The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Rock | Avec "Shadow People", un disque détonnant produit par Anton Newcombe, le meilleur groupe garage catalan du monde, The Limiñanas, a livré son album le plus abouti, le plus libre, et peut-être le plus personnel. Et frappé un gros coup dont les secousses se propagent à très grande vitesse dans le paysage rock. Entretien avec M. Limiñana avant leur passage à L'Épicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

Photo : © A. Crane


Sur cet album vous avez travaillé pour la première fois avec un producteur et non des moindres, Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre. Comment a-t-il influé sur votre manière de travailler, vos habitudes et surtout votre son qui n'a jamais été aussi percutant ?
Lionel Limiñana :
La première fois qu'on est allé à Berlin, je lui ai amené toutes les rythmiques et la plupart des mélodies, des riffs en tout cas. Nous attendait là-bas une ingé son, Andrea Wright, qui a produit des gens aussi différents que Black Sabbath, Echo & the Bunnymen, quelqu'un qui sait enregistrer une batterie et une guitare. On a commencé par reprendre toutes les rythmiques de Marie et là, déjà, j'ai senti que le disque prenait de l'épaisseur par rapport à ce que j'aurais fait. On a commencé à travailler sur cette base-là, Andrea, Marie et moi. Anton se baladait dans l'appart', il entrait, écoutait de l'extérieur et balançait un riff ou un arrangement de mellotron. Ça s'est monté par petits bouts avec des interventions d'Anton qui avait toute liberté de faire ce qu'il voulait. Comme il sait ce qu'est un album et laisse respirer la musique, à chacune de ses interventions, non seulement ça fonctionnait mais ça ne remettait rien en question de ce qu'on avait imaginé.

À aucun moment vous n'avez eu peur que sa patte ou celle de Peter Hook [ex-bassiste de New Order qui prête sa basse et arrange le titre The Gift, NDLR] ne dénature votre travail ?
C'est vrai que ce sont des gens qui ont trouvé leur propre son. Anton, dès qu'il fait un accord de clavier ou un riff de guitare, on sait que c'est lui. Et Peter Hook est sans doute un des seuls mecs à utiliser la basse comme il le fait. Mais on les a choisi parce qu'on était certains que ça allait fonctionner. Sur les huit jours de boulot avec Anton, je crois qu'on n'a pas effacé une seconde de ce qu'on avait enregistré. Il y a des tas de producteurs très bavards qui enregistrent des tonnes de trucs. Lui pas du tout. Il collait un riff de guitares sur le mien et il n'y avait plus qu'à monter les curseurs. Forcément, comme Peter Hook, il vampirise le son du groupe mais en fait ça marche. En écoutant, j'étais vraiment hyper fier de la tournure que le disque prenait. Parce que c'était à la fois ce que j'avais en tête avant, mais magnifié par son boulot à lui.

Pourquoi avoir choisi de raconter avec ce disque l'histoire de vos années lycée ?
Je ne me souviens plus vraiment de ce qui a déclenché l'idée de base, mais en gros le but c'était de raconter l'histoire d'un môme qui arrive dans un lycée des années 90 et qui trouve sa place dans les bandes de l'époque, les mods, les punks... toutes les bandes qu'on trouvait dans les cours de récré du temps où l'on allait au lycée avec Marie. Ce qui est drôle, c'est que certains titres du disque se sont mis à sonner comme la musique de l'époque – au lycée mon frangin écoutait New Order toute la journée. Après on a scénarisé le disque comme on avait pu le faire pour Malamore ou Costa Blanca. J'aime bien l'idée de pouvoir travailler sur une histoire même si elle est blindée de références qui ne parlent qu'à mes proches. Mais c'est aussi un peu l'histoire de tout le monde, parce que ce sont des années importantes dans une vie. Elles sont à la base de tout ce qu'on aime et comme avec Marie on n'a jamais bougé de la région, les gens dont on parle, on est encore avec eux aujourd'hui.

