15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

Sélection | Sortez vos agendas, montez le volume : voici 15 concerts où choper des acouphènes, siroter des mousses et accessoirement, parfaire votre culture musicale ; de la sono mondiale au hip-hop américain, en passant par l'underground finlandais, point de répit pour les esgourdes.

Gabriel Cnudde | Mardi 20 septembre 2016

Photo : © DR


HD Been Dope
À peine 20 ans, une dégaine d'adolescent et il est pourtant l'un des poids lourds de la scène hip-hop new-yorkaise. Lui, c'est HD Been Dope, adulé par la critique et par ses confrères depuis sa première mixtape, sortie à 16 ans seulement. Avec son flow calé sur des instrumentaux très 90's, le jeune MC veut aller chercher ce qui se faisait de meilleur pendant l'âge d'or du rap de la Big Apple. Pour le moderniser, le modeler à sa sauce et en faire de l'unique.
Au Périscope le jeudi 22 septembre

Ibrahima Cissokho


Cet inépuisable Sénégalais chante en anglais, en wolof et en mandingue, comme pour transcender les frontières du monde. Influencé par les musiques traditionnelles sénégalaises aussi bien que par toutes les musiques qui ont un jour croisé sa route (jazz, salsa, rock), Ibrahima Cissokho livre à ses auditeurs une musique que l'on pourrait bien qualifier "d'autour du monde" tant ses prestations sont des invitations à l'ouverture.
Au Périscope le jeudi 13 octobre

Wovenhand


En écoutant Wovenhand, projet solo de David Eugene Edwards (leader de 16 Horsepower), on est immédiatement transporté en plein moutain west américain, au milieu des terres indiennes du Colorado. Avec sa voix rocailleuse, ses santiags et ses mèches blondes rebelles, l'un des derniers dinosaures du Denver sound nous livre un son coincé entre la country, les musiques traditionnelles et la néo-folk : Wovenhand s'écoute et se contemple. Comme une messe sombre et chaotique.
À l'Épicerie Moderne le samedi 15 octobre

La Rumeur


Fondé en 1995, La Rumeur s'est construit en opposition avec l'industrie du disque, refusant catégoriquement de se plier aux schémas classiques des majors (single, album, tournée). Le combat d'Ekoué, Hamé, Mourad, Philippe, Kool M et Soul G, c'est celui de tous ces rappeurs méconnus qui refusent d'abandonner leur côté subversif et leur liberté d'expression pour passer à la radio. La Rumeur, c'est le rap qui dénonce les travers de notre société en la confrontant au réel du quotidien. Pas de punchlines, pas d'egotrip, mais une narration juste et poignante.
Au Marché Gare le samedi 15 octobre

Chromb


S'il y a une pépite à surligner dans la programmation du Marché Gare, c'est bien celle là ! Sans doute tombés dans une marmite de potions magiques à base de King Crimson, Emerson Lake & Palmer et John Zorn dès leur plus jeune âge, les membres de Chromb innovent. Alliant à la perfection la rigueur du jazz et la folie du rock progressif, les quatre Lyonnais n'ont pas grand chose à envier aux Snarky Puppy et à Bill Laurance. Même les côtés plus noise de la bande restent maîtrisés, fait assez rare pour être remarqué.
Au Marché Gare le samedi 29 octobre

Calypso Rose


Pour vivre l'été indien en plein Lyon, rien de mieux qu'un peu de calypso. Cette musique de carnaval tout droit venue de Trinité-et-Tobago se caractérise par son rythme à deux temps et son besoin de faire chalouper les foules. Le Transbordeur reçoit la reine du genre, Calypso Rose. À 76 ans et avec plus de trente albums à son actif, celle qui a joué avec Bob Marley, Mighty Sparrow et plus récemment Manu Chao, est prête à ensoleiller l'automne des gones les plus curieux.
Au Transbordeur le samedi 29 octobre

The Kills


De retour avec Ash & Ice, leur cinquième galette, Alison Mosshart et Jamie Hince ont ravi les fans de rock des années 2000. Si on reproche à leur dernier album une production bien trop travaillée qui dénature l'essence même du groupe, les deux musiciens n'ont rien perdu de leur superbe sur scène. En outre, personne ne sait si cela est dû à la blessure à la main de Jamie Hince, mais les Kills ont au moins le mérite d'avoir exploré de nouveaux horizons pour laisser derrière eux la recette de leurs succès précédents. Une initiative rare à saluer.
Au Radiant Bellevue le lundi 31 octobre

While she sleeps


Pleinement remis de son opération de la gorge en 2013, Lawrence Taylor et While She Sleeps sont de nouveau en tournée, pour le plus grand bonheur des amateurs de métalcore. Pour les musiciens de Sheffield, la recette est toujours la même : des structures riches, des harmonies maîtrisées et des screams en place, mais pas omniprésents. Les breaks sont bien sentis, les riffs efficaces et les textes toujours aussi directs. En bref, While She Sleeps c'est violent, mais pas trop. Réservé aux amateurs du genre.
Au Warmaudio le lundi 31 octobre

Tété


Après trois ans d'absence, Tété est de retour avec son huitième album, Chroniques de Pierrot Lunaire. Le chanteur à textes signe un retour à ses premières amours, le blues et le folk. La simplicité l'emporte sur l'orchestration, laissant à la voix chaude et détaillée de Tété le soin de raconter la société. Avec toujours cette adresse de funambule lorsqu'il joue avec la langue française et ses sonorités.
Au Radiant Bellevue le vendredi 11 novembre

Fakear


Fer de lance de la nouvelle scène française oscillant entre électro planante et revival trip-hop, nourrie de samples ethniques, Fakear fait une halte par Caluire pour présenter ce live exponentiel (commencé en solo, puis avec chanteuse, désormais en groupe) où l'évanescence est de mise au cœur de beats minutieusement ciselés par le Caennais. Du travail d'orfèvre qui n'en finit plus de convaincre au delà des initiés.
Au Radiant-Bellevue le samedi 12 novembre

Michael Kiwanuka


Désigné meilleur son de l'année 2012 par la BBC, Michael Kiwanuka est de retour avec un nouvel album dans la lignée de son premier grand succès, Home Again. Avec Love & Hate, le crooner londonien confirme qu'il est l'une des plus belles voix du moment, poussant certains médias à le comparer à Otis Redding et Bill Withers, rien que ça. Quelque part entre folk et soul, Michael a pu compter sur la collaboration du producteur Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz, The Black Keys, RHCP) pour sublimer ses derniers titres.
À l'Épicerie Moderne le dimanche 20 novembre

Tinariwen


Grands représentants du blues touareg, les membres de Tinariwen ont été les porte-paroles de la rébellion du début des années 1990. Depuis les accords de paix de 1992, ils parcourent le monde pour promouvoir la culture de leur peuple. Ensemble, ils chantent la beauté du désert comme la difficile vie des leurs. Rockeurs des sables, Tinariwen a su convaincre Robert Plant : à votre tour, si ce n'est déjà fait.
À l'Épicerie Moderne le 23 novembre

Anton Serra & Eddy BVGV


La dernière fois qu'Anton Serra s'était associé à un compère de l'Animalerie, collectif de rap lyonnais, lui et Lucio Bukowski avaient sorti ce qui restera comme l'un des meilleurs albums des dernières années (La plume et le brise glace). Cette fois-ci, c'est avec Eddy, moins lyriciste mais plus rythmique, que le gone poète s'allie pour présenter Les 400 coups. Une rencontre entre deux rappeurs singulièrement différents mais unis par une franche amitié. Rarement l'Animalerie a déçu.
Au Marché Gare le 25 novembre

Steve'n'Seagulls


Si les LEJ et leurs reprises vocales bourrées d'harmonies et de contrebasse n'ont eu aucun effet sur vous, peut être préférerez-vous celles de Steve'n'seagulls. Ces cinq campagnards finlandais ont fait sensation en 2014 avec des reprises d'AC/DC, Iron Maiden et Guns'n'Roses pour le moins authentiques. Avec banjo, guitare, accordéon, contrebasse et mandoline, Steve et ses mouettes auraient très bien pu venir du Tennessee. Rien de mieux pour revisiter des classiques que de le faire avec ces détraqués en salopette.
Au Ninkasi Kao le 30 novembre

RY X


Attendu au tournant depuis bien longtemps déjà, Ry X (de son vrai nom, Ry Cuming), a dévoilé son premier album (Dawn) au printemps dernier. Adoubé par la critique, qui voit en lui un Jeff Buckley réincarné, l'Australien a bel et bien frappé un grand coup. Grâce à une maîtrise vocale impressionnante, Dawn prend par la main l'auditeur et le laisse contempler un immense canyon. Vertigineuse et puissante, la musique de RY X ne s'oublie pas. Elle reste ancrée comme un sincère éloge à la mélancolie.
À l'Épicerie Moderne le 1er décembre


HD Been Dope

+ DL & Nick Udgs
Le Périscope 13 rue Delandine Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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À la Croix-Rousse, la boucherie Tête Bech fait peau neuve

Boucherie | Dans le dernier tronçon de l’ascension de la Croix-Rousse, on trouve ce qui serait la plus vieille boucherie de Lyon : Tête Bech. Elle a pris un coup de jeune cet été.

