The Younger Lovers, missionnaires en lo-fi

Queer Punk | Sans retouches et sans barrières, Brontez Purnell et ses Younger Lovers font partie des derniers représentants du lo-fi et du queer-punk californien. Avec des textes crus et une production minimaliste, ils ramènent le rock à ses racines les plus primitives.

Gabriel Cnudde | Mardi 13 septembre 2016

Photo : © DR


De Brontez Purnell, leader noir et gay de The Younger Lovers, on connaissait le côté engagé et revendicateur. On le sait aujourd'hui plus romantique, mais pas moins libre de faire ce qui lui plait. Figure de proue de la scène queer-punk californienne des années 2000, le guitariste chanteur a d'abord officié au sein de Gravy Train ! sous le pseudonyme de Junx avant de lancer, en 2003, son nouveau projet. Trois albums plus tard (Newest Romantic, Rock Flawless, Sugar in my pocket), les trois rockeurs de Younger Lovers ont affirmé leur style, alliant avec tact ce que le rock fait de plus brut et ce qu'il écrit de plus simple : la romance.

À travers ses chansons, Purnell livre à ses fans diverses histoires de cœur. Si ces dernières finissent mal, en général, d'autres sont plus légères, voire triviales. Servie par un power trio qui sait aller à l'essentiel, la discographie des Younger Lovers ferait taper du pied le plus récalcitrant des auditeurs. Mais pour pleinement saisir la musique des californiens, il faut passer outre ce rapprochement avec la pop dansante et contagieuse des Mystery Jets.

Parfois présenté aux États-Unis comme un rockeur noir en mission – surtout depuis qu'il a fait la une des journaux locaux après avoir été victime d'une agression homophobe dans un club de sa ville – Brontez Purnell sait aussi utiliser sa musique pour revendiquer une certaine vision du rock. Soucieux de se rapprocher des racines noires du genre et d'offrir à son public un son plus authentique, le chanteur a décidé d'enregistrer la totalité de ses titres en lo-fi. Résultat ? Même Pete Doherty et The Libertines n'ont jamais sonné aussi brut.

Dans Poseur, dernier single en date du groupe, on retrouve ce côté brut de décoffrage, aussi bien dans l'instrumentale que dans les paroles pour le moins évocatrices (parfaitement illustrées par le clip vidéo). Mais ce qui rattache le plus la musique des Younger Lovers au son Motown, c'est incontestablement la voix de Brontez Purnell. Tantôt douce, souvent cassée, elle n'est pas sans rappeler celle d'un certain Kele Okereke, leader charismatique de Block Party. Haut perchée dans les aiguës, elle danse parfaitement avec la basse et les deux savent bien souvent se répondre intelligemment, comme sur le titre phare du dernier album, Get up, Get up.

Avec James Gutierrez et Thelonius Rabin à ses côtés, Brontez Purnell n'a pas prévu de dévier de sa ligne de conduite d'un centimètre. Au contraire. Au delà de la musique, Junx est à la tête de sa propre compagnie de danse (AirSPACE) et s'essaye également à l'écriture. Un esprit bouillonnant, prêt à faire danser l'Europe entière tout au long de la tournée des Younger Lovers qui passe par le Sonic ce week-end.

The Younger Lovers + Avions
Au Sonic le samedi 17 septembre


The Younger Lovers + Avions

Punk
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
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Shakespeare et son genre

Théâtre | En cette époque pourrie au royaume de France où des étudiants réac' déplorent l'emploi de l'écriture inclusive par la direction de l’Université Lyon 2, (...)

