15 concerts à ne pas louper cet automne

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Coming Soon

Cela fait dix ans que le Scooby Gang baptisé Coming Soon a publié son premier album. Un petit peu plus que (fin 2006) le groupe avait fait forte impression lors du tremplin Dandelyon. Sans doute à l'époque aviez-vous découvert ce groupe dans ces pages. Il a depuis fait du chemin, que ce soit à travers de nombreuses collaborations et en multipliant les projets parallèles. Surtout en ouvrant l'éventail de son anti-folk initial vers des esthétiques alors insoupçonnées dont leur dernier album Sentimental Jukebox semble être un concentré. Le passage de Coming Soon pour un French Kiss au Club Transbo (petit nom des release parties consacrées aux locaux et aux amis) est comme une manière de retour au bercail pour les plus Lyonnais des Anneciens.

Au Club Transbo le mercredi 10 octobre


The Apartments

La date du très rare Peter Milton Walsh au Marché Gare à l'occasion d'un Petit Bulletin Live en 2016 aura sans doute contribué à débloquer le compteur lyonnais de celui qui incarne The Apartments. Un concert dont l'intensité aura marqué les esprits des fans – et des curieux – présents ce soir là. Si l'on ajoute à cela une vague de rééditions - ses albums Drift et Fête Foraine en 2017 - et une tournée française, le Marché Gare a sauté sur l'occasion de reprogrammer dans le cadre de son escapade hors-les-murs ce musicien mythique du paysage indé des années 80-90.

Au Sonic le vendredi 12 octobre


Altin Gün

Lorsqu'au cours d'une tournée le Néerlandais Jasper Verhulst – ci-devant bassiste de Jacco Gardner – découvre l'âge d'or de la pop psychédélique 70's d'Istanbul, mélange d'infusion traditionnelles et d'apports occidentaux, son sang ne fait qu'un tour (de disque vinyle). Immédiatement lui vient l'idée de fonder un groupe à même de faire revivre le répertoire de Selda Bagčan, Barış Manço ou Erkin Koray, figures de proue du mouvement. En s'entourant notamment de vieux complices et de la chanteuse et du chanteur turcophones Merve Dasdemir et Erdinc Yildiz Ecevit (par ailleurs joueur de saz, un instrument traditionnel). Documenté sur On, le premier album d'Altin Gün (soit "âge d'or" en turc, CQFD) sorti en 2018, le voyage dans le temps musical a des airs de quatrième dimension psychédélique et d'irrésistibles manières d'inviter à la transe.

Au Périscope le lundi 15 octobre


Kurt Vile & the Violators

Childish prodigy et Constant hitmaker, ce sont sans doute les titres d'albums de Kurt Vile qui ont le mieux défini le très talentueux ressortissant de la cité de l'amour fraternel, Philadelphie. Cette dernière étant par ailleurs, la "capitale" de l'Indépendance américaine (où celle-ci fut signée en 1776), cela en dit encore un peu plus sur Kurt Vile, petit prince dépenaillé de l'indie-rock US. Ancien membre des excellents War on drugs, le quasi homonyme du célèbre compositeur allemand n'en finit plus depuis dix ans d'aligner les albums impeccables et de dégoupiller les tubes dégingandés dans un style alliant folk, blues, americana et présence laid-back. Le dernier en date avec son double féminin et australien Courtney Barnett était une petite merveille de slacking à deux voix. Le revoici avec son très attendu septième album, Bottle It in et un concert qui ne le sera pas moins.

À l'Épicerie Moderne le dimanche 21 octobre


Motorama

On l'a souvent dit par ici, Motorama est depuis treize ans un groupe suffisamment prodigieux pour se situer au carrefour de dizaines d'influences sans jamais se perdre en chemin. Et en parvenant toujours à ajouter de nouveaux ingrédients à sa pop-new-cold-wave (de moins en moins cold d'ailleurs), à exhumer de nouveaux trésors. C'est encore le cas sur le tout récent Many Nights qui nous en promet, de belles nuits. Ici le groupe de Rostov-sur-le-Don, porte du Caucase et donc elle-même carrefour des horizons, s'inspire tout autant du meilleur de la new-wave de l'ère soviétique (si, ç'a existé), que des percussions africaines (sic) et de la scène de Dunedin, qui mit la Nouvelle-Zélande sur la carte de la pop mondiale dans les années 80. Une recette dont seul un groupe comme Motorama est capable de faire un mets aussi fort en bouche que délicat.

