Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | De la grosse techno à la berlinoise ou plutôt Detroit, et une soirée totalement déjantée et bien queer : tel est le programme cette semaine.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Photo : © DR


23>09>16 TRANSBORDEUR
WE ARE REALITY

Ok, l'on parle déjà par ailleurs de Kosme, interviewé en page 3. Mais difficile de ne pas revenir sur cette WAR de rentrée au plateau implacable : outre l'espoir Lyonnais, la légende Carl Craig étant également au programme. Instigateur d'un groove absolument unique, esthète de la techno made in Detroit, inventeur d'un futur pour le jazz (ce qui n'est pas si simple...), immense remixeur et l'on en passe... Difficile de passer outre cet homme sans qui la techno ne serait pas la même. Ah, il y a aussi Marcel Dettman pour conclure la nuit. Béton.

24>09>16 LE SUCRE
GARÇON SAUVAGE CLUB


Le retour de la soirée queer & sauvage au Sucre, avec l'un des DJs qui colle le mieux à cet esprit : Joe Goddard, membre des indie stars Hot Chip, moitié de The Two Bears et par ailleurs révélateur de Disclosure via son label Greco-Roman. Entre electro pop perverse, disco sexy et house moite, ses sets ne peuvent qu'être au diapason d'une fête où l'outrage est la règle. Rag, meneuse du collectif et génial fanzine Barbi(e)turix, est aussi de la party, comme le duo Caspian Pool. Sexy.

24>09>16 DOUBLE MIXTE
JACOB 2 YEARS


Deux ans de rave se fêtent ce soir au Double Mixte avec un plateau techno relevé, voire très épicé grâce à la présence aguicheuse de Tommy Four Seven, l'un des futurs grands du genre, emblématique de la scène berlinoise du moment, ville où cet anglais s'est installé après une résidence au Fire Club londonien. Il risque fort de captiver plus que le linéaire Len Faki, co-fondateur du label Ostgut Ton, aussi au programme comme Milenà, et sur la seconde scène Carbone vs Ascion live, Gaja, Shapednoise et 138 live. Berghain.


We are reality

Carl Craig + Kosme + Marcel Dettmann
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Garçon Sauvage club

Caspian Pool + Joe Goddard + Rag + L'homme seul
Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Jacob 2 years

Len Faki + Tommy Four Seven + Milenà + Ascion & D.Carbone + Shapednoise + Gaja + 138
Double Mixte 19 rue Gaston Berger Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Capitale de la Culture 2022 | L'année "Capitale française de la culture" a été lancée à Villeurbanne, en présence de Roselyne Bachelot. Au-delà de quelques marqueurs événementiels, c'est surtout du côté des dispositifs pérennes qu'il faut regarder, à l'instar des minimix, ces petits centres culturels soudés au sein des écoles.

Sébastien Broquet | Mardi 18 janvier 2022

Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Elle est sur orbite, cette année spéciale de Villeurbanne, celle où elle est devenue la toute première Capitale française de la culture — ce nouveau label initié par le ministère de la Culture qui a choisi la cité du solide emblème de la décentralisation, le Théâtre National Populaire, pour en être la première incarnation. Roselyne Bachelot, la ministre attitrée, s'est déplacée en personne pour lancer les festivités le vendredi 7 janvier, à peine perturbées par des intermittents en colère. Mais passés les cotillons dont on nous avait privé une semaine plus tôt, qu'est-ce qu'il nous reste à observer durant cette année ? Nous l'avions déjà expliqué lors d'un précédent article, le mercredi 17 novembre 2021, le maire Cédric Van Styvendael et ses équipes avaient tenté le coup pour cette candidature en intégrant à leur dossier plusieurs éléments déjà conceptualisés et imaginés pour leur programme de campagne électorale, à l'instar d'un festival du numérique (devenu les IrRéels) et surtout des minimix, véritables ambassades culturelles disposées au sein des écoles, qui d'idée à développer au fil du mandat sont devenues élément phare de cette année culturelle

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Odilia, des effluves de Brésil dans le 7e

Restaurant | Dans ce couloir intimiste avec vue sur le tramway, Henrique sert des cocktails et Jessica met à profit ses talents de cuisinière aiguisés chez Ducasse : bienvenue à Odilia.

Adrien Simon | Mardi 18 janvier 2022

Odilia, des effluves de Brésil dans le 7e

Le timing n’était pas top. Odilia a ouvert un jeudi : le 30 janvier 2020. L’épidémiologie ne squattait pas encore les comptoirs et Djokovic disputait l’Open d’Australie. Badaboum ! On connaît la suite. Pour le destin d'Odilia c’est ballot, car de fermeture en couvre-feu, nous voilà deux ans plus tard et le resto n’est plus nouveau, sans avoir eu le temps de vraiment se faire connaître. Alors qu’il vaut le détour. Situons : on est dans le 7e, pas loin du Comœdia, dans un petit salon pas très éclairé à la déco chinée, une ambiance presque chandelle, du jazz dans les enceintes. Qui débouche sur une cuisine complètement ouverte chapeautée d’une mezzanine, où l’on a casé encore quelques tables. Et un piano. Un salon ? C’est l’intention des frangin-frangine, Henrique et Jessica Giovanini : c’est ai

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Comme une image au Théâtre du Fou

Théâtre | C’est un travail simple, modeste, dense et vraiment intéressant que celui qu’a fait Renaud Rocher pour la pièce Comme une image. Le directeur du (...)

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Comme une image au Théâtre du Fou

C’est un travail simple, modeste, dense et vraiment intéressant que celui qu’a fait Renaud Rocher pour la pièce Comme une image. Le directeur du Théâtre du Fou (Lyon 1er) a collecté des témoignages d’enseignants, les a entrecroisés et les a mis en scène avec trois comédiens qui alternent des visions inquiètes, parfois colériques mais jamais totalement désespérées, de celles et ceux qui endossent cette profession avec une forte conviction. Dans un décor minimal où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. Car l’école déborde de son cadre pour irriguer la société entière, que l’on soit parent ou non. À voir du jeudi 20 au dimanche 23 janvier à 20h30 (sauf le dimanche, à 18h).

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Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Puy-de-Dôme | Peut-être sera-t-elle capitale européenne de la Culture en 2028. Clermont-Ferrand, n’est pas que la ville-Michelin (même si l’entreprise est omniprésente) et lance sérieusement sa campagne en ce début d’année, au moment où le festival du court, le plus grand au monde, retrouve son public du 28 janvier au 4 février. Cap sur l’attachante capitale auvergnate.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Il faut bien reconnaitre que la consécration de capitale européenne de la Culture lui irait comme un gant. En 2023, on saura qui des villes candidates sera à l’honneur en 2028. Ici, la Scène Nationale est flambant neuve, le FRAC s’apprête à déménager pour s’agrandir, la Coopérative de Mai est l'une des SMAC les plus remuantes de l’Hexagone et le festival du court-métrage s’apprête à montrer 154 films. D’un lieu à l’autre, balade dans la cité anthracite où les affiches colorées de Castelbajac et du maire socialiste Olivier Bianchi souhaitent, aux passants, une bonne année. Clermont, plein centre Le marché de Noël vient juste de remballer ses cabanes et la place de la Victoire peut laisser apparaitre la majesté de Notre-Dame-de-l’Assomption. Construite comme tant d’habitations de la ville en andésite

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Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Cinéma | Portrait inattendu et délicat d’une apprentie comédienne sous l’Occupation, rempli d’éclats autobiographiques discrets : le premier long-métrage de Sandrine Kiberlain est surtout un exceptionnel exercice de réalisation. Rencontre avec une jeune autrice qui va bien.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Vous avez attendu longtemps avant d’oser écrire et mettre en scène. En cela, votre démarche est parallèle à celle de votre père, David Decca, qui avait attendu à peu près le même âge pour se lancer dans l’écriture dramatique… Sandrine Kiberlain : Ah, vous me cueillez ! Ça prend du temps en fait, d’oser faire un film ; surtout quand on a eu comme moi la chance de travailler avec de grands metteurs en scène. Et puis, je suis très heureuse comme actrice — donc ce n’est pas pour combler un manque ou un vide, mais parce que le chemin de l’actrice que je suis depuis… deux ans (rires) a fait que je me suis de plus en plus intéressée à l’ensemble de l’équipe, à comment un film se faisait… Entrer dans l’univers des autres me passionne ; visiblement, ça a découlé de l’envie de me raconter moi — surtout d’avoir un thème ou un sujet… Je crois que j’ai toujours rêvé de faire un film ; mais quel film ? Il fallait attendre d’avoir un vrai point de vue, un angle qui fasse la différence et qui soit traité singulièrement. Que ce soit une idée nécessaire et vitale de faire un film. Oser devenir ce qu'on appelle

