Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 30 mai 2017

Photo : © DR


02.06.17 > PARC DE GERLAND
ETHNOTEK

La traditionnelle soirée épicée et métissée du festival 6e Continent prend place en ce vendredi au cœur du parc de Gerland, pour un line-up alignant des valeurs sûres de l'électro-dub (Kanka), un DJ adepte du dancefloor mondialisé (Click) et surtout l'immense Imhotep, architecte sonore de la galaxie IAM, toujours efficace derrière les platines. Pluriel.

03.06.17 > TRANSBORDEUR
DUB ECHO #14

Encore une belle programmation pour la soirée sound-system la plus suivie de la ville, avec le maître du stepper, Iration Steppas, fer de lance de ce dub très fortement infusé de sons électroniques depuis 1990. L'OBF sound-system est aussi annoncé avec Shanti D & Junior Roy au micro, la petite salle étant laissée aux bons soins de Bside Crew. Heavy.

04.06.17 > BELLONA
LE MARIAGE

Le dimanche, c'est jour de mariage à Bellona ! Célébrons celui de Tracy Gareth et Pump Up The Jam, éloge du queer et de l'amour sous l'égide de la Manif pour Touz. Après l'apéro La Garçonnière, se relayeront aux platines la toujours pertinente Rag (abonnée à Lyon ces temps-ci !), Calling Marian, Esteban ou encore Chris Dudzinski. Queer.


Le Mariage

Felix + Esteban + Hubbe Ndz Maschine + Chris Dudzinski + Calling Marian + Rag
Bateau Bellona Rive droite du Rhône / Pont Pasteur Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Dub Echo

Obf Sound System + Iration Steppas + Bside Crew + Ranking Diximal + Mc's
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nuit Ethnotek

Imothep + Kanka + Dj Click + Saadji + Dj Frogg
Parc de Gerland Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Courtney Geraghty, nouvelle directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Pour succéder à Jean Lacornerie, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse en partance à la fin de l'année, le jury a choisi ce lundi 21 septembre la Franco-Américaine Courtney Geraghty.

Sébastien Broquet | Mardi 22 septembre 2020

Courtney Geraghty, nouvelle directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

Le choix du jury, qui s'est réuni le lundi 21 septembre et composé de l’association de gestion du Théâtre de la Croix-Rousse, de la Ville de Lyon, de la Région et de la DRAC Auvergne Rhône Alpes, s'est porté sur Courtney Geraghty. C'est donc la jeune femme de 37 ans originaire de Boston qui dirigera le Théâtre de la Croix-Rousse dès janvier 2021, succédant ainsi à Jean Lacornerie, lequel va quitter ses fonctions le 31 décembre prochain après dix ans à ce poste. 24 dossiers de candidatures avaient été déposés, parmi lesquels cinq finalistes ont été désignés pour passer l'oral — vingt minutes de présentation, vingt minutes de questions — ce lundi. C'est à la quasi unanimité que Courtney Geraghty a été désignée pour diriger ce théâtre emblématique de la ville. Elle s'est associée au metteur en scène auvergnat Johanny Bert, pour les prochaines saisons du théâtre. Courtney

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Ici EST là : "Les Mondes parallèles" de Yuhei Sakuragi

Sur Canal+VOD | Un bon anime aux sous-textes écologistes réalisé par Yuhei Sakuragi, à découvrir sur Canal+VOD.

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ici EST là :

Tokyo, de nos jours. Shin et Kotori, deux lycéens proches, découvrent l’existence d’un monde en tout point identique au nôtre, où chacun possède son double : si l’un meurt, l’autre disparaît à son tour. Or ce monde parallèle est une dictature qui envoie des tueurs avec des cibles précises… Réduire ce film à un énième anime avec collégiens et collégiennes en uniformes, pseudo-Transformers et baston de fin du monde serait se priver de sa part de mélo et de sa très utile dimension métaphorique. Car au-delà de la variation sur les histoires à paradoxe temporel — comme si Terminator ou Retour vers le futur rencontrait Matrix — cette semi-uchronie résonne étrangement avec l’actualité contemporaine : à l’instar de la parabole sur “l’effet papillon”, elle rappelle en effet que nous habitons tous le même écosystème, et sommes plus interdépendant que nous le croyons. Dans la lignée, en somme, de Pompoko ou Lou et l’île aux sirènes aux sous-textes volontiers écologistes…

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Un Mirage entre réel et virtuel

Art Numérique | Pour sa huitième édition, le Mirage Festival poursuit ses explorations artistiques dans le domaine des nouvelles technologies, et nous transporte même cette année jusqu'aux confins, imaginaires et scientifiques, de l'univers...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mars 2020

Un Mirage entre réel et virtuel

Depuis 2013, l'ambitieux festival Mirage se donne pour ambition « de s'interroger sur la place des nouvelles technologies dans la création artistique et plus largement dans les industries créatives ». Sa huitème édition met en orbite les créations numériques (et autres) autour de la thématique des cosmogonies (le regard tout à la fois artistique, philosophique et scientifique sur l'univers qui nous entoure et le cosmos dont nous faisons partie). Mais la programmation du festival est encore plus large que cela, proposant un grand nombre de créations en réalité virtuelle souvent interactives, des activités en famille, une soirée de performances, un focus sur la création émergente, des rencontres et des tables rondes avec des acteurs de la création numérique, et, à Grrrnd Zero, une soirée musicale de clôture avec à l'affiche : Somaticae, Zoë Mc Phe

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Le réel déminé

Théâtre de la Croix-Rousse | S’inspirant d’un fait divers américain des années 70 (l’enlèvement de Patricia Hearst), la jeune autrice Myriam Boudenia trace le parcours d’une adulte d’aujourd’hui naissant à elle-même dans la contestation de l’ordre établi. Parfois fragile, souvent très affirmé.

Nadja Pobel | Mardi 12 novembre 2019

Le réel déminé

C’est une meute qui vient attaquer une jeune fille en fleur. En deux trois mouvements, la voilà pliée dans une cage. « Toute ressemblance avec le réel n’est absolument pas fortuite » est-il écrit sur des panneaux. La trame est claire. Cette Patricia Hearst – que l’écrivaine Lola Lafon avait décrit récemment dans le très alambiqué Mercy Mary Patty – est ici Héloïse. Elle a 19 ans également. Son père est un très riche magnat de la presse mais les ravisseurs ne demandent aucune rançon. Si cela évacue une des questions intéressantes qui minera la vraie Patricia (à combien son père estime-t-il sa libération et donc son existence ?), cela ouvre d’autres perspectives plus retorses mais passionnantes : quel est l’idéal de société que dessinent ces révolutionnaires ? Où et comment agissent les mécanismes de domination et de soumission ? RAID Parfois trop bavard (avec des références explicites à la présidence Macron, au syndrome de Stockholm ou des descriptions trop détaillées de

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Brigitte Giraud : rouvrir l'horizon

Portrait | Depuis 1997 et jusqu'à ce Jour de courage paru cet automne, l'écrivaine Brigitte Giraud tisse une très fine toile de l'intime en sondant les corps et les sensations de ses personnages. Esquisse de portrait en quatre points cardinaux.

