À l'Opéra, des airs connus

Classique | Passage en revue des festivités prévues du côté de l'Opéra où l'on rejoue ses classiques, et de l'Auditorium qui fait tout un cirque de son réveillon.

Pascale Clavel | Mardi 13 décembre 2016

Photo : © DR


À l'Opéra, c'est le jeune, fougueux et futur chef permanent, Daniele Rustioni, qui officie : une soirée faite de joyeux pots-pourris, une enfilade de tubes à fredonner plus ou moins discrètement. Des extraits d'œuvres classiques et romantiques, tricotés comme un gros patchwork bien doux. Le public en aura trop et c'est bien cela qu'il cherche : le trop d'émotions, l'envie constante de bulles de champagne. Au menu, des valses de Tchaïkovski tirées pour l'une de la Belle au bois dormant, pour l'autre de la Symphonie n°5 ; des moments choisis des Noces de Figaro de Mozart et même des airs de Rossini à se pâmer. L'orchestre de l'Opéra de Lyon, sous la baguette très attendue de Rustioni, va offrir un moment tout en paillettes, tout en émotions rares et nous sortirons de là le cœur léger, le sourire aux lèvres et l'envie que le monde soit beau.

L'Auditorium fait son numéro

Avec ses rêves de cirque, le spectacle du Nouvel An risque de plaire aux petits, aux grands, tous confondus dans la même émotion. La salle de l'Auditorium se transforme en un immense chapiteau et l'Orchestre National de Lyon va jouer les pages les plus célèbres d'un répertoire français assez fascinant, de Berlioz à Ravel, de Debussy à Saint-Saëns.

Les Transformateurs et leur chef de file Nicolas Ramond sont à l'origine de ce spectacle : la compagnie mêle, comme une obsession artistique assumée, le théâtre, la vidéo, la danse, la musique, le cirque… D'une manière entendue, on dit cirque et tout un tas d'images, de sons arrivent en tête : le clown, la fanfare… Ne vous fiez pas au tas d'images, il n'en sera rien ici ou alors de très loin. Ce spectacle est une évocation lumineuse, poétique de l'univers du cirque et on gardera forcément les yeux écarquillés et les oreilles dilatées toute la soirée.


Une nuit à l'opéra

Tchaïkovski, Rossini, Mozart... par l'Orchestre de l'Opéra de Lyon, dir mus Daniele Rustioni
Opéra de Lyon Place de la Comédie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rêves de cirque

Dukas, Ravel, Boulanger... par la Cie les Transformateurs et l'ONL, ms Nicolas Ramond, dir mus Antoine Glatard
Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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« Vous êtes prêtes ? » Ainsi s'adresse le metteur en scène Nicolas Ramond à son équipe en cette matinée de répétitions, à J-8 de la première. Parmi eux : trois hommes et une femme. Son choix de féminiser ainsi la langue phallocrate française indique clairement le ton de ce spectacle politique. Le contestataire Guignol est remisé au placard le temps que ses contemporains prennent sa relève. Un couple de pauvres va croiser des riches. Les seconds vont commencer par se demander comment nommer les premiers, sans vraiment trouver. Simon Grangeat, auteur prolixe de théâtre engagé ne surfe pas sur une dichotomie qui verrait s'opposer les bons et les méchants. L'objet transitionnel qu'est la marionnette autorise de toute façon « une grande liberté et même cruauté » selon Nicolas Ramond. « Les pauvres sont aussi bêtes que les nantis dans cette pièce car, avec la monnaie glanée dans la rue, ils vont s'acheter un ticket de "gratto-gratte" et ne pas le jouer car il serait potentiellement gagnant ; ils préfèrent le faire spéculer » raconte Emma Utgès, comédienne et marionnettiste qui, ave

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à l'Opéra | Il a 34 ans, et un CV à faire pâlir les chefs d’orchestre les plus aguerris. Il arrive à l’Opéra de Lyon comme chef permanent. Il s’appelle Daniele Rustioni. Jeune, mais d’une incroyable maturité artistique et humaine. Il parle de son métier avec un respect total pour les musiciens de l’orchestre.

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Dans quel état d’état d’esprit vous trouvez-vous juste avant votre prise de fonction comme chef d’orchestre permanent à l’Opéra de Lyon ? Daniele Rustioni : C'est un endroit très important pour moi, autant que l’Opéra de Paris. Tous deux offrent au public un très grand répertoire. J’aime l’Opéra de Lyon pour les différentes esthétiques qu’il propose et aussi pour ses productions contemporaines. On peut venir ici écouter des musiques très diverses en termes de répertoire, mais aussi en termes de mise en scène. Ce que j’apprécie également, c’est que pour chaque production, on a du temps… c’est précieux et rare. Être chef d’orchestre, c’est un métier fantastique. J’aime diriger les musiques du 19e siècle, le romantisme italien, français, russe et allemand. J’espère pouvoir diriger un jour le répertoire contemporain français. Pourquoi cet amour pour le répertoire romantique ? Ce répertoire a été mon premier choc esthétique à la Scala de Milan, j’avais neuf ans, je chantais dans le chœur d’enfants. J’ai entendu à ce moment là tout l’opéra italien. Le répertoire du 20e siècle doit être dir

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