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A Bron, drôle d'endroit pour des rencontres cinématographiques

Festival | Ajournée l’an passé, la 30e édition du festival dédié au cinéma français voit enfin le jour aux Alizés du 26 au 30 janvier. Et l’on espère qu’elle ne sera pas la dernière — de rocambolesques péripéties ayant affecté, on s’en souvient, la saison 2021 du cinéma brondillant.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

A Bron, drôle d'endroit pour des rencontres cinématographiques

On imagine la période doublement incertaine aux Alizés : une pandémie qui n’en finit pas et contraint les salles de la France entière à jongler avec les règles sanitaires, déprogrammations de dernière minute et évictions potentielles de personnels contaminés ou cas contact ; et puis cette épée de Damoclès pesant sur le cinéma que la Ville souhaite faire passer en délégation de service public à compter de septembre prochain, entre les mains d’un opérateur privé non encore désigné. Le rendez-vous du cinéma français, institution brondillante depuis 1991, y survivra-t-il ? Raison de plus pour savourer cette édition anniversaire ; cinq jours d’une vivifiante densité. Scandale politique en ouverture, meurtre en clôture Impossible (et inutile) de dérouler ici l’intégralité du programme, pointons quelques moments à ne pas manquer, comme le film d’animation Vanille de Guillaume Lorin (fabriqué chez Folimage

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Les films à l'affiche à Lyon les mercredi 19 et 26 janvier 2022

En salles | Indispensables ★★★★☆ The Chef Chaud devant, voici un caviar : une immersion en temps réel (tournée en (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Les films à l'affiche à Lyon les mercredi 19 et 26 janvier 2022

Indispensables ★★★★☆ The Chef Chaud devant, voici un caviar : une immersion en temps réel (tournée en plan-séquence) dans le quotidien d’un restaurant autour d’un chef rongé de soucis personnels et professionnels, de sa prise de service à… impossible de révéler l’issue, mais son chemin est semé d’embûches. Théâtre permanent de la salle à l’arrière-cuisine où chacun des personnage dispose de son histoire et de ses enjeux (d’un rôle précis, en somme, comme dans une brigade), ce premier long signé par un comédien dresse également avec brio le catalogue des hypocrisies contemporaines : un restaurant de luxe étant aussi un lieu dans lequel le pouvoir de l’apparence et de l’argent compte souvent davantage que le goût ou la compétence. Stephen Graham s’avère parfait en capitaine groggy, perdu dans ce tourbillon paroxystique. Un film de Philip Barantini (G-B, 1h34) avec Stephen Graham, Vinette Robinson, Alice May Feetham… (sortie le 26 janvier)

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La vie dansée des formes à la Maison de la Danse

Danse | Le Ballet du Grand Théâtre de Genève présente à Lyon son programme Minimal Maximal, regroupant deux pièces généreuses en nombre de danseurs (vingt-deux pour (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

La vie dansée des formes à la Maison de la Danse

Le Ballet du Grand Théâtre de Genève présente à Lyon son programme Minimal Maximal, regroupant deux pièces généreuses en nombre de danseurs (vingt-deux pour chaque œuvre), et créées à partir de musiques contemporaines minimalistes. La première, Fall, est signée par le grand chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui, connu pour la beauté fluide et délicate de son écriture. Dans un décor de soies pâles aux couleurs changeantes et une ambiance onirique baignée par la musique d’Arvo Pärt, les danseurs sont comme autant de feuilles d’automne, tombant ou se relevant au gré du souffle musical. Cette pièce nous invite à une rêverie faite de mouvements perpétuels, de poésie de formes et de gestes, détachée de tout récit. Toute aussi fluide, mais marquée par une exécution des gestes plus rapide, l’écriture du grec

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« L’anthropocène est en train de devenir une question culturelle et générationnelle »

CONNAITRE | Alors que se profile le rendez-vous tout public de l’Ecole urbaine de Lyon, « À l’Ecole de l’Anthropocène » (au Rize, du 24 au 30 janvier) son directeur, le géographe Michel Lussault, en détaille le contenu et dit sa volonté de s’adresser au plus grand nombre pour ce sujet passionnant et pluridisciplinaire par excellence : l’habitabilité de la Terre.

Article Partenaire | Mercredi 12 janvier 2022

« L’anthropocène est en train de devenir une question culturelle et générationnelle »

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Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Théâtre | Faire de leurs singularités une force de frappe. Voici que Les Subs, les théâtres du Point du Jour et de l’Élysée coordonnent leurs programmations le temps d’un week-end : Azimuts, pour mettre à l’honneur des artistes émergents. Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur ?

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Dans le foisonnement de ce qui est proposé en théâtre en ce moment, mieux vaut jouer la carte de la complémentarité que de la concurrence. Le Point du Jour, L’Élysée et Les Subs l’ont bien compris à la fois pour le public, les artistes et les professionnels à qui le festival Azimuts est adressé. Il ne s’agit pas là d’étapes de travail, mais bien de pièces abouties comme ce que fabrique Pierre Bidard, formé à l’ENSATT. À l’Élysée, le metteur en scène, installé dans son Orne natale, repéré par le prestigieux prix parisien du Théâtre 13, présente Que se répètent les heures en rapport avec le projet expérimental de la clinique psychiatrique de La Borde où, dans les années 70, un lien nouveau au patient a été inventé, en faisant une partie prenante de la vie de l’établissement. Dans son autre création Il faut tenter de vivre, Pierre Bi

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Makers : faire et défaire

SCENES | Déjouer le réel, s’inventer des possibles, si possible avec légèreté et rire, c’est tout le programme de Makers à voir aux SUBS du 18 au 20 janvier. Le metteur en scène et comédien espagnol Oscar Gómez Mata est en duo avec son compatriote Juan Loriente. Avant de rejoindre la scène, il nous présente cette récente création.

Article Partenaire | Lundi 10 janvier 2022

Makers : faire et défaire

Vous avez travaillé d’après les œuvres des écrivains Robert Louis Stevenson (La Maison d’Antan, 2004) et Alfred Jarry (¡Ubu!, 2000) ainsi que du cinéaste Lars von Trier (Le Royaume, 2019, Le Direktør, 2017), comment Jorge-Luis Borgès intervient-il dans Makers sans pour autant que ses écrits ne soient cités ? Oscar Gómez Mata : Dans Makers, Borgès est comme une ombre qui plane mais on ne travaille pas directement avec les textes. Un des premiers motifs de ce travail est en fait un livre de l’écrivain et du physicien espagnol Agustín Fernández Mallo qui a écrit un remake de El Hacedor de Borgès. Est-ce que la véritable origine du spectacle Makers (aux SUBS du 18 au 20 janvier) est une commande du Azkuna Zentroa, centre culturel à Bilbao, et l’envie de travailler avec l’acteur Juan Loriente ? Jusqu’en juin prochain, je suis associé

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Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Théâtre | C’est un art que le metteur en scène Renaud Rocher maîtrise à merveille. Celui de faire théâtre d’un recueil de témoignages. En 2020, il invitait à suivre les méandres du parcours d’un demandeur d’asile. Voici qu’avec Comme une image, il se confronte à un sujet ample et omniprésent : l’enseignement.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Sans jamais tomber dans la simplicité d’enchainer les récits les uns après les autres, Renaud Rocher les entrecroise sans perdre le spectateur en route. Sans doute parce que chaque personnage (et donc chaque enseignant) a une histoire singulière et forte à transmettre, à commencer par celle d’un homme qui angoisse à la veille de sa première rentrée. Il est en reconversion professionnelle et doute comme un jeune adulte bien qu’il ait, après un long apprentissage et une profonde remise en cause, chevillée au corps, la conviction que sa place est là, parmi les enfants. Dans un décor minimal, où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. C’est là (appuyés sur le lit soudain devenu table de bar) que se rencontrent un couple de profs rompus à l’exercice du métier, militants de la cause, et une amie instit’ toute aussi passionnée mais fragilisée par l’institution. Même si les discussions sont intéressantes, c’est peut-être le moment de t

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Cinq expos à voir à Lyon en janvier