À l'Épicerie Moderne le jeudi 25 octobre (avec Teleman)


Lloyd Cole

Auteur en 1984 avec ses Commotions de ce qui fut sans doute l'un des meilleurs albums des années 80, l'imparable Rattlesnakes, l'Écossais Lloyd Cole a connu en solo et depuis les États-Unis où il a émigré à la fin de cette même décennie, une carrière en dents de scie dont les hauts (les albums Lloyd Cole, Don't Get Weird On Me Babe et Love Story plus de nombreux tubes) ont fait de lui un chanteur culte à la voix de velours et à la geste ténébreuse : une sorte de crooner en cinquante nuances de gris mais toujours plein de panache. À l'occasion de ses 35 ans de carrière, et c'est un événement, Mister Cole s'offre une tournée (et un Toboggan) en solo, pour revenir en live sur les années fastes de cette carrière, courant de 1983 à 1996.

Au Toboggan le jeudi 25 octobre


Escape-ism (Ian Svenonius)

Leader d'une série de tueries rock tels Nations of Ulysses, The Make-Up et Chain and the Gang (pour ne citer qu'eux), cinéaste, animateur radio, essayiste d'obédience marxiste (auteur de The Psychic Soviet), théoricien de la geste rock (l'impayable Stratégies occultes pour monter un groupe de rock) et sacré client pour les journalistes, Ian Svenonius est une figure aussi imposante qu'incontournable de l'underground. Depuis 2017, Svenonius officie sous le nom d'Escape-ism en mode post-punk minimaliste et a publié cette année The Lost Record, sur le modèle des grands disques perdus (et retrouvés) de l'Histoire du rock, mais sans l'étape de la perte. De la part d'un type qui ne fait rien comme tout le monde ce n'est guère étonnant.

Au Sonic le mardi 6 novembre


Dominique A

Pour ses cinquante ans, Dominique A s'est offert une année d'exception ponctuée de deux albums se regardant en miroir et de deux tournées ad hoc. Un premier disque électro-rock, baptisé Toute Latitude, sorti au printemps, et que l'homme de Provins est venu célébrer ici à Fourvière et un second, La Fragilité, publié cet automne, rendu à une épure toute acoustique mais jamais asséchée. Deux manières d'appréhender un artiste dont le style si marqué a peut-être fait oublier le caractère protéiforme au long d'une carrière stakhanoviste qui l'aura vu passer du minimalisme le plus cru au rock le plus tranchant en passant par la pop la plus aboutie. Ce disque (et bien d'autres choses de son passé) Monsieur Ané vient le présenter cette fois dans un cadre plus intime.

Au Radiant le lundi 12 novembre (avec Chevalrex)


The Breeders

S'il fallait encore présenter The Breeders alors on dirait qu'il s'agit de ce projet au départ parallèle et devenu principal de la bassiste des Pixies Kim Deal dont le tonitruant single Cannonball propulsa en 1993 le second album Last Splash au plus haut degré du culte (faisant oublier que le groupe avait par ailleurs livré un impeccable Pod en 1990). Mais tout autant et peut-être plus que l'anniversaire des 25 ans de cette encoche dans l'histoire du rock indé (les Breeders en avaient déjà fêté les 20 ans en remontant sur scène en 2013), c'est aussi la sortie d'un nouvel album, All nerve, que viennent célébrer Deal & co. Lequel montre que le groupe maîtrise encore avec une grâce certaine cet art du rock chewing-gum à la fois doux, dur et dingue.

