Action Bronson et AZF à Nuits sonores

Nuits sonores 2018 | Nuits sonores dévoile ses nuits : des légendes de la house, la nouvelle reine de la techno AZF et pas mal de hip-hop sont au programme. Revue.

Sébastien Broquet | Mercredi 7 février 2018

Photo : Action Bronson © Brock


H.I.P. H.O.P.

Action Bronson en guise de headliner qui claque, c'est l'assurance que Nuits sonores poursuit sur le chemin tracé l'an dernier : la scène hip-hop sera encore explorée ! Le rappeur new-yorkais est à l'affiche de la nuit 4 (samedi 12 mai), où son flow à la Ghostface Killah empli de références culinaires (il présente aussi l'émission Fuck That's Delicious sur Viceland) va faire des ravages dans la capitale de la gastronomie. Sûr qu'il a prévu de rester un peu pour visiter les tables du coin !

Mais le gros de la prog' rap sera à checker du côté de la Halle 3 durant la nuit 1 (mercredi 9 mai) : là, se relaieront la trap de Gracy Hopkins et les Bruxellois de La Smala. Ils font figure de précurseurs de toute cette nouvelle scène belge qui dynamite le game, s'étant mis sur orbite dès 2009. Les deux leaders du mouvement que sont JeanJass & Caballero, débarquant avec leur projet High & Fines Herbes et donc quelques potes au micro, sont aussi au menu et même si on les a vu récemment par ici, ça reste une excellente nouvelle tant leur flow fait frémir les chastes esgourdes.

Guettez Tryphème sur la nuit 1

Après un Transbordeur sold-out la semaine dernière, Rone fera son retour sur une nuit 1 qui s'annonce décidemment carton et variée : outre le lunaire auteur de Mirapolis, on guettera sur cette halle 1 le set de la toujours épatante Chloé, mais aussi les Italiens de Agents of Time avant un final assuré par l'historique Maetrik, pour un live techno à faire lever les foules du petit matin. Attention, il faudra arriver tôt : Tryphème joue à l'ouverture, à 22h, et c'est clairement la DJ la plus passionnante issue cette année de la scène locale. Les Anglais avaient pris de l'avance, signant son album Online Dating sur le label CPU Records. Son électro profondément warpienne est une merveille, elle revient d'une Boiler Room à Sheffield où elle partageait l'affiche avec Plaid : ce n'est sûrement qu'un début.

La halle 2 verra Antal (le boss de Rush Hour) partager les platines pour un back2back avec le génial Hunee dans un final house à se damner, précédé d'une curiosité qu'il nous tarde de découvrir sur scène : DJ Lag, Sud-Africain venu de Durban, inventeur d'un sous-genre de house (encore !) nommé gqom, très porté sur les basses mais qui n'est pas sans rappeler par son côté ultra-percussif un autre Sud-Africain, DJ Mujava. Surtout, ne loupez pas le live de Tshegue : nos chouchous, révélés par ici lors de la Summer Session concoctée conjointement par Le Petit Bulletin et Le Transbordeur l'été dernier, se placent direct sur cette belle scène pour déverser leur rumba garage calorifère sur un public qui va se pâmer d'amour. On guettera aussi le digger venu d'Afrique du Sud, Okapi, et l'Anglais Richard Foe.

Margaret Dygas dans le parcours

C'est le traditionnel circuit du jeudi soir dans la ville, dans les lieux habituels, avec un nouveau venu, Capsule, et c'est bien vu tant ce spot aimante tout l'underground le plus excitant depuis son ouverture près de la place Sathonay. À l'Épicerie Moderne, feront escale Kid Francescoli et Voyou. Au Marché Gare, Les Filles de Illighadad pour un live enchanteur. À la Plateforme, le crew Encore sort un line-up de son cru, solide : Hôtel Particulier, DJ Boring, Baltra et Cuthead.

À la Maison M, comme d'hab', du groove et de l'afro : Mawimbi, James Stewart et le crew Palmwine. Chaos In The CBD investit all night long le Groom. Le toujours au top Lavoir Public, probablement l'un des meilleurs endroits du moment pour la fête, convie Chris Dudzinski et Nari Fshr.

Au Ninkasi, trois salles et du massif pour le dancefloor : Antigone, Rodriguez Jr, la géniale Margaret Dygas, Marc Twins, Axcel... Au Terminal, les locaux transcendants que sont G'Boï & Jean-Mi qui faisaient notre Une l'an dernier pour ces mêmes Nuits sonores, et l'ancien programmateur du lieu, Stakhan (Tunnel Vision), en compagnie de Palms Trax.

Légendes house pour la nuit 3

Côté halle 1, le festival a décidé de choyer les amateurs de house sensuelle, de deep historique, les nostalgiques de Body & Soul et les aficionados de l'Ambassade : on croisera donc la légende Larry Heard sous son alias Mr Fingers, dans la place depuis 1985. Autre mastodonte du genre, Kerri Chandler offrira la rédemption à un Jérémy Underground bien malmené l'an dernier par son saunagate en lui offrant un back2back final prometteur. Folamour (Moonrise Hill) et Bicep (Ninjatune) complètent ce line-up.

La halle 2, petit événement, est co-programmée par le modèle avoué de Nuits sonores : le festival barcelonais Sónar. On croisera par ici Ben Frost, Raymonde, Raime, Lee Gamble mais surtout celle qui explose la scène techno ces derniers mois, la bien nommée AZF qui va clôturer cette scène et sans trop se mouiller on peut d'ores et déjà avancer que ce sera l'un des grands moments de cette édition.

Sur la halle 3, se relayeront Ifriqiyya Electrique, Young Wolf, Avalon Emerson et J.A.K.A.M & The Ritual Force.

Action Bronson cannibalise la nuit 4

Bon, donc, Action Bronson sur la halle 1. Mais avec lui ? Anmar 808 & the Maghreb United, aka Sofyann Ben Youssef, Tunisien propulsant le raï dans l'ère de la house music : les fans d'Acid Arab ne seront pas dépaysés. Peggy Gou, la Coréenne, s'illustre sur cette scène encore incomplète.

Du côté de la halle 2, concoctée là aussi avec un festival ami (Resonate), on croisera l'habitué de la maison The Hacker, Fixmer/McCarthy, Not Waving ou encore les allumés de Il est Vilaine, vus au Transfer l'an dernier.

Sur la halle 3, on guettera avec enthousiasme Dengue Dengue Dengue, auteur d'un tout nouvel album intriguant, mais aussi et surtout Chancha via Circuito, merveille de cumbia démantibulée et recrachée à la sauce ambient-dub-électronique, problement la meilleure signature du label de Buenos Aires ZZK. Côté cumbia, péruvienne cette fois donc plutôt chicha, on ne loupe pas Los Wemblers, pas vus de ce côté-ci de l'océan depuis 25 ans. Le Voilaaa sound-system bien connu de nos contrées s'offrira là une belle scène en prime.

Conclusion

Pas de changement radical dans la ligne : ce qui avait été exploré l'an dernier est poursuivi cette année, à savoir un gros penchant vers le hip-hop et ses nouvelles déclinaisons, un voyage permanent dans la sono mondiale underground et dancefloor, quelques légendes oubliées. Fait notable : nulle trace de rock indie cette année.

Si l'on devait en choisir quatre ? Action Bronson, le big name de cette édition. Tryphème, c'est son année. AZF, ça va être une folie son set. Et Tshegue, cherchez pas à réfléchir, foncez.

Pour la programmation de jour, c'est par ici.


Day 1 - A day with Jennifer Cardini

Scène 1930 15h-17h : Mozhgan 17h-20h : Jennifer Cardini 20h-22h : Maceo Plex Le Sucre 15h-17h : Josh Cheon 17h-18h : Borusiade 18h30-19h30 : Dopplereffekt 20h-21h: D.A.F / Deutsh-Amerikanische Freundschaft Esplanade 15h-17h : Javi Redondo 17h-18h I:Cube 18h-20h : Skatebard 20h-22h : Jennifer Cardini b2b Job Jobse
La Sucrière Les Docks, 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Day 2 - A day with Daniel Avery

Scène 19h30 15h-18h : Nobu 18h-20h : Daniel Avery 20h-22h : Helena Hauff Le Sucre 15h45-16h45 : Alessandro Cortini 17h30-18h30 : Tropic of Cancer 20h-21h : Lanark Artefax Esplanade 15h-16h45 : Haai 16h45-18h30 : Lena Willikens 18h30-20h15 : Dr. Rubinstein 20h15-22h : Objekt vs Call Super
La Sucrière Les Docks, 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Day 3 - A day with Four Tet

Scène 1930 15h-18h : Josey Rebelle 18h-20h45 : Pearson Sound 20h45-22h : Four Tet Le Sucre 16h-17h : Binker and Moses 18h-19h : Karen Gwyer 20h-21h : James Holden & The Animal Spirits Esplanade 15h-17h : Chris Menist 17h-19h : Mafalda 19h-22h : Floating Points
La Sucrière Les Docks, 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Day 4 - A day with Paula Temple

