Omar Souleyman, dabke et bacchantes

Sébastien Broquet | Mardi 20 février 2018

Photo : © DR


Le succès d'Omar Souleyman est aussi improbable que réjouissant. Quelle probabilité qu'un musicien de mariage syrien finisse par conquérir le monde en pleine guerre dans sa patrie natale ? Faiblarde, la proba'. Mais Mark Gergis est passé par la Syrie circa 2004, a chopé au passage des K7 du futur pote de Four Tet, quelques-unes des nombreuses prestations live enregistrées à la bricolo durant des noces qu'il anime pour vivre depuis 1994. L'Américain en a fait une compilation pour son si précieux label Sublime Frequencies, Highway to Hassake en 2006, puis d'autres, et la théorie des dominos s'est mise en branle.

Omar s'est exilé en Turquie depuis le début du conflit mais sa dabke synthétique a fait des émules, plaçant la Syrie en bonne place sur la mappemonde de la sono mondiale. Four Tet donc, mais aussi Gilles Peterson, Björk ou Damon Albarn en ont fait un chanteur arabe populaire et universel, signant désormais ses réguliers albums studio sur Mad Decent (Diplo) ou Monkeytown (Modeselektor). S'il y a moins de surprise et si la recette initiale n'évolue pas vraiment au fil des disques, le show Souleyman, bacchantes dans le vent, reste jouissif : rendez-vous le vendredi 23 février à 23h30 au Transbordeur pour s'en assurer, en compagnie de Mehmet Aslan et Ge-Ology.


Omar Souleyman + Mehmet Aslan + Ge-Ology


Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Nuits sonores | On connaît la programmation complète des Days de Nuits sonores, et c'est clairement du côté du samedi concocté par Paula Temple que se tournent les oreilles les plus curieuses : de Moor Mother à Amelie Lens, la Berlinoise a visé juste.

Sébastien Broquet | Mardi 16 janvier 2018

Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Doucement, l'architecture de Nuits sonores 16e du nom commence à se dévoiler. Ce matin, l'on a appris que le festival faisait son grand retour à la piscine du Rhône, là où quelques belles pages de sont histoire se sont écrites : c'est ici que tout avait commencé, en 2003. C'est là encore que Laurent Garnier avait délivré un set mythique en 2005, qu'une Body & Soul moite s'était lovée en 2008, ou qu'un set improbable de Busy P avec Joey Starr au micro beuglant sur du dubstep nous avait laissé pour le moins perplexe en 2011... Retour dans ce lieu donc, où l'on suivra la carte blanche offerte cette année à Amsterdam dont la programmation complète sera dévoilée le 7 février prochain, comme le reste du programme de nuit (qui prendra place pour la seconde année consécutive dans les anciennes usines Fagor-Brandt). La sensation Amelie Lens On connaissait déjà les noms des quatre curateurs des Days, voici les line-ups complets qu'ils nous ont concocté. Commençons par la fin et ce samedi 12 mai de dingue programmé par la cruciale Paula Temple, activiste précieuse qui sait mettre des actes sur ses convictions profondes et

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Les Chemical Brothers au festival Nuits Sonores

Nuits Sonores 2017 | Voici la suite de la programmation de Nuits Sonores : des Chemical Brothers à Pharoah Sanders, en passant par Vitalic et Stormzy, c'est une édition excitante qui s'avance, où l'on relève une réelle connexion avec le monde qui nous entoure, loin des plateaux techno au kilomètre : regard accentué vers le Moyen-Orient, place accrue accordée aux artistes féminines, intérêt pour la scène queer, retour vers le jazz et ouverture d'une scène entière dédiée à la jeune garde hip-hop... Vincent Carry (le directeur) et Pierre-Marie Ouillon (le programmateur) nous expliquent cette édition en vidéo : l'occasion aussi de découvrir ce tout nouveau lieu, les usines Fagor-Brandt.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