Au Transbordeur le dimanche 18 novembre


Jean-Louis Murat

Toujours aussi insaisissable et réfractaire aux compromis (on ne parle même pas de compromission), Jean-Louis Murat avait livré avec son précédent album Travaux sur la N89, un exercice de déconstruction de son art. Il s'agissait alors de composer des chansons tout en les décomposant. Cela donnait une drôle d'affaire expérimentale contaminée par l'électronique (un retour aux anciennes amours de Dolorès). De cette sortie de route volontaire et passionnante, il reste des séquelles sur Il Francese, disque hybride sur lequel Murat fait dialoguer son amour de l'artisanat traditionnel – dont il disait il y a trois ou quatre disques qu'il ne sortirait plus – avec les réalités esthétiques de son époque, l'Histoire (son homonyme Murat) et le présent (son double Jean-Louis Bergheaud).

Au Toboggan le vendredi 23 novembre


Idles

Ironie du destin, c'est un groupe de Bristol, ex-capitale du trip-hop (Tricky, Massive Attack, Portishead) qui s'annonce comme l'un des sauveurs du rock anglais (si tant est que celui-ci ait besoin d'être sauvé, c'est un éternel débat) depuis qu'il est devenu l'un des chouchous des festivals. Un quintet aux manières brutes mais aux références raffinées composé de types qui pour la plupart ont (encore) un métier à côté du groupe, qui portent la chemise bien repassée pour mieux la tomber et terminer torse poil. Pour le reste, c'est-à-dire l'essentiel, Idles est une énième mais remarquable éruption post-punk qui aime à cultiver l'ironie pour y faire pousser des épines. Joy as an act of resistance titre leur second album. Tout est dit.

À l'Épicerie Moderne le vendredi 23 novembre


Jeanne Added

Après le temps de la révélation fracassante via un album bien nommée, Be Sensational, et une tournée marathon, voici venu le temps de la confirmation pour Jeanne Added, drôle de personnage, élevé au classique et au jazz rappelons-le, versant dans une pop aux accents post-punk et électro. Celle qui avait opéré un véritable chantier de déconstruction de sa première vie musicale de vocaliste, revient justement à quelque chose de plus vocal, de plus ouvert, de moins froid. Où la chanteuse réinvestit l'artiste et inversement. Encore une fois, la chose est une injonction : Radiate – "rayonne", "irradie", "respire", selon les acceptions, comme un nouveau départ et un nouveau rendez-vous avec le public et avec elle-même.

Au Transbordeur le samedi 24 novembre


Johnny Marr

« Johnny Marr j'en ai marre » chantait il y a quelques années ces amoureux du vintage que sont les genevois de The Rebels of Tijuana, bien connus de la scène rock lyonnaise. L'intéressé n'en a cure qui viendra se produire tout de même en la capitale des Gaules, ce qui ne constitue pas le moindre des événements. Car il s'agit tout de même ni plus ni moins que du génial guitariste des Smiths qui, s'il n'a pas connu en solo ou à travers ses divers projets (Electronic, Johnny Marr & The Healers, The Cribs) le même succès ou les mêmes instants de grâce qu'à l'époque de sa collaboration pleine d'émulation avec Morrissey, reste une référence, en Angleterre une idole pour les générations qui lui ont succédé. En clair une icône.

À l'Épicerie Moderne le mardi 27 novembre


Gontard !

Grande figure du rock isérois depuis les Frères Nubuck, Gontard !, chanteur à masque de lapin, avait cueilli le public à froid avec l'intense Repeupler, manière de chanson française frondeuse et sans compromission s'ébattant sur les terrains les plus vagues du rock, ceux où l'on risque de tomber à chaque pas sur un piège à loup rouillé. Ce n'était (presque) rien en regard de Tout naît/Tout s'achève dans un disque où après le froid, Gontard !, allergique à la tiédeur et au centrisme mou, donne dans le brûlant, le bouillant, le vibrant. Un disque qui compte sans doute parmi les sommets discographiques de 2018 où dans un écrin beaucoup plus pop se dessine toujours une rage inaltérable.

