Cinq bougies : Encore !

Clubbing | Voici venir l'un des line-ups les plus trépidants de l'année, dès son entame ! Logique : le promoteur Encore fête ses cinq années d'activisme techno et convie au Transbordeur rien moins que Derrick May et Octave One.

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Photo : © DR


Derrick May, c'est le patron. L'un des trois fondateurs du genre qui fait aujourd'hui danser toute la planète, la techno : avec Kevin Saunderson et Juan Atkins, il formait ce que l'on appela les trois de Belleville, du nom du quartier de Détroit où ils grandirent et vite se lièrent d'amitié. Il est l'auteur d'une citation devenue mythique pour définir la techno venue de sa ville :

Notre musique, c'est la rencontre dans un même ascenseur de George Clinton et de Kraftwerk.

La punchline résume à merveille la collision entre ses deux influences : la synth-pop européenne (Ultravox, Depeche Mode...) et la soul & funk de sa ville natale, celle du label Motown. On lui doit quelques anthems absolus, comme The Strings of Life. Et un label, Transmat, sur lequel il fît émerger la seconde génération de Détroit, comme Kenny Larkin, Carl Craig ou encore Stacey Pullen. Bref, un mythe dont les sets résonnent longtemps dans les souvenirs. Fût un temps, pas l'une de ses prestations ne se finissait sans que l'immense French Kiss de Lil' Louis n'ait fait frémir son dancefloor. Son premier track, Nude Photo, date de 1987 et il n'a depuis jamais cessé de nourrir son inspiration et nos aspirations : si vous n'avez encore jamais dansé sur un set de ce maître, foncez.

Et surtout, Derrick n'est pas seul. L'autre trésor de Détroit booké sur cette soirée anniversaire, Octave One, est déjà bien identifié par les clubbeurs lyonnais qui transforment chacun de leurs passages en un sold-out épileptique. Leur hit Blackwater en 2000 reste l'un des plus beaux morceaux de techno jamais composés, chanté par Ann Saunderson, la femme de Kevin. Questionnez Agoria : lui-même ne s'en est jamais remis. Ce duo mené par Lenny et Lawrence Burden a, pas de hasard, débuté son parcours en signant sur le suscité label Transmat en 1989, avec I Believe... En guise de régional de l'étape, c'est P.Moore qui vient se greffer à l'affiche. On vous aura prévenu : il ne faudra pas dormir ce soir-là.

Encore 5 ans : Derrick May + Octave One + P.Moore + La Mamie's
Au Transbordeur le samedi 13 janvier


Derrick May + Octave One + P. Moore + La Mamie's


Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Et nous donc… : "Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ?"

Comédie | De Philippe de Chauveron (Fr, 1h39) avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Pascal NZonzi…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Et nous donc… :

La suite d’un succès du box-office est au cinéma ce qu’une pub pour du parfum est à une star à la mode : inévitable, mais souvent dispensable. Sans surprise donc, Philippe de Chauveron prolonge ici les tribulations de sa famille surcomposée, les Verneuil, dont le patriarche survolté (Clavier, évidemment) doit à présent convaincre ses gendres de ne pas quitter le merveilleux Hexagone, où ceux-ci se sentent brimés et discriminés… Comment dire ? À part une pique à destination de cette kyrielle d’enfants gâtés (on leur suggère le SMIC, pour rigoler), moqués par papa-Verneuil parce qu’ils ont tous voté Macron, ce qui en dit finalement long sur leur sociologie, on reste dans une vraie-fausse dénonciation des racismes et communautarismes. Chauveron semble recaser au passage des “gags“ invendus de À bras ouverts (2017), en intégrant (sans passeport) dans l’histoire un réfugié afghan, brave bouc émissaire sur lequel se défouler — pas de Rom disponible ? — et ajoute un mariage lesbien. Du pur style pathétique bourgeois éclairé téléfilm.

