Ride en concert en octobre

Sébastien Broquet | Dimanche 18 juin 2017

Photo : © Andrew Ogilvy


21 ans d'absence discographique. Et un retour que l'on espère aussi réussi que celui de Slowdive pour Ride, emblème de la scène shoegaze de la fin des années 80, envolé dans la foulée vers des contrées plus pop et psychédéliques par la suite.

Un nouvel album (le cinquième), Weather Diaries, est sorti le vendredi 16 juin sur Wichita Recordings et surtout, une tournée est annoncée qui passera par Lyon et le Transbordeur, le mardi 31 octobre prochain, faisant ainsi suite aux concerts donnés en 2015.

Mise en vente des billets : ce lundi à 10h.

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Il est temps de rire : tour d'horizon de la rentrée cafés-théâtres et humour

Humour | De Tania Dutel à Pablo Mira en passant par Paul Mirabel ou Bérangère Krief, tour d'horizon de l'actualité humoristique de la rentrée.

Louise Grossen | Jeudi 9 septembre 2021

Il est temps de rire : tour d'horizon de la rentrée cafés-théâtres et humour

Commençons par Tania Dutel, en rodage à l’Espace Gerson du 27 au 30 octobre, pour nous rôder, nous aussi. Après le succès de son dernier spectacle en solo, Jonathan Lambert remonte sur les planches avec un one-man-show dans lequel l'acteur évoque l'histoire de son vrai prénom, choisi par son père : Rodolphe, c'est le nom de son nouveau spectacle qu'il jouera les 2, 3 et 4 octobre au Bouib- Boui. Espace Gerson encore : ne pas rater Le Chant des Baleines, jusqu’au 26 octobre. Plus tard dans la saison, les grands Paul Mirabel et Guillaume Meurice seront installés au Radiant, respectivement le 31 janvier et le 28 mai. Mieux vaut vous dépêcher de réserver. Pour les aficionados de la thérapie par le rire, Pablo Mira balance à qui veut l’entendre combien il est beau dans son one-man-s

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Stéphane Casez : « chez nous, vous allez vous marrer »

Café-Théâtre | À l’heure où les café-théâtres présentent leur nouvelle saison, Stéphane Casez, directeur des emblématiques Boui Boui, Rideau Rouge et Tontons Flingueurs, nous passe un coup de fil depuis sa galerie à Ibiza pour nous parler de ses trois salles lyonnaises.

Louise Grossen | Mardi 7 septembre 2021

Stéphane Casez : « chez nous, vous allez vous marrer »

Comment se portent financièrement vos trois salles au lendemain de la crise ? Stéphane Casez : Étonnement, plutôt bien. On a des chiffres équivalents à l’avant-crise en termes de fréquentation. On est très satisfait, même si on reste évidemment très prudent ! On ne sait jamais ce qui peut arriver, on l’a bien constaté cette dernière année. Tout est encore fragile. Quand ils ont annoncé la mise en place du passe sanitaire, on a eu une baisse de fréquentation immédiate, puis les gens sont peu à peu revenus. On s’est tellement habitué au chaos ambiant qu’on passe un été plutôt agréable ! Ça n’a pas été simple tous les jours, mais on a tenu le choc. Quid du public ? Il est au rendez-vous. Il semblerait que le public ait digéré le passe sanitaire très rapidement. On sent bien que les gens ont surtout envie de se marrer, et ça passe par une adaptabilité remarquable ! Tantôt on leur disait de garder le masque et de faire une chaise sur deux, tantôt il n'y avait plus de chaise et plus de masque, puis re des chaises... On a un public en or, qui sait que de toute façon le café-théâtre, c’est un peu rock’n'roll ! C’

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Au cinéma cette quinzaine à Lyon : performances !

Théma | À l’aube d’une rentrée cinématographique qui s’annonce particulièrement dense, l’exploit et le dépassement de soi s’invitent cette quinzaine sur les écrans en empruntant des chemins (ou des visages) fort différents…

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Au cinéma cette quinzaine à Lyon : performances !

