le Musée Cinéma et Miniature de Lyon est devenu un géant. Au point de faire passer pour des succédanés les établissements thématiques comparables. Certains sont pourtant installés dans de grandes capitales ou à proximité immédiate, voire à l’intérieur, de studios leur offrant une forme de rente de situation. Conséquence : ils misent avec paresse sur une ou deux pièces d’exception ou des animations vaguement interactives en lien avec les effets spéciaux. À mille lieux du concept du Musée créé par Dan Ohlmann, dont le profil artistique — il est miniaturiste lui-même — et l’obstination viscérale pour la préservation d’un patrimoine en péril expliquent le succès. Ohlmann et son équipe sauvent non seulement des éléments cinématographiques divers (décors, maquettes, maquillages, accessoires…) d'une inéluctable destruction, mais ils restaurent et valorisent ces objets trop longtemps réduits à leur fonction strictement utilitaire. Derrière des vitrines mais à portée de regard du public, sous une lumière savamment travaillée, ils atteignent alors la noblesse muséale sans abandonner leur essen

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Numérotez vos bâtis ! : "The House that Jack built"

Le Film de la Semaine | Lars von Trier s'insinue dans la tête d’un serial killer aux ambitions (ou prétentions ?) esthétiques démesurées pour en retirer une symphonie en cinq mouvements criminels. Une variation sur la mégalomanie et le perfectionnisme artistiques forcément un brin provoc’ mais adroitement exécutée.

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Numérotez vos bâtis ! :

Jack aurait tellement voulu être architecte… Un destin contraire l’a fait ingénieur et affligé de TOC lui empoisonnant la vie, surtout lorsqu’il vient de commettre un meurtre. Car, si l’on y réfléchit bien, le principal tracas de Jack, c’est de devoir obéir à ses pulsions de serial killer… Peu importe si son esthétique ou ses dogmes évoluent au fil de sa prolifique filmographie — et lui confère au passage l’apparence d’un splendide magma —, Lars von Trier parvient à assurer à celle-ci une indiscutable cohérence par son goût maladif du défi stylistique et de la provocation morale, que celle-ci transparaisse dans la diégèse ou dans le discours d’accompagnement. Construire, dit-il Épouser comme ici le point de vue d’un détraqué jouissant dans l’esthétisation de la mise à mort de ses victime

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Isabelle Bertolotti nommée directrice

Musée d'Art Contemporain | En remplacement de son fondateur Thierry Raspail, parti à la retraite en fin de saison dernière, le Musée d'Art Contemporain accueille à sa tête Isabelle Bertolotti, qui en était jusque-là responsable des expositions.

Sébastien Broquet | Mardi 9 octobre 2018

Isabelle Bertolotti nommée directrice

Tout ça pour ça ? C'était un peu la première pensée venant à l'esprit à l'issue de la conférence de presse annonçant la nomination d'Isabelle Bertolotti, ex responsable des expositions du Musée d'Art Contemporain depuis 1995, au poste de Thierry Raspail, ancien directeur parti à la retraite. Pas que l'heureuse élue ne réponde pas aux critères, loin de là : sa nomination fait une quasi-unanimité dans le petit milieu de l'art lyonnais où elle a su imposer ses compétences reconnues à l'international. Mais surtout, pourquoi avoir attendu si longtemps pour choisir une voie si naturelle et promouvoir les compétences internes ? Selon un élu ayant participé au processus de sélection, la candidature d'Isabelle Bertolotti s'est imposée avec le temps face à la concurrence, car elle a pris soin de présenter un projet ouvert et réfléchi. Elle a insisté sur sa volonté de développement et d'ouverture à l'international. Lors de cette conférence de presse, on a ainsi pu l'entendre affirmer que « le musée des années 80 est très différent de ce qu'est la scène aujourd'hui, il faut tenir compte du dynamisme de la Chine et de l'Afriqu

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Arts plastiques : attention fragile !

Tour d'horizon | Moment délicat de transition pour les arts plastiques à Lyon, où l'on attend notamment un "nom" pour diriger le Musée et la Biennale d'Art Contemporain. Pendant ce temps, d'autres acteurs, ailleurs, prennent des initiatives et secouent les modèles habituels d'exposition.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Arts plastiques : attention fragile !

