Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Jazz | Jazz à Vienne qui regarde souvent et encore vers l'avenir, en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Photo : Larry Graham © DR


Si la 37e édition de Jazz à Vienne s'ouvrira sur un concert du Joe Cocker italien Zucchero en la soirée du 29 juin ; si l'événement du festival sera sans doute pour certains le retour de De La Soul en mode live band, le 1er juillet, et le même soir un concert hip-hop symphonique qui verra l'ONL, dirigé par Issam Krimi, accompagner MC Solaar, Ärsenik et BigFlo & Oli, rencontre inédite et mariage a priori improbable de la scansion rap et de la grandeur symphonique ; si le prodige aux 10 millions d'albums Jamie Cullum risque d'emporter tous les suffrages du public, c'est surtout le nombre d'hommages à des artistes disparus qui marque cette programmation 2017 du festival.

Fela Day

Cela commence le 2 juillet avec l'anniversaire des vingt ans de la disparition du père de l'afrobeat Fela Kuti auquel Jazz à Vienne consacrera une journée hommage gratuite. Au programme : projection (Finding Fela d'Alex Gibney), conférence ("Fela Kuti et son influence sur le monde de la musique et de la politique"), concerts (NMB Afrobeat Experience feat. Sir Jean, Kiala & Afroblaster, ancien membre de Fela & Africa 70, et le Voilaaa Sound System de Patchworks).

On poursuit avec les 50 ans de la mort de John Coltrane auquel Archie Shepp en personne rendra grâce le 3 juillet, avec une petite troupe de all-stars comprenant Shabaka Hutchings tandis que Jeff Mills s'attaquera avec le saxophoniste Émile Parisien à l'œuvre culte du maître, Love Supreme. Une soirée qui comptera également la présence du vénérable Pharoah Sanders.

Le précité Émile Parisien et son acolyte Vincent Peirani se fendront le 4 juillet, lors de la soirée French Touch, d'un rappel du 20e anniversaire de la disparition du claviériste Joe Zawinul, partenaire de Miles Davis et fondateur de Weather Report. On poursuit dans l'hommage avec celui qu'Angélique Kidjo rendra à la chanteuse de salsa Celia Cruz le 7 juillet. Puis le 8, par une célébration de la musique de Prince, disparu l'an dernier, dirigée par le bassiste de funk Larry Graham, en présence de Marco Prince de la Fédération Française de Funk et Jeanne Added.

Blackstar

Donny McCaslin, saxophoniste ténor et le leader du quartet qui enregistra le Blackstar de David Bowie, se produira, lui, le 12 juillet comme un hommage indirect au regretté David. Moins indirect, celui de Seu Jorge qui revient sur scène, le 13 juillet, avec son concept de reprises bossa-nova de Bowie immortalisé par le film de Wes Anderson, La Vie Aquatique. Le même soir où le prince du BluFunk Keziah Jones présentera son EP dédié à Coltrane ET Fela.

Au-delà, en plus des noms précités, il faudra compter avec quelques belles têtes d'affiches valant têtes de gondole : la queen du hip-hop soul Mary J. Blige, flanquée d'une première partie savoureuse en la personne de Lianne La Havas, Ahmad Jamal, qui invite sur scène Abd Al Malik et Mina Agossi, l'élégante vocaliste Stacey Kent, Roberto Fonseca figure du latin jazz conviant Eliades Ochoa du Buena Vista Social Club, le new-orleanais Trombone Shorty, la désormais incontournable (à Vienne) Youn Sun Nah, au répertoire aussi impressionnant qu'éclectique et enfin, le taulier, le patron l'indéboulonnable Herbie Hancock, sans lequel une bonne édition de Jazz à Vienne n'est pas.

Le Programme

Jeudi 29 juin : Zucchero + Laura Perrudin

Vendredi 30 juin : Ahmad Jamal 4tet (avec Abd Al Malik et Mina Agossi) + Christian Scott

Samedi 1er juillet : De La Soul Live Band + Hip hop Symphonique (MC Solaar, Arsenik et Bigflo & Oli avec l'ONL & Issam Krimi

Dimanche 2 juillet : Fela Kuti, 20 ans déjà !