Qu'est-ce que ça désigne, Shadow People ?
Dans la mythologie anglo-saxonne, c'est cette espèce de présence que l'on sent derrière soi et qui disparaît quand on tourne la tête. On ne sait pas trop si c'est un fantôme ou une entité d'une autre dimension. Il y a pas mal de films fantastiques autour de ça, mais c'est quelque chose qu'on ne connaît pas vraiment en France. L'idée, c'est que tous ces gens qui étaient là avec nous, tous ces dogmes qu'on a respectés à l'époque, tout l'apprentissage de la musique, tout ça ne nous a jamais réellement quitté. C'était une manière de donner un nom à ce phénomène-là.

On peut penser aussi que c'est une manière d'évoquer les multiples influences qui hantent le groupe – musique de films, pop underground des années 60, psychédélisme, yé-yé, krautrock –, si nombreuses qu'on se demande si The Limiñanas, c'est encore du garage...
Je pense que ça n'en est plus. On n'a jamais eu l'intention d'être un groupe revival ou vintage. J'assume vraiment d'aimer à la fois New Order, les Cult, les Cramps, Nick Cave et de faire des chansons sans me poser de question sur la direction à prendre ou le dogme à respecter. C'était important quand j'étais ado mais ça ne m'intéresse plus du tout. Effectivement, la musique qui prend le plus de place chez nous ça reste le garage punk des années 60, la musique primitive 60's. Mais musicalement, aujourd'hui, je ne sais pas où on peut nous ranger.

The Limiñanas
À l'Épicerie Moderne le samedi 24 mars


The Limiñanas


Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Rock | Invités à venir faire chauffer l'Épicerie Moderne, de leurs tubes, surtout, moins de leur dernier album, on ne peut s'empêcher, depuis la sortie d'un certain docu de 2004 baptisé Dig !, de raccrocher la trajectoire des Dandy Warhols de celle de leurs doubles maléfiques (ou peut-être est-ce l'inverse) du Brian Jonestown Massacre. Précisément parce que c'est à partir de ce film que les Dandy devinrent moins intéressants, à tous points de vue, et se firent voler la vedette par le loser de la fable, Anton Newcombe que la postérité gardera quand des Dandy on ne gardera que les posters.

Stéphane Duchêne | Dimanche 12 février 2017

The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Dieu que la postérité est une méchante fille ! Ce ne sont pas les Dandy Warhols qui diront le contraire, même si cette dernière n'en a encore pas fini avec leur cas comme avec celui de leurs ennemis intimes du Brian Jonestown Massacre. Rembobinons le temps jusqu'en 2004, année de la sortie de Dig !, documentaire d'Ondi Timoner que tout fan de rock n'ignore plus depuis longtemps. Son sujet, l'ascension parallèle de deux groupes de pop psychédéliques amis : les Dandy Warhols, que le public connaît par cœur, et The Brian Jonestown Massacre, que ce même public, pour la plupart, découvre. Sauf que le parallélisme, comme l'amitié, ne dure pas bien longtemps. Tandis que, devant la caméra gourmande de Timoner, le Brian Jonestown Massacre n'en finit plus d'imposer, d'exploser, de se bastonner sur scène, de corriger son public, de se fracasser contre les murs, – malgré le génie évident de son leader Anton Newcombe pour composer à la chaîne des chansons fabuleuses et grâce à son

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Les Vies de Brian Jonestown Massacre

Rock | Est-ce parce qu'il a connu une vie faite d'excès et qu'on ne l'imaginait pas passer les christiques 33 ans que l'on n'a longtemps cessé de présenter chaque album d'Anton Newcombe, comme celui de la rédemption pour ne pas dire de la résurrection ? C'est peut-être surtout parce que lui-même, chantre de l'autodestruction, a fini par souscrire à cette idée.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Les Vies de Brian Jonestown Massacre

« Je suis mort, je suis mort, alléluia, chantez ma résurrection » énonce sur Philadelphie Story une Soko qui affirme marcher sur des épines. Reprise d'un William Sheller période cosmique, elle figure sur un album intitulé Musique de Film Imaginé, BO de film français mais sans film, signée... Brian Jonestown Massacre. Mots dits par Soko, chanson de Sheller, concept hors-sol, mais Newcombe en ventriloque. À la sortie de Revelation, écrit sur fond de fin du monde 2012, ce dernier évoquait son prédécesseur, Aufheben, sorti lui l'année de l'Apocalypse avortée, en précisant que ce mot allemand, "Aufheben" signifiait à la fois « détruire, reconstruire et préserver. » Écho inconscient à la carrière de Brian Jonestown Massacre : la destruction ambitionnée du système en général, de l'industrie du disque en particulier, un écrasement de la concurrence à coups de g

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10 concerts à voir en juin

MUSIQUES | En attendant d'entrer pleinement dans la saison des festivals, voici dix concerts à ne pas louper dans la ville.