Adrien Simon | Jeudi 9 septembre 2021

À la Croix-Rousse, la boucherie Tête Bech fait peau neuve

Elle aurait plus de 120 ans d’âge et reste contemporaine. Elle a intégré l’idée que la bidoche est, dans le nouveau siècle, sujette à polémique. Avant les travaux, qui l’ont vue cet été faire peau neuve, la devanture de Tête Bech annonçait déjà : « vous n’êtes pas obligés de manger de la viande ! » — si vous le faites, faites-le bien, pour résumer. Il paraît que la consommation de produits carnés a baissé de 13% en France ces dix dernières années, selon une étude du Credoc — ce qui est beaucoup. On peut toujours accuser une idéologie pro-tofu, ça évite de regarder les faits. D’un côté les scandales sanitaires (remember le cheval-gate), la hausse des affections liées à une mauvaise alimentation, la honte des abattoirs, le poids de l’élevage dans la pollution, de l’eau comme de l’air. Et de l’autre cette nouvelle donne : « les 18-24 ans consomment désormais, dans 42% des situations, la viande dans des plats industr

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Une piscine éphémère s'installe au Vélodrome de la Tête d'Or cet été

Baignade | Une nouvelle piscine, éphémère, est créée pour la durée de l'été et prendra place dans le Vélodrome de la Tête d'Or, avec 2000m2 de plage.

Sébastien Broquet | Jeudi 11 juin 2020

Une piscine éphémère s'installe au Vélodrome de la Tête d'Or cet été

C'est traditionnellement l'un des sujets les plus touchy de l'été à Lyon : les piscines. Surchagées, chaque année. Puisque la ville en manque cruellement. Ce qui entraîne inévitablement, d'année en année, la hausse des incivilités. Et en 2020, avec la crise sanitaire et la canicule annoncée, ce sujet devient central pour la Ville de Lyon. Qui a donc tenté d'apporter des réponses, en dévoilant ce jeudi matin les mesures prises pour améliorer l'accueil en respectant les consignes sanitaires, mais aussi en annonçant, surprise, la création d'une nouvelle piscine éphémère. Cette piscine éphémère sera installée dans le Vélodrome de la Tête d'Or et comprendra deux bassins, une plateforme de jeux d'eau et 2000m2 de plage avec des espaces de lecture et des jeux. C'est l'opérateur privé Weeloc City, choisi au terme d'une procédure de marché public, qui gérera cet espace. 80 personnes pourront s'y rendre en simultané seulement.

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Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

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20 concerts pour l'automne

Nos bons plans | Sélection drastique, forcément subjective, des vingt concerts qu'il ne faut surtout pas rater en cette saison : suivez le guide.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

20 concerts pour l'automne

Baptiste W. Hamon Surprise : le plus français des countrymen, métis musical revendiqué de Townes Van Zandt et Jacques Bertin, trop méconnu à notre goût, est revenu il y a quelques mois avec Soleil, Soleil Bleu. Si l'on retrouve quelques balises country (l'ami Will Oldham / Bonnie "Prince" Billy est toujours de la partie), celles-ci jalonnent un territoire bien plus pop et orchestré. Et l'art de "l'écrivage" de chanson (le songwriting, quoi) de notre W., de prendre une nouvelle ampleur. À Thou Bout d'Chant le jeudi 3 octobre Metronomy En rentrant en Angleterre pour accoucher de Metronomy Forever, l'ex-néo-parisien Joseph Mount semble avoir retrouvé le mojo tubesque partiellement égaré sur Summer 08, celui qui l'avait vu accoucher de Love Letters, Monstruous, The Look, The Bay ou Corinne, sur ses précédentes saillies. Bonne nouvelle quand on sait que Metronomy vient livrer tout cela avec la fantaisie scénique qu'on lui connaît

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Hard cover : Steve'n'Seagulls au CCO

Bluegrass | D'aucuns disent que pour qui n'est pas rallyman, amateur de lacs ou allergique au soleil, la Finlande est un pays déprimant. Faux. D'abord (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 février 2019

Hard cover : Steve'n'Seagulls au CCO

D'aucuns disent que pour qui n'est pas rallyman, amateur de lacs ou allergique au soleil, la Finlande est un pays déprimant. Faux. D'abord n'oublions pas que c'est le pays du Père Noël qui n'est pas le dernier des zozos. Mieux, la Finlande abrite l'une des plus belles et des plus farfelues étrangetés musicales de la fin de l'anthropocène. Déjà, il y a ce nom, Steve'n'Seagulls, hommage à l'inénarrable distributeur de tartes à grande vitesse, ensuite ces looks à mi-chemin entre Davy Crockett et l'Amour est dans le pré jusqu'aux genoux et puis ce concept : reprendre les grands tubes du rock (en général à tendance dure, mais l'ouverture est de mise) comme si l'on bivouaquait au pied d'une roulotte au milieu des Appalaches, instrumentation entièrement bluegrass de rigueur (banjo, mandoline, tout le bazar). Inutile de dire que le choc thermique (un truc de Finlandais, ça) est aussi grand que drôle (leur Antisocial est un régal quand leur November rain foutrait presque les poils). Sur le dernier album Grainsville on retrouve ainsi du Lenny Kravitz aussi bien que du

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Soirée Anti-foot au Ciné-Rillieux

ECRANS | Si vous n’aimez pas la Coupe du monde, allez vous faire foot. C’est en substance ce que vous propose le Ciné-Rillieux en termes plus fleuris — ou gazonnés (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Soirée Anti-foot au Ciné-Rillieux

Si vous n’aimez pas la Coupe du monde, allez vous faire foot. C’est en substance ce que vous propose le Ciné-Rillieux en termes plus fleuris — ou gazonnés —, histoire de vous changer des matches monopolisant le petit écran. Sa suggestion ? Une soirée bière-pizza à 20h en compagnie de la projection de la version restaurée du brûlot de Jean-Jacques Annaud Coup de tête (1976), portrait vitriolé d’une bourgade de province à travers ses notables aussi moralement crasseux dans leurs affaires que dans leur club de foot. Patrick Dewaere y joue les trublions façon libertaire avec une jubilation libératrice pour le public. Le stade ultime du plaisir. Coup de tête Au Ciné-Rillieux le mercredi 27 juin à 20h

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Le blues du désert au Musée des Confluences

Touaregs | Au sein de l'exposition actuellement en cours au Musée des Confluences, une place est accordée à la musique touarègue, emblématique d'un peuple nomade qui en a (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mai 2018

Le blues du désert au Musée des Confluences

Au sein de l'exposition actuellement en cours au Musée des Confluences, une place est accordée à la musique touarègue, emblématique d'un peuple nomade qui en a fait son liant mais aussi le vecteur permanent de ses aspirations, que ce soit la révolte incarnée par Tinariwen à ses débuts, dont les cassettes tournaient de mains en mains, où les aspirations à la paix revendiquées aujourd'hui par Bombino, le plus influent des guitaristes de la nouvelle génération. Mais ils ne sont pas seuls à porter haut les couleurs de ce blues du désert, et les œuvres de Terakaft, de Tamikrest, de Toumast ou plus récemment de Imarhan sont aussi à saluer et à découvrir. Les femmes dans cette société matriarcale ne sont pas en reste et dans le sillage de Tartit, groupe à dominante féminine emmené par Fadimata Walett Oumar alias Disco, ont émergé de nouvelles pousses qui font aujourd'hui l'actualité : on pense bien évidemment aux Filles de Illighadad, trio à l'ascen

