Dub à l'échelle télescopique

Dub Echo | Stand High Patrol, le trio breton le plus jamaïcain, a une capacité certaine à brouiller les cartes. Entre des lives enflammés et un dernier album très ouvert, le groupe possède ce petit plus qui accroche l'oreille.

Nicolas Bros | Mardi 20 septembre 2016

Photo : © PY Marzin


Si la révolution dub devait prendre une icône, Stand High Patrol ferait sans doute partie des potentielles figures de proue. Les trois dubadub musketeers ont surpris leur monde en 2015 lors de la sortie de leur deuxième album A Matter of Scale (Une Question d'échelle en français), où se mélangent allègrement sonorités dub, reggae, jazz et même blues. Il suffit de tendre le pavillon lors de l'intro du disque pour découvrir caresses de caisse claire, sourdines caractéristiques et saisir l'inspiration.

Cet opus s'avère propice à une écoute "de salon" et ne correspond finalement que peu à une production calibrée pour la scène et son déchaînement de foule. Stand High Patrol a affirmé, s'il en était encore besoin, sa propension à transgresser les codes établis et à ouvrir son champ d'action dans un spectre aussi large qu'une autoroute à six voies : c'est la volonté de ce groupe ayant auto-baptisé son style dubadub. Si ces productions revêtent l'habit d'une révolution musicale parfois détonante, avant tout maîtrisée et très séduisante, leurs prestations live restent des invitations à titiller le pinacle : que les dub addicts se rassurent.

Pupa Jim en master of ceremony

Le trio Rootystep (selecta), Mac Gyver (operator) et Pupa Jim (MC, singer & dub maker) a annoncé reprendre la route pour cinq dates dans l'hexagone dont celle-ci au Transbordeur, le 24 septembre. Une mini tournée qui viendra mettre un point d'orgue à une période estivale chargée en sessions aussi chaudes que la température ambiante depuis Dour jusqu'à Ostrada en Pologne ou Benicassim en Espagne.

Dub Echo #10
Stand High Patrol + Roots Atao + Stepart + Rootikal Warriah Sound System + B-Side Crew Sound System
Au Transbordeur le samedi 24 septembre


Dub echo #10

Stand high patrol + Mac Gyver + Pupajim + Roots Atao + Stepart + Rootikal Warriah + B-side crew
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Une Biennale hors normes

Art Brut et Singulier | La 9e Biennale Hors les Normes propose une multitude d'expositions consacrées à l'art brut et à l'art singulier. Avec des artistes et des lieux hors des sentiers battus.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Une Biennale hors normes

Art des fous, art brut, art singulier… Depuis le début du XXe siècle, les intitulés abondent et se succèdent pour tenter de désigner un art qui différerait de celui issu des écoles, des galeries et des circuits officiels. Avec, conscient ou inconscient, le fantasme de découvrir une forme d’art plus authentique et spontanée que les autres. En 1949, l’artiste Jean Dubuffet définissait l’art brut ainsi : « des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, des artistes qui tirent tout de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. » À l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, on ne voit plus bien qui pourrait être aujourd’hui indemne de quelque poncif esthétique que ce soit, et les artistes dit "bruts" se retrouvent aussi bien dans les plus grands musées (le Centre Pompidou a ouvert récemment une salle permanente consacrée à l’art brut, suite à la donation de la sublime collection de Bruno Ducharme, en juin 2021, réunissant quelque 6 000 œuvres !), que dans les foires d’art contemporain, les galeries cot

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Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

Danse | Après Tragédie et Auguri, Olivier Dubois revient à la Biennale de la Danse avec une création intitulée Itmahrag. Un cri, des voix et des corps de la jeunesse, venus d’Égypte.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 mai 2021

Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

En 2012, le chorégraphe Olivier Dubois marque les esprits au Festival d'Avignon puis à Lyon, avec Tragédie. Dix-huit danseurs y marchent nus dans la pénombre, selon des règles précises, formant peu à peu un chœur hypnotique tragiquement humain. Pièce radicale, Tragédie s’inscrit aussi dans ce retour aux sources récurrent que le chorégraphe opère vers les origines de la danse : le rite, le chœur, le rythme, le corps, la transe… Quatre ans plus tard, les courses circulaires des vingt-quatre danseurs d’Auguri (présenté pour la première fois en France à la Biennale de Lyon en 2016) poursuivaient dans cette veine, battant au rythme des fondamentaux de la danse et du mouvement. Il y aura ensuite De l’origine, le solo autobiographique Pour sortir du jour et Tropismes… Mais creuser et retravailler les racines de la danse n’a j

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Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

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Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Politique | Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. La jeune femme succède à Myriam Picot, comme elle ex-maire du 7e, mais surtout ancienne vice-présidente de la Métropole en charge du volet culturel. Ce qui paraissait plus... logique, et dénote le manque de ressources au sein d'EELV en ce qui concerne la culture : après avoir refilé les deux délégations concernées à la Ville et la Métropole à leurs alliés Nathalie Perrin-Gilbert et Cédric Van Styvendael, les Verts se tournent donc vers des élus locaux n'ayant montré aucune appétence pour ce secteur pourtant en crise ouverte. Fanny Dubot, déjà critiquée dans son arrondisseme

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Dix expos à cocher dans votre agenda

Bons Plans | Des grands noms avec Picasso ou Doisneau, des méconnus comme Edi Dubien, de l'Histoire et du vinyle, le graphiste du label 4AD ou encore les nouvelles expos du Musée des Confluences : on vous dévoile tout ce qui va se passer dans les mois à venir dans les galeries et musées.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2020

Dix expos à cocher dans votre agenda

Doisneau à Lyon Le plus célèbre des photographes français, Robert Doisneau (1912-1994), fait l’objet d’une exposition originale au Musée Jean Couty. À travers quatre-vingt dix images, on découvrira ses portraits d’artistes (Tinguely, Derain, Picasso…) et quelques ateliers d’artistes (Giacometti, César…). Une seconde section de l’exposition se penche sur une commande du magazine Vogue au photographe sur la cité lyonnaise à la sortie de la guerre en 1950. Images lyonnaises inédites présentées en parallèle avec des vues de Lyon peintes par Jean Couty. Robert Doisneau, Portraits d’artistes et vues de Lyon Au Musée Jean Couty du vendredi 16 octobre au dimanche 11 avril 2021 Picasso à la plage Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant,

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Les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande reportées

Musée d'Art Contemporain | Du côté du Musée d'Art Contemporain, on ne s'inquiète pas pour le choix de la date d'ouverture post-confinement : le musée est fermé (...)

Sébastien Broquet | Lundi 25 mai 2020

Les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande reportées

Du côté du Musée d'Art Contemporain, on ne s'inquiète pas pour le choix de la date d'ouverture post-confinement : le musée est fermé pour plusieurs mois, pour travaux, et doit ouvrir de nouveau ses portes mi-septembre, ce qui reste d'actualité. Par contre, le programme des expositions est sensiblement chamboulé : les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande (photo) qui étaient prévues dès septembre sont repoussées à 2021, quand la situation sanitaire sera plus claire. Celle de Edi Dubien reste elle programmée de mi-septembre 2020 à début janvier 2021. Le musée dirigé par Isabelle Bertolotti annoncera prochainement les deux expositions qui viendront en remplacement sur cette même période et occuperont les second et troisième étage du bâtiment.

