Gregory Porter à Jazz à Vienne

Festival | Trois premiers artistes excitants, un changement radical de charte visuelle : Jazz à Vienne s'offre une cure de jouvence.

Sébastien Broquet | Mardi 21 novembre 2017

Photo : © Brüno


Jazz à Vienne poursuit sa mue et ce de manière radicale en ce qui concerne le visuel : exit l'illustrateur historique Bruno Théry qui avait réalisé les 35 précédentes, bonjour Brüno, dessinateur nantais de BD ligne claire remarqué pour son travail avec le scénariste Appollo (Biotope), importé dans le cadre d'un partenariat noué avec le festival de bande dessinée d'Angoulême et amené à se renouveler : chaque année, un dessinateur différent choisi par Angoulême réalisera ainsi l'affiche de Vienne. C'est peu dire que le visuel de cette année, au personnage inspiré de Miles Davis, insuffle un sacré coup de jeune bienvenu...

Outre l'affiche, pour chaque édition, un concert dessiné sera partagé entre les deux événements : débuts de grande classe avec une collaboration entre la chanteuse malienne Rokia Traoré côté musique et Rubén Pellejero côté dessin, à qui l'on doit le retour de Corto Maltese. Une date à cocher sans plus attendre (le 26 janvier à Angoulême et le 5 juillet au Théâtre Antique). Rokia Traoré donnera dans la foulée un second concert axé sur son nouvel album, Né So.

Enfin, deux autres gros noms présents en juillet sur la scène du Théâtre Antique ont été dévoilés : le trip hop de Morcheeba fait son grand retour et l'on frémit d'avance des retrouvailles avec Skye Edwards. Et Gregory Porter sera aussi présent, accompagné de l'Orchestre National de Lyon, dans le cadre d'un hommage à Nat King Cole, faisant suite à son récent album Nat King Cole & me où il reprend le maître sur des arrangements de Vince Mendoza.

De toute évidence, Jazz à Vienne a décidé de boxer dans une catégorie supérieure.

Jazz à Vienne
Du 28 juin au 13 juillet 2018

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Jazz à Vienne 2022, les premiers noms

Festival | C'est un mélange d'habitués et d'artistes reportés des précédentes éditions que propose Jazz à Vienne avec les premiers noms de son édition 2022, déjà alléchante, qui dévoile également sa nouvelle identité visuelle.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 novembre 2021

Jazz à Vienne 2022, les premiers noms

Voilà le genre d'annonces qui donne comme un avant-goût d'été en plein mois de novembre et au beau milieu d'une vague de froid (et d'une cinquième vague de Covid) : les premiers noms de la programmation de Jazz à Vienne. Bon, on se garde sous le coude l'idée qu'une programmation dévoilée à huit mois de l'événement ne mange plus beaucoup de pain depuis deux ans, mais quand même, il ne s'agirait pas d'être trop fataliste. Alors voilà, comme chaque année depuis que Bruno Théry a passé la main, c'est par le dévoilement de l'auteur de l'affiche de la future édition que commence l'annonce. En l'occurrence une autrice puisque c'est Audrey Spiry qui a été désignée pour une touche, enfin, féminine qui a travaillé sur l'idée de vibration. Le dessin, et son mariage avec la musique, sera encore au centre le vendredi 8 juillet pour un concert dessiné – en partenariat avec le Festival d'Angoulême – où un line-up premium réunissant Laurent Bardainne, Thomas de Pourquery et Fabrice Martinez se confrontera à l'univers onirique de Fanny Michaëlis.

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Fagor-Brandt, ce sera jusqu'en novembre 2023

Politique Culturelle | L'utilisation temporaire de Fagor-Brandt est prolongée jusqu'en novembre 2023, à la demande des acteurs culturels occupant le lieu. Mais rien n'est résolu pour la suite qui, au contraire, semble se compliquer, la Métropole n'ayant rien anticipé.

Sébastien Broquet | Lundi 18 octobre 2021

Fagor-Brandt, ce sera jusqu'en novembre 2023

Toutes et tous étaient arrivés à la réunion de concertation du lundi 4 octobre au matin avec un mot d'ordre commun : obtenir la prolongation de l'utilisation de Fagor-Brandt jusqu'à fin 2023, et non janvier comme voulu par le président de la Métropole. Histoire de se laisser un peu de temps pour trouver une solution de repli, Bruno Bernard ayant mis tout le monde devant le fait accompli. Tout le monde, c'était : Vincent Carry (Nuits sonores), Émeric Richard (Lyon Street Food Festival), Isabelle Bertolotti (Biennale d'Art Contemporain), Dominique Hervieu (Biennale de la Danse) et le régisseur des Biennales. Du côté de la Métropole, étaient présents trois membres du cabinet du président, mais aucun élu : Julien Rolland (directeur général adjoint du Grand Lyon), Cyrielle Chatelain (conseillère culture) et Ludovic Chambe (conseiller urbanisme et logement au cabinet). La réunion fut cordiale, des excuses fu

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Bruno Bernard transforme Fagor-Brandt en entrepôt TCL, les Biennales, Lyon Street Food et Nuits sonores sont SDF

Politique Culturelle | La Biennale de la Danse et celle d'Art Contemporain, Nuits sonores et le Lyon Street Food Festival : quatre institutions culturelles de grande envergure se retrouveront SDF en 2023 et sont à l'heure actuelle sans solution de repli, suite à la décision du président de la Métropole Bruno Bernard de transformer Fagor-Brandt en entrepôt TCL, sans concertation préalable avec les occupants culturels pour les reloger ailleurs.

Sébastien Broquet | Jeudi 30 septembre 2021

Bruno Bernard transforme Fagor-Brandt en entrepôt TCL, les Biennales, Lyon Street Food et Nuits sonores sont SDF

Les anciennes usines Fagor-Brandt transformées en local technique du Sytral, afin de stocker les tramways, entre autres. C'est ce qui va se passer à horizon début 2023. Mauvaise nouvelle pour le milieu culturel et événementiel lyonnais, qui avait posé son empreinte sur ce lieu immense depuis quelques années maintenant : Nuits sonores, Lyon Street Food Festival et les Biennales de la Danse et d'Art Contemporain se déroulaient là-bas. Bien sûr, la réhabilitation de Fagor-Brandt, qui est une friche industrielle, était dans l'esprit de tous. Mais pas si vite. Et pas sans concertation préalable. Surtout en ce qui concerne les Biennales, qui avaient investi financièrement pour réhabiliter les lieux et pensaient rester quelques années sur place. C'est une surprise Isabelle Bertolotti, directrice du Musée d'Art Contemporain et de la Biennale d'Art Contemporain, est très claire lorsque nous lui posons la question : « nos bureaux sont là-bas, pas seulement nos événements. La Biennale d'Art Contemporain se déroulera bien en 2022 à Fagor-Brandt, mais pour la Bienn

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Ce qu'il ne faut pas rater côté jazz et sono mondiale cette saison

Jazz & Sono Mondiale | Une bonne grosse saison de jazz (et plus si affinités) comme on les aime à Lyon, faite de mélanges, de jeunes talents, d'expérimentations, de classiques, de stars et d'inconnus du bout du monde, voilà ce que nous proposent à eux tous, les différentes maisons qui l'accueillent.

