Les Chants de Mars

Lisa Dumoulin | Vendredi 3 février 2017

Photo : © DR


Mathieu Boogaerts, Carmen Maria Vega, Karimouche, Pomme, Adrien Soleiman, Gaël Faye, Rodolphe Burger… Voici quelques-uns des noms qui viendront enjoliver le silence et sublimer les notes de musique pendant la semaine des Chants de Mars, du 18 au 25 mars.

Les mots et les voix se poseront un peu partout dans Lyon, au Marché Gare, à la salle Léo Ferré et à la salle des Rancy, les organisateurs du festival, mais aussi au Périscope, à l'Épicerie Moderne, à l'Auditorium, chez Bizarre!, Sous le Caillou, Agend'arts et au Transbordeur.

À suivre !

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Carmen Maria Vega : La Vida Loca

Portrait | À 35 ans, la chanteuse et comédienne lyonnaise Carmen Maria Vega publie Le Chant du bouc, récit d'une quête hallucinée, entreprise il y a presque une décennie au Guatemala. Celle de la terrible vérité sur son adoption et ses origines sur fond de trafic d'enfants.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 janvier 2020

Carmen Maria Vega : La Vida Loca

« Je m'appelle Carmen. Mettons. » En les reprenant à son compte et à son nom, Carmen Maria Vega eut pu faire siens les premiers mots de Moby Dick tels que livrés dans sa traduction française la plus connue, celle de Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono. Un incipit parfait en ouverture de son Chant du bouc, récit d'une invraisemblable épopée intime à l'autre bout du monde, Carmen y campant à la fois Ismaël, narrateur balloté par l'aventure, et le Capitaine Achab menant la traque. À ceci près que sa baleine blanche à elle est identitaire. Car en réalité, ici, tout réside dans le "mettons" et ce qu'il implique : une identité réglée par l'adoption, via une association belge ; par le récit qui en est fait, posé sur un mensonge par défaut, partagé par tous : celui d'une mère activiste que la politique, la guerre au Guatemala, auraient conduite à faire adopter sa fille pour la protéger. Sur ses papiers officiels, à l'état civil Carmen s'appelle Anaïs. À l'adolescence, Anaïs, qui reconnaît « avoi

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Les festivals se dévoilent

Rentrée Festivals | Pour les festivals comme pour la météo, il n'y a plus de saison : zoom sur les noms d'ores et déjà dévoilés de Nuits sonores et Nuits de Fourvière, et sur la programmation de Transfer et des Chants de Mars.

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

Les festivals se dévoilent

Transfer Pour sa troisième édition, qui s'étale sur trois soirs entre Transbordeur et Épicerie Moderne, le festival Transfer « de musiques indépendantes et intrépides » va en faire voir de toutes les couleurs aux indie fans. Celles du psychédélisme d'abord à travers ses deux principales têtes d'affiche que seront Jacco Gardner, qui vient présenter Somnium, son troisième album entièrement instrumental, et les très perchés Temples. Mais aussi Toy et dans une certaine mesure les Norvégiens azimutés de Pom Poko. Ajoutez à cela, entre autres, la cold wave classieuse de Lebanon Hanover, la pop ombrageuse et élégiaque de Marble Arch, le trio de Leeds Drahla, les Bristoliens de Lice protégés du label d'Idles, le noise expérimental des Américains de Health, et, plus proche de nous, le garage punk de Johnny Mafia, l'indie rock des Valentinois d'Off Models, et la folk vaporeuse du lyonnais Raoul Vignal et vous obtenez les ingrédients d'un festival qui s'annonce en effet intrépide. Au Transbordeur et à l'Épicerie Moderne les 8, 9 et 10 mars

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Label des chants

Chanson | C'est avec Côme ce samedi 17 mars à Léo Ferré, puis Klô Pelgag à l'Odéon le lendemain que débute le festival Les Chants de Mars, labellisé chanson française (au sens très (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mars 2018

Label des chants

C'est avec Côme ce samedi 17 mars à Léo Ferré, puis Klô Pelgag à l'Odéon le lendemain que débute le festival Les Chants de Mars, labellisé chanson française (au sens très large). Une 12e édition premium puisqu'elle accueillera jusqu'au 24 mars figures en pleine bourre (Juliette Armanet, Eddy de Pretto, Tim Dup) et grands anciens (Steve Waring, Anne Sylvestre) au milieu d'une poignée de jeunes espoirs du crû (MPL, Nazca, Thaïs Té, Sarah Mikovski...). Et en guise d'étrange étranger le rock garage catalan et irrésistible de The Limiñanas. On en reparle très vite.