Nadja Pobel | Mardi 5 novembre 2019

Brigitte Giraud : rouvrir l'horizon

L'Algérie C'est à Sidi Bel Abbès que Brigitte Giraud voit le jour en 1960. Sa mère est venue rejoindre son amoureux, appelé de l'armée française pour participer à ce qui ne se nomme pas encore une guerre. Il ne veut pas prendre les armes, il sera affecté à la morgue de l'hôpital où, du haut de ses vingt ans, il lui revient de recevoir les familles endeuillées et de faire part des tragédies renouvelées. Brigitte Giraud n'y restera que quelques mois et n'a pas le moindre souvenir de ce pays. Pourtant, elle souhaitera y retourner avec « l'homme de [sa] vie » qui y a vécu enfant. Mais les années noires du FIS de la décennie 1990 reportent ce voyage qu'elle finira par faire seule avec son fils il y a une dizaine d'années. Depuis longtemps germait l'idée d'inscrire cette patrie dans un livre : « je voulais le faire du vivant de mes parents mais mon père atteignait les 80 ans, alors il a fallu accélérer ». Ainsi en 2017, paraît

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Jacky Schwartzmann à double tour

Polar | Alors que sort le 3 octobre son nouveau roman en solitaire, Jacky Schwartzmann vient de commettre Le Coffre, un savoureux polar à quatre mains avec son homologue roumain Lucian-Dragos Bogdan.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 octobre 2019

Jacky Schwartzmann à double tour

« Pour faire rire, il faut inventer, il faut trouver un bon mot et non répéter celui des autres. J'ai connu des types fans d'humoristes célèbres et qui étaient capables de réciter des sketchs entiers, avec les bonnes intonations, avec l'accent tonique au bon endroit et avec les grimaces executées à la perfection. Mais jamais drôles. Les Dick Rivers de la blague. » Dès la première page de Le Coffre, son co-auteur lyonnais nous livre cette profession de foi passée au filtre du narrateur, l'humour selon Jacky Schwartzmann. Ce n'est pourtant pas un traité sur le rire que nous propose l'auteur de Demain c'est loin, mais un nouveau polar. Sa particularité : dans une certaine tradition policière (Boileau-Narcejac), Le Coffre est écrit à quatre mains avec l'auteur roumain Lucian-Dragos Bogdan. Une commande de Quais du Polar dans le cadre de l'année culturelle franco-roumaine exécutée en un temps record (trois mois douche comprise) et avec une verve toute Schwartzmannienne. L'histoire : un gendarme français et un policier roumain collaborent à distance pour résoudre la bien é

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Histoire(s) d'un coming-out

Littérature | Deux ans après son très beau "Un Loup pour l'homme", Brigitte Giraud revient avec "Jour de courage", récit d'un coming-out adolescent où dans les plus terribles interstices de la grande Histoire se déploie un drame intime et brûlant. Un court roman dont la justesse n'a d'égale que la puissance.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Histoire(s) d'un coming-out

« Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler les hommes » écrivait Heinrich Heine en 1821 dans Almansor. Heine faisait référence à l'autodafé nationaliste de la Wartburg en 1817. Sans doute n'imaginait-il pas combien sa prophétie prendrait une effroyable tournure un siècle plus tard sous le régime nazi. Cette phrase, le jeune Livio, héros lycéen de Jour de Courage, la livre à sa classe, lors d'un exposé consacré au premier autodafé nazi, qui est en réalité bien plus que cela. Pour Livio une porte de sortie dont il soupçonne les conséquences sans les mesurer tout à fait. L'autodafé en question a pour objet l'Institut de Sexologie fondé par Magnus Hirschfeld, connu comme le "Einstein du sexe", pionnier de la sexologie, grand défenseur de la cause homosexuelle et pourfendeur de l'article 175 du Code pénal allemand réprimant « les actes contre nature entre homm

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Qui s’y frotte… : "Bacurau"

Le film de la Semaine | Après Aquarius, Kleber Mendonça Filho s’associe à Juliano Dornelles pour livrer une fable picaresque futuriste, entre Les Chasses du Comte Zaroff et Les Aventures d’Astérix version brésilienne. Corrosif, sanglant et… visionnaire ? Prix du Jury à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Qui s’y frotte… :

Nordeste brésilien, dans un futur proche. De retour à Bacurau pour enterrer sa grand-mère, Teresa remarque que le village est de plus en plus enclavé, comme coupé du monde. Les choses vont s’aggraver en présence de bien curieux étrangers. Mais Bacurau n’a pas dit son dernier mot ! Il y a trois ans, Kleber Mendonça Filho nous assénait une claque cuisante qui, à bien des égards, prophétisait métaphoriquement les prémices du populisme bolsonarien : on assistait en effet dans Aquarius à la déliquescence d’une société où le bon droit valait tripette face au poids des intérêts privés (et à leur omnipotence acquise par la corruption) ; où la maison Brésil semblait dévorée de l’intérieur, ses fondations menaçant de rompre à tout moment. Comme s’il souhaitait mettre entre parenthèses le temps présent, le cinéaste — en duo ici avec Juliano Dornelles — en propose avec Bacurau

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Cinq expos à voir en septembre

Bons Plans | De l'art brut, une friche industrielle, des galeries et deux musées qui s'accouplent : voici cinq expositions à découvrir en cette rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 9 septembre 2019

Cinq expos à voir en septembre

Le Palais de Tokyo investit une friche lyonnaise pour la Biennale L’événement artistique du mois, c’est l’ouverture de la nouvelle Biennale d’Art Contemporain, dont l’exposition internationale principale se tiendra aux (immenses) usines Fagor et au Musée d’Art Contemporain. L’équipe du Palais de Tokyo de Paris y présente cinquante-cinq artistes de tous horizons (esthétiques et géographiques), autour de la thématique du paysage. Peu d’entre eux sont connus et 90 % des œuvres exposées seront des créations. Une biennale pleine de surprises, donc ! 15e Biennale d’art contemporain, Là où les eaux se mêlent À Fagor-Brandt du 18 septembre au 5 janvier 2020 De l'art brut dans toute la ville L’art brut a le vent en poupe dans les musées, les galeries, les foires d’art contemporain. Mais, à Lyon, cela fait mai

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Gavissime : "Le Mariage de Verida"

Drame | de Michela Occhipinti (It, 1h34) avec Sidi Mohamed Chinghaly, Verida Beitta Ahmed Deiche, Aichetou Abdallahi Najim…

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Gavissime :

Mauritanie, de nos jours. L’existence de Verida tourne autour du salon de beauté de sa grand-mère et de ses deux amies. Ses parents ayant décidé de la marier, elle entame non sans renâcler un rite prénuptial destiné à la faire grossir : le gavage. Une coutume entre torture et hypocrisie… Il n’est pas rare de voir des fictions à destination quasi exclusive du public des pays occidentaux vitupérer telle ou telle survivance d’une coutume archaïque, affirmant généralement la mainmise du patriarcat sur la population féminine : excision, obligation de se couvrir dès l’adolescence, mariages forcés, etc. Misant beaucoup sur leur valeur documentaire, elles reproduisent en général la forme du film-dossier en respectant des standards cinématographiques schématiques. Cette catégorie de films pointe évidemment l’odieuse différence de traitements entre hommes et femmes, mais aussi les petits arrangements avec la tradition ou la religion permettant d’accomplir toutes les entorses aux règles que l’on désire… tant qu’elles demeurent à l’abri des regards. Ici, les femmes ont souffert de leur “régime“, mais le perpétuent sur leurs filles sans fin, se

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Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Notre sélection subjective de cinq belles expositions à découvrir tout l'été, dans les musées de Lyon et de la région...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

Cinq expos à voir cet été

Des coiffes qui décoiffent A la suite d'une donation du collectionneur Antoine de Galbert, le Musée des Confluences présente quelque 350 coiffes du monde entier, datant essentiellement des XIXe et XXe siècles. Cérémonielles, ornementales, hiérarchiques, guerrières ou autres, ces coiffes fascinent par leur inventivité esthétique, leur prolixité symbolique, leur aspect parfois un peu délirant. Au Musée des Confluences jusqu'au 15 mars 2020 Pierre Buraglio, Bas voltage Depuis presque soixante ans, Pierre Buraglio traverse courants et mouvements artistiques en toute singularité, renversant les codes de la peinture et de la représentation. Il utilise aussi bien des châssis dénudés que des fenêtres glanées dans des chantiers, et peint volontiers sur des portes de 2CV, des cartes postales, des pages de journaux... Parallèlement, l'artiste musarde dans les musées et dessine d'après Seurat, Courbet, Munch, Monet, Rodin... Son œuvre inclassable fait l'objet d'une grande rétrospective

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Sans autre forme de procès : "Acusada"

Thriller | Dolorès, 21 ans, est accusée du meurtre de Camilla, sa meilleure amie survenu trente mois plus tôt à l’issue d’une soirée entre ados très arrosée. Alors que va se tenir le procès, la jeune fille vit recluse chez elle, l’opinion publique l’ayant déjà jugée. De très rares amis lui sont restés fidèles…

Vincent Raymond | Mardi 9 juillet 2019

Sans autre forme de procès :

En justice, le doute doit toujours profiter à l’accusé ou l'accusée. Et sa charge d’incertitude permet des verdicts que le cinéma a du mal à accepter pleinement : un film étant censé s’achever par la résolution pleine et entière de toutes les intrigues, le doute constitue alors le prétexte à un ressort dramatique tel qu’une révélation de dernière minute. Acusada se distingue de la foule des films de prétoire par son absence de résolution : l’affaire du meurtre n’est pas bouclée et, d’un point de vue strictement théorique, c’est une bonne chose puisque la perception des faits par Dolorès constitue le cœur de l’histoire. Comment elle vit un sentiment de culpabilité consécutif au trépas de Camilla, aux conséquences sur ses parents (on comprend que le scandale, en plus de les ruiner socialement et matériellement, les a physiquement séparés), mais aussi sur son petit frère. Comment elle reçoit, également, l’agression médiatique, manipulant l’opinion à coup d’interviews sensationnelles. Divulguant progressivement les circonstances du drame, jouant la carte du présent en limitant le recours au fla

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Baston, le nouveau repère boom

Bar | Avec ses 200m2 situés à quelques pas du Sonic, Baston est le nouveau QG des cultures alternatives, féministes et queer. Un lieu de boom et non de teuf. On vous explique.