Bons Plans | Pour reprendre le chemin des expositions en douceur, voici notre sélection de cinq expositions à ne pas rater ce mois-ci, dans des galeries ou des petits lieux, toutes gratuites.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 janvier 2022

Cinq expos à voir à Lyon en janvier

Artisanat et art contemporain Drôle d’exposition à la Fondation Bullukian qui confronte des céramiques artisanales de l’atelier Gumri (maison de céramistes arméniens depuis le XVIe siècle) aux œuvres d’art contemporain de Natacha Lesueur et du duo artistique Bachelot & Caron. Natacha Lesueur est une photographe et plasticienne qui interroge l’identité et ses normes à travers d’étranges images où l’humain s’hybride à des matériaux inattendus (la nourriture notamment). Le duo Bachelot&Caron réalisent quant à eux des installations ou des sculptures, oscillant entre le fantastique et le grotesque. Natacha Lesueur, Bachelot & Caron, Céramiques de Gumri, Par-delà le vernis À la Fondation Bullukian jusqu’au 29 janvier Les foules de Ji Lingzi Née près de Shangai, formée en Chine et à Besançon, l’artiste Ji Lingzi réalise des œuvres sur le principe de l’accumulation et de la démultiplication. Elle expose à Lyon plusieurs créations (utilisant un grand no

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Ça virevolte à la tête des Biennales

Politique Culturelle | François Bordry, président des Biennales, a brutalement démissionné, mettant en cause la Métropole. Le vice-président à la Culture, Cédric Van Styvendael, réagit.

Sébastien Broquet | Mardi 4 janvier 2022

Ça virevolte à la tête des Biennales

Coup de tonnerre, ou coup d'épée dans l'eau ? Si certains, prompts à sauter sur l'énième polémique anti-écolo, ont bondi sur les propos virulents du désormais ex-président de la Biennale de la Danse (« La Métropole conduit une politique marquée par une absence totale de concertation avec les associations et les institutions chargées de mettre en œuvre l’action culturelle »), dans les faits, la démission de François Bordry ressemble plus à un règlement de comptes à retardement — l'homme devait initialement quitter son poste le 14 décembre dernier. Il n'en reste pas moins que, combiné aux autres sujets fâcheux reliant la culture et la Métropole de Lyon (la micro-révolte de Bruno Bernard pour ouvrir de force le Musée des Confluences avant de faire volte-face, Fagor-Brandt, l'Arena de Décines...) comme à la démission surprise de Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, à force, ça fait tâche dans un bilan : les discordances rythment inexorablement le mandat de Bruno Bernard, côté Culture, comme dans d'autres domaines, éclipsant ses mesures phares et courageuses sur lesquelles il pourrait fédérer à gauche — la régie publique de l'eau ou l'encadrement des loyer

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La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

ACTUS | Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est sur Facebook que Dan Ohlmann, le directeur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon, a annoncé mi-décembre qu’il transmettait les rênes de sa création à Julien Dumont. Passé par l’École Émile-Cohl, ce trentenaire d’origine lyonnaise assure, depuis 2018, les fonctions de gérant, réalisateur et producteur au sein de la société genevoise Titan Films. C’est donc la seconde fois pour l’établissement de Dan Ohlmann que la providence est helvétique : en 2005, après la fermeture de son Palais de la Miniature rue Juiverie, la mécène suisse Gisela Oeri avait acquis la Maison des Avocats

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"Tromperie" d'Arnaud Desplechin : quelques maux d’amour

Drame | Adaptation d’un roman de Philip Roth qui lui trottait depuis longtemps en tête, la tromperie de Desplechin est aussi un plaidoyer pro domo en faveur du droit de l’artiste à transmuter la vérité de son entourage dans ses œuvres. Quitte à confondre amours privées et fictions publiques.

Vincent Raymond | Mercredi 29 décembre 2021

Fin des années 1980. Écrivain à succès américain provisoirement exilé à Londres, Philip accueille dans le petit appartement où il travaille sa jeune maîtresse anglaise. Entre deux galipettes, ils parlent, ou plutôt elle parle et il l’écoute, prenant des notes comme il a l’habitude de le faire depuis toujours avec ses conquêtes. Le soir, il retrouve sa compagne officielle ou ses obligations mondaines, échangeant parfois avec ses anciennes liaisons, lesquelles ont toutes laissé une trace dans son œuvre. Et vitupère à l’envi contre l’antisémitisme systémique au Royaume-Uni… Film verbal plus que verbeux, resserré autour d’un couple (pas toujours le même, bien que l’homme demeure identique), Tromperie tranche dans la filmographie de Desplechin par sa relative linéarité puisqu’il accompagne un double processus : l’édification d’un amour et celui de l’œuvre codépendante. Certes, Roubaix, une lumière (2019) présentait déjà une structure narrative plus “disciplinée” qu’à l’ordinaire chez le cinéaste, mais c’était surtout parce qu’elle s’inscrivait dans un genre bien particu

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Jean-Paul Deniaud : « ça ne sert à rien de sauver la planète si on ne peut pas faire la fête »

ACTUS | Ancien rédacteur en chef de Trax Magazine, Jean-Paul Deniaud a récemment co-fondé Pioche!, un magazine en ligne et une newsletter dédiés aux nouveaux récits de l’écologie et à l’engagement du monde de la culture. Rencontre à quelques jours de sa venue à Hôtel 71.

Louise Grossen | Mardi 4 janvier 2022

Jean-Paul Deniaud : « ça ne sert à rien de sauver la planète si on ne peut pas faire la fête »

Pouvez-vous nous présenter le magazine Pioche! ? Jean-Paul Deniaud : Pioche! est né en juin dernier. Mais le projet a germé quand j'étais rédacteur en chef de Trax Magazine. J'avais déjà envie d'aller plus loin et de parler de musique électronique pour parler de la société. À la faveur du Covid et d’une réflexion avec mon ami Calixte de Procé, on a eu envie de porter ce journalisme-là en faisant un média dédié à l’écologie. Pour en parler de manière positive, dynamique, d’une façon qui soutienne les projets locaux, à la manière de ce que l’on faisait chez Trax pour des collectifs de musique et des artistes, mais cette fois-ci avec des acteurs de l'écologie. Pioche! appartient au journalisme de solution. Que répondre aux sceptiques qui reprochent à ce genre de récits une dimension utopique ? Il faudrait leur répondre que le journalisme de solution part avant tout d'un problème... C’est au contraire un journalisme à la fois très réaliste et pragmatique sur les enjeux de demain. C’est identifier les

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"Licorice Pizza" de Paul Thomas Anderson : sweet seventies

Comédie dramatique | Deux jeunes gens que près de dix ans séparent apprennent à s’aimer, non sans peine. À la fois roman picaresque et d’apprentissage, une balade sur la carte américaine du tendre à l’aube des 70’s. Une carte postale datant de l’époque du pétrole illimité, des waterbeds et des cols pelle à tarte confiée à d’inattendues têtes d’affiche.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

San Fernando, L.A., 1973. À la fois lycéen, comédien et à l’affût de la moindre opportunité entrepreneuriale, le jeune Gary Valentine tombe sous le charme d’Alana, l’assistante du photographe de l’école. Le fait qu’elle ait la vingtaine ne l’arrêtant pas, l’ado culotté engage une opération de séduction qui ne laisse pas totalement insensible sa putative dulcinée. Chronique de leur histoire, entre hauts et bas… Ne vous attendez pas à découvrir dans ce film la recette (ni la moindre apparition) de la pizza à la réglisse promise par le titre ! Cette espèce de chimère culinaire, que les papilles peinent d’ailleurs à conceptualiser — quand bien même elles auraient tâté de l’improbable Hawaïenne — doit se comprendre comme l’équivalent alimentaire doux-amer de notre mariage entre la carpe et le lapin. Une sorte d’attelage improbable entre deux caractères davantage suscep

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"Matrix Resurrections" de Lana Wachowski : puissance quatre

Science-Fiction | Vingt ans et des poussières après que les Wachowski ont anticipé le principe du métavers en extrapolant les babils d’Internet et les écrits de Philip K. Dick, Lana W. remet le couvert en solo pour un nouvel opus tenant à la fois du palimpseste, du reboot en version augmentée, du prolongement et de l’objet théorique semi-parodique. Une sorte de Matrix 4.0…

Vincent Raymond | Mardi 21 décembre 2021

Comme un air de déjà-vu… Un groupe de rebelles assiste à la tentative d’arrestation par la police et les Hommes en noir d’une amazone qui, naturellement, parviendra à leur échapper. Décor, angles de prises de vue, ambiance colorimétrique, dialogue… À quelques détails près, la séquence est identique à celle ouvrant Matrix (1999). Sauf qu’ici l’agent Smith et Morpheus sont plus jeunes, et que le second est un transfuge de la Matrice. Quant à Néo, il arbore à nouveau l’identité de Thomas Anderson, un créateur de jeux vidéo ayant jadis connu le succès en programmant la trilogie Matrix, sommé par la maison-mère de sa boîte — le studio Warner, authentique producteur de la franchise cinématographique — de fournir un quatrième épisode. Différence notable : il est envahi de pensées parasites et soigne ce qu’il pense être une schizophrénie galopante auprès de son analyste, lequel lui prescrit des pilules bleues… Turing point L’une des grandes forces de Matrix, premier du nom, était d’avoir induit une révolution dans le spectacle du film

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Minnà, la seconde adresse d’Unico

Pâtisserie | L’un des meilleurs glaciers de la ville — Unico — s’étend, à deux pas des Terreaux, avec Minnà. Une extension qui sent le gâteau.