« Il faut souffrir pour être belle » serinait-on autrefois aux petites filles pour légitimer toutes les tortures quotidiennes que la coutume leur imposaient. Ce dicton suranné conserve une pleine actualité dans le vase-clos des Petites Danseuses filmées dans le très édifiant documentaire d’Anne-Claire Dolivet (25 août) : ces (parfois très) jeunes ballerines issues de bonnes familles se soumettent à des emplois du temps et des exercices démesurés pour préparer des concours, satisfaisant à la douce pression parentale tout en reproduisant, consciemment ou non, un certain formatage social. Pour elles, le plaisir de danser et la scène passent après la discipline de l’art. Souffrir, être gracieuses, mais ne jamais avoir le temps d’être petites… À quoi bon ? Autre troupe, autre scène : celle d’Un triomphe d’Emmanuel Courcol (1er septembre), titre ô combien casse-gueule car il se doit doit d’être à la hauteur de sa promesse programmatique. Tiré de faits réels scandinaves, cette histoire d’un comédien au chômage montant une pièc

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Robert Guédiguian montre un monde immonde : "Gloria Mundi"

Le Film de la Semaine | Portrait d’une famille de la classe moyenne soumise au déclassement moyen dans la France contemporaine, où certains n’hésitent pas à se faire charognards pour ramasser les miettes du festin. Un drame noir et lucide. Coupe Volpi à Venise pour Ariane Ascaride.

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Robert Guédiguian montre un monde immonde :

Autour de Mathilda, qui vient d’accoucher d’une petite Gloria, le cercle de famille s’agrandit mais ne se réjouit pas trop : les jeunes parents peinent à joindre les deux bouts, le père de Mathilda (qu’elle connaît à peine) sort de prison ; quant à sa mère et son nouvel homme, ils ne roulent pas sur l’or. Seuls sa sœur et son compagnon s’en sortent grâce à une boutique de charognards… Est-ce ainsi que les Hommes vivent ? Citer Aragon, l’aède communiste par excellence, a quelque chose d’ironique accentuant la désespérance profonde dont ce film est imprégné. Gloria Mundi s’ouvre certes par une naissance, mais ne se reçoit-il pas comme un faire-part de décès dans l’ambiance mortifère d’un deuil, celui des illusions collectives et de la foi en l’avenir ? Triste est l’époque que Robert Guédiguian nous montre en miroir, où sa génération — celle des actifs usés, sur le point de partir en retraite, incarnés par l’épatant trio Meylan/Ascaride/Darroussin — ne peut plus transmettre le flambeau de la lutte ni des solidarités généreuses à sa progéniture. Cette dernière, hypnotisée par les chimère

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Robert Guédiguian : « les idées des dominants sont clairement devenues dominantes »

Gloria Mundi | Une famille déchirée par l’argent, fléau social gangrenant âmes, cœurs et corps… Dans Gloria Mundi, Robert Guédiguian tend un miroir sans complaisance à sa génération, épuisée d’avoir combattu et à la suivante, aveuglée par les mirages. Mais ne s’avoue pas vaincu. Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Robert Guédiguian : « les idées des dominants sont clairement devenues dominantes »

Dans la mesure où vous travaillez en troupe, mais aussi où un lien très privilégié vous unit à Ariane Ascaride, comment avez vous reçu la Coupe Volpi qui lui a été remise à la Mostra de Venise ? Robert Guediguian : Je crois que tous les gens qui travaillent ensemble depuis toujours, dont moi, ont pris ce prix pour eux, disons-le. Et l’on trouve juste et justifié ce rapport qui a été fait entre Ariane (qui est d’origine italienne), ses rôles dans le cinéma que je fais et les grandes références comme Anna Magnani. Un prix à Venise oblige à penser à tout le cinéma italien des années 1970 qu’on aime beaucoup et qui nous a grandement frappés : dans notre adolescence, c’était le plus fort du monde. On a plus de références avec le cinéma italien qu’avec le cinéma français ou américain. C’est un peu une transmission, un passage de témoin magnifique. Gloria Mundi est un film sur les valeurs. Mais ce mot à des acceptions différentes selon les générations : pour les aînés, il s’agit de valeurs humaines alors que les enfants les considèrent sur le plan économique… Je crois, oui. C’est ce qu’on appelle le consumérisme : les

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La tête à l’envers : "Meurs, monstre, meurs"

Thriller | Une mystérieuse créature sème la désolation dans la pampa en faisant perdre la tête au sens propre à des femmes et figuré à des hommes. Le policier menant l'enquête sombre dans la terreur… Bizarre, dérangeant, plastiquement costaud, ce premier long vaut le cou(p).