Sarah Fouassier | Jeudi 23 mai 2019

Baston, le nouveau repère boom

Les cinq dernières semaines ont été intenses pour l’équipe de Baston. Emma, Gaston et Bastien, trois amis récemment débarqués à Lyon, viennent de lever le rideau sur le lieu qui a vite été mis dans la case “bar queer”, une étiquette qui aplatit la capacité du spot à être ouvert à toutes et à tous. Pour Gaston, « nous sommes un lieu LGBT friendly, pas un bar gay ou queer, nous sommes ouverts à tout le monde. Bien sûr, on barbote autour des cultures queer et homo, mais nous sommes aussi ouverts aux féministes et à toutes les autres cultures. On a soif d’apprendre. » Baston et son cri de ralliement “ta nouvelle maison” nous enjoignent à prendre le pli : nous sentir comme chez nous, comme « dans une grosse fête d’appart » où les voisins ont l’oreille fine et par conséquent, le volume sonore ne doit pas troubler la vie paisible de ce quartier du cinquième arrondissement. Pendant que le week-end d’ouverture faisait trembler murs et plafond avec ses concerts, DJs sets et performances, l’équipe a été contrainte de faire évoluer la programma

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Mirage Festival : vers un art numérique écologique

Art Numérique | Cette septième édition du Mirage Festival place l’humain face à ses propres incertitudes et contradictions en explorant les possibles, dans la perspective de créer un avenir moins effrayant et davantage clairvoyant. Focus sur deux œuvres réflexives qui font fusionner biologie et nouvelles technologies à l’initiative de deux femmes : Robertina Šebjanič et Anne Marie Maes.

Sarah Fouassier | Mardi 2 avril 2019

Mirage Festival : vers un art numérique écologique

L’art sauvera-t-il la planète ou du moins y prendra-t-il part ? Au moment même où nous prenons collectivement conscience que nous devons agir et vite, Mirage Festival invite dans son parcours d’exposition, à voir aux Subsistances, deux artistes dont les travaux plurimédias soulèvent des interrogations philosophiques. Dans ses recherches écologiques innovantes, l’artiste belge Anne Marie Maes s’empare de la problématique de la raréfaction des abeilles à sa manière : en associant technologie et organismes vivants. Elle a ainsi mis au point dans son labo bruxellois à ciel ouvert, une installation regroupant une ruche intelligente en peau microbienne, The Intelligent Guerilla Beehive, imaginée pour résister aux agressions extérieures, et une vidéo tournée en caméra infrarouge. L’artiste a filmé pendant un an les interactions entre les abeilles au sein d’une ruche, une intelligence collective en péril comme le sont les fonds marins que la Slovène Robertina Šebjanič a choisi d’étudier, motivée par cette question : « comment les océans ressentent-ils notre impact ? » À l’aide d’un drone sous-marin l’art

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Grave les boules : "Dragon Ball Super: Broly"

ECRANS | De Tatsuya Nagamine (Jap, 1h40) avec les voix (v.f) de Patrick Borg, Éric Legrand, Mark Lesser

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Grave les boules :

Quarante ans après avoir été expédié par le Roi Vegeta sur une planète hostile, le super guerrier Broly est retrouvé par l'armée de Freezer. Désormais dévoué à son “sauveur“, Broly doit combattre Vegeta fils et Goku sur Terre, et la soumettre pour le compte de Freezer. Sujets à la migraine ou l’épilepsie, prenez garde à l’interminable combat final, d’autant qu’il dure la moitié du film. Un déséquilibre proprement injustifiable d’un point de vue narratif (les évolutions de personnages se succèdent dans une surenchère frisant le ridicule — c’est le cas de le dire, car chaque degré supérieur donne lieu à une nouvelle coloration capillaire ; et un charivari visuel quasi-insoutenable, entre le luna park sous amphétamines et la contemplation forcée d’une guirlande de Noël électrique un 14-juillet au soir. Ce vacarme optique, aggravé par une désinvolture graphique et esthétique confinant au mépris du public, ravale la japanimation aux pires clichés d’une sous-culture artistiquement bâclée — une médiocrité dont Takahata, Miyazaki, Hosoda, Makoto Shinkai, Shunji Iwai entre autres, ont pro

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La flamme de sa vie : "Dragons 3 : Le monde caché"

Animation | De Dean DeBlois (É-U, 1h34) avec les voix (v.o.) de Jay Baruchel, America Ferrara, F. Murray Abraham, Cate Blanchett…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

La flamme de sa vie :

Mâle alpha et donc roi des dragons, Krokmou n’est plus tout à fait le seul survivant de son espèce : une femelle Furie Éclair existe et elle est entre les mains de Grimmel, un féroce exterminateur de dragons. Harold et Astrid vont devoir faire feu de tout bois pour le sauver, ainsi que leur village… Cela devait arriver. Non pas qu’un troisième volet de la franchise méga-rentable voie le jour, mais que Krokmou fasse des petits. Encore faut-il qu’il déclare au préalable sa flamme à sa dulcinée, ce qui donne lieu à une réjouissante parade où l’animal, mélange indéfinissable de félin et de saurien, balance entre le grotesque et le touchant de l’ado faisant sa cour. Harold et Astrid en étant au même stade (avec des roucoulades moins dandinantes, il est vrai), cet opus printanier exhale une fragrance saison des amours, soutenue par la thématique secondaire du film : la question du détachement, doublement métaphorisée. Car si les appariements entre jeunes entraînent le départ du nid familial, la découverte d’un nouveau monde perdu où les dragons peuvent vivre en paix implique la fin de

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Drôle de Drag au Sonic

Rock | À coups de lounge rock déviant fondant ses propres plombs, le duo mixte américain Warm Drag, dévoile sur son premier album un charme trouble et vénéneux à la limite du paranormal. Et devrait, sur la scène du Sonic, mettre bon nombre de récepteurs sensoriels dans le rouge.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 janvier 2019

Drôle de Drag au Sonic

K-Holes, c'est le nom du groupe dont est issue Vashti Windish, chanteuse de Warm Drag, projet parallèle ne passant pas inaperçu formé avec Paul Quattrone, l'un des tabasseurs de fûts des zinzins Oh Sees. Un K-hole désigne aussi cet état coincé entre l'hyper-conscience et l'expérience de mort imminente, généralement associé à une décorporation et consécutif à une prise peu mesurée de kétamine, cette drogue qui, on le sait, assomme bien les chevaux. Bref, une espèce de mégatrip qui emmènerait son passager aux portes de la perception en lui fournissant les clés de toutes les serrures, au point de provoquer des changements et des prises de conscience mille fois plus profonds qu'une crise de la quarantaine géante ou une démission de Nicolas Hulot. Or c'est précisément le genre d'état qu'est censé provoquer ce duo dont "l'in

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Demain, j’arrête (ou pas) : "Never-Ending Man : Hayao Miyazaki"

Documentaire | de Kaku Arakawa (Jap, 1h12) Avec Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki, Yuhei Sakuragi…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Demain, j’arrête (ou pas) :

