Sofiane Saidi ravive la flamme du raï

Raï | Premier album commun pour Mazalda, combo lyonnais, en compagnie du merveilleux chanteur de raï qu'est Sofiane Saidi : on se précipite à Bizarre! pour déguster cette sucrerie à l'eau de rose.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Photo : Sofiane Saidi © DR


Outre le fait qu'il est un magnifique compagnon de virée nocturne, Sofiane Saidi s'avère un sacré chanteur de raï dès lors que sa bouche s'approche d'un micro. Il faut conter ici qu'il a débuté tôt, traînant dans les fêtes et les mariages de Sidi Bel Abbes (où il est né) pour approcher les frères Zergui, idôles du raï d'alors. Qu'il a commencé à fouler la scène des clubs dès 15 ans, et pas n'importe où : à Oran, le berceau de cette musique canaille et romantique qui nous envoûte encore aujourd'hui même si l'on se demandait bien où était passée la relève de la star Khaled, du tant regretté Cheb Hasni, assassiné (et que Sofiane rencontra) ou encore des très électriques Raïna Raï.

Fuir l'islamisme

Ce qu'a bien compris la bande de Mazalda, c'est qu'avec Sofiane, il était possible de le réinventer, ce raï. Car parti à Paris à 17 ans en 1990, pour fuir le FIS et les ravages de l'extrêmisme religieux, Sofiane Saidi n'a pas perdu son temps en s'installant chez son frangin, naviguant sans relâche dans la nuit parisienne où il a un temps retrouvé la fine fleur musicale d'Algérie, mais où il a aussi croisé le chemin de ceux qui métissaient les grooves au mitan d'une décennie kiffant l'éclectisme et le mélange comme jamais. Entre deux petits boulots, on le croise alors aux côtés de Smadj, de Naab, de Natacha Atlas, dans le monde du jazz comme des musiques électroniques, car le raï à la parisienne, trop aseptisé à son goût, le rebutera vite...

Rimitti m'en un

Et vint l'album solo en 2015, El Mordjane, magnifique. Enfin, la pleine lumière, après l'avoir travaillé et conçu pendant dix ans, ce disque ! La paire Acid Arab, évidemment, ne s'y trompe pas et le convie sur son album Musique de France : ça donne un hit pour dancefloor, El Hafla. Et donc, revenons-y, ce projet avec Mazalda. Grandiose : un orchestre de sept musiciens, avec section de cuivres, synthétiseur et rythmique au carré. El Ndjoum, l'album tout juste paru en mars, est une merveille à la fois totalement classique dans son expression (la voix dirige tout) et complètement imprégné de son époque, électronique et funky (mais le raï l'était déjà dans les 80's, en vérité). Comme une plongée dans les cabarets enfumés d'Oran, où petits voyous clope au bec et dandys côtoyaient divas et prostitués, whisky à la main, au son de Cheikha Rimitti, truculente reine de la nuit dont une cover délicieuse de Saïda conclut cet album avec virtuosité.

Sofiane Saidi & Mazalda
À Bizarre! le vendredi 6 avril
À Jazz à Vienne le vendredi 13 juillet


Sofiane Saidi et Mazalda + Guess What


Bizarre! 68 boulevard Joliot-Curie Vénissieux
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Morcheeba + Dhafer Youssef + Electro Deluxe + Sofiane Saidi & Mazalda + Moon Hooch + Gauthier Toux Trio


Théâtre antique de Vienne Vienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Super Orion bouscule le raï

Sono Mondiale | Mazalda, combo d'alternatifs ambianceurs férus de pulse afrobeat et de sono mondiale camouflée façon Sublime Frequencies, s'aventure dans un projet au nom 70's en compagnie de la voix de miel de Sofiane Saidi : ça s'appelle Super Orion et vous allez en entendre parler. Ici-même par Stéphane Cézard, leur guitariste, pour commencer.

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Super Orion bouscule le raï

Mazalda : origine et influences ? Stéphane Cézard : Mazalda est un sextet qui existe depuis quinze ans, ayant endossé de nombreuses formes : orchestre de rue accoustique, groupe de scène ou exploration sonore multi-spatiale, avec depuis le début un amour des traditions populaires du monde entier. C'est nourri de ces influences multiples allant notamment du raï, des musiques traditionnelles africaines, indiennes ou européennes au rock prog, que la musique et le son unique de Mazalda sont nés. Super Orion : un projet multiple, avec des invités d’horizons divers… Il y a eu deux phases dans la construction du projet : d'abord en 2014/15, 10's Orion Raï avec le chanteur Cheb Lakhdar et le derbki (joueur de derbouka) Mohamed Ben Amar, lors de laquelle Mazalda a eu une première approche du raï avec ces deux musiciens oranais et a commencé à s'approprier les danses, les façons d'orner et d'accompagner le raï. Puis, Super Orion où Mazalda s'affranchit du répertoire de Cheb Lakhdar et élargit ses influences à la musique turque, égyptienne ou marocaine, en plaçant la

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Bons voyages

CONNAITRE | Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 3 juillet 2013

Bons voyages

Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans organise Fêtes Escales, une manifestation articulée autour de «temps forts» bon enfant (pique-nique, feu d'artifices, bal...) et, surtout, de concerts en plein air pensés comme des cartes postales.   Cette année, à l'approche de la commémoration de la prise de la Bastille, le parc Dupic se parera ainsi successivement des couleurs d'Israël (là où le folk-rock de la pétulante Riff Cohen puise sa chaleur), de la Jamaïque (grâce au vétéran du reggae Winston McAnuff, accompagné pour l'occasion par l'accordéoniste néo-musette Fixi), de l'Amérique dite des grands espaces (où s'aventure Sanseverino avec un disque de bluegrass francophone aussi gouailleur et vigoureux que ses albums manouches) ou encore du Sénégal (pays d'origine du prodige de la

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