Scène1930 15h-16h30 : Femanyst 16h30-18h30 : Amelie Lens 18h30-20h : Rebekah 20h-22h : Paula Temple Le Sucre 16h-17h : SOS Gunver Ryberg 17h15-18h15 : Moor Mother 18h30-19h30 : Aïsha Devi 19h45-20h45 : Pan Daijing Esplanade 15h-18h : Rroxymore 18h-20h : Bobbie 20h-22h : Stingray
La Sucrière Les Docks, 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Kamasi Washington

Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Festival | L'excellente nouvelle du jour : Nuits sonores ne se couche plus, et l'on pourra danser et circuler, bel et bien debouts, à Fagor-Brandt. La programmation est en cours de remodelage pour s'adapter aux nouvelles conditions.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 juin 2021

Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Après Nuits de Fourvière, c'est au tour de l'équipe de Nuits sonores de sortir de son rendez-vous à la Préfecture avec un grand sourire tranche papaye : en effet, la réunion du vendredi 11 juin et les échanges des jours suivants ont permis aux organisateurs du festival de musique électronique d'y voir beaucoup plus clair sur plusieurs protocoles d'ouverture et surtout, ils ont pu avoir confirmation que le festival pourrait se dérouler... debout ! C'est le premier grand festival à avoir officiellement cette autorisation — sachant que l'immense friche de 24 000m2 de Fagor-Brandt est considérée comme un extérieur, telle une halle et non une salle, en raison d'un grand volume d'air et d'ouvertures pérennes. Ainsi, on pourra danser — et circuler sur le site — à condition de rester masqués, après avoir franchi l'épreuve du pass sanitaire pour pénétrer sur le site (que ce soit à Heat comme à Fagor-Brandt). Côté jauge, c'est encore en discussion.

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Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Festival | Édition hors-série, limitée question lieux (deux seulement), jauges et horaires, mais édition aguicheuse et conservant l'ADN du festival : Nuits sonores pense futur sans renier ses basiques et convie aussi bien la star Jeff Mills que la newcomer Lala &ce en juillet 2021. On détaille.

Sébastien Broquet | Jeudi 27 mai 2021

Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Au milieu d'un torrent d'incertitudes (debout ou pas ? comment fonctionneront les bars et la restauration ? pass sanitaire ou pas ? ), le festival Nuits sonores a réussi à concocter une programmation fûtée pour gens couchés qui finalement se lèveront peut-être. Avec une grosse dose d'artistes locaux, parfois emblématiques de la ville (on pense à High Tone et Flore), de découvertes, de quelques stars des musiques électroniques aussi — tel Jeff Mills qui vit à Paris, ou Chloé. Bref, une programmation qui ne renie rien des engagements du festival et fait clairement envie. Avec même le groupe le plus excitant du continent africain contemporain, les natifs de Kinshasa Fulu Miziki, dont l'album doit paraître prochainement sur Crammed Discs. « Avec une édition hors-série et pour la première fois estivale, le festival se réinventera autour de nouveaux récits, d’une nouvelle temporaliteL

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Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

Festival | Nuits sonores aura lieu pour la première fois en été, fin juillet, avec un format adapté, assis ou couché — mais bel et bien à Fagor-Brandt. L'European Lab se déroulera en juin uniquement sur Internet.

Sébastien Broquet | Jeudi 29 avril 2021

Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

C'est officiel : Nuits sonores aura bien lieu, l'European Lab aussi. Décorrelés, adaptés, un poil réduits, repensés, mais ces events trouveront bel et bien leur place dans le calendrier 2021. Sauf catastrophe du style variant indien & co, bien sûr. Alors, quand ? Pour Nuits sonores, ce sera du 20 au 25 juillet (dont cinq soirées de 18h à minuit, du mardi au samedi, et un bonus le dimanche encore en cours de réflexion) et en grande partie du côté de Fagor-Brandt, comme ces dernières années, même si quelques spots extérieurs pourraient être envisagés — on parle d'un after débutant à 6h du mat', se terminant à midi, au Sucre. Il y aura aussi des before à Heat avec des cartes blanches pour des collectifs locaux. L'ancien site industriel de Fagor-Brandt, situé dans le 7e arrondissement, a l'avantage d'être immense, d'offrir différentes possibilités, de la déambulation comme de grands espaces où des groupes pourront jouer à même le sol pour un public as

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“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

VOD | Possessor aurait pu constituer l’Easter Egg idéal du festival Hallucinations Collectives si… Mais avec des si, les cinémas seraient ouverts et on ne serait pas obligé de voir le Grand Prix de Gérardmer signé Brandon Cronenberg en direct to DVD en espérant qu’il sorte enfin sur grand écran…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

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Dans un monde parallèle, une firme hi-tech vend à ses très fortunés clients ses “talents“ consistant à téléguider neurologiqument des individus afin qu’ils commettent des meurtres ciblés. Tasya Vos, l’une de ces marionnettistes du subconscient, éprouve de plus en plus de difficultés à sortir de ses missions. Et la dernière qu’elle accepte pourrait bien lui être également fatale… En d’autres circonstances, on aurait été embarrassé d’évoquer le père à travers le fils. Mais ici tout, du thème au style organique choisis par Brandon, renvoie au cinéma de David Cronenberg et tend à démontrer par l’exemple (et l’hémoglobine) la maxime « bon sang ne saurait mentir ». Non qu’il s’agisse d’un film par procuration, plutôt de la perpétuation logique d’un esprit, de la manifestation d’un atavisme cinématographique. Avant que le concept soit énoncé et surtout banalisé dans toutes gazettes, l’idée de l’Humain augmenté — quel que soit le moyen choisi (hybridation vidéo, amélioration psychique,

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Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Falling | Le comédien aux mille talents vient de signer son premier long-métrage en tant que cinéaste, qu’il a présenté en première française durant le Festival Lumière à Lyon. Une histoire de famille où l’attachement et l’oubli se livrent un duel sans ménagement. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 4 novembre 2020

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Comment se fait-il que ce soit cette histoire en particulier que vous ayez racontée pour votre premier film — car vous avez écrit plusieurs scénarios avant de réaliser Falling ? Viggo Mortensen : Je suppose que je voulais me souvenir de mes parents — de ma mère, pour commencer —, pour le meilleur et pour le pire comme tout le monde. Même si c’est devenu une histoire père/fils, l’inconscient de leur combat repose sur une différence d’opinion autour de leurs souvenir de leur femme et mère. Elle reste, à mon avis, le centre moral de l’histoire. Et c’est très important pour moi le casting de la mère, Gwen. Hannah Gross était parfaite, géniale : même si elle n’est pas là tout le temps, elle est là. Mais la raison pour laquelle j’ai fait mes débuts comme réalisateur et scénariste avec cette histoire, c’est parce que j’ai trouvé l’argent (sourire). J’avais essayé plusieurs fois, il y a 23-24 ans, avec un autre scénario, au Danemark, j’avais 20-30% du budget, mais pas davantage. Au bout du compte, je pense que c’était mieux que j’attende,

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Avec "Pinocchio", Matteo Garrone signe le billot-pic d’une tête de bois

Sur Amazon Prime Video | Cela se voyait comme le nez au milieu la figure : le "Pinocchio" de Matteo Garrone allait être le grand film d’art et d’essai familial des vacances de Pâques au cinéma. Les événements auront fait mentir cette prédiction : il sera celui de la rentrée de mai. Dans votre salon, via Amazon Prime Video…

Vincent Raymond | Mardi 12 mai 2020

Avec

Italie, dans un XIXe siècle parallèle. Geppetto, brave et pauvre menuisier, sculpte dans une bûche magique un pantin turbulent qu’il baptise Pinocchio. Celui-ci va s’animer, accumulant les bêtises, avant de s’enfuir, incapable de céder à ses envies naïves. Mais sa bonne fée veille… Transposer Pinocchio pour un cinéaste italien revient de notre côté des Alpes à porter à l’écran Les Misérables : au prestige du roman dans la culture nationale et internationale s’ajoute le poids des devanciers ayant voulu donner leurs vision et images d’un texte aussi emblématique. Difficile, donc, de se ménager une place. Sauf si l’on a les arguments et la légitimité. Il n’échappera à personne que Matteo Garrone dispose des arguments artistiques et techniques, autant que de légitimité pour entreprendre un conte dont le protagoniste est, une fois encore après Dogman ou Reality, un candide. Un être simple à la croisée de deux mondes ;

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Nuits sonores abandonne

Festival | C'était prévisible : pourtant déjà reporté à fin juillet, le festival de musiques électroniques lâche l'affaire une seconde fois. Il n'y aura probablement pas d'édition 2020.

Sébastien Broquet | Vendredi 17 avril 2020

Nuits sonores abandonne

La 18e édition devait se dérouler du 22 au 26 juillet (au lieu de fin mai comme habituellement), soit au-delà de la limite du 15 juillet annoncée par Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée, ce qui pouvait laisser un mince espoir pour le maintien du festival de musiques électroniques emblématique de la ville. Mais Arty Farty, l'association qui porte Nuits sonores, a préféré être prudente et annuler de suite l'édition 2020 qui était en cours de reprogrammation à ces dates. Trop d'incertitudes. Trop de flou. Sur la situation sanitaire, bien sûr, qui visiblement ne permettra pas la tenue d'un grand événement public avant la fin de l'été. Mais aussi du gouvernement et du fantomatique ministre de la Culture, Franck Riester, absent de la crise. Si en Belgique par exemple la position est claire et logique — aucun festival jusqu'au 31 août —, en France l'on continue à tergiverser et à ne pas donner de réponses aux organisateurs, laissant ceux-ci dans l'expec

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Le Felyn Festival annulé, Nuits de Fourvière au moins en partie également

Covid-19 | Emmanuel Macron l'a annoncé : les festivals et grands rassemblements ne pourront avoir lieu avant, a minima, la mi-juillet.

