M aux Nuits de Fourvière les 26 et 27 juin 2019

Stéphane Duchêne | Lundi 26 novembre 2018

Photo : © DR


Non content d'avoir dévoilé le 22 novembre le tracklisting de son prochain album, Lettre infinie, à paraître le 29 janvier prochain, ainsi que le premier titre qui en est extrait, Superchérie, voilà que M s'annonce à la prochaine édition des Nuits de Fourvière, deux ans seulement après un passage remarqué avec son projet Lamomali.

Le chanteur aux cheveux lettrés y investira le Grand Théâtre deux soirs de suite, les 26 et 27 juin. Pour se jeter sur les billets, il faudra néanmoins être un peu patient, la billetterie ouvrant mi-mars. Mais au moins, on est prévenu.

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AKAA : à l’avant-garde de l’art contemporain africain

Art Contemporain | Treize artistes issus du continent africain, ou inspiré par lui, ont pris leurs quartiers chez Manifesta, galerie hybride qui a invité la foire parisienne AKAA. Une exposition réussie qui bouleverse quelques idées reçues.

Sarah Fouassier | Lundi 17 mai 2021

AKAA : à l’avant-garde de l’art contemporain africain

La première fois qu’on a poussé la porte de Manifesta, on a été comme subjugués par ce lieu hybride composé de différents espaces qui ressemblent tour à tour à un bureau ultra design, à un appartement aux lignes résolument contemporaines et à une galerie décidée à rendre accessible la création contemporaine au public et aux entreprises. Une visite qui donne le vertige et qui mérite une explication de texte. En imaginant Manifesta, Céline Melon et Marie Ruby souhaitaient sortir des carcans d’une galerie classique. Elles ont par conséquent composé un lieu de rencontre entre le public et des institutions, foires et galeries peut enclines à exposer en "province" pour les plus Parisiens ou en "région" pour les moins snobs. La fracture entre nous et la capitale est réelle dans bien des domaines et l’art contemporain n’y échappe pas. Alors quand une foire parisienne décide de venir à nous avec dans ses bagages des artistes et œuvres visibles pour la première fois en France, on ne se fait pas prier pour s’y rendre. AKAA c’est quoi ? AKAA, pour Also Know As Africa, est une foire d’a

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Au Comœdia, Chloé Zhao en avant-première

Cinéma | Grand pourvoyeur d’avant-premières en temps ordinaire, le Comœdia s’adapte à ces temps extraordinaires qui voient se déverser un nombre inhumain de films à (...)

Vincent Raymond | Vendredi 14 mai 2021

Au Comœdia, Chloé Zhao en avant-première

Grand pourvoyeur d’avant-premières en temps ordinaire, le Comœdia s’adapte à ces temps extraordinaires qui voient se déverser un nombre inhumain de films à peine sortis ou pas encore sortis sur les écrans. Si l’on ajoute ces satanés jauges et le couvre-feu, la marge de manœuvre se restreint encore. Toutefois, il reste un chemin pour quelques rendez-vous hors gabarit, à commencer par l’avant-première du documentaire 143 rue du désert de Hassen Ferhani (vendredi 28 mai à 18h45) en présence du réalisateur (sous réserve) et en partenariat avec la Biennale des Langues et La Caravane des Dix Mots. En lien avec la même Biennale, un programme de courts-métrages sera proposé le dimanche 30 à 11h15, comptant notamment Quand reviendras-tu ? de Sacha Wolff (Mercenaire). On change d’univers le dimanche 6 juin à 18h avec une projection anticipée du film de Chloé Zha

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L'Institut Lumière, de Kiarostami à Spike Lee

Lyon | Se remettre d’un deuil n’est jamais chose aisée ; alors, imaginez quand il s’agit de celui de l’un de ses fondateurs et de son président… Pour chasser son (...)

Vincent Raymond | Vendredi 14 mai 2021

L'Institut Lumière, de Kiarostami à Spike Lee

Se remettre d’un deuil n’est jamais chose aisée ; alors, imaginez quand il s’agit de celui de l’un de ses fondateurs et de son président… Pour chasser son spleen, l’Institut Lumière se replonge dans sa raison d’être (partagée par beaucoup de visiteurs de la rue du Premier-Film) : le cinéma sur grand écran. Et après une journée réservée au abonnés le 19 mai, un 20 mai ouvert à tous intégrant un hommage à Bertrand Tavernier et un film surprise, les spectateurs peuvent compter sur un retour aux fondamentaux : une programmation de reprises, avec du lourd. Citons la rétrospective Abbas Kiarostami, cinéaste aussi poétique que politique et précurseur de la si riche école iranienne contemporaine. Mais aussi les ressorties de classiques, avec un fort tropisme italien (Le Jardin des Finzi-Contini, I Vitello

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Lyon : un week-end d'art contemporain grâce au Mai d'Adele

Art Contemporain | L’association Adele propose un grand week-end d’art contemporain, avec une multitude de visites accompagnées dans des lieux d’art lyonnais et régionaux. La plupart sont gratuits.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 17 mai 2021

Lyon : un week-end d'art contemporain grâce au Mai d'Adele

À l’occasion de la réouverture des musées et des galeries, Adele (réseau d’art contemporain) marque le coup avec quatre jours de parcours artistiques accompagnés, dans le Grand Lyon (mais aussi dans la Loire, l’Ain et le Beaujolais). Le tout se décline par secteurs géographiques : Vieux Lyon, Terreaux, Pentes de la Croix-Rousse, Villeurbanne, etc. Trente-six lieux sont concernés mais, contre toute attente, les meilleures expositions seront à découvrir dans les petits plutôt que dans les grands. Pour les grosses expos des musées d’art contemporain, il faudra patienter : jusqu’en juillet à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne avec l’exposition personnelle de l’artiste et cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (du 1er juillet au 31 octobre), jusqu’à l’automne au Musée d’Art Contemporain avec l’exposition de la photographe Delphine Balley. Actuellement, les deux structures présentent des expositions collectives de jeunes ar

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Harout Mekhsian, nouveau directeur du CCO

Mercato | Après vingt ans à la direction du CCO à Villeurbanne, Fernanda Leite passe le flambeau à Harout Mekhsian. Entrepreneur de projets culturels, récent candidat à la reprise du Transbordeur, actuellement coordinateur du collectif pluridisciplinaire Cité Créative Coblod, il prendra ses fonctions le 2 novembre dans ce centre culturel œcuménique, installé désormais dans un quartier en rénovation, celui de l’Autre Soie.