Lundi 3 juillet : Hommage à Coltrane - Archie Shep All Star Feat. Jason Moran, Shabaka Hutchings & Marion Rampal. + Jeff Mills et Emile Parisien + Pharoah Sanders 4tet

Mardi 4 juillet : French Touch – Emile Parisien & Vincent Peirani File Under Joe Zawinul + Anne Sila + Yaron Herman Trio

Mercredi 5 juillet : Jamie Cullum + Stacey Kent

Jeudi 6 juillet : Vintage Trouble + Kenny Neal + Mr Sipp

Vendredi 7 juillet : Roberto Fonseca (avec Eliades Ochoa & Daymé Arocena.+ Angélique Kidjo's Tribute to Celia Cruz

Samedi 8 juillet : Larry Graham & Graham Central Station (avec Marco Prince et Jeanne Added pour un Tribute à Prince) + Trombone Shorty & Orleans Avenue + Juan Rozoff

Dimanche 9 juillet : Youn Sun Nah + Trio Ponty /Lagrène / Eastwood.

Lundi 10 juillet : Mary J. Blige + Lianne La Havas Solo

Mardi 11 juillet : Deluxe + Scott Bradlee's Postmodern Jukebox

Mercredi 12 juillet : Herbie Hancock + Donny McCaslin

Jeudi 13 juillet : All night Jazz, clôture – Seu Jorge presents « The Life Aquatic – A Tribute to David Bowie » + Keziah Jones + Guillaume Perret + Bixiga 70 + Con Brio + Amaury Faye Trio

Programme complet et détaillé sur http://jazzavienne.com/festival/programmation/programme

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Voici les 4 curateurs des Days de Nuits sonores 2020

Festival | On connaît le nom des quatre artistes qui vont programmer les 3 scènes des Days de la prochaine édition de Nuits sonores : prometteur.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 novembre 2019

Voici les 4 curateurs des Days de Nuits sonores 2020

C'est désormais un rituel : les journées de Nuits sonores, bonjour l'oxymore, débutent par l'annonce des quatre curateurs élaborant la programmation sur trois scènes à La Sucrière et au Sucre en concertation avec l'équipe artistique du festival. Et c'est peu dire que cette année, le choix est pertinent : l'immense Jeff Mills va se prêter au jeu, et connaissant son exigence, sa vision large de la musique et de l'art en général, on peut imaginer une programmation dantesque pour ce mercredi 20 mai qui lui est confié. Deuxième choix fort : DJ Harvey prendra en charge le jeudi 21 mai. La tendresse que l'on a pour celui que l'on considère comme l'un des tous meilleurs DJs de la planète n'a d'égale que notre admiration pour sa connaissance encyclopédique des différents courants musicaux, avec une prédilection pour la house et le disco, mais on le sait aussi féru de rockabilly... On a déjà coché la date sur notre agenda. Plus classique mais néanmoins intéressant, les deux autres Days seront confiés à Helena Hauff (tendance techno sombre et dure) le vendredi 22 mai et à Honey Dijon (h

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Seun Kuti, au nom du père

Afrobeat | Héritier fidèle de son père Fela Kuti, Seun perpétue l'afrobeat dans toute sa conscience politique et son énergie scénique : comme un petit goût de Shrine au Ninkasi.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

Seun Kuti, au nom du père

Les "fils de", parfois, on peut kiffer. Et dans le cas de Seun Kuti, fils de Fela, aucun doute : il s'agit quasiment d'une réincarnation du maître absolu de l'afrobeat, le même corps musculeux, les mêmes attitudes sur scène, un immense talent pour propulser ce genre devenu presque aussi international que le reggae jamaïcain après sa naissance à Lagos, et un même groupe, Egypt 80 (ou du moins les survivants et quelques recrues) pour propager la fière et colérique parole : car l'afrobeat, machine à danser, est avant tout un discours conscientisateur et politique, qui visait au temps du père, dans les 70's, à dénoncer tout autant les méfaits des grandes multinationales pillant l'Afrique sans vergogne (I.T.T.) que les dirigeants corrompus. Et comme rien ou presque n'a changé à Lagos, les fils perpétuent le combat... Si l'un, Femi, a mainstreamisé les sonorités, l'autre est resté pu