Continuer à lire

Encore : entre Rone et Saône

Clubbing | Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Encore : entre Rone et Saône

Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles déambulant entre Saône et Rhône mais aussi Paris, également connu pour apposer sa patte sur le festivals Démon d'Or. Pour l'auteur du beau Mirapolis, il s'agit d'une fin d'ère, de la queue de comète d'une tournée à rallonge qui a rempli les salles : le dernier show avant la prochaine étape, le futur album - le cinquième. Sa pop électronique et onirique a rencontré un large succès, comblant le fossé entre le mainstream et la rave, fascinant aussi bien Jean-Michel Jarre avec lequel il composa que les amateurs de petits matins moites. Erwan Castex de son vrai nom est aujourd'hui incontournable - comme Chloé, également à la même affiche, compositrice de petites merveilles électroniques (mais bien trop rares : seulement trois albums depuis 2002) et DJ implacable : nul doute que cette soirée, où figure encore Markus Gibb (signé sur Lumière Noire, le label de Chloé), s'annonce chatoyante. Ce sera au Transbordeur, ce samedi 12 janvier à 23h30.

Continuer à lire

Tatiana Frolova : Back in the U.S.S.R. au Point du Jour

Théâtre | Depuis 1985, de sa Sibérie natale, Tatiana Frolova dit ce qu'est son pays, ses errements et son incapacité à se regarder. Créé l'an dernier à Lyon, Je n'ai pas encore commencé à vivre revient au Point du Jour. Sans concession et ultra sensible.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Tatiana Frolova : Back in the U.S.S.R. au Point du Jour

Comment cautérise un pays ? Sur quoi ses habitants peuvent-il s'appuyer pour être un peu meilleurs que leurs aînés ? Tatiana Frolova identifie comme ciment de ses compatriotes russes la peur. Celle héritée d'histoires familiales douloureuses et d'une nation meurtrière. Certains pourtant, « ces gens qui ne lisaient pas de livres, rackettaient de l'argent avec violence, sont devenus députés » constate-t-elle sans détour. « Ils avaient lutté pour notre liberté mais en fait, la majorité n'en avait pas besoin. Ils avaient juste besoin de s'empiffrer ou d'acheter des meubles et dans les années 90, ils ont enfin pu s'empiffrer, et puis ils ont acheté des meubles, des maisons, des usines et tout le pays ». Ce n'est pas la première fois que la metteuse en scène serpente dans des récits intimes (Je suis) ou nationaux (Une guerre personnelle sur la Tchétchénie)

Continuer à lire

Groom : le nouveau dandy de la nuit

Club | Salle de concert, club et bar à cocktails : une formule trois en un pour le Groom, nouveau lieu noctambule qui ouvre ses portes ce samedi 13 mai.

Lisa Dumoulin | Mardi 9 mai 2017

Groom : le nouveau dandy de la nuit

La scène locale est au coeur de la programmation du Groom, porté par l’équipe de l’Away hostel (à deux pas) et du Slo Living hostel (à Guillotière). Côté concerts, la prog’ est confiée à AFX, plus précisément à Jean Brice Lacombe, également directeur du Riddim Collision Festival et Francis Richert, programmateur du festival Changez d’Air. A raison de deux à trois concerts par mois, les jeunes découvertes de la pop/folk/rock française seront invitées à fouler la scène. A commencer par Therapie Taxi et Eddy de Pretto le 4 juin et Inüit, six nantais trempés de pop électronique, le 23 juillet (sous réserve). Côté club, c’est l’équipe d’Encore qui prend les manettes. Soit Bertrand Fontana, Jacques Antoine Granjon et Clément Ruspil, également actifs chez Totaal Rez, Polaar, De Beaux Crâneurs, Courtship ou Enover. Une belle brochette hyperactive, à l’image de l’effervescence de la scène lyonnaise, qu’ils mettent un point d’honneur à défendre. C’est donc principalement les labels et collectifs lyonnais (tels La Chinerie,