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 septembre 2021

Ce qu'il ne faut pas rater côté jazz et sono mondiale cette saison

« Il serait indécent de renoncer au jazz » disait le poète. Sur ce point, la reprise des affaires montre une chose, pas question de renoncer à cette discipline dont le menu de saison s'avère particulièrement copieux que ce soit chez les généralistes ou les spécialistes du genre. Sur ce point l'Opéra Underground n'est pas loin de se montrer le plus éclectique qui peut aussi bien inviter le jazz de chambre d'un Vincent Courtois (c'est tout de suite, ce 22 septembre) pour un hommage à... Jack London qu'un Bachar Mar-Khalifé flirtant avec les musiques du monde. Pour l'Opéra Underground, il n'y a d'ailleurs qu'un pas entre les deux, qui programme également le meilleur de la sono mondiale : d'un Piers Faccini, creuset folk à lui tout seul d'une musique qui fait le tour du monde (26 septembre dans le cadre des Chemins des songwriters, avant un nouveau passage en janvier) au Colorist Orchestra qui accompagne l'inclassable Howe Gelb, errant volontaire entre les genres. La programmation de l'OU s'accompagne

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Cité de la Gastronomie : ça cogite, ça cogite

Food | Le futur de la Cité de la Gastronomie ? Rendez-vous dans deux ans pour savoir. En attendant, on teste et on resserre le prisme sur l'alimentation pour en faire non plus un musée, mais un « lieu totem de la filière alimentaire ».

Sébastien Broquet | Mardi 7 septembre 2021

Cité de la Gastronomie : ça cogite, ça cogite

Toute la presse locale était conviée jeudi dernier au sein de la Cité de la Gastronomie par les services de la Métropole de Lyon, histoire d'en apprendre un peu plus sur l'avenir du lieu, dont la première incarnation voulue par la majorité macroniste d'alors et pilotée par l'opérateur espagnol MagmaCultura s'était soldée, comme le dit très bien Bruno Bernard, par un « fiasco » retentissant, laissant exsangue partenaires, mécènes et équipes. Le président de la Métropole s'est retrouvé dès son élection avec cet innattendu dossier sur les bras et on pouvait espérer au bout d'un an une vraie prise en main pour ce lieu emblématique et historique, situé en plein cœur de Lyon. Or, les idées pour incarner une vision patrimoniale, ce n'est visiblement pas le point fort des écologistes : du côté de la Ville, on ne sait toujours pas trop quoi faire de l'ancienne école des beaux-arts et du Musée Guimet, par exemple. Le projet Fagor-Brandt reste flou. Et pour la Cité de la Gastronomie... Eh bien, ça reste flou aussi. Bruno Bernard, accompagné de son vice-président en charge de l'agriculture et l'alimentation Jérémy Camus,

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Jeune création : les Mondes d'après

Politique Culturelle | Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet, vient d'intégrer, avec entre autres Bruno Messina du festival Berlioz, le comité artistique chargé de mener à bien "l'appel à manifestation d'intérêt à destination des jeunes créateurs" lancé par le gouvernement dans le cadre du volet culturel du plan de relance. Un programme de soutien à la conception et à la réalisation de projets artistiques originaux doté d'un budget de 30 millions d'euros. Explications.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 juin 2021

Jeune création : les Mondes d'après

Déjà évoqué, et même promis, il y a presque un an dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a lancé le 22 juin son appel à manifestation d'intérêt à destination des jeunes créateurs baptisé "Mondes nouveaux". Un programme doté de 30 millions d'euros (sur les 2 milliards du plan de relance dévolus à la culture) qui doit permettre à « des artistes ou collectifs d'artistes, français ou résidents en France » de concevoir des projets artistiques dans un éventail de disciplines telles que le spectacle vivant, les arts visuels, la musique, les écritures, le design et les métiers d'art. Des projets qui se feront, non pas au sein de lieux constitués de la culture (musées, centres chorégraphiques...), mais dans des lieux du territoires, par exemple en résonance avec des sites du patrimoine architectural et historique tels que gérés par le Centre des monuments nationaux ou avec des sites naturels placés sous la responsabilités du Conservatoire du Littoral, tous deux associés à cet appel. Les projet

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Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Festival | De Maceo Parker à Jamie Cullum, nombreux sont les artistes internationaux à annuler leurs tournées d'été, comme on pouvait s'y attendre. Ce qui impacte lourdement la programmation de Jazz à Vienne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 juin 2021

Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Finalement il en va des annulations de spectacles comme de la Covid, elles vont par vagues, pour ne pas dire qu'elles volent en escadrille. Ce sont les tournées des différents artistes qui, elles, restent au sol à Jazz à Vienne, comme cela vient d'être annoncé. Qui priveront le festival d'une bonne demi-douzaine d'artistes, chamboulant considérablement le programme. D'abord, c'est Jamie Cullum qui, après Marcus Miller, jette l'éponge. Son concert du 23 juin est donc reporté à 2022 (les billets restent valables pour ceux qui ne craignent pas de les perdre et il est évidemment possible de se les faire rembourser). Ses musiciens, non vaccinés, seraient contraints de passer par une quarantaine avant leur concert, selon les informations du Progrès, d'où l'annulation. Même chose pour Portico Quartet qui devait se produire le 24 juin. La soirée "Cullum" est décalée au 6 juillet (on peut là aussi conserver son sésame ou se faire rembourser, comme pour l'ensemble des soirées) mais avec une programmation modifiée qui aligne : Youn Sun Nah & Ulf Wakenius,

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Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Jazz | Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un 1er juillet, il y avait foule, et l'ambiance était au beau fixe : le trompettiste et son groupe étaient en osmose. La prestation avait alors été enregistrée, et refait surface par la grâce d'une collaboration entre le festival français et le label Rhino, spécialiste des rééditions, qui annoncent conjointement la publication d'un double vinyle et l'apparition sur les plateformes de ce live baptisé Merci Miles ! pour le 25 juin. Ashley Kahn a rédigé les notes de pochette et Bruno Tilley réalisé le design. Deux compositions de Prince avait été jouées ce soir-là et sont sur le disque, Penetration et Jailbait. Collector.

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Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Festival | Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 21 mai 2021

Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est l'un des grands habitués du festival, Marcus Miller. Malheureusement, le bassiste américain a pris la décision d'annuler sa tournée estivale en Europe dont évidemment les deux dates viennoises, invoquant notamment les difficultés liée à la circulation internationale dans le contexte de la Covid – qui a quasiment éradiqué la présence d'artistes américains dans les festivals ayant choisi de se produire cet été. Jazz à Vienne réfléchit à des solutions de remplacements qui devraient être annoncées dans les prochains jours.

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

Littérature | La traditionnel rendez-vous de mars fidélisant les amateurs de littérature n'aura pas lieu cette année — et se contentera d'une édition virtuelle, comme plusieurs autres événements (Assises Internationales du Roman, Quais du Polar...) l'ont fait l'année dernière.