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

La tête à l’envers :

Une bergère est retrouvée décapitée dans les Andes. En charge de l’affaire, l’officier Cruz arrête aussitôt l’époux de sa maîtresse, David, lequel accuse un monstre télépathe du forfait. Après un nouveau meurtre, et une série de visions perturbantes, Cruz va adhérer à cette théorie… Cannes 2018, dernière. Une trop longue année après avoir été présenté sur la Croisette dans la section Un Certain Regard — dont l’intitulé lui va à ravir et où il côtoyait le précieux Border d’Ali Abbasi, avec lequel il partageait mieux que des similitudes : une gémellité siamoise —, le film de Alejandro Fadel, objet cinématographique insolite, est enfin délivré sur les écrans. Promenons-nous dans l’effroi On se trouve ici davantage fasciné par le brumeux labyrinthe du mystère que par son élucidation. Car si d’emblée il ne fait aucun doute pour le spectateur qu’une présence atypique, manifestement surnaturelle, est responsable des crimes imputés au malheureux accusé, le caractère monstrueux de cette entité déteint v

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La Villa

ECRANS | Deux frères et leur sœur se retrouvent dans une calanque isolée par l’hiver, dans la villa où vit leur père très diminué. Des retrouvailles amères, lestées par le (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

La Villa

Deux frères et leur sœur se retrouvent dans une calanque isolée par l’hiver, dans la villa où vit leur père très diminué. Des retrouvailles amères, lestées par le poids du passé, se télescopant avec les fracas des mondes ancien et nouveau. Avec Robert Guédiguian, l’histoire familiale n’est jamais loin de la grande Histoire, et la politique a toujours voix au chapitre ; La Villa (2017), dernière réalisation en date du cinéaste, ne fait pas exception. De passage à la Fête du Livre de Bron, Guédiguian ne pouvait manquer de venir le présenter aux Alizés. La Villa Aux Alizés (Bron) le vendredi 8 mars à 20h

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Sur la réserve : "The Ride"

Documentaire | de Stéphanie Gillard (Fr.-É-U., 1h26) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Sur la réserve :

En hommage à leurs ancêtres Sioux massacrés à Wounded Knee, les jeunes du peuple Iakota accomplissent chaque hiver sous la conduite de leurs aînés une chevauchée de 450 km à travers le Dakota. Un rite initiatique pour perpétuer le souvenir de Sitting Bull et de leur culture… Au-delà de la chronique d’un voyage de formation, ce documentaire raconte simplement comment les Américains natifs ont été spoliés et comment aujourd’hui leur culture serait dissoute dans le tout-venant étasunien s’ils n’avaient pris l’initiative de ce pèlerinage pacifique. Garants d’une histoire et de traditions, ils font en sorte de les préserver de l’ultra-modernité qui, insidieusement, les contamine. Lorsqu’ils communiquent entre eux, c'est toujours sans fil-qui-chante, mais désormais sans fumée : avec un téléphone portable, comme tout le monde. Le “moment” que constitue cette équipée rituelle, précédée de la cérémonie de “décolonisation des âmes” (quel symbole !) est pour les Iakotas, si attachés à leurs noms et à la transmission orale, un monument immatériel qu’aucun colon ne pourra jam

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Une calanque en hiver : "La Villa"

ECRANS | Page arrachée à son journal intime collectif, le nouveau Robert Guédiguian capte les ultimes soubresauts de jeunesse de ses alter ego, chronique le monde tel qu’il est et croit encore à la poésie et à la fraternité, le tout du haut d’un balcon sur la Méditerranée. De l’utopie vraie.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Une calanque en hiver :

Depuis un drame intime, Angèle n’était jamais revenue voir son père ni ses frères. Après l’AVC du patriarche, elle redescend pourtant un jour d’hiver dans la calanque familiale. Histoire de régler le présent, solder le passé et peut-être se reconstruire un futur. « J’ai l’impression de faire une espèce de feuilleton depuis trente ans. Sans personnage récurrent, mais avec des acteurs récurrents. Et je joue avec cette ambiguïté. » La confidence de Robert Guédiguian prend d’autant plus de sens ici où le cinéaste convoque un extrait de son film Ki Lo Sa (1985) pour illustrer un flash-back — procédé auquel il avait déjà eu recours dans La Ville est tranquille (2001), agrémenté d’un fragment de Dernier été (1981). « Je serais tenté de le faire souvent, mais ce serait une facilité. Là, par rapport au sujet, ça se prêtait bien », confirme le cinéaste. Bercée par la musique de Bob Dylan, cette réactivation d’une archive ensoleillée du lieu et des protagonistes confère à

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Ariane Ascaride : « les films de Robert Guédiguian fonctionnent à plusieurs niveaux »

La Villa | Bienveillante, passionnée, Ariane Ascaride demeure l’incontournable muse et visage du cinéma de Robert Guédiguian. Dans La Villa, elle incarne Angèle, une actrice de retour dans sa fratrie…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Ariane Ascaride : « les films de Robert Guédiguian fonctionnent à plusieurs niveaux »