En 2013, après plusieurs faux-départs, le cinéaste Hayao Miyazaki effectue l’annonce solennelle de sa retraite définitive. Peu dupe, Kaku Arakawa entreprend de le suivre et enregistre son incapacité à demeurer inactif : le fondateur des studios Ghibli se remet rapidement au travail… D’une insolente brièveté, ce documentaire tourné au plus près de Miyazaki — parfois sous son nez pendant qu’il déguste son bol de ramen — possède de nombreuses vertus. Dont celle de nous immiscer dans l’intimité du père de Totoro, révélant ses habitudes et ses manies (le port de la blouse, les cigarettes, les tressautements de jambes machinaux) d’un über perfectionniste conscient d’avoir, à l’instar d’un Cronos, dévoré ses enfants par crainte qu’il ne lui succèdent. On pourrait croire qu’il s’agit d’une charge contre un vieux maître reclus dans son égotisme et la certitude de son indépassable excellence ; or justement, Miyazaki ne cesse de s’ouvrir à la nouveauté (ici, à la 3D) et à la jeunesse. Et quand il ose avouer vouloir réaliser dans un premier temps un nouveau court-métrage, Boro la ch

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Quand le sport vient au secours de l’émancipation féminine : "La Permission"

ECRANS | de Soheil Beiraghi (Irn, 1h28) avec Baran Kosari, Amir Jadidi, Sahar Dowlatshahi…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Quand le sport vient au secours de l’émancipation féminine :

Capitaine de l’équipe féminine iranienne de futsal, Afrooz doit disputer une compétition internationale en Malaisie lorsqu’elle découvre que son époux a révoqué son autorisation de sortie du territoire. Entre stupeur et colère, elle lutte quasi seule pour changer les choses… Voici un film étrangement en phase avec l’actualité. Bref rappel : le 10 novembre dernier à Téhéran, pour la première fois depuis 1979, des femmes ont eu la possibilité d’assister à un match de football dans un stade largement occupé par des hommes, à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions asiatique. Un spectaculaire contraste avec l’histoire d’Afrooz, qui se déroulait “en vrai“ quelques mois plus tôt. Comme souvent dans le cinéma iranien contemporain — dont on ne cesse de signaler l’audace politique autant que formelle — la construction est dialectique : face à un problème administratif ou une énigme, la complexité des faits se déploie progressivement, révélant de nombreuses ramifications au fil d’un dialogue incisif, mais jamais pesant. Nul manichéisme dans le traitement des personnages : chacun

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Le venin du mal : ""The Mumbai Murders"

Thriller | Le copycat d’un tueur en série de Bombay provoque un flic déglingué en qui il a repéré un joli potentiel. Commence une longue traque faite de victimes collatérales. Une cavale bien noire puant le vice où toute innocence sera sacrifiée. Attention, c’est du violent.

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Le venin du mal :

Policier coké jusqu’à ses verres teintés, Raghavan traque le balafré Ramana, un tueur en série aussi cintré qu’arrogant qu’il a laissé filer alors qu’il s’était livré à ses services. Reparti dans la nature, Ramana continue à le provoquer en exécutant ses victimes avec une sauvagerie gratuite… Dans la volumineuse production indienne, par ailleurs très mal diffusée en Occident, il faut s’armer de patience pour trouver l’aiguille au creux de la meule de foin, ou le clou de girofle au milieu du garam masala. Mais quand on s’y pique, on tient sa récompense. C’est le cas avec ce film, enfin visible deux ans et demi après son passage à la Quinzaine des Réalisateurs cannoise — une éternité pour le prolifique réalisateur des Gangs of Wasseypur. The Mumbai Murders s’inspire des méfaits de Raman Raghav, un authentique tueur en série paranoïaque ayant sévi durant les années 1960 dans les rues de Bombay, dont Ramana se veut une manière de version réactualisée et “augmentée“ — le titre original est d’ailleurs Raman Raghav 2.0.

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Dominique A : haut, bas, fragile

L'Album | Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : haut, bas, fragile

Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 ans se tourne avec La Fragilité, revenant, comme au temps de La Fossette, il y a un plus d'un quart de siècle, mais aussi de La Musique – deux de ses albums préférés – à l'intimité de sa chambre. Là où s'épanouit l'épure de l'enregistrement solitaire sur un 8-pistes en la seule compagnie d'une boîte à rythmes et, surtout, de la guitare acoustique aux nylons usés achetée au moment de La Mémoire neuve (1995). Une sorte de contre-pied à Toute Latitude, sorti au printemps et brûlant de rage électro-rock (la terreur sourde de Corps de ferme à l'abandon...). Ici, la chose éclôt en douceur avec La Poésie, écrite au lendemain de la mort de Leonard Cohen et de l'élection de Donald Trump le jour suivant, deux sacrés coups portés à la poésie du monde. Poé

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Des naufragés sublimés par Emmanuel Meirieu

Nuits de Fourvière | Nouvelle agora et décor à couper le souffle : Emmanuel Meirieu adapte Les Naufragés de Patrick Declerck qui a écouté, soigné, pansé les clochards que la société efface. Spectacle hors normes.

Nadja Pobel | Mardi 5 juin 2018

Des naufragés sublimés par Emmanuel Meirieu

Il y a un mois, Nuits sonores rugissait dans le quartier Debourg. Plus accessible encore que ces anciennes usines Fagor, Julien Poncet, directeur de la Comédie Odéon de Lyon et initiateur-producteur du spectacle, a trouvé un autre local, sur la ligne de tram, à quelques encablures de la Halle Tony Garnier. C'est un ancien entrepôt de fret-triage dont l'histoire est encore un peu un mystère dans lequel Emmanuel Meirieu fait son retour en terres lyonnaises, les siennes, pour créer Les Naufragés d’après l’invraisemblable et déchirant témoignage qu’a publié l’ethnologue-psychanalyste Patrick Declerck. Depuis vingt ans, à quelques exceptions près (ses Chimères amères, Electre, Médée, De beaux lendemains

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Mirage festival : Des nuits bardées d'expé

Clubbing | Afin de poursuivre votre visite digitalisée aux Subsistances, le Mirage propose trois soirées de DJ sets et concerts audiovisuels ultra pointus avec en tête d’affiche trois jeunes femmes originaires de trois continents différents.

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Mirage festival : Des nuits bardées d'expé

L’apogée musicale du festival aura sûrement lieu dès le soir de son inauguration, avec l’Égyptienne Nadah El Shazly dont l'album Ahwar ("marécage") fusionne musique traditionnelle égyptienne, jazz et expérimentations instrumentales. Au cœur du labyrinthe que compose ces huit titres, 22 musiciens ont apposé leur patte sur cet album élaboré en deux ans entre l’Égypte et le Canada. Le live sera précédé des sonorités expérimentales du duo Les Halles et c’est Stakhan, initiateur des soirées Tunnel Vision et animateur des émissions Planète Noire sur LYL radio qui clôturera cette première réunion. Vendredi soir, la nuit sera des plus sombres avec le dub industriel de l’Espagnole JASSS. Deux concerts audiovisuels s’inviteront également sur le plateau : celui de Juanita x Flares en préambule, puis Lucas Paris avec son projet AntiVolume où son et lumière forment un espace d’expérimentation techno et sensitif. Un autre ovni se posera sur les Subs : Black Zone Myth Chant dont le dernier album Feng Shen est signé sur les Édi

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Mirage Festival : à l'heure de l'innovation féminine

Art numérique | Le Mirage Festival est de retour pour quatre jours dédiés à l’art et aux cultures numériques. Bien loin de l’image start-up ou geek que l’on colle au secteur, le festival honore l’innovation et les industries créatives dans toute leur diversité. Et cette année, ce sont les femmes qui donnent à voir les projets les plus stimulants.