Nadja Pobel | Mardi 24 septembre 2019

Shakespeare et son genre

En cette époque pourrie au royaume de France où des étudiants réac' déplorent l'emploi de l'écriture inclusive par la direction de l’Université Lyon 2, voir ce Hamlet queer (au Nid de Poule jusqu'au 29 septembre) est forcément réjouissant. D'autant qu'une partie de l'équipe de cette compagnie ungender a passé du temps sur les bancs de cette fac. Ophélie et Hamlet sont ressuscités et, au prix d'une séquence certes trop longue et dé-rythmée, ils apparaissent tels qu'ils se ressentent : lui dans le genre féminin et elle dans le genre masculin. Ils tordent le cou à leur mort noircie et romancée à outrance. Ophélie Gougeon et Jacquest Ernst incarnent sans pudeur ces deux héros dont ils font de façon presque trop explicite des portes-parole LGBT+. Mais les quelques griefs à l'encontre de ce travail sont peu de choses face à la sincérité de ces jeunes artistes et leur regard rassurant sur le monde. En mode cabaret, ils finissent par faire résonner Hallyday et Gall en fin de show. Le paradoxe n'est pas la moindre des qualités de ce spectacle qui est peut-être bien un hymne à la joie.

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Activistes, pas militants

Intérieur Queer | Cinq jours de performances, de cabaret, de débats et surtout de fêtes : Intérieur Queer prend possession de la ville, porté par l'élan de la soirée Garçon Sauvage.

Sébastien Broquet | Mardi 26 juin 2018

Activistes, pas militants

Ce n'est pas qu'une fête. Intérieur Queer est aussi le cadre idéal pour échanger et débattre autour des questions de société. Et ça a déjà commencé : trois tables rondes ont eu lieu au centre LGBT depuis avril, dont la substantifique moëlle sera retranscrite lors du Café Queer, au restaurant À La Piscine le samedi 30 juin et retransmise en direct sur Radio Nova. Un moment important du festival, où seront discutés les droits des transgenres, l'accueil des réfugiés ou les discriminations intra-communautaires, enrichies de petites capsules documentaires enregistrées lors de la récente Pride de nuit. L'un des deux moments phares du festival sera la traditionnelle Garçon Sauvage, délocalisée au Transbordeur dans les deux salles où se relayeront le Canadien Tiga, plutôt discret ces derniers temps après avoir enchaîné les hits à la fin des années 2000, la rappeuse M¥ss Keta, l'échappée provisoire de Schlaasss qu'est Cœur ou encore les petits jeunes de Contrefaçon, qui remettent le gabber à l'heure en le faisant entrer en collision avec le cloud rap, comme l'illustrait leur morceau R Max, toujours solidement clippé

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Chantal la Nuit : « le mouvement queer, c'est une vraie révolution sociale »

Intérieur Queer | Seconde édition pour Intérieur Queer, le festival mené par le crew d'activistes Plusbellelanuit et Culture Next. Fêtes, débats, cabaret, politique : quand travelos et drag queens prennent d'assaut la ville durant cinq jours et secouent les consciences endormies pour tendre vers un idéal : plus de liberté, plus d'égalité et plus de fêtes. Rencontre avec Chantal la Nuit, l'emblématique égérie des soirées Garçon Sauvage et porte-voix de ce collectif queer.

Sébastien Broquet | Mardi 26 juin 2018

Chantal la Nuit : « le mouvement queer, c'est une vraie révolution sociale »

La fête : un objet politique, vraiment ? Chantal la Nuit : C’est un média politique. C’est un constat : ça fait vingt ans que j’organise des événements, j’ai commencé avec Middlegender, c’était pop / rock / électro sur une base queer. Déjà, on pouvait échanger avec le public ; mais c’était aussi un peu costumé, on avait des barbes et des robes, sans être apprêtées en mode drag queen. C’était une revendication : il était possible de se parer des vêtements que l’on voulait, d’être transgressifs. Je suis partie à Barcelone pour une résidence artistique, j’ai atterri dans une fête queer, costumée. Je vois alors des personnages exubérants, des travelos avec des barbes, du costume assez beau, ça chantait : un bal pop, bon enfant. Je suis revenue à Lyon avec cette idée en tête, j’ai créé Plusbellelanuit. Se transformer et jouer un rôle a fait fonctionner cette fête, mais c’est devenu bien plus que ça, elle est tellement magique... Dès le début, on avait des gens avec des costumes fous, qui se roulaient littéralement par terre, on programmait de l’italo-disco mélangé à de l’électro. On entendait encor

