Vaudou Game, funk transatlantique

Afro Funk | Adeptes d'un funk rêche et ultra addictif, auteurs de tubes instantanés comme Pas Contente ou le récent La Vie c'est Bon, capables de longues transes à la Fela ou Poly-Rythmo, les Lyonnais de Vaudou Game, emmenés par le charismatique Peter Solo, reviennent muni d'un second opus en forme de classique : Kidayù.

Sébastien Broquet | Mardi 13 septembre 2016

Photo : Vaudou Game © Emmanuel Prost / Vicente Fritis


On définit souvent Vaudou Game comme un groupe d'afro funk ou de funk vaudou, explorant un univers proche du TP Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou : es-tu d'accord avec ces références et les revendiques-tu ?
Peter Solo : Je suis à fond dans la filiation avec Poly-Rythmo et avec Roger Damawuzan. C'est une fierté : je préfère que l'on me compare à mes aînés plutôt qu'à Michael Jackson, par exemple ; si on me disait que je m'inscrivais dans sa filiation à lui, je comprendrais moins...

Certains morceaux des deux albums s'approchent plus du blues, développent une certaine spiritualité, s'éloignent de l'aspect dansant : je pense à Ata Calling par exemple...
Dans la musique, il n'y a pas que la danse. Il y a des moments de recueillement, de ressource, d'émotions fortes. Ces instants d'intimité donnent du relief à un discours, on se doit d'avoir des ambiances différentes à proposer pour varier les énergies et les émotions. Mais cette gamme de morceaux, lents et plus intérieurs, est aussi une gamme authentiquement vaudou togolaise, reprise des chants traditionnels et sacrés.

Le vaudou, c'est le respect de la nature, du monde visible ou invisible qui nous entoure. Peut-on parler de philosophie de vie ? Comment le faire passer sur scène ?
Oui, c'est une philosophie de vie ! Sur scène, la musique est un langage et une énergie qui fait passer ce message. Même si je le chante dans ma langue, une partie de la personne en face comprend le discours intuitivement et l'interprète grâce à l'énergie communicative du vaudou, qui est très positive. Elle nourrit l'âme et la conscience, autant que le cerveau. Et mon discours en français touche les gens.

Kidayù, votre second album, sort ces jours-ci sur Hot Casa. Quelle en a été la génèse ?
Les thèmes abordés dans les paroles sont cette fois plus directs, les textes fonctionnent moins par allusion. La Nature qui décide, Révolution... On a posé plus de paroles en français : je veux chanter dans la langue que j'utilise au quotidien dans ma vie à Lyon, pour parler à tous les Français et les Africains.
La musique se veut fraîche et veut relever le défi de jouer et d'écrire le funk avec cette langue française.

Pourquoi passer du format solo sous ton nom, sous lequel tu avais sorti deux albums, au format groupe avec Vaudou Game ? Qui sont les musiciens qui t'accompagnent dans ce projet ?
J'ai toujours travaillé avec un groupe, même si le projet s'appelait Peter Solo. Sur mes deux premiers albums, il y avait un groupe. Les musiciens qui m'accompagnent maintenant m'ont rejoint lors de la genèse de Vaudou Game, il y deux ans, et pour certains un peu plus tard. J'écris et je compose les morceaux qui parlent de ma culture, que connaît moins mon groupe, j'amène l'essentiel et eux apportent leurs influences musicales et des propositions d'arrangements. J'ai fait l'école de la brousse, spontanée, ils ont fait le conservatoire : on fait le mélange.

Quelques mots sur Roger Damawuzan, votre oncle, pionner de ce funk dans les 70's, qui vous rejoint parfois sur scène ?
C'est le mentor de Vaudou Game. J'ai enregistré mon premier album au Togo dans son studio il y a vingt ans, j'ai beaucoup travaillé avec lui à Lomé. Le groupe est très heureux de jouer avec lui en Europe, c'est une bête de scène, le James Brown togolais.

Black Atlantic Club, c'est plus qu'un nom de soirée puisqu'il fait appel à Paul Gilroy : quels sont vos liens et vos engagements avec l'Amérique Noire, avec les Caraïbes, avec la diaspora africaine ?
Le lien est culturel déjà, la musique fait des aller/retour entre l'Afrique et l'Amérique. Le funk, le rythm'n'blues sont les fruits des ces trajets. Au Togo, on a aussi des Afro-Américains, des Cubains, des Sud-Américains qui viennent dans mon village faire des cérémonies vaudou, reconnecter avec une source de leurs pratiques dans leurs pays. Le vaudou est un lien avec mes cousins d'Amérique et d'Haïti.