Sébastien Broquet | Lundi 13 avril 2020

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Lors de son intervention télévisée le lundi 13 avril, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que les festivals et grands rassemblements resteraient interdits « au moins jusqu'à mi-juillet ». Ce qui de facto met fin à la première édition du Felyn Festival, qui devait se tenir en juin au Parc OL avec en particulier Red Hot Chili Peppers et Bad Bunny, comme aux Nuits de Fourvière, qui devaient débuter le 2 juin. La fin des Nuits des Nuits de Fourvière étant prévue le 31 juillet, il reste encore un léger doute sur la tenue des festivités après le 15 juillet, mais il semble peu probable que cet événement puisse se tenir au vu des annulations successives des tournées des artistes et des gros festivals européens durant tout l'été. Le Printemps de Pérouges, prévu du 11 au 28 juin avec en particulier Sting, ne pourra se tenir également. Nuits sonores, qui a choisi de repousser ses dates du 22 au 26 juillet, est en suspens.

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Nuits sonores reporté en juillet

Festival | Cette fois, c'est officiel : Nuits sonores reporte à son tour son édition 2020, qui se déroulera donc du 22 au 26 juillet. Les principaux modules (les (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 mars 2020

Nuits sonores reporté en juillet

Cette fois, c'est officiel : Nuits sonores reporte à son tour son édition 2020, qui se déroulera donc du 22 au 26 juillet. Les principaux modules (les trois nuits à Fagor-Brandt, les quatre Days à La Sucrière et le Closing Day) sont reprogrammés à ces dates. La programmation et le format définitif du festival seront annoncés le 16 avril 2020. Les tickets et pass achetés restent valables pour les nouvelles dates du festival. Le festival Nuits sonores était prévu initialement du 19 au 24 mai.

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Nuits sonores, année de transition

Musiques Électroniques | Dévoilement intégral ou presque de la programmation de Nuits sonores 2020 : une édition qui regarde beaucoup vers le passé et se recentre comme rarement sur la musique électronique, tout en continuant à dénicher de nouvelles pépites. On décrypte.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 janvier 2020

Nuits sonores, année de transition

« Pensées à la fois en rétrospective historique des musiques électroniques et dans une approche prospective, ces Nuits tendent à proposer ce dont sera fait 2020 », écrit Pierre-Marie Ouillon, le directeur artistique du festival, dans sa présentation du programme. Effectivement, la présence de nombreux vétérans de la scène se remarque au premier coup d'œil : Jeff Mills, DJ Deep, Laurent Garnier, Kittin & The Hacker (leur première en live à Nuits sonores), 808 State, Ivan Smagghe, Manu le Malin, Marcel Dettman, Robert Hood, DJ Harvey, Squarepusher, David Holmes, Château Flight : ce pourrait être l'affiche d'une rave de la fin des années 90 ! On note aussi la forte présence des stars plus récentes squattant tous les lines-ups depuis trois ans, issues de la fort bienvenue vague féminine, comme Amelie Lens, Paula Temple, Anetha, Helena Hauff, Peggy Gou et Nina Kraviz. Cet aspect rétrospective est saillant mais répond aussi à un besoin constant : ces artistes restent celles et ceux dont le nom rassure et fait vendre les billets, et Fago

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Ne ratez pas Jessy Lanza

Nuits sonores | Tour d'horizon de la première fournée de noms lâchée par Nuits sonores.

Sébastien Broquet | Mardi 7 janvier 2020

Ne ratez pas Jessy Lanza

Le gros coup de l'année du côté de Nuits sonores ? Ressortir 808 State des oubliettes (pour la Nuit 2). Car la paire d'Anglais a sacrément marqué l'explosion de la techno à la fin des 80's et au début de la décennie suivante, dans le sillage d'un hit daté 1989 et baptisé Pacific State qui fait toujours son effet lorsqu'il surgit en fin de set aujourd'hui. Le genre de petit événement qui se fait rare sur les affiches de festivals puisqu'à peu près l'ensemble de la scène a désormais fait son come-back, y compris sous plusieurs alias si nécessaire, et qu'il devient dur d'être original pour constituer un line-up de festival électro se renouvelant d'année en année, tout en générant suffisamment de ventes de tickets... On retrouve donc ici la jeune garde qui cartonne, que l'on a vu mille fois dans le coin et dont on se lasse un chouïa, soyons sincères, du style Amelie Lens, Nina Kraviz, MCDE ou Daniel Avery, ou encore la reformation de Miss Kittin & The Hacker qui peut raviver quelques souvenirs co

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Voici les 4 curateurs des Days de Nuits sonores 2020

Festival | On connaît le nom des quatre artistes qui vont programmer les 3 scènes des Days de la prochaine édition de Nuits sonores : prometteur.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 novembre 2019

Voici les 4 curateurs des Days de Nuits sonores 2020

C'est désormais un rituel : les journées de Nuits sonores, bonjour l'oxymore, débutent par l'annonce des quatre curateurs élaborant la programmation sur trois scènes à La Sucrière et au Sucre en concertation avec l'équipe artistique du festival. Et c'est peu dire que cette année, le choix est pertinent : l'immense Jeff Mills va se prêter au jeu, et connaissant son exigence, sa vision large de la musique et de l'art en général, on peut imaginer une programmation dantesque pour ce mercredi 20 mai qui lui est confié. Deuxième choix fort : DJ Harvey prendra en charge le jeudi 21 mai. La tendresse que l'on a pour celui que l'on considère comme l'un des tous meilleurs DJs de la planète n'a d'égale que notre admiration pour sa connaissance encyclopédique des différents courants musicaux, avec une prédilection pour la house et le disco, mais on le sait aussi féru de rockabilly... On a déjà coché la date sur notre agenda. Plus classique mais néanmoins intéressant, les deux autres Days seront confiés à Helena Hauff (tendance techno sombre et dure) le vendredi 22 mai et à Honey Dijon (h

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Baston, le nouveau repère boom

Bar | Avec ses 200m2 situés à quelques pas du Sonic, Baston est le nouveau QG des cultures alternatives, féministes et queer. Un lieu de boom et non de teuf. On vous explique.

Sarah Fouassier | Jeudi 23 mai 2019

Baston, le nouveau repère boom

Les cinq dernières semaines ont été intenses pour l’équipe de Baston. Emma, Gaston et Bastien, trois amis récemment débarqués à Lyon, viennent de lever le rideau sur le lieu qui a vite été mis dans la case “bar queer”, une étiquette qui aplatit la capacité du spot à être ouvert à toutes et à tous. Pour Gaston, « nous sommes un lieu LGBT friendly, pas un bar gay ou queer, nous sommes ouverts à tout le monde. Bien sûr, on barbote autour des cultures queer et homo, mais nous sommes aussi ouverts aux féministes et à toutes les autres cultures. On a soif d’apprendre. » Baston et son cri de ralliement “ta nouvelle maison” nous enjoignent à prendre le pli : nous sentir comme chez nous, comme « dans une grosse fête d’appart » où les voisins ont l’oreille fine et par conséquent, le volume sonore ne doit pas troubler la vie paisible de ce quartier du cinquième arrondissement. Pendant que le week-end d’ouverture faisait trembler murs et plafond avec ses concerts, DJs sets et performances, l’équipe a été contrainte de faire évoluer la programma

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Club sandwichs

Food | Avril fini, on va pouvoir se découvrir de plus d'un fil. Et pique-niquer. Ici, deux nouveaux lieux pour nous aider.

Adrien Simon | Mardi 30 avril 2019

Club sandwichs

On connaissait Ravigote, l'adresse qui a rajeuni, façon ça passe ou ça casse, les déjeuners de la place Guichard. Le bistrot contemporain voisine depuis peu avec une annexe. « On voulait pouvoir vendre les produits qu'on utilise au restaurant » explique la tenancière, Marie-Laure : la cassonade Graeffe (le chef, Xavier Radojewski est ch'ti), des pickles maison d'oignon rouge ou de navets, une tresse d'ail fumé de Locon, bientôt des légumes des jardins décinois "de Vartan". « On a voulu proposer des sandwichs pour ceux qui n'ont pas le temps, l'envie ou les moyens de s'arrêter au resto. » Alors ils peuvent s'attabler ici, dans une pièce refaite avec le même genre de simplicité enjouée qu'à côté. Ou comme nous, rouler (4 minutes via la piste cyclable protégée de la rue de la Part-Dieu) vers les quais, avec dans la besace : un sandwich au rosbeef froid, sauce ravigote, ketchup de betterave et pickles (6€) et puis un autre courge rôtie, pesto d'épinard, crumble de graines et parmesan et une part de babka (un kouglof polon

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Les festivals se dévoilent

Rentrée Festivals | Pour les festivals comme pour la météo, il n'y a plus de saison : zoom sur les noms d'ores et déjà dévoilés de Nuits sonores et Nuits de Fourvière, et sur la programmation de Transfer et des Chants de Mars.