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Mirage Festival : à l'heure de l'innovation féminine

Innover, pour un festival, n'est pas toujours évident, tant dans sa forme que dans ses parti-pris artistiques. Mais au Mirage Festival, l’innovation est une évidence et au cœur même de son identité. L’enjeu de cette sixième édition, à travers la question de la place des femmes dans la création numérique, est également de détricoter l’image plutôt masculine du secteur du numérique, et d’initier les filles à se lancer dans l’informatique. Ce secteur ne voit que 28% de filles dans ses écoles, et on ne pousse que trop peu les petites filles à jouer aux jeux vidéo, à programmer, coder ou à geeker. Le Mirage Festival veut participer à l’évolution de cette image, et comme chaque année de nombreuses familles viendront expérimenter et ce sont autant de filles qui se plongeront dans ces œuvres créées par des femmes, et qui sait, quelques vocations seront peut-être suscitées. La solide présence de femmes, artistes et intervenantes, peut s’expliquer par le caractère trans-disciplinaire du festival. On retrouve des créatifs travaillant dans les domaines du design, du graphisme, de la vidéo, de la scénographie, de la programmation, mais aussi des chercheu

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C’est le printemps au cinéma !

ECRANS | La fin de l’hiver approche… et avec elle, le retour du Printemps du cinéma. En déboursant 4€, découvrez toutes les nouveautés des salles obscures pendant (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 13 mars 2018

C’est le printemps au cinéma !

La fin de l’hiver approche… et avec elle, le retour du Printemps du cinéma. En déboursant 4€, découvrez toutes les nouveautés des salles obscures pendant trois jours. Les cinéphiles auront l’embarras du choix ; rien que pour la semaine du 14 mars, trente films seront de sortie. En synergie avec cet événement, la 2e édition de la Fête du Court-métrage se tiendra pendant une semaine. Les grands films courts seront diffusés dans les cinémas, mais aussi dans d'autres lieux tels que les bibliothèques, cafés, théâtres, bars et galeries. À la Maison des Étudiants, des rencontres avec des professionnels (sur réservation) sont organisés pour le 16 mars et le lendemain, c'est journée ateliers de toutes sortes (tournage en direct, bruitage, réalité virtuelle, fond vert) à l'école CinéCréatis. Le Printemps du Cinéma Du 18 au 20 mars Fête du Court-métrage Du 14 au 20 mars Réservations pour les rencontres professionnelles :

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Snap déménage

Art contemporain | Depuis fin décembre, la galerie Snap est fermée, en stand-by avant déménagement. Mais l'on peut retrouver la programmation de Paul Raguenes, le (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 6 mars 2018

Snap déménage

Depuis fin décembre, la galerie Snap est fermée, en stand-by avant déménagement. Mais l'on peut retrouver la programmation de Paul Raguenes, le directeur, à la micro galerie LFA, soit l'espace attenant au bureau d'études d'architecture Looking For Architecture, au 13 rue Creuzet. Un lieu hybride moitié galerie moitié lieu de réunion, où la collaboration des deux entités promet d'être fructueuse puisqu'elle a déjà vocation à durer dans le temps, en parallèle de Snap. Aujourd'hui et jusqu'au 8 juin, on peut y voir l'exposition Under construction de Benjamin Sabatier, qui interroge le concept de travail à travers ses sculptures en matériaux bruts et accessibles, empruntes "d'esthétique du chantier" et de culture DIY.

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Partir ! : "Tesnota – Une vie à l’étroit"

ECRANS | de Kantemir Balagov (Rus, int-12 ans avec avert., 1h58) avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova…

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Partir ! :

Russie, 1998. Ilana vit avec ses parents dans une petite congrégation juive plus ou moins intégrée dans le Nord Caucase. Un soir, après le célébration des fiançailles de son frère, celui-ci et sa future femme sont kidnappés et une rançon réclamée. À quels sacrifices consentir pour réunir les fonds ? S’inspirant de faits avérés, Balagov décrit un contexte particulièrement pesant pour les citoyens juifs, considérés par la population locale comme des individus de seconde zone ; des butins ambulants à détrousser impunément ou des corps adaptés aux émois privés. Loin de faire le seul procès de la société russe, le cinéaste montre également l’archaïsme coutumier de cette communauté étouffant sa jeunesse, où l’on en est réduit à brader une fille pour sauver un fils. Parce qu’il se concentre sur Ilana, garçonne ayant soif d’indépendance et de l’énergie à revendre, Balagov prend le parti de la jeunesse, de la révolte et de la modernité. Elle se pose non à la place de la victime consentante, dans l’acceptation de la fatalité, mais dans un désir d’émancipation, d’ailleurs e

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Stone à la BF15 : La tendresse des pierres

Art contemporain | Stone, une exposition au croisement de la science et de la poésie avec trois artistes explorant chacun à leur manière la minéralité en déroulant des fils à partir de la terre, la roche, la pierre vers le cosmos, l’histoire, la géographie, la sensorialité…

Lisa Dumoulin | Mardi 6 février 2018

Stone à la BF15 : La tendresse des pierres

Une “empreinte de la ville” : c’est la première proposition réalisée par l’artiste taïwanaise Yen-Tzu Chang. Soit une pierre des Monts d’Or qui renferme les sons de la ville : des rires d’enfants, des cris de manifestants ou le coulis de l’eau s’échappent dans l’atmosphère au fur et à mesure que les mains s’attardent dessus (oui il faut TOUCHER l’œuvre !) Le patrimoine et le vivant se rencontrent avec ce caillou qui prend la forme d’un souvenir, du cœur battant de la ville. Une cartographie sonore tangible qu’accompagne un plan de Lyon dessiné à même le mur retraçant les pérégrinations de l’artiste. Philosophie naturelle Une tentative de rationalisation du mystérieux, ce pourrait être une définition de l’approche de Damien Fragnon qui s’est plongé dans l’univers des météorites. Ces corps rocheux d’origine extraterrestre restent scientifiquement flous sur bien des aspects, laissant le champ libre à l’imagination. Son approche est quasi scientifique : répertorier les météorites tombées en France, sélectionner certains lieux, reproduire les météorites à l’identique puis les photographier à l’endroit exact où elles ont atterri.

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Les Mots et les Choses de Bertrand Burgalat

Pop | Avec Les Choses qu'on ne peut dire à personne, Bertrand Burgalat a sans doute livré l'an dernier son album le plus personnel. Où la richesse des mots le dispute à l'éclectisme musical, l'intime à l'universel et la légèreté de la confession à la gravité de ce que l'on garde pour soi.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

Les Mots et les Choses de Bertrand Burgalat

Avec sa mise de dandy, son aura de gourou de l'easy-listening, Bertrand Burgalat est toujours parvenu à nourrir une certaine hype sans jamais être à la mode. Peut-être parce que depuis ses débuts, Burgalat, dont son label Tricatel serait le navire amiral, est barré dans un espace temps porteur tout à la fois d'une conception toute personnelle de la pop (mélange de pop légère, d'instrumentaux cinématographiques, de groove tentateur et de musique d'ascenseur émotionnel) et d'une certaine idée de la France (avant-gardiste à force de vintage). Si avec Les Choses qu'on ne peut dire à personne, son album publié l'an dernier, Burgalat poursuit dans cette voie, il en infléchit malgré tout la course, dans un voyage au cœur d'une géographie intime, la sienne et celle de la France d'aujourd'hui, ce fantôme envahissant. Aux plumes de Laurent Chalumeau qui lui livre le magnifique morceau-titre, Philippe Vasset, Hélène Pince, Yattanoel Yansane ou, à trois reprises, Blandine Rinkel, auteure multitâche membre du collectif Ca

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Les concerts à ne pas louper

La Rentrée Musique | La trêve des confiseurs à peine achevée, la dinde à peine digérée, voilà que redémarre déjà la saison des concerts. Pour vous éviter une autre indigestion, nous avons sélectionné pour vous, d'une main innocente, incontournables et découvertes de cette nouvelle année.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Les concerts à ne pas louper

Bertrand Burgalat & AS Dragon Avec l'album Les Choses qu'on ne peut dire à personne, le gentleman de la pop française et patron plénipotentiaire du label Tricatel a effectué l'an dernier un retour plutôt magistral, se livrant paradoxalement comme jamais. Musicalement, où le spectre burgalatien (comme on dirait martien) s'étend de la pop à la bossa, de l'électro à l'easy listening, ou au cœur de ses textes, rappelant parfois le Présence humaine de Houellebecq. Une bonne nouvelle qui en amène une autre puisque le maître se produira en concert avec son groupe de (presque) toujours : les redoutables AS Dragon. Au Sonic le mercredi 24 janvier (avec Catastrophe) Pierre Lapointe « La science du cœur est un objet d'abstraction propulsée par la volonté qu'ont les gens tristes à se laisser toucher » chante Pierre Lapointe en ouverture de son album La Science du cœur. Cette science, c'est peu de dire que

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L'animisme numérique d'Adrien M & Claire B

Art Contemporain | Pour leur deuxième corpus d’exposition, Adrien M et Claire B s'immiscent au cœur de la matière, celle des pierres avec un parcours d’installations et d’œuvres aux formats variés qui font coexister virtuel et matériel, magie et technologie.