Continuer à lire

"À mon âge je me cache encore pour fumer" : no smoking

ECRANS | de Rayhana Obermeyer (Fr-Gr-Alg, 1h30) Hiam Abbass, Biyouna, Fadila Belkebla, Nadia Kaci…

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Dans l’enceinte d’un hammam algérien, pendant les années noires, des femmes se retrouvent hors de la férule et des regards des hommes. Entre complicité et solidarité, rivalités et divergences, elles se mettent à nu, au propre comme au figuré. Au départ succès sur les planches, la pièce de Rayhana s’offre ici une parcelle d’éternité grâce à la productrice engagée Michèle Ray-Gavras, séduite par sa dimension politique. Il est vrai que cette confrontation kaléidoscopique d’opinions et de vécus féminins mérite de prolonger sa vie sur grand écran aujourd’hui, alors que les fièvres islamistes des années 1990 ont contaminé d’autres pays. Certes, le message véhiculé se révèle plus marquant ou remarquable que la forme du film, mise en images plutôt sèche (un comble pour un hammam) devant beaucoup à l’intensité de ses comédiennes. La séquence finale tranche par sa profondeur métaphorique : on y voit des voiles s’envoler au-dessus de la Méditerranée, pareils à des oiseaux. Les Algériennes se sont débarrassées de l’oppressante étoffe, mais d’autres femmes su

Continuer à lire

Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 3 janvier 2017

Insomniaque

06>01>17 BELLONA JEF K C'est le genre de DJ que l'on oublie un peu : tellement présent dans le paysage depuis longtemps (1992 !), mais sans hit populaire et rarement placé en headliner des gros festivals... Jef K est plutôt un incontournable de l'exigente scène club, arpentant sans relâche les contrées lointaines (ou pas) pour distiller sa house, qu'elle soit deep, soul ou minimale, celle qu'il défend sur son excellent label Silver Network, valeur sûre du groove. Respect. 06>01>17 LE SUCRE ENCORE Promoteur de goût, Encore fête ses quatre années d'activisme électronique sur un week-end étalé entre le Sucre et le Club Transbo le samedi 7 janvier. La première soirée du côté de Confluence convie le londonien Ross From Friends (en live), Linkwood et Folamour. La seconde partie étant confiée à l'Australien basé à Londres

Continuer à lire

Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Insomniaque

16.03.16 La Marquise Brother Culture Des années que Brother Culture incendie les dances d’Angleterre et d’ailleurs, lui qui a débuté en 1982 au sein du sound Jah Revelation Muzik, dans sa ville natale de Brixton. Voix incontournable de la scène reggae, c’est avec Manasseh et par un featuring avec Kanka qu’on l’a découvert en France. Nul doute qu’il va enflammer cette Reggae Boat Party, lors de laquelle il sera backé par le sound lyonnais Zion High Foundation, adepte de sessions où tout le panel reggae des 45 dernières années est passé en revue, d’Alton Ellis à Soom T. Autre crew à l’affiche : les régionaux Brainless Sound System — estampillés dub & acid. Irie. 18.03.16 Le Petit Salon Louisahhh!!! b2b Maelstrom C’était censé être la nouvelle bombe mondialisée révélée par Ed Banger. Il n’en fut rien : Louisahhh!!!, encore aujourd’hui, ne s’est pas vraiment émancipée ; on la présente toujours comme "la protégée de Brodinski"… Reste que les productions de l’Américaine, signée