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

Les festivals se dévoilent

Transfer Pour sa troisième édition, qui s'étale sur trois soirs entre Transbordeur et Épicerie Moderne, le festival Transfer « de musiques indépendantes et intrépides » va en faire voir de toutes les couleurs aux indie fans. Celles du psychédélisme d'abord à travers ses deux principales têtes d'affiche que seront Jacco Gardner, qui vient présenter Somnium, son troisième album entièrement instrumental, et les très perchés Temples. Mais aussi Toy et dans une certaine mesure les Norvégiens azimutés de Pom Poko. Ajoutez à cela, entre autres, la cold wave classieuse de Lebanon Hanover, la pop ombrageuse et élégiaque de Marble Arch, le trio de Leeds Drahla, les Bristoliens de Lice protégés du label d'Idles, le noise expérimental des Américains de Health, et, plus proche de nous, le garage punk de Johnny Mafia, l'indie rock des Valentinois d'Off Models, et la folk vaporeuse du lyonnais Raoul Vignal et vous obtenez les ingrédients d'un festival qui s'annonce en effet intrépide. Au Transbordeur et à l'Épicerie Moderne les 8, 9 et 10 mars

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Encore : entre Rone et Saône

Clubbing | Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Encore : entre Rone et Saône

Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles déambulant entre Saône et Rhône mais aussi Paris, également connu pour apposer sa patte sur le festivals Démon d'Or. Pour l'auteur du beau Mirapolis, il s'agit d'une fin d'ère, de la queue de comète d'une tournée à rallonge qui a rempli les salles : le dernier show avant la prochaine étape, le futur album - le cinquième. Sa pop électronique et onirique a rencontré un large succès, comblant le fossé entre le mainstream et la rave, fascinant aussi bien Jean-Michel Jarre avec lequel il composa que les amateurs de petits matins moites. Erwan Castex de son vrai nom est aujourd'hui incontournable - comme Chloé, également à la même affiche, compositrice de petites merveilles électroniques (mais bien trop rares : seulement trois albums depuis 2002) et DJ implacable : nul doute que cette soirée, où figure encore Markus Gibb (signé sur Lumière Noire, le label de Chloé), s'annonce chatoyante. Ce sera au Transbordeur, ce samedi 12 janvier à 23h30.

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Chilly Gonzales, premier nom pour Nuits sonores

Nuits sonores 2019 | Nuits sonores 2019, c'est (déjà) parti : on connaît depuis ce matin l'invité du concert spécial, qui pour la seconde année consécutive se déroulera à l'Auditorium. Il (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 8 novembre 2018

Chilly Gonzales, premier nom pour Nuits sonores

Nuits sonores 2019, c'est (déjà) parti : on connaît depuis ce matin l'invité du concert spécial, qui pour la seconde année consécutive se déroulera à l'Auditorium. Il s'agit de Chilly Gonzales, en mode piano solo. Celui qui était venu pour la dernière fois sur le festival en 2011 viendra présenter son album Solo Piano III. Le Canadien fera l'ouverture, le mardi 29 mai 2019, à 20h, à l'Auditorium donc (là où Air avait enchanté lors de la dernière édition). Les places (29€) sont d'ores et déjà en vente chez les revendeurs habituels.

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Matteo Garrone : « Dogman est un film darwinien »

Dogman | Un brave toiletteur pour chiens et une brute qui le traite pis qu’un chien sont au centre de "Dogman", le nouveau conte moral de Matteo Garrone. Une histoire italienne d’aujourd’hui récompensée par le Prix d’interprétation masculine à Cannes pour Marcello Fonte.

Vincent Raymond | Jeudi 12 juillet 2018

Matteo Garrone : « Dogman est un film darwinien »

Dogman est inspiré d’un fait divers ? Matteo Garrone : Oui, il s’est déroulé à la fin des années 1980, et il est très célèbre en Italie parce qu’il a été particulièrement violent. Mais on s’en est très librement inspiré : on l’a retravaillé avec notre imagination. Il n’a jamais été question de reconstruire dans le détail ce qui s’était passé. On a également changé la fin, puisque Marcello est un personnage doux, incapable de violence. Dans le film, il agit par légitime défense, non par préméditation. Je suis particulièrement content que le film soit présenté dans un pays où ce fait divers n’est absolument pas connu : le spectateur idéal, c’est celui qui le verra sans avoir cette histoire en tête et sans comparaison avec la réalité. En Italie, le film a un peu souffert de ce fait divers — en tout cas au début. Certains spectateurs se disaient « ça va être extrêmement violent, donc je n’irai pas le voir ». Ensuite, le bouche-à-oreille l’a aidé. En fait, la violence présente dans le film est surtout psychologique, et pas aus

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Un chien de sa chienne : "Dogman"

Drame | de Matteo Garrone (It, int. -12 ans, 1h42) avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria…

Vincent Raymond | Mardi 10 juillet 2018

Un chien de sa chienne :

Toiletteur pour chiens dans une cité délabrée, Marcello la bonne pâte devient le larbin d’une brute toxicomane terrorisant le quartier, Simoncino, lequel ne manque pas une occasion d’abuser de sa gentillesse. Mais après une trahison humiliante de trop, le frêle Marcello réclame son dû… « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » Blaise Pascal pressentait-il le décor de Dogman en rédigeant ses Pensées ? Vaste étendue ouverte sur une non moins interminable mer, cette scène rappelle l’agora de Reality, ce microcosme dans lequel une kyrielle de drames peut éclore et se jouer aux yeux de tous ; chacun étant libre d’ouvrir ou de fermer les yeux sur ce qui se déroule sous ses fenêtres. Et de se claquemurer dans une passivité complice, surtout, quand un fou-furieux a fait du secteur son espace de jeu. Mettre au ban une de ses victimes, la plus inoffensive (en l’occurence le serviable Marcello) tient de la pensée magique ou de l’exorcisme : en se rangeant implicitement du côté du bourreau, on espère

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La cité obscure de Rone au Transbordeur

Synth-Pop | Nouvel album enchanteur pour Rone, qui explore une ville imaginaire au sein de Mirapolis, disque nourri de guests : à savourer live au Transbordeur ce mercredi.

Sébastien Broquet | Mardi 30 janvier 2018

La cité obscure de Rone au Transbordeur

Patiemment, Rone se façonne son univers. Pas juste un son, mais un écosystème où naviguent d'autres explorateurs interconnectés, se nourrissant les uns des autres pour former une biomasse dont Rone serait le ferment. Avant même de jeter une oreille, on a déjà compris : le visuel de la cover est signé Michel Gondry et c'est comme une évidence, ces deux personnages totalement lunaires ne pouvaient que se reconnaître mutuellement... C'est le clippeur de Björk et Kylie Minogue qui a fait le premier pas, contactant le musicien. Le titre, ensuite, qui découle de cette pochette ébouriffée du réalisateur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind : Mirapolis. Cinécompatible et bédéphile, assurément, tel un Fritz Lang old skool, une plongée science-fictionnesque dans une ville de

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Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Nuits sonores | On connaît la programmation complète des Days de Nuits sonores, et c'est clairement du côté du samedi concocté par Paula Temple que se tournent les oreilles les plus curieuses : de Moor Mother à Amelie Lens, la Berlinoise a visé juste.

Sébastien Broquet | Mardi 16 janvier 2018

Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Doucement, l'architecture de Nuits sonores 16e du nom commence à se dévoiler. Ce matin, l'on a appris que le festival faisait son grand retour à la piscine du Rhône, là où quelques belles pages de sont histoire se sont écrites : c'est ici que tout avait commencé, en 2003. C'est là encore que Laurent Garnier avait délivré un set mythique en 2005, qu'une Body & Soul moite s'était lovée en 2008, ou qu'un set improbable de Busy P avec Joey Starr au micro beuglant sur du dubstep nous avait laissé pour le moins perplexe en 2011... Retour dans ce lieu donc, où l'on suivra la carte blanche offerte cette année à Amsterdam dont la programmation complète sera dévoilée le 7 février prochain, comme le reste du programme de nuit (qui prendra place pour la seconde année consécutive dans les anciennes usines Fagor-Brandt). La sensation Amelie Lens On connaissait déjà les noms des quatre curateurs des Days, voici les line-ups complets qu'ils nous ont concocté. Commençons par la fin et ce samedi 12 mai de dingue programmé par la cruciale Paula Temple, activiste précieuse qui sait mettre des actes sur ses convictions profondes et

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A Night with Nicolas Jaar annulé

Clubbing | La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 9 juin 2017

A Night with Nicolas Jaar annulé

La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par Jazz à Vienne et Nuits Sonores devait rassembler Pan Daijing, Bill Kouligas, Show me the body, Amnesia Scanner, Hvad et Helado Negro autour du génial Nicolas Jaar. Les possesseurs d'un billet peuvent se faire rembourser auprès de leur point de vente.