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Décharge parentale : "10 jours sans maman"

Comédie | Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Décharge parentale :

L’une des plaies du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s’appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l’histoire qu’il n’éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l’exemple du parfait repoussoir. Sauf que… Loin d’être un chef-d’œuvre de raffinement, d’intelligence ni d’esthétique (on baigne quand même dans l’uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L’Ascension) n’est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c’est dire ! D’abord, il tient son pari d’aborder la question de la méconnaissance de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s’attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l’apparition des règles chez les adolescentes, et en bonus ironise sur les grotesques méthodes des grosses boîtes, mixte de lean management sauvage et d’injonction à être joyeusement corporate sous la houlette de

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Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Fête du Livre de Bron | Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a dégainé pour cette édition 2020 anticipée un thème toujours fort à propos qui clame "Une soif d'idéal" dans ce monde où la moindre utopie, inspiration révolutionnaire toute entière contenue dans le "rouge idéal" baudelairien étouffe sous le poids d'un pragmatisme au cynisme rampant. La formule, elle, ne change pas qui alterne grands entretiens, tables rondes et lectures concepts (François Atlas et ses Fleurs du mal musicales, Charly Delwart et sa Databiographie). Et bien sûr grands noms (Jean-Paul Dubois, Leonora Miano, Jonathan Coe, Luc Lang, Laurent Binet) et semi-découvertes prises en flagrant délit de confirmation (Emma

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Les expos à ne pas manquer cette année

Art | Les expositions de ce début d'année nous emmèneront en bord de plage avec Picasso, parmi différentes formes de contre-cultures futuristes avec Fabien Giraud et Raphaël Siboni, ou s'attarderont sur les figures moins connues d'Edi Dubien, Oumar Ly ou Claire Vaudey : visite guidée.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Les expos à ne pas manquer cette année

Avec une bonne édition de la Biennale d'Art Contemporain et une passionnante exposition consacrée au drapé (au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 8 mars), la saison a commencé sur les chapeaux de roue ! Et l'année 2020 s'annonce sous de très bons augures, avec pour premier grand rendez-vous une exposition autour du thème des baigneuses chez Picasso (au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet), avec pour point d'accroche la si étrange et si touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997. De l'autre côté du spectre artistique, on attend aussi beaucoup des deux larrons quadragénaires de l'art contemporain français, Fabien Giraud et Raphaël Siboni qui occuperont tous les espaces de l'Institut d'Art Contemporain (du 21 février au 3 mai) avec un important dispositif artistique, rassemblant sculptures, vidéos et performances, pour envisager les futurs possibles

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Comme de l’eau de roche : "Le Cristal magique"

Animation | La sècheresse ayant gagné la forêt, Amy l’intrépide hérissonne part à la conquête du cristal magique censé pourvoir en eau l’ensemble du territoire, et que le roi des ours a dérobé. Pour l’aider dans son aventure, son seul ami, l’écureuil timoré Tom, ne sera pas de trop…

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Comme de l’eau de roche :

Surmontez sans hésiter “l’audace graphique“ à l’allemande de l’affiche — vous savez, ce mariage aventureux de polices massives et de dégradés WordArt qui appuient l’expression un peu figée des protagonistes — ; vos jeunes enfants vous remercieront, car le film vaut mieux que cette vitrine. Construit sur le classique principe du conte à quête initiatique, Le Cristal magique vante les vertus de l’entraide, de la complémentarité, du partage des biens communs plutôt que la concentration des richesses au profit des plus puissants, de l’intelligence contre la force physique. Non, il ne s’agit pas d’une métaphore crypto-marxiste, mais de l’illustration très concrète d’une question actuelle et pragmatique : l’accaparement de ressources vitales par des ploutocrates sans scrupules provoque bien l'extermination de leurs congénères dans un écosystème, fût-il notre biosphère. Transposez cette avidité pour l’eau aux forêts d’Amazonie, au palmier à huile d’Indonésie et de Malaisie, aux hydrocarbures un peu partout sur le globe et vous constaterez qu’il y a des leçons à tirer d’un film d’animation destiné aux plus de 3 ans…

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Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

Littérature | C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 25 novembre 2019

Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager leur « soif d'idéal » – thème de la cuvée 2020. Il faut dire que l'événement se déroulera un peu plus tôt que précédemment puisque cette édition investira l'hippodrome de Parilly du 12 au 16 février. Avant le dévoilement complet du programme le 9 janvier prochain, voici déjà les quelques noms avancés : notre bien aimée Emmanuelle Pireyre, comme éminente régionale de l'étape que l'on verrait bien dialoguer en sa chimère européenne avec le brexité Jonathan Coe, également de la partie ; Lionel Duroy ; Mathilde Forget et une brassée d'écrivains nouvellement décorés : Laurent Binet (Grand Prix de l'Académie française), Luc Lang (Prix Médicis), Cécile Coulon (Prix littéraire du Monde), Manuel Vilas (Prix Femina étrange

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Ce qui vous attend dans les musées

Les Expos à venir | Un mastodonte avec Picasso, une intéressante perspective autour du drapé, des locaux à Villefranche et des découvertes : voici ce qui va se passer dans nos musées cette saison.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Ce qui vous attend dans les musées

Picasso voit triple Comme Monet, Van Gogh et quelques autres, Picasso est un artiste bankable depuis plusieurs années. Lyon et sa région n'échapperont pas à la règle, même si les musées font l'effort d'approcher le maître andalou sous des angles originaux. Nos voisins du Musée de Grenoble ouvrent la marche avec Picasso au cœur des ténèbres (1939-1945) en se focalisant sur le travail de Picasso pendant la guerre à Paris. Parallèlement, à La Sucrière à partir du 11 octobre, Imagine Picasso proposera une plus spectaculaire immersion, en images projetées de quelque deux-cents œuvres de l'artiste. Enfin, du 18 mars au 13 juillet, le Musée des Beaux-Arts s'attellera à une relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso et de quelques autres artistes du 19e siècle l'ayant influencé. Imagine Picasso À La Sucrière à partir du vendredi 11 octobre 2019 Picasso Au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet 2020

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Fear West : "Le Déserteur"

Thriller | Une époque indéfinie, dans l’Ouest étasunien. C’est là que Philippe s’est expatrié pour fuir son Canada et une probable mobilisation. Tirant le diable par la queue, il survit en participant à des concours de sosies de Charlie Chaplin. Mais le diable ne s’en laisse pas compter et le rattrape.