Black Atlantic Club
Vaudou Game + James Stewart + Raoul K
Au Sucre le samedi 17 septembre


Black Atlantic Club

Vaudou game + Raoul K + James Stewart
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Original Watts : des planches et des galettes

Disquaire & BD | Un disquaire ou un libraire ? Les deux mon capitaine ! Des vinyles et des bandes dessinées, ce sont les deux composants de Original Watts, cette boutique atypique et pourtant tellement évidente : quels sont les deux ingrédients d’un bon week-end de février ? Vous l’avez dans le mille.

Lisa Dumoulin | Mardi 6 février 2018

Original Watts : des planches et des galettes

On a failli passer devant sans la remarquer tant l’échoppe est discrète, sur quelques petits mètres de trottoir. Les platines devant la vitrine et les rayonnages de BD nous ont tapé dans l’oeil, le temps que l’information monte au cerveau, on fait quelques pas en arrière et on pousse la porte. Dans la boutique tout en longueur, sont alignés d’un côté des vinyles, de l’autre des bandes dessinées. Sur du mobilier en bois de palette et métal réalisé sur mesure par New old factory, un copain des proprios. On comprend vite que Original Watts, c’est une histoire de famille. C’est Xavier et David Barnier, deux frères. David a fondé la maison d’édition Original Watts il y a 6 ans. Grand fan de BD, il est aussi pompier professionnel dans la vie. A la même période, son frère Xavier commence son activité de disquaire sur les marchés de la ville de Lyon, en itinérant, le week-end “je présentais déjà un peu de BD, surtout du Comics”. C’est lui qui tient la boutique et David participe aux salons, comme Angoulême la semaine dernière.

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La Malka Family, retour de funk

That's All Funk Festival | La Malka Family, fraîchement reformée, et l'inoxydable Juan Rozoff sont conviés par le That's All Funk Festival qui prend place à la MJC Ô Totem trois jours durant.

Sébastien Broquet | Lundi 20 novembre 2017

La Malka Family, retour de funk

On va pas se mentir : c'est un festival pour les anciens, qui se présente là. Un riff cuivré de nostalgie, réminiscences d'un temps que les millenials ne connaissent pas. Quand le funk était propriété d'une Amérique pas encore orpheline de James Brown, que l'Angleterre était en pleine effusion acid jazz portée par Gilles Peterson, et que la France se décomplexait du bodjo sur les cendres encore chaudes d'un rock alternatif qui avait brisé les carcans (le groove des Satellites) et ouvert des utopies comme l'Hôpital Éphémère, grand squat où FFF - la Fédération Française de Funk - posa ses fly-cases au milieu de fêtes dantesques et (très) mélangées. C'est sur ce terreau qu'un maître de la guitare, qui fut très longtemps surnommé le Prince français, émergea : Juan Rozoff. C'est lui qui défricha le chemin pour tous les autres, resta intègre (Sinclair puis M compostant leur billet pour le train du succès), enregistra si peu mais donna, des années durant, des concerts d'anthologie : la scène, c'est là que Rozoff marque, encore aujourd'hui, les esprits.

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La création, c'est funky

Ateliers | Les créatrices de l'atelier-shop la Funky Fabrik se sont mises en tête de montrer aux enfants que l'imagination ne se limitait pas à un collier de pâtes, enfermé dans une boîte à camembert dorée à bijoux.

Antoine Allègre | Mardi 2 mai 2017

La création, c'est funky

La Funky Fabrik est l'un de ces endroits qui font le 7e arrondissement : combinard, souriant et enthousiaste. Ouvert il y a une paire d'années suite au succès d'une campagne de financement participatif, cet atelier boutique réunit depuis un bouillonnant collectif de créatrices du cru : les couturières Zoéline (de la marque Ta Grand-Mère en Short), Didy (Massaï Mara), les illustratrices Anne-Soline Sintès et Célia (Maudit Bic). Sans oublier la couturière-illustratrice Anne et sa boutique biscornue, la sérigraphe Jessica issue du collectif We Shine et la marionnettiste Jade (Kraft en corps). Toutes prônent une fabrication cousue main, écolo-responsable et de bon goût. En sus, elles proposent à la clientèle de ce charmant estancot de mettre la main à la pâte au travers d'ateliers bien sentis. Jamais les mains vides Régulièrement, durant les vacances ou les week-ends, elles prévoient le coup pour les enfants en organisant des ateliers créa' : ils peuvent pêle-mêle et selon les dates façonner avec leurs fourches caudines une super médaille, une valisette fun