Au Kraspek Myzik le jeudi 1er novembre


Thérapie Taxi

Le moins que l'on puisse dire c'est que Thérapie Taxi n'a pas la langue dans sa poche. Il l'a même un peu partout, ceci dit sans faire de dessin. Car pour écrire ses Hit Sale(s), du nom du single et de l'album qui ont propulsé ce jeune trio pop au rang de mini-phénomène – des concerts rapidement sold-out –, propose des crudités (verbales) à tous les repas. Ici l'amour est vache, on compte fleurette avec des ronces plutôt qu'avec Ronsard, les fêtes ont des airs d'apocalypse, les coups de foudre des allures de rupture et les scènes d'amour de scène de ménage. Et c'est, faut-il qu'on soit maso, tout simplement irrésistible. Peut-être parce que Thérapie Taxi est la preuve, contre toute attente, que les millenials, que l'on pense trop souvent livré à la lobotomisation numérique, sont pétris de désir et d'envie d'en découdre.

Au Transbordeur le jeudi 13 décembre


The Apartments

Folk, proposé par le Marché Gare
Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Altin Gün

Psyché folk turque, proposé par le Marché Gare
Le Périscope 13 rue Delandine Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Kurt Vile & The Violators + Meg Baird and Mary Lattimore

Folk rock
Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Breeders

Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Lloyd Cole

Le Toboggan 14 avenue Jean Macé Décines
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Dominique A

Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Apartments à louer

Pop | C'est peu dire que l'Australien Peter Milton Walsh, seul maître à bord de The Apartments, aime la France, sa culture (à commencer par la Nouvelle Vague), (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 8 octobre 2018

Apartments à louer

C'est peu dire que l'Australien Peter Milton Walsh, seul maître à bord de The Apartments, aime la France, sa culture (à commencer par la Nouvelle Vague), ses villes, ses paysages, sa gastronomie. C'est peu dire aussi qu'une partie, même si toute petite, de ce pays lui a rendu au centuple cet amour, louant comme nulle part ailleurs ses chansons. Mais le business musical et la vie, qui n'a pas fait de cadeau à PMW, sont des choses si aléatoires que cet amour n'a que rarement pu être consommé. Et comme le temps répare tout, les choses se sont arrangées et c'est en France, une poignée de petits labels rééditant ses albums (il ne manque à ce jour à l'appel que le magnifique A Life Full of Farewells), quelques bonnes volontés opiniâtres le poussant à remonter sur scène que la carrière de The Apartments a redémarré. C'est ce qui avait conduit l'ami Peter à honorer un Petit Bulletin Live bouleversant il y a un peu plus de deux ans au Marché Gare. Dans le cadre d'une tournée fleuve pour lui de sept dates françaises à même de combler sa francophilie, ce même Marché Gare a sauté sur l'occasion de le réinviter, cette fois hors-l

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Coming soon : l'éternel détour

Pop | En sortie d'une tournée des Grands ducs anglo-saxons avec le crooner (ex) anti-folkeux et ami Adam Green, Coming Soon revient jouer en catimini au Sonic. À l'image d'un groupe darwinien qui s'est toujours adapté tant à son environnement qu'à ses envies musicales. Pourvu que ça joue, et bien.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 juin 2016

Coming soon : l'éternel détour

Ok, on vous l'a déjà faite celle de la personnalité selon Fitzgerald : « une succession de gestes réussis. » Il faut dire qu'elle s'applique à beaucoup. Mais quelque part cet aphorisme dut être écrit pour les (plus si petits) gars de Coming Soon. D'où vient que, Jack Nicholson Style, comme ils le chantaient à leur début (ou pas) ce groupe a su conserver sa personnalité en tentant toujours de nouveau gestes à risques. Passant par exemple de l'anti-folk Herman Düne-friendly des débuts à cette pop à synthé qui rugit depuis avant même Tiger Meets Lion (2014) et sur le long EP Sun Gets in. Si à l'époque on croyait dur comme fer à ces jeunes prodiges de 13 à 26 ans (ajouter quasiment une décennie à ces âges), pouvait-on se douter qu'ils iraient si loin, non pas tant en termes de succès, qui à notre époque reste relatif, que sur leur route musicale ? Enlever l'échelle Bien sûr, on eut pu leur reprocher de s'être perdu en route, autrement dit de ne pas s'être accroché au chapeau de cowboy p

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10 concerts à voir en juin

MUSIQUES | En attendant d'entrer pleinement dans la saison des festivals, voici dix concerts à ne pas louper dans la ville.