Sarah Fouassier | Mardi 12 décembre 2017

L'animisme numérique d'Adrien M & Claire B

Muni d’un Ipad, le spectateur est ici le réalisateur de son parcours dont le point de départ et thème sont les pierres ; des pierres glanées çà et là à travers l’Europe, notamment en Italie et sur la côte sud de la Crète. Mirages & Miracles nous révèle leurs histoires grâce à l’outil numérique. Claire Bardainne aime parler « d'animisme numérique » pour définir ce travail où l’esprit des pierres est réanimé sous l’apparence de personnages aux corpulences diverses. Cette galerie des pierres apparaît dans un habillage très simple à l’œil nu : disposées sur des feuilles de papier où l’on retrouve leurs sœurs jumelles sous forme de dessins. Et c’est en orientant l’Ipad que l’esprit de la roche se révèle par des personnages, homme ou femme, vieux ou jeune, maigre ou gros dansant ou affrontant le vent, nageant dans une eau claire ou sautant à pieds joints sur les galets. Chaque scène est le reflet du lieu dans lequel la pierre a été cueillie. Cette magie est particulièrement attachée au mimétisme du réel. Les personnages n’ont pas simplement été dessinés, ils sont issus d’un processus de création en motion capture

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L'Atelier Garage accueille les Éditions Terrain Vague

Graffiti | Cette semaine, l’atelier d’impression situé au 104 rue d’Anvers ouvre ses portes à un autre imprimeur/micro-éditeur, les Éditions Terrain Vague. Installé à (...)

Sarah Fouassier | Lundi 20 novembre 2017

L'Atelier Garage accueille les Éditions Terrain Vague

Cette semaine, l’atelier d’impression situé au 104 rue d’Anvers ouvre ses portes à un autre imprimeur/micro-éditeur, les Éditions Terrain Vague. Installé à Ivry-sur-Seine, l’atelier de sérigraphie d’art s’est construit une identité autour des cultures urbaines et notamment celle du graffiti, dont la plupart des artistes qu’ils représentent et éditent sont issus. C’est avec notre plus grande attention qu’une édition collaborative entre les deux ateliers sera façonnée tout au long de cette semaine de résidence sur le thème du tag, pratique qui consiste à signer son nom d’un trait, le plus souvent d’aérosol. Les Ivryens emmèneront dans leurs valises des œuvres signées Apôtre, Rizote, Fuite, Sonik ou encore Kairos, Spé et Popay. Cette édition collaborative sera imprimée en cent exemplaires d’une cinquantaine de pages et mélangera plusieurs techniques d’impression. Sérigraphie, impressions typographique et numérique seront ensuite brochées à la main en reliure japonaise. L’association des deux ateliers promet la création d’un bel objet à ve

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La rentrée des illustrés

Littérature jeunesse | Un chien rigolo, un ours qui parle et un cocodrile… la rentrée est chargée pour les petits qui vont se faire plein de nouveaux amis.

Lisa Dumoulin | Vendredi 29 septembre 2017

La rentrée des illustrés

L’évènement de la rentrée c’est l’arrivée de Graou Magazine, petit frère du Magazine Georges, destiné aux 3-6 ans. Comme son aîné il est beau, graphique, original (“nous choisissons volontairement des illustrateurs aux univers singuliers” indique la directrice Anne-Bénédicte Schwebel), futé, ludique, imprimé sur papier offset et sans publicité. Réclamé dès les débuts de Georges (plutôt adapté aux 7-12 ans), il est enfin arrivé dans toutes les bonnes librairies le 21 août dernier. Au menu : 36 pages de jeux pour apprendre à lire, écrire, compter, observer, sans oublier une histoire à déchiffrer, un méli-mélo à découper et même une recette de goûter. Pour le découvrir, rendez-vous à la librairie A Titre d’Aile samedi 30 septembre dès 10h30 pour un atelier Pantin Graou avec Gwé, l’illustratrice de ce premier numéro, avant les séances de dédicace (11h30-12h30 et 16h-18h). Le lendemain direction L’Astragale pour un petit-déjeuner dédicace avec Laure Monloubou, illustratrice de nombreux albums, notamment “Je veux un cocodrile!” et “La diamanterie ou les vacances d’une f

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Ultra léché

Théâtre | Photographe, Cédric Roulliat a fait les beaux jours et les belles Unes, durant trois ans, de notre confrère préféré, le journal gay mais pas que... Hétéroclite, (...)

Nadja Pobel | Mardi 26 septembre 2017

Ultra léché

Photographe, Cédric Roulliat a fait les beaux jours et les belles Unes, durant trois ans, de notre confrère préféré, le journal gay mais pas que... Hétéroclite, avec ses clichés calibrés de femmes plus fantasmées qu'érotisées. Cette esthétique est la base même de son premier travail de mise en scène, Ultragirl contre Schopenhauer créé en février dernier à l'Élysée et repris au même endroit jusqu'au 29 septembre. Dans les années 80 à Lyon, une traductrice (Sahra Daugreilh) s'affaire à nous rendre intelligibles des comics. Et de se prendre elle-même pour l'une de ses héroïnes à travers son double fictif (Laure Giappiconi)... Alambiquée, filant à toute allure sans que tout ne soit vraiment compréhensible, cette fable est constamment séduisante par sa vitalité et son ambition affirmée de soigner à la fois le jeu, mais aussi ce qui est souvent annexe dans les petites productions : le décor et les costumes. Cette politesse permet à l'intrigue de progresser malgré un name-dropping presque éreintant quoique drôle. Dans le rôle masculin, David Bescond, tantôt réparateur vind

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Ragnard Rock Festival : Black is black

Ragnard Rock Festival | C'est dans l'Ain que la crème du black metal européen se donne rendez-vous, au Ragnard Rock Festival, où se produira la légende norvégienne du genre, Satyricon.

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Ragnard Rock Festival : Black is black

Attention, festival pas pareil : à l'instar du Hellfest, sans doute encore plus dans la marge, le Ragnard Rock Festival convie depuis trois ans maintenant dans un petit village de l'Ain, à Simandre-sur-Suran, la fine fleur du black metal et du rock extrême, voire du folk traditionnel sur une scène adjacente. La liste des groupes est longue comme un glaive et il y a fort à parier que vous n'en connaissiez pas des masses : Satyricon, Fir Bolg, Paleowolf, Jar, Warbell, Borgne, Atavisma, Mor Dagor, Heavydeath, Acherontas... Tous ou presque sont à écrire en lettres gothiques. En tout, plus de quarante groupes sont programmés sur les deux scènes pour combler les 5000 festivaliers quotidiens. Le festival se revendique « viking » et ne lésine pas sur la symbolique : ainsi, les pass 3 jours étaient au nombre de 666 et vendus... 66, 60 euros. L'esprit se veut donc très païen et les cultures nordiques célébrées, ce qui occasionne parfois certains dérapages : la scène black metal étant gangrénée ces derniers temps par les mouvements d'extrême droite radicaux. L'an dernier, la venue du (très) controversé groupe polonais Graveland avait alimenté la polémiqu

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Wet for Me : girl power !

Clubbing | La soirée lesbienne menée par la bande de Barbi(e)turix fait son come-back au Transbordeur avec l'icône Jennifer Cardini en guest. L'occasion de questionner Rag, la meneuse de revue.

Sébastien Broquet | Mardi 9 mai 2017

Wet for Me : girl power !