À quoi pense-t-on quand on endosse un rôle d’actrice ? Ariane Ascaride : Je ne pense jamais à ce que je fais quand je joue : je le fais, je le suis. Je pense avant ; peut-être après. Si vous pensez, vous ne jouez pas ; c’est une drôle d’alchimie. Je suis toujours fascinée quand j’entends des acteurs dire qu’ils sont allés en usine une semaine pour travailler à la chaine. Je ne le ferai jamais, car je ne serai jamais aussi crédible que quelqu’un qui travaille à la chaîne. Qu’est-ce que le personnage d’Angèle a de vous ? Mon corps, mes yeux, ma voix… Elle a joué La Bonne âme de Setchouan de Brecht. Ça a à voir avec moi : je suis entrée au Conservatoire à Paris avec cette pièce, je l’adore. C’est l’histoire d’une fille tellement gentille qu’elle est obligée de se déguiser en garçon pour parfois ne pas être gentille. C’est une parabole extrêmement violente et juste : il est difficile d’être bon. Ce personnage m’a toujours accompagnée dans ma vie. Tous les gens qui me connaissent le savent. Robert me vole tout le temps des choses. Mais mon personn

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A ticket to Ride

shoegaze | Au début des années 90, Ride fut le visage radieux d'une scène musicale britannique qui n'en voulait pas : les shoegazers. Une poignée de groupes à la fois mélodiques et bruitistes, mélancoliques et furieux, vaporeux et frondeurs, préférant regarder leurs chaussures plutôt que d'affronter en face les spotlights de la starisation. Reformé en 2015 et auteur d'un album cette année, le quatuor d'Oxford est de passage au Transbo pour le plus grand bonheur des nostalgiques du rock joué le nez dans les grolles.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 octobre 2017

A ticket to Ride

L'Angleterre, début des années 90. Mélangeant la force mélodique de la pop psychédélique à la puissance sonore du rock noise et du post-punk, ils montent sur scène en anorak ou affublés de vêtements trop grands, cachés derrière un mur de fumigène, de son et de cheveux, les yeux irrémédiablement fixés sur leurs chaussures. Comme s'ils semblaient vouloir s'inscrire inconsciemment à contre-courant de la nature historiquement extravertie du rock. On donne alors à leur comportement un surnom, le shoegazing ("matage de pompe", à la louche), et au moins deux hypothèses pour l'expliquer : des musiciens trop obnubilés par leurs pédales d'effet pour prêter attention au public ou simplement trop timides pour en soutenir le regard et ainsi apercevoir leur âme en miroir. De ce courant, riche en groupes de qualité, Ride, un quatuor d'Oxford qui est alors considéré comme un chef de file, en dépit du potentiel charismatique de ses deux leaders Andy Bell et Mark Gardener. Il faut dire que Ride n'est pas à un paradoxe près. Car c'est à un concert des Smiths, précipité de ce que la pop peut avo

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On the Ride again

Au Transbordeur | Il est facile de penser que la reformation d'un groupe culte séparé depuis tellement de lustres que les fans n'osent plus rien espérer n'est motivée que par (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 24 octobre 2017

On the Ride again

Il est facile de penser que la reformation d'un groupe culte séparé depuis tellement de lustres que les fans n'osent plus rien espérer n'est motivée que par l'appât du gain et/ou le ras-le-bol de l'anonymat, seuls capables de transcender les inimitiés ancestrales (et souvent plus très claires) qui ont conduit un groupe au sabordage. Mais parfois il y a aussi cette envie qui vient vous caresser l'échine et que l'on nomme nostalgie, accompagnée de la maturité nécessaire au solde des comptes et au plaisir du temps retrouvé à s'agiter ensemble autour d'un tas d'amplis. Même si cette dernière raison n'obère pas les autres, c'est bien pour cela que Ride est de retour vingt ans après. Les quatre d'Oxford ont été clairs sur le sujet lors de leur conférence de presse de reformation en 2014, citant pour l'occasion le multi-reformé David Crosby (Crosby, Stills & Nash, Buffalo Springfield, The Byrds) : « Ton premier groupe, c’est comme ton premier amour ; tu ne l’oublieras jamais, et tu ne retrouveras jamais ces sensations avec aucun autre groupe. » Deux ans de tournée ont ensuite permis à Ride de retrouver su

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"Alien : Covenant" : critique et entretien avec Ridley Scott

Science-Fiction | Après une patiente incubation, Ridley Scott accouche de son troisième opus dans la saga Alien, participant de son édification et de sa cohérence. Cette nouvelle pièce majeure semble de surcroît amorcer la convergence avec son autre univers totémique, Blade Runner. Excitant.