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

Insomniaque

17>02>17 LE SUCRE DJ HELL Le maître de la techno glamour teutonne fait son retour sur les dancefloors avec un récent track incendiaire (au niveau du bas-ventre, s'entend) baptisé I Want U : c'est érogène tendance cuir noir, un rien vicieux comme sait le faire DJ Hell depuis ses années électroclash, rappelons que son label se nomme International Deejay Gigolo... Et donc, le Munichois déboule au Sucre pour tenir compagnie au résident, son ami The Hacker. Zip. 17>02>17 TRANSBORDEUR DUB ECHO Le dub n'en finit plus de convaincre les millenials, qui se ruent à chaque édition de cette soirée qui fête là sa douzième en compagnie des maîtres du genre entre Rhône et Saône, à savoir High Tone dans son incarnation sound-sytem, Dub Invaders - ce qui devrait pour le coup pousser quelques vieux à se joindre à la folle jeunesse skankeuse. Précisons qu'au micro se relayeront l'inoxydable Sir Jean, mais aussi Shanti D et Omar Perry. Lourd.

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Art Garfunkel à voix haute

Folk | Voix de tête mais pas tête pensante de Simon & Garfunkel, Art Garfunkel eut beaucoup à pâtir de la séparation du duo phare de la deuxième moitié des années 60. Tentant de tracer avec difficulté sa voie d'interprète, il a bien failli s'y perdre, et il a même un temps perdue sa voix, son plus beau trésor.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 février 2017

Art Garfunkel à voix haute

C'est l'histoire d'un chanteur fantastique qui au fil de sa carrière a perdu sa voix et de nombreuses fois sa voie. La première en 1970 quand Paul Simon décide de la séparation de Simon & Garfunkel. En pleine gloire, juste après la publication triomphale de Bridge Over Troubled Water (25 millions d'exemplaires vendus). Qu'advient-il alors d'une voix si pure que celle d'Art Garfunkel quand elle n'a plus d'alter ego musical pour la faire danser sur ses mélodies ? On pense souvent à tort que lorsqu'un groupe se sépare, sa voix lead – medium premier vers l'auditeur – n'aura guère de difficulté à poursuivre en solo. Or, elle se retrouve souvent comme une perle sans coquille, contrainte d'emprunter celle des autres, comme un bernard-l'hermite, pour résonner, pour que cette perle brille en miroir de la nacre des chansons. Foutue malédiction des interprètes. Paralysie De cette séparation, Garfunkel, pourtant acteur, poète et bien d'autres choses, ne se remettra jamais vraiment. Sa carrière de chanteur (malgré des compositeurs comme Jimmy Webb en soutien) se délitera au rythme

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Art Garfunkel : « ne vous accommodez pas à l’âge, ignorez-le. »

Entretien | On a passé un coup de fil à Art Garfunkel, il nous a parlé de marche à pied, de poésie et aussi de musique. On confirme : il a retrouvé de la voix.

Anaïs Gningue | Mardi 14 février 2017

Art Garfunkel : « ne vous accommodez pas à l’âge, ignorez-le. »

Comment imaginiez vous le monde d’aujourd’hui dans les années 60 ? Art Garfunkel : J’ai dû combattre le cynisme, constamment. Le monde n’évolue pas, il se dégénère. Il ne tourne pas dans le bon sens, il n’avance pas. C’est très tentant de dire ça et c’est très cynique. Les guerres s’accumulent et ne nous apprennent rien ! On ne fait que nettoyer nos erreurs. La preuve en est avec l’élection de Trump. Êtes-vous inquiet pour l’avenir de la culture aux États-Unis, sous son mandat ? Vous mettez le pied dans une chambre sombre, sans aucune source de lumière. Oui, cela m’effraie. Et vous, comment allez-vous dans ce monde ? Je travaille dur, je suis un homme heureux et chanceux. Si tu passes ta vie à chanter des chansons, tu es un homme heureux. Quand tu es un chanteur, il y a deux façons de t’exprimer : tu vas au studio faire des albums ou tu vas sur scène pour faire du live. En ce moment, j’ai du mal à créer des albums, j