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2021

La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

En 2020, ayant avancé ses dates pour ne pas se superposer aux élections municipales, la Fête du Livre de Bron avait réussi à se tenir tout à fait normalement et à ne pas intégrer la longue liste des événements annulés, toujours en cours d'élaboration — et ce sans doute jusqu'à l'automne prochain. Mais pour cette 35e édition de 2021, c'est rapé : « après avoir tenté, avec enthousiasme et persévérance, de proposer un festival en présence des auteurs et du public, l'association s'est résolue à transformer la 35e édition de la Fête du Livre de Bron en un événement 100% digital. Une formule inédite et attractive, entièrement en ligne, qui se déploiera sur les réseaux sociaux et le tout nouveau site de la Fête du Livre de Bron, appelé dans l'avenir à constituer un véritable média numérique autour de la littérature, des sciences humaines et de la littérature jeunesse. Dans le contexte actuel, l’équipe de la Fête du Livre de Bron est plus que jamais convaincue de la nécessité de donner la parole aux écrivains, aux intellectuels et aux artistes pour comprendre le temps présent et en

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Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

Lyon | On pourrait vous la faire courte en recopiant trois phrases du communiqué de presse de la Métropole annonçant en quoi consiste la grande "rébellion" de Bruno Bernard contre la décision du gouvernement de laisser les lieux de culture fermés. On a préféré laisser un peu de suspens et vous conter dans le détail la surréaliste conférence de presse qui s'est déroulée mardi 16 décembre au musée Lugdunum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 décembre 2020

Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

On allait voir. Le combat était annoncé et la potion magique bouillait déjà dans la marmite de la petite capitale provinciale. Après la tournée des médias pendant le week-end — Le Progrès à défaut d'Uderzo —, Bruno Bernard allait passer en mode Gaulois réfractaire. Et ouvrir le Musée des Confluences et Lugdunum dès samedi ? Engager la baston avec le centurion Jean Castex ? Oui. Enfin... pourquoi pas. Déjà, il fallait mettre les services — culturel et juridique, on imagine — au boulot lundi pour trouver comment, puisque comme l'a dit lui-même le président de la Métropole avant le conseil

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Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Lyon | Face à l'annonce brutale faite par Jean Castex jeudi 10 décembre, intimant aux lieux culturels de rester fermés alors que beaucoup avaient préparé activement leur réouverture pour ce mardi 15 décembre, les élus EELV de Lyon et socialiste de Villeurbanne, emmenés par le président de la Métropole Bruno Bernard, lancent la fronde. Ce dernier se dit même prêt à ouvrir sans accord gouvernemental le Musée des Confluences dès samedi. Bluff ?

Sébastien Broquet | Lundi 14 décembre 2020

Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Il y a une ironie certaine à découvrir Bruno Bernard se faire soudainement le champion de la "libération" des lieux de culture, quitte à prendre la tête d'une fronde locale et à vouloir ouvrir dès samedi deux musées dont sa collectivité a la charge — le Musée des Confluences et Lugdunum — sans l'autorisation de l'État. Verra-t-on un président de Métropole faire face à la police nationale et à la préfecture pour maintenir ses musées ouverts ? La question peut se poser : il faudra bien assumer le coup d'éclat médiatique du week-end. Et l'ironie, donc, veut que le meneur de la fronde soit celui qui s'est le plus totalement désintéressé des questions culturelles jusqu'ici. Bruno Bernard, alors candidat EELV, n'a pas eu un mot pour ce secteur durant sa campagne et n'avait pas de programme culturel à mettre en application. Une fois élu, il a nommé vice-président en charge de ce portefeuille son allié socialiste,

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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TCL : Une gratuité partielle et beaucoup de coups à peu de frais

Mobilité | À la surprise quasi générale, le Sytral (autorité organisatrice des transports de l’agglomération lyonnaise) a voté le 23 novembre dernier la mise en place de deux abonnements supplémentaires dits “solidaires“, dont l’un gratuit, destinés aux personnes disposant de faibles ressources. Une décision très politique suscitant des réactions pas forcément bienveillantes, et des divergences chez les spécialistes des mobilités urbaines…

Vincent Raymond | Mercredi 9 décembre 2020

TCL : Une gratuité partielle et beaucoup de coups à peu de frais

Bruno Bernard a donc tranché. À celles et ceux qui se demandaient encore pourquoi le nouveau président EELV de la Métropole, pourtant peu favorable au cumul des mandats chez ses colistiers, avait tant tenu à s’asseoir dans un autre fauteuil présidentiel, la réponse apparaît aujourd’hui comme doublement politique. Car il fallait bien le poids d’un élu d’importance pour infléchir la trajectoire du paquebot Sytral avant le début 2021 et son changement de gouvernance. En jeu, la question des mobilités à court et moyen termes, bien sûr, mais aussi des mesures plus immédiatement visibles et symboliques, comme cette création pour les étrennes de deux abonnements “solidaires“ sur le réseau TCL. Attribués sur strictes conditions de ressources, le “solidaire réduit“ (10€/mois) est principalement destiné aux usagers non-imposables et bénéficiaires d’une allocation Pôle Emploi ; quant au “solidaire gratuit“, il vise les personnes bénéficiaires du RSA et leurs ayants-droit.

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Alain Chevarin « ces groupes radicaux d'extrême-droite défendent l'idée d'une guerre culturelle »

Politique | Lyon, laboratoire des extrême-droites. Une affirmation sans cesse assénée dans les différents médias, ces dernières années. Et ressentie localement, nombre de ces groupes radicaux s'emparant régulièrement de l'espace public pour mener leur combat obscurantiste. Alain Chevarin, ancien enseignant, spécialiste du sujet — il avait déjà publié Fascinant/Fascisant, s'est penché avec précision sur le sujet, remontant aux sources, cartographiant les groupuscules, et fait paraître en cet automne Lyon et ses extrêmes droites. On en parle.

Sébastien Broquet | Jeudi 8 octobre 2020

Alain Chevarin « ces groupes radicaux d'extrême-droite défendent l'idée d'une guerre culturelle »

Pourriez-vous nous faire une photographie de l'extrême-droite lyonnaise actuelle, afin que nous comprenions bien l'importance du livre que vous venez de publier ? Alain Chevarin : Effectivement, Lyon occupe une place particulière par rapport à l'extrême-droite dans la mesure où l'on y trouve à peu près tous les mouvements existants. Bien sûr, les vieux mouvements : le Rassemblement National s'y trouve depuis l'origine du Front National ; l'Action Française a un local de l'autre côté de la Saône ; et à côté de ces historiques, on trouve tous les autres : l'extrême-droite radicale, groupusculaire, comme les identitaires qui sont les plus visibles actuellement sur Lyon et qui ont rouvert il y a quelques jours leur salle La Traboule, qui avait été fermée administrativement. On trouve aussi tous les groupes nationalistes révolutionnaires : le GUD et son successeur le Bastion Social, dissous l'an dernier, qui n'existe plus officiellement mais dont les militants sont toujours présents. Le Parti Nationaliste Français, installé rue Saint-Georges, un vieux mouvement pétainiste refondé dans les années 80. Ce sont ceux qui ont des locaux et pignon sur rue. À côté de

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Lyon : le retour de la piétonnisation ce week-end

Urbanisme | C'est le grand retour de la piétonnisation dans la Métropole de Lyon, déjà initiée par l'ancien président David Kimelfeld sur la Presqu'île lors de son mandat. (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 24 septembre 2020

Lyon : le retour de la piétonnisation ce week-end

C'est le grand retour de la piétonnisation dans la Métropole de Lyon, déjà initiée par l'ancien président David Kimelfeld sur la Presqu'île lors de son mandat. Malgré les dénégations de son successeur écologiste, Bruno Bernard, qui déclare à tort que « ça n'a rien à voir », il s'agit de toute évidence d'une suite logique s'appuyant sur les différentes études et bilans faits lors des précédentes éditions auprès des citoyens par les service de la Métropole. Résultat : deux jours (samedi 26 et dimanche 27 septembre) au lieu d'un, un périmètre élargi (principalement la Presqu'île jusqu'à Perrache, mais des petits tests dans les autres arrondissements et Villeurbanne en sus) et surtout, la bonne nouvelle : une volonté de pérenniser l'expérience.