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

L’ouverture d’Alien : Covenant se fait sur un œil se dessillant en très gros plan. Ce regard tout neuf et empli d’interrogations est porté par l’androïde David, création du milliardaire Peter Weyland. Aussitôt s’engage entre la créature et son démiurge une conversation philosophique sur l’origine de la vie, où affleure le désir de la machine de survivre à son concepteur. L’image mimétique d’un instinct de survie, en quelque sorte. Cet œil inaugural, immense et écarquillé, reflétant le monde qui l’entoure, fait doublement écho non à Prometheus — dont cette séquence est la préquelle et la totalité de Covenant la suite — mais à l’incipit de Blade Runner (1982) du même Scott. L’œil y apparaît pareillement, pour réfléchir un décor futuriste et comme miroir de l’âme : c’est en effet par l’observation des mouvements de la pupille, lors du fameux test de Voight-Kampff, que l’on parvient à trier les authentiques humains de leurs simulacres synthétiques, les “répliquants”. Le David d’Alien rêve-t-il, comme eux, de moutons élect

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Marie de Brugerolle : «Il n'y a rien derrière le rideau»

ARTS | Marie de Brugerolle a réuni à l'Institut d'Art Contemporain une trentaine d'artistes internationaux autour du thème du rideau... Un thème en trompe-l’œil qui décline moins le motif du rideau qu'il n'ouvre le regard du spectateur sur ce qui l'empêche de voir, sur ce qui attise son désir de voir, et sur un « réel » dévoilé qui n'a rien de spectaculaire mais relève plutôt de l'ordre du ténu, du sensible et du poétique. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 février 2015

Marie de Brugerolle : «Il n'y a rien derrière le rideau»

Professeur à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon et à la Haute Ecole d'art et de design de Genève, Marie de Brugerolle est historienne d'art, commissaire d'expositions et dramaturge. Depuis 1994, elle a notamment travaillé sur l'histoire de la performance des années 1960 à son absorption dans la société du spectacle du XXIe siècle. Elle a contribué à faire connaître en France la scène artistique californienne : Paul Mc Carthy, Allen Ruppersberg, John Baldessari, Guy de Cointet... Les éditions des Presses du Réel ont fait paraître en 2010 ses Premières critiques (une anthologie d'une vingtaines de textes et d'entretiens avec des artistes). Que recouvre ce titre un peu étrange, quelle(s) idée(s) résume-t-il ?Marie de Brugerolle : C'est une sorte de fausse traduction du terme français "rideau" – celui qu'on met devant une scène ou une fenêtre pour cacher, avant de dévoiler – dans l'anglais "blind" qui signifie à la fois "store vénitien" et "aveugle". Ce titre désigne donc en même temps ce qui permet de mieux voir et ce qui cache, ce qui empêche de voir ; il met en jeu et en ambiguïté notre désir de voir. Aujourd'hui, nous avons un nouvea

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Pride

ECRANS | Des militants gays londoniens viennent en aide à des mineurs gallois en grève au nom d’une lutte commune contre le thatchérisme : un plaisant feel good movie social confectionné avec un savoir-faire tout british par Matthew Warchus. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 septembre 2014

Pride

La recette est connue, mais force est de constater que les Anglais la réussissent à tous les coups : un sujet social, une galerie de personnages parfaitement dessinés, une pincée d’humour, la caution "d’après une histoire vraie"… De The Full Monty à Good Morning England, c’est un art du feel good movie bien rodé qui s’appuie à la fois sur son sens du storytelling, de l’identification du spectateur et sur un sujet qui parvient toujours à trouver une issue fédératrice. Pride ne fait pas exception à la règle, même s’il prend appui sur un double clivage : d’un côté, les homosexuels qui défilent pendant la Gay Pride et de l’autre, la police thatchérienne qui les regarde avec mépris et suspicion. Nous sommes à l’été 1984, mais les flics ont d’autres chats à fouetter, ou plutôt d’autres militants à réprimer : les mineurs en grève contre les lois libérales de la Dame de fer. Pour faire fonctionner la convergence des luttes, une petite fraction de gays et de lesbiennes décident de collecter des fonds au sein de la communauté pour venir en aide aux grévistes… Cependant, leur syndicat s’avère plutôt embarrassé par ce soutien "contre natur

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Au fil d’Ariane

ECRANS | Présenté comme une «fantaisie», le nouveau film de Robert Guédiguian divague selon les bons plaisirs du cinéaste et de sa comédienne fétiche Ariane Ascaride, pour un résultat old school et foutraque, avec toutefois de vrais instants de beauté. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 juin 2014