Nadja Pobel | Mardi 11 mai 2021

Harout Mekhsian, nouveau directeur du CCO

Fernanda Leite, que gardez-vous de ces plus de vingt ans passés à la tête du CCO ? Fernanda Leite : C’est un lieu incroyable, plein de vie qui déborde et qui est devenu un lieu d’hospitalité, d’engagement. Le CCO est avant tout un lieu qui fabrique sa propre matière avec ceux qui le font. Le premier jour où je suis arrivée, j’ai entendu énormément de langues différentes ! Ça m’a marquée. C’est un haut-parleur des paroles de chacun pour qu’il soit entendu dans la cité. Il n’y a pas juste des spectateurs consommateurs. Chacun est une personne avec des mots à dire, des projets à porter et un lieu pour les exprimer. Pourquoi partez-vous ? Fernanda Leite : Parce qu’il faut savoir laisser la place ! Et ça me plaît de ne pas partir une fois que la porte est ouverte ! Ça fera du bien qu’il y ait une énergie nouvelle. Harout Mekhsian, qu’allez-vous faire de ce "haut-parleur" et quels sont les projet que vous portez pour ce lieu ? Harout Mekhsian : Ce qui m’intéresse, c'est comment ces lieux-là transforment des vies, des énergies. Dans le milieu cu

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Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Bande Dessinée | En résidence à Lyon avec le festival Lyon BD et le programme NAFAS de l’Institut Français, les deux auteurs-illustrateurs libanais Mohamad Kraytem et Kamal Hakim vont partager pendant dix semaines leurs regards et dessins via notre compte Instagram. Faisons connaissance avec ces deux talents aussi complices que complémentaires…

Vincent Raymond | Lundi 10 mai 2021

Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Vous êtes en résidence à Lyon grâce au programme NAFAS de l’Institut français. Avez-vous postulé ? Kamal Hakim : On a été sélectionnés, mais j’avoue ne pas connaître les coulisses officielles. On s’est retrouvés, et c’est tout. Tu as un truc à ajouter ? Mohamad Kraytem : Pour moi, je me suis juste levé le matin, j’ai checké mes mails, j’ai été très surpris parce que je ne m’y attendais pas. C’était l’époque du confinement, en novembre ; j’étais presque déprimé, en train de travailler à Beyrouth, de vivre ma routine. Ça m’a juste rendu très heureux. En arrivant, qu’avez-vous trouvé de plus inspirant d’un point de vue graphique dans la géométrie et la géographie lyonnaise ? KH : Ça commence avec l’architecture : rien que le prétexte des traboules. Déjà, tu rentres dans l’histoire des traboules. Pour un Libanais, tu te dis : tout est une question de faufilades pour n

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Écrans Mixtes, les Hallus, la Caravane : les festivals se recalent

Cinéma | La proximité de la réouverture des salles datée au 19 mai, et la baisse — pour le moment — continue du taux d’incidence redonnent le moral aux organisateurs : Hallucinations Collectives et Écrans mixtes ont annoncé leur retour pour cet été.

Vincent Raymond | Vendredi 7 mai 2021

Écrans Mixtes, les Hallus, la Caravane : les festivals se recalent

Caravane des Cinémas d’Afrique Pas de chance pour la 16e édition de la Caravane des Cinémas d’Afrique du Ciné Mourguet ! Déjà contrainte d’annuler l’an passé, la biennale fidésienne reporte à nouveau son rendez-vous à 2022 mais en promettant (en sus de sa programmation) la présentation d’une création originale du styliste béninois Prince Toffa : une robe confectionnée à partir de 16 000 capsules de café. Ceux qu’il faudra avaler pour patienter ? Écrans Mixtes D’ici là, on se consolera avec — dans l’ordre d’apparition — Écrans Mixtes. Le festival de cinéma queer, qui avait fermé ses portes l’an dernier in extremis en présence de John Waters avant le premier confinement, tiendra sa 11e édition du 23 juin au 1er juillet avait. S’il avait déjà révélé sa

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Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Danse | Repoussée, remodelée, raccourcie, la 19e Biennale de la Danse aura cependant bien lieu. Et c’est avec une certaine joie que nous vous en présentons les grands axes et quelques spectacles à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 mai 2021

Lyon : la Biennale de la Danse dévoile son programme

Réduite à quinze jours, la 19e Biennale de la Danse n’en reste pas moins foisonnante dans sa programmation, avec vingt-eux créations et une quarantaine de compagnies internationales invitées ! Nouveauté remarquable, la Biennale propose cette année aux anciennes usines Fagor ("L’expérience Fagor" du 8 au 16 juin) une multitudes de pièces ou formes expérimentales gratuites, ouvrant la danse contemporaine à un public possiblement plus large, et sans pour autant lésiner sur la qualité des intervenants : le chorégraphe français Noé Soulier, deux anciens danseurs de William Forsythe, Brigel Gjoka et Rauf Yasit, le Collectif Es… Pour le reste, l’ADN de la Biennale demeure le même : un savant mélange des genres chorégraphiques, et de grandes pointures et de chorégraphes moins connus… Même si, période oblige, certains créations phares ont été annulées comme Le Lac des cygnes d’Angelin Preljocaj (mais il sera présenté cet automne à la Maison de la Danse). Le défilé associé à la Biennale, sous les couleurs de l’Afrique (comme une partie de la programmation) aura lieu, quant à lui, ex

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Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

Festival | Oui – trois fois youpi ! – les Nuits de Fourvière auront bien lieu cette année en juin et juillet. Avec au menu, une édition quelque peu adaptée – horaires, jauges, mesures barrières – mais surtout une édition en vrai, avec des gens. On vous détaille la programmation ici, où vous pourrez retrouver une bonne partie des têtes d'affiche et spectacles empêchés l'an dernier.

La rédaction | Lundi 3 mai 2021

Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

La Biennale de la Danse, des fidélités, quelques reports de l’édition avortée et au final pas moins de onze propositions théâtre-cirque-danse aux Nuits de Fourvière cette année qui se dérouleront en très grande partie aux amphithéâtres et puis tout près, chez les voisins du 5e arrondissement (ENSATT et Point du Jour) jusqu’à faire un pas à la Renaissance d’Oullins. L’ouverture du festival se fera le 1er et 2 juin à 19h30 (attention horaires avancés en raison du couvre-feu), en collaboration avec la Biennale de la Danse devenue estivale, avec Alarm clocks are replaced by floods and we awake with our unwashed eyes in our hands … a piece about water without water signé de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin qui retrouve pour l’occasion la chanteuse Camille après leur première collaboration sur l’album Ilo Veyou de cette dernière. L’interprète (qui se fait aussi danseuse) sera également au générique de Comprendre, en tant que co-compos

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Bergman, Tati et une tortue rouge sur Netflix en mai

Plan Canapé | Puisque les cinémas vont rouvrir le 19 mai et que vous allez enfin pouvoir revoir des films sur grand écran, célébrez proprement votre rupture avec vos plateformes de VOD. Et justement, avec trois œuvres l’un des maîtres de la question, Ingmar Bergman, qui arrivent sur Netflix en mai.

Vincent Raymond | Vendredi 30 avril 2021

Bergman, Tati et une tortue rouge sur Netflix en mai

« En mai, fait ce qu’il te plaît ». Oui, bon, presque… En attendant d’aller se faire une toile au ciné, révisons quelques indispensables classiques d'Ingmar Bergman : Netflix ajoute dès le 1er mai à son catalogue des Danaïdes Le Septième Sceau (1957), Scènes de la vie conjugales (1974) et Sonate d’automne (1978), soit trois regards sur la vie (donc la mort), le couple et la famille. Le premier est un conte métaphorique, le second une série de saynètes sur la vie à deux — et l’adaptation d’une série télévisée qui, à l’époque de sa première diffusion, a eu plus de succès en Suède que GoT, La Casa de Papel et Les Simpson réunis — ; quant au troisième, il constitue un face à face perturbant entre une mère et sa fille autour d’un partenaire commun souriant sardoniquement de ses 88 dents : un piano. Leur force à tous trois : être puissamment

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Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

Festival | Nuits sonores aura lieu pour la première fois en été, fin juillet, avec un format adapté, assis ou couché — mais bel et bien à Fagor-Brandt. L'European Lab se déroulera en juin uniquement sur Internet.