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

07>10>16 LE SUCRE FUNKINEVEN C'est l'une des bonnes nouvelles de la rentrée : l'arrivée du petit génie de la house qu'est Funkineven aux commandes d'une nouvelle résidence au Sucre. Patron de Apron Records, celui dont le véritable patronyme est Steven Julien s'est affirmé comme l'un des producteurs les plus intéressants de sa génération, mais aussi comme un DJ couvrant tout le spectre de la dance telle qu'on l'entend : avec lui, James Brown peut se caler sur un classique acid house sans heurt. Pour l'accompagner, Brassfoot. Hédonisme. 07>10>16 CAFE GALERIE P.MOORE Le retour de P.Moore, c'est la surprise de ces derniers mois, à l'instar du come-back d'Emmanuel Top : c'est peu dire

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"Les Démons" : Philippe Lesage, pas pour ses images

ECRANS | de Philippe Lesage (Qué, 1h58) avec Édouard Tremblay-Grenier, Pier-Luc Funk, Pascale Bussières…

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

Il y a mille et une manières de passer à côté de son film. Pourtant bien parti en agençant une collection de petites tensions diffuses ressenties par un gamin à la lisière de la préadolescence, Philippe Lesage opte pour une méthode radicale — enfin, pour qui possède le goût de se saborder. Il casse sa belle construction toute en subjectivité enfantine pour se focaliser pendant une (trop) longue digression sur un autre personnage, traité avec une froideur si outrancière qu’elle le désigne dès la première image comme l’équivalent du loup-garou. Et ces petits zooms au ralenti pour nous prévenir de l’imminence d’une abomination dans le hors champ… Ne manque qu’une lumière clignotant dans un coin et un commentaire de l’auteur, du style : « ’tânsion, maôdzit spectsâotseur ; y va-tu s’passer un trzuc pas chrâétieân d’vant tes d’zyeux, lâ ! » Blague à part, cette rupture de ton aux allures de court-métrage mal greffé démembre Les Démons. On se serait bien passé de cette élucidation triviale dans le réel, et contenté du point de vue d’un enfant, en proie à ses questionnements, ses doutes et ses peurs.

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Vaudou Game : la nuit des masques

Vaudou Game | C'est entre Togo et Bénin qu'est né le vaudou que l'on assimile souvent, à raison mais aussi à tort, à Haïti. C'est quelque part entre Lyon et la campagne de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Vaudou Game : la nuit des masques

C'est entre Togo et Bénin qu'est né le vaudou que l'on assimile souvent, à raison mais aussi à tort, à Haïti. C'est quelque part entre Lyon et la campagne de l'Ain — une sorte de BénAin, imagine-t-on, que le togolais Peter Solo pratique (parfois affublé d'un masque Zangbeto) son drôle de déguisement des cérémonies vaudous et des chants d'une toute autre musique de transe : l'afro funk et même, l'afro blues. Pour se livrer à ce petit jeu de masques, Solo, qui ne l'est pas tant que ça, a fondé Vaudou Game : un solide attelage funk (guitare, basse, trombone, saxo, batterie) capable de le suivre dans toutes ses syncopes et à la moindre de ces cérémonies masquées. Le résultat a beaucoup envoûté depuis la sortie d'Apiafo — ce qui en langue Mina, issue de la culture Guin, signifie « ainsi soit-il » ou « amen ». Il n'est pas impensable que comme il l'a fait dans les environs de Montracol pour le clip de Pas contente, Vaudou Game prépare quelque cérémonial du crû à l'Épicerie Moderne le 13 mars, accompagné de son oncle Roger Damawuzan, le James Brown béninois.

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

Insomniaque

11.03.16 Ninkasi Kao Derrick May De la longue liste des musiciens inspirés venus de Détroit, Derrick May n’est pas le dernier, loin de là. Cité parmi les trois innovateurs ayant créé ce style qui fait le bonheur des kids d’aujourd’hui, la techno, il en est clairement l’un des emblèmes - de sa ville natale comme de sa famille musicale - les plus cruciaux. Créateur du label Transmat dès 1986, il inaugura en parallèle les carrières de gens comme Kenny Larkin et Carl Craig, avec lesquels il partage cet indicible groove propre à Motor City que l’on retrouve sur l’anthem Strings of Life. Clairement la soirée du mois, concoctée par Papa Maman. Pionnier. 11.03.16 Encore FunkinEven + Seven Davis Jr Il était l’une des plus belles claques de l’édition 2014 de Nuits Sonores : son set final au Marché de Gros avait mis à genoux un dancefloor déjà bien chaud, à coups de pépites house music, d’edits disco, de funk millésimé fricotant avec de l’acid bien sauvage, le tout en vinyle, à