Stéphane Duchêne | Lundi 13 juin 2016

10 concerts à voir en juin

Billie On l'avait laissé sur un Baiser, on la retrouve sur un French Kiss. Le Baiser, c'était son premier album d'étrange chanson française d'obédience krautrockeuse et conteuse. Le French Kiss, c'est ce moment de retrouvailles traditionnellement organisé par le Club Transbo pour fêter la sortie (ou la release comme on dit en étranger) d'un album ou d'un EP d'un ami du coin. Là c'est un EP, Nuits Aquatiques produit par Erotic Market en mode plus r'n'b et plus coulant, quoique. Comme il se doit l'affaire se joue gratuitement sur réservation avec pléthore d'invités surprises. Au Club Transbo le mercredi 15 juin Neil Young & Promise of the Real Au rythme où ça va, gageons que Neil Young est parti pour enterrer tous ses pairs. Le fait qu'il est l'un des derniers de sa génération à sortir des albums dignes de ce nom — pas toujours, l'avant-dernier n'étant pas une réussite — et porteurs d'une capacité de régénération plutôt hors du commun. DHEA ? Non, enthousiasme, car Neil pr

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The Apartments en aparté

Pop | Génie au destin contrarié et tragique, tiré d'une retraite que l'on pensait définitive par une poignée de fans français, Peter Milton Walsh aka The Apartments vient se livrer sur scène en trio acoustique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 avril 2016

The Apartments en aparté

« Une vie pleine d'adieux », A Life full of Farewells (1995) resta longtemps le dernier album de The Apartments — on met volontairement Apart (1997) à part —, celui avec lequel de fidèles fans firent leur deuil d'un "groupe" depuis longtemps porté par le seul Peter Milton Walsh, songwriter australien au nom et manières de poète dandy romantique anglais et à la carrière ad hoc : un Paradis perdu d'avance. Entre fulgurances musicales, coups d'arrêts, ruptures, dépressions et coups du sort, Peter Milton Walsh n'a jamais eu le loisir de récolter la gloire connue à divers degrés par ses amis The Saints, The Go-Betweens (dont il fut un temps le quatrième membre), Mick Harvey ou Nick Cave. Mais en voulait-il vraiment ? « J'ai peut-être eu l'envie, il y a un siècle, quand j'avais 18 ans à Brisbane, de devenir la plus grande rock star du monde, rigole-t-il, mais tout a déraillé si vite... La musique n'est pas qu'une activité spirituelle, c'est aussi une discipline et un business : écrire, enregistrer, répéter, faire de la promo, tourner, et recommencer avec un autre disque, je n'ai jamais été très doué pour ça. » Qui plus

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Les 10 concerts à voir en avril

MUSIQUES | Sortez vos agendas : voici dix concerts à ne pas manquer ce mois-ci ; du show latino où emmener votre maman à l'indie pop dépressive où s'oublier. Par Stéphane Duchêne & Sébastien Broquet.