Adrien Simon | Mardi 4 janvier 2022

Minnà, la seconde adresse d’Unico

Les clients d’Unico, glacier "responsable" des Pentes, réclamaient des pâtisseries non givrées. Leur vœu est exaucé avec cette nouvelle échoppe, Minnà. Qui respecte les mêmes codes : 100% maison, toujours de saison. Pour le dire autrement : pas de charlotte aux fraises en ce début d’hiver, mais une tarte bourdaloue, avec des poires cueillies pas bien loin. Pour réaliser ce projet, Unico s’est associé à un duo de femmes. La première, c'est Marcela Acquarone Quintana, venue du Paraguay se former à l’Institut Paul Bocuse. La seconde, Renata De Araujo Mazzoni, qui tint l’épicerie Trois Petits Pois, dans le 7e : « mon rôle, ici, ce sera d’aller chercher de nouveaux fournisseurs, petits producteurs, idéalement bio. Pour les fruits de nos tartes, mais aussi pour garnir les focaccia et les pão de queijo [sortes de gougères, mais brésiliennes comme Renata]. »

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Ce que vous allez voir en salle en 2022

Rentrée cinéma | Sauf impondérables ou nouveau variant — touchons du bois — les sorties devraient reprendre une cadence "à peu près" normale dans les salles. Petit tour d’horizon de ce qui nous attend dans les premiers mois de 2022…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Ce que vous allez voir en salle en 2022

Vous leur échapperez difficilement Les films MCU ou DC ? Oui, mais pas que. Elsa Zylberstein, Gérard Depardieu, Alban Ivanov, Laetitia Dosch, Rebecca Marder ou Pio Marmaï seront chacun à l’affiche d’au moins trois ou quatre films ce premier semestre : entre l’embouteillage de ceux non sortis en 2020 et 2021 et la boulimie de tournages de certains, on arrive à cette illusion de surprésence. Donc, pas de panique… Vus et à voir Un monde de Laura Wandel (26 janvier) : un choc absolu. Interprété par deux enfants prodigieux de vérité, ce film portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire est une merveille de délicatesse et la future référence sur le sujet. Une jeune fille qui va bien, premier long-métrage réalisé par Sandrine Kiberlain (26 janvier), narrant le destin d’une apprentie comédienne juive en 1942, avec en toile de fond l’obscurcissement progressif de son présent… et de son avenir. Sobre et subtil.

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Au musée urbain Tony Garnier, Trente Glorieuses, et moi, et moi, et moi

Histoire | Allant à rebours des expos qui réduisent les panneaux de textes au minimum, le musée urbain Tony Garnier est un livre ouvert pour aborder les Trente Glorieuses sans jamais oublier d’illustrer son propos avec une somme foisonnante d’objets ultra légendaires.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Au musée urbain Tony Garnier, Trente Glorieuses, et moi, et moi, et moi

Embrassant à la fois le XXe siècle qui a vu naître la Cité urbaine Tony Garnier dans laquelle il se trouve et le sujet inépuisable du mode de vie des Français, le musée niché dans le 8e arrondissement étudie les bouleversements sociétaux et politiques qui ont accompagné les Français entre 1944 et 1974 . Cette période nommée ainsi a posteriori quand les chocs pétroliers freinent l’élan progressiste et consumériste par l’économiste Jean Fourastié en 1979, a commencé avec le Conseil National de la Résistance qui appelait, dans l’immédiat-après-guerre, à cette formule dévoyée par Emmanuel Macron en pleine première vague du Covid, des « Jours heureux ». Il fallait à la fois s’occuper de chasser l’occupant, juger les collaborateurs et inventer l’avenir par la nationalisation des entreprises, d’énergie notamment, une politique de natalité très développée et une nécessité de construire des logements. C’est grâce au système D (d'anciennes scénographies d’expositions précédentes recyclées) et à travers une vaste campagne de collecte lancée par le musée que cette expo se décline. Ainsi, un landau et

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Les 20 concerts qui feront le printemps

Bons Plans | Avec le grand retour des internationaux et un nombre invraisemblable de reports, le printemps 2022 déborde de concerts prometteurs et/ou attendus. Revue d'effectifs forcément très sélective et un peu subjective.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Les 20 concerts qui feront le printemps

Johnny Mafia Sens – c'est dans l'Yonne – n'est pas à proprement parler connue pour être la capitale du punk – ça se saurait, ou alors on a sauté quelques pages du Dictionnaire du rock. Et pourtant, pourtant, Johnny Mafia pourrait avoir tendance à nous prouver le contraire le temps de quelques saillies de deux minutes douche comprise, de quelques refrains expédiés comme une envie de pisser. Car il y a chez ces quatre gars rencontrés au lycée une certaine facilité à trousser des tubes pour mieux les détrousser ensuite. Sens dessus dessous, en quelque sorte. Au Périscope le vendredi 14 janvier Big Thief En 2019, Big Thief avait retourné le petit monde indie-rock avec pas moins de deux albums, Two Hands et U.F.O.F. qui avaient gentiment trusté les bilans de fin d'année. Dans la foulée, en février 2020, le groupe d'Arianne Lenker était mont

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Une programmation théâtrale riche en découvertes

La saison à venir | Après une première moitié de saison d’une densité inédite, les théâtres attaquent 2022 sans baisser de rythme. Les six mois à venir seront riches comme rarement de découvertes et de grandes figures pour se clore sur la venue d’Ariane Mnouchkine.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Une programmation théâtrale riche en découvertes

Comment suivre ? La cadence n’a jamais été aussi effrénée en terme de programmation. Les Célestins l’emportent haut la main en nombre de propositions quand le TNP a choisi les longues séries qui laissent le temps du bouche-à-oreille s’installer. Des deux côtés, un public présent en dents de scie, qui a progressivement retrouvé le chemin des salles malgré une baisse d’environ 30% de la fréquentation. Les réservations sont encore très basses pour janvier, mais on a pu observer, ces derniers mois, une hausse des ventes en dernière minute. Des artistes internationaux majeurs ou très reconnus seront là pour la rentrée : Katie Mitchell, Christophe Marthaler, Tiago Rodrigues (qui deviendra directeur du Festival d’Avignon en septembre prochain), Anne-Cécile Vandalem dans un théâtre des Célestins qui n’a rien d’un théâtre municipal mais tant d’un CDN (en dehors des moyens de création), l’immense et indispensable Milo Rau avec Familie (au Point du jour, en janvier), le Raoul Collectif au Théâtre de la Croix-Rousse. Le moment

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Récit : quand une compagnie venue du Chili affronte les tourments de la crise sanitaire pour jouer en France

Théâtre | Fin octobre, le festival Sens Interdits a mis le Chili sous nos pieds, celui de la communauté mapuche que la metteuse en scène Paula Gonzalez Seguel défend ardemment. Mais relier ces deux bouts de monde en pleine crise sanitaire n’a pas été une sinécure. Récit d’aventures.