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La rentrée en chantant

À Thou Bout d'Chant | Un an que la petite salle des pentes dédiée à la chanson française a changé de tête : désormais dirigée par le tandem Lucas Roullet-Marchand et Matthias Bouffay, À Thou Bout d'Chant persévère en cette rentrée dans son travail de défrichage des nouvelles scènes.

Sébastien Broquet | Mardi 13 septembre 2016

La rentrée en chantant

À Thou Bout d’Chant a changé de direction il y a un an. Quel bilan tirez-vous de cette nouvelle aventure ? Matthias Bouffay : Le bilan est très bon sur différents aspects. La fréquentation du lieu a été au dessus de nos attentes, avec un taux de remplissage de 65% sur l’année et beaucoup de concerts complets. Cela a redonné une dynamique très positive au lieu. Nous avons senti un véritable élan de la part du public et des artistes autour de la reprise de la salle. Les gens nous ont beaucoup soutenu dans ce projet et certains artistes, comme Anne Sylvestre, ont voulu nous aider en venant exceptionnellement jouer chez nous. Tout cela a véritablement décuplé l’énergie pour ce projet. Enfin, nous sommes heureux de l’image de la chanson française que nous renvoyons à travers notre programmation et la manière dont nous en parlons. Nous essayons de dépoussiérer ce terme de "chanson" qui renvoie généralement à des artistes en noir et blanc jouant dans des vieux cabarets, en recevant des artistes, et donc des publics, aux univers très différents. Quelle est la ligne artistique défendue ? Depuis sa

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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Il chante la vie, il danse la vie

MUSIQUES | Consacré à la "chanson actuelle", le festival des Chants de Mars a le bon goût de recevoir Mathieu Boogaerts, doux swinger dont le récent album éponyme, son sixième, est un modèle de sobriété et de sensibilité. Laetitia Giry

Benjamin Mialot | Jeudi 14 mars 2013

Il chante la vie, il danse la vie

Matthieu Boogaerts «n’aime pas ressembler aux autres». Autant dire que le festival des Chants de Mars, qui a vocation à mettre en lumière la diversité la chanson française contemporaine, ne pouvait trouver meilleur client que lui. Son récent album éponyme, qui retourne aux bases mélodiques de ses premières productions (J’en ai marre d’être deux, Michel) après le détour original opéré avec I Love You, composé à la batterie, chanté dans un anglais décoré d’un accent français des plus francs, ne dit pas autre chose. Comme à peu près tout le monde, le monsieur y parle d’amour, des joies et des peines, mais il le fait sans excès de drame et avec des mots simples : «je t’aime, j’en suis sûr, je le crie sur les toitures», «pourquoi tu réponds plus ? Pourquoi t’as disparu ?», «t’as menti, c’est pas joli-joli»…Moins sophistiqué et mélancolique qu’un Benjamin Biolay, moins fantaisiste qu’un Thomas Fersen et moins sérieux qu’un Bertrand Belin, Boogaerts s’impose aussi comme l’homme qui a réussi à distiller avec succès du reggae dans la chanson française.

