23 ans que ça jazz à l'INSA !

MUSIQUES | Comme chaque année à la même période, le Doua de Jazz vient reprendre ses droits à Villeurbanne du 6 au 13 octobre. Seul festival de France géré uniquement par des étudiants, cet événement n'a qu'une mission : ouvrir les portes blindées du jazz aux néophytes.

Gabriel Cnudde | Mardi 4 octobre 2016

Photo : @ Alexandre Laprelle / Graines d'Images


Qu'elles paraissent banales, les traditionnelles soirées étudiantes « haut chic bas choc » organisées par les bureaux des élèves du tout Lyon en regard du festival Un Doua de Jazz ! Créé il y a 23 ans déjà par quelques copains de la section musique-études de l'INSA de Lyon, ce festival 100% étudiant n'a cessé de gagner en importance et en popularité. « Au départ, seuls des musiciens amateurs venaient y jouer. Petit à petit, grâce aux partenariats, aux subventions et autres, des artistes professionnels ont été invités », explique Vincent Rocher, président de cette édition. Résultat, le Doua de Jazz s'est offert quelques beaux noms : Chris Potter, Renaud Garcia-Fons, Robert Glasper, Fowatile et beaucoup d'autres.

Si le festival est entré dans une autre dimension, sa mission première, elle, est toujours la même. « On cherche à promouvoir le jazz dans le milieu étudiant à des prix accessibles et avec des réductions. Le tarif réduit est à 8 euros. Pour un concert de cette envergure, c'est très peu cher », se félicite le président. Seul festival de France entièrement géré par des étudiants, le Doua de Jazz requiert des nerfs d'acier pour l'équipe aux commandes. Heureux de voir le projet aboutir, Vincent n'en oublie pas les mois de travail : « honnêtement, j'ai plus travaillé à l'organisation que pour mes cours cette année. »

L'équipe, composée de six étudiants tous fans de jazz, a dévoilé une programmation éclectique, regroupant du jazz classique, du hip hop et de la funk. Sans oublier d'incorporer à ce savant mélange des groupes de la région qui leur ont tapé dans l'oreille. « C'est une programmation variée qui plaira à la fois à ceux qui découvrent le jazz et aux initiés », détaille Vincent. Une fois le festival terminé, l'opération découverte, elle, se poursuit tout au long de l'année puisque l'équipe organise chaque année un Off avec des concerts, des ateliers et des bœufs. Bref, ils l'ont compris, on ne joue pas de jazz à un doigt. Eux y ont mis toutes leurs mains et toute leur passion.

Festival Un Doua de Jazz
À Villeurbanne du 6 au 13 octobre


Supa Dupa + Tribeqa + Soul Square

jazz & hip hop
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Theo Ceccaldi trio

jazz & musique de chambre
Maison du Livre, de l'Image et du Son 247 cours Émile Zola Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Foehn trio + Soweto Kinch

jazz de la montagne à la ville
Théâtre Astrée Campus de la Doua, 6 avenue Gaston Berger Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Keith Brown quartet + Ben Wendel quartet

Jazz US
Théâtre Astrée Campus de la Doua, 6 avenue Gaston Berger Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Euforia quartet + Armel Dupas

jazz audio visuel
Espace Tonkin 1 rue Salvador Allende Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Chromatik + Electrophazz

CCO 39 rue Georges Courteline Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

DJ Pone, capitaine du mix dans la capitale des Gaules

Hip-Hop | DJ Pone (à ne pas confondre avec Pone de la Fonky Family) sera à la Maison M ce vendredi 22 octobre : une valeur sûre des platines à savourer en configuration club.

Alpha Saliou Diallo | Mercredi 20 octobre 2021

DJ Pone, capitaine du mix dans la capitale des Gaules

Bien plus que le “quart de Birdy Nam Nam”, DJ Pone est un pan de l’histoire du hip-hop de par ses performances au sein du Double H, des Svinkels, de son parcours en championnats DMC/ITF et des tournées avec des légendes telles que le Suprême NTM. Un pilier qui fait partie de ces rares artistes au nom établi, tant dans les faces visibles qu'immergées de cet iceberg que l’on appelle "culture hip-hop française". Un de ces artistes complets qui va là où son inspiration l'emmène, hors des catégorisations opaques par genre et tranche d'âge. Un consensus artistique vivant, auteur d’une vaste discographie qui a ratissé large sans rien concéder côté créativité. Que ce soit via les line-up de festivals, les compilations cassette/CD/minidisc de notre jeunesse ou logés dans la surabondance de playlists en streaming, les faits d’arme de DJ Pone traversent les générations et les programmations, avec comme

Continuer à lire

Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Festival | De Maceo Parker à Jamie Cullum, nombreux sont les artistes internationaux à annuler leurs tournées d'été, comme on pouvait s'y attendre. Ce qui impacte lourdement la programmation de Jazz à Vienne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 juin 2021

Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Finalement il en va des annulations de spectacles comme de la Covid, elles vont par vagues, pour ne pas dire qu'elles volent en escadrille. Ce sont les tournées des différents artistes qui, elles, restent au sol à Jazz à Vienne, comme cela vient d'être annoncé. Qui priveront le festival d'une bonne demi-douzaine d'artistes, chamboulant considérablement le programme. D'abord, c'est Jamie Cullum qui, après Marcus Miller, jette l'éponge. Son concert du 23 juin est donc reporté à 2022 (les billets restent valables pour ceux qui ne craignent pas de les perdre et il est évidemment possible de se les faire rembourser). Ses musiciens, non vaccinés, seraient contraints de passer par une quarantaine avant leur concert, selon les informations du Progrès, d'où l'annulation. Même chose pour Portico Quartet qui devait se produire le 24 juin. La soirée "Cullum" est décalée au 6 juillet (on peut là aussi conserver son sésame ou se faire rembourser, comme pour l'ensemble des soirées) mais avec une programmation modifiée qui aligne : Youn Sun Nah & Ulf Wakenius,

Continuer à lire

Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Jazz | Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un 1er juillet, il y avait foule, et l'ambiance était au beau fixe : le trompettiste et son groupe étaient en osmose. La prestation avait alors été enregistrée, et refait surface par la grâce d'une collaboration entre le festival français et le label Rhino, spécialiste des rééditions, qui annoncent conjointement la publication d'un double vinyle et l'apparition sur les plateformes de ce live baptisé Merci Miles ! pour le 25 juin. Ashley Kahn a rédigé les notes de pochette et Bruno Tilley réalisé le design. Deux compositions de Prince avait été jouées ce soir-là et sont sur le disque, Penetration et Jailbait. Collector.