Wet for Me, c’est une soirée lesbienne, électro... Quel est l’esprit ? Chloé nous disait que vous étiez les enfants du Pulp ? Rag : Avec la Wet For Me, on s'attache à créer un espace-temps à part, où les femmes ont le pouvoir. Le pouvoir de mixer, le pouvoir de danser, de se sentir libre, à tous les points de vue. L'ambiance y est toujours très électrique, ça danse sur scène, ça se déshabille, ça drague, ça rigole, ça mate, ça frime. Que ce soit à Paris ou à Lyon, les lesbiennes et les queers n'ont que très peu de lieux dédiés. Alors on veut investir, occuper l'espace tout en restant dans un esprit d'ouverture. Coté production et programmation, on veut en mettre plein la vue, on essaie de mettre la barre haute et de faire les choses bien. Je pense que c'est ce qui fait le succès de la soirée, qui existe depuis maintenant presque dix ans... Le Pulp, à Paris, a ouvert la voix à toute une génération d'artistes, de militantes, d'organisatrices, de DJs. BBX existait déjà à l'époque et s'essayait à découvrir de nouveaux horizons. On leur doit beaucoup ! Barbi(e)Turix : c’est u

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Arac, 25 ans d’âge

Cinéma | Depuis 1991, Rhône-Alpes cinéma se pose en productrice des films produits sur son territoire. Naviguant entre échecs et beaux succès critiques ou publics, cette activité joue sur la santé économique de la région et son prestige extérieur. 25 ans après, alors que la fusion avec l'Auvergne vient de s’opérer, quels bilans retenir de cette entreprise soutenant l’audiovisuel local ?

Julien Homère | Mercredi 22 mars 2017

Arac, 25 ans d’âge

Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

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L'immatériel rendu sensible au Mirage

Art Numérique | Après quatre éditions, le Mirage Festival, consacré aux créations numériques, a trouvé son rythme de croisière et sa place dans le paysage culturel lyonnais : celle d'un festival expérimental à la croisée des disciplines.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 mars 2017

L'immatériel rendu sensible au Mirage

Se réclamant de « l'art, de l'innovation et des cultures numériques », le Mirage Festival est à la fois fortement ancré dans la réalité (digitale) du monde contemporain, et traverse des métiers, des profils, des « territoires » très différents : l'ingénieur, le designer, l'artiste, le maker, le graphiste de studio... Comme nous le rappelle Jean-Emmanuel Rosnet, directeur artistique du festival, « Mirage a pour épicentre des soirées de performances et un parcours d'expositions, mais nous avons la particularité de travailler avec d'autres scènes que celle à proprement parler de l'art contemporain : avec des architectes, des développeurs informatiques, etc. » Ce parcours, cette année, se tiendra pour l'essentiel aux Subsistances (une dizaine d'installations), avec en parallèle quelques propositions grand public au Musée des Beaux-Arts et à la

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En route vers la mégalomanie et le despotisme

TNP | Poursuivant son exploration de la langue d'Aimé Césaire, Christian Schiaretti livre avec La Tragédie du roi Christophe un spectacle choral instructif mais étonnement figé.

Nadja Pobel | Mardi 31 janvier 2017

En route vers la mégalomanie et le despotisme

Comment se traduit au quotidien un régime démocratique ? Au travers des écrits de Césaire, Christian Schiaretti visite avec appétence cette question fondamentale qui agite continuellement le monde, notre riche Occident de plus en plus fragilisé par l'accroissement des inégalités n'étant pas en reste. Avec Une saison au Congo, il parvenait à matérialiser l'injuste chute de Lumumba et à rendre perceptibles les manigances hors-sols de l'ex-colonisateur belge. Le metteur en scène poursuit ce travail consistant à expliquer l’immense difficulté de rendre le peuple libre. En Haïti, sur les cendres de Saint-Domingue, Césaire saisit la première démocratie noire au monde, proclamée en 1804, avec en entame un combat symbolique de coqs entre Pétion qui règne sur le Sud de l'île et Henri-Christophe sur le Nord. Ce dernier l'emporte et va peu à peu faire marcher ses administrés aux pas militaires de son ambition, déviant vers la mégalomanie comme en témoigne la construction de la pharaonique citadelle pour laquelle même femmes et

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Le grand cirque des amants

Roméo et Juliette au TNP | Transformant les Capulet en forains ambulants, Juliette Rizoud livre une version saltimbanque de Roméo et Juliette, vive quoique sans émotion.

Nadja Pobel | Mardi 17 janvier 2017

Le grand cirque des amants

Au train où va le texte (2h30 sans instant pour souffler, contre 3h20 dans la récente version d'Olivier Py par exemple) dans cette adaptation du classique des classiques par ailleurs peu monté, il n'y a pas vraiment de place pour faire émerger l’émotion ; notamment dans un dernier acte longuet et fatalement sans surprise, tant il constitue la partie la plus connue de cette histoire éternelle. Le rythme échevelé ne peut contrer l'impression de langueur qui règne sur la mort des amants. Tout au long des actes précédents, Juliette Rizoud semble plus à son aise pour insuffler à son travail une vitalité d'autant plus prégnante qu'elle ne l'enferme dans aucune temporalité. Ses héros ne sont pas coincés dans l'époque élisabéthaine ni dans une contemporanéité trop affirmée – ce pourrait être intéressant d'en faire des personnages très actuels. Non, la jeune metteuse en scène, qui poursuit ici son cycle entamé avec Le Songe d'une Nuit d'été et la troupe de la Bande à Mandrin constituée avec ses camarades ac

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 6 décembre 2016

Insomniaque

10>12>16 LE SUCRE DEENA ABDELWAHED Chez Infiné, l'on sait choisir avec soin les artistes que l'on signe tout en évitant soigneusement les clichés. Et avec Deena Abdelwahed, c'est peu dire que les têtes pensantes du label ont visé juste : échappée de la scène underground tunisienne, où elle a débuté comme chanteuse d'un groupe de jazz nommé So Soulfull, adepte de DJ sets et de lives électroniques épatants et novateurs, repérée aux Transmusicales, Deena s'invite au Sucre. Épicé. 10>12>16 6e CONTINENT IMHOTEP Le genre de soirée que l'on kiffe : une virée du côté de Guillotière en compagnie du maître des sons à Marseille, l'homme derrière IAM et auteur d'albums downtempo et instrumentaux renversants, dont le seul "rival" serait Doctor L... Au 6e Continent, Imhotep sortira les galettes chaudes pour ambiancer le dancefloor de suaves riddims reggae, de hip-hop non

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"Le Disciple" : en vérité je vous (mau)dis

ECRANS | de Kirill Serebrennikov (Rus, 1h58) avec Petr Skvortsov, Viktoriya Isakova, Svetlana Bragarnik…

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Pris d’une crise mystique chrétienne de plus en plus aiguë, un lycéen jusqu’alors effacé devient une sorte de boussole morale qu’aucun adulte n’ose plus contester, maniant avec adresse foi dogmatique et connaissance littérale des textes bibliques. Une professeure ose encore l’affronter… Voilà certainement l’un des films les plus adroits des dernières années consacré à un mécanisme de radicalisation individuelle : celui d’un ado complexé trouvant dans une singularité extrême le moyen d’exercer une tyrannie absolue, et d’inverser totalement son rapport au monde. Il montre également l’hypocrisie lâche et virale de la communauté adulte face à l’énoncé de sa “profession de foi” : au lieu de faire bloc pour en démonter les absurdités, elle se laisse contaminer avec délices, abondant pour légitimer des idées réactionnaires et réactiver un obscurantisme caché sous le tapis. Kirill Serebrennikov nous prouve qu’un illuminé se réclamant d’une idéologie totalitaire, quelle qu’elle soit (religieuse ou politique) n’est rien d’autre qu’un détonateur agissant sur la société, ce baril de poudre faussement apaisé ne demandant qu’à s’échauffer par le discours.

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Leïla Slimani, le prix Goncourt à L'Astragale

Littérature | Mercredi 9 novembre, la librairie l'Astragale reçoit Leïla Slimani, récompensée jeudi dernier par le prix Goncourt pour son deuxième roman Une chanson (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 8 novembre 2016

Leïla Slimani, le prix Goncourt à L'Astragale

Mercredi 9 novembre, la librairie l'Astragale reçoit Leïla Slimani, récompensée jeudi dernier par le prix Goncourt pour son deuxième roman Une chanson douce paru chez Gallimard. Elle y raconte la relation complexe entre une nounou en apparence parfaite, ses employeurs, un couple de parisiens bobos et bien sûr leurs deux enfants, qu'elle assassine - pas de spoiler, c'est l'incipit du livre. Tout le roman consistera à expliquer ce geste, sur fond de lutte des classes, avec une plume juste et précise. Rendez-vous mercredi à 19h à la librairie.