La semaine passée, nous remarquions dans ces colonnes que tous les voyants étaient au vert concernant la danse à Lyon. Dans le domaine des arts plastiques, les choses sont beaucoup plus nuancées, voire assez brouillonnes. À l'heure où nous écrivons, notamment, le Musée d'Art Contemporain et la Biennale d'Art Contemporain attendent toujours leur... directrice ou directeur. Thierry Raspail est parti à la retraite en avril dernier, a conçu la prochaine exposition du MAC consacrée à Bernard Venet, et après, tout n'est que suspense et incertitude. Il faut dire que l'équation est un peu compliquée depuis le lancement par la Ville de Lyon d'un Pôle musées d'art (regroupant le Musée des Beaux-Arts et le MAC) co-dirigé par Sylvie Ramond (directrice du Musée des Beaux-Arts) et le futur directeur du MAC. Comment dès

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Mandico, Jeunet & Caro, Gaspar Noé : l’art et la matière

Cinéma | À l’heure où la virtualité s’impose à chaque maillon de la chaîne cinématographique, demeure une frange de cinéastes faisant résonner leur 6e sens avec le 7e art. Pour elles et eux, filmer est un acte définitivement charnel. Ça nous a plu ; on en veut en corps !

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

Mandico, Jeunet & Caro, Gaspar Noé : l’art et la matière

De même que les saumons nagent à contre-courant pour frayer, certains cinéastes se révèlent remarquablement féconds en évoluant à rebours de leurs congénères. En manifestant, par exemple, un attachement viscéral à la pellicule moins pour des raisons de conservatisme rétro-snobinard que des motivations profondément artistiques — ce qui ne les empêche pas de recourir à des effets numériques. Ou en s’obstinant à spectrographier l’âme humaine à l’aune de leurs obsessions plastiques. Le premier groupe réunit à Hollywood une aristocratie d’auteurs bankable — Tarantino, Nolan, Spielberg, Scorsese, Aronofsky, Anderson (Wes & Paul Thomas), Abrams, Coen (Joel & Ethan) etc. — et rassemble en France un aréopage de cin-éaste-philes sans doute nostalgiques d’une certaine sérendipité expérimentale : Jean-Pierre Jeunet & Marc Caro, F.J. Ossang pour les “ancêtres“, Hélène Cattet et Bruno Forzani, Bertrand Mandico, Antonin Peretjatko dans la nouvelle génération… Bien souvent des courts-métragistes acharnés malaxant influences comme les bandes son et images sans tabou, jonglant d’un format à l’autre entre deux longs.

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« Les chefs japonais apportent rigueur et ferveur »

Les Spécialistes | Deux questions qui nous taraudaient, trois experts ès bouffes pour y répondre.

Adrien Simon | Mardi 22 mai 2018

« Les chefs japonais apportent rigueur et ferveur »

Peut-on parler d'une approche spécifiquement nipponne de la gastronomie française ? Pour Franck Blanc du Canut et les Gones, qui confie ses fourneaux depuis longtemps à des chefs japonais : « Au delà de leur apport en matière de techniques de cuisson, de marinade ou de découpe, ces cuisiniers ont surtout une détermination à aller au fond des choses, ça produit une cuisine épurée qui vise l'essentiel. Ils sont concentrés sur ce qu'il font, ils ne sont pas dans l'artifice. » François Simon, journaliste gastronomique au Monde et auteur du joli livre Chefs japonais / Cuisine française (éd. du Chêne), confie : « il y a un rapport au travail, au groupe, à la hiérarchie radicalement différent. Les chefs japonais apportent souvent plus de rigueur et une ferveur que l'esprit français moque souvent. » Enfin, pour François Mailhes, critique gastronomique à la Tribune de Lyon, l'apport japonais se situe certainement là : « dans le choix des produits, la précision des cuissons, l'épure. Par exemple, ils se sont déba

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Ces Japonais qui ruent dans les marmites lyonnaises

Food | Depuis une dizaine d'années, des cuisiniers nippons formés à la cuisine française s'installent à Lyon et décrochent les étoiles.