Sébastien Broquet | Jeudi 14 avril 2016

Les 10 concerts à voir en avril

Get Well Soon Quand il est apparu au monde de la pop chercheuse et bien mise, rayon dandy touche à tout, le Mannheimois Konstantin Gropper évoquait aussi bien Beirut que Radiohead, Arcade Fire que Magnetic Fields. Génie solitaire, il a prouvé par la suite qu'il était capable de partir dans toutes les directions et c'est davantage en mode crooner qu'il nous revient, genre Neil Hannon chevalier teutonique, avec un album LOVE, rempli d'amour (fut-il tordu comme sur le single It's Love) et de tubes à emporter. LOVE en live, on pressent que ça va le faire. À l'Épicerie Moderne le samedi 16 avril Calexico On l'a souvent dit, Calexico, c'est comme les genêts ou les bêtes à cornes, c'est encore Jean-Louis Murat qui en parle le mieux : « Oui, je vois mieux qui je suis, moi, là, avec Calexico » chantait l'Auvergnat avec façon sur son Viva Calexico circa Mustango (1999). Le duo Joey Burns/John Convertino et sa bande d'arizonards de Tucson, après une

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The Apartments en PB Live

MUSIQUES | On en n'avait même pas rêvé, Rain Dog Prod l'a fait : un PB Live avec les mythiques Apartments de Peter Milton Walsh, (vrai-faux) groupe australien à (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 février 2016

The Apartments en PB Live

On en n'avait même pas rêvé, Rain Dog Prod l'a fait : un PB Live avec les mythiques Apartments de Peter Milton Walsh, (vrai-faux) groupe australien à la trajectoire sinueuse et aux albums indispensables (Drift, The Evening Visits..., A Life Full of Farewell) qui ont marqué l'histoire de l'indie pop à coups de tubes délicats et d'arrangements soyeux. Les fans vont venir de loin pour assister à ce moment historique, sis le 26 avril au Marché Gare. Places en vente dès ce vendredi 5 février via les réseaux habituels.

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La programmation du Reperkusound 2016 en vidéo

MUSIQUES | La programmation de la onzième édition du festival printanier de Mediatone, programmée les 25, 26 et 27 mars au Double Mixte, vient de tomber sous la forme (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

La programmation du Reperkusound 2016 en vidéo

La programmation de la onzième édition du festival printanier de Mediatone, programmée les 25, 26 et 27 mars au Double Mixte, vient de tomber sous la forme d'un teaser. Au programme notamment : le retour des branleurs psyché de La Femme, des platinistes de haut vol (Scratch Bandits Crew, L'Entourloop), le beatmaker bienheureux Guts, la fan favorite brésilienne Flavia Coelho et la pop éternellement juvénile de Coming Soon. Comptez 24€ par nuit et 60€ pour le pass. http://bi

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Rockorama

MUSIQUES | Avec "Poverty", leur troisième album, les Russes de Motorama confirment ce que l'on pensait déjà d'eux : on peut être pétri d'influences visibles comme le nez d'Eltsine au milieu de la figure et avoir un style inimitable. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 27 janvier 2015

Rockorama

Et revoilà nos amis d'outre-Don. Don comme le fleuve qui parcourt la Russie en charriant des saumons – et sans doute pas que. Motorama, depuis Rostov-sur-le(dit)-Don continue lui de charrier son rock nationaliste avec une classe de super tsar. Attention, quand on dit nationaliste, on ne fait pas allusion au phénomène de repli (ou même d'ailleurs d'expansion) qui semble traverser la société russe (et malheureusement pas que celle-ci). Non, on parle ni plus ni moins que de l'un des meilleurs groupes du monde de ces dernières années, leurs jumeaux-miroirs nés de l'autre côte du monde, ces types qu'ils auraient pu reluquer et réciproquement par-dessus le détroit de Béring il y a encore quelques décennies en se disant : «mince, qu'est-ce qu'ils nous ressemblent, ces gars.» On parle de The National. Car oui, on l'a déjà écrit ici précédemment, il y a quelque chose de la grâce grave d'un Matt Berninger dans la voix de Vladislav Parshin, et c'en est parfois troublant. C'est d'ailleurs sans doute aussi ce que pense l'indispensable label bordelais Talitres, qui nous a déniché ce groupe comme il l'avait fait

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Motorama

MUSIQUES | Calendar (Talitres)