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Mais qu’a fait la police ?! : "Josep" de Aurel

Animation | Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît.

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Mais qu’a fait la police ?! :

Premier long-métrage d’un illustrateur (Aurel) sur un de ses confrères (Josep Bartolí), en animation de surcroît, Josep raconte comment le personnage-titre, républicain espagnol réfugié en France fut en fait parqué dans un camp par les autorités et maltraité par tous les gendarmes — sauf un. Voilà qui résonne terriblement avec l’actualité des violences policières : y aurait-il une “tradition“ de comportements individuels racistes, d'omerta, d’obligation de suivre le groupe, d’absence de contrôle par la hiérarchie ? Tout cela pèse violemment sur le récit, par ailleurs édifiant, éclairant l’existence mal connue des camps de concentration destinés aux réfugiés anti-franquistes — cette autre tache sur l’Histoire hexagonale. En confrère respectueux, Aurel efface ici son trait pour ne pas faire ombrage à celui de son devancier. Et l’animation, qui préfère un mouvement saccadé à une trop grande fluidité, fait bien écho au style tourmenté, expressionniste, de Josep. On saluera enfin un joli travail sur le magma des souvenirs, qui fait survenir la présence fluctuante de Frida Kahlo.

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Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Covid-19 | Le festival de jazz a annoncé l'annulation de sa 40e édition ce mardi matin, faisant suite au discours du président de la République.

Sébastien Broquet | Mardi 14 avril 2020

Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Après d'autres grands festivals nationaux, comme les Eurockénnnes de Belfort ou le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de tirer les conséquences du discours d'Emmanuel Macron tenu le lundi 13 avril : il n'y aura pas d'édition 2020, qui devait accueillir Jill Scott (photo), Nas ou Jamie Cullum. Jouant sur les mots, utilisant l'euphémisme "report" plutôt que l'évident "annulation", la direction a communiqué ce mardi matin : « c’est avec beaucoup d’émotion mais avec conscience et responsabilité que nous vous informons du report à l’été 2021 de notre 40e édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain. Cette décision fait suite à l’annonce du président de la République Emmanuel Macron lundi 13 avril interdisant la tenue de grands événements tels que les festivals avant mi-juillet. » Le coup est rude pour un festival qui avait su se réinventer et dynamiser sa programmation depuis trois ans, par la grâce d'un rajeunissement de l'équipe et d'un soutien financier accru de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les conséquences seron

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Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

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Bruno Boëglin, l’occupant

Lecture | Ouvrir le coffre Bruno Boëglin revient à opérer une embardée dans le passé pour éclairer ce qu’est le théâtre aujourd’hui, ce qu’il en reste, ce qui s’est effacé. Le (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2020

Bruno Boëglin, l’occupant

Ouvrir le coffre Bruno Boëglin revient à opérer une embardée dans le passé pour éclairer ce qu’est le théâtre aujourd’hui, ce qu’il en reste, ce qui s’est effacé. Le metteur en scène et acteur, marqué à vie par la violence de la France post-coloniale via son père (chef lyonnais du réseau d’aide au FLN) fut notamment aux commandes dans les années 70 et 80 de feu le Théâtre de l’Eldorado, cours Gambetta. Il a ferraillé avec Georges Lavaudant (dont les spectacles tournent encore) ou Vincent Bady (rattaché aujourd’hui au NTH8), découvert Bernard-Marie Koltès. Son Yvonne princesse de Bourgogne, son Septem dies, inspiré des Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez sont des pierres marquantes de l’édifice de l’art théâtral. Peut-être parce que comme le dit Lavaudant « Bruno fait du théâtre comme on se fait du souci ». À près de 70 ans, cette figure tutélaire présen

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Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Festival | Comme chaque année, les festivités estivales de Jazz à Vienne commencent à être dévoilées à l'approche de l'hiver. En plus des premiers noms, le festival innove cette fois un drôle de projet anniversaire : un album Panini.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Non content d'accueillir, pour donner forme à l'identité visuelle de sa quarantième édition, les talents graphiques de Juanjo Guarnido (connu et multiprimé pour le culte Blacksad, également décorateur et animateur), Jazz à Vienne innove cette année en confiant au dessinateur habité par la grande vitalité du festival les rênes visuelles du concert dessiné monté en partenariat avec le festival d'Angoulême et qui réunira donc l'Espagnol et le plus Français des bluesmen anglais, Hugh Coltman. Autre britannique habitué de JAV, Jamie Cullum, passé au fil des ans et des disques de petit fiancé rebelle du jazz à celui de mètre-étalon. Cette année, Jazz à Vienne mettra surtout le cap sur l'Afrique avec le projet pluridisciplinaire Africa2020 étalé sur l'ensemble de l'année et du territoire français à la remorqu

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La femme à la caméra : "Camille"

Biopic | Jeune photographe fascinée par l’Afrique, Camille Lepage part en indépendante couvrir les remous en Centrafrique qui déboucheront sur la guerre civile. Sans couverture, elle va plus loin que les photo-reporters de guerre professionnels. Au risque de se perdre…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

La femme à la caméra :

C’est un double, voire un triple film que Boris Lojkine signe ici. D’abord, évidemment, un portrait de Camille Lepage (1988-2014) au cours des derniers mois de son intense existence. Le biopic d’une journaliste investie par la nécessité d’éveiller les consciences occidentales à l’imminence du drame centrafricain, mais aussi d’une jeune femme piégée par sa trop grande proximité avec son sujet. Une proximité affective se retrouvant dans sa pratique photographique, puisqu’elle cadre physiquement au plus près des événements et des gens, mais qui dénote également un manque de recul dans son approche. Ce qui conduit à l’insoluble question éthique de la photographie de guerre : celui (ou celle) qui la réalise peut-il/doit-il rester neutre lorsqu’il témoigne d’une situation ? À côté de confrères expérimentés accrédités par les grands quotidiens, se conduisant en expats hautains et désabusés pouvant partir le lendemain pour un théâtre d’opération à l’autre bout du monde, Camille possède une connaissance du terrain qui

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Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Portrait | Après Brüno en 2018, c’est lui qui donne des visages et des images au Festival Jazz à Vienne. Rencontre avec un illustrateur prolifique associant depuis plus de trente ans musiques et couleurs : Jacques de Loustal.