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Nuit de folie : "Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête"

Comédie | de Ilan Klipper (Fr, 1h17) avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Nuit de folie :

Jamais remis d’avoir publié un roman encensé voilà vingt ans, Bruno traîne sa dépression, vivant en peignoir dans une colocation, lutinant sa voisine à l’occasion. Quand un jour débarquent à l’improviste famille, ami et une demoiselle, il n’imagine pas qu’on veut l’interner… Pour son bien. Inégale dans son rythme et dans sa forme — peut-être pour restituer le tempérament bipolaire de son héros — cette comédie a des allures de film court s’étant doté d’un prologue pour devenir un (tout juste) long-métrage. Ici chez lui comme sur scène, Laurent Poitrenaux s’y dénude volontiers pour meubler l’espace en soliloquant, se montrant tour à tour fragile, extraverti et inquiétant face à cet envahissement inquisitorial orchestré par une mère juive assez gratinée. On sombrerait dans l’anecdotique simple si Ilan Klipper n’avait l’idée avant le dénouement de dynamiter la structure de son récit en disséminant des flashes proleptiques, rappelant les éclats pulsatiles des étoiles de son

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Touaregs : au-delà des fantasmes

Ethnologie | Au Musée des Confluences, le peuple touareg se dévoile : petite exposition, grand voyage.

Sébastien Broquet | Mardi 24 octobre 2017

Touaregs : au-delà des fantasmes

C'est une toute petite exposition qui s'est inaugurée au Musée des Confluences, mais elle ouvre sur une immensité : celle d'un désert, le Sahara. Là où vit et crée un peuple, les touaregs, auquel ce parcours est consacré. Fidèle à l'esprit d'un lieu où les disciplines s'emmêlent, l'évasion débute par un clip en animation et se clôture au son de Tinariwen, dans un mini-maquis où il n'est pas interdit d'esquisser un pas de danse tant ce groupe emblématique est irrésistible et porte tout autour du monde la parole de ses semblables. Mais avant ça, c'est l'artisanat et surtout les bijoux de diverses époques, montrant l'évolution et le renouvellement constants, qui auront émerveillé par leur sens de l'harmonie et rythmé la visite au cœur de l'âme de ce peuple nomade réparti sur un vaste territoire couvrant cinq pays d'Afrique. Le raffinement et une pudique fierté s'en dégagent, que traduit aussi l'art de la poésie, venant combler par la métaphore une certaine réserve dans l'expression orale, où la mesure, l'évitement et la réserve sont la règle : ce que l'on appelle le tangält. Autant d'objets (453 bijoux et amulet

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Santiags et sans reproche

Festival Country Rendez-Vous | Pour la trentième année, l’Amérique profonde débarque à Craponne-sur-Arzon lors de l’incontournable festival Country Rendez-vous, avec en guise de cadeau d’anniversaire la légende vivante Emmylou Harris, pour un concert unique en France.

Niko Rodamel | Mardi 20 juin 2017

Santiags et sans reproche

Plantons le décor… Haute-Loire, Craponne-sur-Arzon, mille mètres d’altitude et un peu plus de deux mille habitants. Son église, son donjon, son camping, sa piscine intercommunale, son cinéma à cinq euros le plein tarif, son ramassage scolaire, sa fête de la pomme de terre, sa radio locale, la TNT presque partout et bientôt la 4G… Comme son nom ne la prédestinait pas vraiment, la petite commune de Craponne-sur-Arzon voit chaque année sa population exploser le temps d’un week-end à l’occasion d’un festival qui approche chaque année des vingt mille aficionados, entre in exigeant (près de dix mille entrées payantes lors des précédentes éditions) et un off qui propose stages de danse country mais aussi de guitare, violon, chant et banjo. Entre Forez et Velay, l’écrin vert sapin donne au cadre au festival Country Rendez-vous des allures d’Appalaches ! La nature fait bien les choses… Et au milieu coule l’Arzon La tête d’affiche de cette édition-anniversaire est incontestablement l’immense Emmylou Harris, auteur-compositeur-interprète que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître et qui p

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La Rumeur enfle

Hip-Hop | Les Derniers Parisiens sont en ville : non contents d'avoir attisé les regards avec leur tout premier film distribué en salles, un polar pigallien de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

La Rumeur enfle

Les Derniers Parisiens sont en ville : non contents d'avoir attisé les regards avec leur tout premier film distribué en salles, un polar pigallien de haute volée qu'ils présenteront en ouverture de cette Ninkasi Urban Week (au Comœdia le lundi 11 avril), les gars de La Rumeur en profitent pour reprendre la scène dès le lendemain, du côté du Kao le mardi 12 avril. Soit deux soirées aguicheuses avec les lyricists les plus palpitants de leur génération, totalement multi-supports puisqu'ils éditent aussi un Webzine éponyme. Ekoué, Hamé et Philippe Le Bavar refusent toujours tout diktat, quel qu'il soit, enquillent les punchlines sans qu'elles masquent l'absence de fond, bien au contraire car les trois acolytes sont profondément ancrés dans une société qu'ils observent avec minutie et auscultent au scalpel pour mieux la commenter et la dévoiler au fil de leurs plumes acérées. Du grand art.

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"Les Derniers Parisiens" : en peine capitale

ECRANS | En probation, Nas est employé par son frère Arezki, tenancier d’un bar à Pigalle. Si Nas déborde d’ambitions pour animer les nuits, son aîné les tempère sèchement, (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

En probation, Nas est employé par son frère Arezki, tenancier d’un bar à Pigalle. Si Nas déborde d’ambitions pour animer les nuits, son aîné les tempère sèchement, causant leur rupture. Alors, le cadet se tourne vers un investisseur prêt à l’écouter… Représentants de La Rumeur, Hamé & Ekoué signent une ode nostalgique quasi élégiaque au Pigalle de jadis, à ses troquets populaires s’effaçant peu à peu du paysage : Les Derniers Parisiens est scandé de saynètes montrant la faune de la rue dans son quotidien — clochard pittoresque, joueurs de bonneteau embobinant les passants, etc. Une manière d’inscrire l’aventure/mésaventure de Nas, caïd en carton, dans une perspective bien actuelle, car ses rêves appartiennent au passé ; à un idéal façonné entre les années 1950 et 1980. Pas étonnant, avec ses codes périmés qu’il se fasse si facilement enfumer par une nouvelle génération sans feu… ni lieu. Reda Kateb et Slimane Dazi composent une fratrie a priori surprenante, mais en définitive plutôt convaincante. L’authenticité du film doit beaucoup à la complémentarité de ces deux personnages, e

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Langueurs océanes

Folk | Loin de la pop de son premier album, Ry Cuming, devenu RY X depuis, défend actuellement Dawn. Éloge de la simplicité et de l'élégance, voici un opus incroyable de sincérité. Une véritable mise à nu.

Gabriel Cnudde | Mardi 29 novembre 2016

Langueurs océanes

On dit souvent qu'un coquillage collé à l'oreille diffuse le doux bruit de la mer qui s'étend devant nos yeux. Voilà une croyance erronée. En réalité, c'est la douce musique de l'artiste australien RY X qui s'échappe de ces coquilles vides. On est en tout cas tenté d'y croire à l'écoute de Dawn (2016), dernier album en date de Ry Cuming. Lent et habité, cet opus est en tout point semblable à un océan : on y plonge nos sens pour y laisser divaguer notre esprit, admirant sa simple beauté tout en redoutant les terribles tempêtes qui le font vivre. De cette contemplation l'on ressort apaisé, assagi mais tristement vide, comme un coquillage. Élégante simplicité Si l'Australien avait déjà sorti un album il y a quelques années, Ry Cuming (2010), c'est sans aucune contrainte de maison de disque et avec le plein investissement de son compositeur qu'est paru Dawn. RY X, c'est avant tout une voix envoûtante, parfois affirmée, souvent à la limite du murmure mais toujours maîtrisée. Un outil plus qu'efficace pour nous plonger au cœur de ces intimes litanies incantatoires que sont Only, Salt o

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Le blues sans fin de Tinariwen

Sono Mondiale | Le groupe emblématique de la scène touareg s'apprête à sortir un huitième album attendu et fait une halte par l'Épicerie Moderne : écoutons Tinariwen, dont les paroles disent beaucoup du chaos règnant dans leur désert aujourd'hui.