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G'Boï & Jean-Mi : « On part facilement dans des délires... »

House | Créateurs du réseau de social digging La Chinerie, d'un label et du premier festival 100% collaboratif, G'Boï & Jean-Mi assènent en sus des sets pointus où leur science du groove contagieux fait des merveilles. Surveillez-les : ils seront un peu partout pendant Nuits Sonores, sur la grande scène de la Nuit 3, au Sunday Park ou encore pour un Extra! version zonards. Explications avec Anthony (G'Boï) et Quentin (Jean-Mi).

Sébastien Broquet | Mardi 16 mai 2017

G'Boï & Jean-Mi : « On part facilement dans des délires... »

#Baskets Anthony : On s'est rencontré à Confluence, on bossait tous les deux dans un magasin de vêtements et baskets, Hollister. On s'est rapproché par le rap, on est devenu potes et on a lancé une asso, je venais d'acheter deux platines. Ensuite, on s'est mis en coloc' et on a monté le groupe Les Chineurs de House. La Chinerie a commencé tout simplement... On a mis nos études entre parenthèse à ce moment-là. #G'Boï & Jean-Mi Quentin : Notre première date, c'était au Djoon à Paris, en février 2016. Joli club pour commencer ! Anthony mixait tout seul avant, c'est lui qui m'a appris. #Influences Quentin : On est devenu potes grâce à notre passé de diggers dans le hip-hop. On organisait des apéros hip-hop chez Anthony, qui se sont transformés en mixes. Petit à petit, on a glissé vers la musique électronique et notamment la house. Ce sont deux musiques créées par les Noirs américains dans les années 80, qui utilisaient les mêmes samples de disco et de funk. J'ai trouvé des similitudes. Dans nos sets, il y a beaucoup de funk, de disco, de house. On va auss

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Des outils et des hommes

INDUS | Neuf ans après un passage mémorable, le groupe berlinois Einstürzende Neubauten, phare de la scène expérimentalo-industrielle et créature fracassante de Blixa Bargeld revient à Nuits Sonores avec armes, bagages et peut-être engins de chantiers. Chaussures de sécu et casques conseillés.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 mai 2017

Des outils et des hommes

« Un groupe folk. » C'est ainsi qu'à ses débuts en 1980, le leader et fondateur d'Einstürzende Neubauten, Blixa Bargeld, également guitariste des Bad Seeds, qualifiait la musique de son groupe. Une provocation peut-être, une coquetterie sans doute, visant également à repousser de toutes ses forces l'étiquette "indus" que les critiques voulaient accoler à son groupe. Sauf que Bargeld s'expliquait : si EN était folk – et un peu volk – c'était parce que sa musique était en prise avec le mode de vie de ceux qui la font. C'est en effet quasiment par nécessité (pas un sou en poche), que le groupe en vient à remplacer certains instruments par des objets usuels, des morceaux de métal, de la viande (quand on tape dessus, ça fait du bruit) ou des field recordings (des plus bruyants aux plus subtils). De l'outil en tout genre, et du gros avec ça, du Casto, du matériel de chantier – de là viendra cette assimilation à la musique indus : bétonnières, scies circulaires, perceuses, tronçonneuses (le batteur F.M. Einheit s'ouvrira la jambe avec l'une d'elle lors d'un concert aux États-Unis, ce qui arrive plus rarement

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Group Doueh & Cheveu : mariage dérangé

Rock | En marge de Nuits Sonores, se poursuivent au Marché Gare les festivités des 10 ans de Born Bad Records. Au menu, la transposition en live de l'un des disques les plus fous de ces derniers mois, témoignant de la rencontre au sommet (et dans le désert) entre les rockeurs arty-punk de Cheveu et la légende sahraoui Group Doueh.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 mai 2017

Group Doueh & Cheveu : mariage dérangé

Lorsque l'on parle d'improbables rencontres, on a coutume de parler de "mariage de la carpe et du lapin". Mais s'agissant du mariage dont il est question ici, non seulement l'expression ne suffit pas – les épousailles d'un poisson et d'un rongeur étant banales en comparaison – mais en plus il faudrait déjà pouvoir trouver carpe et lapin à l'image de Cheveu et Group Doueh. C'est dire le genre d'association à laquelle on a affaire ici. D'un côté, Cheveu, apôtre du garage-punk viré pop joueuse émargeant chez Born Bad Records, ravissant à parts égales partisans de l'underground et branchés en tout genre. De l'autre, un groupe du Sahara occidental, mené par le guitariste Baamar "Doueh" Selmou et sa famille, spécialisé dans l'animation de bals à coups de traditionnels hassani maltraités en une sorte de transe rock, tellement fascinant que le label Sublime Frequencies a pris sur lui de le faire découvrir jusqu'outre Atlantique, provoq

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Bon annivers'Air

Pop | Air, qui n'est pas venu jouer à Lyon depuis 10 ans, vient fêter ses 20 ans en investissant le vaisseau-mère de la grande musique lyonnaise qu'est l'Auditorium. Juste retour des choses pour un groupe qui nous a fait voyager très haut.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 mai 2017

Bon annivers'Air

« J'avais vingt ans et je ne laisserais personne dire que c'est le plus bel âge de la vie » écrivait Paul Nizan dans l'incipit d'Aden Arabie. Lequel aurait sûrement révisé son jugement s'il avait su qu'à 35 ans, il serait déjà canné. Vingt ans, c'est l'âge, très beau, eh oui, qu'a aujourd'hui le duo versaillais Air. Plus précisément, il les a eu officiellement l'an dernier mais l'anniversaire, survenant paradoxalement après six ans de parenthèse et ponctué d'une compilation augmentée d'inédits baptisée Twentyears ainsi que d'une tournée ad hoc, se prolonge en cette année 2017. Celle du 20e anniversaire d'un EP (Premiers Symptômes) qui a fait entrer Air dans la lumière et les musiques actuelles françaises dans une nouvelle ère. L'an prochain ce seront les vingt ans du triomphal et révolutionnaire Moon Safari que l'on fêtera, sans doute. Ce qui peut nous faire dire que non seulement Air aura vingt ans pour très longtemps, comme le chantait Pierre Bachelet, mais que c'est aussi un peu de nos vingt ans à nous qui revivent au son de cette électro-pop rétro-futuriste, assumant

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Des Extra! plein la ville

Nuits Sonores | Les Extra! de Nuit Sonores reviennent, avec 38 projets gravitant autour du festival. Plus qu’un off, Extra! se veut une valeur ajoutée. L’enjeu ? Explorer des programmes hors-musique gratuits, vivre le festival autrement en glissant vers des expériences originales, dont voici un aperçu.

Corentin Fraisse | Mardi 16 mai 2017

Des Extra! plein la ville

LaBiz Big bisou. Une ode à l’amour et rien de moins que le plus grand rassemblement de bisous au monde. Amoureux, oubliez les bancs publics : venez vous bécoter sur les bords de Saône. Pour cet après-midi, LaBiz prévoit un photocall dédié aux bisous, des "bisous meeting" et le grand concours du plus long baiser. Marchez main dans la main avec l’élu-e de votre cœur, profitez d’une pomme d’amour en vous dandinant sur un B to B to Biz, prodigué par des DJs dégoulinants de love. Au Bellona le jeudi 25 mai de 15h à 21h Skate the turntables Venez skater les platines pour montrer que skate et musique sont étroitement liés : ce ne sont pas Hanni El Khatib (grand rider devant l’éternel), C2C (leur clip Down The Road avec Richie Jackson) ou les nostalgiques de Tony Hawk’s Pro Skater 3 qui diront le contraire. Au cœur du quartier de la Confluence, sur un spot bien connu des habitués, des initiations skateboard pour petits et grands, une démo sur un camion, une jam session et bien sûr une buvette. Tout ce qu’il faut pour rider sous le soleil. Au skatepark Quai Rambaud le vendredi 26 mai

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Air et Laurent Garnier à Nuits sonores

Festival | Deux nouveaux noms et pas des moindres s'ajoutent à la programmation du festival : Air et Laurent Garnier.