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Les soirées du 23 au 29 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le bal pop du Sucre, Shed au Transbordeur et Jonas Kopp à la Plateforme.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Les soirées du 23 au 29 septembre

26.09 Bal pop de la Casbah «Un samedi par mois, le Sucre fait son bal, avec la complicité de la joyeuse équipe du Pop Up Market.» nous annonce le rooftop. Pourquoi pas ? Surtout que le premier (après un coup d'essai à la Noël 2014), écho à la prochaine édition marocaine de Nuits Sonores, s'annonce pour le moins dépaysant. Ceci grâce à Jannis Stürtz, digger teuton qui, sous le nom de Habibi Funk – et via le label qu'il a co-fondé, Jakarta Records –, exhume les trésors cachés du funk et du psyché maghrébins des années 60 et 70. Une démarche d'utilité publique, complémentaire de celle de Brian "Awesome Tapes from Africa" Shimkovitz.

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Woodstower : les premiers noms

MUSIQUES | Dépossédé de son terrain de jeu, le festival de trance Hadra a assuré qu'il ferait tout de même parler de lui cet été. Chose promise, chose due, puisque (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 avril 2015

Woodstower : les premiers noms

Dépossédé de son terrain de jeu, le festival de trance Hadra a assuré qu'il ferait tout de même parler de lui cet été. Chose promise, chose due, puisque Woodstower lui a attribué une scène de son édition 2015. Au-delà de ce rapprochement amical, le raout aoutien (paf, assonance) du Grand Parc de Miribel-Jonage recevra cette année les Sud-africains sur ressorts de Skip&Die, le duo tourangeau détendu du flow Chill Bump et Vaudou Game et son afro-funk pour 33 tours, ainsi que Jeanne Added et Thylacine. Suite de la programmation le 27 mai prochain.

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Soirées de la semaine du 18 au 24 mars

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : C/WA au Kao, DJ Funk au DV1 et le label Ostgut Ton au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 mars 2015

Soirées de la semaine du 18 au 24 mars

20.03 Encore Clockwork et Avatism sont sur un bateau mouillant dans les eaux de leur Italie natale. Appelons-le C/WA. L'un deux tombe à l'eau. Qui reste à bord ? Clockwork et Avatism. Il y avait un piège : Clockwork était à l'origine un duo. Depuis 2013, c'est C/WA qui n'est plus qu'un duo, ce qui, dit comme ça, semble équivaloir à une rétrogradation du rang de super-groupe à celui de simple groupe. Sauf que non. Le second EP de cette entité le confirme, C/WA reste bien au-dessus de la moyenne des touche-à-tout (techno à la dure, jungle minimaliste, electronica bouncy…), surtout en live (cf. cette date au Kao).

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Deltron 3030 : eux se battent pour le futur

MUSIQUES | A l'occasion des 100 ans de la Halle Tony Garnier, Le Transbordeur reçoit Deltron 3030, triumvirat indé pour qui le rap est une littérature de l'imaginaire comme les autres. Résumé des épisodes suivants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 novembre 2014

Deltron 3030 : eux se battent pour le futur

An de grâce 3030 : la Terre est sous la coupe de corporations aux méthodes totalitaires et d'envahisseurs extra-terrestres. Quelques marginaux luttent toutefois pour leur liberté et celle de leurs semblables asservis. Parmi eux Skiznod the Boy Wonder alias le maestro des platines Kid Koala ; Captain Aptos, autrement dit le producteur Dan the Automator, moitié de la très sélective Handsome Boy Modeling School ; et Deltron Zero, avatar futuriste du rappeur californien Del the Funky Homosapien, qui raconte leur combat avec un virtuose mélange de nonchalance et de fébrilité. Le supergroupe planqué derrière des blases cartoonesques, la dystopie qui nous pend au nez tel un morceau de mucus mal séché, ça vous rappelle quelque chose ? A nous aussi : comme l'homme descend du singe, Deltron 3030, le trio qui rassemble ces trois icônes du h

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Visions de l'Amen break

MUSIQUES | Venetian Snares adore les chats – son premier album, paru il y a plus de vingt ans, s'intitulait "Songs About My Cat". Mais ce qu'il aime par-dessus tout, c'est faire la guerre aux conventions rythmiques à coups de breaks imprévisibles et de violons dramatiques. Petit rappel de ses faits d'armes, avant son intervention au Marché Gare. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