Sébastien Broquet | Mardi 22 novembre 2016

Le blues sans fin de Tinariwen

Le blues des hommes bleus n'en finit plus d'aimanter et de cristalliser les désirs, tant il est doté par sa profondeur et sa justesse d'une vocation universelle à apaiser les âmes et ouvrir les yeux. Malheureusement, il n'en finit pas non plus de conter les affres de leur désert, torturé et violenté depuis de si longues années, affres nourrissant les uns après les autres leurs disques, où se presse encore et toujours la fine fleur du rock : après Justin Adams (qui les révéla en produisant The Radio Tisdas Sessions), Carlos Santana, les Red Hot ou Robert Plant il y a quelques années, voici venir Mark Lanegan (Queens of the Stone Age) sur le prochain, Elwan, attendu pour parution le 10 février 2017, opus sur lequel sont aussi conviés Kurt Vile et Matt Sweeney (lui était déjà présent sur le précédent). Un album d'exil, encore, concocté entre la Californie et le Maroc.

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Calypso Rose fleurit toujours

Sono Mondiale | Le temps qui passe semble n'avoir aucun effet sur Calypso Rose. Reine incontestée du genre depuis des décennies, la native de Tobago défend actuellement un 21e album studio.

Gabriel Cnudde | Mardi 18 octobre 2016

Calypso Rose fleurit toujours

C'est un rayon de soleil qui traverserait le plus sombre des orages. À 76 ans, Linda McArtha Monica Sandy-Lewis, alias Calypso Rose, n'en finit plus d'irradier la planète de sa chaleur et de sa bonne humeur communicative. Avec ses 800 chansons écrites selon la légende, ses 21 albums parus, qui sont autant de planètes gravitant autour d'elle, Calypso est devenue la reine du genre. Avec Far from home, dernière galette en date sur laquelle elle a collaboré avec Manu Chao, Calypso Rose prouve qu'elle n'est pas encore prête à abandonner sa couronne. Née sur la petite île de Tobago, dans les Antilles anglaise, Linda McArtha se tourne rapidement vers le calypso, cette musique de carnaval à deux temps irrésistiblement entraînante. Fille d'un pasteur conservateur, elle est rapidement empêchée d'écouter cette musique du diable. Selon elle, c'est au contraire un cadeau de dieu, une opportunité de mettre un sourire sur les visages qu'elle rencontre. Très rapidement, elle comprend que le calypso n'est pas qu'un outil pour faire danser les foules. C'est aussi et surtout un formidable mo

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La Rumeur court toujours

Hip-Hop | Vingt ans maintenant que les six larrons de La Rumeur sont dans le paysage. Vingt ans qu'Ekoué, Hamé, Mourad, Philippe, Kool M et Soul G s'efforcent de (...)

Gabriel Cnudde | Mardi 11 octobre 2016

La Rumeur court toujours

Vingt ans maintenant que les six larrons de La Rumeur sont dans le paysage. Vingt ans qu'Ekoué, Hamé, Mourad, Philippe, Kool M et Soul G s'efforcent de lutter contre l'injustice, loin des canaux traditionnels : pas de promo radio, pas de passage à la télévision. Mais un rap juste et authentique, un magazine et, depuis le début de l'année, une société de production (La Rumeur Filme). Pour souffler toutes ces bougies, La Rumeur se lance dans une nouvelle tournée pour présenter un cinquième album, dont la sortie est prévue en avril 2017, et un premier long-métrage, Les Derniers Parisiens. Autant de plateformes pour diffuser leur message, leur peine et surtout leurs paroles subversives. Eux-mêmes désireux de ne pas être inclus dans ce qu'on appelle le rap français, trop calibré à leur goût, ces rappeurs qui propagent La Rumeur font dans le hip-hop old school aux instrumentaux sombres. La bonne nouvelle, c'est qu'ils seront au Marché Gare le 15 octobre prochain, en compagnie de JP Manova.

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Lyon's Gastropub : feeling english

Restaurant | Dans une rue Neuve bondée de restos, cette attraction, inratable : un bol de nouilles mécanisé, robot publicitaire d'un restaurant japonais. En face, s'est (...)

Adrien Simon | Dimanche 4 septembre 2016

Lyon's Gastropub : feeling english

Dans une rue Neuve bondée de restos, cette attraction, inratable : un bol de nouilles mécanisé, robot publicitaire d'un restaurant japonais. En face, s'est ouvert en début d'été un néo-pub, mené par des anciens de chez Têtedoie (parrainés par le grand MOF himself). Petite vitrine pour grand espace : autour d'un comptoir en chêne massif, des chaises hautes, des banquettes (hautes aussi) pour boire des coups. À l'arrière, on dîne sur chaises en cuir et tables de brasserie ; ou l'on apérote en fauteuil sur table basse. À plus de dix, il faut privilégier la superbe table d'hôte : lumière tamisée sous cloches cuivrées et baie vitrée donnant sur la cuisine. On y observe, aux casseroles, Jérémy Lemaitre, ancien sous-chef de l'Antiquaille. Il envoie quelques englisheries bien senties : fish grassouillet and chips maison à tremper dans la crème (de Bresse) tartare ; nuggets de poulet (des Dombes) au jambon truffé ; ribs braisés à la bière ou hamburger. Et des plats aux intitulés "fusion", comme ces morceaux d'encornet poêlés, sauce aux cacahuètes, soja et coriandre, ou un pavé de bonite, juste cui

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L’Été en CinémaScope

Institut Lumière | Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

L’Été en CinémaScope

Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la gourmandise cinéphilique en brassant les styles et les époques. Il convoque d’une semaine sur l’autre un réjouissant coq-à-l’âne d’ambiances : d’une saignante critique sociale sur fond de football dans une quelconque ville de province digne d’être une sous-préfecture chabrolienne (Coup de tête, photo) l'on passe à un film à sketches d’Ophuls d’après Maupassant (Le Plaisir), puis l’on roule en Lancia dans l’insouciance de l’Italie ensoleillée (Le Fanfaron), avant de retrouver la vivacité baroque et transformiste d’Almodóvar (Talons aiguilles), l’ambiance lourde d’un thriller post-franquiste (La Isla Minima) et le destin brisé d’une icône autodétruite par ses addictions et son trop plein de souffrance comme de talent (

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Calypso Queen

La Maison M | Grosse soirée en vue sur le dancefloor de la Maison M ce mercredi 20 avril, où Calypso Rose vient présenter... en sound-system son dernier opus (à sortir le (...)

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Calypso Queen

Grosse soirée en vue sur le dancefloor de la Maison M ce mercredi 20 avril, où Calypso Rose vient présenter... en sound-system son dernier opus (à sortir le 3 juin) produit en grande partie par Manu Chao, comme le single déjà dévoilé, Calypso Queen, façon tube pour l'été à venir. Du calypso, genre caribéen ancestral venu de Trinité-et-Tobago, popularisé par Lord Kitchener, pétri de cuivres et de steel drums, elle est l'emblème et oui, la reine, à près de 76 ans dont une grande partie au micro dont elle s'est saisi dès ses 15 ans pour afficher au compteur aujourd'hui plus de 800 chansons. Longtemps inconnue dans nos contrées, Calypso Rose a fait une percée française récente qui devrait se concrétiser avec cet album lorgnant parfois vers le soca et le ska. Cette tournée-prélude en micro effectif se fait en compagnie de Damny, ancien de La Phaze et proche de Chao. La gouaille coquine et l'énergie rhum-coca de la Dame feront le reste : chaloupons sans réserve.