Sébastien Broquet | Jeudi 16 mars 2017

Air et Laurent Garnier à Nuits sonores

Pour ses 15 ans, le festival Nuits sonores a visiblement la ferme intention de marquer les esprits et ajoute à sa programmation déjà dense deux nouveaux noms : Air et Laurent Garnier, selon France Inter qui a révélé l'information dans son émission Boomerang le jeudi 16 mars au matin et que Nuits Sonores nous a confirmé. Le duo versaillais se produira à l'Auditorium le mardi 23 mai, en ouverture du festival. Ce sera la première fois que le groupe de pop électro fondé en 1995 par Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin sera présent au festival. Les places pour ce "concert spécial" seront mises en vente le 28 mars. Concernant Laurent Garnier, c'est la pou

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Les Chemical Brothers au festival Nuits Sonores

Nuits Sonores 2017 | Voici la suite de la programmation de Nuits Sonores : des Chemical Brothers à Pharoah Sanders, en passant par Vitalic et Stormzy, c'est une édition excitante qui s'avance, où l'on relève une réelle connexion avec le monde qui nous entoure, loin des plateaux techno au kilomètre : regard accentué vers le Moyen-Orient, place accrue accordée aux artistes féminines, intérêt pour la scène queer, retour vers le jazz et ouverture d'une scène entière dédiée à la jeune garde hip-hop... Vincent Carry (le directeur) et Pierre-Marie Ouillon (le programmateur) nous expliquent cette édition en vidéo : l'occasion aussi de découvrir ce tout nouveau lieu, les usines Fagor-Brandt.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

Les Chemical Brothers au festival Nuits Sonores

Culte, la nuit 4 Chemical Brothers ! Le duo de Manchester sera sans aucun doute l'attraction principale de cette édition, œuvrant au peak time de la nuit 4 le samedi soir, dans la halle 1... Tom Rowlands et Ed Simons ont construit depuis le début des 90's un culte dépassant largement le big beat originel et délivrent des DJ sets absolument déments. Il va falloir jouer des coudes pour s'approcher ! Autour d'eux sur cette scène, se produiront l'allemand Errorsmith, mais aussi le Syrien précurseur des musiques électroniques Rizan Sa’id entre rythmes kurdes traditionnels et synthétiseurs. « La nuit 4 sur cette scène 1, c’est un peu notre spéciale 15 ans, notre anniversaire » explique Pierre-Marie Ouillon, le programmateur. Et c'est P.Moore qui clôturera cette nuit, histoire de concrétiser son come-back : belle attention et gros moment d'émotion à prévoir au petit matin. « Il a décidé de se remettre dans le match, et il est la personnalité qui peut relever ce défi : ce sera historique pour nous ! » ajoute Pierre-Marie Ouillon. Pourra-t-il dépasser l'horair

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Vincent Carry : « l’avenir de nos collaborations avec Jean Michel se situe du côté des idées »

Jean Michel Jarre à la Halle Tony Garnier | Jean Michel Jarre, le Lyonnais revendiqué, n'a encore jamais joué sur Nuits sonores, le festival emblématique des musiques électroniques. Entre Vincent Carry et le précurseur des sons synthétiques, un dialogue fertile existe pourtant depuis plusieurs années. Mais c'est peut-être bien du côté de l'European Lab que se profilent de futures collaborations.

Sébastien Broquet | Jeudi 24 novembre 2016

Vincent Carry : « l’avenir de nos collaborations avec Jean Michel se situe du côté des idées »

Que représente Jean-Michel Jarre pour toi, amateur de musiques électroniques : l’as-tu écouté dès ta jeunesse, l’as tu renié à un moment, l’écoutes-tu toujours ? Vincent Carry : C’est un musicien important de l’histoire de la musique électronique dans la mesure où il est le premier à l’avoir fait rentrer dans la pop culture. Il est un indiscutable pionnier ! Après, je suis plus intéressé par certaines phases de sa carrière. Je reste très attaché à Oxygène. Quels sont vos liens ? Lui se dit votre grand frère bienveillant, il est venu vous rendre visite… Mais jamais Jarre n’a joué sur Nuits sonores. Tout a commencé lorsque Jean Michel Jarre a répondu à une interview publiée dans 20 Minutes dans laquelle il faisait part de son grand intérêt pour Nuits sonores. Je l’avais contacté pour en parler avec lui, puis l’avais invité pour l’inauguration de la Gaîté Lyrique à Paris et nous avons beaucoup discuté

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Videodrome, film dément

ECRANS | À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Videodrome, film dément

À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant parfaitement à la thématique choisie pour les travaux — Sexe(s), psy-&-vidéos —, Videodrome (1983) de David Cronenberg. Une plongée dans la fascination pour la violence et le désir charnel ; une anticipation de notre rapport viscéral aux écrans — des préoccupations récurrentes chez Cronenberg, au demeurant. Le film sera suivi d’un échange animé par le Dr Alain Bouvarel (pédopsychiatre, directeur du Centre National de l'Audiovisuel en Santé Mentale/Festival de Lorquin), le Dr Jean-Pierre Salvarelli (psychiatre - hôpital du Vinatier) et le Dr Jean-Christophe Vignoles (psychiatre - hôpital Saint Jean de Dieu). Videodrome Au Comœdia le mardi 22 novembre à 20h

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Et Cronenberg fit le bzzzzz

ECRANS | C’est l’une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux (...)

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Et Cronenberg fit le bzzzzz

C’est l’une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux Terreaux. Désormais baptisées “Séances Midnight Movies” — même si elles sont programmées à 22h30 —, elles n’affichent certes plus systématiquement le merveilleux Graphique de Boscop mais un long-métrage différent chaque semaine, prélevé dans le vaste corpus du cinéma horrifique, assorti comme il se doit d’une petite introduction. Le film sélectionné ce 5 novembre, La Mouche (1987), semble faire écho au carnaval sucré et horrifique qui vient tout juste de s’achever. David Cronenberg y offre en effet à son interprète Jeff Goldblum de splendides métamorphoses, grâce à des postiches bien gluants de diptère mutant amoureusement fignolés par Chris Walas — dûment récompensé par un Oscar du maquillage. Remake éloigné de la première adaptation d’une nouvelle de

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Nuits Sonores, direction Gerland

Nuits Sonores 2017 | C'est Le Progrès qui révéle l'information ce mardi 30 août, dévoilée en marge d'une visite de Gérard Collomb sur différents chantiers de la ville depuis ce matin (...)

Sébastien Broquet | Mardi 30 août 2016

Nuits Sonores, direction Gerland

C'est Le Progrès qui révéle l'information ce mardi 30 août, dévoilée en marge d'une visite de Gérard Collomb sur différents chantiers de la ville depuis ce matin : la prochaine édition de Nuits Sonores explorera une nouvelle friche industrielle, cette fois-ci du côté dans le quartier de Gerland : l’ancienne usine Fagor-Brandt, dans le 7e arrondissement. « Ce sera effectivement l'un des nouveaux sites pour 2017, les autres lieux étant encore en cours de confirmation » nous a confirmé un membre de l'équipe du festival. Une nouvelle étape dans la vie de Nuits Sonores, succédant au riche cycle passé à Confluence.

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Nuits Sonores : les photos

Festival | Anne Bouillot, notre photographe, a parcouru la Nuit 1 de la dernière édition en date du festival Nuits Sonores jusqu'au petit matin : nous vous (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 20 mai 2016

Nuits Sonores : les photos

Anne Bouillot, notre photographe, a parcouru la Nuit 1 de la dernière édition en date du festival Nuits Sonores jusqu'au petit matin : nous vous avons concocté un diaporama à savourer ci-dessous, ou en suivant ce lien.

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DJ Harvey : le Prince de la nuit

Nuits Sonores | Sérieusement, le meilleur DJ du monde, c'est lui. Peu mis en avant dans les médias, pas très connu, il est l'objet des blagues de tous les rockeurs de la (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 4 mai 2016

DJ Harvey : le Prince de la nuit

Sérieusement, le meilleur DJ du monde, c'est lui. Peu mis en avant dans les médias, pas très connu, il est l'objet des blagues de tous les rockeurs de la planète qui ironisent sur son nom dès qu'il apparaît sur une affiche ("ah zut j'ai cru que c'était PJ Harvey") sans savoir qu'il mène aussi de front un garage band du nom de Wildest Dreams, aux influences très blues et The Doors, jouant de tous les instruments sur l'album. DJ Harvey incarne avant tout l'essence même de la fête : l'hédonisme. Son tout premier 45t post punk, à la fin des seventies, était déjà joué par John Peel. En 1988, il était en Angleterre pendant le Summer of Love avant de fonder le Tonka Sound System. Dingue de surf, il collectionne les motos vintage. Surtout, charismatique dans l'absolu, il offre (on ne peut dire autrement) des mixes où perlent sueur, sexe moite et sauvagerie acid, conçus comme une partie fine sous ecstasy, où le disco le plus lent croise la techno la plus abrupte : orgasme assuré samedi soir, en clôture de la Halle 2.

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Laurent Garnier : "Lil Louis, c'est le patron"

Nuits Sonores | Douze ans que Laurent Garnier se pointe à chaque édition de Nuits Sonores, renouvelant sans cesse sa participation, d'un closing d'anthologie à un set pour les enfants, marquant de son empreinte l'histoire du festival. Cette année, le voilà curateur de trois scènes en une journée forcément à l'image de ce maître absolu de la techno en France : éclatée, pointue, festive, diverse. De Chassol à Jackmaster, la palette est aussi large que la curiosité de l'ancien résident de l'Hacienda. Suivez le guide.