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Droit comme un i, vêtu avec une élégance non ostentatoire, il saute prestement de sa bicyclette, semblant surgir d’un album de ses confrères Dupuy & Berbérian. Quelques volées d’escalier plus haut, on pénètre dans son atelier d’artiste ; les murs confirment sans l’ombre d’une hésitation son identité. Outre quelques peintures accrochées ici ou là, et quelques travaux en cours, une bibliothèque chargée jusqu’à la gueule d’albums et d’ouvrages mêlant jazz, cinéma, littérature et illustration, voisine avec des piles de CD. L’atmosphère studieuse de cet antre du XIXe arrondissement parisien ne la rend pas moins accueillante : le canapé, guère éloigné de la table à dessin, ne semble pas avoir pour seule vocation de décorer les lieux. Jacques de Loustal s’y octroie une poignée de minutes de sieste chaque jour, dit-on. On raconte aussi qu’il aurait un autre studio dans les Monts d’Or quand il se déplace en région lyonnaise. Car l’homme aime les voyages, autant qu’il est passionné de musique. La faute à ses grands frères, qui l’ont initié au jazz, au blues et ensuite au rock :

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John Zorn, marathon man

Jazz à Vienne | Pour sa venue à Jazz à Vienne, le protée musical John Zorn ne fait pas les choses à moitié : cinquante œuvres tirées de ses Bagatelles, quatorze groupes sur scène et quatre heures de concert. Un marathon immobile à courir absolument.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

John Zorn, marathon man

Inclassable, voilà sans doute le seul terme qui permette de définir (et donc de ne pas définir) le travail du musicien d'avant-garde John Zorn. Saxophoniste alto, clarinettiste, pianiste influencé par la musique de compositeurs comme Charles Ives et John Cage, on pourrait dire que le New-Yorkais de 65 ans a touché à tout. Mais en réalité, il a fait plus que cela, ce qu'il a touché, il l'a creusé en profondeur, déconstruit et remodelé, comme lorsqu'il s'est attaqué à une relecture d'Ennio Morricone, encensée par le compositeur lui-même, a appliqué les trouvailles cinématographiques de Godard à la musique, réinterprété Ornette Coleman sous un angle punk hardcore, testé les limites « du format habituel du groupe de rock » au sein d'un combo comprenant notamment le guitariste Bill Frisell et le chanteur Mike Patton, puis avec Bill Laswell. Zorn a ainsi ratissé tous les genres possibles, de la country au grindcore, en passant plus tard par la musique klezmer, avec son groupe Masada, et les musiques classiques et mystiques. S'inspirant en grande partie des techniques de John Cage et du free jazz qui, chacun à leur manière, laisse

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Avec le nouveau festival Superspectives, la musique contemporaine au pluriel

Musique Contemporaine | Nouveau festival dédié aux musiques contemporaines, Superspectives entremêle musiques savantes et musiques populaires dans un cadre idyllique sur la colline de Fourvière.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Avec le nouveau festival Superspectives, la musique contemporaine au pluriel

L'étiquette "musique contemporaine" effraie, aujourd'hui encore, beaucoup (trop) de monde, et François Mardirossian (pianiste) et Camille Rhonat (professeur de philosophie) en sont conscients. Les deux anciens camardes de lycée ont mis cette année en sourdine leurs activités professionnelles pour lancer un festival de musique contemporaine qui ferait mentir les idées reçues et décloisonnerait le genre. « Pour nous, entonne le duo, la musique contemporaine n'est pas seulement la musique classique contemporaine, mais aussi bien le jazz, les musiques du monde, l'électro... Par goût personnel, nous avons voulu mettre en avant, pour cette première édition, les compositeurs issus du courant minimaliste, les œuvres et les héritiers de John Cage, Steve Reich, Philip Glass, Moondog... ». Dont acte : une nuit blanche minimaliste aura lieu le samedi 6 juillet de 20h30 à 8h du matin (!), Stefan Lakatos et Bengt Tribukait rendront hommage, la veille, à Mo

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Des gens bien aux Alizés

Rencontre | Des gens bien est un microcosme cinématographique : réalisé, joué, produit par Emmanuel Vieilly et Bruno Lopez. À la suite d’un braquage raté, Gabriel et Raphaël (...)

Élise Lemelle | Mardi 21 mai 2019

Des gens bien aux Alizés

Des gens bien est un microcosme cinématographique : réalisé, joué, produit par Emmanuel Vieilly et Bruno Lopez. À la suite d’un braquage raté, Gabriel et Raphaël s’enfuient et prennent, accidentellement, une fillette en otage, chance ou malchance, ils se rendent rapidement compte que celle-ci subit des sévices de la part de ses parents. Ce road-movie traite, en demi-teinte, de la maltraitance infantile et de la difficulté de faire acte d’abnégation. Ici, les braqueurs ont le choix : rendre la fillette à ses bourreaux et être des salauds, ou la garder avec eux et passer pour des salauds. Et vous, que feriez-vous en pareille circonstance ? Vous aurez tout loisir de le dire à Emmanuel Vieilly à l’issue de la projection car, cela tombe bien, il sera là. Des gens bien Au cinéma Les Alizés (Bron) le vendredi 24 mai à 20h

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Pierre Jolivet : « mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Victor et Célia | Aux Rencontres d’Avignon, puis à celles de Gérardmer, Pierre Jolivet a présenté son nouveau couple de cinéma, Victor et Célia. Deux jeunes gens d’aujourd’hui combatifs, épris l’un de l’autre autant que de leur liberté. Il en a aussi profité pour parler de l’état de la production hexagonale à l’heure de Netflix…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Pierre Jolivet : « mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Est-il plus difficile de faire un film ou d’ouvrir un salon de coiffure ? Pierre Jolivet : Je ne sais pas… Il y a de l’entrepreneuriat dans les deux. Faire un film, c’est aussi monter une petite entreprise de plusieurs millions en deux-trois ans. Je n’ai jamais ouvert un salon de coiffure ! À la différence des deux petits coiffeurs qui m’ont inspiré le film. Au départ, j’étais allé me faire couper les cheveux dans un petit salon du XVe, là où j’habite. Ils étaient stressés parce que j’étais leur premier client, et ils m’ont raconté leur histoire. Qu’ils ne dormaient plus, qu’ils s’étaient endettés, qu’ils souffraient et étaient exaltés en même temps par la liberté qu’ils avaient. C'est ce mélange, cette vibration très particulière du passage à l’acte que j’ai essayé d’attraper. La thématique des petites entreprises vous tient à cœur… Celle des chômeurs aussi, beaucoup…J’ai grandi dans une banlieue populaire où il y avait plein de petites entreprises qui ont maintenant disparu. Si nous sommes ce que nous faisons, les artisans sont ce qu’ils fabriquent de leur

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Et si on passait au salon ? : "Victor et Célia"

Comédie | De Pierre Jolivet (Fr, 1h31) avec Arthur Dupont, Alice Belaïdi, Bruno Bénabar…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Et si on passait au salon ? :

Même si l’affaire n’est pas bouclée à 100%, c’est sûr : Victor et Ben vont ouvrir le salon de coiffure de leurs rêves. Hélas, Ben meurt brutalement et Victor part en quête de l’associé ou associée idéale. Tout le dirige vers Célia, son ancienne *partenaire* de l’école de coiffure. Il reste encore à la convaincre… De l’entreprise à l’artisanat, Pierre Jolivet se sera penché sur toutes les formes de sociétés ou de commerces à périmètre humain. Car justement, ce sont les transactions entre les individus qui l’intéressent, davantage que les affaires de négoce génératrices de profit. Le cinéaste excelle dans la description de ces entraves susceptible de contrarier l’épanouissement personnel, qu’il s’agisse d’obstacles administratifs, de fâcheux, de fatalité voire d’une romance — ce dernier point (également connu sous le dicton “no zob in job“) étant à nuancer : on ne divulgâchera rien en sous-entendant que Victor et Célia vont être tendrement de mèche. C’est d’ailleurs leur relation amoureuse un brin contrariée par leurs scrupules mutuels (elle est en couple, lui trop

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Hélène Cattet & Bruno Forzani : « on fait ce qu'on aime, ça n'a pas de prix »

Hallucinations Collectives | Invités d’honneur d’un festival qui ne leur a jamais fait défaut — à raison : ils sont sans doute avec Mandico les plus fervents pratiquants d’un “autre“ cinéma — le duo Hélène Cattet & Bruno Forzani a composé une Carte Blanche à son image. Bref échange en guise de mise en bouche.