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"Aquarius" : péril(s) en la demeure

ECRANS | Guerre d’usure entre l’ultime occupante d’un immeuble et un promoteur avide usant de manœuvres déloyales, le deuxième long-métrage du Brésilien Kleber Mendonça Filho tient tout à la fois du western, de la fable morale, du conte philosophique melvillien et de la réflexion sur le temps.

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Clara vit dans son petit immeuble en bord d’océan, l’Aquarius, depuis toujours. En apparence, tout le monde respecte cette ancienne critique musicale, brillante intellectuelle, mère de famille, ayant de surcroît survécu à la maladie. Les opinions à son encontre changent lorsqu’elle refuse une offre pour l’achat de son appartement : seule à résister à l’appât du gain, aux intimidations diverses du promoteur (et à ses manœuvres déloyales), elle essuie en sus l’hostilité des copropriétaires de l’Aquarius comme de ses enfants, favorables à la conclusion de la vente. Mais l’obstinée Clara est dans son bon droit… La Folle du logis Reparti bredouille de la Croisette, Aquarius mérite sa chance en salle. Ce combat du pot de terre contre le pot de fer est davantage qu’une chicanerie immobilière, même s’il corrobore incidemment les relations immorales entre le pouvoir (médias, religion, politique…) et les promoteurs — le Brésil est actuellement secoué par un gigantesque scandale de corruption dans lequel se retrouvent bien placées les omnipotentes entreprises de BTP du pays. Aquarius illustre surtout un très problématique (

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

23>09>16 TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Ok, l'on parle déjà par ailleurs de Kosme, interviewé en page 3. Mais difficile de ne pas revenir sur cette WAR de rentrée au plateau implacable : outre l'espoir Lyonnais, la légende Carl Craig étant également au programme. Instigateur d'un groove absolument unique, esthète de la techno made in Detroit, inventeur d'un futur pour le jazz (ce qui n'est pas si simple...), immense remixeur et l'on en passe... Difficile de passer outre cet homme sans qui la techno ne serait pas la même. Ah, il y a aussi Marcel Dettman pour conclure la nuit. Béton. 24>09>16 LE SUCRE GARÇON SAUVAGE CLUB Le retour de la soirée queer & sauvage au Sucre, avec l'un des DJs qui colle le mieux à cet esprit : Joe Goddard, membre des indie stars Hot Chip, moitié de The Two Bears et par ailleurs

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Dialogue fleuri à Pérouges

ARTS | À la Maison des Arts Contemporains de Pérouges (dans l'Ain), jusqu'au 2 octobre, les artistes Marie-Noëlle Décoret et Élisabeth Gilbert Dragic exposent (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Dialogue fleuri à Pérouges

À la Maison des Arts Contemporains de Pérouges (dans l'Ain), jusqu'au 2 octobre, les artistes Marie-Noëlle Décoret et Élisabeth Gilbert Dragic exposent ensemble autour de l'indémodable motif floral. On connaît depuis plusieurs années le travail pictural d'Elisabeth Dragic peignant des fleurs séchées sur de grand formats et nous emportant, nous envoûtant dans son univers capiteux et tour à tour érotiques, funèbres ou quasi abstraites...

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Nouvelle librairie à Lyon : L’Astragale s'installe aux Brotteaux

Librairie | La pimpante et toute nouvelle librairie L’Astragale a ouvert ses portes le 1er juillet dernier : vous y dénicherez vos lectures de la rentrée. On a déjà notre petite idée.

Lisa Dumoulin | Mardi 16 août 2016

Nouvelle librairie à Lyon : L’Astragale s'installe aux Brotteaux

Leïla Bekhti et Reda Kateb sur une moto, la nuit, en noir et blanc... Cela vous rappelle quelque chose ? C’est la scène phare du film L’Astragale, réalisé par Brigitte Sy, sorti discrètement en 2015. Une adaptation du roman autobiographique d’Albertine Sarrazin. « Albertine, c’est un peu l’ancêtre de Virginie Despentes », dixit Marianne et Mélanie, les deux patronnes de la toute nouvelle librairie L’Astragale. « Elle vit de petits larcins et de prostitution dans le Paris des années 50. Se retrouve incarcérée, et décide de s’enfuir dans la nuit. Dans sa course, elle se casse l’astragale, un os du pied. Elle rampe alo

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Insomniaque : vos trois soirées de la semaine

Clubbing | 24.06.16 > NINKASI DJ VADIM Il fut le prince de Ninjatune, le roi du groove, un maître du funk et du hip-hop (avec One Self) : DJ Vadim s'est (...)

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées de la semaine

24.06.16 > NINKASI DJ VADIM Il fut le prince de Ninjatune, le roi du groove, un maître du funk et du hip-hop (avec One Self) : DJ Vadim s'est réincarné en sound-system reggae à lui tout seul depuis quelques années. Assurément moins innovant qu'il ne l'a été, moins suivi également, le Russe n'en reste pas moins un DJ à la technique épatante mise désormais au service de sa passion pour les sons jamaïcains (son dernier opus sorti en février accueille Max Romeo et General Levy). Revenant. 24.06.16 > LE PETIT SALON TOM TRAGO Il est devenu une référence de la scène house ces dernières années, hébergé par le label hollandais Rush Hour où ses productions mâtinées de disco comme de sonorités de Détroit en ont fait un fer de lance apprécié des meilleurs clubs (La Machine du Moulin Rouge) et festivals (Astropolis). Ne dédai

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Mirage d'Amour avec fanfare

ECRANS | de Hubert Toint (Bel/Fr/Sui, 1h37) avec Marie Gillain, Jean-François Stévenin, Eduardo Paxeco.…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Mirage d'Amour avec fanfare

Sans être à proprement parler un testament, cette œuvre posthume du Bernard Giraudeau scénariste abrite tout ce que cet artiste polyvalent et voyageur appréciait : les grands espaces, l’Amérique du Sud, les ambiances révolutionnaires, les romances tragiques et une dose d’épopée picaresque… Bref, un conte contemporain (ou presque : début du XXe siècle) taillé pour contenir ces paramètres ; un vrai mirage en somme, à l’image du cinéma, permettant aux amoureux de l'histoire de se retrouver à leur manière. Joliment photographié, gentiment sensuel, sympathiquement désuet, ce film est réglé comme du papier à musique ; il lui manque hélas le souffle d’impro l’écartant de la partition un peu trop connue. VR

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L’art numérique n’est pas un Mirage

CONNAITRE | Festival - Durant toute la semaine, la création numérique (avec ses installations interactives, ses performances immersives et autres innovations artistiques futuristes) sera à l’honneur un peu partout en ville à l’occasion de la 4ème édition d’un Mirage Festival placé sous le signe de la Techno-Fiction.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

L’art numérique n’est pas un Mirage

Les technologies numériques sont garantes de notre accès au monde et de la manière dont nous l’appréhendons. Il revient donc aux formes d’arts qui en dépendent, les arts numériques, d’amener un peu de magie dans notre quotidien. C’est dans cette optique à la fois politique et ludique que l’équipe de Dolus & Dolus a pensé cette 4ème édition du Mirage Festival. En sélectionnant un panel d’artistes internationaux représentatifs de toutes les tendances des arts numériques, le festival entend réenchanter notre monde connecté avec un parcours d’exposition, des performances, des projections, des tables rondes, des workshops pour apprendre et des soirées pour s’amuser. L’ensemble se tiendra dans divers lieux de la ville (Subsistances, pentes de la Croix-Rousse, Musée des Beaux-arts, Lavoir Public, Sucre, Temple Protestant, Tuba, Transbordeur). Côté musique, Mirage mise sur la présence de la Suissesse Aisha Devi (alias Kate Wax), sur le collectif parisien ClekClekBoom et le label électro rétro-futuriste Viewlexx. Maxence Grugier Mirage Festival Partout dans Lyon du 2 au 6 mars

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