Sébastien Broquet | Mercredi 4 mai 2016

Laurent Garnier :

#Afrique On sait d’où vient la musique électronique, et plus précisément la techno : ses racines, si l’on n'évoque pas l’Afrique... on oublie beaucoup de choses. On attendait un mouvement de ce continent depuis ces dix dernières années, avec des gens comme Buraka Som Sistema, comme Frédéric Galliano. Toute cette mouvance kuduro, ça a commencé à gratter les oreilles des gens ici. Depuis cinq ans, l'échange est beaucoup plus important : forcément, des choses reviennent à nos oreilles. C’est le bon moment. Et c’est tout à fait logique : ça fait longtemps que l’on se dit que c’est là-bas que ça va se passer, qu’il faut regarder. C’est à la fois un retour aux sources et une avancée. On a été tellement loin dans le côté extrêmement synthétique, très Blanc, qu'il faut revenir à un truc beaucoup plus Black. Je trouve ça très sain. #Chassol Je l’ai fait jouer en concert privé pour la soirée de mes 50 ans. On était 100, uniquement mes proches venus passer deux jours pour fêter ce moment forcément important pour moi. J’avais envie de leur offrir quelque chose : quel est le groupe qui va mettre tout le monde d’accord ? L’idée de Cha

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Sauce blanche et dents en or

Extra! Nuits Sonores | Ice Cube, sauce blanche et tomate-oignons-salade : nos voisins et néanmoins amis de Rue89Lyon ne lésinent pas sur l'Extra! en se calant (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 4 mai 2016

Sauce blanche et dents en or

Ice Cube, sauce blanche et tomate-oignons-salade : nos voisins et néanmoins amis de Rue89Lyon ne lésinent pas sur l'Extra! en se calant sur le beat de Nuits Sonores, conviant tout le gratin festivalier (ou non) à venir déguster ce qu'ils annoncent, en toute humilité, comme étant le meilleur kebab du monde. C'est Mathieu Rostaing, le chef du Café Sillon, qui aura la lourde (autant qu'une pendule en or suspendue autour du coup) tâche de réaliser ce sandwich sortant pour le coup de l'ordinaire, cotoyé par un falafel aux asperges et d'ail des ours, puis par un dessert au lait d'amande, brick de miel et sorbet à la fleur d'oranger. Le tout solidement arrosé d'une blonde houblonnée artisanale de la brasserie Grangier et de vins naturels sélectionnés chez Sylvain Bock, aux Capriades et au domaine Séléné. Avec, donc, un fat sound-system aux fenêtres pour ambiancer l'avenue Jean-Jaurès de bon vieux hip-hop bien gras (Wu Tang, Beastie Boys, KRS One, ce genre). Ça s'appelle Run DM Chiche et l'on adhère. Run DM Chiche Au Café Sillon le jeudi 5 de 17h à 21h

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Simon Reynolds : retour vers le futur

European Lab | Parmi les invités d'un European Lab de plus en plus passionnant sur le papier, Simon Reynolds viendra évoquer l'une de ses marottes, celle-là même qu'il a décortiquée dans Retromania, comment la culture pop recycle son passé pour s'inventer un futur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Simon Reynolds : retour vers le futur

On n'en a peut-être pas toujours conscience mais on ne peut évoquer aucun sujet, n'aborder aucun problème sans marcher droit devant, la tête tournée en arrière. C'est tout le paradoxe de notre société ultra-connectée, ultra-techno, qui nous propulse toujours plus vite vers le futur et donc l'incertitude que d'avoir rendu cette réalité encore plus forte. En son temps, le romancier canadien Douglas Coupland évoquait dans son Generation X, « l'Ultra-nostalgie » dont la définition était la suivante : « nostalgie du passé immédiat, "merde, ça allait quand même mieux la semaine dernière" ». Or ce concept sur lequel Coupland mettait alors le doigt nous a attrapé le bras et avalé tout entier. Dans Retromania, qui a définitivement assis sa réputation de popologue, le critique rock Simon Reynolds en fait le constat incontestable : la mise à disposition technologique du passé (musical, culturel plus généralement) a ouvert les vannes d'une nostalgie à laquelle il était bien plus ardu de se connecter du temps du Minitel, du téléphone à cadran ou de l'ORTF. Devant la difficulté à se bâtir une culture qui est aujourd'hui à portée de clics, il était

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Concert spécial : Mogwai pour une nuit atomique

Nuits Sonores | En guise de concert spécial, après le coup de mou Nan Goldin-ien de l'an dernier, Nuits Sonores dégaine rien moins que l'arme atomique sans se départir de son goût du concept : Mogwai venant y jouer son dernier album, Atomic.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Concert spécial : Mogwai pour une nuit atomique

Dans la grande tradition, plutôt récente, désormais convenue mais néanmoins toujours intéressante conceptuellement et esthétiquement, du concert où un groupe mythique vient jouer intégralement et souvent dans l'ordre l'un de ses non moins mythiques albums, Nuits Sonores propose cette année un beau compromis. Mais un compromis, c'est paradoxal, plutôt radical : inviter un groupe sinon mythique, du moins culte — les Ecossais de Mogwai, référence du post-rock n'ayant jamais vraiment fait les choses comme tout le monde, et lui faire jouer non seulement son récent dernier album — qui n'a donc pas encore eu le temps d'infuser l'esprit de son public comme ont pu le faire les classiques Young Team, Rock Action ou Come on die young. Mais qui plus est un album qui n'était peut-être pas destiné à en être un, au sens, là encore, classique du terme. On s'explique. En 2015, Mogwai écrit le score d'un film réalisé par Mark Cousins pour la BBC à l'occasion du 70e anniversaire d'Hiroshima. Une petite "sucrerie" documentaire entièrement constituée d'images d'archives et consacrée à la question nucléaire, à la mort mais aussi à la vie à l'âge atomique, d'Hiros

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Trois bonnes raisons de filer au Food Market

Extra! Nuits Sonores | Ce marché-cantine, regroupant une quinzaine de restaurateurs triés sur le volet, mérite une visite : la preuve par trois.

Julie Hainaut | Mercredi 4 mai 2016

Trois bonnes raisons de filer au Food Market

1 / Manger sain à petit prix Quali maxi, prix mini. C’est le challenge du premier Food Market lyonnais, qui s’installe sur la place Saint-Louis dans le cadre des Extra! du festival Nuits Sonores. Le concept créé par Virginie Godard, une passionnée de nourriture et de voyages, a vu le jour à Paris en juillet dernier. Le principe ? Des chefs, agriculteurs, traiteurs et autres restaurateurs délivrent leur interprétation de la street food en proposant des plats sains fraichement cuisinés, servis dans des barquettes et facturés à moins de dix euros, à manger sur place sur de grandes tables en bois ou à emporter, dans une ambiance conviviale, sous des parasols forains et des guirlandes lumineuses. « L’idée est d’en faire un rendez-vous mensuel, comme à Paris. Pas simplement un événement, un phénomène de mode : aller au Food Market après le boulot le soir peut devenir une habitude, comme on se rend au marché en journée » explique la créatrice du marché. Le but ? Démocratiser la street food, souvent associée — à tort — à la malbouffe, et la valoriser. 2 / Découvrir des pépites culinaires « Le concep

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Insomniaque : les 3 soirées de la semaine

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Insomniaque : les 3 soirées de la semaine

29.04.16 LE PETIT SALON DEETRON Digne héritier d'Eric Borgo, longtemps le meilleur ambassadeur de la techno groovy en Suisse, Sam Geiser alias Deetron a pris le relais avec vigueur et talent, mariant classiquement (mais efficacement) les influences de la house de Chicago avec celles de la techno de Détroit. Discret comme un banquier genevois, efficace comme un horloger de Berne où il vit, Deetron est largement reconnu par ses pairs qui le convient souvent à œuvrer en tandem ou en remixe, de DJ Hell à Romanthony. Précis. 04.05.16 LA MARQUISE POLAAR #23 Gros line-up pour cette nouvelle édition de la soirée menée de main de maître par Flore & Marc : c'est Branko, le producteur des magiques Buraka Som Sistema, qui officiera derrière les platines. Auteur ces dernières années d'anthems rebondissants, passeur d'un kuduro relifté à la sauce global bass, collaborateur occasionnel de Diplo et MIA, boss du fûté label Enchufada, Joao Barbosa de son vrai nom est l'un des artistes les plus affriolants d

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Nuits sonores : Seth Troxler invite Fort Romeau et Seven Davis Jr

MUSIQUES | Au tour du fantasque Seth Troxler de dévoiler le programme de son NS Days. Lui-même choisissant de clôturer le dancefloor de la salle 1830 d'un set (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 29 janvier 2016

Nuits sonores : Seth Troxler invite Fort Romeau et Seven Davis Jr

Au tour du fantasque Seth Troxler de dévoiler le programme de son NS Days. Lui-même choisissant de clôturer le dancefloor de la salle 1830 d'un set de trois heures, précédé d'un warm-up pas encore confirmé et bientôt annoncé. Au Sucre, salle dédiée aux concerts, c’est Seven Davis Jr, le très prometteur producteur basé en Californie et signé sur Ninjatune qui ouvrira les festivités : adepte de soul music vintage, il en donne lors de ses shows une vision futuriste qui en fait l’artiste le plus intéressant de cette journée. PolyRythmic, le duo composé des deux producteurs de Chicago Kate Simko et Tevo Howard, prendra le relais pour un live réputé enjoué et en partie improvisé, avant que le solide canadien Mathew Jonson ne conclue cette scène. L’esplanade des diggers est confiée au londonien Fort Romeau, fondu de house et pétri d’influences disco, et Honey Soundsystem, crew de quatre DJs issus de la scène house de San Francisco qu'il faudra surveiller de près. Moins emballant à priori que les Days signés Garnier et MCDE dévoilés les vendredis précéde

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Nuits sonores : Garnier invite Chassol et Jackmaster

MUSIQUES | Un nouveau pan du soyeux tissu qui recouvre encore Nuits sonores s’est évaporé ce matin, laissant entrevoir les choix musclés opérés par Laurent Garnier pour (...)