Stéphane Duchêne | Lundi 13 juin 2016

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Billie On l'avait laissé sur un Baiser, on la retrouve sur un French Kiss. Le Baiser, c'était son premier album d'étrange chanson française d'obédience krautrockeuse et conteuse. Le French Kiss, c'est ce moment de retrouvailles traditionnellement organisé par le Club Transbo pour fêter la sortie (ou la release comme on dit en étranger) d'un album ou d'un EP d'un ami du coin. Là c'est un EP, Nuits Aquatiques produit par Erotic Market en mode plus r'n'b et plus coulant, quoique. Comme il se doit l'affaire se joue gratuitement sur réservation avec pléthore d'invités surprises. Au Club Transbo le mercredi 15 juin Neil Young & Promise of the Real Au rythme où ça va, gageons que Neil Young est parti pour enterrer tous ses pairs. Le fait qu'il est l'un des derniers de sa génération à sortir des albums dignes de ce nom — pas toujours, l'avant-dernier n'étant pas une réussite — et porteurs d'une capacité de régénération plutôt hors du commun. DHEA ? Non, enthousiasme, car Neil pr

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Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

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Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino) Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort. Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia) Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits. David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone) On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde. Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music) De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973. Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)

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The Brian Jonestown Massacre à l'Epicerie Moderne

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Stéphane Duchêne | Jeudi 14 avril 2016

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On les a attendu pendant des années, voilà que la bande à Newcombe n'en finit plus de venir à Lyon (CCO en 2010, Nuits Sonores en 2014). Ce qui n'est pas la moitié d'une bonne nouvelle s'agissant ni plus, ni moins (même si on peut toujours débattre) du meilleur groupe du monde, assagi mais toujours aussi génial. Lequel aura cette fois les honneurs de l'Épicerie Moderne, le 28 juin prochain. On sent déjà les premiers effets de la canicule et des inimitables "têtes" de Joel Gion.

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Limiñanas/Comelade : crème de la crème catalane

MUSIQUES | Comme il était temps que se réunissent sur disque les garagistes vintage de Limiñanas et leur génial ami bricoleur Pascal Comelade ! Ce fut fait en 2015 avec Traité de Guitarres Triolectiques. Comme il était temps aussi qu'ils montent une dream team catalane sur scène, pour nous montrer leur bric à branque.

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 février 2016

Limiñanas/Comelade : crème de la crème catalane

« Attention, à jouer au génie, on risque de le devenir ». Ainsi finissions-nous il y a deux ans un article consacré aux Limiñanas, duo garage des environs de Perpignan, mettant ainsi leur destin dans la bouche de Salvador Dali (Cali, Perpignanais lui aussi, n'étant pas disponible). On ne va pas vous dire que les Limiñanas sont devenus les génies pour lesquels leurs disques fiers à bras et désinvoltes, leur j'm'enfoutisme pas vendeur, donnaient l'impression qu'ils se prenaient. Leur étonnant succès US semblait le confirmer, quand en France ils étaient quasi inconnus – cela va changer on vous l'annonce avec la sortie de Malamore en 2016. Même si dans leur genre, inclassable et incassable, ils sont assez géniaux – ce qui n'est pas tout à fait pareil. À défaut de devenir tout à fait ce génie, Lionel et Marie Limiñana ont eu l'idée – de génie – d'aller à la rencontre (ou peut-être est-ce l'inverse ? Ou peut-être sont ils allés l'un vers l'autre) d'un autre génie Catalan. Non, toujours pas Cali, mais Pascal Comelade. Catalan casanier comme eux en même temps que, comme eux, increvable voyageur musical, brocanteur esthétique, bavard mutique