Nadja Pobel | Jeudi 16 décembre 2021

Récit : quand une compagnie venue du Chili affronte les tourments de la crise sanitaire pour jouer en France

Le 19 décembre, les Chiliens voteront pour leur deuxième tour d’élection. Ils auront le choix entre un homme de gauche, Gabriel Boric, et José Antonio Kast, candidat d’extrême-droite, admirateur de Pinochet, arrivé en tête au premier tour. Paula Gonzalez Seguel ira aux urnes, comme les membres de sa troupe. La metteuse en scène, autrice et militante vient d’achever une tournée française avec son spectacle magnifique, Trewa, État-Nation où le spectre de la trahison, assorti parfois d’un concert avec le groupe Ul Kimvn, "un chant pour la sagesse" à tomber à la renverse de douceur et de cris (au sens figuré). Ce parcours a été initié par le festival Sens interdits et son directeur-fondateur, Patrick Penot. Trewa ce sont dix acteurs sur le plateau et une flopée de musiciens pour dire, sur plusieurs générations, ce qu’a été le supplice de la communauté mapuche, peuple autochtone chilien dont les terres ont été colonisées à la fin du XIX

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Helena Hauff et DJ Harvey seront les curateurs de Nuits sonores

Festival | On connaît les quatre curateurs de Nuits sonores, qui officieront cette fois non pour les Days comme les années (...)

Sébastien Broquet | Lundi 13 décembre 2021

Helena Hauff et DJ Harvey seront les curateurs de Nuits sonores

On connaît les quatre curateurs de Nuits sonores, qui officieront cette fois non pour les Days comme les années précédentes, mais pour les nuits puisque les programmes du festival de musiques élecroniques ont été inversés : ainsi, à Fagor-Brandt se dérouleront les sets et concerts en journées, tandis que les festivités nocturnes prendront place à La Sucrière et au Sucre. Du côté de Fagor-Brandt, l'équipe du festival explique la nouvelle direction prise : « ces quatre Days du mercredi au samedi seront l’occasion de repenser une nouvelle fois l'implantation du site, de réinventer des parcours autour de trois scènes aux identités marquées : concert et live pour la principale, performances hybrides et vidéo à 360° pour une autre, et enfin un soundsystem en guise de dancefloor urbain. » À Confluence, à l'inverse, « A day with... deviendra pour l’occasion le programme A night with... ». Autre

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Fredrika Stahl au bout de la nuit

Pop | De passage à la Chapelle de la Trinité à l'invitation des Grands Concerts, Fredrika Stahl viendra y présenter une merveille d'album nocturne publié cette année et baptisé Natten, tout en clair obscur et en ambiance amniotique, où la chanteuse suédoise en profite pour se réinventer.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 décembre 2021

Fredrika Stahl au bout de la nuit

Fredrika Stahl a toujours été une adepte du clair-obscur. Sans doute un atavisme venu de ce pays d'origine, la Suède où la lumière est si particulière, si différente selon les saisons et le jour et la nuit peu partageurs, où l'on est aussi tellement attaché aux manifestations de la nature – une préoccupation attestée pour Stahl par sa réalisation de la bande-son du documentaire militant Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Mais sur Natten, la nuit en suédois, le clair-obscur semble plus que jamais le moteur d'un disque résolument pop – on a connu Stahl plus jazz. Tout dans Natten, habillé d'une électro discrète, semble empreint d'une atmosphère cotonneuse pour ne pas dire amniotique, plongé dans une sorte de nuit protectrice où brillent les aurores boréales (on ne se refait pas). Cette dimension visuelle, cinématographique, presque imagée, de sa musique, Fredrika Stahl dit l'avoir retirée de son expérience sur la BO de Demain, justement, et sans doute mûrie et nourrie par un silence discographique de près de huit ans.

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À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

Underground | « Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

« Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase du livre édité par Sébastien Escande dit "Barbapop". Une sorte de mantra du do it yourself qui depuis les origines irrigue la scène underground lyonnaise et cette manière d'organiser des concerts avec des bouts de ficelles dans des lieux qui tiennent parfois à peine debout ou n'ont pas vu une étiquette "norme européenne" depuis des lustres et avec chevillé au corps des principes indéboulonnables (prix libre, pas d'agent de sécurité, ce genre...). La chose est née du punk et Sébastien Escande qui a œuvré un moment avec Barbapop dans l'organisation de concerts pop obscurs (et néanmoins lumineux), souhaitait en raconter l'histoire lyonnaise, riche de personnages hauts en couleurs, d'assos (Silly Hornets, Sonotone), de groupes (Haine Brigade) et de lieux (le Pez-Ner, le Wolnitza, le Kafé Myzik) entrés dans la légende. Une histoire

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Sébastien Escande : « j'ai fait ce livre comme j'aurais fait un fanzine »

Do It Yourself | Organisateur de concerts et éditeur depuis quinze ans sous le nom de Barbapop, Sébastien Escande vient d'éditer À l'arrache – Portraits & récits de la scène musicale underground de Lyon, 1980-2020, livre somme à l'esthétique fanzine sur le milieu des concerts artisanaux, indés et l'esprit DIY punk qui hante le souterrain lyonnais depuis plus de 40 ans. Retour d'expérience.  

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

Sébastien Escande : « j'ai fait ce livre comme j'aurais fait un fanzine »

Pour commencer, la question rituelle que tu poses à tes interlocuteurs dans le livre : qu'est-ce qui a déclenché ton intérêt pour la musique et comment s'est-il manifesté dans un premier temps ? Sébastien Escande : Quand j'étais ado, j'écoutais de la musique plutôt mainstream. C'était Nirvana, Smashing Pumpkins, ce genre de choses, mais ça restait mainstream. Quand j'ai été étudiant, je me suis retrouvé en colocation avec un musicien qui joue aujourd'hui dans le groupe Maison Neuve, chez Talitres. D'un coup, je découvrais l'univers des vinyles, des 45t fait à la maison et notamment la musique indé via le label Sarah Records. De là, je me suis attaché à tout le microcosme de la musique, à la culture DIY, à ce côté artisanal et un peu rare. Je suis devenu collectionneur et j'ai ré-orienté ma vie professionnelle vers la musique. J'ai été stagiaire aux Transmusicales de Rennes, trois années d'affilée, j'ai tr

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Hen aux Célestins : elle, il et nous au 7e ciel

Théâtre | Dans son petit cabaret, Johanny Bert, auteur, chanteur, marionnettiste, metteur en scène fait souffler un vent de liberté incroyable grâce à sa figurine queer en mousse. Intelligent, tendre, drôle, follement enthousiasmant, Hen est aux Célestins et c’est une merveille de spectacle.

Nadja Pobel | Mercredi 15 décembre 2021

Hen aux Célestins : elle, il et nous au 7e ciel

Mais qu’est-ce donc que Hen ? Ça commence par une intro musicale avec le duo violoncelle-clavier-batterie par Guillaume Bongiraud et Cyrille Froger. Puis apparait une jeune femme de mousse, un peu diva, les seins bien galbés : « je veux être aimée pour moi-même et non pas pour mes ornements ». Les fans y reconnaitront les mots de Brigitte Fontaine. Pour ceux que la chanteuse hérisse, oublier que c’est elle et écouter Hen, trans, un demi-mètre de mousse, qui livre un véritable concert en mode cabaret, changeant à seize reprises de tenues et de corps, tantôt masculin, tantôt féminin, durant les 75 minutes de show. Différentes autrices et auteurs lui ont confié leurs mots (Marie Nimier, Gwendoline Soublin, Alexis Morel…) et la variation sur le il et le elle (« est-elle elle ? est-il il ? », déclinaison sur ce qui « luit et ce qui veille ») donne le ton : résolument tendre et infiniment humain. Bien sûr, résonne intérieurement l’introduction du "iel" dans le Robert qui a fait couler l’encre des réac’ ces dernières semaines mais

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Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

Arts | Rapprochant art ancien, art moderne et art contemporain, l’exposition À la mort, à la vie ! s’empare du thème de la vanité dans toutes ses dimensions. Et s’avère bien davantage une ode au vivant qu’un constat morose ou morbide sur la vanité de nos existences.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 décembre 2021

Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

L’ouverture de l’exposition À la mort, à la vie claque ! On y est accueilli par une famille sculptée du Nigéria, toute d’os de bois composée. Une famille mi-rigolarde mi-inquiétante, où les parents squelettes portent leurs petits squelettes sur les épaules, où l’on danse et grimace, où l’on se fige et regarde vers le néant… Autour de ces sculptures, le peintre Erro compose ses farandoles de squelettes goguenards (années 1950), et des gravures du XVIe au XVIIe siècle représentent le Triomphe de la Mort, l’Allégorie de la Mort, la Mort victorieuse, les danses macabres ! Vertiges de la mort donc, où ça danse parmi les époques, du XVIe siècle à nos jours, des débuts des vanités au Moyen Âge à leurs relectures et à leurs réappropriations tout au long de l’histoire de l’art. De la peste au Covid-19, les savoirs et les regards évoluent, mais pas la finitude humaine ni les questions existentielles. Et c’est dans notre contexte de pandémie qu’a été conçue cette exposition thématique, entremêlant "crânement" les collecti