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C’est l’histoire de la vie (bis) : "Le Roi Lion"

Animation | En donnant à voir sa nouvelle version du "Roi Lion", les studios Disney seraient-ils en train de préfigurer un cinéma nouvelle génération ? Derrière l’histoire du cycle de la vie et des successions naturelles, en affleure une où l’image est remplacée par une autre plus vraie que nature…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juillet 2019

C’est l’histoire de la vie (bis) :

Dans la savane africaine, la naissance de Simba, le fils du roi Lion Mufasa ravive la colère de son frère et rival Scar, qui fomente un plan diabolique pour le tuer, aidé par les hyènes. Débarrassé de son aîné, Scar persuade Simba qu’il est responsable de mort de son père et le contraint à l’exil… Le Roi Lion étant depuis un quart de siècle l’un des plus grands succès de la Maison de Mickey, cette nouvelle version à l’identique rassurera ses nombreux fanatiques : l’esprit de l’histoire, sa morale et son tempo demeurent inchangés. C’est sa forme qui a naturellement subi les plus profondes modifications. Il serait erroné de croire que la stratégie de reprise des “classiques“ d’animation des studios Disney en film “en prises de vues réelles“ soit gouvernée par une unique logique — fût-elle de rentabilité commerciale. Les productions se succédant, avec une accélération exponentielle ces derniers mois, ne font pas que suivre à la lettre le canevas des scripts existants : chaque film constitue ainsi une sorte de mini laboratoire, où s’élabore à risques (et coû

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Jamel Debbouze : « C’est une expérience sensorielle incroyable »

Le Roi Lion | Acquises à la cause de Simba depuis leur plus tendre enfance, les voix françaises de la nouvelle version (Jamel Debbouze, Anne Sila et Rayane Bensetti) ne cachent pas leur fascination pour le film original et son remake. Propos rapportés d’une rencontre enjouée.

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Avez-vous un souvenir de votre première vision du Roi Lion de 1994 ? Anne Sila : Je ne me souviens pas de la première fois, mais je l’ai vu un millier de fois, je le connais par cœur ! Il fait partie des histoires qui, bizarrement, touchent tout le monde, quoi qu’on ait vécu : il touche à l’enfance, et on retrouve notre petit cœur de bébé (sourire) Jamel Debbouze : J’ai tout fait pour le voir, c’était un événement tellement incroyable, tout le monde en parlait, on ne pouvait pas passer à côté ! Je me rappelle avoir resquillé tellement j’avais envie de le voir : un ami à Trappes avait payé sa place au cinéma Le Grenier à Sel et avait ouvert la porte de secours…(rires) Je me souviens encore très bien de toutes les sensations, j’étais passé par tous les états : la joie, de la peine, et re-de la joie… C’est un film incroyable. On a tous vu des images du nouveau film, et même si on a tous été au cinéma souvent, c’est incroyable : j’ai rarement vu un truc pareil, ça défie les lois de la pesanteur ! On voit des animaux parler, vivre, se mouvoir… La première fois, l’histoire

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Christian Scott : trompette de la mort

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Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2019

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Dans le milieu du sport en général et du foot en particulier, quand on veut mettre en doute le talent d'untel ou simplement mettre plus bas que terre un confrère que l'on n'apprécie que moyennement, on a une fâcheuse tendance à le qualifier de "trompette". C'est sans doute parce que dans ce milieu on méconnaît dans les grandes largeurs le jazz et les trompettes qui peuvent s'y ébattre. Car en la matière, c'est plutôt un compliment. Et quand on écoute Christian Scott, trompette qui monte dans la hiérarchie du genre tout en explosant les contours de ce même genre, c'est carrément un adoubement. Pensez : le type est à peine au beau milieu de sa trentaine (un âge de nourrisson comparé à certaines gloires canoniques toujours en activité) que déjà il affiche un certain appétit pour le dépassement de soi et des canons, en mêlant la théorie apprise sagement sur les bancs du Berklee College of Music de Boston à son amour des musiques urbaines ; les exaltations festives des fanfares carnavalesques aux expérimentations plus contemporaines ; avec en prime une réflexion sur les réalités sociales portées pa

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Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Jazz | Double shot de pointures jazz cette semaine : Archie Shepp pose son saxo à l'Auditorium, Louis Sclavis squatte l'Opéra Underground. Enfin le réveil de la note bleue à Lyon ?