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HD Been Dope, nouvelle tête du rap new-yorkais

MUSIQUES | Cette semaine à Lyon, c'est un peu le clash des teen titans du hip-hop. Dans le coin gauche, BigFlo & Oli (vendredi 13 au Kao), 41 ans cumulés au (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 novembre 2015

HD Been Dope, nouvelle tête du rap new-yorkais

Cette semaine à Lyon, c'est un peu le clash des teen titans du hip-hop. Dans le coin gauche, BigFlo & Oli (vendredi 13 au Kao), 41 ans cumulés au compteur et une volonté affichée d'aller à contre-courant des vaseuses considérations virilistes de leurs aînés les plus médiatiques. Dans le coin droit, HD Been Dope (le lendemain au Périscope), la vingtaine et l'envie de perpétuer à sa manière les traditions rapologiques de la côte Est – instrus faussement brutes de décoffrage, samples soulful dénichés dans quelque grenier, lyrics qui grattent au-delà du nombril. Côté comptabilité, la suprématie des Toulousains ne fait pas un pli. Côté crédibilité en revanche, c'est une tout autre histoire : là où, à force de se revendiquer à la marge du game, ils donnent l'impression de s'excuser de produire une musique à connotation urbaine, le petit nigga de Brooklyn joue à ce point la carte du straight outta NYC qu'il sonne, à son meilleur, comme un héritier légitime du Nas de Illmatic – ou comme un rival digne de ce nom du non moins précoce Joey Bada$$. Deux mixtapes et deux albums en attestent déjà,

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Orson Welles, centenaire et sans concession

ECRANS | On fête cette année le centenaire de la naissance d’Orson Welles, et l’ombre de cet ogre américain est partout. D’abord à l’Institut Lumière durant tout le mois (...)

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Orson Welles, centenaire et sans concession

On fête cette année le centenaire de la naissance d’Orson Welles, et l’ombre de cet ogre américain est partout. D’abord à l’Institut Lumière durant tout le mois de juin, avec une rétrospective quasi intégrale où l’on trouve même la version restaurée du Troisième homme de Carol Reed, où il ne fût qu’acteur mais dont on murmure qu’il mit aussi sa patte à la mise en scène. Ladite rétro s’ouvrira ce jeudi 4 juin avec la projection de la copie, restaurée elle aussi, de Citizen Kane, premier film tourné à 25 ans et qui, malgré son insuccès, marquera durablement le cinéma hollywoodien par ses innombrables inventions de mise en scène. La projection sera suivie du documentaire événement réalisé par les sœurs Clara et Julia Kuperberg, déjà auteurs d’un docu sur Steve Schapiro présenté l’an dernier à l’Institut, intitulé This is Orson Welles. Autre temps fort, la venue le 9 juin de François Thomas pour une conférence autour de Welles suivie de Vérités et mensonges, l’autre révolution wellesienne, où il réinvente la notion de fake, en concoctant un vrai-faux documentaire autour du «métier de faussaire», comme dirait D

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La Tête haute

ECRANS | Portrait d’un adolescent en rupture totale avec la société que des âmes attentionnées tentent de remettre dans le droit chemin, le nouveau film d’Emmanuelle Bercot est une œuvre coup de poing sous tension constante, qui multiplie les points de vue et marie avec grâce réalisme et romanesque. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 mai 2015

La Tête haute

Malony est sans doute né sous une mauvaise étoile. Cela veut dire qu’en fait il y en a un, de doute, et Emmanuelle Bercot, c’est tout à son honneur, ne cherchera jamais à le dissiper. Il n’a que six ans et le voilà déjà dans le bureau d’une juge pour enfants — lumineuse et passionnée Catherine Deneuve — qui sermonne une mère irresponsable — Sara Forestier, dont la performance archi crédible ne tient pas qu’à ses fausses dents pourries — prête à se débarrasser de cet enfant au visage angélique mais dont elle dit qu’il n’est qu’un petit diable. C’est la première séquence de La Tête haute, et elle donne le "la" du métrage tout entier : on devine que cette famille est socialement maudite, bouffée par la précarité, la violence et l’instabilité. Mais Bercot ne nous donnera jamais ce contrechamp potentiellement rassurant : jusqu’à quel point Malony est seul responsable de son sort, pris entre haine de soi et rancune envers les autres, attendant qu’on le prenne en charge tout en rejetant les mains qu’on lui tend ? Cette scène d’ouverture est aussi emblématique de la mise en scène adoptée par Bercot : la parole y est puissante, tendue, explosive. Elle repose

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L'électro à la mode de Caen

MUSIQUES | Focus sur l'effervescente scène musicale normande, dont Superpoze est l'un des ambassadeurs les plus prometteurs.

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

L'électro à la mode de Caen

Baignant dans son jus (de pomme) depuis que Stone & Charden ont cru bon de chanter le Débarquement avec le même détachement qu'un air de colo, la Normandie s'impose ces derniers temps comme l'un des territoires sonores les plus féconds du pays – et dont l'épicentre n'est autre que la ville natale de Superpoze, Caen. Des Concrete Knives aux Lanskies en passant par Granville, c'est d'abord grâce à ses artisans pop que la région a fait parler d'elle. Aujourd'hui, ce sont ses producteurs de musique électronique qui, sur les traces de l'intrépide beatmaker Fulgeance et sous l'oreille bienveillante de Gilles Peterson, enfant du pays parti faire la pluie (surtout, climat océanique oblige) et le beau temps à la radio de l'autre côté de la Manche, lui valent toutes les attentions. Ainsi de Fakear, autre vingtenaire qui revisite l'abstraction façon Warp par le prisme du sensible (et figurait au générique de la première soirée Embrace). Ainsi du duo Beataucue, dépositaire d'une novo French Touch pour le moins vigoureuse. Ainsi, également, des techno kids qui deviendront grands Baadman et Madame. Tout un petit monde qui, s'il a choisi de r

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Les Authentiks de retour

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 avril 2015

Les Authentiks de retour

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de Vienne le 15 juillet prochain. Au programme, du beat et des palabres avec le collectif Chinese Man, le petit prodige electronica Fakear, Joeystarr pour un plan à trois avec Cut Killer et DJ Pone, les rappeurs léonins (au sens propre) de l'Animalerie et la pasionaria ragga Soom-T.

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A Vaulx, du jazz à foison

MUSIQUES | Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

A Vaulx, du jazz à foison

Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas Pourquery puis le Sun Ra Arkestra, les festivités ne s'arrêteront pas là. Enfin si, mais du moins ne commenceront-elles pas là. Dans la même série d'hommages à des artistes ou à des albums mythiques, devenue un peu par hasard l'une des marques de fabrique du festival vaudais, l'un des moments forts de cette mouture 2015 sera Over The Hills, création de l'iMuzzic Grand(s) Ensemble revisitant l'invisitable, à savoir l'opéra-jazz de Carla Bley et Paul Haines (au livret) Escalator Over the Hill, monument musical du tournant 60-70. Stéphane Kerecki et son quartet s'attaqueront eux à la musique de la Nouvelle Vague – également représentée par la projection de ce film free qu'est Pierrot le Fou qui témoigne de l'empreinte cinématographique du festival. Pour le reste, la thématique déployée par Á Vaulx Jazz tourne autour des «soufflants, des voix et des cordes» – ce qui est toujours, il faut bien le dire, un peu le cas. Où l'on

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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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Prochaine escale : Vénissieux

CONNAITRE | Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Prochaine escale : Vénissieux

Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 juillet – jour de clôture de l'événement par un grand bal, forcément brésilien cette année, où l'on peut faire les fous avec ses concitoyens sans risquer de remontrances de la maréchaussée (mais dans le respect de la personne). Entre ateliers, animations et spectacles pour enfants, Fêtes escales fait aussi le plein de concerts où, mode dépliage de nappes sur herbe oblige, il y a forcément à boire et à manger. L'accent est généralement mis sur le festif et le bon enfant et se décline en thématiques : chanson, musiques du monde (fanfare brésilienne, charango) et "cultures urbaines" (mélangeant hip-hop et rock comme à la parade : Raistlin, Akua Naru, Oaï Star..). Les amateurs des Têtes Raides en seront par exemple pour leurs frais (soit zéro euros), mais l'on pourra également apprécier le folk français – non ce n'est pas antinomique – de l'excellente Maison Tellier et même la Maîtrise de l'Opéra de Lyon. Enfin, en guise de star de l'événement, on retrouvera le p