Vincent Raymond | Mardi 20 août 2019

Fear West :

N’était son image en couleur, le film de Maxime Giroux pourrait pendant de longues minutes passer pour contemporain des Raisins de la colère (1940), avec son ambiance post-Dépression poussant les miséreux à l’exil et transformant les malheureux en meute de loups chassant leurs congénères. Et puis l’on se rend compte que le temps du récit est un artifice, une construction — comme peut l’être le steampunk —, un assemblage évoquant une ambiance plus qu’il ne renvoie à des faits précis ; une ambiance qui semble ô combien familière. Aussi ne tombe-t-on pas des nues lorsque l’on assiste, après sa longue errance entre poussière et villes fantômes, à la capture de Philippe par un réseau de trafiquants de chair humaine pourvoyant de pervers (et invisibles) commanditaires. Fatalité et ironie du sort : fuir le Charybde d’une guerre pour échouer dans ce Scylla censément pacifique. Craindre d’être tué et risquer la mort plus souvent qu’à son tour ; refuser de prendre les armes pour finir par être contraint de s’en servir… Ingrédi

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Maxime Giroux : « On n’a pas appris de nos erreurs, on répète l’Histoire »

ECRANS | Après "Felix & Meira", le réalisateur québécois Maxime Giroux signe une parabole sur la férocité cannibale de la société capitaliste, qui conduit l’Homme à exploiter son prochain. Entretien avec un cinéaste guère optimiste sur le devenir de notre monde…

Vincent Raymond | Lundi 26 août 2019

Maxime Giroux : « On n’a pas appris de nos erreurs, on répète l’Histoire »

Pourquoi le titre original, La Grande Noirceur, n’a-t-il pas survécu à sa traversée de l’Atlantique ? Maxime Giroux (rires) Il faudrait poser la question à mon distributeur. Quand je fais des films, j’aime bien qu’on laisse la liberté de les faire comme je veux. Alors, quand des distributeurs me demandent de changer le titre pour sortir dans un pays X, je dis oui (rires). Je pense que La Grande Noirceur était peu trop négatif ; et puis c’était surtout une référence à une époque au Québec qui ne parlait pas au public européen. Votre histoire est une uchronie située un territoire immense, indéfini (l’Ouest sauvage tel qu’on le fantasme). Ce double flou spatio-temporel, est-ce pour atteindre à l’universel, à la métaphore ? Tout à fait. Mon but n’était pas de parler d’une époque, d’une situation ou d’une guerre précise, mais plutôt d’un système qui est inabordé à travers l’Histoire — qu’on pourrait appeler le système capitaliste ou d’un autre nom — qui est basé sur la violence, le pouvoir. Comment le début de l’écriture a correspondu à l’élection de Trump, il fall

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Démons d'or sort de sa boîte : la programmation dévoilée

Festival | Annoncé pour les 28 et 29 juin en son antre de Poleymieux-au-Mont-d'or, Démon d'or vient de dévoiler la programmation de ce qui sera sa quinzième édition. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2019

Démons d'or sort de sa boîte : la programmation dévoilée

Annoncé pour les 28 et 29 juin en son antre de Poleymieux-au-Mont-d'or, Démon d'or vient de dévoiler la programmation de ce qui sera sa quinzième édition. Fidèle aux canons esthétiques du festival, on y retrouvera les maîtres du dub Stand High Patrol en compagnie de Marina P pour leur album commun Summer on Mars, sorti en novembre dernier, et dans la même veine : Jahneration. Sur le front électro, on retrouve le très hype producteur Thylacine pour une version live de son album Roads. Contrefaçon (acid techno) et Columbine (rap) viennent compléter le tableau en compagnie des inclassables zinzins de Bagarre. À noter également deux cartes blanches à Hadra Records et EZ ! Sur la scène 2 dont la programmation tournée vers la trance et la bass music restent à définir, tout comme celle de la désormais traditionnel Dub Arena du Démon.

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Frédéric Péguillan : « le dub se prête à toutes les expérimentations »

Télérama Dub Festival | Quinze ans déjà que Frédéric Péguillan ausculte le dub sous toutes ses formes, au travers du Télérama Dub Festival qu'il a lancé à Paris avant d'en faire un événément itinérant. Le journaliste de l'hebdomadaire, fan inconditionnel des Clash, nous raconte cette story avant une halte toujours très attendue au Transbordeur.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Frédéric Péguillan : « le dub se prête à toutes les expérimentations »

15 ans : ça commence à être très respectable, pour un festival. Quel est le secret pour durer, rester pertinent dans sa programmation ? Frédéric Péguillan : Oui, rester pertinent, suivre l'évolution de ce genre musical qu'est le dub et surtout respecter la ligne du festival qui est de présenter le dub sous toutes ses facettes : live, live machine, DJ sets, sound-system. Et proposer des créations inédites dans la mesure du possible, avec nos moyens financiers qui ne sont malheureusement pas extensibles. Faire partager mes goûts pour que le public prenne autant de plaisir que moi. Mais après 15 ans, je me dis qu'il est peut-être aussi temps que le festival prenne une autre forme. Comment Télérama s’est retrouvé à organiser un festival de dub ? Est-ce que l’hebdo organisait déjà d’autres événements avant ? Télérama organisait (et organise toujours) fin janvier un festival de cinéma sur dix jours, où nous présentons nos coups de cœur de l'année. C'était le seul événement organisé en 2003, lorsque j'ai lancé le TDF. Celui-ci est né après un reportage que j'ai réalisé l'année précédente sur la scène dub frança

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Soom T pour emballer la soirée

DUB | S'il y a bien une prestation à ne louper sous aucun prétexte en ce 11 novembre, c'est bien celle de Soom T & Dub-4 : l'Écossaise, qui s'affiche sur (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Soom T pour emballer la soirée

S'il y a bien une prestation à ne louper sous aucun prétexte en ce 11 novembre, c'est bien celle de Soom T & Dub-4 : l'Écossaise, qui s'affiche sur notre Une, est du genre prolixe, additionnant les influences pour concocter des prestations où sa verve et sa diction au débit de mitraillette font jumper des salles entières. Pas un hasard si des artistes aussi différents que The Orb et Stand High, Miss Kittin, Asian Dub Foundation ou Jahtari ont fait appel à sa plume acérée et militante, rendue incendiaire dès qu'un micro lui est tendu, lui permettant d'exprimer ses révoltes (inégalités sociales, violences faites aux femmes...). Soom T sera ici accompagnée de Dub-4, discret mais influent personnage des scènes underground de l'hexagone, devenu ces dernières années son partenaire de scène privililégié : l'assurance d'un show millimétré. On guettera aussi la venue de Zion Train, vétérans de la scène dub anglaise (même si le meneur Neil Perch est désormais installé à Cologne), pour une prestation en sound-system avec Dub Dada au mic'. Et tout de même, une section de cuivres pour accompagner la sélection. Côté surprise,

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

07.04.17 > AYERS ROCK BOAT IKONIKA Et donc, Teki Latex devient résident de l'Ayers Rock Boat : tous les deux mois, l'ancien TTC et actuel curateur des Boiler Room en terre french touch convie ses crushs. Et si tous sont du même acabit que la première, Ikonika, alors voilà un lieu de plus à ajouter à la cartographie des incontournables. Car Sara Abdel-Hamid (Ikonika), révélée par le crucial label Hyperdub, est assurément l'une des artistes qui a le mieux su anticiper le post-dubstep : funky. Futur. 07.04.17 > TRANSBORDEUR DUB ECHO Déjà la treizième édition pour ces soirées au cœur du battement dub où l'écho est roi. Et c'est le Maasai Warrior sound-system, venu de Bristol, qui officie ce soir, Paul Maasai et Kai Dub s'inscrivant dans la grande tradition anglaise allant du roots au stepper, à la façon de Jah Shaka. Les résidents OBF et le Dub Addict pour la partie lyonnaise seront aussi aux commandes d'une soirée accueillant encore dans la petite salle Taïwan MC. Massive.