Adrien Simon | Mardi 22 mai 2018

Ces Japonais qui ruent dans les marmites lyonnaises

Si l'on en croit la rumeur culinaire et la presse spécialisée, le plus épatant des nouveaux restos lyonnais, cuvée 2018, se trouve du côté de la cathédrale Saint-Jean. La Sommelière est un micro-bistrot, douze places assises, où l'on sert un unique menu dégustation, en huit parties. On parle à son propos d'une grande « maîtrise », de « grâce » aussi, et de distinctions qui ne devraient pas tarder à pleuvoir. À sa tête on trouve deux jeunes gens. L'une, côté bouteilles, s'est formée chez Antic Wine et dans un établissement gastronomique d'Indre (Saint-Valentin). L'autre a affuté ses couteaux à La Rochelle (au Japon) puis dans un double-étoilé du Beaujolais (à Saint-Amour). Ils revendiquent de pratiquer une gastronomie « française », dans une version certes « simplifiée » – il faut comprendre "sans esbrouffe", pure. Takafumi Kikuchi et Shoko Hasegawa sont pourtant arrivés en France il y a quelques années seulement, en provenance du Japon. Les Lyonnais, logiquement, ne doivent plus s'étonner de voir un chef nippon maîtriser à ce point la cuisine française (l'inverse : qu

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Silence dans les rangs : "La Révolution silencieuse"

Biopic | de Lars Kraume (All, 1h51) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Silence dans les rangs :

1956, à Stalinstadt en RDA. Pour protester à leur façon contre la répression en cours à Budapest, Kurt, Theo et Lena proposent à leurs camarades de terminale de procéder à une minute de silence. L’initiative est adoptée, mais les conséquences seront redoutables… Sur les écrans français quelques semaines après que l’on a célébré en Allemagne le 5 février dernier le Zirkeltag — date à partir de laquelle le nombre de jours depuis l’effondrement du Mur dépasse celui durant lequel il balafrait la ville — ce biopic d’anonymes porte une valeur très symbolique outre-Rhin, et purement informative ailleurs. En particulier à destination des générations nouvelles : difficile d’imaginer pour elles que les Corées actuelles correspondent à un modèle superlatif des RFA et RDA d’antan. Pas de révélation en revanche dans la présentation des méthodes coercitives dont le régime “démocratique” pouvait user lorsqu’il s’agissait de “convaincre” une brebis dès lors qu’elle s’égarait du bon troupeau et de ses camarades : chantage, manœuvres psychologiques, intimidations… Une sacrée bande de vil

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Chaînes conjugales : "Une femme heureuse"

Desperate Housewife | de Dominic Savage (G-B, 1h45) avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Frances Barber…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Chaînes conjugales :

Vu de l’extérieur, Tara semble mener la vie d’épouse et mère anglaise comblée. En y regardant de plus près, son Mark n’est pas si attentionné : il lui impose sa routine sexuelle et domestique, bride ses aspirations artistiques. Un jour de trop plein, Tara craque et fait son bagage. Direction, Paris. Que l’on aurait aimé aimer ce film écrit, produit et interprété par Gemma Arterton ! La rousse comédienne aux choix éclectiques s’avère à elle seule une raison d’attachement inconditionnel, surtout si elle porte un projet sur l’insidieuse question de l’asservissement conjugal. Las, il y a hélas loin de l’intention à l’œuvre, autant que de la coupe aux lèvres. Car ce qui aurait pu être le portrait à la Sautet d’une femme conquérant sa liberté s’abîme dans une insistante (et redondante) contemplation de ses désarrois quotidiens. Plombée par une musique affligeante, la première partie insiste au-delà du raisonnable sur la cruauté de Mark et l’état de sujétion de Tara, en esthétisant un peu volontiers le beau visage triste de la comédienne. Quand vient (enfin) le temps de

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Sauvetage in extremis du Musée Urbain Tony Garnier

Politique Culturelle | En mars dernier, la direction du Musée Urbain Tony Garnier s'alertait de sa situation économique critique et, en l'état, estimait sa fermeture imminente. La Ville de Lyon était dos au mur. Elle vient de réagir et augmente, comme promis il y a dix-mois, sa dotation.