Continuer à lire

Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Festival | Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 21 mai 2021

Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est l'un des grands habitués du festival, Marcus Miller. Malheureusement, le bassiste américain a pris la décision d'annuler sa tournée estivale en Europe dont évidemment les deux dates viennoises, invoquant notamment les difficultés liée à la circulation internationale dans le contexte de la Covid – qui a quasiment éradiqué la présence d'artistes américains dans les festivals ayant choisi de se produire cet été. Jazz à Vienne réfléchit à des solutions de remplacements qui devraient être annoncées dans les prochains jours.

Continuer à lire

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

Continuer à lire

Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

Continuer à lire

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

Continuer à lire

Lionel Martin : rhino féroce

Jazz | C'est aux commandes d'un EP tellurique en faux Solo(s) entièrement enregistré en extérieur avec Bertrand Larrieu qu'est réapparu cet automne, sans jamais avoir pourtant disparu, le saxo tellurique de Lionel Martin à la conquête des vibrations du monde et de ses dimensions parallèles.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 décembre 2020

Lionel Martin : rhino féroce

Quiconque a un jour évoqué la personne de Lionel Martin aura souligné à quel point l'animal est singulier. Dans ses recherches musicales comme dans ses manières de les restituer et d'occuper le terrain, à commencer par la rue. Car c'est précisément, dans la rue, son jardin de grand enfant préféré que Lionel Martin est allé enregistrer son dernier projet. Un EP sobrement baptisé Solo(s). Après, entre deux embardées éthio-machinchose avec Ukandanz, un duo avec le pianiste bulgare Mario Stantchev à la remorque de la musique de Louis Moreau Gottschalk et un détour du côté de chez Count Basie et son Afrique, en compagnie de Sangoma Everett (un bon jazzeux est d'abord un jazzeux qui sait s'entourer), Martin est donc descendu en bas de chez lui — on exagère à peine — pour se livrer à une expérimentation

Continuer à lire

Jazz à Vienne, limité mais sans limites

Festival | Faute de pouvoir accueillir du public, Jazz à Vienne fait un peu comme tout le monde et s'adapte en proposant "Jazz à Vienne – édition limitée", dont on vous détaille les subtilités ici.

Stéphane Duchêne | Dimanche 21 juin 2020

Jazz à Vienne, limité mais sans limites

T'as voulu voir Jazz à Vienne, tu verras Jazz à Vienne, "comme si on y était" nous annonce le festival qui bien sûr n'aura pas lieu en, selon l'expression confinée, "présentiel". Jazz à Vienne donc mais en "édition limitée" (à tous les sens du terme) mais pas empêchée. Au programme, des concerts live mais sans public (filmés donc, sinon à quoi bon ?), des rediffusions, des émissions spéciales, des compilations relayées chaque jour sur les réseaux sociaux, ce nouveau monde semi-présentiel. Et puisqu'il faut quand même un peu de vraie vie dans tout ça, le festival promet d'aller à la rencontre du public plutôt que l'inverse, dans les bars, cafés, restaurants et rues de Vienne et Lyon. De quoi préserver un semblant d'esprit de fête en cette année où, il faut bien l'avouer, faute de grives on mangerait des merles même virtuels. Deux rendez-vous quotidien proposeront ainsi dans les bars, cafés et restaurants d'anciens concerts estampillés Jazz à Vienne sur les écrans des établissements (un peu comme pour la Coupe du Monde de football, finalement). Le programme de ce Jazz à Vienn

Continuer à lire

Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Covid-19 | Le festival de jazz a annoncé l'annulation de sa 40e édition ce mardi matin, faisant suite au discours du président de la République.

Sébastien Broquet | Mardi 14 avril 2020

Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Après d'autres grands festivals nationaux, comme les Eurockénnnes de Belfort ou le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de tirer les conséquences du discours d'Emmanuel Macron tenu le lundi 13 avril : il n'y aura pas d'édition 2020, qui devait accueillir Jill Scott (photo), Nas ou Jamie Cullum. Jouant sur les mots, utilisant l'euphémisme "report" plutôt que l'évident "annulation", la direction a communiqué ce mardi matin : « c’est avec beaucoup d’émotion mais avec conscience et responsabilité que nous vous informons du report à l’été 2021 de notre 40e édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain. Cette décision fait suite à l’annonce du président de la République Emmanuel Macron lundi 13 avril interdisant la tenue de grands événements tels que les festivals avant mi-juillet. » Le coup est rude pour un festival qui avait su se réinventer et dynamiser sa programmation depuis trois ans, par la grâce d'un rajeunissement de l'équipe et d'un soutien financier accru de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les conséquences seron

Continuer à lire

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

Continuer à lire

Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Festival | Comme chaque année, les festivités estivales de Jazz à Vienne commencent à être dévoilées à l'approche de l'hiver. En plus des premiers noms, le festival innove cette fois un drôle de projet anniversaire : un album Panini.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Non content d'accueillir, pour donner forme à l'identité visuelle de sa quarantième édition, les talents graphiques de Juanjo Guarnido (connu et multiprimé pour le culte Blacksad, également décorateur et animateur), Jazz à Vienne innove cette année en confiant au dessinateur habité par la grande vitalité du festival les rênes visuelles du concert dessiné monté en partenariat avec le festival d'Angoulême et qui réunira donc l'Espagnol et le plus Français des bluesmen anglais, Hugh Coltman. Autre britannique habitué de JAV, Jamie Cullum, passé au fil des ans et des disques de petit fiancé rebelle du jazz à celui de mètre-étalon. Cette année, Jazz à Vienne mettra surtout le cap sur l'Afrique avec le projet pluridisciplinaire Africa2020 étalé sur l'ensemble de l'année et du territoire français à la remorqu

Continuer à lire

Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Portrait | Après Brüno en 2018, c’est lui qui donne des visages et des images au Festival Jazz à Vienne. Rencontre avec un illustrateur prolifique associant depuis plus de trente ans musiques et couleurs : Jacques de Loustal.