Continuer à lire

Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

Insomniaque

11.03.16 Ninkasi Kao Derrick May De la longue liste des musiciens inspirés venus de Détroit, Derrick May n’est pas le dernier, loin de là. Cité parmi les trois innovateurs ayant créé ce style qui fait le bonheur des kids d’aujourd’hui, la techno, il en est clairement l’un des emblèmes - de sa ville natale comme de sa famille musicale - les plus cruciaux. Créateur du label Transmat dès 1986, il inaugura en parallèle les carrières de gens comme Kenny Larkin et Carl Craig, avec lesquels il partage cet indicible groove propre à Motor City que l’on retrouve sur l’anthem Strings of Life. Clairement la soirée du mois, concoctée par Papa Maman. Pionnier. 11.03.16 Encore FunkinEven + Seven Davis Jr Il était l’une des plus belles claques de l’édition 2014 de Nuits Sonores : son set final au Marché de Gros avait mis à genoux un dancefloor déjà bien chaud, à coups de pépites house music, d’edits disco, de funk millésimé fricotant avec de l’acid bien sauvage, le tout en vinyle, à

Continuer à lire

Encore heureux

ECRANS | De Benoît Graffin (Fr, 1h33) avec Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Bulle Ogier…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Encore heureux

Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, cadre sup’ au chômage depuis deux ans, squatte un studio des beaux quartiers parisiens) en faisant l’économie d’un script doctor, la vraisemblance et la dignité en prennent pour leur grade. Quelques exemples à la volée ? L’histoire est censée se passer autour du réveillon de Noël, de surcroît en week-end ; or tout est ouvert fort tard, y compris les administrations, qui n’hésitent pas à menacer d’expulsion… en pleine trêve hivernale. Un besoin urgent d’argent se fait sentir ? La mère s’en va troquer ses faveurs contre un chèque auprès d’un bellâtre de supérette — ah, le romantisme de la prostitution occasionnelle ! Même en ajoutant un macchabée voyageur en guise d’hypothétique ressort (au point où l’on en est...), le scénario continue de tirer à hue et à dia, atteignant à peine la cheville brisée de la moindre pochade d’humour noir belge. Miséricorde pour les comédiens, ils devaient avoir faim. VR

Continuer à lire

Les soirées du 2 au 8 décembre

MUSIQUES | 04. 12 Coconuts Boom Party C'est bien beau toutes ces soirées techno/house/next big thing avec des basses. Mais quand même, ça manque d'occasions moins (...)

Benjamin Mialot | Mardi 1 décembre 2015

Les soirées du 2 au 8 décembre

04. 12 Coconuts Boom Party C'est bien beau toutes ces soirées techno/house/next big thing avec des basses. Mais quand même, ça manque d'occasions moins coûteuses et codifiées de se ridiculiser sur un dancefloor. De boums quoi, comme celle que Le Pétrin de la Colère, béni soit son nom, organise au Sonic. Au programme : de beaux jeunes gens en patins à roulettes, des pousseurs de disques qui ont le rythme binaire dans la peau (dont les faux retraités du crew radio Tous en Tong) et Escobar, duo garage aussi stylé et dangereux que la version télévisuelle de son homonyme colombien.

Continuer à lire

Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

MUSIQUES | 03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif Encore n'aura visiblement de répit que le jour où il aura accroché à son tableau de chasse toutes les figures historiques de la techno. Cette semaine, c'est ainsi au tour de Kevin Saunderson de voir sa tête placardée au-dessus de la cheminée, en l'occurrence celle du Petit Salon, en sa qualité d'originator, à égalité avec Juan Atkins et Derrick May, du "nouveau son pour danser de Detroit" – il paraît qu'on utilise trop d'anglicismes, alors voilà, enjoy (oups).