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NoShow : Veuillez laisser votre smartphone allumé pendant le spectacle

Théâtre interactif | Nous ne l'avons pas encore vu mais NoShow qui passe trois soirs à la Croix-Rousse intrigue : téléphone portable en main, le spectateur est placé au cœur de l'économie du spectacle. Explications.

Nadja Pobel | Mardi 7 mars 2017

NoShow : Veuillez laisser votre smartphone allumé pendant le spectacle

C'est un usage étrange que celui du téléphone portable. Constamment à portée de main, cet objet connecté s'est glissé dans tous les interstices de la vie, du réveil au coucher, en réunion, en courant, avec une poussette. Si dans les concerts, les stades et même les cinémas, il est bien souvent allumé, au théâtre il est encore banni, une petite voix vous conseillant de bien vouloir « l'éteindre totalement, de ne pas laisser activé le mode vibreur. » Va pour un mode avion, les pieds rivés sur terre. Premier geste, aux premiers applaudissements : le rallumer. De cette dépendance, de facto pathologique, les collectifs québecois Nous sommes ici et DuBunker ont décidé de rire. Et d'autoriser cet engin ! Mieux : de l'utiliser. Quand la troupe a eu cette idée du NoShow en 2010, les téléphones n'étaient pas tous des smartphones, mais cela leur paraissait être déjà un outil pratique pour interagir avec le public et leur « donner la possibilité de faire des choix de façon efficace et anonyme ». Car de quoi s'agit-il ? Même si le suspens est bien gardé, l'équipe dit avoir voulu réfléchir à l'avenir du th

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

Insomniaque

17>02>17 LE SUCRE DJ HELL Le maître de la techno glamour teutonne fait son retour sur les dancefloors avec un récent track incendiaire (au niveau du bas-ventre, s'entend) baptisé I Want U : c'est érogène tendance cuir noir, un rien vicieux comme sait le faire DJ Hell depuis ses années électroclash, rappelons que son label se nomme International Deejay Gigolo... Et donc, le Munichois déboule au Sucre pour tenir compagnie au résident, son ami The Hacker. Zip. 17>02>17 TRANSBORDEUR DUB ECHO Le dub n'en finit plus de convaincre les millenials, qui se ruent à chaque édition de cette soirée qui fête là sa douzième en compagnie des maîtres du genre entre Rhône et Saône, à savoir High Tone dans son incarnation sound-sytem, Dub Invaders - ce qui devrait pour le coup pousser quelques vieux à se joindre à la folle jeunesse skankeuse. Précisons qu'au micro se relayeront l'inoxydable Sir Jean, mais aussi Shanti D et Omar Perry. Lourd.

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Cœurs de rockeuses

In Uterock | « Atteindre une espèce de transe, même quelques secondes, comme quand tu baises ou tu danses… c’est ça mon kiff ! » clame Julia, guitariste du groupe garage (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 10 janvier 2017

Cœurs de rockeuses

« Atteindre une espèce de transe, même quelques secondes, comme quand tu baises ou tu danses… c’est ça mon kiff ! » clame Julia, guitariste du groupe garage Little Garçon. « L’improbable m’anime. J’adore aller à contre-sens, à l’inverse des idées reçues » raconte Lydie, la batteuse des Toxic Frogs (punk celtique). Leur point commun : être une femme musicienne dans un groupe de rock, univers souvent masculin. Et s’être fait brosser le portrait dans le livre d’Emma Cordenod (l'auteure) et Aurélien Maillet (le photographe), In Uterock. Douze musiciennes d'Auvergne-Rhône-Alpes sont ici croquées. Elles racontent leur parcours, leur place en tant que femme dans le rock, leur motivation « car il en faut pour se faire une place au panthéon du rock à talons » dixit Franck Guscioni, le co-programmateur et coordinateur du Kraspek Myzik, qui signe la préface. Un ouvrage en rouge et noir permettant de découvrir ces groupes par le prisme de leurs personnalités féminines, illustré des belles photographies d’Aurélien Maillet. Soirée de la

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

Insomniaque

16>12>16 TRANSBORDEUR DUB ECHO Carte blanche aux soirées genevoises Dubquake, qui fêtent dix années d'activisme en conviant au Transbo le légendaire sound de Birmingham, King Earthquake, fondé par Errol Arawak en 1977, ardent défenseur du roots & culture. Aussi présents : High Rockers et évidemment, OBF, résidents mais aussi et surtout le meilleur sound européen du moment. Au micro ? Shanti D, Charlie P et Sir Winston. Que du lourd pour amateurs de sound-system. Massif. 17>12>16 LA PLATEFORME DURE VIE Le collectif parisien Dure Vie s'associe aux lyonnais de Koud'Pokr pour une nuit qui s'annonce assez intriguante et passionnante : car le guest principal est Dez Andrès, venu de Détroit et officiant sur Mahogani Music, où sont aussi actifs rien moins que Moodyman, Kenny Dixon Jr et le génial Amp Fiddler... L'on peut s'attendre à une belle rasade de soulfull house, joliment encadrée par LB aka Labat, Fouk et Akil. Douce vie. 17>12>16 BELLONA ELLEN ALLIEN

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La réforme de Calvin Johnson

Indie | Figure incontournable et paternelle du grand mythe rock indé américain, Calvin Johnson swingue sur sa propre légende sous le nom Selector Dub Narcotic. Cela ressemble à un déguisement musical pour fête à danser, c'est en fait une réforme autant qu'un dévoilement.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 novembre 2016

La réforme de Calvin Johnson

Prononcez le nom de Calvin Johnson en présence d'un AARIA (pour Authentique Amateur de Rock Indé Américain) et vous verrez ce dernier, le cheveu gras et la chemise à carreaux en fin de vie, s'incliner pieusement, malgré ses genoux qui grincent, comme le sol lui-même se courbe à l'arrivée de sa Sainteté le Pape sur les tarmacs du bout du monde. Ancien leader, entre autres, de Beat Happening, formation créatrice de vocations musicales, Calvin a non seulement lancé le mythique label K Records mais aussi, directement ou indirectement – son aura soit sanctifiée – les carrières de Beck ou Nirvana (Cobain portait ainsi sur le bras un tatouage reproduisant le logo de K Records). Prenez le même AARIA sur le retour et faites lui maintenant écouter le dernier Calvin Johnson affublé du patronyme de Selector Dub Narcotic (son nom de DJ avec lequel il a également officié au sein de Dub Narcotic Sound System, un collectif d'originaux à grosses basses aquatiques) : il ne se re

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À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un spacecake

ECRANS | Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un instant grégaire…) réjouissez-vous, il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence, celle où Gérard Jugnot ingurgite un spacecake — expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping — de là à en tirer les conclusions qui s’imposent… — rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente. Camping 3 de Fabien Onteniente (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

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Clubbing : les trois soirées à ne pas louper

MUSIQUES | 06.02.16 Kenny Larkin Maître du groove sur la planète techno de Détroit, pétri d’influences profondément soul voire gospel qu’il insère subtilement au (...)