Au fil d’Ariane

Il serait facile de balayer en quelques frappes sur notre Mac Au fil d’Ariane : cinéma d’un autre âge justifiant son n’importe quoi scénaristique par un appel paresseux au rêve, ou encore projet récréatif pour Guédiguian entre deux films d’envergure… Tout cela est loin d'être faux, mais… Le jour de son anniversaire, Ariane (Ascaride) reste seule face à son gâteau ; plutôt que de se morfondre, elle décide de partir à l’aventure et, au gré des rencontres, va se constituer une petite famille de gens simples, avant de réaliser son fantasme : chanter sur scène. Pour l’occasion, Guédiguian a convoqué sa famille de comédiens (Meylan, Darroussin, Boudet ou Anaïs Demoustier, désormais intégrée) tous apportant leur touche de couleur au casting. À la façon de certains Blier dernière manière et conformément à son titre, Au fil d’Ariane semble écrit au gré de l’inspiration, dans une logique de premier jet où les bonnes comme les mauvaises idées se retrouveraient sur un pied d’égalité. Parfois, c’est effectivement ridicule — les images de synthèse au début, Boudet et son faux accent anglais, Ascaride qui dialogue avec une tortue — mais à force de ne mettre su

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La chevauchée fantasque de The Pharcyde

MUSIQUES | Les Californiens de The Pharcyde fêtent les vingt ans de leur premier album. L'un des plus séminaux du hip hop US.

Benjamin Mialot | Vendredi 15 novembre 2013

La chevauchée fantasque de The Pharcyde

A l'heure où le rap bleu-blanc-rouge ne trouve plus grâce aux oreilles de nos confrères que lorsqu'il s'abîme dans la caricature égocentrique (Kaaris, le Rick Ross des HLM) ou renie ses origines anticonformistes (Orelsan, le Eminem des marchés de l'huître), il est urgent de porter le regard de l'autre côté de l'Atlantique. Pour apprécier la fougue et l'impertinence avec laquelle la génération de rappeurs au sang violet – la couleur du Purple drank, boisson à base de sirop contre la toux et de soda qui est au hip hop contemporain ce que l'ecstasy fut à la l'électro – dont nous dressions le portrait en janvier solde l'héritage de ses aînés. Mais aussi pour contempler la longévité des dits aînés (De La Soul, A Tribe Called Quest...) qui, depuis plus de vingt ans qu'ils ont extirpé le genre des basketball courts mal éclairés, ne cessent de soutenir que «les flingues, les putes et la quincaillerie n'ont jamais fait partie des Quatre Éléments» du hip hop (le graffiti, le DJing, le MCing et le breakdancing), pour reprendre une célèbre punchline du Britannique Scroobius Pip.

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Baroque & Plus si affinités

MUSIQUES | Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 13 novembre 2013

Baroque & Plus si affinités

Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux les biscuits Bahlsen ? Eh bien Franck-Emmanuel Conte est un peu le Monsieur Plus du baroque : avec Le Concert de l'Hostel Dieu, l'ensemble qu'il a fondé voilà deux décennies, il n'a de cesse de le sortir de sa zone de confort, soit en se penchant sur des répertoires méconnus, soit en le confrontant à d'autres disciplines – on ne lui souhaite toutefois pas de finir, comme le croqueur de tuiles, noyé dans la Seine dans l'indifférence générale. Une démarche qu'il pousse un cran plus loin cette saison avec la création de Baroque & Plus, un festival tout entier dédié au dépoussiérage de cette musique ornementale et contrastée.  Au programme de sa première édition : du théâtre avec l'immense Jacque

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As I lay dying

ECRANS | De et avec James Franco (ÉU, 1h49) avec Tim Blake Nelson, Danny MacBride…

Christophe Chabert | Mardi 1 octobre 2013

As I lay dying

Qui est James Franco ? Un dandy ? Un intellectuel ? Un phénomène branchouille ? Ainsi, la même semaine, il s’affiche devant la caméra déconnante de son pote Seth Rogen dans C’est la fin et fait ses débuts en tant que réalisateur. Enfin, ses débuts, pas vraiment, car si As I lay dying est son premier film à connaître une distribution sur les écrans français, il en a déjà tourné une quinzaine d’autres à un rythme fassbinderien, courts, moyens et longs, tous restés confidentiels. Cette adaptation de Tandis que j’agonise de Faulkner est en soi une énigme : s’agit-il d’une œuvre culottée, portée par un vrai regard de cinéaste, cherchant l’expérimentation plutôt que le conformisme, ou est-ce seulement le caprice arty d’un comédien à la mode qui se fait mousser en transposant à l’écran ses bouquins de chevet — aujourd’hui Faulkner, demain Cormac MacCarthy — ? La première partie, où Franco utilise avec une certaine audace le split screen pour retranscrire à la fois les actions et les monologues intérieurs des personnages, le tout dans une reconstitution minimale mais crédible,