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

Hélène Cattet & Bruno Forzani : « on fait ce qu'on aime, ça n'a pas de prix »

Le fait d’œuvrer dans un collectif — à partir de deux, vous constituez déjà un collectif, non ? — exacerbe-t-il vos penchants respectifs pour les formes et formats “hallucinatoires“ ? Hélène Cattet & Bruno Forzani : D’une certaine manière, oui, car dans la dynamique d'écriture en duo, on essaie tout temps de déstabiliser l'autre et de le faire halluciner avec des séquences auxquelles il ne s'attend pas. Irréductible à un genre, votre cinéma revendique au contraire l’hybridation et le mélange, voire cette “impureté“ que Epstein attribuerait au diable. Le territoire que vous dessinez film après film appartient-il à un Enfer perdu ? À un enfer qu'on essaie de trouver, plutôt. Il n'est pas vraiment perdu car il n'existe pas, il faut à chaque fois le créer de toutes pièces. L’hermétisme/conformisme français vis-à-vis du genre ne surmarginalise-t-il pas votre travail ? Est-ce vivable d’un point de vue artistique et économique ? C'est difficilement vivable, mais on fait ce qu'on aime, donc ça n'a pas de prix, o

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Coccinelle, bête à bon 2 : "Minuscule 2 - Les Mandibules du Bout du Monde"

Animation | De Thomas Szabo & Hélène Giraud (Fr, 1h32) avec Thierry Frémont, Bruno Salomone, Stéphane Coulon…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

 Coccinelle, bête à bon 2 :

Alors que la famille coccinelle est sur le point d’hiberner, l’enfant terrible de la famille se retrouve expédié en Guadeloupe. Suivant son instinct paternel, l’héroïne de l’opus précédent s’envole à la rescousse de sa progéniture, bénéficiant au passage de l’aide de la fourmi et de l’araignée… Il n’est pas donné à tout le monde de se renouveler en préservant ses fondamentaux. C’est pourtant ce qu’ont accompli Thomas Szabo & Hélène Giraud par deux fois, en tirant un long-métrage de leur série d’animation d’abord, puis en lui offrant cette suite — on devrait d’ailleurs plutôt parler de “continuité darwinienne“, étant donné qu’il y a évolution et amélioration techniques. Empruntant la grammaire des documentaires animaliers contemporains qui anthropomorphisent et héroïsent leurs sujets, les cinéastes la décalent d’un cran sur un mode parodico-épique ; un ton hybride (et un contraste) répondant la forme, puisque arthropodes et autres bestiaux conçus en images de synthèse sont, rappelons-le, incorporés dans des décors réalisés en prises de vues réelles. En s’inscr

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Vers sa destinée : "L'Enfance d'un maître"

Documentaire | de Jeanne Mascolo de Filippis & Bruno Vienne (Fr, 1h17)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Vers sa destinée :

En 1990, alors qu’il était bébé, Kalou Rinpoché a été identifié comme réincarnation d’un dignitaire religieux tibétain. Depuis, les caméras de Jeanne Mascolo de Filippis et Bruno Vienne ont suivi l’apprentissage et l’évolution de celui qui est devenu à son tour un chef religieux… Il convient tout d’abord de saluer la performance technique et humaine accomplie par les cinéastes ainsi que les producteurs, qui ont concrétisé ce que beaucoup avaient fantasmé en littérature (Daniel Pennac dans Monsieur Malaussène) ou tenté avant de renoncer tel Lars von Trier pour son projet inabouti Dimension : user du cinéma pour filmer la vie (donc la mort) “au travail“, en l’occurrence pendant vingt ans. Mais ces félicitations doivent aussitôt se nuancer d’un bémol de taille. Car en choisissant pour sujet une personnalité “spirituelle“ investie dans une démarche politique et religieuse, en l’accompagnant inconditionnellement dans son avénement, ce documentaire épouse dans le plus pur style hagiog

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La cave se rebiffe : "Wine Calling - Le Vin se lève"

Documentaire | de Bruno Sauvard (Fr, 1h30) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

La cave se rebiffe :

Elles et ils sont vignerons, venus parfois à la terre sur le tard, mais partagent la même ambition : élaborer un vin naturel, débarrassé de tout intrant et des artifices chimiques. Une passion exigeante mais gratifiante : entraide, plaisir et qualité du produit se trouvent au rendez-vous… Comment ne pas avoir de la sympathie pour ces viticulteurs passionnés et dévoués au produit, plus soucieux du goût que de faire pisser la vigne ? Comment ne pas souscrire à leur philosophie du partage et de l’environnement ? Comment, enfin, ne pas trouver magnifiques les plans de Bruno Sauvard célébrant la beauté des terroirs dans la magic light, et inscrivant de belles personnes à leur avantage dans des cadres amoureusement composés ? Et pourtant… Ce sujet qui aurait de quoi attirer n’importe quel amateur de cru comme les abstinents forcenés, assomme aussi sûrement (et vite) qu’une piquette en cubi. La faute à une enfilade quasi-ininterrompue de témoignages ; un flot de paroles coulant par hectolitres et ne prenant pas le temps de s’oxygéner. Oui, la matière est riche

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Numérotez vos bâtis ! : "The House that Jack built"

Le Film de la Semaine | Lars von Trier s'insinue dans la tête d’un serial killer aux ambitions (ou prétentions ?) esthétiques démesurées pour en retirer une symphonie en cinq mouvements criminels. Une variation sur la mégalomanie et le perfectionnisme artistiques forcément un brin provoc’ mais adroitement exécutée.