Sébastien Broquet | Lundi 8 octobre 2018

Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Ce n'est pas toutes les semaines que les aficionados de jazz se régalent ainsi de deux concerts concomitants conviant une paire de figures cultes. Du côté de l'Opéra revisité underground, le bienvenu régional de l'étape qu'est Louis Sclavis ouvre les festivités. Le clarinettiste phare de la scène européenne s'avance en formule quartet (Benjamin Moussay au piano, Sarah Murcia à la contrebasse et Christophe Lavergne à la batterie), avec sous le bras un nouvel opus enregistré lui en compagnie d'un autre allumé notoire, Bernard Lubat, merveille de tandem explorant en finesse l'improvisation, telle qu'énoncée par une certaine scène free française qui a su s'émanciper des canons étasuniens pour créer un idiome underground qui lui est propre (relire à ce sujet l'excellent ouvrage de Serge Loupien, La France Underground). Pour ce concert, Sclavis explorera sa création Characters on a Wall, où huit pièces sont mises en perspective d'œuvres picturales l'entraînant par exemple sur les pas de Darwich à Ramallah. Things have got t

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Danser les pieds dans l'eau

Evasion Festival | Pour la troisième édition, le festival Évasion revient plus fort au parc de Miribel Jonage. Quatre scènes, une programmation éclectique et pointue, le tout avec quelques divertissements.

Louis Dufourt | Mardi 19 juin 2018

Danser les pieds dans l'eau

Si l’édition précédente était celle des ajustements, le volume trois prend des allures de confirmation. Sable fin, eau turquoise, une programmation électronique des plus palpitante et une quatrième scène avec des artistes locaux, des têtes d’affiche de renommée internationale : voici un festival électronique de référence. Parlons peu, parlons musique Sur la scène principale, nommée la clairière, vont se succéder les pointures de la techno. Honneur aux dames avec Amélie Lens. Du haut de ses 25 ans, l’artiste belge connaît une ascension fulgurante nourrie de ses mélodies sombres ponctuées de kicks abrupts. Considéré comme l’un des meilleurs artistes en live act, le très technique Kink se livre à de nombreuses improvisations sur scène : on ne s’en lasse pas. Pour clôturer ces deux nuits : le sorcier de Détroit Jeff Mills le samedi, et le berlinois Rodhåd le vendredi, surnommé "la brute" pour la puissance de ses sets. Dans une ambiance disco, house, funk, c’est Motor City Drum Ensemble qui ambiancera la scène de la Plage. Connu pour son éclectisme, il a le don de fair

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La barbe ! (à ras) : "Barbara" de Mathieu Amalric

Biopic | de et avec Mathieu Amalric (Fr, 1h37) avec également Jeanne Balibar, Vincent Peirani…

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

La barbe ! (à ras) :

Une comédienne endosse pour les besoins d’un film le rôle de la chanteuse Barbara. On la suit hors et sur le plateau, tentant de s’approprier ce personnage fantasque et nocturne ; cette icône qui, en réalité, est une idole que fantasme un réalisateur obsessionnel… Mathieu Amalric succombe à son tour à la mode du biopic, tentant une approche conceptuelle d’un fragment de l’existence de la longue dame brune. En l’occurrence, il mêle les répétitions d’une actrice-jouant-Barbara à des images d’archives de l’authentique Barbara répétant en tournée. Un collage-hommage dont on devine l’intention : montrer la convergence de démarches artistiques absolues tout en provoquant un trouble visuel et mental chez le spectateur grâce à la “performance” de la comédienne. Las ! De confusion, il n’y a guère : le mélange d’images fait surtout rejaillir l’artifice et l’inanité du simulacre. Si Jeanne Balibar, tristement horripilante dans le surjeu maniéré dont elle est coutumière, semble donner l’impression de se regarder jouer — et de s’écouter chan

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Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Jazz à Vienne | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable Archie Shepp pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait "Trane" ?