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Foals Sacré

MUSIQUES | De passage à Lyon, Foals débarque avec un talisman inestimable, "Holy Fire". Un troisième album qui, tout en égarant le chaland comme aime à le faire le groupe d'Oxford, contient la recette d'un feu sacré pop dont la flamme changeante semble ne jamais devoir s'éteindre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 13 mars 2013

Foals Sacré

De Ride à Radiohead, de The Jazz Butcher à Swervedriver, Oxford a toujours abrité une colonie de groupes savants, cérébraux ou à la créativité tordue. Même les Supergrass, autoproclamés crétins congénitaux, finirent par s'ériger en élèves modèles d'une pop en perpétuelle recherche d'elle-même. On ne dirait pas autre chose de Foals, à ceci près que la bande de Yannis Philippakis a immédiatement annoncé la couleur avec son math rock sur-diplômé mais pas que. Avec The French Open sur Antidotes ou Mathletics, le single qui le précéda, Foals prévenait déjà : leur musique serait à la fois première de la classe et imprenable en sport. Et surtout jamais là où on l'attend, en perpétuel mouvement, fumant du cerveau comme des gambettes. Puis s'accorderait quelques vacances au soleil à Miami, single-fausse piste menant à un Total Life Forever qui égarerait tout le monde de Fugue en This Orient ou Spanish Sahara. Oui, il y a chez Foals ce côté "attrape-moi si tu peux", qui finit toujours chez ce genre de groupe par conduire à une dématérialisation

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Le divin Comédie

SCENES | Le CNP Odéon est mort, vive le Comédie Odéon, café-théâtre de 300 places dont les portes s'ouvriront pour la première fois au public lundi 31 décembre. En attendant de pouvoir vérifier s'il fera honneur à son titre (auto-décerné) de «plus beau café-théâtre de France», petit tour des propriétaires. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 décembre 2012

Le divin Comédie

Les cafés-théâtres, c'est comme les bouchons, il y en a tellement qu'on a arrêté de les compter. Heureusement, d'autres le font à notre place. La Direction des affaires culturelles de la Ville de Lyon, notamment, en recense pas moins de treize. De quoi estimer la ville suffisamment équipée en la matière ? Ce n'est pas le constat dressé par Stéphane Cassez, Marion Gervais et Philippe Giangreco, les codirecteurs du tout nouveau tout beau Comédie-Odéon : «Lyon est très bien pourvu en cafés-théâtres d'une centaine de places. Mais il y a une pénurie criante de salles de 300 places, particulièrement en centre-ville, qui sont le chainon manquant entre les cafés-théâtres traditionnels et les grandes salles comme le Transbordeur, le Radiant, la Bourse du Travail... Nous avons voulu ouvrir avec le Comédie Odéon une salle dans la veine du Splendid, à Paris, c'est-à-dire combinant le confort et les standards techniques d'un théâtre, comme des sièges de cinéma ou un plateau de 40 m², avec l'esprit de convivialité et l'accessibilité tarifaire propres au café-théâtre».

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«Plus d’offre crée plus de public»

SCENES | Stéphane Casey, comédien, metteur en scène, producteur de spectacles, directeur du Boui Boui et du Rideau Rouge à Lyon et du Palace à Avignon s’apprête à prendre la direction du Comédie Odéon, un nouveau lieu de 300 places avec Marion Gervais et Philippe Giangreco. Rencontre. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 7 septembre 2012

«Plus d’offre crée plus de public»

L’ouverture de nouvelles salles de café-théâtre à Lyon répond-elle à une véritable demande du public ? Stéphane Casey : L’ouverture de nouvelles salles correspond, je pense, à une demande du public mais aussi à une demande de la production. Jusqu’à maintenant, les «gros» spectacles ne pouvaient pas venir à Lyon par manque de structures pour les accueillir. Certains spectacles ont besoin d’une grande salle. Disposer de salles de tailles différentes permet de proposer à la fois des artistes en développement et des artistes confirmés. Tous ne peuvent pas se produire dans la même salle. Le café-théâtre, c’est aussi du business, notre réflexion est forcément fondée sur la rentabilité car nous ne sommes pas subventionnés. Parallèlement à cela, à mon avis, plus il y a de restaurants et plus il y a de gens qui vont au restaurant. C’est un peu pareil pour les théâtres. Prenez par exemple les théâtres de Broadway : ils sont tous blindés ! Dans les limites de chaque ville évidemment, je pense que plus d’offre crée plus de public, c’est une spirale positive. Bien sûr, il y a une crise économique qui fait que les gen