Continuer à lire

La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

Continuer à lire

XY repousse les limites de la haute voltige

SCENES | 22, rev'là les... vingt-deux acrobates de la compagnie XY et leur dernière création, "Il n'est pas encore minuit...". L'un des triomphes de la dernière Biennale de la danse, littéralement vertigineux et moins désinvolte qu'il n'y paraît. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 mai 2015

XY repousse les limites de la haute voltige

«Citius, Altius, Fortius.» «Plus haut, plus fort, plus vite.» C'est la devise des Jeux Olympiques, telle que la formula Pierre de Coubertin en 1894. Ce pourrait être celle de XY, compagnie lilloise versée dans l'art à hauts risques du porté acrobatique dont elle n'a de cesse de repousser les limites formelles et spatiales depuis sa fondation en 2005. Sa nouvelle création la voit franchir un nouveau palier : présentée en avant-première à la prestigieuse Biennale de la danse, où elle fut unanimement acclamée, Il n'est pas encore minuit... met en scène pas moins de vingt-deux costauds et voltigeurs. Cette force numérique est d'abord, évidemment, un facteur de multiplication. Multiplication des hauteurs – en fait de "pyramides humaines", il faudrait ici parler de "points culminants humains". Multiplication des distances – en particulier lors d'une suite de propulsions par "planches sauteuses" digne d'un jeu de plates-formes. Mais aussi multiplication des possibilités d'interaction, le spectacle s'équilibrant entre ascensions synchronisées et cabrioles faussement désordonnées, délicates mises en péril en petit comité et crises de hardies

Continuer à lire

Insomniaque - Semaine du 18 au 24 février

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Octave One au Kao, Manu Le Malin au DV1 et Horse Meat Disco au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 février 2015

Insomniaque - Semaine du 18 au 24 février

20.02 Encore x PAPA MAMAN Ils auraient pu s'appeler les Burden Five, ils ont opté pour un plus harmonieux Octave One. Ils, ce sont Lenny, Lawrence, Lorne, Lynell et Lance Burden (L5, ça marchait aussi), fratrie musicale à géométrie variable qui contribua à faire de la deuxième houle techno une vague digne de ce nom. 25 ans après la parution du liminaire et néanmoins définitif I Believe, Lenny et Lawrence sont les deux seuls maîtres à bord de ce «vaisseau-mère» (le surnom de leur setup) de la black music post-industrielle. Son prochain atterrissage (au Kao) n'en sera pas moins aussi marquant que celui filmé par Spielberg en 1977. 20.02 The Driver C'est une toute autre rencontre du 3e type qui vous attend au DV1. Car Manu Le Malin ne vient pas en paix. A l'instar du xénomorphe de H.R. Giger – dont il a décliné l'esthétique Biomecanik sur une trilogie de disques sauvages et oppressants – c'est e

Continuer à lire

Let the students techno

MUSIQUES | Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Let the students techno

Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, un bon tiers du line-up de l'édition 2014 de leur raout électronique (Elekt'Rhône de son petit nom "brandé") ayant récemment honoré le club des pentes de sa présence. De quoi d'emblée partir sur de meilleures bases que la précédente, infâme gloubi-boulga de deep house à saxophone et d'électro-pop underage. Celle-ci brille au contraire par sa cohérence et son caractè

Continuer à lire

5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

Continuer à lire

Insomniaque - Semaine du 15 au 21 janvier

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Recondite au Club Transbo et Josh Wink et Octave One au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 8 janvier 2014

Insomniaque - Semaine du 15 au 21 janvier

17.01 Sugar & SpiceA ses débuts à l'aube des années 90, Josh Wink était coiffé d'une serpillère mal rincée et habillé comme un farmer dans la dèche. Aujourd'hui, il a la peau saine d'un végétarien et des fringues de gentrydécontracté. Dans l'intervalle, ce cover boy refoulé de Philadelphie a adopté autant de styles qu'il en a exploré (afro-house sur son séminal Tribal Confusion, techno minimale avec le sinistre Don't Laugh ou breakbeat sous acide pour le convulsif Higher State of Consciousness...). Avec à chaque fois une telle constance que son passage au Sucre devrait être l'un des acmés de la saison.   17.01 Ed'n Legs x Club TransboOn nous cache tout, on nous dit rien. Tenez, l'accident de Schumacher... Qui peut croire un pilote de formul