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Numérotez vos bâtis ! :

Jack aurait tellement voulu être architecte… Un destin contraire l’a fait ingénieur et affligé de TOC lui empoisonnant la vie, surtout lorsqu’il vient de commettre un meurtre. Car, si l’on y réfléchit bien, le principal tracas de Jack, c’est de devoir obéir à ses pulsions de serial killer… Peu importe si son esthétique ou ses dogmes évoluent au fil de sa prolifique filmographie — et lui confère au passage l’apparence d’un splendide magma —, Lars von Trier parvient à assurer à celle-ci une indiscutable cohérence par son goût maladif du défi stylistique et de la provocation morale, que celle-ci transparaisse dans la diégèse ou dans le discours d’accompagnement. Construire, dit-il Épouser comme ici le point de vue d’un détraqué jouissant dans l’esthétisation de la mise à mort de ses victime

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Le massif de l’écrin : "Fortuna"

Drame | de Germinal Roaux (Sui-Bel, 1h46) avec Kidist Siyum Beza, Bruno Ganz, Patrick d’Assumçao…

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Le massif de l’écrin :

Hébergée dans un monastère suisse à la frontière italienne, Fortuna, une jeune Éthiopienne de 14 ans se découvre enceinte d’un autre réfugié vivant au même endroit mais beaucoup plus âgé qu’elle. Si elle veut garder l’enfant, il n’en va pas de même pour le père qui se fait la belle… De la déconnexion entre la forme et le fond… Autant Germinal Roaux, photographe de métier, nous en met plein la vue par la somptuosité de son cadre (1:33, noir et blanc ultra contrasté, plans archi composés, clairs-obscurs magnifiant le décor neigeux, les visages et les rudes bâtisses…) et nous interpelle par la pertinence de son récit, en prise directe avec la plus brûlante des actualités (la situation des réfugiés, rejetés par tous les États, trouvant à peine asile chez des religieux) ; autant on est déconcerté par sa pseudo morale finale montrant un “bon père“ encourager une gamine seule, désorientée, abusée et abandonnée par l’adulte qui l’a mise enceinte, à ne pas avorter en brandissant son libre arbitre — ou un “merveilleux“ instinct de vie. Peu importe en définitive à ce brave

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Des glaces, fraîches ! Et des finales...

Les bons plans de la semaine #2 | Un rallye des gones pour amateurs de scooters et de culture mod, du foot, du tennis, Morcheeba, de la musique traditionnelle indienne dans un parc, et surtout, surtout, de la glace bien fraîche : voici nos bons plans de la semaine.

Sébastien Broquet | Lundi 9 juillet 2018

Des glaces, fraîches ! Et des finales...

Lundi 9 juillet - théâtre Se mettre dans la peau de l’Autre « S'il y avait la guerre aujourd'hui en France, où iriez-vous ? » nous dit-elle, Anne de Boissy, comédienne majeure. En jouant le texte de la Danoise Janne Teller, Guerre : et si ça vous arrivait ?, qui est adapté au pays dans lequel il est traduit, elle nous confronte à l'inversion de la question des réfugiés et à la violence avec laquelle ils sont reçus dans leur exil, la mésentente aussi entre différents naufragés et les interminables attentes en camps. C'est simple, direct et émouvant. Au Clos Carret (4e) dans le cadre de Tout le monde dehors à 18h Mardi 10 juillet - food Acheter ses glaces fraîches, au marché C'est le retour du camion de glaces. Il ne sillonne pas les rues, mais les événements (bientôt le Printemps de Pérouges) et toute l'année les marchés de Monplaisir, le mardi et du quai Saint Antoine, le mercredi. On peut venir y chercher ses bacs : 500ml à partager à la maison. Au volant on retrouve Agathe et François, c

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Jazz (en) fusion

Jazz à Vienne | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 60 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Vienne pour opérer la fusion du Théâtre Antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car comme "venues d'ailleurs" : un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi

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Les Ailes du désir

Reprise | Selon Baudelaire, « la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ». Le Malin possède, entre mille vices, un (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Les Ailes du désir

Selon Baudelaire, « la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ». Le Malin possède, entre mille vices, un autre redoutable talent : celui de jouer de sa perverse séduction pour parvenir à ses fins, et triompher des plus purs esprits, fussent-ils angéliques. Voyez le palmarès 40e festival de Cannes en 1987 : la Palme d’Or a échu au méphistophélique Maurice Pialat et à son infernale adaptation de Bernanos, Sous le soleil de Satan, condamnant, non à la Géhenne mais au seul Prix de la mise en scène le bienveillant Wim Wenders pour son chef-d’œuvre séraphique Les Ailes du désir. Où les protagonistes sont des anges, confidents secrets des humains, privés d’amours terrestres et arpentant pour l’éternité des jours le sol et le ciel d’un Berlin alors divisé par le Mur. Au-delà de l’histoire sentimentale conduisant Damiel, l’un de ces veilleurs immortels à fendre l’armure pour les beaux yeux d’une trapéziste ; au-delà de la vision prophétique de la capitale allemande, embrassée dans sa totalité d

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Julien Hallard : « Ce qui m’intéresse, c’est que le message passe »

Comme des garçons | S’il n’a tourné aucune image de son film inspiré de l’équipe de foot féminine de Reims dans la ville de ses exploits, Julien Hallard est bien allé à Avignon pour parler aux Rencontres du Sud de "Comme des garçons"…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Julien Hallard : « Ce qui m’intéresse, c’est que le message passe »

Y a-t-il a un lien entre le foot et votre mère, à qui vous avez dédié ce film ? Julien Hallard​ : C’est une dédicace affective avant tout. S'il y en avait un, ce serait sur la cause féministe — ma mère était très engagée. Et comme elle aimait le cinéma, je me devais de lui dédier mon premier film. Quel est votre propre rapport au foot ? J’ai joué dans le Calvados chez les poussins, j’aime ça depuis l’enfance. Et je m’intéresse vraiment au football féminin, ce n’est pas un truc opportuniste : je suivais Lyon et l’équipe de France, ça joue bien. Au moment où les hommes plongeaient en 2010, les filles faisaient une bonne coupe du monde, ça m’a inspiré. Elles vont trouver leur place dans ce sport majeur, avec beaucoup d’argent. Et si elles arrivent à s’imposer, elle s’imposeront dans le sport le plus populaire sur la planète. Donc j’aimerais bien que ça arrive. À partir de quand la fiction prend-elle ici le pas sur l’histoire authentique ? La majeure partie de ce que vous voyez dans le film est vraie, final

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Droites aux buts : "Comme des garçons"

Comédie | de Julien Hallard (Fr., 1h30) avec Max Boublil, Vanessa Guide, Bruno Lochet…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Droites aux buts :

1969, Reims. Journaliste sportif sûr de lui et macho, Paul Coutard écope d’un sanction : trouver une attraction pour la kermesse annuelle. Boutade au départ, l’idée d’un match de foot féminin est retenue, et se mue en croisade pour le droit aux femmes de jouer comme des garçons… Réunir dans un même film le foot (en année de Coupe du monde), le vintage sixtize-séveuntize et le féminisme, voilà ce qui s’appelle faire un panier à trois points. Ou un strike. Enfin un truc de sportif drôlement fortiche augmentant sensiblement les chances d’attirer les regards sur son travail. L’opération est à double tranchant : s’il ne répond pas aux attentes qu’il cherche à susciter, Comme des garçons ne sera pas qu’un film bancal. Mais LE film raté sur le foot féminin, c’est-à-dire une raison supplémentaire pour ses détracteurs de s’en gausser — on ne sait trop ce qui l’emporte chez eux entre puérilité et l’ignorance. Cela dit, vu que Mohamed Hamidi commence ces prochains jours le tournage des Footeuses avec Kad Merad, il faut qu’ils s’habituent.