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960, au Five Spot à New-York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui déjà un poids lourd, comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman de ces pionniers, inspirés par quelques travaux remontant aux années 40 déjà, qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop décident d'en briser les conventions, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il

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Jeff Mills, le maître du temps

Classique | Le maître de la techno fait une halte à L'Auditorium, pour une création estampillée musique classique : retour sur un créateur hors-norme qui a fait sortir cette musique du dancefloor sans pour autant le renier.

Sébastien Broquet | Mardi 28 mars 2017

Jeff Mills, le maître du temps

« Je crois que nous sommes un peu responsables si notre musique est encore trop souvent uniquement associée à la danse. Il faut une volonté énorme pour changer une image dont après tout nous pourrions parfaitement nous satisfaire » lâchait Jeff Mills à Libération, en octobre 2000, alors qu’il venait d'interpréter en live au Centre Pompidou sa propre vision de la bande son du mythique chef d'œuvre de Fritz Lang, Metropolis. Une date charnière. Mills brisait alors l’idée du BPM roi, art du rythme et du bruit qu'il maîtrisait à merveille depuis de longues années, depuis ses premiers pas dans les 80's. Art de la danse en pleine conversion "populaire" qui portait vers l’extase des heures durant, lorsque nous nous abandonnions en rave, ces grands sabbats de l’ère digitale dont il était le roi. Le sorcier, plutôt... Depuis sa mythique émission sur la radio WDRQ à Détroit, il était surnommé The Wizard. L’homme surhumain, technologique, aux pouvoirs magiques capable de dompter les platines Technics MK2 avec une dextérité hors du commun, d’enchaîner les

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L'irrésistible propagation de l'afrobeat

Tribute à Fela Kuti au Musée des Confluences | L'afrobeat, initié au débuts des années 70 par Fela Kuti et Tony Allen, a irrigué jusqu'à devenir aujourd'hui planétaire. Retour sur un genre éminemment politique à l'heure où un hommage à son créateur se profile au Musée des Confluences.

Sébastien Broquet | Mardi 31 janvier 2017

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Fela Kuti est décédé le 2 août 1997, à Lagos, des suites du sida. Ironie du sort, à sa mort, l'afrobeat qu'il avait inventé à son retour des États-Unis commence à se propager partout dans le monde et n'en finit plus aujourd'hui d'inspirer la planète. Après le reggae grâce à Bob Marley, c'est le second style non occidental et pré-Internet à réussir à s'imposer ainsi. Le roi est mort, vive le roi ! L'afrobeat, c'est cette pulse caractéristique initiée par Tony Allen, le batteur de l'Afrika 70, le groupe maison. La complicité inouïe liant ce batteur à Fela a permis l'éclosion d'un style nouveau, se nourrissant du highlife ghanéen alors en vogue, de rituels yoruba, du jazz américain façon Impulse et Blue Note. Et bien sûr, de James Brown, celui de Say it loud, i'm black and i'm proud. Fela et Tony en ont fait une mixture incandescente qu'ils ont porté vers les sommets très vite, lors des 70's où le Nigéria était en proie aux troubles, subissant les coups de boutoir de généraux-dictateurs (Muhammad, Obasanjo...) et de la crise pétrolière. Fela Kuti n'a pa

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C'est la pulse du batteur qui enchante l'afrobeat

Sangoma Everett et Ebo Taylor en concert | L'afrobeat est affaire de batteurs. Sans Tony Allen, pas d'afrobeat. Ce n'est donc pas un hasard si c'est un batteur de jazz qui initie cet hommage à (...)