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Qui écoute récolte

CONNAITRE | Festival / Depuis 2007, chaque année au mois de mars, quatre salles lyonnaises organisent un festival de chanson française, les Chants de Mars. Pour cette 4e édition, tout en restant fidèles à leurs premiers objectifs, A Thou Bout D’Chant, la salle Léo Ferré, le Marché Gare et la salle des Rancy, présenteront quelques nouveautés. Valentin Noël

Dorotée Aznar | Mercredi 3 février 2010

Qui écoute récolte

Depuis la création du festival Les Chant de Mars, ses organisateurs, A Thou Bout D’Chant, la salle Léo Ferré, le Marché Gare et la salle des Rancy, respectent les mêmes principes. Ils essaient de promouvoir la chanson française et la scène locale et de rassembler spectateurs et artistes dans des lieux propices à l’échange. Les responsables de ces structures pensent que «le partenariat est une source de richesse et peut être moteur d’une dynamique nouvelle dans le domaine culturel». Et la complémentarité entre les différents lieux, tant au niveau de la programmation que de l’organisation du festival, est évidente. Après une édition 2009 réussie, la formule est reconduite ; «un accompagnement d’artistes émergents, des têtes d’affiche qui permettent la visibilité du festival au plan régional, des premières parties et des artistes locaux, ainsi que des représentations jeune public». Ainsi, Noah Legoutte occupera la scène lors d’un concert gratuit le 12 mars à la salle Léo Ferré. Les organisateurs ont décidé d’aider le groupe «dans un tournant de sa carrière». On pourra également assister à la performance d’artistes nationalement reconnus comme Pigalle, leader de la vague punk/alternati

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Alléchant de Mars

MUSIQUES | Musique / Quand la Cigale de la fable se contentait de chanter tout l’été, le Festival Les Chants de Mars, lui, prend chaque année un peu d’avance. Les (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 février 2009

Alléchant de Mars

Musique / Quand la Cigale de la fable se contentait de chanter tout l’été, le Festival Les Chants de Mars, lui, prend chaque année un peu d’avance. Les Chants de Mars, ce sont quatre salles lyonnaises qui unissent leurs efforts et mêlent leurs spécificités pour célébrer la chanson française. Pas celle qu’on voit chez Daniela Lumbroso ou à la Starac’ ; plutôt celle qui s’épanouit sur les petites scènes, en marge des grands medias. Musiques actuelles pour le Marché Gare, chanson française pour la Salle Léo Ferré et les Rancy, nouveaux talents pour A Thou Bout d’Chant, chacun apporte son écot à la cause. «Star» de l’édition : un régional de l’étape, Kent, ancien chanteur énervé du mythique groupe punk lyonnais Starshooter. Kent revisite notamment au cours de cette tournée à deux guitares des œuvres de jeunesse. Car les Chants de Mars font surtout la part belle aux découvertes. Outre la finale du tremplin de chanson féminine Et en plus elles chantent, le festival accueillera toute une ribambelle de jeunes talents, dont le très prometteur Manu Galure. Certains ont déjà fait régulièrement parler d’eux, à l’instar de Buridane, aux textes et à la voix aussi peroxydées que la crinière. D’au

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We love Mathieu

MUSIQUES | Musique / Que faire après un chef-d’œuvre ? Beaucoup de créateurs se sont cassés les dents sur la question, entre surenchère, changement de direction radicale (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 février 2009

We love Mathieu

Musique / Que faire après un chef-d’œuvre ? Beaucoup de créateurs se sont cassés les dents sur la question, entre surenchère, changement de direction radicale ou simple répétition forcément décevante. Au sortir de Michel, album remarquable et aboutissement incontestable d’une carrière encore jeune, Mathieu Boogaerts s’est dit «soulagé», libéré de son obsession de la perfection qui avait fait sa réputation (voir les séances d’enregistrement pointilleuses sur le DVD qui accompagnait Michel). Du coup, il a «essayé» quelque chose. Et cela donne I love you, album mineur revendiqué comme tel, petit terrain d’exploration d’abord désarçonnant, et finalement pas si désagréable que ça. Boogaerts l’a composé, première pour lui mais peut-être de toute l’histoire du rock, à la batterie ! Il a cherché des riffs, a posé une mélodie à la guitare dessus, puis rajouté quelques paroles, et enfin des arrangements surprenants, comme ce chœur viril qui intervient ponctuellement dans les chansons. Le résultat est donc éminemment rythmique, et l’inconscient africain de Mathieu Boogaerts semble trouver là un parfait exutoire percussif. En revanche, le bât blesse au niveau des textes, un brin légers et peut

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