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2016

Clubbing : les trois soirées à ne pas louper

06.02.16 Kenny Larkin Maître du groove sur la planète techno de Détroit, pétri d’influences profondément soul voire gospel qu’il insère subtilement au coeur de ses morceaux les plus dancefloors, initié par Derrick May (il signe sur son label Transmat dès 1992), remixeur hors-pairs - qui ne se souvient pas de ses relectures magistrales, tout en tension et retenue, de La Fleur ou Inner City ses dernières années ? - Kenny Larkin, grand DJ, sera au Petit Salon samedi : ne dormez pas. Mystique. 06.02.16 Black Atlantic Club Mawimbi, c’est assurément le crew à suivre de près dans les mois à venir : dégainant tout azimut, d’une création live aux dernières Transmusicales à un remix de Cerrone ces derniers jours, la bande de Paris n’en finit plus de réinventer le clubbing en fusionnant Afrique 2.0 et house nation. Deux de ses représentants, Alt et L’Enfant Loup, déboulent au Sucre pour une Black Atlantic Club en compagnie de James Stew

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Les soirées du 4 au 10 novembre

MUSIQUES | 06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

Les soirées du 4 au 10 novembre

06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux pourquoi : elle était perdue dans l'espace, en route pour la prochaine bamboche en apesanteur du local hero à poils longs Kosme au Sucre. La plus émotive et funky des résidents du Panorama Bar, l'étage house du Berghain – statut qui ne l'empêche pas de sacrifier, en grande professionnelle, aux traditions maison : feeling analogique, fausse simplicité d'exécution et tirage de gueule de six pieds de long – a depuis retrouvé son chemin. Vous reprendrez bien une part de gâteau ?

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L'été selon les Subsistances : viande, pétanque et théâtre

CONNAITRE | Au moment de la sortie en salles du documentaire Steak (R)évolution, dont il est l'un des principaux protagonistes, le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec (...)

Benjamin Mialot | Mardi 2 juin 2015

L'été selon les Subsistances : viande, pétanque et théâtre

Au moment de la sortie en salles du documentaire Steak (R)évolution, dont il est l'un des principaux protagonistes, le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec nous confiait son désarroi face à l'incapacité de la filière de la viande française à intégrer les enjeux sanitaires et environnementaux actuels dans ses modes de production. Une critique entendue du côté des Subsistances, où se tiendra dimanche 7 juin "Meat me", une opportune journée de réflexion (et de dégustation !) autour de notre rapport à la chair animale animée par nos camarades de Rue89Lyon. Elle donnera au passage le coup d'envoi du traditionnel temps fort estival des Sub', Livraisons d'été, qui courra cette année jusqu'au 27 juin. Entre une partie de pétanque autour d'un éphémère "Bar des sports", un concert du phénoménal beatboxer de rue Dub FX (le 18) et une carte blanche aux jeunes danseurs du CNSMD (25 et 26), on pourra notamment y découvrir le dernier spectacle d'un autre collectif aux dents longues (Les Chiens de Navarre, on vous en reparle le moment venu, soit du 10 au 13) et la tou

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Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français — Camille redouble — conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule — ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès est avant to

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Le novo dub, l'autre French Touch

MUSIQUES | Au mitan des années 90, une petite bande de Parisiens se prend dans le casque la house de Chicago, relecture robotique de la great black music des années (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Le novo dub, l'autre French Touch

Au mitan des années 90, une petite bande de Parisiens se prend dans le casque la house de Chicago, relecture robotique de la great black music des années 50 à 70 (soul, funk, disco), et en décline une version française qui deviendra le premier produit d'exportation musicale du pays. L'histoire est connue, jusque dans ses détails les moins glorieux depuis que Mia Hansen-Løve a entrepris de raconter avec Eden la face cachée de ce safari lunaire – pour reprendre le titre de l'un des disques emblématiques du mouvement. A la même période, se fomente une autre révolution à la française, souterraine celle-ci, au moment où des musiciens d'obédience rock se mettent en tête de faire éclater les nuages psychotropes du dub en des orages instrumentaux. Leurs groupes se nomment High Tone, Zenzile, Kaly Live Dub, Brain Damage ou encore Lab° et, les pieds ancrés au sol pentu de la Croix-Rousse (là où le label Jarring Effects gravera ses initiales dès 1993) mais les oreilles tournées vers Londres, ils ont sondé l'univers des basses fréquences bien avant qu'il ne devienne l'Eldorado de la musique électronique. Cette French Touch-là, aucun cinéaste ne l'a encore

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10 concerts à ne pas rater

MUSIQUES | Ils sont inclassables, inattendus et/ou trop beaux pour être vrais. Dans tous les cas, nonobstant toute comparaison avec ceux mentionnés par ailleurs dans ce dossier, ces dix concerts compteront à coup sûr parmi les plus mémorables de la saison. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

10 concerts à ne pas rater

Frànçois & the Atlas Mountains La Vérité, il était temps. Depuis la sortie du splendide Piano Ombre, leur sixième album (eh oui !) à classer tout en haut de la pile des réussites discographiques de l'année, toutes catégories, nationalités, poids, sexes et habitudes alimentaires confondus, Frànçois et ses Montagnes de l'Atlas n'avaient pas encore trouvé l'occasion de venir. Fort dommageable quand on sait à quel point on a aussi affaire là à un démentiel groupe de scène. Voilà la chose doublement réparée. D'abord à Just Rock?, qu'on ne remerciera jamais assez d'avoir dégainé le premier sur ce coup-là. Ensuite, un peu plus tard, à Nouvelles Voix. La Vérité, ça fait plaisir.Le 9 octobre au TransbordeurLe 22 novembre au Théâtre de Villefranche Morrissey

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Le blanc et le Renoir

ECRANS | Jean Renoir avait gagné dans le cinéma français le surnom de «patron»… Pourtant, quand sort en 1939 La Règle du jeu, devenu au fil du temps le classique des (...)