Sébastien Broquet | Mardi 31 janvier 2017

C'est la pulse du batteur qui enchante l'afrobeat

L'afrobeat est affaire de batteurs. Sans Tony Allen, pas d'afrobeat. Ce n'est donc pas un hasard si c'est un batteur de jazz qui initie cet hommage à Fela Kuti : la pulse de Sangoma Everett va porter le feeling de Lagos au Musée des Confluences. L'Américain, déjà vu aux côtés de pointures comme Dizzy Gillespie, n'en est pas à sa première expérience africaine : il s'était déjà penché sur la transe gnawa avec Majid Bekkas. Ce retour vers le Nigéria, il l'accomplit en compagnie de Sahr Ngaujah, rencontre décisive. Ce dernier sera la voix des scansions revendicatives du projet. Il l'avait déjà été lors de comédie musicale élaborée par Bill T. Jones en 2009, Fela !, dont il était co-auteur. Les deux acolytes ont réuni pour ce projet un casting international, avec en figure de proue et caution originelle Dele Sosimi, claviériste et directeur musical dès 1979 d'Egypt 80, le dernier groupe de Fela, avant de rejoindre avec le même rôle le Positive Force du fils, Femi Kuti. Son premier album solo, Turbulent Times, est un classique du genre et il avait participé à la déclinaison london

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Les soirées du 4 au 10 novembre

MUSIQUES | 06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 novembre 2015

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06.10 The Cosmic Adventure Steffi était l'une des grandes absentes du dixième anniversaire du label Ostgut Ton. Aujourd'hui, on comprend mieux pourquoi : elle était perdue dans l'espace, en route pour la prochaine bamboche en apesanteur du local hero à poils longs Kosme au Sucre. La plus émotive et funky des résidents du Panorama Bar, l'étage house du Berghain – statut qui ne l'empêche pas de sacrifier, en grande professionnelle, aux traditions maison : feeling analogique, fausse simplicité d'exécution et tirage de gueule de six pieds de long – a depuis retrouvé son chemin. Vous reprendrez bien une part de gâteau ?

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Qu’Allah bénisse la France

ECRANS | D’Abd Al Malik (Fr, 1h35) avec Marc Zinga, Sabrina Ouazani…

Christophe Chabert | Mardi 9 décembre 2014

Qu’Allah bénisse la France

C’est peut-être un peu cruel, vu que le film n’est pas forcément détestable, mais c’est bien ce Qu’Allah bénisse la France qui donne envie de tirer la sonnette d’alarme concernant l’état du cinéma français. Depuis plusieurs mois, la course à l’histoire vraie — autofiction, bio filmée ou faits divers — connaît une spectaculaire accélération, d’autant plus inquiétante quand elle est mise entre les mains de cinéastes dont ce n’est pas encore tout à fait le métier. Ainsi d’Abd Al Malik, qui adapte ici son roman autobiographique avec une maladresse d’abord touchante, car elle lui permet d’empoigner la forme cinématographique sans forcément chercher à livrer un produit bien fait, mais graduellement gênante quand le film s’engage dans une escalade narrativo-politique pas franchement maîtrisée — c’est un euphémisme. Qu’Allah bénisse la France n’a aucune échine dramatique et relève d’un empilement de situations qui accompagnent les diverses vicissitudes de son protagoniste — petit voleur à la tire dans les rues de Strasbourg, lycéen doué en lettres, vendeur de shit, repenti musulman prêchant en banlieue, chanteur de rap repéré par les majors… Pensant que sa vie

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Début de parcours

MUSIQUES | Avec le mois d'octobre s'ouvre la saison rock avec le festival Just Rock?, qui s'ouvre lui-même sur un parcours folk à travers sa ville d'accueil – Lyon, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Début de parcours

Avec le mois d'octobre s'ouvre la saison rock avec le festival Just Rock?, qui s'ouvre lui-même sur un parcours folk à travers sa ville d'accueil – Lyon, pour ceux qui l'ignoreraient encore – et plus précisément la Croix Rousse. Le schéma est à la fois quasi-immuable et intrinsèquement nomade puisque, comme son nom l'indique, il y s'agit de déambuler avec délice tout au long d'un samedi après-midi, en l'occurence le 4 octobre, à la rencontre d'artistes généralement débranchés – aussi branchés puissent-ils être par ailleurs. Rendez-vous cette année place Joannes Ambre dès 15 h – ça laisse le temps pour une matinée bien grasse – avec le bien-aimé Cyrz, dont c'est un peu le retour, comme évoqué dans ces pages la semaine dernière. A 16 h, direction le vidéo-club Atmosphere pour faire comme l'oiseau William Bird, avant d'aller à 17h à la bibliothèque faire les yeux doux à Julia Kat, plus radoucie que quand elle officie avec Little Garçon ou Black Luna. Puis à Anne Sila, jazzeuse mixte qui lorgne vers la chanson et la pop, à 18h (place Bellevue). Enfin, dernière étape du périple à 19 h, a

