Activistes, pas militants

Intérieur Queer | Cinq jours de performances, de cabaret, de débats et surtout de fêtes : Intérieur Queer prend possession de la ville, porté par l'élan de la soirée Garçon Sauvage.

Sébastien Broquet | Mardi 26 juin 2018

Photo : Contrefaçon © DR


Ce n'est pas qu'une fête. Intérieur Queer est aussi le cadre idéal pour échanger et débattre autour des questions de société. Et ça a déjà commencé : trois tables rondes ont eu lieu au centre LGBT depuis avril, dont la substantifique moëlle sera retranscrite lors du Café Queer, au restaurant À La Piscine le samedi 30 juin et retransmise en direct sur Radio Nova. Un moment important du festival, où seront discutés les droits des transgenres, l'accueil des réfugiés ou les discriminations intra-communautaires, enrichies de petites capsules documentaires enregistrées lors de la récente Pride de nuit.

L'un des deux moments phares du festival sera la traditionnelle Garçon Sauvage, délocalisée au Transbordeur dans les deux salles où se relayeront le Canadien Tiga, plutôt discret ces derniers temps après avoir enchaîné les hits à la fin des années 2000, la rappeuse M¥ss Keta, l'échappée provisoire de Schlaasss qu'est Cœur ou encore les petits jeunes de Contrefaçon, qui remettent le gabber à l'heure en le faisant entrer en collision avec le cloud rap, comme l'illustrait leur morceau R Max, toujours solidement clippé - leur autre point fort. C'est extrême, tendu, un poil défoncé et ça pourrait bien finir par cartonner : ce sera clairement le concert à ne pas manquer ce soir-là.

Autre épisode clé, la drag attack au Mercure Château Perrache, le jeudi soir : une party en mode cocktail, avec surtout cinq chambres investies et pimpées en scènes pour spectacles intimistes où se succéderont les performances enjailleuses de Cookie Kunty, Messalina Mescalina, Olek, The Arseniek ou encore Shei Tan.

Enfin, on guettera dans le circuit du vendredi le Cabaret de Madame Arthur qui s'échappe le temps d'une soirée de Paris pour investir le toujours aussi inspiré Lavoir Public. Le Centre LGBTI, le XS, le L Bar, la Ruche, l'Étoile Opéra, le Livestation DIY étant les autres étapes. Tout ceci s'inaugure joyeusement dès ce mercredi soir, à la Taverne Gutenberg.


Café Queer


À la Piscine 8 quai Claude Bernard Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Garçon Sauvage Cocktail

Avec The Arseniek, Cookie Kunty, Shei Tan, Klaus Wiekind...
Hôtel Mercure Centre Château Perrache 12 cours de Verdun Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Garçon Sauvage Club

Avec Tiga, Pérel, Contrefaçon, Myss Keta, Cœur, Martini Cherry Furter et L'Homme Seul
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Chantal la Nuit : « le mouvement queer, c'est une vraie révolution sociale »

Intérieur Queer | Seconde édition pour Intérieur Queer, le festival mené par le crew d'activistes Plusbellelanuit et Culture Next. Fêtes, débats, cabaret, politique : quand travelos et drag queens prennent d'assaut la ville durant cinq jours et secouent les consciences endormies pour tendre vers un idéal : plus de liberté, plus d'égalité et plus de fêtes. Rencontre avec Chantal la Nuit, l'emblématique égérie des soirées Garçon Sauvage et porte-voix de ce collectif queer.

Sébastien Broquet | Mardi 26 juin 2018

Chantal la Nuit : « le mouvement queer, c'est une vraie révolution sociale »

La fête : un objet politique, vraiment ? Chantal la Nuit : C’est un média politique. C’est un constat : ça fait vingt ans que j’organise des événements, j’ai commencé avec Middlegender, c’était pop / rock / électro sur une base queer. Déjà, on pouvait échanger avec le public ; mais c’était aussi un peu costumé, on avait des barbes et des robes, sans être apprêtées en mode drag queen. C’était une revendication : il était possible de se parer des vêtements que l’on voulait, d’être transgressifs. Je suis partie à Barcelone pour une résidence artistique, j’ai atterri dans une fête queer, costumée. Je vois alors des personnages exubérants, des travelos avec des barbes, du costume assez beau, ça chantait : un bal pop, bon enfant. Je suis revenue à Lyon avec cette idée en tête, j’ai créé Plusbellelanuit. Se transformer et jouer un rôle a fait fonctionner cette fête, mais c’est devenu bien plus que ça, elle est tellement magique... Dès le début, on avait des gens avec des costumes fous, qui se roulaient littéralement par terre, on programmait de l’italo-disco mélangé à de l’électro. On entendait encor

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Lyon, capitale queer

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Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

Lyon, capitale queer

Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture queer, passe par la région (lire ci-dessus), il nous a paru crucial de noter l'importance de ce mouvement queer particulièrement investi dans la vie nocturne et culturelle de Lyon, ces derniers mois. L'impulsion évidente venant de la bande Garçon Sauvage, emmenée par Chantal la Nuit, dont les nuits folles au Sucre (après avoir débutées au Sonic) sont sold-out en quelques heures, comme pour la soirée-jumelle Mutante, qui s'expatrie le temps d'une soirée à Paris et envoie une troupe dynamiter le Yoyo (le club sous le Palais de Tokyo) le 22 avril prochain, dans le cadre du festival Dodisturb... Un bus sous influence Priscilla est organisé pour emmener tout ce joli monde faire la fête dans la capitale et montrer aux parisiennes que si dans les seventies elles pouvaient se gargariser des mythiques Gazolines de Paquita Paquin, Marie-France et Maud Molyneux, aujourd'hui, c'est à Lyon que ça se passe avec le crew Plus

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