"Lost in Space" : le Cosmic trip de Kcidy

Indie | Ce mercredi 8 février, la lyonnaise Kcidy organise la "teuf de sortie", avec comme invité, Clara Clara, de son premier album Lost in Space à bord d'un Sonic sans doute un peu transformé pour l'occasion en vaisseau spatial. Car si elle a quelque peu viré de bord stylistiquement, l'indie-pop de Kcidy opère toujours dans des sphères cosmiques et planantes qu'il sera bon de retrouver pour une part et, pour une autre, de découvrir.

Stéphane Duchêne | Mercredi 8 février 2017

Photo : © DR


Il n'aura pas fallu longtemps à Pauline Le Caignec pour se faire remarquer en tant que Kcidy, avatar synth-pop planant dont nous rendions compte du talent prometteur il y a tout juste deux ans, sur la fois notamment de son EP Pursuit (où figurait l'addictif Stormy Day), qualifiant sa musique de trip-pop. Depuis, elle n'a fait que confirmer sur toutes les scènes et avec un autre EP, Running on the roof, petite merveille, là encore d'indie-tronica.

Et si l'on considère que les choses, sinon ne commencent sérieusement, du moins se poursuivent vraiment à la sortie d'un long format, alors le premier album de la petite protégée label AB Records est en train de faire son office.

Avec la chanson qui en est extraite et en porte le nom, Lost in Space, Kcidy nous perd effectivement dans l'espace sans pesanteur de son univers empli de vestales artisanales (voir le clip). Les Inrocks en avait fait leur morceau de la semaine début janvier, lui valant comparaison indirecte avec la Julee Cruise qui envoûtait musicalement l'univers de Twin Peaks. Ils avaient sans doute raison, Les Inrocks. Surtout en considérant que ce morceau clôt l'album touffu que la jeune femme a sorti début janvier et dont elle fête lyonnaisement l'avènement cette semaine.

Triste tendresse

Un disque commence aussi bien qu'il ne finit avec l'accrocheur et tintinnabulant The Clue. Après quoi le reste est à l'avenant, l'album pouvant se décrire par des qualificatifs reprenant les titres de ses chansons flottantes : un Récent Mirage (très twin peaksien encore, en même temps que très french pop 80, voilà les mélanges dont Kcidy est capable), une Triste tendresse, une berceuse (Lullaby) qui n'en est pas une mais offre plutôt de cavaler, une Nuit d'Eté taillée pour le Top 50 de la grande époque.

Car, de fait, il faut souligner qu'avec Lost in Space, Kcidy a déjà opéré un virage important, se détachant doucement, comme un module spatial se désarrime d'une navette, du style musical entrevu sur ses précédentes productions, voguant davantage vers la pop mélodique (la preuve, elle peut, comme elle l'a déjà fait, le jouer sur scène en acoustique) et surtout, parfois et avec bonheur, vers le chant en français.

Ce faisant, comme nous le disions, elle nous perd (dans l'espace), en nous tenant par la main, mais ne nous égare pas. Ce qui constitue sans doute, outre la qualité constante de ses chansons, le tendre mais pas triste tour de force de Lost in Space, douceur pop encline à nous faire passer le restant de l'hiver au chaud.

Kcidy, Lost in Space (AB Records)
Release party au Sonic le mercredi 8 février (avec Clara Clara, Treasure Island, DJ BFFF...)

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Kcidy : mélancolie heureuse

Portrait | Avec son deuxième album, Les Gens heureux, disque baroque 60's et mélancolique, la Lyonnaise Kcidy vient de frapper un très grand coup. Et de marquer avec bonheur un changement radical dans son approche de la pop.

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La seule règle en vigueur pour apprécier le Riddim Collision, c'est de ne pas baisser les bras après avoir découvert sa programmation. Car derrière les étranges noms de groupe (Hippy Dinosaur 3000, Mat3r Dolorosa, Télédétente 666) et les dénominations stylistiques aussi nombreuses qu'inutiles (future garage, chillwave, alternative zouk noise : really ?) se cachent bien souvent des diamants bruts. Cette année et comme à son habitude, le festival nous en révèlera quelques uns. Pour lancer parfaitement cette 18e édition, ce sont les Montréalais de Suuns qui ouvriront le bal, le 6 novembre. Les adeptes de Kraftwerk et Spiritualized se réjouiront de la venue de ce groupe, jugé par certains comme l'un des plus emblématiques du rock moderne. Moins médiatisé et surtout beaucoup plus calme, Vince Dolphin, qui vient de sortir son deuxième album sur le label lyonnais AB Records, jouera le 17 novembre à la Grooverie lors de la traditionnelle soirée barbars. À quelques pas de là, aux Valseuses, Hubwar présentera une électro aux influences variées, n'hésitant pas à l'emmêler de so

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En musique comme en toute chose, les mots ont leur importance. Dans la quiétude de la colocation qui abrite leurs activités, aussi joliment négligée que les chansons qu'ils diffusent, les fondateurs d'AB Records trouvent les bons l'air de rien : quand ils ont créé le label en 2011 à Annecy, ce n'était pas pour publier des disques, mais des «objets musicaux». Au-delà de ce qu'elle révèle de leur background – ils suivaient alors un cursus artistique – la formule en dit long sur le souci de bien faire qui anime ce collectif de slackers peroxydés et de nerds à grosses montures. Et sur l'intelligence qui les soude. Car AB n'est pas un label traditionnel. Il ne travaille pas au développement de la carrière des musiciens, il se "contente" de les faire se sentir moins seuls : «À part sortir leur album, on ne peut pas faire grand chose pour eux. Mais on est toujours sincère avec ça. On leur explique qu'ils seront bien, au sein d'une famille qui pourra peut-être servir de tremplin pour d'autres rencontres, mais rien de plus. On veut que les choses restent simples.» See you later, Alligator Baby Au point que la li

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La synth-pop quelle que soit la forme qu'elle prend au final, est devenue la nouvelle spécialité lyonnaise. On vous a déjà parlé – oui, on sait – de Pethrol, Erotic Market, Holy Two et De La Montagne, voici Kcidy, qu'on pourrait voir comme un savant mélange des quatre précités. Après un passage par les scènes découvertes du Ninkasi en novembre dernier, la jeune femme et son look de prêtresse 80's va enchaîner coup sur coup les deux festivals lyonnais de la rentrée : d'abord All Girls to the Front, un "mini fest" (ou "festival de courte durée", pour les membres de l'Académie Française) autoproclamé féministe avec donc pas mal de filles, de films, de live (Terrine, from Amiens, et Theoreme, from Lyon) et même du body-painting en mode riot grrrl. Autant de choses promettant une "méchante ambiance" et que l'on doit à l'esprit de Kathleen Hannah de Bikini Kill. Puis, moins d'une semaine plus tard, le plus long mais tout aussi défricheur Plug & Play – dont on reparlera, c'est promis Deux occasions de découvrir donc la jeune Pauline Le Caignec et les morceaux de son EP Pursuit, dont l'assez peu o

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