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Le blanc et le Renoir

Jean Renoir avait gagné dans le cinéma français le surnom de «patron»… Pourtant, quand sort en 1939 La Règle du jeu, devenu au fil du temps le classique des classiques hexagonaux, la réception est loin d’être unanime face à une œuvre qui choisit de s’inscrire dans une descendance ouvertement théâtrale — influence de Marivaux et de Musset sur la structure de l’intrigue, jeu des comédiens poussés vers la Comedia dell’arte — et dont le sous-texte politique n’est pas aisé à déchiffrer, notamment ses références à l’actualité brûlante — la guerre est proche, le populisme gagne du terrain, le nazisme s’étend à coups d’annexions sauvages. À l’écran, on voit un ballet amoureux où des aristocrates, des bourgeois et des domestiques se retrouvent pour une partie de chasse en Sologne ; dans chaque caste, il y a des maris, des femmes, des amants et des maîtresses, mais les choses sont soigneusement compartimentées par la topographie des lieux comme par la mise en scène. Seul Renoir lui-même dans le rôle d’Octave, le raté à la peau d’ours, caressera l’espoir — illusoire — d’échapper à sa condition. La Règle du jeu se tient ainsi entre tradition — vale

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Barbecue

ECRANS | D’Éric Lavaine (Fr, h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Barbecue

Le concept — une comédie avec des potes, un barbecue et Franck Dubosc — pouvait laisser penser à un ersatz de Camping ; grave erreur ! Barbecue est en fait un ersatz des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. Même humour pas drôle entre gens riches pleins de problèmes de riches, même envie de capturer l’air du temps générationnel des gens riches, même vague suspense mélodramatique autour de la mort possible d’un des mecs riches présents sur l’écran. Et, surtout, même morale décomplexée où l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, si tu n’en as pas, ben t’es qu’un gros raté. On le sait : la comédie française vote depuis belle lurette à droite et, après tout, elle fait bien ce qu’elle veut. Mais dans ce film horriblement mal écrit au casting aussi furieusement opportuniste que totalement à côté de la plaque — exception : Florence Foresti, qui se sauve courageusement du désastre — la chose est affirmée clairement : le pauvre de la bande a un job de merde, pas de copine et est à moitié simplet. Comme disait l’autre : vive la so

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De battre un chœur a commencé

SCENES | Olivier Dubois présente à Lyon "Tragédie", créée au Festival d'Avignon en 2012. Une pièce-manifeste puissante et radicale, non pas en raison de la nudité des interprètes, mais par l'importance de ses enjeux et l'intelligence et la force de son écriture chorégraphique. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 février 2014

De battre un chœur a commencé

POUM, POUM, POUM, POUM... Des battements de tambour amples et réguliers résonnent dans la salle et tendent une scène baignée de pénombre pour y accueillir bientôt des cœurs singuliers, puis tout un chœur de dix-huit danseurs. Neuf femmes et neuf hommes, totalement nus, qui viendront d'abord un à un nous rencontrer dans leur marche fière, composée de douze pas aller et de douze pas retour, en alexandrins de chair et d'os. Il est immédiatement ici question d'écriture et de symboles, tout simplifiés et balbutiants qu'ils soient. «La pièce est extrêmement difficile pour les interprètes puisque tout est écrit nous indique Olivier Dubois. Et l’écriture ne lâche rien, elle devient de plus en plus complexe au fil de la représentation, d’où une demande physique de plus en plus forte. J’ai écrit toute la matière, mais je n’ai pas défini les placements du corps – le placement des mains des danseurs par exemple. C’est cette liberté dans un cadre strict qui permet aux spectateurs de rencontrer dix-huit personnes, et non une masse anonyme». Chacun pourra du coup, dans une première partie quasi-hypnotique, s'identifier à l'un ou à l'autre des danse

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Retour aux sources

SCENES | Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Retour aux sources

Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq minutes ! La première partie de la Tragédie d'Olivier Dubois (créée au Festival d'Avignon 2012 et présentée à la Maison de la danse les 26 et 27 février) annonce un début d'année chorégraphique sous les auspices du retour aux sources, qu'elles soient minimalistes et essentielles ou bouillonnantes et pulsionnelles (Tragédie se poursuit ensuite en une véritable explosion des corps). Plus posé et moins tonitruant, Emmanuel Gat prolonge avec Goldlandbergs (les 16 et 17 avril à la Maison de la danse), pièce composée à partir d'une émission radio de Glenn Gould et de son interprétation des Variations Goldberg de Bach,  ses recherches entre danse et musique, pour tendre vers une certaine pureté gestuelle, faite de délicatesse et d'extrême précision. Dan

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Un bon coup de balai

SCENES | "Balai-brosse", c’est un spectacle fort dépeignant le destin de quatre femmes de ménage qui refusent le sort que la société leur offre. Pour évoquer cette aventure théâtrale passionnante, nous avons rencontré Delphine Dubois Fabing, son auteur et metteur en scène. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Vendredi 4 octobre 2013

Un bon coup de balai

Comment est né ce Balai-brosse ? Delphine Dubois Fabing : Je suis impliquée depuis longtemps dans les quartiers sensibles, dits prioritaires, de la région parisienne et de Grenoble : je constate vraiment que la question des conditions de travail a un impact fort sur la vie et la santé des gens, y compris sur les questions de santé mentale. C’est quelque chose qui, à titre personnel, me touche beaucoup. Parallèlement, j’ai travaillé l’année dernière avec le Vox International Théâtre sur la question de l’autogestion et des conditions de travail en 1945. J’avais envie de poursuivre sur cette thématique, mais à l’époque actuelle. Du coup, j’ai rencontré une femme de ménage, dont le témoignage m’a beaucoup touché, qui a été le point de départ de l’écriture de Balai-brosse.   Une pièce également basée sur d’autres témoignages... J’ai rencontré six ou sept femmes de ménage, dont certaines impliquées politiquement. Ensuite, j’ai mené un travail

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Party hard !

MUSIQUES | Le versant électronique de la Fête de la musique telle qu'on la célèbre à Lyon ressemble à un Apéro sonore à retardement (la gratuité, le réenchantement de l'espace public, l'hédonisme en partie diurne, tout ça). La programmation de qualité en moins ? Pas nécessairement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Party hard !

Chaque année, c'est la même question qui revient : où passer le soir du 21 juin lorsque l'on n'a d'oreilles que pour les onomatopées de synthèse ? Déjà, pas dans Lyon extramuros, où chorales et fanfares règnent quasiment sans partage. En centre-ville en revanche, au moins quatre spots valent le détour. D'abord la très populaire place Colbert, dans le premier arrondissement, où l'association Dofus Dofus proposera un plateau ghetto ascendant tropical de haute volée (avec Douster, JayWeed et

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Boule & Bill

ECRANS | De Alexandre Charlot et Frank Magnier (Fr, 1h30) avec Marina Foïs, Frank Dubosc, Charles Crombez...