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Lyon, capitale queer

Tendance | Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

Lyon, capitale queer

Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture queer, passe par la région (lire ci-dessus), il nous a paru crucial de noter l'importance de ce mouvement queer particulièrement investi dans la vie nocturne et culturelle de Lyon, ces derniers mois. L'impulsion évidente venant de la bande Garçon Sauvage, emmenée par Chantal la Nuit, dont les nuits folles au Sucre (après avoir débutées au Sonic) sont sold-out en quelques heures, comme pour la soirée-jumelle Mutante, qui s'expatrie le temps d'une soirée à Paris et envoie une troupe dynamiter le Yoyo (le club sous le Palais de Tokyo) le 22 avril prochain, dans le cadre du festival Dodisturb... Un bus sous influence Priscilla est organisé pour emmener tout ce joli monde faire la fête dans la capitale et montrer aux parisiennes que si dans les seventies elles pouvaient se gargariser des mythiques Gazolines de Paquita Paquin, Marie-France et Maud Molyneux, aujourd'hui, c'est à Lyon que ça se passe avec le crew Plus

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Mykki Blanco se dévoile

Hip-Hop | Leader de la scène queer rap américaine, Mykki Blanco a enfin dévoilé son premier album, Mykki, après plus de quatre ans d'activité. Vulgaire et engagée, on la découvre maintenant sensible et aérienne.

Gabriel Cnudde | Mardi 27 septembre 2016

Mykki Blanco se dévoile

Depuis 2012, Michael David Quattlebaum Junior, alias Mykki Blanco, nous abreuve d'EPs, de mixtapes et de collaborations. C'est peu dire que son premier album se sera fait désirer... Dans les bacs depuis le 16 septembre dernier, le très sobrement intitulé Mykki ne laisse personne indifférent. Originaire d'Orange County, en Californie, Mykki Blanco est rapidement devenu la figure de proue de la scène rap queer américaine. S'amusant des clichés qui pourraient entraver son homosexualité, ce personnage haut en couleurs fait comme un joli pied de nez aux chefs de file de l'intolérance. Grande adepte du franc parler et des instrumentaux agressifs, on avait de Mykki Blanco l'image d'une rappeuse fêtarde pas si différente des autres. Si elle cultive ce côté animal sur son premier album, elle livre aussi à ses auditeurs une autre facette, beaucoup plus douce et aérienne. Bien aidée par Woodkid, l'artiste lyonnais qui a produit sa galette, la Californienne ose même quelques chansons d'amour, comme en atteste son premier single High School never ends. De son propre aveu, la rappeuse a songé à développer ce côté intimist

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Les 10 concerts à voir en septembre

Musique | La concurrence (ou les confrères) prenant leur temps pour redémarrer la saison en mode diesel, c'est une certaine péniche du quai des Étroits, qui ce mois-ci fait figure de bon élève boulimique, alignant comme des perles les concerts de musique pas comme les autres. Septembre sera (surtout) Sonic ou ne sera pas.

La rédaction | Jeudi 1 septembre 2016

Les 10 concerts à voir en septembre

Daniel Romano Les fans hardcore de l'ancien Daniel Romano ont sans doute eu du mal à reconnaître leur protégé canadien lorsqu'ils ont posé l'oreille sur Mosey, son dernier album, puis constaté qu'il avait troqué le costume de dandy à Stetson – et les chansons crincrin qui allaient avec – pour une veste de jogging. Finie (pour le moment) la country pliant (magnifiquement) le genou devant les figures d'Hank Williams ou Merle Haggard, Romano a ici sorti le couteau suisse musical et donne l'impression de balayer d'un revers de main sa discographie précédente à coups de pop cinématographique, emphatique ou intime, reliant par la grâce du fil invisible d'un songwriting impressionnant Morricone, Dylan, Newman, Hazlewood. Et surtout l'ancien Daniel avec le nouveau, génial dans toutes les configurations. Au Sonic le mardi 13 septembre

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