Visions de l'Amen break

Avant le «snare un peu Berlin» des frimeurs peroxydés de La Femme, il y eut le "snare un peu Venise" du blondin effacé Aaron Funk. Un son de caisse claire encapsulant la ville aux mille masques dans ce qu'elle a de plus labyrinthique et de plus tragique, mis au point à Winnipeg au début des années 90 sous le nom, on vous le donne en mille, de Venetian Snares, et rapidement devenu métonymique du breakcore. Note à l'attention des lecteurs qui ne sont pas détenteurs d'un doctorat en typologie des sous-cultures électroniques : le breakcore est une musique d'apparence barbare mais intrinsèquement savante qui emprunte à la techno son implacabilité, à l'indus ses ambiances fin de règne et au jazz ses rythmiques-chausse-trappes – comme par hasard, l'une des traductions de snare est "piège". Et Aaron Funk est au genre ce que le Britannique Richard D. James, nom de code Aphex Twin, est à la dance music dite intelligente. Pièges en eaux troubles Goût des titres indéchiffrables sans une pierre de Rosette, prolificité à l'occasion contre-productive (en 2001, Funk a publié pas moins de huit disques), pilosité de viking : bien que séparés par un océa

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Insomniaque - Semaine du 11 au 17 septembre

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine : Delta Funktionen au DV1, Skream au Sucre et Boddika au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 4 septembre 2013

Insomniaque - Semaine du 11 au 17 septembre

13.01 Delta FunktionenVous voyez ces Brésiliennes qui passent leur temps à se refaire une beauté chirurgicale ? Eh bien le DV1, depuis son changement de propriétaire l'an passé, semble atteint du même mal : de la sono de l'étage au mobilier en passant par la scénographie, tout a en effet été renouvelé pour cette rentrée. Sauf que le résultat ne donne pas envie de se peler les yeux à l'économe. Comme chaque semaine, ce ne sont pas les occasions qui manquent de le constater. Par exemple la venue du Néérlandais Delta Funktionen, dont la techno réchauffe les ripatons autant qu'elle file des sueurs froides. 14.01 Native London« I used to play post-dubstep music before it was cool ». Voilà,

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Nuits sonores 2012 – Jeudi 17 mai - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 2. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 18 mai 2012

Nuits sonores 2012 – Jeudi 17 mai - Report

          "On a préféré partir et se poserLes mecs comment vous dire on est désoléL'attaché de presse nous a clairement invitéEt nous comme on est des mickeys on a dit OK"Un détournement d'une chanson de Sexion d'Assaut, il fallait au moins ça pour témoigner aux labels et promoteurs locaux notre embarras d'avoir préféré à leur Circuit Électronique les mini-burgers et people d'une croisière estampillée «Labo des festivals». Est-ce à dire que notre deuxième voyage au cœurs des Nuits fut de tout repos ? Même si nous y avons pris part en oubliant ceinture, alliance et lunettes de soleil, oui. Hôtel Woodstock Il n'aurait à vrai dire pas pu en être autrement. Cette certitude tient en un mot composé : Hôtel-Dieu. Hier, nous vous laissions entendre que Brossette, en vertu de ses atours de top spot pour explorateurs urbains et en dépit de la difficulté éprouvée par certains régisseurs à y fai

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Oh happy Days !

MUSIQUES | «On essaye de faire venir un public toujours plus large. L'ouverture, la diversification, le mélange nous semble être un enjeu de politique culturelle des (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 mai 2012

Oh happy Days !

«On essaye de faire venir un public toujours plus large. L'ouverture, la diversification, le mélange nous semble être un enjeu de politique culturelle des plus pertinents. Il n'y a rien de pire que la logique des chapelles et le cloisonnement. Le fait est que le public de Nuits Sonores est très jeune. De fait, si on pouvait attirer un public plus âgé de manière plus significative, on s'en réjouirait», nous confiait récemment Vincent Carry. Dont acte, avec les tout nouveaux tout beaux NS Days, séries de concerts diurnes programmées dans les cours de l'Hôtel Dieu qui, si elles pourront être suivies sans enquiller les shots de guarana, n'en mettront pas moins les articulations à rude épreuve. Ne serait-ce parce qu'y seront mises à l'honneur deux institutions teutonnes de la techno, à savoir Ostgut Ton, bras discographique du Berghain Club de Berlin, réputé pour la martialité et la froideur de ses productions, et Kompakt, bastion colognais de la minimale, fusse-t-elle tribale (Mathias Aguayo), abstraite (Dj Koze) ou sensuelle (Sascha Funke). Pour le reste, bien qu'émoustillés à l'idée de faire connaissance avec la

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