Nadja Pobel | Vendredi 13 avril 2018

Sauvetage in extremis du Musée Urbain Tony Garnier

La Ville de Lyon a fait savoir aujourd'hui qu'en plus des 75 000€ déjà attribués annuellement (montant inchangé depuis une dizaine d'années), elle attribuera 15 000€ supplémentaires au musée. S'ajoutent les 20 000€ et le loyer gratuit concédés par le Grand Lyon Habitat, ainsi que les 30 000€ de la Région. La Ville avance qu'elle pourra aussi, « sur des projets spécifiques, apporter un financement complémentaire comme cela s’est fait en 2017 pour la scénographie de l’exposition temporaire » et que par ailleurs « Grand Lyon Habitat va augmenter sa contribution pour des prestations spécifiques liées à la rénovation des murs peints du Musée Urbain. » Enfin, la DRAC maintient sa participation (7000 € annonce la ville, mais en réalité la DRAC verse 9000€ depuis deux ans) et permet au Musée de se positionner sur l’appel à projets "Patrimoine 20e siècle" afin d’obtenir un financement supplémentaire. Soulagement Du côté du musée, ces annonces sont accueillies avec soulagement mais sa directrice, Catherine Chambon, reste prudente car cette augmentation sera mise au vote du Conseil municipal en juillet

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Coquilles vides en mutation

Friches provisoires | On passe devant chaque jour, mais à l'intérieur il n'y a plus rien. Quelle est (ou va être) leur mutation ?

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Coquilles vides en mutation

ENSBA Le 12 mai 2016, Gérard Collomb annonçait à nos confrères du Progrès le projet prévu pour l'ancienne École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) situé rue Neyret dans le 1er arrondissement et délaissée depuis une dizaine d'années. Le maire de l'époque prévoyait alors la vente des 6000m2 du bâtiment au Crédit Agricole pour 3, 5 millions d'euros. Au programme : des appartements autour de 6000 à 7000 euros du m2, une place-belvédère et des restaurants. Cette annonce avait alors suscité la mobilisation d'une pétition d'habitants s'opposant au projet, pour préférer celui qui était alors porté par la mairie d'arrondissement de transformer le lieu en une coopérative culturelle et artistique. Depuis, rien. Collège Truffaut La vie devrait bientôt reprendre dans cet ancien collège, abandonné depuis plusieurs années. Une réhabilitation est effectivement prévue pour transformer le lieu en une auberge de jeunesse nouvelle génération, une cour intérieure ouverte au public, une résidence étudiante et un accueil d'activités liées à l'économie sociale et solidaire. Reste à savoir si la

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Gaspar Claus & Casper Clausen : de l'autre côté du miroir

Pop | Tout semblait les opposer mais tous les a ramenés l'un vers l'autre, à commencer par une troublante histoire familiale aux ramifications portugaises. Le violoncelliste Gaspar Claus et le chanteur danois d'Efterklang Casper Clausen en ont tiré un étonnant projet, enregistré à Lisbonne et publié il y a deux ans qu'ils viennent présenter à l'Épicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 avril 2018

Gaspar Claus & Casper Clausen : de l'autre côté du miroir

La carpe, le lapin, on connaît l'histoire. C'est un peu celle de Gaspar Claus et Casper Clausen, deux quasi homonymes dont les personnalités semblent se regarder en miroir. L'un, Gaspar Claus, est français et né en 1983, « un jour d'été harassant ». L'autre, Casper Clausen, est danois, il a vu le jour un an plus tôt « une nuit d'hiver glacé. » L'un vit le jour, l'autre la nuit. L'un est un violoncelliste aux pouvoirs de Protée, l'autre est le chanteur d'un groupe caméléon, Efterklang. Mais l'histoire dans l'histoire ne s'arrête pas là quand il s'agit d'envisager une collaboration pour un peu plus que la blague : leurs grand-pères respectifs Hans-Gert Claus et Helmer Clausen, ont tous deux fréquenté à l'hiver 1954 le Bairro Alto, le mythique "quartier haut" de Lisbonne, y viva

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Films européens tout bâbord à Meyzieu !

Festival | Parrain de la 18e édition du Festival de cinéma européen de Meyzieu, Daniel Prévost (le célèbre M. Cheval du Dîner de cons) présentera lors de la soirée de (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 20 mars 2018

Films européens tout bâbord à Meyzieu !