Sébastien Broquet | Jeudi 29 avril 2021

Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

C'est officiel : Nuits sonores aura bien lieu, l'European Lab aussi. Décorrelés, adaptés, un poil réduits, repensés, mais ces events trouveront bel et bien leur place dans le calendrier 2021. Sauf catastrophe du style variant indien & co, bien sûr. Alors, quand ? Pour Nuits sonores, ce sera du 20 au 25 juillet (dont cinq soirées de 18h à minuit, du mardi au samedi, et un bonus le dimanche encore en cours de réflexion) et en grande partie du côté de Fagor-Brandt, comme ces dernières années, même si quelques spots extérieurs pourraient être envisagés — on parle d'un after débutant à 6h du mat', se terminant à midi, au Sucre. Il y aura aussi des before à Heat avec des cartes blanches pour des collectifs locaux. L'ancien site industriel de Fagor-Brandt, situé dans le 7e arrondissement, a l'avantage d'être immense, d'offrir différentes possibilités, de la déambulation comme de grands espaces où des groupes pourront jouer à même le sol pour un public as

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

Festival | À l'occasion de la nouvelle édition de son festival de littérature internationale, la Villa Gillet en profite pour en changer l'identité en proposant désormais le Littérature Live Festival, un festival hybride qui jongle entre présentiel, duplex et numérique. Parce que les contraintes sanitaires l'exigent et que c'est peut-être l'avenir. Présentation de cette vraie-fausse première édition qui se tiendra du 25 au 30 mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

L'an dernier en plein cœur du marasme sanitaro-culturel que nous appellerons dans quelques années "La Grande Annulation", la Villa Gillet et sa nouvelle directrice Lucie Campos avaient refusé d'abdiquer et profité du confinement pour revoir intégralement la copie présentielle des Assises du Roman et livrer un festival entièrement numérique. Laquelle s'était déroulée à la lisière du déconfinement du 11 au 17 mai. Cette année, la Villa Gillet innove encore un peu plus, quand bien même cela relèverait-il davantage du changement de ligne que de l'adaptation aux circonstances. Car la mutation est d'envergure, qui repose notamment sur un changement de nom du festival qui anime chaque année, depuis quatorze ans et depuis Lyon, la scène littéraire internationale. Le live comme façon de faire En effet, les Assises Internationales du Roman ne sont plus, place au Littérature Live Festi

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Stéphane Caruana : « Hétéroclite était un OVNI il y a quinze ans, ça l’est toujours aujourd’hui »

Média | En avril 2006, Renan Benyamina, Dorotée Aznar et Marc Renau (directeur de la publication du Petit Bulletin) lançaient Hétéroclite, le journal gay mais pas que. 10 000 exemplaires (le double aujourd’hui), pour rendre visible cette minorité. Sans aucune concession, avec sérieux et drôlerie aussi, ce gratuit fête en ce printemps ses quinze ans. Son rédacteur en chef Stéphane Caruana revient pour nous sur cette aventure hors du commun.

Nadja Pobel | Vendredi 30 avril 2021

Stéphane Caruana : « Hétéroclite était un OVNI il y a quinze ans, ça l’est toujours aujourd’hui »

Quand le premier numéro parait en avril 2006, ce journal était-il un OVNI dans le paysage de la presse ? Et comment le définir aujourd’hui ? Stéphane Caruana : C’était un OVNI il y a 15 ans, ça l’est toujours aujourd’hui. C’est une proposition unique en son genre dans le sens où il n’y a pas, en France, de gratuit LGBT+ avec un vrai contenu de qualité sur l’aspect culturel, un ancrage communautaire auprès des associations, des commerçants gay et lesbiens de Grenoble, Lyon, Saint-Étienne. Les autres publications gratuites sont généralement uniquement orientées vers un public d’hommes gay et ce sont des pages de pub avec un contenu réduit au strict minimum disponible dans les bars et les boites. Le journal a été complété par deux offres parallèles, Sissy et Out. Que recouvrent-elles ? Out a été proposé pour marquer le temps de la Marche des Fiiertés, distribué à ce moment-là. L’idée est d’avoir un support qui permette de trouver toutes les adresses des associations et commerces sur la ré

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“Godzilla vs Kong” de Adam Wingard : monstres et compagnie

Blockbuster | Malgré ses allures de nom de code pour le second tour de la prochaine présidentielle, Godzilla vs Kong est du genre de Fast and Furious : tout entier contenu dans son titre programmatique. Et monstrueusement convenu. En VOD avant (peut-être) une sortie sur grand écran à la réouverture des salles…

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

“Godzilla vs Kong” de Adam Wingard : monstres et compagnie

En génétique, lorsque l’on croise des individus (animaux, végétaux…) porteurs de caractéristiques différentes et que leurs descendants bénéficient d’une recombinaison favorable les rendant plus performants que leurs parents, ont parle de "vigueur hybride". En cinéma, lorsqu’on a essoré une série et son protagoniste (y compris avec des reboots), on crée un cross over avec une autre série tout aussi usée dans le but de relancer doublement la machine en s’adressant potentiellement à deux audiences. Sur le papier — et d’un point de vue strictement commercial —, l’idée n’a rien de stupide et fonctionne depuis des décennies, des Universal Monsters à Alien vs Predator… jusqu’aux chapitres non encore publiés du MCU contemporain. Pour Godzilla vs Kong lui-même aboutissement d’un double reboot, ce sont en sus des titans issus de deux traditions parallèles qui se rencontrent : la créature maison de la Warner (Kong) et l’emblématique kaijū nippon de la Toho (Godzilla). Une sorte de conférence internationale au sommet, promettant une vis

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Ponta Preta : seins et surf

Surf Rock | Révélés par le Ninkasi Music Lab en 2019, les cinq Lyonnais de Ponta Preta sacrent le printemps avec leur premier album, Tits Up, impeccable dégradé psychédélique de surf music et de garage pop qui convoque le soleil et réchauffe corps et cœurs, tous azimuts.

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 avril 2021

Ponta Preta : seins et surf

Avec le retour des beaux jours, et même – qui sait ? – des « jours heureux », et bientôt tous vaccinés d'ici quinze jours-trois mois, voilà qu'on va pouvoir réinvestir l'extérieur jusqu'à des 20h, 20h30, tomber sinon les masques du moins chemises et t-shirts, sortir les pantacourts et les mini-jupes, gonfler les torses et pointer les seins vers l'azur même, si on veut – c'est fait pour ça les jours heureux, non ? Eh bien voilà qu'arrive à point nommé le premier album des rookies lyonnais du moment, Ponta Preta, qui pourrait bien être la bande son idéal de ces prémices estivales. La chose a pour nom Tits Up et résonne donc comme une invitation à se dépoitrailler, y compris à se dépoitrailler l'esprit qui commence à sérieusement sentir le renfermé et la chaussette confite. Un titre qui est aussi, les fins limiers de la pop moderne l'auront compris, un clin d'œil plus ou moins avoué au Surf's Up des Beach Boys. Car ces jeunes surfers en partie révélés il y a deux ans — cette douce éternité —, par le

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“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

VOD | Sur fond de rape and revenge, Jennifer Kent signe la fresque épique et historique qui manquait encore sur la “conquête“ des territoires australiens. Souvent insoutenable, ce southstern fidèle à l’esprit de son époque résonne formidablement avec les questions contemporaines.