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Droit comme un i, vêtu avec une élégance non ostentatoire, il saute prestement de sa bicyclette, semblant surgir d’un album de ses confrères Dupuy & Berbérian. Quelques volées d’escalier plus haut, on pénètre dans son atelier d’artiste ; les murs confirment sans l’ombre d’une hésitation son identité. Outre quelques peintures accrochées ici ou là, et quelques travaux en cours, une bibliothèque chargée jusqu’à la gueule d’albums et d’ouvrages mêlant jazz, cinéma, littérature et illustration, voisine avec des piles de CD. L’atmosphère studieuse de cet antre du XIXe arrondissement parisien ne la rend pas moins accueillante : le canapé, guère éloigné de la table à dessin, ne semble pas avoir pour seule vocation de décorer les lieux. Jacques de Loustal s’y octroie une poignée de minutes de sieste chaque jour, dit-on. On raconte aussi qu’il aurait un autre studio dans les Monts d’Or quand il se déplace en région lyonnaise. Car l’homme aime les voyages, autant qu’il est passionné de musique. La faute à ses grands frères, qui l’ont initié au jazz, au blues et ensuite au rock :

Continuer à lire

John Zorn, marathon man

Jazz à Vienne | Pour sa venue à Jazz à Vienne, le protée musical John Zorn ne fait pas les choses à moitié : cinquante œuvres tirées de ses Bagatelles, quatorze groupes sur scène et quatre heures de concert. Un marathon immobile à courir absolument.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

John Zorn, marathon man

Inclassable, voilà sans doute le seul terme qui permette de définir (et donc de ne pas définir) le travail du musicien d'avant-garde John Zorn. Saxophoniste alto, clarinettiste, pianiste influencé par la musique de compositeurs comme Charles Ives et John Cage, on pourrait dire que le New-Yorkais de 65 ans a touché à tout. Mais en réalité, il a fait plus que cela, ce qu'il a touché, il l'a creusé en profondeur, déconstruit et remodelé, comme lorsqu'il s'est attaqué à une relecture d'Ennio Morricone, encensée par le compositeur lui-même, a appliqué les trouvailles cinématographiques de Godard à la musique, réinterprété Ornette Coleman sous un angle punk hardcore, testé les limites « du format habituel du groupe de rock » au sein d'un combo comprenant notamment le guitariste Bill Frisell et le chanteur Mike Patton, puis avec Bill Laswell. Zorn a ainsi ratissé tous les genres possibles, de la country au grindcore, en passant plus tard par la musique klezmer, avec son groupe Masada, et les musiques classiques et mystiques. S'inspirant en grande partie des techniques de John Cage et du free jazz qui, chacun à leur manière, laisse

Continuer à lire

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

Continuer à lire

Jazz (en) fusion

Jazz à Vienne | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 60 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Vienne pour opérer la fusion du Théâtre Antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car comme "venues d'ailleurs" : un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi

Continuer à lire

Jazz à Vienne : toute la programmation

Avishai Cohen, Jeff Beck, Melody Gardot, Marcus Miller... | Le festival Jazz à Vienne a dévoilé ce soir l'intégralité de sa programmation, avec de nombreuses soirées thématiques (Afrique, Brésil, hip-hop, funk, blues...) et quelques valeurs sûres. Voici tout le programme.

Sébastien Broquet | Mardi 20 mars 2018

Jazz à Vienne : toute la programmation

Jeudi 28 juin Al McKay’s Earth Wind & Fire Experience ouvre les festivités. Du bon gros funk à l'ancienne, à la façon 80's, pour lancer une soirée ? C'est facile, mais ça marche à chaque fois. On prend. D'autant que d'autres grands anciens, la Malka Family, émules d'un Funkadelic à la française ayant marqué le début des 90's s'invite aussi sur ce plateau. Pour faire le plein de bonne humeur. Côté club ? On ira voir Forq. Vendredi 29 juin Melody Gardot à l'affiche : le côté le plus pop du jazz, forcément vocal, pour continuer l'aventure. Consensuel, voire familial, puisque l'on découvrira aussi l'expérience Jazz love Disney, avec Hugh Coltman, China Moses, Sarah McKenzie et Myles Sanko... Curiosité. Au Club, le trio jazz punk venu de São Paulo Metá Metá invite quelques amis. Assurément l'un des grands moments du festival, on vous l'annonce de suite ! Sam

Continuer à lire

Jazz à Vienne... à Val Thorens

Festival | En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 février 2018

Jazz à Vienne... à Val Thorens

En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus longtemps qu'ailleurs : à Val Thorens à 2300 m d'altitude. Le forfait, très éclectique, comprendra non seulement apéro-jazz, JazzMix, conférence, projection, spectacle jeune public, exposition 10 ans de photos de Jazz à Vienne mais aussi concerts jusqu'en bas des pistes, sis entre 13h et 2h du matin. Avec au programme ; des étoiles telles que le Kyle Eastwood Quintet, China Moses, Foehn trio, le trio funk lyonnais Da Break, Dowdelin et DJ Harry Cover... Et très logiquement, ça s'appelle Jazz à Val Thorens.

Continuer à lire

Gregory Porter à Jazz à Vienne

Festival | Trois premiers artistes excitants, un changement radical de charte visuelle : Jazz à Vienne s'offre une cure de jouvence.