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Ride

MUSIQUES | Going Blank Again - 20th anniversary deluxe edition (Oxford Music/Import)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 août 2012

Ride

Mentionner que l'ex-leader de Ride, Andy Bell, est parti poursuivre sa carrière en jouant les secondes mains chez Oasis au moment même où le groupe de Manchester commençait à sentir le vieux pudding, et qu'il officie maintenant avec Beady Eye (Oasis sans Noel Gallagher) n'est pas le plus beau cadeau à faire à la postérité du groupe qui l'a rendu célèbre. Pourtant le quatuor d'Oxford emmené par Bell, donc, et le lippu et jaggerien Mark Gardener, fut en son temps, et est demeuré, un groupe des plus influents. On entend chaque jour, dans le son d'un groupe passé directement de son garage à la couverture du NME, quelque chose de Ride. Il faut dire que Ride fut, avec My Bloody Valentine, le chef de file du shoegazing (ce courant consistant à jouer de la guitare très fort, si possible en anorak ou dans des fringues trop grandes, en regardant ses chaussures). Sauf que contrairement à My Bloody Valentine dont le seul but était de jouer très fort et très flou dans l'espoir de faire fuir les loups présents dans la tête du fêlé Kevin Shields, Ride avait aussi pour ambition d'écrire des chansons. C'est ce que montre la réédition parue le 20 août de Going Blan

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Les Neiges du Kilimandjaro

ECRANS | Film de crise et de lutte sur un cinéaste qui se remet en question pour mieux croire, Les neiges du Kilimandjaro n'est pas un point, mais une virgule dans le cinéma de Robert Guédiguian. Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 10 novembre 2011

Les Neiges du Kilimandjaro

Que peut encore le cinéma de Guédiguian ? Aussi exténué que la gauche, il a pris un coup de vieux. Mais la lutte n'est pas finie. Elle n'a peut-être jamais été aussi nécessaire qu'aujourd'hui dans un pays où la pulsion de droite côtoie le catastrophisme économique. Avec Les Neiges du Kilimandjaro, le cinéaste opte pour la lucidité, sur son militantisme, ses convictions, sa vision du monde. Il prend du recul et observe ce que sont devenus ceux qui ont toujours cru au socialisme. Un film a priorigénérationnel, pour pré-retraités, syndicalistes installés, découvrant ébahis qu'ils vivent comme des petits bourgeois, leurs ennemis. La cause est-elle compatible avec la propriété ? Comment continuer à se battre et que peut-on accepter pour combattre la précarité ? Quel leg aux nouvelles générations dépolitisées ? Le monde a changé et c'est avant tout le premier constat du film. L'intrigue vaut comme un exposé : braqués par un ex-collègue licencié lors d'un dégraissage au tirage au sort, deux couples d'amis syndicalistes voient leur idéalisme se fissurer devant leur désir de justice. Ils doivent résister à l'esprit de vengeance, aveugle, d'autant plus dur quand l'argent

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Votre majesté

ECRANS | De David Gordon Green (EU, 1h42) avec Danny McBride, James Franco, Nathalie Portman…

Dorotée Aznar | Mercredi 31 août 2011

Votre majesté

La fine équipe de Délire Express remet le couvert dans ce film ouvertement régressif, entièrement dicté par l’envie juvénile de s’embarquer dans une aventure chevaleresque gorgée de bestioles magiques crapuleuses, de décolletés plongeants et d’humour en dessous de la ceinture. Votre majesté a beau bénéficier de la compétence de David Gordon Green à la mise en scène et de l’abattage de Danny McBride, cette sympathique pantalonnade accuse de fâcheux problèmes de rythme, ce qu’on aurait à la limite pu lui pardonner si sa valeur comique avait été à la hauteur de ses ambitions – malheureusement, c’est très loin d’être le cas. Dans le même registre de loser imbécilement arrogant, McBride a déjà tout donné dans l’hallucinante série Eastbound & Down et le caractère franchement anodin de la filmo récente de Gordon Green nous fait toujours regretter le cinéaste brillant de L’Autre rive. Après, si vous êtes disposés à payer 10€ pour voir un abruti parader avec une bite de minotaure autour du cou, on ne va pas vous en empêcher. François Cau

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