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Aquaserge sur un contempo à l'Opéra Underground

Pop | Héraut d'une certaine idée du psychédélisme pop et du rock progressif à la française, Aquaserge s'attaque à une poignée de totems de la musique contemporaine (Ligeti, Varèse...) malaxés comme des beaux diables. À retrouver sur la scène de l'Opéra Underground, créé pour ce genre de fantaisies sérieuses.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

Aquaserge sur un contempo à l'Opéra Underground

Dans un précédent article sur le travail d'Aquaserge nous évoquions le fait qu'il était aussi compliqué d'assigner le groupe fondé par Julien Gasc, Julien Barbagallo (aujourd'hui parti) et Benjamin Glibert que de tenter d'attraper de l'eau à main nue. Ce n'est sans doute pas les dernières sorties d'Aquaserge qui vont nous faciliter la tâche tant le groupe ne semble pas manier la géométrie variable que pour ce qui est de la sélection de ses membres. Il y a trois ans, il s'était fait remarquer avec une reprise de Léo Ferré entre pop psyché et jazz expérimental qui avait contribué à sévèrement dérégler le GPS de ses suiveurs. Cette année, revoilà Aquaserge en disque et en tournée à la conquête de quelques-uns des grands compositeurs de l'ère contemporaine (Ligeti, Varèse, Scelsi et Feldman, Morton, pas François). Mais c'est lui même qu'Aquaserge met en premier lieu en difficulté avec cette tentative (on le dit d'emblée, réussie, ne ménageons aucun suspense inutile) baptisée The Possibility of a New Work for Aquaserge

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Les Enfants du Paradis à l’Institut Lumière

Patrimoine | Exaltant le théâtre de la rampe aux tréfonds des coulisses et des têtes d’affiches aux plus obscures accessoiristes, scindé comme une pièce en deux époques séparées (...)

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Les Enfants du Paradis à l’Institut Lumière

Exaltant le théâtre de la rampe aux tréfonds des coulisses et des têtes d’affiches aux plus obscures accessoiristes, scindé comme une pièce en deux époques séparées par un entracte, s’ouvrant (et se refermant) sur un rideau de scène, Les Enfants du Paradis (1945) s’avère, paradoxalement, l’une des plus grandioses déclarations d’amour jamais effectuées au 7e Art — en même temps que son plus somptueux cadeau d’anniversaire pour un demi-siècle d’existence. Écrit et tourné dans l’atmosphère oppressante de l’Occupation, qui contraignit notamment Alexandre Trauner et Joseph Kosma à travailler dans la clandestinité et l’ensemble de la production à jongler avec des restrictions permanentes, ce film célèbre dans le moindre de ses plans, le plus infime de ses dialogues, la victoire de la poésie. Et la conjonction d’une étourdissante liste d’artistes et techniciens hissant leurs talents au plus haut degré d’excellence. Le découvrir en copie restaurée (sur grand écran !) ajoute à

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"La Croisade" de Louis Garrel : au vert, les enfants !

Comédie | Un argument presque truffaldien dans un contexte de péril environnemental… Louis Garrel confirme la grâce et la force de son cinéma dans un conte moderne méritant d’être celui de Noël. Bravo !

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Jeunes quadras parisiens, Abel et Marianne découvrent que leur ado Joseph a subrepticement vendu quantité d’objets leur appartenant depuis des mois pour financer un grand projet secret, auquel participe une internationale d’enfants désireux de prendre l’avenir de la planète en mains. La stupeur passée, et si Joseph leur avait ouvert les yeux ? Sale temps pour la planète, et triste époque pour le documentaire environnemental. Depuis que le drone permet de tourner des belles images écologiquement déculpabilisées des reliquats de la beauté du monde, les ciné-tracts concernants s’additionnent, s’empilent, s’entassent sur les écrans. Tous se veulent lanceurs d’alerte (ils n’ont pas tort : la maison brûle) ; tous s’estiment légitimes (ils ont raison : ils vivent sur Terre et c’est la seule planète habitable). Mais le cri qu’ils pensent singulier se noie finalement dans un brouhaha de hérauts du climat, de la nature, de la jeunesse-qui-s’engage, des initiatives… Inconsciemment sans doute, ils finissent par construire les mêmes constats alarmo-catastrophistes tempérés par l’héroïsation optimiste d’une nouvelle génération vo

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Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

ECRANS | On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L’Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu’il (...)

Vincent Raymond | Vendredi 3 décembre 2021

Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L’Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu’il figure parmi les plus importants cinéastes contemporains. N’hésitez donc pas à retourner à la rencontre du filmeur Alain Cavalier le samedi 4 décembre à 16h au Comœdia à l’occasion de la projection de la copie restaurée de Thérèse (1986), évocation de la sainte calvadosienne qui avait subjugué le public — et montre que, dans le genre biopic, il existe des approches divergentes confinant à la poésie. La séance est proposée à l’invitation de François Hien, auteur et co-metteur en scène de

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Cinq expos à voir en décembre à Lyon

Bons Plans | Cinq expositions à ne pas manquer ce mois-ci et autant d’interrogations sur : la finitude humaine, l’identité aliénée, la lumière, le corps des femmes, l’écologie.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 décembre 2021

Cinq expos à voir en décembre à Lyon

L’expo qui crâne Réunissant quelque 160 œuvres (peintures, photographies, sculptures, installations…), À la mort, à la vie ! propose un très bel aperçu de l’histoire de la vanité, du Moyen-Âge à aujourd’hui. Le parcours thématique (danses macabres, vanité des vanités, les âges de la vie…) est fort réussi et clair, et l’on y découvre un grand nombre d’œuvres fortes : la série photo Faces de Philippe Bazin, des images de Delphine Balley et de Éric Poitevin, une installation vidéo de Bill Viola, une grande nature morte peinte par Paul Rebeyrolle, des sculptures d’Étienne-Martin… À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui Au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 7 mai 2022 ORLAN déjoue les pièges de l’identité L’expo d’ORLAN à

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Inversion : Laurent Wauquiez va aider Vivendi pour son festival

Politique Culturelle | La Région va soutenir financièrement le festival Inversion, organisé par une filiale de Vivendi au Stadium de Gerland : le montant n'a toujours pas filtré, mais l'initiative de subventionner une multinationale interroge forcément à l'heure où la concurrence fait rage dans le secteur.

Sébastien Broquet | Mardi 30 novembre 2021

Inversion : Laurent Wauquiez va aider Vivendi pour son festival

Il n'y aura donc pas de Felyn au Parc OL. Le club de football a dû, pour l'instant, abandonner ses vélléités de festival qu'il comptait organiser avec Olympia Production, la filiale de Vivendi dédiée au spectacle vivant. Il faut dire que le planning des concerts est déjà bien chargé cet été du côté de l'Olympique Lyonnais et que le concert d'Indochine, placé le samedi 26 juin et nécessitant une lourde installation préalable — la scène sera placée au centre du stade et le public autour — ne permettait pas d'organiser le week-end précédent ce Felyn dont les deux précédentes éditions ont été annulées pour cause de Covid. Reste que ces dates, vendredi 17 et samedi 18 juin, étaient inscrites au planning de OIympia Production qui avait de plus toujours à disposi

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Le Netflix Film Club à l’Institut Lumière

Écrans | Après de rocambolesques péripéties, l’Institut Lumière accueillera bien du 7 au 14 décembre les neuf films du “Festival Netflix“ et sa pluie de grands auteurs, dans un contexte houleux. Récit du feuilleton qui a tourneboulé les “professionnels de la profession”…

Vincent Raymond | Mercredi 1 décembre 2021

Le Netflix Film Club à l’Institut Lumière

Vendredi 8 octobre 2021, Halle Tony-Garnier, ouverture du 13e Festival Lumière. Ted Sarandos jubile. Le directeur des contenus de Netflix n’a pas fait le déplacement à Lyon pour rien. Sur scène, Thierry Frémaux vient de saluer publiquement sa présence. Plus tôt dans la journée, Sarandos a visité l’école CinéFabrique. À la clef, une rencontre avec les étudiants et l’octroi de bourses, comme à la Fémis, l’école des Gobelins et Kourtrajmé. Avec ses 200 millions d’abonnés dans le monde (dont plus 8 millions sur notre sol), la société qu’il représente peut être généreuse : elle n’a payé en France que 728 033 € d’impôts en 2020, soit 0, 6% de de ses bénéfices estimés. Seulement, la France demeure un problème pour son modèle de développement, car elle dispose d’un bouclier protégeant l’exploitation et la distribution des films en salles : la chronologie des médias. Une ligne Maginot attaquée de toutes parts, traversées parfois à la faveur d’exceptions dérogatoires

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Les fantômes de Tushen Raï au Sucre

Clubbing | Premier opus en solo pour Tushen Raï, habitué du Sucre et co-directeur du label Hard Fist : où l'on croise sonorités ancestrales et globalisées avec l'acid-house de Chicago afin de produire quelques bombes pour dancefloor.