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L'électro à la fête

MUSIQUES | Bichonnée par la ville, promue par un nombre croissant d'associations, la musique électronique se taille une nouvelle fois la part de Lyon. Revue des troupes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

L'électro à la fête

Dans la plupart des communes françaises, la Fête de la musique ressemble à l'idée qu'en donne PunkÀChier, trio parisien qui, quand il n'éructe pas «Fête de la musique de merde !» pendant quatre minutes, retravaille au cutter rouillé des chansons des Spice Girls et Mylène Farmer. Rien à voir avec Lyon donc, où l'événement est une vraie occasion de faire le point sur les musiciens qui, demain, peut-être, écriront des morceaux à la gloire de Lyon pour faire croire qu'ils n'ont pas oublié d'où ils viennent, et sur ceux qui, en attendant, les aide à se faire un nom épelable au-delà de ses collines. Dans le microcosme de la musique électronique, ces deux catégories de personne ont tendance à se confondre. Ainsi, par exemple, du Haste Crew, qui se produira sur la scène programmée par Basse Résolution place Jean Jaurès (on y verra aussi l'intrépide CLFT Militia et Leome), avant de rendre la p

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Le roi prêcheur

MUSIQUES | Auteur d'un septième album qui fait résonner le tonnerre dans un fracas blues-punk-rock à haute teneur spirituelle, l'intense David Eugene Edwards et son groupe Wovenhand viennent donner la messe (possiblement noire par moments) à l’Épicerie Moderne. Communion obligatoire. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 27 mai 2014

Le roi prêcheur

On pourrait penser qu'avec l'âge, l'intensité et la ferveur ont tendance sinon à s'éteindre, du moins à s'affaiblir. Pour valider cette hypothèse, mieux vaut alors regarder dans une autre direction que celle de David Eugene Edwards, son groupe Wovenhand et son dernier album Refractory Obdurate. Banjoïste de génie, expert en musiques traditionnelles old time autant qu'en punk gothique, ce fils de pasteur nazaréen ne s'est jamais départi d'un certain mysticisme, qui hante ces chansons depuis toujours. Parfait exutoire des tiraillements intérieurs inhérents à la foi, à la culpabilité et à la quête de rédemption, sa musique figure aussi une sorte de matière noire de la country officielle. Sur Refractory Obdurate, les textes sont toujours aussi habités, toujours aussi teintés d'images bibliques, de petites apocalypses et, à vrai dire, toujours aussi sibyllins, sujets à l'exégèse de qui voudra bien s'y coller. Salome Car Edwards ne chante pas, il lou

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Casse-tête chinois

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 1h54) avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France…

Christophe Chabert | Vendredi 29 novembre 2013

Casse-tête chinois

Après L’Auberge espagnole et surtout l’affreux Les Poupées russes, il y avait de quoi redouter les retrouvailles entre Cédric Klapisch et son alter ego romanesque Xavier-Romain Duris. Or, Casse-tête chinois se situe plutôt dans la meilleure veine du cinéaste, celle de Peut-être et de Paris, lorsqu’il baisse les armes de la sociologie caustique — que Kyan Khojandi, qui fait un petit coucou dans le film, a customisé dans sa série Bref — pour se concentrer sur la singularité de ses personnages et laisser parler une certaine mélancolie. Il faut dire que ce troisième volet raconte surtout des séparations, des renoncements et des désenchantements, sans pour autant que cela vaille constat générationnel ou métaphore de l’état d’un monde. New York n’est jamais regardé béatement pour son exotisme — ce n’est pas Nous York, donc — mais comme une ville à appréhender dans son multiculturalisme, sa géographie, son prix et ses tracas.  S

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Bons voyages

CONNAITRE | Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 3 juillet 2013

Bons voyages

Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans organise Fêtes Escales, une manifestation articulée autour de «temps forts» bon enfant (pique-nique, feu d'artifices, bal...) et, surtout, de concerts en plein air pensés comme des cartes postales.   Cette année, à l'approche de la commémoration de la prise de la Bastille, le parc Dupic se parera ainsi successivement des couleurs d'Israël (là où le folk-rock de la pétulante Riff Cohen puise sa chaleur), de la Jamaïque (grâce au vétéran du reggae Winston McAnuff, accompagné pour l'occasion par l'accordéoniste néo-musette Fixi), de l'Amérique dite des grands espaces (où s'aventure Sanseverino avec un disque de bluegrass francophone aussi gouailleur et vigoureux que ses albums manouches) ou encore du Sénégal (pays d'origine du prodige de la

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Party hard !

MUSIQUES | Le versant électronique de la Fête de la musique telle qu'on la célèbre à Lyon ressemble à un Apéro sonore à retardement (la gratuité, le réenchantement de l'espace public, l'hédonisme en partie diurne, tout ça). La programmation de qualité en moins ? Pas nécessairement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Party hard !

Chaque année, c'est la même question qui revient : où passer le soir du 21 juin lorsque l'on n'a d'oreilles que pour les onomatopées de synthèse ? Déjà, pas dans Lyon extramuros, où chorales et fanfares règnent quasiment sans partage. En centre-ville en revanche, au moins quatre spots valent le détour. D'abord la très populaire place Colbert, dans le premier arrondissement, où l'association Dofus Dofus proposera un plateau ghetto ascendant tropical de haute volée (avec Douster, JayWeed et

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L’Autre Oncle Sam

ECRANS | Qui, du nihilisme de son auteur ou de son ressentiment vis-à-vis d’une industrie hollywoodienne n'ayant cessé de le rudoyer, a entraîné le cinéma de Sam Peckinpah sur une pente d’amertume qui fait aujourd’hui encore toute sa modernité ? Réponse grâce à la rétrospective que lui consacre l’Institut Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 mai 2013

L’Autre Oncle Sam

Au cœur d’un des plus beaux films de Sam Peckinpah, Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia, on trouve une séquence qui étonne à chaque nouvelle vision. Tout commence par une fusillade entre l’anti-héros Benny (Warren Oates, acteur fétiche et alter ego parfait du cinéaste) et deux tueurs poursuivant le même but que lui : retrouver Alfredo Garcia, séducteur mexicain qui a eu le malheur de mettre enceinte la fille d’un riche propriétaire terrien, affront que celui-ci ne digère pas et qui le pousse à mettre sa tête à prix. S’ensuit un pur moment de mise en scène à la Peckinpah où la violence est déconstruite par des ralentis qui créent deux temporalités désynchronisées — il y a ceux qui meurent et celui qui survit. Mais le cinéaste place un addendum inattendu à la scène : un des deux tueurs se rapproche de l’autre à l’agonie et murmure son nom avec des sanglots dans la voix. Au-delà de la révélation de leur homosexualité, c’est ce moment de tendresse désespérée qui saisit le spectateur. Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974) pousse le nihilisme de Peckinpah jusqu’au point où la

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Pêche originelle

MUSIQUES | Il a dix ans. On sait, cela ne semble pas vrai, mais le festival L'Original a dix ans. Et il n'a, en dépit d'une programmation 2013 manquant un peu de lustre, rien perdu de l'esprit «festif, fédérateur, rassembleur, défricheur et prescripteur» qui l'anime depuis sa fondation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 22 mars 2013

Pêche originelle

A chaque type de musique son festival. Les musiques électriques ont La Route du Rock, Rock en Seine ou Le Rock dans tous ses États. Les musiques électroniques ont Nuits Sonores, Astropolis ou le tout nouveau Weather Festival. Et l'on pourrait, toujours en se cantonnant au territoire français, filer la démonstration avec les musiques (plus ou moins) improvisées, les musiques du monde, les musiques sacrées, les musiques contemporaines, les musiques extrêmes... Mais les musiques dites urbaines ? Sans doute trop indisciplinées, comme est venue le rappeler la volonté récemment affichée par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls de «lutter contre les paroles [de rap] agressives», elles n'ont peu ou prou que L'Original. A cette aune, le fait que ce rendez-vous dédié à la promotion des valeurs originelles du mouvement hip hop (respect, camaraderie...) et à sa pluralité créative (rap donc, mais aussi graff, DJing, danse et beatboxing), s'apprête à souffler sa dixième bougie mérite qu'on tire notre casquette équilibriste à son fondateur, le breakdancer Jean-Marc Mougeot (qui comme tant d

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Du plomb dans la tête

ECRANS | Quelques semaines après son ex-rival et nouveau pote expendable Schwarzenegger, c’est au tour de Stallone de se lancer dans la course au meilleur senior (...)