Vincent Raymond | Mercredi 21 avril 2021

“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

Vous souvenez-vous de films tels que Roma, Les Frères Sisters, La Favorite ou encore First Man ? Outre le fait qu’ils semblent appartenir à un autre temps — celui où l’on pouvait aller les découvrir dans les salles de cinéma, avant leur fermeture voilà presque… six mois —, ils ont en commun d’avoir concouru pour le Lion d’Or lors de la Mostra 2018. Trois ans, et presque une éternité pour des films vus, revus parfois, récompensés souvent. Trois ans durant lesquels certaines œuvres saluées lors de cette compétitions sont, hélas, restées inédites. Telle The Nightingale. Faute de perspective claire, son distributeur frança

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Le Fort de Gamut, un cluster de création

Résidence Artistique | Là-haut, perché sur la colline de Fourvière, existe un ancien fort militaire où artistes et animaux cohabitent à l’abri des regards. Situé à deux pas du Jardin des Curiosités, le Fort de Saint-Just, renommé par ses actuels occupants Fort de Gamut, abrite désormais l’association éponyme qui œuvre au soutient de projets artistiques. Visite.

Louise Grossen | Jeudi 22 avril 2021

Le Fort de Gamut, un cluster de création

C’est le bouc, Stanley, qui nous guide à l’aide de ses plus belles vocalises jusqu’à la porte d’entrée. Dès l’arrivée, le panorama est à couper le souffle. À moins que ce ne soit les 200 marches de la montée des Épies qu’il nous a fallu gravir avant d’arriver... Ce lieu se mérite ! Le temps de reprendre notre souffle, et Victor Boucon, artiste plasticien en résidence, nous emmène en visite. Il dispose d’un espace de création depuis plusieurs mois : « ici, je suis sûr de pouvoir forger, souder et faire du bruit sans déranger les voisins, c’est un vrai terrain de jeu pour artistes. » Pour accéder à son atelier, il faut s’enfoncer dans une aile défensive du bâtiment, semi-enterrée, que les résidents appellent « les catacombes ». Ici, Victor travaille surtout le métal. Parmi ses créations en cours : une épée de type médiévale ou un couteau, posés sur la forge qu’il a imaginée et construite seul. À Gamut, on peint, sculpte, photographie, chante, forge, soude, écrit, et on partage l’extérieur avec les quatre poules, le bouc et les béliers. « Le bouc, on le s

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Bibliothèques | Nicolas Galaud a pris son poste le 1er octobre à la tête du premier établissement culturel de la Ville de Lyon : le réseau des bibliothèques municipales. Fermées durant le premier confinement, elles sont désormais ouvertes. Et très fréquentées. Ce conservateur général des bibliothèques, passé par Reims, Brest et tout récemment Bordeaux, évoque cette situation particulière et son cap pour les prochaines années.

Nadja Pobel | Mercredi 14 avril 2021

Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Quel bilan tirer de la réouverture des bibliothèques municipales de Lyon depuis le 1er décembre ? Nicolas Galaud​ : La période actuelle est significative de la place qu’ont aujourd’hui les bibliothèques dans le paysage culturel. Je déplore bien sûr que les autres établissements culturels soient fermés et trouve incompréhensible que les musées soient portes closes, car il n’y a pas plus de risques sanitaires que dans les bibliothèques et nous les maitrisons. Il n’y a pas de clusters, alors que nous recevons 200 000 personnes par mois dans nos lieux. Les décisions gouvernementales répondent à d’autres logiques. Mais les bibliothèques sont partout le premier établissement culturel en terme de fréquentation, c’est l’une des principales portes d’entrée vers la culturel. Dans beaucoup de communes, c’est le seul établissement culturel existant. Les étudiants, les collégiens, les lycéens y trouvent aussi un espace de travail. Un des r

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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De l'imaginaire fête sauvage sur les quais à Lyon, et de l'indignation sélective

Edito | Ou comment créer de toute pièce une polémique remontant jusqu’à l’État — qui pourtant devrait avoir d’autres chats à fouetter — grâce à une poignée de secondes de vidéo sur les réseaux sociaux, montrant des jeunes se lâchant quelques instants à la fin d’un apéro en plein air, alors que le couvre-feu approchait.

Sébastien Broquet | Mercredi 31 mars 2021

De l'imaginaire fête sauvage sur les quais à Lyon, et de l'indignation sélective

Selon plusieurs médias, locaux comme nationaux, une « fête sauvage » aurait eu lieu ce mardi soir sur les quais de Saône, en plein centre-ville. Les plus réactionnaires d’entre-eux, du Figaro au Bonbon en passant par LyonMag, s’en offusquent vigoureusement, s’appuyant en grande partie sur quelques secondes de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des politiques leur emboîtent le pas — Christophe Guilloteau, sur BFM, apparaît scandalisé. Sérieusement, le président LR du département du Rhône était donc le seul politique disponible pour donner son avis sur cette « fête sauvage » ? La ministre Marlène Schiappa n’a pu manquer l’occasion de se faire remarquer à son tour ce matin, stigmatisant les participants et participantes. Ces gens n’ont jamais fait la fête. Ou nous mentent. Assurément. Ils sauraient sinon qu’une grosse demi-heure de liberté et de joie arrachée à une année plombante, ce n’est pas une fête. Juste une soupape de sécurité, une cocotte-minute prête à exploser dont on prend soin de libérer un peu

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Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Lyon | Le Marché Gare, qui fête ses 15 ans dans le contexte que l'on sait, entre ce printemps dans la deuxième phase de ses importants travaux de rénovation. On en sait désormais un peu plus sur ce lifting qui devrait s'achever en début d'année prochaine pour une réouverture de la salle au printemps 2022.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Voilà un an et demi que le Marché Gare est fermé. Non pas à cause du Covid-19 mais parce qu'à la rentrée 2019, la salle labellisée Smac en 2018 a commencé de subir d'importants travaux de rénovation afin d'offrir un plus bel écrin à ses différentes activités. En attendant, jusqu'à la crise sanitaire, le Marché Gare investissait les scènes de ses confrères pour des concerts hors-les-murs labellisés "L'Équipée sauvage". La démolition des "ailes" du bâtiment-porche étant achevée, les travaux entrent désormais dans leur seconde phase pour une livraison du bâtiment au printemps 2022. Conduit par la SPL Lyon Confluence pour le compte de la Métropole et de la Ville de Lyon, cette seconde phase de travaux comprend notamment une mise aux normes du bâtiment, entrée historique de l'ancien Marché de Gros, dont le projet a choisi de conserver l'identité pour faire le lien entre le quartier historique de Perrache / Sainte-Blandine et le Quartier du Marché en cours de construction. Deux scènes, de l'ambiance Au programme, notamment, une rénovation énergétiq