Sébastien Broquet | Mardi 30 novembre 2021

Les fantômes de Tushen Raï au Sucre

À l'écoute du premier EP de Tushen Raï, l'on pense, inévitablement, au My Life in the Bush of Ghosts de la paire Brian Eno & David Byrne, paru en 1981, révolutionnant l'art d'enregistrer et de composer, préfigurant l'explosion du sampling alors principalement l'œuvre des artistes hip-hop de New York ou de quelques expérimentateurs underground tel Christian Marclay, platiniste hors-normes marqué par le nihilisme punk. Eno & Byrne, eux, propulsent alors la sono mondiale balbutiante dans une nouvelle ère, inspirée du "quatrième monde" de leur ami et collaborateur Jon Hassel mêlant technologie et musiques du monde, mais sans faire appel à des musiciens, tout simplement en enregistrant voix et instruments à la radio sur les grandes ondes, ou sur d'autres disques déjà publiés (y compris des récits coraniques d'un muezzin algérien, valant aux rééditions futures une censure du titre concerné, Qu'ran, l'Islamic Council of Great Britain ayant porté plainte), rajoutant ensuite leur sauce proto-Talking Heads pour faire groover l'ensemble. YouTube plutôt que grandes ondes En 2021, la radio, c'est démodé : Tushen Raï a appliqué

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François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Théâtre | La Peur : un spectacle signé François Hien, à la fois sur l'homosexualité et sur la pédocriminalité des hommes d'Église, qui se révèle sans relief.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Le père Guérin (incarné par Arthur Fourcade, co-metteur en scène), pour que son homosexualité ne soit pas révélée, va mentir à la justice : non, l'évêque Millot n’était pas au courant des actes pédocriminels d’un troisième homme d’Église. Car « renoncer au secret de la confession » reviendrait à « être les supplétifs de la police » et surtout à ne plus avoir de paroisse, le bagne pour ce croyant qui ne s’accomplit que face à ses fidèles. Une des victimes ne l’entend pas ainsi et va marteler chaque dimanche sa vérité. Inspiré de l’affaire Bernard Preynat et nourri de la lecture de Sodoma de Frédéric Martel, le nouveau travail de François Hien, dans un décor réduit à son minimum, embrasse trop de sujets et s’avère comme bien souvent très bavard. François Hien sait parfaitement faire s’entrecroiser tous ces personnages dans un tissage très serré de son texte. Contrairement à ce qu’il faisait dans Olivier Masson doit-il mourir ? (qui traitait de l’euthanasie), son point de vue sur son sujet e

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La vague de Sébastien Lefèvre déferle sur Bellecour

Fête des Lumières | Il avait déployé des oriflammes pont Lafayette, hissé un homme digital au sommet de l’antenne de Fourvière, Sébastien Lefèvre s’apprête à faire déferler une gigantesque "Vague" sur Bellecour. Entretien.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

La vague de Sébastien Lefèvre déferle sur Bellecour

Bien avant de participer à la Fête des Lumières, vous avez commencé votre métier de créateur lumière en travaillant pour des compagnies d’arts vivants…Sébastien Lefèvre : J’ai fait des études de chimie et biologie, fait des stages en entreprise et ce milieu ne correspondait pas du tout à ma projection dans la vie. Je me suis formé à la technique du spectacle et j’ai découvert la lumière puis j’ai été diplômé de la Rue Blanche [NdlR : devenue l’ENSATT]. J’ai tout de suite travaillé avec des compagnies : les Trois-Huit, Philippe Delaigue, Claire Rengade, Émilie Flacher, Yuval Pick,

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Les âmes démultipliées d'Enzo Cormann au Théâtre de la Renaissance

Théâtre | Du pari fou d’Enzo Cormann d’écrire 99 pièces de théâtre de 30 minutes, le metteur en scène Philippe Delaigue en porte huit à la scène. Partie 2 et intégrale de cette aventure aussi étonnante que séduisante à La Renaissance, à Oullins.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

Les âmes démultipliées d'Enzo Cormann au Théâtre de la Renaissance

C’est un compagnonnage long d’une quarantaine d’années qui unit les deux hommes, depuis une rencontre fortuite à Lyon. Ils ont beaucoup travaillé ensemble notamment en tant que directeurs de département à l’ENSATT et aussi sur les planches. En 2014, Philippe Delaigue dirigeait Enzo Cormann dans Hors jeu, un texte de ce dernier relatif à la violence de la société envers les chômeurs. Seul en scène, il dialoguait avec ses interlocuteurs cachés dans de multiples haut-parleurs. Désormais il y a des visages. Depuis 2016, l’auteur s’attelle en effet à l’écriture d’un grand ensemble de textes de chacun 30 minutes, pour trois acteurs de trois générations (25, 45 et 65 ans). Un volume a déjà été publié aux Solitaires Intempestifs, un autre suivra très prochainement. Au théâtre, il joue dans sept des huit pièces retenues dans cette somme et semble s’en amuser. Car, avant les propos politiques que véhiculent ses textes, il y a un plaisir indéniable de jouer, à se transformer, s’affranchir des mensonges et des

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Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Librairie | Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 décembre 2021

Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les amateurs de bonne littérature, de revues alternatives, de livres d’art et de sciences humaines… Le Bal propose aussi des ouvrages d’occasion mais, avec le temps, l’espace est venu à manquer. Francis Chaput-Dezerville (qui dirige le Bal) vient donc d'ouvrir, depuis la fin du mois de novembre, un nouvel espace situé dans la même rue, à quelques mètres de la maison mère. Les Fleurs du Bal (y aurait-il dans le nom du lieu une référence à un recueil de poèmes de Charles Baudelaire ?) sont consacrées aux livres d’occasion et aussi à des expositions d’artistes liés aux goûts du libraire (artistes participant par exemple aux Cahiers Dessinés, ou bien à des revues d’art brut ou d’art alternatif). Actuellement, c’est Nylso qui présente des paysages singuliers et assez hypnotiques en noir et blanc. Côté l

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Julien Poncet : « que deviendra la Comédie Odéon si on arrête ce projet ? »

Théâtre | Trois mois après la reprise, le directeur de la Comédie Odéon, Julien Poncet, dresse un bilan de cette étrange rentrée et interpelle les pouvoirs publics pour que cette salle de la Presqu’île ait un avenir. Il ne la défendra pas sans leur collaboration. Entretien.

Nadja Pobel | Mercredi 1 décembre 2021

Julien Poncet : « que deviendra la Comédie Odéon si on arrête ce projet ? »

Comment s’est passé cette rentrée en jauge pleine, dans une ère (peut-être) post-Covid? Julien Poncet : en septembre, on a rouvert avec des spectacles de 2019, 2020 dont certains avaient été reporté cinq fois comme la série de Pierre Palmade. J’avais concentré ces spectacles "tête d’affiche" pour créer une sorte d’appel d’air. Les gens étaient nombreux, mais les billets avaient été commercialisés avant le Covid. En octobre, on a vraiment lancé notre saison avec le fonctionnement habituel : une production maison sur le premier horaire de 19h (Intra muros d’Alexis Michalik) puis ensuite les Chiche Capons... Une semaine de Didier Super a été annulée — reportée fin janvier — car un de ses musiciens a eu le Covid bien qu’étant vacciné – ça nous a obligé à appeler 800 personnes, c’est un surplus de travail et ça a un impact économique. Mais on peut constater que les gens sont plutôt au rendez-vous. On commence à être un peu complet sur les samedis une semaine à l’avance. Je me l’explique, car on

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Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

En salles | Les films à voir au cinéma cette quinzaine : notre sélection.