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Au terme de sa compétition, le festival du film court de Villeurbanne semble dessiner un boulevard pour le génial The Mass of men, qui a survolé la journée d’hier, malgré quelques belles révélations. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

Continuer à lire

Insomniaque - Semaine du 6 au 12 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Prosumer au Sucre, Simina Grigoriu au Terminal, Derrick May au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 30 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 6 au 12 novembre

09.11 The Cosmic Adventure Même si les invités de prestige du dernier festival Lumière ont refusé d'y mettre les pieds, Le Sucre demeure à la hauteur (une bonne dizaine de mètres) des attentes qu'il a suscitées. Et c'est en partie grâce aux soirées forcément sidérantes qu'y donne Kosme. Un état de fait que ne contredira pas la prochaine, puisqu'elle le verra recevoir le Berlinois Prosumer, prescripteur de house - notamment celle, d'un étourdissant classicisme, qu'il produit avec le Colonais Murat Tepeli, lui aussi de la fête – bien connu des habitués du Pan

Continuer à lire

Vous n’avez encore rien vu

ECRANS | À travers un dispositif sophistiqué mais vite répétitif, Alain Resnais interroge l’éternel retour de l’art et la disparition de ceux qui le font vivre, dans une œuvre plus mortifère que crépusculaire plombée par le texte suranné de Jean Anouilh. Fin de partie ? Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 septembre 2012

Vous n’avez encore rien vu

Depuis sa belle association avec Bacri et Jaoui, Alain Resnais semble tourner chacun de ses films comme si c’était le dernier, ou plutôt en intégrant à ses récits cette conscience du spectateur : maintenant nonagénaire, le réalisateur rédige manifestement son testament artistique. Pourtant, les relents d’angoisse qui venaient pétrifier l’hiver de Cœurs ou la fugue printanière des Herbes folles n’avaient rien de surprenants de la part d’un homme dont le premier film était un documentaire de montage sur les camps de concentration nazis… Si crépuscule il y a, c’est plutôt dans la forme des films : on avait beau parler de «légèreté» et de «fantaisie», on sentait de plus en plus que ce cinéma-là trahissait son âge. Vous n’avez encore rien vu ne laisse plus de doute : Resnais régresse ouvertement vers un temps (les années 40) où les prémisses de ce cinéma moderne dont il fût un des ambassadeurs voisinaient avec un néo-classicisme théâtral aujourd’hui poussiéreux. Retour vers le passé Il y a donc le dispositif : de

Continuer à lire

Cannes jour 6 : Le Crépuscule des vieux

ECRANS | No de Pablo Larrain. Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais. La Part des anges de Ken Loach

Christophe Chabert | Mardi 22 mai 2012

Cannes jour 6 : Le Crépuscule des vieux

Dans ce journal quotidien (ou presque) du festival, on n’a pas le temps de parler de tout ce que l’on voit au fil des projections (déjà 23 films au compteur, quand même). Parmi les oublis que l’on ne se pardonne pas, il y a le formidable No de Pablo Larrain, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, et qui restera comme un des sommets de cette édition. Larrain aborde pour la troisième fois consécutive les années Pincochet après Tony Manero et Post mortem, films certes forts et pertinents, mais un brin auteurisants et fermés sur leur dispositif formel. Avec No, le cinéaste chilien passe une sacrée vitesse, puisque ledit dispositif se résume en une seule idée : No ressemble à une vieille VHS des années 80, avec ses couleurs baveuses et son écran 4/3. Coquetterie moche ? Pas du tout, mais alors pas du tout. Dans No, Larrain raconte la campagne autour du plébiscite pro-Pinochet de 1988, signe d’ouverture démocratique qui devait théoriquement conforter le pouvoir du dictateur vieillissant. En adoptant la forme télévisuelle de l’époque, il peut donc intégrer toutes les archives, véridiques quoique souvent a

Continuer à lire