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Red Star : la ligne rouge

Football | Vainqueur de 5 coupes de France dans son âge d'or de l'entre-deux et de l'immédiat après guerre, champion de France en... 1911, en 124 ans d'existence, le Red Star a changé près de dix fois de nom, connu autant de fusions, failli mourir plus souvent qu'à son tour et emprunté une quarantaine de fois le proverbial ascenseur reliant les différentes divisions pro et amateur du football français. Actuellement en National, le club de Saint-Ouen fondé en 1897 par Jules Rimet, le père de la Coupe du Monde, n'en est pas moins un modèle de club populaire, historiquement ancré à gauche et... à la pointe du marketing sportif, assumant ce statut étrange de deuxième grand club d'une agglomération parisienne qui n'en compte qu'un. À l'occasion de son match du 8 avril contre l'OL en huitième de finale de la Coupe de France, focus sur LE club pas comme les autres du football français.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Red Star : la ligne rouge

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“The Last Tree” de Shola Amoo : auprès de son arbre

VOD | Deux ans après sa présentation au festival de Sundance, le film de Shola Amoo arrive enfin sur les (petits) écrans français. Une modeste consolation pour cette histoire illustrant malgré elle un concept à la mode depuis qu’il a été dévoyé par la politique : la résilience.

Vincent Raymond | Vendredi 2 avril 2021

“The Last Tree” de Shola Amoo : auprès de son arbre

Trois moments décisifs de de la vie de Femi. D’abord l’enfance à la campagne chez Mary, mère nourricière, jusqu’à ce que sa mère biologique vienne le récupérer pour vivre dans une HLM londonienne. Puis l’adolescence au lycée, entre rébellion, petite délinquance et aspiration à une autre vie. Enfin début d’âge adulte, avec la rencontre avec son père… Jolie découverte que ce film partiellement autobiographique parvenant à dépasser d’inévitables clichés par ses instants de grâce et une mise en scène immersive, au plus près de son personnage, ainsi que des séquences d’un lyrisme visuel et musical rappelant Terrence Malick ou Benh Zeitlin faisant contrepoint avec la violence psychologique (ou physique) ambiante. Cette alternance savamment maîtrisée donne sa profondeur à The Last Tree. Débutant par la violence d'un arrachage affectif — Femi est ôté d’une famille d’accueil où il est choyé pour atterrir dans un cité blême auprès d’une mère célibataire peu démonstrative —, le fi

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Bertrand Tavernier (1941-2021)

Disparition | Un mois avant son quatre-vingtième anniversaire, le jour du centenaire de Simone Signoret, Bertrand Tavernier est décédé dans sa propriété de Sainte-Maxime. C’est davantage qu’un cinéaste ou que le président de l’Institut Lumière qui disparaît avec lui : un amoureux total et sincère des films et de ceux qui les font, un promoteur de leur restauration et de leur projection. Sa trace n’est pas près de s’effacer.

Vincent Raymond | Vendredi 26 mars 2021

Bertrand Tavernier (1941-2021)

En ouverture de ce qui demeurera son ultime long-métrage sorti sur grand écran, Voyage dans le cinéma français (2016), Bertrand Tavernier avait placé une citation de Jean-Luc Godard : « il y a quelque chose qui nous lie, Bertrand et moi, c’est que nous sommes tous les deux les enfants de la Libération et de la Cinémathèque ». Certes, on ne peut que relever les concordances objectives dans la formation puis le parcours des deux hommes qui les a fait converger plus d’une fois — et ce en dépit de leur onze années d’écart. Tavernier fut l’attaché de presse de Pierrot le fou de JLG (1965), l’année où celui-ci rafla l’Ours d’Or à Berlin pour Alphaville, récompense que Tavernier emporterait en 1995 pour L’Appât… Tous deux sont des enfants d’une bourgeoisie intellectuelle provinciale, qui vont trouver dans le cinéma une sorte épiphanie, passeront par l’adoration compulsive de l’ère des cinés-clubs, une phase (de) critique avant de s’emparer d’une caméra pour tourner… Mais si avec le temps Godard n’a eu de cesse d’étrécir son audienc

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s’emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L’Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente — Bertrand Tavernier n’hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l’anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l’extraordinaire Laisser Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix — il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence

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Rammstein verra le Parc OL, mais en 2022

Report, encore | Le report de la tournée de Rammstein a été officialisé ce mercredi : rendez-vous en 2022 pour voir le groupe allemand au Parc OL de Décines.

Sébastien Broquet | Mercredi 24 mars 2021

Rammstein verra le Parc OL, mais en 2022

C'était prévu en 2020. Puis en 2021. Et ce sera, normalement, en 2022. Rammstein a officialisé ce matin le report à l'été prochain de l'intégralité de sa tournée des stades, qui passera finalement par le Parc OL les vendredi 8 et samedi 9 juillet 2022. Les billets déjà achetés restent évidemment valables pour ces deux nouvelles dates. Pour celles et ceux qui préfèrent se faire rembourser, ce sera possible du 24 mars 2021 au 31 décembre 2021 auprès des points de vente habituels. Toutes les informations ici concernant ce nouveau report pour cause de Covid-19 des concerts du groupe de métal / indus.

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"Je m’appelle humain" : apaisée Joséphine Bacon

VOD | Grande plume de la poésie innue, Joséphine Bacon fait l’objet d’un portrait documentaire encapsulant une part de l’âme de sa culture. À découvrir en exclusivité en VOD, pour le moment.

Vincent Raymond | Mercredi 24 mars 2021

Québec, de nos jours. Poétesse reconnue et célébrée pour son écriture bilingue (en français et en innu-aimun, la langue des Premiers peuples du Canada), Joséphine Bacon évoque devant la caméra de Kim O’Bomsawin son parcours, de son passage au pensionnat à sa jeunesse semi beatnik à Montréal. Et comment, en maintenant vivace le souvenir de sa culture ancestrale faite d’oralité et de coutumes, elle a su en perpétuer l’essence à travers ses écrits… Paysages inspirants, lumière magique, palette harmonieuse… L’image de ce premier film est souvent flatteuse. Kim O’Bomsawin, pour son premier long-métrage, soigne son double sujet : le peuple Innu, survivant malgré l’entreprise d’acculturation destructrice menée par le gouvernement canadien depuis des décennies, et surtout Joséphine Bacon. D’ailleurs, si la réalisatrice ne convoque que si peu d’archives pour illustrer les souvenirs de sa charismatique interlocutrice, c’est s

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La Cité Internationale des Arts du Cirque devrait voir le jour à Vénissieux

Cirque | L’un des grands projets culturels des prochaines années sur le territoire métropolitain, la Cité Internationale des Arts du Cirque portée par la compagnie MPTA et l’école de cirque de Lyon, devrait, selon toute vraisemblance, s’implanter à Vénissieux — et non à Saint-Genis-Laval comme prévu initialement. Explications.