Vincent Raymond | Jeudi 2 décembre 2021

Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

★★☆☆☆ La Méthode Williams Qu’est-ce que ça bouge sur les écrans ! Espérons toutefois conserver un peu de stabilité pour les films, certains sortant à la vitesse d’un service des sœurs Williams (207 km/h). Celles-ci sont justement au cœur de La Méthode Williams, biopic autorisé de Reinaldo Marcus Green dans lequel Will Smith incarne leur père et coach Richard, promoteur d’une méthode destinée à faire dès le berceau de ses filles des championnes. La nécessité de créer des role models aux États-Unis, alliée au politiquement correct, abrasent les rugosités du personnage. Certes, il apparaît déterminé et doué d’une formidable vista, mais ses zones d’ombres avérées sont soit à peine évoquées, soit “arrangées” en extravagances de caractère. Dommage, car en instillant ces nuances dans le rôle, il y aurait eu davantage d’enjeu pour Will Smith. Et plus d’intérêt à coller à la vérité. Un film de Reinaldo Marcus Green (EU, 2h18) avec Will Smith, Saniyya Sidney, Demi Singleton ; sorti

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L'Aquarium propose une soirée Bis, une vente de DVD et du documentaire

Ciné-Café | Peur d’un décembre frisquet ? Les moelleux canapés du ciné-café croix-roussien L'Aquarium accueillent les amateurs pour quelques séances réconfortantes et (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 2021

L'Aquarium propose une soirée Bis, une vente de DVD et du documentaire

Peur d’un décembre frisquet ? Les moelleux canapés du ciné-café croix-roussien L'Aquarium accueillent les amateurs pour quelques séances réconfortantes et toujours aussi éclectiques, qu’il s’agisse de la projection d’un désopilant classique (Certains l’aiment chaud le 2 décembre) ou de soirées quiz (samedi 11 : les médias et le cinéma). Bonne nouvelle, il programme également la nouvelle mouture du festival de court-métrage documentaire organisé par l’Université Lyon 2 — une sordide affaire ayant impliqué le créateur de Doc en Court à la rentrée. Sans doute cornaqué par une nouvelle équipe, le rendez-vous désormais baptisé Lumidoc renaît pour trois soirées les 14, 16 et 17 décembre. L’Aquarium, dont on rappelle qu’il est aussi une vidéothèque, organise samedi 18 décembre de 10 à 19h un immense déstockage en se délestant de plus de 3 000 DVD à 3€ pièce. De quoi attirer une foule de Pères Noël et légitimer la pétillante soirée Bis du lendemain, dont l’affiche compte

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Jazz à Vienne 2022, les premiers noms

Festival | C'est un mélange d'habitués et d'artistes reportés des précédentes éditions que propose Jazz à Vienne avec les premiers noms de son édition 2022, déjà alléchante, qui dévoile également sa nouvelle identité visuelle.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 novembre 2021

Jazz à Vienne 2022, les premiers noms

Voilà le genre d'annonces qui donne comme un avant-goût d'été en plein mois de novembre et au beau milieu d'une vague de froid (et d'une cinquième vague de Covid) : les premiers noms de la programmation de Jazz à Vienne. Bon, on se garde sous le coude l'idée qu'une programmation dévoilée à huit mois de l'événement ne mange plus beaucoup de pain depuis deux ans, mais quand même, il ne s'agirait pas d'être trop fataliste. Alors voilà, comme chaque année depuis que Bruno Théry a passé la main, c'est par le dévoilement de l'auteur de l'affiche de la future édition que commence l'annonce. En l'occurrence une autrice puisque c'est Audrey Spiry qui a été désignée pour une touche, enfin, féminine qui a travaillé sur l'idée de vibration. Le dessin, et son mariage avec la musique, sera encore au centre le vendredi 8 juillet pour un concert dessiné – en partenariat avec le Festival d'Angoulême – où un line-up premium réunissant Laurent Bardainne, Thomas de Pourquery et Fabrice Martinez se confrontera à l'univers onirique de Fanny Michaëlis.

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La Japan Touch et le Salon de l’Asie, les cultures asiatiques à l'honneur

Salon | Le rancard des Japan lovers est de retour à Eurexpo. 30 000 m² dédiés à la culture asiatique les 27 et 28 novembre, à travers un archipel de stands et animations.

Louise Grossen | Vendredi 26 novembre 2021

La Japan Touch et le Salon de l’Asie, les cultures asiatiques à l'honneur

Les temps forts du Salon de l'Asie ? Les spécialités culinaires, évidemment, avec l'événement Asian Kitchen (21 restaurants et bars asiatiques qui en font le plus grand food court asiatique de France) mais aussi une ribambelle d’activités. Cette année, focus sur les arts martiaux pour lesquels un espace géant est dédié : tatamis, musée des arts martiaux, aire de sumos, reconstitution d'un dojo et de deux campements féodaux japonais et coréen avec tir à l’arc, tambours, calligraphie et sabre. Côté Japan Touch, la culture nippone sera mise à l’honneur au travers d’animations pour toute la famille. Mangas, jeux vidéo et concours de cosplay pour certains, rencontre avec des stars de l’anime pour d’autres (la comédienne Stéphane Excoffier doubleuse de la célèbre Monkey D Luffy dans

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Neuf spots où fêter le beaujolais nouveau à Lyon ce jeudi

Vin Nature | Voici venu le troisième jeudi de novembre — aka "le Beaujolais nouveau". Cette année, la procession est annulée. On ne percera pas à minuit les tonneaux, pour cause de Covid. Mais quand le soleil se lèvera, on pourra voir ce que les vins primeurs (ceux tout juste fermentés, pas très élevés !) ont dans le ventre. Le beaujo nouveau est synonyme d’excès. Par exemple, ceux d’un vignoble ivre de chimie et de tripatouillages — les fameuses levures qui donnent la banane ! Mais il pourrait aussi bien signifier autre chose. Après tout, le beaujolais est l'une des patries du vin dit "naturel", lequel a souvent mis à son service la macération carbonique — technique de vinification beaujolaise qui sied aux primeurs, on vous laisse wikipédier. Alors pourquoi pas cette année miser sur un beaujo nouveau non épris de chimie ? Suivez le guide.

Adrien Simon | Mercredi 17 novembre 2021

Neuf spots où fêter le beaujolais nouveau à Lyon ce jeudi

Jaja Cave C’est l’une des fonctions de cette cave/galerie fraîchement ouverte dans le Vieux-Lyon par Antoine Kochen et Chloé Courbière que d’accueillir des événements. Sans surprise, Jaja se saisit de l’occasion pour étendre ses horaires (jusque 22h) et faire goûter une demi-douzaine de primeurs, ceux de Romain Zordan, vers Fleurie, ou des frères Soulier, dans.. le Gard. 5 quai Fulchiron, Lyon 5e Vercoquin Le pionnier du vin nat’ lyonnais n’allait tout de même pas faire l’impasse sur un 17e beaujo' nouveau. Frédéric Lignon fera goûter jeudi en journée quelques primeurs, par exemple ceux de Fabien Forest ou des Dufaitre — à glouglouter avec une tranche de saucisson. À emporter, il y a de quoi s’amuser, et si ce n’est pas en beaujolais ce sera dans une autre région proposée par cette cave sans fond. 33 rue de la Thibaudière, Lyon 7

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"Oranges Sanguines" de Jean-Christophe Meurisse : pas de quartier !

Comédie | Deuxième incursion du maître de La Compagnie des Chiens de Navarre au cinéma après le bancal Apnée, Oranges Sanguines rectifie le tir pour viser juste dans plusieurs directions à la fois : politique, économie, famille, adolescence… Un tableau acerbe et féroce de la société française, façon puzzle.

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Pendant qu’un ministre des Finances tente de gérer en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique (en clair, ses fraudes fiscales), un couple de vieillards surendettés essaie de se sortir de sa mouise en participant à un concours de rock. Et une adolescente rêve à sa première fois. Mais, méfiance, dans la campagne profonde, un frappadingue attend son heure pour commettre des agressions sexuelles. La France, en 2021… Passer des planches à la caméra est rarement une sinécure pour les metteurs en scène, qui doivent apprendre à changer de dimensions : réduire les trois dimensions de la scène à deux pour l’écran, et puis dompter le temps à coup d’ellipses et de montage. Jean-Christophe Meurisse avait sans doute besoin d’ajustements à l’époque d’Apnée, objet peu mémorable aux faux-airs de prototype ; il en a tiré de vertigineuses leçons pour ces Oranges

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