Parrain de la 18e édition du Festival de cinéma européen de Meyzieu, Daniel Prévost (le célèbre M. Cheval du Dîner de cons) présentera lors de la soirée de pré-ouverture, Les Petits Ruisseaux (2010). À sa suite, les grandes rivières du festival s’écouleront avec un panel de onze films européens en avant-première (et en VOST) dont quatre projetés en présence de leurs réalisateurs — ainsi qu’une compétition de neuf courts-métrages. Le dimanche matin, un goûter et un atelier “Maquillage & Effets spéciaux” feront la joie des petits spectateurs, après la séance consacrée à l’animation danoise, Mika & Sebastian l’aventure de la poire géante. La Maison des Associations présentera également une démonstration de cascades et de techniques du cinéma. Avec la présence d’Une femme heureuse de l’Anglais Dominic Savage, le festival européen semble (pour l’instant) être épargné par le Brexit… Fes

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L’Habitat habité au Musée Tony Garnier

ARTS | Menacé d'une déplorable fermeture imminente faute de moyens suffisants, le musée urbain Tony Garnier continue néanmoins de proposer des expositions aussi accessibles qu’utiles et intelligemment menées. Celle sur l’habitat des français, des taudis aux Habitations à Bon Marché, ne déroge pas à cette règle.

Nadja Pobel | Mardi 20 mars 2018

L’Habitat habité au Musée Tony Garnier

Après dix-huit mois consacrés au confort moderne puis au béton (et à toutes ces incidences sur la massification de l’habitat), le Musée Urbain Tony Garnier poursuit son remarquable travail pour mieux comprendre comment le XXe siècle s’est adapté en France à un changement civilisationnel fondamental - la bascule du monde rural vers le monde urbain – et comment cette population, de plus en plus dense, a pu être logée. Si quelques panneaux explicatifs éclairent des points précis (le rôle fondamental de l’Église, celui du patronat qui a abrité pour mieux les contrôler les ouvriers…), cette exposition est avant tout immersive. Il s’agit de ressentir comment on vivait au début du siècle, avec la reproduction d’une pièce de vie sous les toits quasiment dans ses dimensions originelles. Avec une collecte réalisée auprès des Lyonnais, voici un lit, des édredons peut-être vus chez vos ancêtres, une fenêtre type ré

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Dura lex, sed Frontex : "L'Ordre des choses"

Politique | de Andrea Segre (It-Fr-Tun, 1h55) avec Paolo Pierobon, Giuseppe Battiston, Olivier Rabourdin…

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Dura lex, sed Frontex :

Jadis bretteur de compétition, Rinaldi est désormais un superflic chargé par le gouvernement italien de garantir l’étanchéité de la frontière européenne avec la Libye. En visite dans un camp de réfugiés dirigé par ses interlocuteurs africains, il est abordé par une jeune femme. Va-t-il l’aider ? Toute l’ambiguïté de la politique européenne en matière et d’accueil, et d’aide humanitaire aux réfugiés (qu’ils soient politiques, climatiques ou économiques) se trouve résumée dans ce film, illustrant à sa manière le concept du mort/kilomètre. Tant que ce haut fonctionnaire gère des flux abstraits, étudie des dossiers et peut rapporter de ses déplacements à l’étranger des bijoux typiques pour son épouse ou enrichir sa propre collection d’échantillons de sable, le cours confortable de son existence ne connaît pas de perturbation. La conscience en veilleuse, bien abritée derrière la raison d’État (ou plutôt des États de l’UE), Rinaldi — impeccable Paolo Pierobon — mène une vie i

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Jiang Xin : des raviolis faits avec le cœur

Restaurant chinois | Hommage chinois à Paul Bocuse : deux de ses anciens étudiants nous font découvrir les spécialités de leur région d’origine, en l’occurrence Shanghaï.

Adrien Simon | Mardi 27 février 2018

Jiang Xin : des raviolis faits avec le cœur

Ce vendredi deux mars, c’est la fête des lanternes (yuánxiāojié), qui clôt les festivités du nouvel an chinois – bonne année du chien ! Elle se tient (toute) la nuit de la première pleine lune de l’année, donc son 15e jour, le calendrier chinois s’appuyant sur les cycles lunaires. Cette fête des lumières chinoise invite à décorer la ville de lanternes en papier, comme pour la faire paraître en flammes (et ainsi duper un dieu vengeur). Et à se délecter de yuanxiao (appelés tāngyuán le reste du temps) : des boulettes de farine de riz gluant farcies, dans leur version sucrée, de pâte d’arachide ou de haricots rouges, et nageant dans une soupe d’eau de rose. On en a mangé une version faite maison (ce qui est rare) chez Jiang Xin, à deux pas de la place Bellecour, où nous vous invitons chaudement à aller dîner, jour de fête ou non. Le restaurant, qui a ouvert cet automne, est tenu par Jung Chao Yang et Lei Wang. Les deux ont travaillé dans le restaurant-école de Paul Bocuse à Shanghaï, installé après l’exposition universelle de 2010 et désormais fermé. Elle (Lei) a poursuivi sa formation en France, dans

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Causeries du 3e : Tape m’en cinq !