Nadja Pobel | Mercredi 24 mars 2021

La Cité Internationale des Arts du Cirque devrait voir le jour à Vénissieux

Le constat est ancien et cruel pour les circassiens de la région : il n’y a pas assez de lieux d’entraînement et de pratique. La France, de manière globale, en manque. Seule La Grainerie à Toulouse répond à cette demande. Un espace d’entraînement dans La Chapelle de La Cascade (en Ardèche), seul Pôle National de Cirque en Auvergne-Rhône-Alpes, est bien prévu — mais les travaux n’ont pas encore commencé. Pire, le confinement a accentué ces besoins car ces artistes sont aussi des athlètes qui ont besoin d’entretenir leurs corps. Le récent festival Circa qui s'est déroulé à Auch à l’automne a vu se multiplier les blessures : les artistes n'ont pu suffisamment s’exercer en amont. Julie Tavert, acrobate formée à Lyon puis passée par le Graal qu’est le CNAC (Centre National des Arts du Cirque à Châlons-en-Champagne) dit n’avoir pas du tout su où aller lors des six premiers mois de la crise sanitaire. L'école de cirque de Lyon implantée dans l’enceinte de la MJC Ménival est elle trop à l’étroit et jongle a

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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À la Fondation Bullukian, chacun sa route

Bande Dessinée | Jochen Gerner, Nicolas de Crécy, Edmond Baudoin. Trois parcours parallèles qui, défiant les lois de la géométrie euclidienne, concourent en un point : la Fondation Bullukian, où ces maîtres de l’illustration exposent à l’invitation de Fanny Robin et Thierry Prat, en partenariat avec LyonBD Festival. À voir jusqu’à juillet sur inscription, en attendant l’ouverture générale…

Vincent Raymond | Jeudi 18 mars 2021

À la Fondation Bullukian, chacun sa route

Les trois illustrateurs-auteurs de BD dont la Fondation Bullukian présente les travaux se complètent dans une prodigieuse harmonie. Explorateurs de formes, avides de renouvellement, ils partagent aussi ce goût du papier — un peu laissé pour compte aujourd’hui par la jeune génération, souvent contrainte de travailler sur tablette graphique — qui fait s’émerveiller Baudoin d’avoir pu, pour Le Chemin de Saint-Jean (2004), poser ses pinceaux sur un papier d’Arches du siècle passé, miraculeusement trouvé dans les caves d’un papetier, susceptible de défier les siècles sans bouger. Sans bouger ? Voilà tout le paradoxe de la thématique réunissant Gerner, de Crécy et Baudoin : immobiliser ces voyageurs à travers leurs voyages pluriels, réels ou imaginaires, vécus et relatés. Car lorsqu’un artiste use de son médium pour retracer son chemin de vie, la traversée se superlative : par la vertu singulière du talent, l’événement le plus ordinaire peut atteindre à l’épopée, l’insignifiant au sublime poétique. La ligne Gerner

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"La Voix Humaine - The Human Voice" de Pedro Almodóvar : quitte mains libres

Cinéma | Présenté hors compétition à la dernière Mostra de Venise et en première française en clôture du Festival Lumière 2020, le nouveau Almodóvar tient à la fois du renouvellement et de la synthèse en un court-métrage. Exclusivement en DVD ou VOD à partir du 19 mars.

Vincent Raymond | Vendredi 12 mars 2021

C’est un classique bientôt centenaire, pensé pour la scène par Cocteau, et depuis à de nombreuses reprises déjà transposé au cinéma, plus ou moins directement — par Pedro Almodóvar notamment, deux fois (dans La Loi du Désir et Femmes au bord de la crise de nerf). Racontant la consommation d’une rupture amoureuse via le monologue téléphonique de l’abandonnée, La Voix Humaine se révèle tout autant un texte dramatique que conceptuel du début de l’âge du virtuel — invisible et inaudible, le correspondant masculin dématérialisé étant supposé synchrone. Un ovni de luxe dans le ciel du court-métrage, et une parenthèse pour Pedro Almodóvar qui s’essaie pour la première fois à la langue anglaise en confiant à Tilda Swinton ce rôle-trophée de victime superbe, jadis échu à Anna Magnani à l’écran ou Simone Signoret (sur disque)

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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CinéFabrique : ça tourne dans le 9e !

Éducation | École Nationale Supérieure à part à qui la Ville de Lyon commence à s’intéresser, la jeune CinéFabrique forme ses élèves aux métiers de l’image et du son. Mais aussi à une approche citoyenne et collective d’une industrie artistique très dynamique. Gros plan sur un concept aussi professionnalisant qu’enthousiasmant où infusent des talents surmotivés.

Vincent Raymond | Vendredi 12 mars 2021

CinéFabrique : ça tourne dans le 9e !

Une cour d’établissement scolaire, en apparence semblable à toutes les autres, à la fin de la pause méridienne. Les élèves (masqués) jouent au foot, au ping pong, discutent sur des bancs avant d’entamer l’après-midi… On surprend des bribes de conversations. Il n’est point question d’exercice de maths ni de bac blanc d’histoire-géo : « non, mais là, je crois que je vais changer la musique de mon documentaire… » Quelque mélomane se met alors à siffler Twisted Nerve, repris en chœur par une bonne demi-douzaine de rossignols, et peu à peu la foule se disperse… Bernard Herrmann ferait-il office de sonnerie autogérée ? On l’a compris, nous ne nous trouvons pas dans un établissement ordinaire, mais à la CinéFabrique, l’École nationale supérieure de cinéma sise dans le 9e arrondissement de Lyon. Deux enseignes discrètes le confirment, rafraîchissant de leur bleu cobalt éclatant des murs d’enceinte à l’ocre fatigué… et détrompant les panneaux indicateurs qui dirigent toujours les visiteurs ver

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Alain Turgeon : la manière faible

Littérature | Après dix ans de silence éditorial, l'auteur québéco-lyonnais Alain Turgeon livre avec "En mon faible intérieur" un nouvel épisode de sa vie comme elle va et comme elle ne va pas. Un nouveau grand petit livre pour l'un des trésors les mieux cachés – et les plus drôles – de la littérature contemporaine francophone.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 mars 2021

Alain Turgeon : la manière faible

Il y a vingt ans, une paille grosse comme le Ritz, Alain Turgeon trônait en Une de ce journal en drôle de médecin auscultant l'iconoclaste ex-adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe. La cause de la mise en scène, l'alors jeune écrivain (il est toujours jeune mais moins et plus écrivain que jamais) venait alors de commettre, comme un forfait, la plus singulière biographie d'homme politique jamais lue, celle dudit Trouxe. Un truc plus ou moins à quatre mains avec pas mal de poils dans chacune d'elles dans lequel l'auteur mettait en scène le making-off méta de l'ouvrage, en même temps qu'il déroulait en alternance la vie du publicitaire devenu chef des arts et père fondateur des Subsistances — on y apprenait entre autres que Trouxe avait fait rajouter un "e" à un état pas très civil qui lui valait trop souvent de se faire appeler "trou". Le titre de l'ouvrage : TNT, comme "Turgeon Naigre Trouxe". "Naigre" et pas "nèg

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La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

Cinéma | « La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se (...)