Stéphane Duchêne | Lundi 12 novembre 2012

Motorama

On a tous reçu un jour dans notre boîte aux lettres le prospectus d'un marabout africain comme il en existe des milliers, des prospectus en tout cas (on en connaît même qui en font collection). Lequel voyant-médium-génie-marabout promet de faire revenir l'être aimé en trois jours, de redresser les pénis tordus (un accident est si vite arrivé, et allez donc trouver un redresseur de pénis un dimanche) ou même de régler un problème informatique, bref de réduire un certain nombre de problèmes de la vie courante auxquels chacun finit un jour par être confronté. Il en existe même, ne nous demandez pas pourquoi, qui font « redémmaré les motos russes », en Français dans le texte, ce qui n'est pas la moins fascinante des facultés, vous en conviendrez. Bien sûr, encore faut-il disposer d'une moto russe et que celle-ci soit en panne. La probabilité en est il est vrai assez faible, encore que le fait de remplir la première condition (posséder une moto russe), accroît considérablement la seconde (qu'elle soit en panne). Vous avez déjà vu rouler une moto russe, vous ? CQFD.   Le fait est que le

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Entrain fantôme

MUSIQUES | Musique / À force d’ «arriver bientôt», les Coming Soon ont fini, contrairement à l’Arlésienne, par être partout en même temps.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2009

Entrain fantôme

Physiquement d’abord : BO du film Juno avec Kimya Dawson pour le batteur Leo Bear Creek, album solo pour Howard Hugues, festivals divers, collaborations avec Indochine, Étienne Daho et Olivia Ruiz (ce que ça fait d’être branché !), premières parties de Dionysos. Musicalement ensuite, tant leur anti-folk ratisse l’horizon d’un paysage largement rock. En témoigne le tout chaud ‘Ghost Train Tragedy’, mené par le faussement lascif single ‘Love in the Afternoon’. Chaud bouillant même, jusqu’à enflammer le gilet en jean du jeune homme sur la pochette. Fiévreux comme ‘Walking’, qui ouvre l’album, parfois pressé comme sur l’entêté Back Seat, single potentiel. Mais toujours avec cet enthousiasme un peu fantôme, cette démarche zombiesque hantée par la musique du passé (Leonard Cohen, Velvet Underground, la country, Pavement) mais prête à dépecer celle du présent. Toujours fidèle aussi à cet univers étrange et ironique fait, comme chez les nouveaux amis Dionysos, de bric mélancolique et morbide et de broc sacrément déconneur. Une fois de plus le collectif impressionne et chacun a l’occasion de briller (Steel Wire, School Trip Bus Crash). Mais la figure marquante du groupe et de l’album

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Bientôt dans vos oreilles

MUSIQUES | Révélation incontestable du tremplin Dandelyon, les cinq anneciens de Coming Soon réinventent avec une indécente facilité la musique américaine, dans une joie contagieuse et à coups de tubes fédérateurs. Rencontre sur place, un soir de concert… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 mars 2007

Bientôt dans vos oreilles

À Annecy, ce samedi-là, c’est carnaval vénitien, en référence au sobriquet de la ville, «la petite Venise des Alpes». Entre lac et montagnes, s’épanouit une série de cartes postales vivantes dans lesquelles chacun prend plaisir à se fondre le temps d’une photo-souvenir. Mais pour peu qu’on sorte du centre ville et qu’on aille se perdre dans les patelins alentour, lignes droites de maisons de famille en bord de lac et de pavillons lynchiens à flanc de forêt, une inquiétante odeur de Délivrance se met à flotter dans l’air. Pour parfaire ce tableau du haut-savoyard en redneck faussement paisible, le sport local semble être le collage d’affiches Le Pen à l’entrée et à la sortie de la ville. Par ailleurs, les filles y sont très jolies… Howard, Billy, Ben, Alex, Leo et les autres… C’est ici, dans cette ville où le mot culture n’est pas loin de s’écrire avec un K, qu’est né le groupe pop le plus accrocheur du moment : Coming Soon. On fera connaissance dans une minute avec ces jeunes gens timides et sans complexe musical. Mais avant, une énigme est à résoudre : comment une ville pareille engendre-t-elle si belle réunion de talents ? «C’est d’abord

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