Sébastien Broquet | Samedi 23 janvier 2016

Nuits sonores : Garnier invite Chassol et Jackmaster

Un nouveau pan du soyeux tissu qui recouvre encore Nuits sonores s’est évaporé ce matin, laissant entrevoir les choix musclés opérés par Laurent Garnier pour son Day : Chassol, vu il y a quelques jours au centre culturel Charlie Chaplin, sera de retour dans nos contrées pour ce vendredi 6 mai résolument placé sous le signe de l’exigence et de la diversité musicale. Valeurs défendues par la très cotée Radio Meuh, que nous ne sommes pas surpris de retrouver ici puisque le maître a relancé sa mythique émission It is what it is sur cette web radio et l’a déjà conviée à faire vibrer le sound-system de son Yeah festival, l’an dernier. Sur cette Esplanade confiée aux diggers, outre Radio Meuh, le collectif de Brighton Mr Bongo partagera ses perles de rare groove dénichées de par le monde et parfois rééditées sur leur label. Le brésilien Ivan Conti, habituellement batteur du groupe funk & samba Azymuth, complétera l’affiche aux platines. Versant concerts, pour tenir chaud à Chassol au Sucre, Garnier invite le duo Frontières composé de Arnaud Rebotini et Ch

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Nuits sonores : Tony Allen donne le tempo

MUSIQUES | Cette édition 2016 du festival Nuits sonores est telle un strip-tease, se dévoilant lascivement de semaine en semaine : voici que ce matin un autre (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2016

Nuits sonores : Tony Allen donne le tempo

Cette édition 2016 du festival Nuits sonores est telle un strip-tease, se dévoilant lascivement de semaine en semaine : voici que ce matin un autre voile se soulève et qu’apparaît dénudée la programmation du jeudi 5 mai en journée, concoctée par le curateur Motor City Drum Ensemble. Danilo Plessow, DJ fondu de house music, mais aussi à l’origine batteur, a très logiquement invité le maître en la matière : le nigérian Tony Allen, king de l’afrobeat, compagnon de route de Fela Kuti, Doctor L ou encore Damon Albarn, viendra donner le tempo au Sucre pour un live enthousiasmant et annonçant l’une des tendances pressenties de Nuits sonores : plus de concerts en vue. Illustration avec le retour à 62 ans d’un grand méconnu du funk : Leroy Burgess, pour un live unique. Bonne pioche. Le Sucre, qui sera donc pour la première fois associé à ce parcours des Days, accueille aussi Pablo Valentino, l’un de ses résidents et co-dirigeant du label MCDE, digger en quête perpétuelle de la galette inconnue pour faire le liant entre les deux concerts des papys du groove. La salle 1930 se tourne également vers l’Af

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Nuits Sonores 2016 : les premiers noms

MUSIQUES | Retard à l'allumage ou temporisation stratégique, on ne saurait dire, toujours est-il que la première conférence de presse de Nuits Sonores fut chiche en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 12 janvier 2016

Nuits Sonores 2016 : les premiers noms

Retard à l'allumage ou temporisation stratégique, on ne saurait dire, toujours est-il que la première conférence de presse de Nuits Sonores fut chiche en annonces : là où, traditionnellement, elle voyait ses organisateurs révéler l'ensemble de la programmation de jour, il aura fallu cette fois se contenter du nom des trois commissaires de ces Days, à savoir le taulier Laurent Garnier, son quasi-protégé Motor City Drum Ensemble et le génial allumé Seth Troxler – qui succèdent à la triplette Jamie XX, Ben Klock et John Talabot, sur le papier nettement plus inattendue. Les trois scènes qu'ils superviseront seront caractérisées selon une logique désormais bien connue : une orientée dancefloor, une dédiée au live et la dernière consacrée au digging, le tout à la Sucrière, le festival investissant pour la troisième année consécutive la Confluence. Outre des invitations aux festivals Elevate (Graz, Autriche) et c/o pop (Cologne, Allemagne), membres du réseau We Are Europe récemment tissé par Arty Farty, la surprise, pour le moment, vient une fois n'est pas coutume d

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The Drones et USA Nails : blues rock fangeux contre punk noise bétonnée

MUSIQUES | Le Marché Gare accueille le même soir le rouleau-compresseur noise USA Nails et les ravaleurs de façade blues de The Drones. Un sacré chantier en perspective.

Benjamin Mialot | Lundi 26 octobre 2015

The Drones et USA Nails : blues rock fangeux contre punk noise bétonnée

«De la musique d'héroïnomanes.» C'est ainsi que notre Grand Duduche à nous qualifie, avec la proverbiale et cocasse franchise qui est la sienne, la musique des Drones. On préfère pour notre part voir en ces Australiens des soupirants maudits, comme Verlaine parlait de poètes maudits. Ce qui revient un peu au même quant au romantisme exacerbé de leur musique – Mano Solo considérait ainsi la drogue qui précipita sa contamination par le virus de Vénus comme «la femme de ceux qui n'en ont pas» – mais souligne dans le même temps l'injuste confidentialité qui est la leur, en tout cas hors de leur continent natal. Car en matière de blues rock tortueux et tonitruant, les Drones se posent là. À la droite du terraformeur de désert Neil Young, sur les épaules voûtées par le poids du monde de Nick Cave – de l'alcoolisme au suicide, tout l'abécédaire de la murder ballad écrite d'une plume trempée dans de la bile y passe – et légèrement en retrait du pétaradant Gun Club. Une place qu'ils ont su prendre le temps de se faire : formé en 1997, le groupe n'a publié qu'en 2005 son premier véritable album, Wait Long by the River and the Bodies of Your Enemies

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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Tale of Tales

ECRANS | De Matteo Garrone (It-Fr-Ang, 2h13) avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones…

Christophe Chabert | Mercredi 1 juillet 2015

Tale of Tales

Que Matteo Garrone n’ait pas souhaité s’enfermer dans le réalisme suite au succès de Gomorra est une bonne chose ; d’ailleurs, lorsqu’il osait la stylisation dans Reality, il parvenait à déborder l’hommage à l’âge d’or de la comédie italienne pour en retrouver l’esprit esthétique. Avec Tale of Tales, les choses se compliquent : abordant un genre en vogue — les contes et l’heroic fantasy — via l’adaptation d’un classique de la littérature italienne, il tente le grand pont vers l’imaginaire pur, entrecroisant plusieurs récits où l’on retrouve des monstres, des sorcières, un roi, des reines et des princesses. Or, le style Garrone s’avère assez vite à la remorque de son ambition : jamais la mise en scène ne parvient à donner le souffle nécessaire pour nous faire pénétrer cet univers baroque et fantastique. D’où une suite d’hésitations fatales : entre le sérieux et la dérision, l’auteurisme et le divertissement, le film à sketchs et le film choral… Mal construit — l’épisode des faux jumeaux est de loin le plus faible, et le scénario le traîne comme

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Cannes 2015, jours 1 et 2. Le festival se la raconte…

ECRANS | "Tale of tales" de Matteo Garrone. "L’Étage du dessous" de Radu Muntean. "L’Ombre des femmes" de Philippe Garrel.

Christophe Chabert | Jeudi 14 mai 2015

Cannes 2015, jours 1 et 2. Le festival se la raconte…

Voilà, Cannes, 2015, c’est parti, dans un foutoir qui ferait le charme du festival s’il n’était pas une source considérable d’épuisement pour celui qui le subit onze jours durant. Au menu cette année : un plan Vigipirate renforcé qui crée un gigantesque périmètre de sécurité devant l’entrée du Palais, obligeant les centaines de festivaliers à s’agglutiner le long des barrières lorsqu’ils sortent et provoquant des queues monstres quand ils veulent pénétrer à l’intérieur ; des exploitants furibards devant la réforme de leur système de tickets, prêts à mener une action en haut des marches histoire d’exprimer leur mécontentement ; et un grand Théâtre Lumière rénové de fond en comble, du double escalier en hélice à la salle elle-même, bien plus confortable que dans sa configuration précédente. Comme d’habitude, les couacs sont nombreux au démarrage, à commencer par des séances presse tellement étroites qu’il était quasi-impossible d’assister aux projections du dernier Kore-Eda, Notre petite sœur ; pas grave, on se le gardera pour les séances de rattrapage le dernier dimanche, juste avant le palmarès. Ou encore ces publicités pour le moins menaçantes de la Ville de

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Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

MUSIQUES | Si les Anglais se taillent la part du lion, il faudra aussi compter avec ces dix-là pendant le festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 13 mai 2015

Nuits sonores - Pour quelques conseils de plus

Nils Frahm / Mehmet Aslan Pianiste de formation, Nils Frahm produit depuis dix ans une musique aux confins de l'ambient et de l'impressionnisme, où la contrainte (genre jouer sans le pouce ou avec un instrument étouffé) est toujours source d'élévation. Pour le dire clairement, c'est lui qu'on aurait aimé voir à l'Opéra. Nuit 1 - Halle 1 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 22h30 Né en Suisse, d'origine turque et basé à Berlin, Mehmet Aslan revisite le patrimoine musical anatolien à travers le prisme des rythmes électroniques.Et le résultat est aussi cocasse qu'ob

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