Vincent Raymond | Mercredi 3 mars 2021

La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

« La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se dévouer à la présidence d’Unifrance — l’organisme en charge du “rayonnement” du cinéma français à l’international. Auréolé d’un joli succès dans les salles françaises avec 421 578 spectateurs — cela, du fait d’une exploitation prématurément réduite puisqu’il était sorti avant la seconde fermeture des salles fin octobre 2020 —, très bien accueilli à l’étranger, son huitième long-métrage La Daronne, adapté du polar homonyme d’Hannelore Cayre vient d’être désigné Prix Jacques-Deray par l’Institut Lumière, succédant à Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin, également distribué par

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Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

Littérature | Dans son nouveau roman, "À la machine", Yamina Benahmed Daho retrace la vie, au XIXe siècle, du rhodanien Barthélemy Thimonnier. Où il est autant question du parcours rude de l’inventeur de la machine à coudre que du mécanisme sociétal qui l’a laissé dans la misère. Ceci n’est pas sans rapport avec aujourd’hui.

Nadja Pobel | Mardi 2 mars 2021

Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

15 novembre 1855, Barthélemy Thimonnier est officiellement reconnu inventeur de la machine à coudre lors de l’exposition universelle de Paris, mais l’américaine Singer, plus simple d’utilisation, fera les beaux jours des femmes (surtout elles…) jusqu’à maintenant, encore. Jamais le tailleur n’améliorera sa condition avec ce qu’il a maturé et imaginé. Miséreux, il devra même finir par vendre en pièces détachées les éléments de son engin pour se nourrir. Oui, nous sommes parfois chez Zola. La condition ouvrière est d’une extrême dureté et, passée au tamis de l’écriture très précise de Yamina Benahmed Daho, il en résulte des données chiffrées fondamentales : déjà, Paris « est une ville indécemment chère », il faut seize heures de train pour rallier Lyon à la capitale, l’enterrement de la grand-mère « est privé des apparats que l’industrie de la marbrerie vend à un prix insensé », le tarif du ticket à l’entrée

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Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Plan Canapé | Après Truffaut, Demy, Sautet, Resnais, la plateforme de streaming continue d’élargir son offre en inscrivant dès ce 1er mars quelques-unes des premières œuvres de Bertrand Tavernier. Une mise en bouche avant l’intégrale ?

Vincent Raymond | Lundi 1 mars 2021

Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Rien n’arrête l’appétit de Netflix. Au moment où son concurrent direct Disney lance une plateforme, Star, ayant vocation à le titiller sur le segment “adulte” en proposant notamment des films ou des séries du patrimoine, la firme de streaming opère un nouveau coup d’éclat médiatique en intégrant à son volumineux catalogue cinq titres d’un emblématique auteur français : Bertrand Tavernier. Outre le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres parmi les plus primées et célèbres de la première partie de carrière du cinéaste lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul (photo), Que la fête commence, Le Juge et l’Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre), elles sont paradoxalement signées par un éminent cinéphile dont on sait l’attachement pour la projection en salle et son soutien au travail d’édition sur support physique des films, qu’il relaie sur son blog. Mais aussi par celui qui assume les f

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

Théâtre de Rue | Treize structures culturelles convient le KompleXKapharnaüM et... vous tous, à un geste artistique commun dans l'espace public ce samedi 27 février.

Nadja Pobel | Jeudi 25 février 2021

Invitation à Re-partir avec le KompleXKapharnaüM

« Nous sommes là. Nous sommes encore là ». Voici une invitation à un geste artistique, mais pas à un spectacle, ce samedi 27 février à 11h. La compagnie maitresse en matière de l’occupation de l’espace public KompleXKapharnaüM en est à l’initiative, car elle ne souhaite plus « attendre » et invite chaque personne qui le souhaite (via une inscription obligatoire sur https://re-partir.net à « se compter, se voir. » Convoqués sur les parvis des théâtres, les participants choisissent un lieu parmi ceux proposés (qui restent secrets avant inscription) et s’installent sur un des points dessinés au sol. Puis : « suivre les indications reçues. Respirer. Laisser venir. Cela commence. Pour une quinzaine de minutes ». À trois mètres de distance, chacun se connecte sur un WebLive, écouteurs sur les oreilles dans lesquels sont diffusés des extraits de Les Potentiels du temps de (l’immense) Camille de Toledo, Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff (Le Peuple qui manque) et Cahier d’un guerrier d

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Thierry Frémaux : projection particulière

Récit | Avant les tapis rouges, Thierry Frémaux a longtemps foulé avec une respectueuse gravité les tatamis de judo. Dans "Judoka", un récit où rien ne fait écran à cette part d’intime, le directeur général de l’Institut Lumière/délégué général du Festival de Cannes revient sur son rapport au sport et à l’intériorité.

Vincent Raymond | Vendredi 26 février 2021

Thierry Frémaux : projection particulière

On était ressorti avec un sentiment mitigé de la lecture Sélection officielle (Grasset, 2017), le précédent ouvrage signé Thierry Frémaux, journal d’une année calendaire type de l’homme occupant l’un des centres de gravité du cinéma mondial — le Festival de Cannes — et gravitant dans tous les autres. Précieux mémoire décrivant de l’intérieur la structuration d’une saison “normale” dans la vie du 7e Art (sa foultitude de coulisses organisationnelles, ses mondanités nécessaires, ses voyages à décalages horaires partout mais aussi ailleurs…), gagnant à se détacher de l’actualité immédiate pour offrir de la matière aux historiens des temps futurs, l’ouvrage était aussi constellé de séquences moins gracieuses. À commencer par les catalogues épuisants de célébrités de tous poils et l’avalanche de fleurs jetées sur chacune et chacun qui, entre deux petites forfanteries cyclistes, donnaient de l’homme une impression floue : comme s’il ne s’était pas résolu à aller au-delà de l’écorce, reflétant

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Nellie Bly, une folle aventure du récit en immersion

Bande Dessinée | La scénariste lyonnaise Virginie Ollagnier et la dessinatrice Carole Maurel se sont emparées du mythique reportage en immersion de Nellie Bly, "10 jours dans un asile", pour façonner un simili-biopic de la journaliste américaine, enfin mise en lumière en France ces dernières années grâce au travail salutaire d'Adrien Bosc, le boss des éditions du Sous-Sol. Les deux autrices sont en dédicace ce vendredi à la Librairie La BD à la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Vendredi 19 février 2021

Nellie Bly, une folle aventure du récit en immersion

— Quel genre de travail cherchez-vous ? — Je ne sais pas, je suis si lasse... — Vous occuper d'enfants ? Porter une jolie coiffe et un joli tablier blanc ? — Je n'ai jamais travaillé de ma vie. — Vous devez apprendre. Toutes les femmes ont un emploi. — Vraiment ? Cela me surprend, elles sont affreuses. Comme les folles à l'asile. Ainsi débute ce récit situé en 1887, à New York. USA. Par ce dialogue et quelques scènes qui comme dans Shutter Island nous conduisent droit dans un asile, accompagnant un personnage qui ici est une héroïne. Sauf que... Dans le film de Scorsese, Leonardo DiCaprio se présente comme sain d'esprit et le twist repose sur le fait qu'il est justement l'un d'eux, de ces fous. Et qu'ici, Nellie Bly, puisque c'est d'elle dont on parle, c'est l'inverse : elle se fait passer, admirablement bien, pour folle afin d'intégrer le cauchemardesque Blackwell's Island Hopital en tant que pensionnaire. Pour écrire. Raconter. Témoigner. Car Nellie — de son véritable patronyme, Elizabeth Jane Cochrane —, est journaliste, engagée (du moins, en tant que pigiste) en cette même année 1887 par le célèb

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La nuit où U Roy entra dans l’Histoire

Reggae | Non, U Roy — décédé en cette nuit du 17 au 18 février 2021, à 78 ans — n’a pas inventé le ragga ni le rap comme on peut trop souvent le lire. Mais oui, il a bien révolutionné la musique jamaïquaine et fait aujourd’hui figure de pionnier du toasting, ayant enregistré les premiers disques du genre sous la houlette de Duke Reid, après avoir enflammé les dancefloors de Kingston en compagnie de King Tubby. Retour sur la nuit qui a tout fait basculer.