Cinéphile | Quand on a traversé (presque) un siècle de cinéma, on a immanquablement fait des rencontres et noué des amitiés fidèles, transformant des entreprises parfois (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Causeries du 3e : Tape m’en cinq !

Quand on a traversé (presque) un siècle de cinéma, on a immanquablement fait des rencontres et noué des amitiés fidèles, transformant des entreprises parfois incertaines, mais passionnées, en aventures inoubliables. L’irremplaçable et volubile Bernard Chardère ouvre le livre de ses souvenirs pour évoquer cinq complices proches l’ayant accompagné aux moments-clefs de sa prolifique carrière : Michel Ciment pour la revue Positif, André Collombet pour Les Films du Galion, Max Schoendorff pour Premier Plan, Raymond Chirat pour l’Institut Lumière et naturellement Sonia Bove pour Les Causeries du 3e. Titrée “Comme les Cinq doigts de la main”, cette conférence forcément affable, ouverte par un petit pot, peut se poursuivre par une collation. Entre potes, bien sûr. Causeries du 3e À la Mairie du 3e (salle Eugène-Brouillard) le mardi 27 février à 18h

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Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

Ateliers | À chaque vacances scolaires, la problématique reste la même : comment occuper les enfants ? Surtout à l'occasion de vacances qui n'en sont pas vraiment. Suivez le guide.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

La facilité "parents indignes" de les laisser scotcher devant la tablette n'étant pas (totalement) recevable, la meilleure solution est de leur ouvrir les portes vers le monde merveilleux des arts plastiques, des pratiques circassiennes ou d'un musée hautement fréquentable pour des ateliers. Pour ce qui est de la patouille tip top, la Galerie Vaubecour se trouve être l'écrin idéal pour sensibiliser l'enfant à la matière – et cela dès cinq ans. Déjà parce que l'endroit est magnifique et que la programmation jeune public est impeccable. Jugez plutôt : le 26 décembre, ils pourront sculpter et peindre la comète de Noël ; le lendemain, à partir de matériaux recyclés, ils imagineront un périple spatial. Le 28, ils empoigneront ciseaux, colle et tubes de peinture pour fabriquer leur propre planète terre (pour ensuite complèter le système solaire au grand complet le mardi 2 janvier). Le 3 janvier, ils se pencheront sur l'expédition Apollo 13 en direction de la Lune, grâce à des photomontages réalisés par leurs petites fourches caudines (et fabriqueront l'astre et ses prochaines voisines étoilées le 5 janvier). Le jeudi 4 janvier, ils in

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Gadagne, incarné

Un musée repensé | Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Gadagne, incarné

Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des marionnettes et d'Histoire de la ville) a vécu quelques années d’événements tous azimuts (dont une très belle exposition dédiée à la gastronomie) sous l'ère de sa directrice précédente. Depuis l'arrivée de Xavier de la Selle en 2015, ce musée emprunte une nouvelle voie avec des moyens certes réduits, une mutualisation un peu forcée par sa tutelle (avec le musée Malartre de l'automobile de Rochetaillé puis celui de l'Imprimerie et de la Communication Graphique) mais une ligne claire : être un « musée de ville », et non un musée d'Histoire de la ville comme on l'entend classiquement. Nulle envie de jeter par-dessus bord les travaux scientifiques des historiens. Mais un refus que les particularismes locaux ne soient montrés qu'au travers des pièces de collectionneurs, qui « reflètent le goût des élites » et non pas la vie de tous selon Xavier de la Selle. Il s'agit désormais de montrer au musée les enjeux contemporains et à venir d'une cité et de prendre en compte ses habitants. C

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L’envie d’avoir envie : "Jalouse"

ECRANS | de David & Stéphane Foenkinos (Fr, 1h42) avec Karin Viard, Anne Dorval, Thibault de Montalembert…

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

L’envie d’avoir envie :