Sébastien Broquet | Mardi 21 novembre 2017

Gregory Porter à Jazz à Vienne

Jazz à Vienne poursuit sa mue et ce de manière radicale en ce qui concerne le visuel : exit l'illustrateur historique Bruno Théry qui avait réalisé les 35 précédentes, bonjour Brüno, dessinateur nantais de BD ligne claire remarqué pour son travail avec le scénariste Appollo (Biotope), importé dans le cadre d'un partenariat noué avec le festival de bande dessinée d'Angoulême et amené à se renouveler : chaque année, un dessinateur différent choisi par Angoulême réalisera ainsi l'affiche de Vienne. C'est peu dire que le visuel de cette année, au personnage inspiré de Miles Davis, insuffle un sacré coup de jeune bienvenu... Outre l'affiche, pour chaque édition, un concert dessiné sera partagé entre les deux événements : débuts de grande classe avec une collaboration entre la chanteuse malienne Rokia Traoré côté musique et Rubén Pellejero côté dessin, à qui l'on doit le retour de Corto Maltese. Une date à cocher sans plus attendre (le 26 janvier à Angoulême et le 5 juillet au Théâtre Antiq

Continuer à lire

The Souljazz Orchestra, machine à danser

Groove | Ottawa, Canada : de là, se propage depuis 2002 un groove aussi inlassable que pluriel, mutant au gré des années, incarné par Pierre Chrétien et sa bande du (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

The Souljazz Orchestra, machine à danser

Ottawa, Canada : de là, se propage depuis 2002 un groove aussi inlassable que pluriel, mutant au gré des années, incarné par Pierre Chrétien et sa bande du Souljazz Orchestra qui font escale au Marché Gare ce mardi 17 octobre. Né dans la marmite afrobeat si vivace qui s'est mis à bouillir tout autour du monde après la mort du maître Fela Kuti, le Souljazz Orchestra s'est émancipé du beat de Lagos dans une succession d'albums, huit au total, dont le dernier né, Under Burning Skies, vient tout juste de paraître. Toujours signé sur le label londonien Strut qui herberge le groupe depuis sept ans, cet opus garde la base afro funk, conserve les plus récentes influences caribéennes (Tambour à deux peaux) mais intègre en sus un son parfois plus 80's avec l'apport des claviers de cette époque (Holla Holla), pour une percée vers un disco mutant et créolisé qui fait mouche à chaque escale. De l'imparable : un conseil, pensez à vous échauffer avant le concert, ne prenez pas le risque de le débuter les muscles froids, vous risqueriez le claquage.

Continuer à lire

Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Jazz à Vienne | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable Archie Shepp pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait "Trane" ?

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960, au Five Spot à New-York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui déjà un poids lourd, comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman de ces pionniers, inspirés par quelques travaux remontant aux années 40 déjà, qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop décident d'en briser les conventions, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il

Continuer à lire

A Night with Nicolas Jaar annulé

Clubbing | La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 9 juin 2017

A Night with Nicolas Jaar annulé

La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par Jazz à Vienne et Nuits Sonores devait rassembler Pan Daijing, Bill Kouligas, Show me the body, Amnesia Scanner, Hvad et Helado Negro autour du génial Nicolas Jaar. Les possesseurs d'un billet peuvent se faire rembourser auprès de leur point de vente.

Continuer à lire

Jeu, Chet et jazz !

ECRANS | À l’occasion du Jazz Day, le Comœdia rend doublement hommage à l’éternelle figure cabossée de l’ange déchu du bugle, Chet Baker, à travers deux films. Tout (...)

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

 Jeu, Chet et jazz !

À l’occasion du Jazz Day, le Comœdia rend doublement hommage à l’éternelle figure cabossée de l’ange déchu du bugle, Chet Baker, à travers deux films. Tout d’abord, le documentaire Autour de Chet tourné par Léonard Courteaux à l’occasion de l’enregistrement de l’album homonyme avec des grands noms de la scène actuelle (de Rosemary Standley à Érik Truffaz, en passant par Benjamin Biolay), puis le splendide portrait Born to be Blue, grande évocation d’une des résurrections de l’artiste incarné par Ethan Hawke devant la caméra de Robert Budreau. Douloureux et cependant d’une insondable beauté. Jazz Day Au Comœdia le dimanche 30 avril à 11h et 18h

Continuer à lire

Trente glorieuses pour À Vaulx Jazz

Jazz | Avant de probablement passer en biennale, l'incontournable festival À Vaulx Jazz fête ses 30 ans. Et si le programme comme sa durée sont resserrés, l'amateur de jazz et les fidèles auront de quoi retrouver ce qui fait son sel.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 février 2017

Trente glorieuses pour À Vaulx Jazz

À Vaulx Jazz, 30e. Les mauvaises langues argueront que pour entrer dans sa quatrième décennie, le festival vaudais aurait pu frapper plus fort. D'autres se demanderont où sont passées les compositions artisanales en forme de masques tribaux ou de totems surréalistes de Bruno Théry, marque visuelle depuis des lustres, remplacées par le travail de jeunes graphistes lyonnais. En retournant la lorgnette on peut aussi, tout en saluant l'initiative de rendre les choses plus lisibles en recalant son hors-les-murs au mois de mars, voir là la volonté d'un festival qui a envie de se donner un coup de jeune, un coup de frais, histoire de ne pas basculer dans la routine. Bref d'aborder ses 30 ans du bon pied. Et de fêter ça dignement, quand on annonce que le festival pourrait passer en biennale (et donc fêterait ses 31 ans dans deux ans). Car il y aura quand même du grand nom jazz à se mettre sous l'esgourde. Le plus fidèle d'entre eux (qui fit ses débuts français en ce même festival il y a tout juste dix ans) étant

Continuer à lire

"Born To Be Blue" : De déchet à Chet

ECRANS | de Robert Budreau (GB-EU-Can, 1h37) avec Ethan Hawke, Carmen Ejogo, Callum Keith Rennie…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

1966. Vaincu par ses addictions, Chet Baker n’est plus ce James Dean du jazz qu’il a été. Mais la rencontre avec la belle Jane à la faveur du tournage d’un film hommage, l’encourage à entreprendre une renaissance. Ce ne sera pas la première, ni la dernière… La douloureuse trajectoire torve de Baker appartient à cette mythologie du jazz faite de cycles de grandeur-déchéance, de caves enfumées et d’ivresses prolongées ; en cela, elle est éminemment cinématographique. Encore faut-il savoir y prélever les éléments les plus saillants, et confier cette réelle mission à un comédien inventif, capable de surcroît d’éviter l’odieux piège de la surcomposition. Ethan Hawke, décidément abonné aux vieilles gloires éthyliques (voir Les 7 mercenaires), se révèle excellent pour interpréter la partition du bugliste à la voix d’ange et au visage de jeune premier désespéré. Dans cette élégie élégante et délicate, jouant parfois avec sa propre structure et faisant fi

Continuer à lire

L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

MUSIQUES | Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 25 novembre 2016

L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle représente un personnage hybride, mêlant peinture, photographie et matière, qui traduit la richesse culturelle du festival. Rendez-vous du 29 juin au 13 juillet 2017 !