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88 Mills à l'heure

MUSIQUES | Toujours localisé à Eurexpo et scindé en salles thématiques, le festival Hypnotik reçoit cette année une sommité : Jeff Mills, figure clef de la techno de Detroit, dont il a défini les frontières sans jamais cesser de les repousser. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 février 2014

88 Mills à l'heure

L'événement de l'année 2013, ce n'est ni la renonciation du pape Benoit XVI, ni l'alerte d'Edward Snowden, encore moins la reconnaissance par l'OMS des effets cancérigènes de la pollution atmosphérique. C'est l'ouverture de cette mystérieuse et vraisemblablement très économique liaison aérienne entre Detroit et Lyon qui nous a permis de voir se produire, de Juan Atkins à Kevin Saunderson en passant par Derrick May, Robert Hood ou Octave One, la plupart des grandes figures de la techno originelle. Une rétrospective qui se poursuit cette semaine avec la venue, dans le cadre du festival Hypnotik, de Jeff Mills, DJ tentaculaire et producteur en perpétuelle émancipation qui personnifie depuis plus de vingt ans la "deuxième vague de la techno". L'homme-orchestre Pour Mills comme pour Atkins, May et Saunderson, tout a débuté à la faveur d'une émission de radio. Sauf qu'à la différence des trois "pères fondateurs", qui trouvèrent au début des années 80 de quoi alimenter leurs premiers synthétiseurs à l'écoute des playlists défricheuses de The Electrifying Mojo, Mills ne s'est pas contenté d'être un auditeur : il a d'emblée officié de l'autre côté de la console, sous le

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Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

MUSIQUES | Jusqu'à la veille des Auditions Inouïs du Printemps de Bourges sises les 13 et 14 février au Marché Gare, découvrez chaque jour l'un des candidats de l'antenne Rhône-Alpes Tagada Tsoin Tsoin. Et en avant-première les vidéos live réalisées tout exprès pour l'occasion par les shooteurs fous de Shoot !t. Huitième et dernier épisode avec la Hip-pop de Joe Bel. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 février 2014

Inouïs du Printemps de Bourges : le compte-à-rebours en vidéo

Joe Bel (pop) S'il y a une artiste qui mérite le qualificatif de « découverte » sur, disons, l'année et demie écoulée, c'est bien Joe Bel. En l'espace d'une grosse poignée de mois, la jeune femme est passée de concerts en petit comité et en mode guitare-voix à des premières parties inespérées à ce stade de la compétition (Corneille, Ms Dynamite au Stade des Alpes, Ólafur Arnalds à l'Epicerie Moderne), incluant une tournée en ouverture d'Asaf Avidan conclue à l'Olympia (rien que ça). Des concerts qui se comptent par dizaines et presque autant de sollicitations médiatiques pour cette folkeuse pop à la voix soul et au feeling hip-hop. Un album arrivera très bientôt pour non pas boucler la boucle mais pour franchir une nouvelle étape, après celle d'une formule scénique qui la voit désormais se produire en groupe et, pour la première fois, dans le cadre des Inouïs, avec une batterie chargée de rajouter – s'il en fallait – encore un peu plus d'épaisseur au groove irrésistible de demoiselle Bel. Au Marché Gare, vendredi 14 février.

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"Remember Attica !"