Nathalie est bizarre en ce moment : elle éprouve le besoin de tancer en public sa charmante fille à peine majeure ; elle dénigre une jeune collègue et ne loupe pas une occasion de causer du tort à ses proches qu’elle envie pour tout et rien. Sa névrose serait-elle due à la pré-ménopause ? Pour leur premier long, les frères Foenkinos s’étaient rassurés en adaptant un roman de David, La Délicatesse, pour un résultat mitigé — malgré François Damiens. Partant ici d’un scénario original, ils semblent avoir davantage pensé leur narration et leurs personnages pour le cinéma, c’est-à-dire en laissant aux comédiens la possibilité de les investir. Karin Viard excellant dans les emplois de râleuse-déprimée-déboussolée (revoyez La Nouvelle Ève ou Reines d’un jour), sa présence prédatrice s’imposait au centre de cette toile d’araignée. Bien contrebalancée par un aréopage de partenaires solides — même si certain·e·s, comme Anaïs Demoustier, auraient mérité plus d’espace —, l’actrice oscille à la merveille dans ce qu

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Monument | Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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Massacre à la tronçonneuse

Horreur | Quelle mauvaise idée Tobe Hooper a eue de disparaître au mois d’août ! Le réalisateur texan manquera cette cérémonie qui unira dans une même ferveur tous ses (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Massacre à la tronçonneuse

Quelle mauvaise idée Tobe Hooper a eue de disparaître au mois d’août ! Le réalisateur texan manquera cette cérémonie qui unira dans une même ferveur tous ses admirateurs (de plus de 16 ans) autour de son slasher-culte, projeté pour une séance exceptionnelle sur grand écran. Massacre à la tronçonneuse (1974) tient la promesse de son titre : on y voit une bande d’adolescents pourchassés, tués (pas seulement à la tronçonneuse), dépecés par le sinistre Leatherface, inspiré d’un authentique serial killer. Comme dans Delivrance (1972), ce voyage suintant d’hémoglobine aux confins les plus reculés du pays (et aux tréfonds de l’horreur) révèle sans complaisance le refoulé des États-Unis, encore traumatisés par la guerre du Vietnam. Âmes sensibles et véganes, abstenez-vous. Au Pathé Vaise et au Pathé Carré-de-Soie le jeudi 19 octobre à 20h

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Jalouse

Avant-Première | La jalousie, en plus d’être une espèce de store, se révèle un vilain défaut. Il semble toucher le personnage joué par Karin Viard dans le nouveau film des frères (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Jalouse

La jalousie, en plus d’être une espèce de store, se révèle un vilain défaut. Il semble toucher le personnage joué par Karin Viard dans le nouveau film des frères Foenkinos, Jalouse. Comptez sur eux pour vous en dire plus à l’occasion de l’avant-première de cette comédie : la comédienne sera escortée par les deux co-scénaristes et réalisateurs, et elle viendra dans deux salles de cinéma. Pas de jaloux. Jalouse Au Pathé Bellecour et UGC Confuence ​le mardi 3 octobre à 20h

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La rentrée musique : 13 concerts à ne pas manquer

Les concerts de l'automne | Beth Ditto Affranchie de The Gossip, c'est assez naturellement que Beth Ditto s'est retournée, avec son premier album solo, Fake Sugar, vers ses (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

La rentrée musique : 13 concerts à ne pas manquer

Beth Ditto Affranchie de The Gossip, c'est assez naturellement que Beth Ditto s'est retournée, avec son premier album solo, Fake Sugar, vers ses racines, du fin fond de l'Arkansas. Un mal (la douleur de la séparation d'un groupe vieux de 17 ans) pour un bien puisque la chanteuse y gagne en nuances et en diversité. Moins punk, plus pop, n'hésitant pas à fricoter avec la musique de son enfance : la country et toutes ces sortes de choses, rappelant parfois, dans une proximité de timbre sudiste une Dolly Parton sévèrement azimutée – si tant est que ce ne soit pas un pléonasme – électrifiée et parfois dansante. Pas sûr qu'une partie des fans hardcore habitués au désordre punk-glam-discoïdes des concerts de The Gossip, apprécient. Les inconditionnels un peu plus ouverts y verront une belle, et parfois émouvante, surprise. Au Transbordeur le mercredi 4 octobre Cannibale Difficile de qualifier la musique de Cannibale, découverte cette année grâce à l'indispensable label Born Bad Records

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