Jerôme Dittmar | Dimanche 24 février 2013

Boule & Bill

La BD et le cinéma français, c'est un peu l'échec permanent. Pour preuve encore Boule & Bill, prévisible catastrophe industrielle vu le matériau d'origine. Mais ce qui étonne le plus dans cette adaptation, c'est sa capacité à décevoir. Car Boule & Bill le film n'est pas la comédie neuneu pour marmots à laquelle on pouvait s'attendre. Oui il y a quelques gags mais qui tombent tous à plat. Oui on entend la voix du chien qui pense et c'est navrant. Le plus curieux, c'est que les auteurs du film se foutent presque de Roba et sa mythologie, reléguée aux cinq dernières minutes. Ils préfèrent s'intéresser à l'époque où la BD vivait son heure de gloire, tournant un film rétro au look bâtard sur l'émancipation de la femme dans la France des années 70. Seule compte ainsi la mère, héroïne d'un film pensé comme une préquelle réflexive à la BD, où le père serait Roba découvrant son inspiration après avoir fui la cité dortoir où sa famille s'était installée. Nul et à la fois limite intriguant. Jérôme Dittmar

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Insomniaque - Semaine du 20 au 26 février

MUSIQUES | 21.02 My Choice #1Cette semaine, c'est au tour du collectif Swarm Prod d'inaugurer un nouveau rendez-vous nocturne périodique. Son nom : My Choice. Le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 15 février 2013

Insomniaque - Semaine du 20 au 26 février

21.02 My Choice #1Cette semaine, c'est au tour du collectif Swarm Prod d'inaugurer un nouveau rendez-vous nocturne périodique. Son nom : My Choice. Le concept : un membre dudit collectif invite à se produire un DJ «de renom» dont il estime partager la sensibilité. Pour la première, c'est Horstmeier qui s'y colle en ouvrant les portes du Platinium à Dan Caster, discret Berlinois qui, lorsqu'il n'est pas occupé à sublimer le travail de ses collègues du label Stil vor Talent (il était aux commandes du détonnant Romantic Thrills de Sacha Breamer & Niconé), produit une deep house tout ce qu'il y a de plus langoureuse. 22.02 Dub Invaders + O.B.F.On ne présente plus High Tone, figure de proue de ce dub à consonances électroniques dont Lyon a longtemps été la capitale grâce aux efforts du label Jarring Effects – dont le groupe est toujours l'une des locomotives. Dub Invaders en revanche, l'appellation sous laquel

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Les Seigneurs

ECRANS | D’Olivier Dahan (Fr, 1h37) avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Ramzy, JoeyStarr, Gad Elmaleh, Franck Dubosc…

Christophe Chabert | Mercredi 19 septembre 2012

Les Seigneurs

Typique du cinéma industriel qui se développe en ce moment dans l’Hexagone, Les Seigneurs est avant tout un film de producteur, en l’occurrence l’ancien comédien Isaac Sharry. Olivier Dahan, certes réalisateur de La Môme mais qu’il avait tourné juste après une commande déjà bien foireuse pour Luc Besson (Les Rivières pourpres 2), ne vient donc qu’apporter sa griffe à un récit archi-calibré (en gros, un entraîneur à la dérive est engagé pour s’occuper d’une équipe de dernière zone sur l’île de Molène, Bretagne, et convainc tous ses anciens camarades de renfiler les gants pour défendre l’usine menacée de fermeture). Le problème, c’est que Dahan est plus une erreur de casting qu’un atout : il ne sait manifestement pas mettre en scène de la comédie, sinon en surdécoupant le jeu de ses comédiens ou en les cadrant large quand ils font leur numéro, et en jouant sur des effets qui rappellent rien moins que Les Fous du stade avec Les Charlots. Quant au foot, n’en parlons même pas — de toute façon, seul Carlos Reygadas a su le filmer dans

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Quel Damage ?!

MUSIQUES | High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 avril 2012

Quel Damage ?!

High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre pour autant à pertes et fracas, ni à des «damage» collatéraux dévastateurs. D'une part, parce que High Tone est habitué de ce genre de duel amical labellisé «In a dubtone session» (Kaltone avec Kaly Live Dub, Zentone avec Zenzile...). D'autre part, parce qu'on est ici dans le clash, le crash, mais au ralenti, tout en infra-basses et rythmique electro-dub traîne la patte, le tout rehaussé de filtres sur les voix, échos, reverbs et clins d'œil world jusqu'au moyen et même à l'extrême orient. Qu'est-ce qui fait dès lors que l'on reste assez imperméable à ce bon disque d'électro-dub ? Le fait qu'il soit sans surprise ? Le fait qu'il soit répétitif par essence autour de sa base électro-dub ? Le fait que le genre ait quelque peu fait son temps et vieillisse assez mal (ou est-ce nous ?) ? Le fait qu'il n'y ait guère dans ce genre précisément de juste milieu entre une musique d'ambiance à écouter chez soi en comatant, ou en live, secoué de basses et emporté par la houle ? Pour le tenants de la seconde option, ça se passe au

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La passion Dub Inc

ECRANS | L’itinéraire de Dub Inc, groupe de reggae né à Saint-Étienne et dont la notoriété a finalement pris une ampleur nationale puis internationale, aurait pu (...)

Christophe Chabert | Jeudi 12 avril 2012

La passion Dub Inc

L’itinéraire de Dub Inc, groupe de reggae né à Saint-Étienne et dont la notoriété a finalement pris une ampleur nationale puis internationale, aurait pu donner lieu à un documentaire en forme de success story. Mais le film de Kamir Meridja, Rude boy story, a bien d’autres vertus que la simple célébration du groupe et de sa musique. Dans la première partie, les membres se livrent à un réquisitoire contre les media qui, selon eux, les négligent car ils n’ont jamais signé sur une major. L’angle est étrange pour une entrée en matière, mais il finira par faire sens lorsque Meridja apportera un contrechamp à cette image d’un groupe indépendant en bisbille contre le système. Car c’est justement cette indépendance radicale qui leur permet de créer une connexion directe avec leur public, un lien de proximité que la révolution numérique, du home studio aux réseaux sociaux, va amplifier. Dub Inc n’a pas vendu son âme, mais il a dû surmonter des crises. Crise de croissance, qui conduit à reconsidérer avec nostalgie ce moment où l’on jouait à l’énergie dans des salles minuscules, mais aussi à affronter une tournée galère aux États-Unis ; crise de lo

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Plan de table

ECRANS | De Christelle Raynal (Fr, 1h30) avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, Audrey Lamy…

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2012

Plan de table

Dans The Player, Robert Altman montrait des producteurs capables de donner leur feu vert à n’importe quel projet, même le plus stupide, pourvu que Julia Roberts joue dedans. Vingt ans plus tard, ce n’est plus de la fiction, il semble que ce soit la même chose en France avec Franck Dubosc. Pourtant incroyablement mauvais, ce comédien qui n’a jamais réussi à comprendre qu’il n’était plus en one man show mais qu’il jouait avec d’autres acteurs sur le plateau continue donc à se commettre dans des films aberrants. Plan de table surfe donc sur tout ce qui est dans l’air (la comédie de mariage, le concept du ou bien, ou bien, la critique à peu de frais d’un matérialisme dans lequel les personnages se vautrent à longueur de temps) sans la moindre rigueur dans l’écriture ou la mise en scène. Confondant précipitation et rythme, Christelle Raynal raconte tout à 400 à l’heure, excès de vitesse dont les acteurs sont les premières victimes, condamnés à la grimace, au cabotinage ou au profil bas. Naufrage !Christophe Chabert