Continuer à lire

Soweto Kinch, l'interview

Un Doua de Jazz | À quelques jours de son concert au festival Doua de Jazz, Soweto Kinch s'est livré. De ses inspirations à sa quête permanente d'histoires à raconter, le jazzman a décortiqué sa musique dans les moindres détails.

Gabriel Cnudde | Mardi 4 octobre 2016

Soweto Kinch, l'interview

À quel moment avez-vous compris que le jazz était la musique que vous vouliez jouer et partager ? Soweto Kinch : J'avais 13 ans. Je suis allé avec mon père au festival d'Edimbourg (NdlR : le père de Soweto, Don Kinch, est un dramaturge). Dans sa pièce, il y avait quelques musiciens de jazz. La même année, je suis allé voir mon père jouer à Birmingham. Ce sont deux événements qui ont changé ma vie. Quand j'ai vu ces gens jouer avec une telle passion et de telles compétences, j'ai compris que je voulais être comme eux en grandissant. Ce n'est pas commun qu'un enfant de 13 ans se passionne pour le jazz... Ce n'est pas vraiment une question d'âge. Beaucoup de musiciens jazz actuels s'y sont intéressés tôt. C'est un langage et même si on ne peut pas le parler quand on est jeune, on peut l'apprécier. Mais vous savez, à 13 ans, j'étais aussi au courant de tout ce qui se passait sur la scène hip-hop. Les artistes que j'écoutais à l'époque, comme A Tribe Called Quest, De La Soul, The Pharcyde, avaient tous incorporé des éléments jazz dans leurs productions. Je c

Continuer à lire

Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

Continuer à lire

"Love & Friendship" : une délicieuse adaptation de Jane Austen

ECRANS | Avec cinq longs-métrages en vingt-cinq ans, Whit Stillman semble du genre à se faire désirer. Logique qu’il ait succombé aux charmes de Lady Susan, cultivant la séduction comme l’un des beaux-arts. En résulte une transposition délicieuse du roman épistolaire de la jeune Jane Austen.

| Mardi 21 juin 2016

Le rôle du cinéma et de la télévision dans le regain de popularité rencontré par l’œuvre de Jane Austen est indubitable : la prodigieuse quantité d’adaptations — qui elles-mêmes ne l’étaient pas toutes — déversées sur les écrans depuis une vingtaine d’années a contribué à la postérité contemporaine de l’auteure britannique au-delà du périmètre des lecteurs avertis et des anglophones. La surexposition de Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments ou Emma a cependant eu comme corollaire étrange de restreindre la notoriété de ses écrits à ces quelques titres, abandonnant les autres à une ombre plus épaisse encore. En un sens, c’est heureux que personne ne se soit emparé de Lady Susan avant Whit Stillman : il a eu le bonheur de travailler sur un matériau vierge de tout repère. Et de façonner “son” image de Lady Susan. Une Kate avisée d’un époux aisé Celle-ci épouse les traits merveilleux — comment pourrait-il en être autrement, puisqu’il s’agit d’une coureuse de beau parti, fine manigancière au physique envoûtant — de Kate Beckinsale

Continuer à lire

Dhafer Youssef au musée des Confluences

Jazz Days | S'il est né en Tunisie en 1967, il est fort difficile de résumer Dhafer Youssef à une origine ou à une époque : ce joueur de oud virtuose s'ingénie au (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Dhafer Youssef au musée des Confluences

S'il est né en Tunisie en 1967, il est fort difficile de résumer Dhafer Youssef à une origine ou à une époque : ce joueur de oud virtuose s'ingénie au fil des années à brouiller les pistes et à marier les répertoires, naviguant d'un monde à l'autre, d'un continent au suivant. Même quand on l'invite pour un concert comme le fait le musée des Confluences, le Tunisien multiplie les perspectives : car ce n'est pas moins de trois concerts qu'il offre à ceux qui sont aussi curieux que lui. Outre celui en compagnie de Dave Holland ce mardi, le voici se présentant ce jeudi pour un voyage aux confins de la Perse et surtout une exceptionnelle rencontre avec son ami Ballaké Sissoko le samedi 30, pour une virée dans les contrées des griots. Avec ce maître malien de la kora, connu aussi pour ses collaborations en compagnie de Vincent Ségal, l'accord s'annonce parfait d'autant que le Norvégien Eivind Aarset les épaulera solidement. Grand moment en perspective pour amoureux de musiques sans étiquette.