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Du plomb dans la tête

Quelques semaines après son ex-rival et nouveau pote expendable Schwarzenegger, c’est au tour de Stallone de se lancer dans la course au meilleur senior du cinéma d’action. Différence notable : là où Schwarzy recrutait un Sud-coréen hype derrière la caméra de son moyen Dernier rempart, Stallone, cohérent avec son envie de faire revivre la série B mal embouchée des années 80, a fait appel au vétéran Walter Hill pour cette adaptation d’un roman graphique français. Saine initiative : Du plomb dans la tête s’impose assez vite comme un concentré nostalgique du genre, sec, violent, plein d’humour noir mais jamais parodique, bien raconté et habilement mis en scène. Stallone y campe un tueur à l’ancienne qui n’est pas prêt à se coucher devant la loi, la morale et l’époque, même quand celles-ci sont incarnées par un flic incorruptible au milieu d’une police gangrenée par l’argent sale et les magouilles en tout genre. C’est l’alliance temporaire entre le vieux grincheux, brutal, taiseux, allergique à la technologie et le jeune loup idéaliste, naïf, scotché à son smartphone qui donne au film son échine de buddy movie et qui permet à Stallone de

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Grands brûlés

MUSIQUES | Depuis une quinzaine d'années qu'elle gronde (ses pairs rappeurs, les autorités), La Rumeur a été sujette à bien des flatteries de la part des commentateurs (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 19 octobre 2012

Grands brûlés

Depuis une quinzaine d'années qu'elle gronde (ses pairs rappeurs, les autorités), La Rumeur a été sujette à bien des flatteries de la part des commentateurs musicaux. Ici comme ailleurs, on a salué l'intransigeance de ses propos, le punch de ses productions, l'intensité de ses prises de paroles, sa constance, son mordant, sa combativité, sa jugeote, son intégrité... Mais le plus beau compliment qu'elle ait reçu, c'est la Cour de cassation qui le lui a adressé lorsque, au tout début de l'été 2010, elle a estimé que ses propos ne relevaient pas de la diffamation mais participaient au débat d'idées, mettant un terme à huit ans de lutte judiciaire contre le très chatouilleux Ministère de l'Intérieur. Une décision de justice qui n'a, c'est heureux, en rien entamé le mojo du groupe, attendu au Kao mercredi 24 octobre : son quatrième album, Tout brûle déjà, bien qu'il accuse par moments le poids des années (difficile, arrivé à quarante piges, d'éviter la redite) et de l'hyperactivité de ses auteurs (Hamé et Ekoué, les plus visibles, ont notamment réalisé le téléfilm De l'encre, présenté par ailleurs cette semaine au Comœdia), met la p

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Summertime

MUSIQUES | «Voilà l'été, voilà l'été, voilà l'été-é-é», chantaient les Négresses Vertes. Certes, mais une fois qu'on a dit ça, comment étancher sa soif de musique estivale quand justement on n'a ni l'intention de chanter tout l'été, ni l'intention de quitter la région lyonnaise. Éléments de réponse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 13 juillet 2012

Summertime

Chaque année, l'Onisep publie un ouvrage intitulé «Que faire sans le bac ?». C'est un peu la même vaste question qui se pose l'été venu : «Que faire l'été quand, rapport à l'augmentation de la recrudescence, à la crise, ou tout simplement du fait de l'absence de vacances, on est coincé à Lyon tel le renard dans un piège de braconnier ?». Se ronger la patte n'étant pas la solution – ce sont des choses qu'on regrette vite dès lors qu'on doit courir derrière un bus, rare en été –, l'amateur de musique aura quand même le loisir, s'il se remonte les manches, de se mettre quelques concerts sous les esgourdes. Pour cela, il peut commencer par remercier les Nuits de Fourvière qui ne remballent pas le matos avant la fin du mois de juillet. Et ô miracle, la plupart des concerts restant ne sont pas (encore) complets – exception faite de l'Éclat Final avec Brigitte et Arthur H et du hobo Charlie Winston. Summer session Voilà donc qu'il reste au programme de quoi bien combler sa fin de mois de juillet avec les bluesmen touaregs de Tinariwen (23 juillet), l'un des meilleurs groupes du monde – et on ne plaisante pas – ; l'ex-ministre de la Cu

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Touareg d'or

MUSIQUES | La coïncidence est étrange. Ou pas. À l'heure où la mitraille a redoublé sur une partie de leur territoire sans véritables frontières, les tirailleurs touaregs (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 septembre 2011

Touareg d'or

La coïncidence est étrange. Ou pas. À l'heure où la mitraille a redoublé sur une partie de leur territoire sans véritables frontières, les tirailleurs touaregs de Tinariwen, eux-même jadis combattants au sens propre de leur cause et de la liberté, ont remisé, à l'inverse de Dylan en son temps, l'hostilité électrique au profit de l'apaisement acoustique. Manière de déposer les armes ? D'en changer à la limite, le temps d'une parenthèse. Et depuis les débuts de l'existence de Tinariwen leur musique est toujours née sur un coin de bivouac, un instrument acoustique à la main, avant d'être tout autant électrifié qu'électrisé. À l'origine du projet Tassili, l'achat d'une guitare espagnole par Ibrahim Al Alhabib, à l'origine de la plupart des chansons de l'album, comme une clé vers de nouvelles possibilités d'expression de son propre folklore, mais pas que. Esprit d'ouverture et aura internationale obligent, les hommes sans pays (l'accès au Nord Mali, leur territoire traditionnel, leur est interdit), ont vu débarquer quelques invités de prestige échappés de Wilco ou de TV on the Radio. Sûrement pas un hasard. Car ce qui surprend le plus à l'écoute de Tassili, enregistré sur les contref

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The Kills

MUSIQUES | The Kills, c'est Alisson Mosshart et Jamie Hince, genre de Stone et Charden (surtout stone d'ailleurs) du rock indé. Un homme, une femme et assez peu de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 septembre 2011

The Kills

The Kills, c'est Alisson Mosshart et Jamie Hince, genre de Stone et Charden (surtout stone d'ailleurs) du rock indé. Un homme, une femme et assez peu de chabadabada pour le coup. Au lieu de ça du rock, du vrai, du rugueux, du sexy, de l'aguicheur, du crado, du mouillé. Si le duo a un peu perdu de sa substance à mesure qu'il gagnait en branchitude (Monsieur a épousé Kate Moss, un truc qui peut vous flinguer une carrière), leur dernier album Blood Pressures devrait sur scène s'employer à perforer tympans et cervelles tout en en remettant un coup côté pression artérielle. Idéal pour un petit check-up de saison.

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Tinariwen

MUSIQUES | Si l'on appelle les Touaregs les «Hommes bleus», c'est sans doute aussi qu'ils ont à voir avec le blues originel. Les Tinariwen en sont la preuve (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 septembre 2011

Tinariwen

Si l'on appelle les Touaregs les «Hommes bleus», c'est sans doute aussi qu'ils ont à voir avec le blues originel. Les Tinariwen en sont la preuve vivante depuis une dizaine d'années qu'ils trimbalent leurs guitares électriques comme autant d'armes et d'étendards. Mais pour son cinquième album, Tassili, le groupe du Sahara a déposé les kalash électriques pour un blues acoustique, apaisé et lumineux, enregistré dans le désert de... Tassili. Par chance un coup de SiroKao envoie ces nomades en terre lyonnaise pour nous faire profiter de ce blues dont le bleu profond donne la chair de poule.