MUSIQUES | A 76 ans, le protée jazz Archie Shepp convie son big band sur la scène du Théâtre Antique pour jouer une pièce essentielle de l'Histoire – musicale mais pas seulement – américaine : "Attica Blues", sorti en 1972, un brasier de "Great Black Music" né des cendres de l'un des plus tristes et sanglants épisodes du militantisme noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Qui a vu Un Après-midi de Chien (A Dogday Afternoon) de Sidney Lumet se souvient sans doute de cette scène où Al Pacino, campant Sonny Wortzik, un braqueur de banque aux abois, tient tête à des forces de l'ordre tétanisées par son charisme exalté. Ralliant les badauds à sa cause au cri d'«Attica ! Attica ! Remember Attica !». Si le film sort en 1975, il se déroule en 1972 et s'inspire d'un fait divers survenu à Brooklyn cette même année. Or en 1972, les trois syllabes «A-tti-ca !» forment à la fois le cri de ralliement et le symbole d'une lutte contre le pouvoir au croisement du pacifisme et de l'antiracisme ; du Weather Underground, mouvement gauchiste particulièrement radical, aux Black Panthers. Réputé pour accueillir certains des détenus les plus dangereux des Etats-Unis et nombre de dissidents politiques, le centre correctionnel d'Attica devient mondialement célèbre le 9 septembre 1971. Quelques jours plus tôt, menés par le militant d'extrême-gauche Sam Melville les détenus entreprennent une grève du... petit-déjeuner, suite à la mort du Black Panther George Jackson – auque

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Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août. La colline a des vieux S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche. Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj

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Dans le Mills

MUSIQUES | Festival / Pour sa sixième édition, le festival Reperkusound remise un peu son côté punk au profit d’une tête d’affiche plus arty : en invitant Jeff Mills, le Double Mixte revêt le costume so(m)bre et chic du créateur d’Axis. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 1 avril 2011

Dans le Mills

«Transgénérationnelle et cross-over», voilà les premiers mots qui viennent à l’esprit d’Éric de Mediatone lorsqu’on lui demande de nous présenter cette sixième édition. Or pour incarner cette programmation «tournée vers le passé et le futur à la fois», quelle meilleure tête d’affiche que Jeff Mills ? Depuis vingt ans que le Wizard de Detroit officie sans relâche à la pointe de la création (musicale, bien sûr, mais aussi dans les domaines de la mode et du cinéma), obsédé par les thèmes de la mémoire, de la transmission, du futur et de la science-fiction, Jeff Mills cristallise à lui seul cette volonté de réunir sur le dancefloor plusieurs générations. De tous les pionniers techno d’Amérique (Mad Mike avec qui il a fondé le mythique label UR, Robert Hood qui a oeuvré sur Axis…), Mills est peut-être le seul, en 2011, qui a réellement réussi à passer l’épreuve du temps. Persistant dans son art en s’associant aussi à d’autres formes de création, menant de front trois labels (Axis, Purpose Maker et le visionnaire Tomorrow) plus une ligne de vêtements, il embrasse et brasse dans ses flightcases vingt ans d’histoire sonore, et toujours cette volonté farouche d’aller de l’avant. Laurent Gar

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Rapublicain

MUSIQUES | Injustement désigné comme l’un des deux piliers du mouvement slam, avec le premier prix de récitation Grand Corps Malade, Abd Al Malik s’est pourtant (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 février 2010

Rapublicain

Injustement désigné comme l’un des deux piliers du mouvement slam, avec le premier prix de récitation Grand Corps Malade, Abd Al Malik s’est pourtant toujours défini comme un rappeur. Un rappeur «positif» qui ne nique pas la police et embrasse la République. Ce qui n’a pas manqué de bouleverser l’ex-ministre de la Culture Christine Albanel qui l’a adoubé Chevalier des Arts et des Lettres. Avec Abd Al Malik, le 11 février à la Salle 3000, la France, tu l’aimes ou tu la kiffes.

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Ahmad Jamal

MUSIQUES | C’est une des dernières grandes légendes du jazz qui se produira à l’Auditorium samedi 21 mars. Ahmad Jamal, pianiste mythique ayant traversé les époques (il va (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 mars 2009

Ahmad Jamal

C’est une des dernières grandes légendes du jazz qui se produira à l’Auditorium samedi 21 mars. Ahmad Jamal, pianiste mythique ayant traversé les époques (il va avoir 79 ans !) et les styles (apprentissage par le piano classique, découverte du jazz à l’écoute des géants Armstrong, Ella Fitzgerrald ou Billie Holliday, curiosité pour la bossa nova et le funk) en imposant son toucher inimitable, à la fois rythmique et aérien. Il se produira avec ses deux musiciens habituels pour un récital basé sur son dernier album, It’s magic !

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