Continuer à lire

Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

Continuer à lire

Yom, countries for the Old Man

MUSIQUES | La terre étant ronde, du moins aux dernières nouvelles, plus l'on se dirige vers l'Ouest plus on a de chances d'arriver à l'Est. En définitive, du Far West au (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 mars 2016

Yom, countries for the Old Man

La terre étant ronde, du moins aux dernières nouvelles, plus l'on se dirige vers l'Ouest plus on a de chances d'arriver à l'Est. En définitive, du Far West au Far East, il n'y a pas loin. Bien entendu cela vaut pour la musique, cette grande voyageuse. Les Américains le savent plus que d'autres, eux qui ont importé de l'Est (Afrique pour le blues, Allemagne pour le bluegrass) la musique de l'Ouest. Yom va plus loin. Yom est un cowboy, un cowboy français et clarinettiste, un cowboy d'origine yiddish dont le père a grandi en Amérique. Ça vous imprègne un homme, surtout s'il est comme lui porté sur les expérimentations, les boutures musicales autant que le déterrage de racines. Avec ses Yiddish Cowboys et Songs for the Old Man, du côté d'À Vaulx Jazz le 9 mars, Yom fait le lien entre cette musique de la peine née en Europe de l'Est et sa cousine de déracinement, la country. Donnant l'impression que le Danube a creusé le Grand Canyon et que les Appalaches sont filles des Carpates. Surtout, la terre étant ronde, la mélancolie est à la fois départ, destination et chemin. SD

Continuer à lire

Colin Stetson, jazzman éléphantesque

MUSIQUES | Les barrissements de ses saxophones XXL se font entendre sur quelques grands disques de rock de ces dernières années. Mais Colin Stetson est aussi un immense performer et musicien solo dont le son inimitable et tellurique abat les frontières entre pop, classicisme et avant-garde.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 mars 2016

Colin Stetson, jazzman éléphantesque

Question à mille euros : l'homme en a deux, l'éléphant trois, la femme quatre, l'éléphante cinq, de quoi s'agit-il ? Tic tac, tic tac... Huuuuun. Il s'agit des trompes. Colin Stetson, lui, se situe quelque part entre l'homme et l'éléphant puisqu'il n'est pas rare qu'il possède trois trompes (le lecteur ayant envisagé l'amorce d'une pensée salace est prié de quitter cet article et de ne pas jeter son Petit Bulletin sur la voie publique). Car Colin Stetson joue de ce genre de saxophone basse ou baryton (et même de la clarinette, toujours basse) dont le son n'est pas sans évoquer le barrissement. Un instrument ardu à maîtriser (son poids, le souffle qu'il nécessite) et passablement ingrat (outre qu'il déchausse les dents, il vous relègue toujours à l'arrière-plan). Chemins Ceux à qui ce nom est familier l'ont sûrement vu associé aux travaux de la branchitude new-yorkaise (David Byrne, TV on the Radio, LCD Soundsystem, Yeasayer) ou de la nouvelle vague rock canadienne (Arcade Fire, Feist, Timber Timbre). Éléphant slalomant dans le magasin de porcelaine de la musique mondiale sans rien casser d'autre que la baraque, capable d'accompagner le dé

Continuer à lire

À Vaulx Jazz comme des images

ECRANS | Chaque édition d’À Vaulx Jazz donne l’occasion de rappeler combien fécondes peuvent être les noces entre ce genre musical et le cinéma, combien intacte demeure leur complicité.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

À Vaulx Jazz comme des images

L’un et l’autre nés à la fin du XIXe siècle, ces deux vecteurs d’expression populaire ont prospéré en marge dans les rues ou les foires, avant de se tailler leur place parmi les disciplines artistiques considérées comme ”nobles“. On en arrive même à un formidable paradoxe aujourd’hui, où tout film pourvu d’une bande originale jazzy se trouve d’emblée doté d’une aura de raffinement vintage, voire d’un brevet d’intellectualisme woodyallenien ! Parfaites girouettes, les mentalités ont une stabilité comparable aux gouvernements de la IVe République… Quatuor de choc Justement, parmi les quatre films retenus dans la programmation de cette année figure un classique de cette époque : Rendez-vous de juillet (1949). Signé par Jacques Becker, le Howard Hawks français, ce film aspire l’air ambiant autant qu’il s’en inspire — en particulier celui des caveaux jazz ayant fleuri après la Libération à Paris. Révélant les comédiens Maurice Ronet et Nicole Courcel, il a aussi le flair de capter les notes du jeune Claude Luter et de ses “Lorientais”. Revendiquant en musique des goûts éclectiques (« de Duke Ellington

Continuer à lire

La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté jazz et world

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope. Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on ret

Continuer à lire

Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | «Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : amicalement vôtre

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

Continuer à lire

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

Continuer à lire

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

MUSIQUES | En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Allen Toussaint lance Jazz à Vienne

En 2005, le terrible ouragan Katrina, outre les dégâts humains et catastrophiques qu'il a infligés à la Nouvelle Orléans, a commis un crime de lèse-majesté. Détruisant son studio et sa maison, il a mis à la porte l'une des légendes locales, pilier de la culture musicale et donc de la Culture avec un grand C d'une Big Easy qui l'était soudain beaucoup moins, easy : Allen Toussaint. Mais s'il est "aisé" d'abattre d'un coup de brise un monumental chêne Quercus Virginia, il est plus compliqué d'en effacer l'ombre tentaculaire et infinie. Car Allen Toussaint, c'est à lui tout seul près de 60 ans de musique néo-orléanaise, l'incarnation des mélanges constitutifs de l'art musical local par sa manière de revisiter le R'n'B originel à sa sauce et sa volonté toujours farouche de mêler son talent à celui des autres, quitte à rester volontairement dans l'ombre. Sa carrière solo, pourtant brillante, n'ayant jamais été sa priorité, Toussaint a toujours pris davantage de plaisir a écrire, composer, produire pour les autres dans à peu près tous les styles imaginables, au point de devenir une référence très demandée, y compris par les géants de la pop (Macca, Costello, Joe Coc

Continuer à lire

Jazz Day : «une musique de combat»

MUSIQUES | Chaque année, le Jazz Day prouve que la musique tant aimée par Boris Vian est bien vivante et qu'elle est partout, même dans les morceaux de Beyonce. Rencontre avec Benjamin Tanguy, programmateur de Jazz à Vienne et coordinateur de l'événement. Propos recueillis par Valentine Martin.

