Désert de feu à Vénissieux

Fêtes Escales | Dernière sensation, particulièrement inventive, de la galaxie musicale touarègue, les Algériens d'Imarhan viennent mettre le feu aux Fêtes Escales en un mélange dévastateur de tradition locale, de rock, de funk et de disco. Immanquable.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Photo : © DR


Le désert comme piste de danse, la lune comme boule à facettes que fait luire le feu du bivouac au son des guitares. Parfois, sur des amplis à pile les membres d'Imarhan partent jammer autour d'un feu dans le silence du grand rien.

Le groupe est l'un des derniers avatars de ce rock touareg qui dans le sillage désormais presque ancestral de Tinariwen – les premiers à avoir greffé des guitares rock sur la musique traditionnelle de cette vaste région transfrontalière – n'a cessé de se développer au cœur du désert musicalement fertile qu'est devenu ce Sahara où l'on trouve aujourd'hui presque autant de guitares que de grains de sable – « chez nous la musique c'est comme le football au Brésil », dit leur leader Iyad Moussa ben Abderahmane.

Remarqué en 2016, avec un album éponyme et un titre Tahabort, démentiel, produit par le bassiste de Tinariwen cousin du susdit leader, les membres d'Imarhan n'ont à proprement parler pas grandi dans le désert. Ce sont des enfants de la ville – Tamanrassett, dans le sud de l'Algérie – et des jeunes gens de leur temps, aussi connectés aux membres de leur génération que redevables aux anciens du désert, conscients de la vastitude du monde qu'attachés aux traditions tamasheq.

Tradition orale et 3G

Tout cela transpire, c'est le mot, dans une musique, virtuose et souvent cinglante, qui porte à se demander si les meilleurs guitaristes ne sont pas voués à pousser dans le désert. S'emparant du blues touareg, Imarhan, auteur d'un déflagrant Temet cette année, y intègre avec une sophistication sans couture et une efficacité de prédateur des mélodies pop aux frontières du funk, des sonorités africaines aux contours discoïdes, combinant rythmiques chavirantes et guerrières à des messages de paix, d'espoir et d'éducation.

Plus que jamais, et à travers ce groupe, adoubé tant par ses pairs locaux que par l'Occident (Howe Gelb, Steve Shelley, Usher, Kurt Vile les admirent, le label allemand City Slang les héberge) ce rock-là fait ici le pont entre la tradition orale et le monde en 3G, entre le nomadisme ancien et la sédentarité (paradoxale) dans un monde qui bouge.

Magie d'un genre qui pour être né dans des régions où l'accès à l'électricité est toujours un problème a choisi de s'arc-bouter sur un instrument se nourrissant de cette énergie, comme un symbole combiné de la lutte contre l'adversité et de la marche du progrès. Les temps changent, le désert reste, entre les deux, le rock touareg fait mieux que s'adapter. Il évolue, au sens noble.

Imarhan
Au Parc Louis-Dupic à Vénissieux dans le cadre de Fêtes Escales le dimanche 15 juillet à 19h30

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Fêtes Escales : Vénissieux fête la sono mondiale

Fêtes Escales | Trois soirs au cœur de l'été pour se plonger dans la sono mondiale la plus épicée : d'Idir à Systema Solar en passant par Bachar Mal-Khalifé, c'est caliente.

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Fêtes Escales : Vénissieux fête la sono mondiale

Filons direct au second soir, le samedi 15 juillet : c'est là qu'il va se passer le truc, ce petit moment de festival qui justifie toutes les heures de trajet (bon là, c'est à Vénissieux, dans le parc Dupic, du coup ça va), la traditionnelle boue festivalière qui surgit toujours à un moment ou un autre, les toilettes impratiquables, les longues files d'attente au bar (pour une bière renversée quelques mètres plus loin par un individu en état d'ébriété, comme on l'écrit dans les articles de PQR). Ce truc, c'est Systema Solar : véritable engin incendiaire pour tout dancefloor qui se respecte, venu de Colombie, le groupe s'inscrit dans la vague un peu moins tendance désormais de la nueva cumbia (Bomba Estereo, le label ZZK, tout ça) mais fait clairement partie de ceux qui peuvent perdurer par la puissance de leurs lives et leur habilité à tisser des tubes universels. En prime, sur le même plateau, les locaux les plus affutés du genre cumbia (Kumbia Boruka) et latin beat à la Quantic (The Bongo Hop) pour s'échauffer au déhanché. Le lendemain, dimanche 16 juillet, c'est le Franco-Libanais hébergé par le l

Continuer à lire

Prochaine escale : Vénissieux

CONNAITRE | Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Prochaine escale : Vénissieux

Solidement inscrite au calendrier de la ville de Vénissieux, la fête municipale Fêtes escales se mue chaque année en événement citoyen valant amuse-gueule pré-14 juillet – jour de clôture de l'événement par un grand bal, forcément brésilien cette année, où l'on peut faire les fous avec ses concitoyens sans risquer de remontrances de la maréchaussée (mais dans le respect de la personne). Entre ateliers, animations et spectacles pour enfants, Fêtes escales fait aussi le plein de concerts où, mode dépliage de nappes sur herbe oblige, il y a forcément à boire et à manger. L'accent est généralement mis sur le festif et le bon enfant et se décline en thématiques : chanson, musiques du monde (fanfare brésilienne, charango) et "cultures urbaines" (mélangeant hip-hop et rock comme à la parade : Raistlin, Akua Naru, Oaï Star..). Les amateurs des Têtes Raides en seront par exemple pour leurs frais (soit zéro euros), mais l'on pourra également apprécier le folk français – non ce n'est pas antinomique – de l'excellente Maison Tellier et même la Maîtrise de l'Opéra de Lyon. Enfin, en guise de star de l'événement, on retrouvera le p

Continuer à lire

Bons voyages

CONNAITRE | Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 3 juillet 2013

Bons voyages

Villeurbanne n'a pas le monopole des festivals citoyens – autrement dit gratuits et participatifs. Ainsi de Vénissieux, qui chaque été depuis quinze ans organise Fêtes Escales, une manifestation articulée autour de «temps forts» bon enfant (pique-nique, feu d'artifices, bal...) et, surtout, de concerts en plein air pensés comme des cartes postales.   Cette année, à l'approche de la commémoration de la prise de la Bastille, le parc Dupic se parera ainsi successivement des couleurs d'Israël (là où le folk-rock de la pétulante Riff Cohen puise sa chaleur), de la Jamaïque (grâce au vétéran du reggae Winston McAnuff, accompagné pour l'occasion par l'accordéoniste néo-musette Fixi), de l'Amérique dite des grands espaces (où s'aventure Sanseverino avec un disque de bluegrass francophone aussi gouailleur et vigoureux que ses albums manouches) ou encore du Sénégal (pays d'origine du prodige de la

Continuer à lire

Escale à Vénissieux

CONNAITRE | Des pique-niques, une dictée (!), une rencontre avec Alexandre Astier (le 11 juillet), des courts-métrages, de la musique et de la convivialité, c'est le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 18 juin 2009

Escale à Vénissieux

Des pique-niques, une dictée (!), une rencontre avec Alexandre Astier (le 11 juillet), des courts-métrages, de la musique et de la convivialité, c'est le programme – gratuit – des Fêtes Escales de Vénissieux durant quatre jours (du 11 au 14 juillet). Kery James, Sapho, Buridane électriseront les nuits avant que l'Opéra de Lyon et son chef d'orchestre Kazushi Ono ne prennent place dans le parc Dupic pour une interprétation du Roméo et Juliette de Prokofiev en plein air.

Continuer à lire