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Les nombrils du monde

MUSIQUES | Duo perpignanais parti à la conquête de l'Amérique avant même qu'on ait entendu parler de lui en France, The Limiñanas se pointe déjà avec son troisième album, une allure dingue et une geste musicale quasiment indescriptible faite de psychédélisme cinématographique et de spectres yéyé multicolores. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Les nombrils du monde

A la question «où se trouve le centre du monde ?», chacun répondra à peu près : «quelque part autour de mon nombril» ou «dans ton coeur» (pour les plus polis). Salvador Dali, lui, situait ce lieu primordial du côté de la gare de Perpignan. Ensuite, Cali – a-t-on noté qu'une seule lettre et une place dans l'alphabet sépare les patronymes de ces deux "génies" ? – est venu tout saloper et transpirer des cheveux en gueulant «C'est quand le bonheur ?», on a eu envie de mourir sans avoir été heureux et on n'a guère plus regardé Perpignan que légèrement de travers. Puis sont arrivés les Limiñanas. Bon, ne nous cachons pas derrière le petit doigt de la lorgnette, en France, Lionel et Marie Limiñana sont aussi connus du grand public que Cali est étudié à l'IRCAM ou à la Berklee Academy, mais les States, cet Eldorado pour lequel on abandonne sans peine son ego hexagonal, les adorent. Leurs vinyles font un tabac – un petit tabac, genre bar-tabac de village mais quand même –, ils sont la preuve qu'il y a une vie avant et après Get Lucky.

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Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

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Stéphane Duchêne | Lundi 20 août 2012

The Brian Jonestown Massacre

(A Records)

"Mea maxima culpa", comme disait l'autre – ce pourrait d'ailleurs tout à fait être le titre d'un album de BJM. C'est une faute que de ne pas avoir évoqué cet album avant. Cet album qui comme, l'indique le visuel de sa pochette, devrait être envoyé dans l'espace en direction de toutes les formes de vie extra-terrestres pour leur montrer de quel bois on s'échauffe les oreilles de ce côté-ci de l'univers.   Autrement dit sur cet planète où est né l'homo-antonnewcombus, ici revenu à cette très haute forme de psychédélisme de bon aloi qui a longtemps été sa marque de fabrique. Sans pour autant se démarquer des prétentions expérimentales et soniques de ses disques les plus récents Who Killed Sergent Pepper ? et My Bloody Underground. C'est donc un Anton Newcombe complet, une sorte de bréviaire du Massacre que l'on retrouve sur ce prodigieux Aufheben – d'ores et déjà à ranger parmi les classiques d'une pléthorique et massacrante discographie – où l'on

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Sergent rock

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Dorotée Aznar | Vendredi 9 avril 2010

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Rock / Après avoir longtemps œuvré dans l’exploration-visitation du psychédélisme 60's (et de tout ce que cela implique en équipement pharmaceutique), le Brian Jonestown Massacre monstre a tentacules multiples mais à une tête (de mule) donne depuis quelque temps dans le brouillage sonique. Comme en attestait d'ailleurs leur précédent album, "My Bloody Underground", où la dépouille du Velvet venait saigner sur les guitares infectées de My Bloody Valentine. Un changement opéré depuis qu’Anton Newcombe et sa bande enregistrent en Islande, pays de feu et de glace. Là, Newcombe a trouvé une quiétude où le fracas volcanique de la terre ne dort que d'un oeil. Idéal pour qui a, comme le leader de BJM, de la lave en fusion à la place du cerveau. Mais BJM n’a pas pour autant abandonné son entreprise de dynamitage de l’héritage pop mondial. Après des pastiches des Stones ou de Dylan le groupe s’attaque cette fois, même si symboliquement, à l’hydre de Liverpool, les Beatles, avec "Who Killed Sgt Pepper ?". Un album si chaud qu’on ne sait pas par où l’attraper, qu’on manipule comme une patate chaude ou une boule de feu mais qui laisse quelques belles brûlures sur la peau et les tympans. Apocaly

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