Valentine Martin | Mardi 28 avril 2015

Jazz Day : «une musique de combat»

Qu'est-ce que le Jazz Day ? Benjamin Tanguy : Le Jazz Day, c'est la journée internationale du jazz, qui a été initiée en 2011 par l'UNESCO sous le patronage du musicien Herbie Hancock. Il a eu cette idée de choisir un jour pour montrer l'importance de cette musique dans le patrimoine immatériel de l'humanité. Le jazz s'est crée dans un contexte social défini et il a eu une influence sur la société. Cette musique porte des valeurs très fortes de métissage, de liberté, de rencontre, des choses que ne portent pas forcément d'autres styles de musique. Le jazz, c'est plus qu'une musique, c'est un vrai courant social et sociétal qui a énormément influencé la société et qui continue de l'influencer. C'est dans cette optique que l'UNESCO et Herbie Hancock ont décidé de le promouvoir : pour ses valeurs, pour montrer qu'il n'est pas élitiste et poussiéreux. Et qu'il est terriblement actuel. Mais s'il est aussi actuel, pourquoi a-t-il besoin du soutien de l'UNESCO ? C'est une très bonne question. En fait, c'est plutôt l'UNESCO qui s'est emparé de cet événement. Herbie Hancock a su déceler dans le jazz quel

Continuer à lire

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

Continuer à lire

A Vaulx, du jazz à foison

MUSIQUES | Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

A Vaulx, du jazz à foison

Si cette édition d'Á Vaulx Jazz, qui va allègrement sur ses trente ans, se clôturera en apothéose supersonique avec un hommage appuyé à Sun Ra par Thomas Pourquery puis le Sun Ra Arkestra, les festivités ne s'arrêteront pas là. Enfin si, mais du moins ne commenceront-elles pas là. Dans la même série d'hommages à des artistes ou à des albums mythiques, devenue un peu par hasard l'une des marques de fabrique du festival vaudais, l'un des moments forts de cette mouture 2015 sera Over The Hills, création de l'iMuzzic Grand(s) Ensemble revisitant l'invisitable, à savoir l'opéra-jazz de Carla Bley et Paul Haines (au livret) Escalator Over the Hill, monument musical du tournant 60-70. Stéphane Kerecki et son quartet s'attaqueront eux à la musique de la Nouvelle Vague – également représentée par la projection de ce film free qu'est Pierrot le Fou qui témoigne de l'empreinte cinématographique du festival. Pour le reste, la thématique déployée par Á Vaulx Jazz tourne autour des «soufflants, des voix et des cordes» – ce qui est toujours, il faut bien le dire, un peu le cas. Où l'on

Continuer à lire

Pharrell Williams à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Pharrell Williams à Jazz à Vienne

Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée Extra Night en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube interplanéntaire Happy (et, pour ce qui nous concerne, l'un des trois cerveaux de N.E.R.D.). A la différence de la légende soul, c'est toutefois en amont du festival que se produira Pharrell : mardi 23 juin, soit trois jours avant le début officiel des réjouissances (qui se poursuivront jusqu'au 11 juillet). Les places seront en vente à partir du mardi 6 janvier (pour des prix allant de 65 à 79€). Pensez à doubler le noeud à votre mouchoir : il n'y aura certainement pas pour tout le monde.

Continuer à lire

L'affiche de Jazz à Vienne 2015

MUSIQUES | A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 27 novembre 2014

L'affiche de Jazz à Vienne 2015

A chacun sa tradition en ce quatrième jeudi du mois de novembre : Thanksgiving pour les Américains, le dévoilement de l'affiche de Jazz à Vienne pour nous. Voici donc celle de la trente-cinquième édition du festival, pour le moins surprenante de psychédélisme. On ne sait pour l'heure si la programmation sera à l'avenant, mais vous pouvez d'ores et déjà vous abonner "à l'aveugle" (ou plutôt "à la sourde") à un tarif préférentiel. Par ici : www.jazzavienne.com

Continuer à lire

Insomniaque - Soirées du 19 au 25 novembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le lancement du magazine "Sottises", Rrose au DV1 et Fred P au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 novembre 2014

Insomniaque - Soirées du 19 au 25 novembre

20.11 Rrose 1920 : Marcel Duchamp s'invente un alter ego féminin chapeauté, Rrose Sélavy. Un demi-siècle plus tard, un mystérieux Californien lui emboîte le pas. A la différence que ce ne sont pas des aphorismes érotiques que Rrose conçoit dans le secret de sa frange, mais des chefs-d’œuvre de techno mercuriale – en cela qu'ils n'ont de cesse, de ramdams métalliques en textures sonnantes non identifiées, de monter en puissance et en sophistication, jusqu'à menacer de vous faire imploser la fiole façon Scanners. Non, il ne touchera pas non plus aux pissotières du DV1. 21.11 The Cosmic Adventure Que la nature ait horreur du vide, le New-yorkais Fred P n'en a rien à secouer. Au contraire : c'est parce qu'il est resté fidèle aux fondamentaux de la deep (intériorisation, simplicité), non sans les nimber d'une noirceur lo-

Continuer à lire

Jazz à Vienne légèrement touché par la grève

MUSIQUES | Après le Festival du court-métrage de Grenoble et le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de répondre à l'appel à la grève lancé par la CGT ce vendredi (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 juillet 2014

Jazz à Vienne légèrement touché par la grève

Après le Festival du court-métrage de Grenoble et le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de répondre à l'appel à la grève lancé par la CGT ce vendredi 4 juillet : les concerts des scènes de Cybèle, de Caravan'Jazz et du JazzMix sont ainsi annulés, de même que celui de Youn Sun Nah aux Musaïques. Les concerts prévus au Théâtre antique sont eux maintenus. Ils batteront toutefois pavillon contestataire (la fameuse croise blanche sur fond noir) et seront précédés d'une prise de parole.