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Du rouge au front : "Les Municipaux, ces héros"

Agit’-sale | de et avec Éric Carrière & Francis Ginibre avec Bruno Lochet…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Du rouge au front :

À leurs débuts, Les Chevaliers du Fiel s’étaient sans doute baptisés ainsi par dérision, en clin d’œil gamin à la série qu’ils devaient idolâtrer minots. Le temps a depuis filé, faisant son office délétère : il a ainsi comblé le duo de succès. Tant mieux pour eux, pour leur percepteur et pour Bolloré qui a trouvé avec ces faquins de quoi meubler ses tuyaux. La paire a dû sacrifier au passage un petit quelque chose en échange de cette bonne fortune. Oh, trois fois rien quand on ne s’embarrasse pas d’un semblant de dignité : sa conscience. Las, non contents de l’oublier sur le petit écran, les deux lurons l’omettent aussi sur le grand, en reprenant leurs boucs émissaires favoris : les employés communaux, assimilés à des parasites ultimes entretenus par les représentants corrompus de la collectivité et jamais satisfaits de leurs privilèges indus. D’une rare abjection poujadiste, ce long-métrage vomit à jet continu de la haine sociale sous couvert de “galéjade”. Ni farce, ni satire, c’est une attaque mesquine enfilant les clichés anisés sur les planqués, les syndicalistes, les placardisés, les guichetie

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Jazz à Vienne : toute la programmation

Avishai Cohen, Jeff Beck, Melody Gardot, Marcus Miller... | Le festival Jazz à Vienne a dévoilé ce soir l'intégralité de sa programmation, avec de nombreuses soirées thématiques (Afrique, Brésil, hip-hop, funk, blues...) et quelques valeurs sûres. Voici tout le programme.

Sébastien Broquet | Mardi 20 mars 2018

Jazz à Vienne : toute la programmation

Jeudi 28 juin Al McKay’s Earth Wind & Fire Experience ouvre les festivités. Du bon gros funk à l'ancienne, à la façon 80's, pour lancer une soirée ? C'est facile, mais ça marche à chaque fois. On prend. D'autant que d'autres grands anciens, la Malka Family, émules d'un Funkadelic à la française ayant marqué le début des 90's s'invite aussi sur ce plateau. Pour faire le plein de bonne humeur. Côté club ? On ira voir Forq. Vendredi 29 juin Melody Gardot à l'affiche : le côté le plus pop du jazz, forcément vocal, pour continuer l'aventure. Consensuel, voire familial, puisque l'on découvrira aussi l'expérience Jazz love Disney, avec Hugh Coltman, China Moses, Sarah McKenzie et Myles Sanko... Curiosité. Au Club, le trio jazz punk venu de São Paulo Metá Metá invite quelques amis. Assurément l'un des grands moments du festival, on vous l'annonce de suite ! Sam

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Jazz à Vienne... à Val Thorens

Festival | En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 février 2018

Jazz à Vienne... à Val Thorens

En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus longtemps qu'ailleurs : à Val Thorens à 2300 m d'altitude. Le forfait, très éclectique, comprendra non seulement apéro-jazz, JazzMix, conférence, projection, spectacle jeune public, exposition 10 ans de photos de Jazz à Vienne mais aussi concerts jusqu'en bas des pistes, sis entre 13h et 2h du matin. Avec au programme ; des étoiles telles que le Kyle Eastwood Quintet, China Moses, Foehn trio, le trio funk lyonnais Da Break, Dowdelin et DJ Harry Cover... Et très logiquement, ça s'appelle Jazz à Val Thorens.

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Bruno Coulais, le Maître de musique

Master class | À quoi reconnaît-on un grand compositeur de musiques de films ? À l’adéquation existant entre ses mélodies et les images du metteur en scène avec lequel il (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Bruno Coulais, le Maître de musique

À quoi reconnaît-on un grand compositeur de musiques de films ? À l’adéquation existant entre ses mélodies et les images du metteur en scène avec lequel il collabore, ou bien à la faculté qu’ont ses musiques à vivre indépendamment du support cinématographique, puis à s’imposer dans notre esprit ? Chacun a son avis sur la question, mais celui du prolifique Bruno Coulais mérite d’être entendu — non : écouté. Auteur de partitions pour près d’une centaine de longs-métrages de cinéma en trois décennies d’activité créative (on ne compte pas celles pour les courts et la télévision), le compositeur aux trois César de la meilleure musique originale (Microcosmos, Himalaya : l’Enfance d’un chef et Les Choristes) brille par son éclectisme, et sa sainte horreur des chapelles. Fidèle partenaire de Jacques Perrin, Benoît Jacquot ou Jean-Paul Salomé, il se consacre volontiers à l’habillage musical des œuvres documentaires ou d’animation pour lesquelles il trouve, à l’instar d’un Danny Elfman, des notes convoquant les territoires évanescents de l’enfance. En

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Le polar et la manière : "Laissez bronzer les cadavres"

Polar | Adaptation visuellement pétaradante du premier roman de Manchette & Bastid, ce pur manifeste cinématographique fascine par son inextinguible obstination à travailler la forme. Une expérience de polar à la fois vintage et contemporaine.

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Le polar et la manière :

Après un braquage sanglant de 250kg d’or en barres, Rhino et sa bande se sont mis au vert dans la vaste ruine d’une artiste peu regardante. Mais des invités-surprises se joignent à la troupe : deux femmes, un enfant, ainsi qu’une paire de motards de la police. Ça, c’est plus gênant… La bonne grosse mandale qui claque sur l’oreille et assourdit jusqu’à faire voir des étoiles : voilà, en substance, l’effet de souffle produit par Laissez bronzer les cadavres. Haletant dès son ouverture immersive, le troisième long-métrage du duo Cattet & Forzani évoque par son foisonnement d’idées formelles et sa remise en question incessante le rejeton issu d'une union entre Pierrot le Fou, Ne nous fâchons pas et Persona. Jouer au Éros Peuplé de visages et de figures arrachés à tous les univers (un ex-boxeur ici, là le meneur de Trust, ailleurs une star du porno des années 1970 et partout des totems du cinéma d’auteur comme Elina Löwensohn ou Marc Barbé

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J’aurai ta peau ! : "L'un dans l'autre" de Bruno Chiche

ECRANS | de Bruno Chiche (Fr, 1h25) avec Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt, Pierre-François Martin-Laval…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

J’aurai ta peau ! :

Amants, Pierre et Pénélope sont mariés chacun de leur côté. Enfin, pas Pénélope, qui va épouser Éric, l’ami et collègue de Pierre. Ce dernier le prend mal mais obtient un ultime rendez-vous, à l’issue duquel, tada ! chacun se retrouve dans le corps de l’autre. Définitivement. De Blake Edwards à Audrey Dana (…), la liste des réalisat·eurs·rices désireux de tâter du body swap ne cesse de s’allonger. En général, c’est pour le plaisir de se frotter à un ressort comique bien particulier : faire en sorte que la dame découvre (puis joue avec) ses bijoux de famille masculins — et réciproquement. Une fois qu’on a réglé la chose, comment occuper les 1h15 restantes ? Facile : il suffit de coller du bourgeois néo-defunèsien, des portes qui claquent, des décors de studio, de l’homosexualité honteuse comme dans les années 60 (de quel siècle ?) et un p’tit drame intime de société “concernant” en forme de désir d’adoption. On éprouve une peine sincère pour Stéphane De Groodt, qui a accumulé les films ces derniers mois, mais pas franchement les réussites. Savoir écrire

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