Sébastien Broquet | Jeudi 18 février 2021

La nuit où U Roy entra dans l’Histoire

C’est vendredi soir à Kingston, Jamaïque. Bientôt l’heure de la dance. Nous sommes en 1969. Le rocksteady est encore chaud, mais laisse progressivement sa place au reggae naissant dans les soirées où la foule des massives, c’est ainsi que l’on nomme les adeptes des sound-systems, est toujours avide de nouveautés. Les gars et les filles, de toutes générations, se pointent là pour siffler une Red Stripe, draguer, oublier les soucis de la semaine. Danser. C’est du sérieux : on supporte un sound-system à Kingston comme ailleurs une équipe de football. Ce vendredi soir de 1969, pourtant, n’est pas tout à fait comme les autres. Toute la semaine, les yards, ces cours où se rythme la vie quotidienne de Kingston, ont bruissé de rumeurs. On dit que vendredi, à la dance, quelque chose de vraiment spécial va se passer. Que King Tubby a préparé un truc d’envergure. L’excitation grimpe. Car Tubby, génial ingénieur du son, est réputé pour son sens de l’innovation. Il a monté son sound-system, le Home Town Hifi, l’année précéde

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Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Théâtre | À 34 ans, Martha Spinoux-Tardivat vient d’être nommée directrice des Clochards Célestes, où elle exerçait déjà en accompagnant avec entrain tant les artistes que les spectateurs et spectatrices. Portrait.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Depuis six années, Martha Spinoux-Tardivat est un phare aux Clochards Célestes. Enjouée, professionnelle tant à l’égard des compagnies invitées que du public, des professionnels et des étudiants qui parfois font halte pour leur formation dans ce théâtre de 49 places. Martha est arrivée sous l’ère d’Élisabeth Saint-Blancat et aura prolongé son apprentissage aux côtés de Louise Vignaud dans la foulée. Le 27 août dernier, elles étaient réunies sur la place Chardonnet pour un hommage à la comédienne-directrice décédée d’un cancer six jours plus tôt. Une cérémonie simple, chaleureuse et émouvante pour celle qui porta haut, de 1986 à 2017, cette maison fondée en 1978. Alors, quand Louise Vig

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"Le Voyage à Lyon" : Claudia, Elisabeth, Flora ou l’éternel retour

En VOD | Tourné à l’été dans une ville quasi déserte, "Le Voyage à Lyon" de Claudia von Alemann avait été présenté au Festival Lumière dans sa version restaurée en 2018. Et voici que Henri, la plateforme en ligne de la Cinémathèque Française, l’accueille à partir du 17 février. À voir !  

Vincent Raymond | Mercredi 17 février 2021

Près de quarante ans jour pour jour après sa sortie sur les écrans berlinois, c’est à une bien troublante expédition que convoque Le Voyage à Lyon (1981). À la fois fascinante par sa beauté de porcelaine et le duveteux de son grain de 16mm (merci la restauration 2K), stupéfiante de modernité quant à son propos (ne s’interroge-t-il pas, notamment, sur la difficulté pour une femme de faire admettre son statut d’égale de l’homme ?), cette fiction trouée de séquences documentarisantes raconte plusieurs histoires. Ou plutôt, plusieurs Histoires. La première est celle de l’héroïne, Elisabeth (la bressonienne Rebecca Pauly), jeune Allemande en rupture de ban conjugal et familial s’octroyant “une semaine de vacances” au bas mot à Lyon afin d’effectuer des recherc

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Eva Offredo : un Japon graphique pour petits et grands

Kids | Voyage en circuit court au lointain. C'est que propose la maison d’édition lyonnaise Maison Georges avec ce merveilleux ouvrage d'Eva Offredo pour enfants, pour tout savoir du Japon via les femmes qui font ce pays.

Nadja Pobel | Mardi 16 février 2021

Eva Offredo : un Japon graphique pour petits et grands

Higasa est ensableuse, Kodomo artiste chingogu, Chawan restauratrice kintsugi. Le vocabulaire n’est pas un verrou mais un délicat mystère qui se résout au fil des pages et des dessins d’Eva Offredo dans Yahho Japon (Yahho étant le « salut que s’adressent les petites filles japonaises »). À travers le portrait de huit femmes se révèle un Japon à la fois ancestral et archi contemporain, pratique et plus contemplatif. À hauteur d’enfants (dès 7 ans), l’autrice et illustratrice n’oublie pas de glisser quelques fondamentaux d’aujourd’hui, sans en faire des slogans : l’écriture inclusive qui ne concerne que quelques mots ici, une attention particulière à un personnage qui préfère moquer plutôt que déifier la surconsommation — en faisant des œuvres muséales d’une capuche à hublots ou d’un refroidisseur de nouilles. Chaque récit — une couleur monochrome attribuée à chacun d’eux — se décline en dix planches qui frayent parfois avec les poupées russes tant l’une entraîne l’autre. Ainsi, en marron, via Tsuyu, meunière et maîtresse soba, il est question

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Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Bibliothèque | Dans nos colonnes, l’adjointe à la culture Nathalie Perrin-Gilbert, interpellée via une pétition des usagers du département Art vivants de la médiathèque de Vaise, affirmait le mois dernier qu’il n’était « pas question de démanteler ce pôle Arts vivants, bien au contraire ! ». Une partie du personnel doute de l’application de cette volonté.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Le pôle Arts vivants de Vaise est en réorganisation. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, a récemment présenté son projet pour sa refonte. Marc Fintzi, délégué syndical SUD, en est « très content » — mais il dit « craindre que l’administration ne bouge pas » et soit sourde aux paroles de l'élue, qui affirme notamment que le « même nombre de personnes dédiées au pôle » serait conservé, notamment en recrutant un bibliothécaire dédié suite au départ à la retraite de la personne qui occupait le poste précédemment. C’est là que le bât blesse pour le syndicaliste. La fiche de recrutement est selon lui trop vague : « c’est un poste qui s’occupe de coordination transversale et non de la création. Ce n’est pas tellement "arts vivants " ». Plus précisément, il est question d’assurer « la gestion, l’animation et le développement du pôle Arts vivants et Création — Ce pôle couvre les domaines suivants : Littérature

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