Continuer à lire

La dérive des continents

MUSIQUES | Grand archéologue des racines musicales américaines, étonnant voyageur des musiques du monde, le grand maître du blues traditionnel Taj Mahal s'est régulièrement acoquiné avec la crème des musiciens africains et plus particulièrement maliens. A l'occasion de la Nuit africaine de Jazz à Vienne, il retrouve pour un choc continental haut en couleurs l'un de ses complices favoris : le griot Bassekou Kouyaté, spécialiste du luth n'goni. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

La dérive des continents

Henry Saint Clair Fredericks, plus connu sous le pseudonyme de Taj Mahal, est une sorte d'anomalie dans l'histoire de la musique américaine : l'un des rares musiciens de sa génération, native du début des années 40 et nourrie de musique en abondance, se désintéressant du phénomène rock'n'roll et de ses divers avatars, préférant au charme de la nouveauté celui de la tradition jazz, gospel et même classique.  Sans doute peut-on y voir l'influence de parents qui ont connu, avant d'émigrer vers le Massachusetts, l'effervescence de la "Renaissance d'Harlem", important mouvement artistique de l'entre-deux guerres marquant l'affirmation de la culture afro-américaine sous toutes ses formes.  Maîtrisant à peu près tout ce que la musique compte d'instruments à cordes (guitare, banjo, dobro, dulcimer et une quinzaine d'autres), ethnomusicologue diplômé, Taj Mahal met sa science au service d'une remontée du courant americana aux sources du blues, de la country, du folklore hawaïen et de la musique des Caraïbes – d'où la famille de son père, descendante d'esclaves, est originaire –

Continuer à lire

Stevie in Wonderland

MUSIQUES | Sur l’échelle des compositeurs pop à l'influence primordiale et éternelle, Stevie Wonder figure en bonne place aux côtés des Beatles et Bob Dylan. Non content d'avoir révolutionné la musique soul dans les années 70, ce génie précoce a toujours su tirer de ses facilités mélodiques des dizaines de tubes entrés dans l'inconscient collectif. Un monstre sacré que Jazz à Vienne s'offre en "Extra night". Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Stevie in Wonderland

A l'occasion de la mort de Michael Jackson, Stevie Wonder rendit à son ancien collègue de la Motown un hommage vibrant et un peu inattendu au milieu de ce concert mondial de sanglots : «Le plus important est l’héritage musical qu’il nous a laissé. Nous devons le célébrer et pas le pleurer. Il ne faut pas tomber dans la négativité». Il joua ensuite une version personnelle d'I Can't Help It, composée par lui-même pour l'album Bad de Jackson, puis I Never Dream You'd Leave in Summer et They Won't Go When I Go, deux titres fortement connotés. Quelques jours après la disparition d'une autre légende, Bobby Womack, initialement programmé à Fourvière (voir encadré), voilà une phrase à méditer : lorsque les grands artistes meurent, on les pleure un peu bêtement, alors qu'ils nous ont fait cadeau d'oeuvres et d'émotions éternelles.  Comme Jackson, Wonder, né Stevland Judkins, est un rare exemple d'enfant star ayant mieux que vaincu l'adolescence. Car le gamin de Detroit rendu aveugle par un accident d'oxygénation en couveuse n'est pas

Continuer à lire

Jeff Beck annule sa venue à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Le virtuose de la six-cordes, qui devait se produire à Jazz à Vienne dimanche 6 juillet aux côtés de Joe Satriani et du one-man-band They Call Me Rico, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 juin 2014

Jeff Beck annule sa venue à Jazz à Vienne

Le virtuose de la six-cordes, qui devait se produire à Jazz à Vienne dimanche 6 juillet aux côtés de Joe Satriani et du one-man-band They Call Me Rico, annule la quasi totalité de sa tournée européenne pour raisons de santé. Le concert est toutefois maintenu et Jeff Beck sera remplacé par le bluesman Lucky Petterson.

Continuer à lire

Quincy et cie

MUSIQUES | Rares sont les hommes de l'ombre de l'industrie musicale dont le nom est aussi évocateur que celui de Quincy Jones. A part Phil Spector et George Martin, et peut-être Berry Gordy de la Motown et Sam Philips de Sun Records. Aucun d'entre eux n'aura toutefois été aussi omniscient et omniprésent que Quincy Jones dans la musique américaine. Preuve qu'il l'est toujours à plus de quatre-vingt ans, il nous présente à Jazz à Vienne ses derniers protégés. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Quincy et cie

Pour le grand public, Quincy Jones sera à jamais l'homme qui se cache derrière les plus grands succès de l'ascension fulgurante de Michael Jackson. Celui qui fit d'un jeune homme au talent inégalé une superstar planétaire, "The King of Pop". Mais Jones, producteur de génie – et par producteur, il faut entendre toutes les acceptions de ce terme – est aussi et surtout un musicien né. Ou presque né, gagné par le virus de la musique dès son enfance. Clark Terry lui apprend la trompette à treize ans et Ray Charles l'art de la composition – tant pis si c'est en braille. Il a quinze ans lorsqu'il joue aux côtés de Billie Holiday et Cab Calloway. A la fin de ses études, il rejoint l'orchestre d'un Lionel Hampton bluffé par ses compositions. On dit partout que Quincy a une oreille phénoménale et les plus grands jazzmen s'arrachent ses arrangements. Après un détour par Paris dans les années 50, où il en profite pour suivre les cours de la papesse de la pédagogie musicale Nadia Boulanger – et accessoirement pour diriger Barclay Musiques – Jones revient aux States pour se rapprocher de la pop et enchaîne les succès avec Peggy Lee (If you Go), Lesley Gore

Continuer à lire

Magic system

MUSIQUES | Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Magic system

Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et multiplie les collaborations jusqu'à la limite de la schizophrénie esthétique. Surtout, avec ou sans son Magic Malik Orchestra, le natif d'Abidjan grandi en Guadeloupe se nourrit, avec un instrument pas forcément taillé pour la légende, d'expériences musicales sans limites, entre jazz, hip hop et électro. C'est ce dernier genre que Malik explore en compagnie de DJ Oil (des Troublemakers), Gilbert Nouno et Hubert Motteau à la batterie sur Tranz Denied. Mais, on s'en doute, en appliquant son propre système de pensée, d'écriture et d'interprétation. La flûte y est toujours présente, mais Malik joue de nombreux autres instruments et chante sur ce qui relève davantage d'une plongée dans des univers musicaux multiples : pop japonaise (le très ludique Shibuyi Memories), world music et donc électro, certes, mais jouée à la manière d'une formation jazz. Tranz Denied est donc un OVNI, ambassadeur idéal de festivals de jazz qui cherchent, comme Fort

Continuer à lire