Les Chemical Brothers au festival Nuits Sonores

Culte, la nuit 4 Chemical Brothers ! Le duo de Manchester sera sans aucun doute l'attraction principale de cette édition, œuvrant au peak time de la nuit 4 le samedi soir, dans la halle 1... Tom Rowlands et Ed Simons ont construit depuis le début des 90's un culte dépassant largement le big beat originel et délivrent des DJ sets absolument déments. Il va falloir jouer des coudes pour s'approcher ! Autour d'eux sur cette scène, se produiront l'allemand Errorsmith, mais aussi le Syrien précurseur des musiques électroniques Rizan Sa’id entre rythmes kurdes traditionnels et synthétiseurs. « La nuit 4 sur cette scène 1, c’est un peu notre spéciale 15 ans, notre anniversaire » explique Pierre-Marie Ouillon, le programmateur. Et c'est P.Moore qui clôturera cette nuit, histoire de concrétiser son come-back : belle attention et gros moment d'émotion à prévoir au petit matin. « Il a décidé de se remettre dans le match, et il est la personnalité qui peut relever ce défi : ce sera historique pour nous ! » ajoute Pierre-Marie Ouillon. Pourra-t-il dépasser l'horair

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Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Les soirées du 14 au 27 octobre

16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Quelque chose en eux de Düsseldorf

Darkside L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu’ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d’œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d’œuvre d'electronica à la dérive. Nuit 1 – Halle 1 A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

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Souleyman le Magnifique

MUSIQUES | Musique / Pour l'ouverture officielle de sa saison, le Transbordeur propose une soirée riche en bizarreries. À commencer par son intitulé Rising Dawn, qui (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2011

Souleyman le Magnifique

Musique / Pour l'ouverture officielle de sa saison, le Transbordeur propose une soirée riche en bizarreries. À commencer par son intitulé Rising Dawn, qui sonne un peu comme le nom d'une opération militaire américaine. Ce qui est d'autant plus savoureux que le plat principal en sera du Omar. Syrien le Omar. Blague à part, l'occasion rêvée pour ceux qui ignoraient l'existence du musicien Omar Souleyman de découvrir un véritable phénomène, sosie croisé de Yasser Arafat et Saddam Hussein, avec keffieh, moustache et lunettes noires de bogoss'. Auteur de près de 500 cassettes dans son pays où le mp3 ne s'est pas encore...euh … démocratisé, ce musicien pas vraiment traditionnel, star des souks et des mariages (d'où proviennent la plupart de ses enregistrements) est devenue la nouvelle idole folklorique de l'Occident branché. Grâce en soit rendue aux défricheurs «outre-mondistes» de Sublime Frequencies, label de Seattle capable de vous dénicher une popeuse prodigieuse au fin fond du Myanmar. Depuis, même la sorcière, pardon, la fée Björk, et le NME, magazine british faiseur/défaiseur de tendance musicale, se sont entichés du prodige. Il faut dire que la musique d'Omar Souleyman, qui offre

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Petite musique de (boîte de) nuit

MUSIQUES | Cela faisait un bail que l'on attendait la visite lyonnaise de Four Tet, alias Kieran Hebden, prodige de la miniature électro mélodique et poétique. Ce sera fait le 14 décembre à Grnd Zéro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 décembre 2006

Petite musique de (boîte de) nuit

Vous avez forcément déjà croisé le nom de Four Tet quelque part, même si vous n'avez pas ses disques sur les rayons indie-pop ou électronique cérébrale de votre CDthèque... En effet, l'homme derrière ce faux groupe, Kieran Hebden, est un des plus fameux auteurs de remixes en activité, proposant ses services pour des pointures populaires comme Radiohead, Bloc Party ou Aphex Twin. Cela posé, on a dit deux gros mots en ouverture concernant Four Tet : indie-pop et électro-cérébrale. Vilaines facilités journalistique pour une musique infiniment complexe, qui charrie autant d'énergie que d'émotion, et sur laquelle on ferait mieux d'accoler l'étiquette de «poésie musicale» ou d'«onirisme sonore». Car Kieran Hebden aime sculpter avec ses machines des paysages qui ressemblent à des rêves éveillés, suite de visions parfois cotonneuses, parfois furieuses, en tout cas aux avants-postes de ce que l'électro et la pop produisent généralement. Le tour du monde en 80 minutes Le rêve d'Hebden commence avec son premier groupe, Fridge, à la fin des années 90. L'utopie d'un rock instrumental et abstrait qui ferait passer cette musique de l'adolescence à l'âge adulte est sur le poin

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