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La Tête en friche

ECRANS | Après "Deux jours à tuer", Jean Becker revient en province avec un joli film à l’humanisme sincère, porté par un très grand Gérard Depardieu. CC

Christophe Chabert | Mercredi 26 mai 2010

La Tête en friche

Il est de bon ton de se moquer du cinéma de Jean Becker, son goût pour la France profonde, son cinéma où le texte a plus d’importance que la mise en scène, souvent réduite à un cinémascope dispensable et une lumière proprette. Pour les mêmes raisons, on pourrait dire de Becker qu’il est un auteur mineur, dont les réussites et les échecs dépendent du matériau qu’il adapte — ici, un livre de Marie-Sabine Roger. Depuis la mort de Sébastien Japrisot, qui lui avait écrit ses meilleurs films, le cinéma de Becker est inégal, mais on sent s’y affirmer une sincérité totale, un projet humain autant que cinématographique. La première partie de Deux jours à tuer par exemple ne trompait personne : la cruauté y sonnait faux, et le récit finissait par expliquer pourquoi. La Tête en friche n’a pas besoin de ce genre d’artifices pour toucher juste. Oui, c’est un film gentil, c’est même un film sur la gentillesse, mais où la violence est un vestige du passé qu’il faut s’arracher du crâne tel un éclat d’obus… Des livres et lui Pour Germain, gros nounours rustre mais aimable qui cultive son jardin et travaille au noir pour survi

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Tête de Turc

ECRANS | De Pascal Elbé (Fr, 1h27) avec Roschdy Zem, Pascal Elbé, Samir Makhlouf…

Dorotée Aznar | Vendredi 26 mars 2010

Tête de Turc

En cinq minutes, Tête de Turc donne le ton : une banlieue sous pression, des personnages aux destins croisés, un flic nerveux et son frère médecin sauvé de la mort par l’adolescent qui a manqué de le tuer, leurs familles respectives, l’immigration, les politiques, les media. Pascal Elbé, acteur, tourne son premier film et il est ambitieux. Bien. Sauf que passé les premiers plans, on a tout pigé : Elbé est le premier disciple déclaré d’Iñàrritu. À tel point que son film décalque, en les recolorant à peine voire en les citant maladroitement, 21 grammes et Babel. Inutile alors d’aller plus loin. Quand Iñàrritu, docteur en tragédie cosmique, devient une référence, on se dit que le cinéma français a vraiment un problème. JD

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Hommes heureux

SCENES | Théâtre privé / Créé en 1980 par Jacqueline Bœuf, le Théâtre Tête d’Or est une curiosité locale. Comment fonctionne l’unique grand théâtre privé de Lyon ? Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 4 septembre 2009

Hommes heureux

À l’origine du Théâtre Tête d’Or, il y a une comédienne, metteur en scène : Jacqueline Bœuf, la seule femme à avoir créé un théâtre privé. Le 17 janvier 1980, elle ouvre le Tête d'Or au 24 de la rue Dunoir, dans une ancienne cartonnerie du 3e arrondissement. C’est le 10 septembre 2001 que le théâtre s’installe à son adresse actuelle, avenue de Saxe, en lieu et place de l’ancienne ‘Cigale’. En 2007, l’honorable fondatrice passe la main et vend son théâtre à des hommes qu’elle a choisis : Pascal Héritier et Bruno Davanzo. Le premier, danseur de formation et ancien meneur de revues au Lido, s’est imposé dans le théâtre privé parisien et partage son temps entre ses activités de producteur de spectacles et la direction du Tête d’Or. Le second, son ami de vingt-cinq ans, assure la direction du Tête d’Or à temps plein. Ultime hommage à la créatrice du lieu, les deux hommes rebaptisent le théâtre "Tête d’Or – Jacqueline Bœuf". Aujourd’hui, le Théâtre Tête d’Or ne bénéficie d’aucune subvention (sauf pour le spectacle jeune public créé chaque année et pour lequel une petite aide est octroyée) et s’affiche comme le premier théâtre privé en termes de taux de remplissage, hors Paris. Humou

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Un tir dans la tête

ECRANS | Jaime Rosales radicalise encore son cinéma après le puissant La Soledad pour ce film-limite, sans dialogue et sans intrigue mais pas sans mise en scène, pour le meilleur ou pour le pire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 6 mars 2009

Un tir dans la tête

Jaime Rosales avait, il y a deux ans, fait la nique au méga-succès du cinéma espagnol en remportant tous les Goyas (les Césars locaux) avec La Soledad, film fort mais aussi très contemporain. Dans la foulée, il a réalisé Un tir dans la tête, qui va beaucoup plus loin, et laissera plus d’un spectateur sur le carreau — ce qui n’est ni une qualité, ni un défaut, juste un constat évident. Il faudra ainsi attendre la soixantième minute du film pour qu’il s’y passe vraiment quelque chose, un événement qui viendra lui donner un sens, ouvrant sur une volée de questions sans réponse. L’événement en lui-même (qui renvoie à un fait-divers réel) est en soi assez incompréhensible : il y a meurtre, mais qui tue qui et pourquoi, mystère… Solitude Auparavant, on aura suivi quelques personnages de loin. De très loin même, car le cinéaste choisit de les saisir au télé-objectif, si bien que l’on n’entend jamais la nature de leurs conversations. Leurs actes sont anodins : ils se lèvent, achètent le journal, ont l’amour, prennent leur

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Des trous dans la tête

ECRANS | De Guy Maddin (Canada-ÉU, 1h35) avec Isabella Rossellini…

Christophe Chabert | Jeudi 18 septembre 2008

Des trous dans la tête

En vingt ans de carrière et une dizaine de longs-métrages, Guy Maddin s’est affirmé comme un cinéaste absolument singulier, artiste têtu d’une œuvre sans équivalent, parfois déroutante, toujours surprenante. Des trous dans la tête appartient à sa meilleure veine : à la manière d’un film muet en noir et blanc raconté par une voix off et des cartons, il propose une reconstitution fantasmée de l’enfance du réalisateur. L’histoire, située sur une île perdue où trône un phare ô combien symbolique, est franchement baroque : pendant que le père de Maddin fabrique un sérum de jouvence tiré du cerveau d’orphelins, sa sœur vit une romance avec un ado détective qui est en fait une fille travestie, alors que sa mère, terrifiante, couve son rejeton d’un peu trop près… Derrière ses atours expérimentaux, le film est une déclaration d’amour au cinéma des premiers temps, celui de Méliès et de Feuillade, et aux feuilletons enfantins façon Club des cinq, relus avec beaucoup de malice à travers le prisme de la psychanalyse contemporaine. Christophe Chabert

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Que Touaregs viennent...

MUSIQUES | Musique / Quel est donc ce groupe si important pour que des gens aussi vénérables que Thom Yorke, Dominique A. et Elvis Costello en vantent les louanges (...)

| Mercredi 18 avril 2007

Que Touaregs viennent...

Musique / Quel est donc ce groupe si important pour que des gens aussi vénérables que Thom Yorke, Dominique A. et Elvis Costello en vantent les louanges ? Non pas la dernière sensation venue d'Amérique, mais d'authentiques Touaregs du désert réunis sous le nom de Tinariwen... Aujourd'hui, ils figurent avec les Congolais de Konono n°1 au sommet de ce vaste fourre-tout nommé «world music». Car la musique de Tinariwen, que l'on définit hâtivement comme un «blues du désert», c'est en fait du rock, du vrai, avec des guitares incroyables capables de riffs à la puissance démesurée, un foutu sens de la mélodie, des voix à la musicalité impressionnante et surtout une énergie à déplacer les dunes ou, chez vous, à pousser les murs de l'appartement. En concert, il doit être difficile de résister à ces guerriers ayant troqué leurs armes contre des instruments et leurs cris contre des chants de paix et de réconciliation. Mais il faut aussi absolument se procurer l'album (Aman Iman) qui bénéficie d'un travail éditorial comme on en voit peu de nos jours chez les majors : chaque chanson est reproduite phonétiquement, traduite et commentée, mettant en valeur toute la richesse textuelle, poétique et

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