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La vie Aucan

MUSIQUES | Electro / À en croire les plus visionnaires des commentateurs, le dubstep est mort. Terminé le boom boom syncopé, les woo woo woo à basse fréquence et les (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 18 novembre 2011

La vie Aucan

Electro / À en croire les plus visionnaires des commentateurs, le dubstep est mort. Terminé le boom boom syncopé, les woo woo woo à basse fréquence et les mélodies taillées comme des barres de logements sociaux. Et tant pis si les mêmes assuraient, il y a cinq-six ans de cela et les mains en position «c'est hénaurme !», que cette musique née dans les soirées interlopes du sud de Londres était LA grande rupture que le monde attendait depuis l’avènement de la house et de la techno au début des années 80. Ne les écoutez pas, ce sont des idiots. Pas tant parce qu'ils ont sous-estimé le potentiel de leur poulain, mais parce qu'ils sont vraisemblablement passés complètement à côté de l'extraordinaire deuxième album du trio italien Aucan. Son nom : Black Rainbow. Le coup de génie de ses auteurs : avoir mis la pédale douce sur les ambiances futuristes qui caractérisent usuellement le genre pour mieux lui rendre, à coups d’œillades au math rock, au trip hop, à l'electronica et au drone, sa fonction première d'excitant anatomique (poils qui se dressent, poumons qui pulsent, nuques qui s'entortillent...). La résurrection live est pour la nuit

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Bienvenue à bord

ECRANS | D'Eric Lavaine (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier, Gérard Darmon…

Dorotée Aznar | Jeudi 29 septembre 2011

Bienvenue à bord

Franck Dubosc dans un ersatz de Croisière s'amuse par l'auteur de Poltergay, forcément ça fait peur. Sans miracle, Bienvenue à bord se hisse pourtant par-dessus la mêlée des comédies françaises qui font de la peine. Inutile de tergiverser sur les fantasmes hollywoodiens d'Eric Lavaine, le film est un brouillon de comédie US. Trop gras pour convaincre mais avec un échafaudage qui par rares moments fonctionne. L'essentiel c'est bien sûr Dubosc, dont la nullité intrigue. Idiot généreux et fédérateur, son personnage (toujours le même) rappelle parfois ceux de Will Ferrell. Le talent en moins, mais avec la même envie de déjouer l'ironie, d'être plus littéral que parodique, sentimental que cynique ou juste caricatural. Jérôme Dittmar

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Prendre son pied avec les Modernes

ARTS | Avec 180 oeuvres (sculptures, peintures, dessins) issues, pour les deux tiers, des collections du Musée, l'exposition « Les Modernes » traverse le 20e Siècle. L'occasion de redécouvrir des chefs-d'oeuvre mais aussi des « petits maîtres », capables aussi de provoquer bien des émotions oculaires... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Prendre son pied avec les Modernes

Tu montes ? Allez, oui, pourquoi pas, j'ai payé pour «ça» après tout, et les marches ne sont ni trop nombreuses ni trop raides. En haut, assise sur son canapé, elle m'attend. Une jolie petite rousse aux formes rondes. Elle est nue (hormis une paire de bas rouge très «professionnels») et ses yeux noirs se plantent, avec aplomb, dans les miens... Elle avait une vingtaine d'années en 1901. Alors en 2009 ? Toujours vingt ans, toujours le même regard, et le corps toujours enfoncé dans une sorte d'épaisse mousse blanche, verte, bleue. C'est Picasso qui, dans ce tableau de prostituée parisienne, a arrêté, autant qu'intensifié, le temps, le regard, le désir... Qu'une exposition, portant sur la modernité artistique, s'ouvre sur une telle toile en dit long à la fois sur l'importance de la figure de Picasso au XXe siècle, et sur l'invitation du musée à approcher les œuvres par le biais des sens, du plaisir, des émotions, et pas seulement à travers les concepts balisés de l'histoire de l'art. C'est nu, déshabillé de toute connaissance, qu'il faut donc aussi parcourir, flâner, hasarder, percevoir, parmi les petits espaces d'exposition (25 «écrins» au total) aux cimaises grises et percés d'ouver

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Bacon, la chair de la peinture

ARTS | «Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Bacon, la chair de la peinture

«Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l'animal», dit Francis Bacon (1909-1992) dans ses éclairants ‘Entretiens’ avec David Sylvester. Dans l'une des sections les plus impressionnantes de l'exposition du Musée des beaux-arts, intitulée «Animalité», on découvre notamment une toile de l'artiste, Carcasse de viande et oiseau de proie (1980). Entrer dans la chair des choses, sa beauté et son horreur mêlées, entrer dans la sensation et ses abysses, tel est le but de Bacon, pour qui la peinture est «une tentative pour que la figuration atteigne le système nerveux de manière plus violente et plus poignante». De nerfs à nerfs, d'os à os, de viande à viande, de cri à cri, court-circuitant la raison et l'intelligibilité, l'art de Bacon va au cœur du mouvement, du hasard, de la violence, des élans et des instincts vitaux. À côté de la Carcasse, on peut découvrir une autre toile où une autre «bête» est cette fois-ci bien vivante, convulsive, au milieu de l'arène d'une corrida. ‘Étude pour une corrida’ No 2 (1969) fait partie d'une série

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«Braconner, trouver des chemins de traverse»

ARTS | Entretien / Sylvie Ramond, directrice de Musée des Beaux-Arts de Lyon depuis février 2004 et commissaire de l'exposition «Les Modernes». Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

«Braconner, trouver des chemins de traverse»

IntentionsCette exposition est un peu particulière car, pour l'essentiel, elle est constituée d'oeuvres du XXe siècle issues des collections du musée. Aujourd'hui, le XXe siècle est une période close et on peut donc se permettre d'y réfléchir, d'en tirer quelques conclusions. À Lyon, contrairement au Centre Georges Pompidou, nous n'avons pas la capacité de présenter des oeuvres représentatives de la totalité de l'histoire de l'art au XXe siècle. La configuration de nos collections nous a donc obligés à braconner, à trouver des chemins de traverse, et à effectuer aussi des choix très personnels. L'exposition se subdivise en 25 sections, avec un parcours assez pédagogique, mais qui sort des catégories habituelles des spécialistes. Nous avons composé, presque musicalement, une suite d'impromptus, plutôt qu'une histoire canonique. La collection du XXe siècle du muséeLa collection du XXe siècle du musée est tout à la fois importante, très belle et lacunaire. Nous manquons de place pour pouvoir la présenter en permanence dans son intégralité. Parmi ses caractéristiques, notons que le musée a été l'un des tout premiers en France à acheter des toiles impressionniste

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