Dans la boîte de jazz

Jazz | Entre incontournables têtes d'affiche et indécrottables têtes chercheuses, entre péniches, sous-sol et salles extra-larges, voici quelques-uns des grands moments de jazz à piocher cette saison dans la boîte de Pandore jazz.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

Photo : © DR


Le jazz, c'est pas très compliqué, c'est une affaire de grands noms et de défrichage, de types qui ont joué avec les plus grands (ou qui le sont eux-mêmes) et de laborantins flirtant avec les limites de leur genre. De grands noms, le Grand Lyon n'en manquera pas cette saison qui accueillera deux éternels revenants : Herbie Hancock (2 novembre) et Bobby McFerrin (18 novembre) tous deux à l'Auditorium (avec Jazz à Vienne), et dans des styles très différents Ibrahim Maalouf (27 octobre à la Halle Tony Garnier) et Michel Jonasz (23 novembre à l'Amphi 3000).

Plus pointu : Sclavis se présentera en quartet au Périscope pour Characters on a wall, autour du travail du plasticien Ernest Pignon-Ernest (18 octobre) et en trio douze jours plus tard à l'Opéra Underground avec un projet pour cordes et clarinette baptisé Asian Fields Variations (26 octobre). Ce sont d'ailleurs bien dans ces lieux que se joue le jeu du défrichage et de l'expérimentation. Au Périscope qui fêtera ses treize ans le 7 décembre lors d'une soirée spéciale on verra défiler Pulcinella, grand malaxeur de genre (8 octobre), l'impro jazz de The Bridge (9 octobre), le batteur danois Peter Bruun (2 novembre) et le sextet scandinave Gourmet (13 novembre).

Zappa, Django, la main

À l'Opéra Underground, plus volontiers versé sur la sono mondiale, on pourra tenter de décrypter le jazz libertaire de GRIO (Grand Impérial Orchestra de la Compagnie Impérial, le 19 octobre) et les variations sur Django (Reinhardt, qui d'autre) de Stéphane Wrembel (19 octobre). À celà on peut ajouter, sans souci d'impossible exhaustivité, le sextet du trompettite Rémi Gaudillat qui présente Electric Extension dans le cadre de Rhino Jazz (au Périscope toujours le 14 octobre), et dans ce même cadre, la revisite de Frank Zappa par un autre Franck, Tortiller (15 octobre) dans un Théâtre de la Renaissance qui accueillera également l'étoile montante du saxo Émile Parisien (16 octobre).

Ainsi qu'Un Doua de Jazz, le "plus grand festival étudiant de jazz de France". Ce qui vous pose un festival. Un programme que l'on peut accompagner si on le souhaite, non pas avec des "jazzy hands" mais avec Jazz Hands : "La main, le geste et l'empathie" (au Périscope le 25 octobre en résonance avec la Biennale d'Art Contemporain) : une rencontre transdisciplinaire et théorique autour du thème de la main, donc avec des musiciens, un historien de l'art, un philosophe et un neuroscientifique, de quoi comprendre un peu plus en profondeur cet art à mi-chemin de l'improvisation et du flux de conscience, de la théorie et de la sensation. Peut-être un peu plus complexe finalement qu'on ne l'a prétendu plus haut.

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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En formule trio

Jazz | Ce n'est pas si courant dans nos contrées : trois pointures du jazz se succèdent en quelques jours dans les salles lyonnaises, avec Ibrahim Maalouf, Louis Sclavis et Herbie Hancock.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

En formule trio

Ibrahim Maalouf Du jazz à la Halle Tony Garnier ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Sami Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, et l'on ne doute pas que le gigantisme de cette salle ne soit même pas un obstacle pour celui qui fût récompensé en 2017 d'un César pour sa musique du film Dans les forêts de Sibérie. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'

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Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

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Cinq bonnes raisons d’aller à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Les festivals s'effeuillent en cette fin d'hiver : au tour de Jazz à Vienne de présenter son programme, relevé et concentré sur les valeurs sûres. Voici notre top 5 (et la programmation complète en bas d'article).

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Cinq bonnes raisons d’aller à Jazz à Vienne

Chic feat. Nile Rodgers Le retour en force du génial Nile Rodgers initié par sa collaboration avec Daft Punk et Pharrell Williams sur Get Lucky entraîne évidemment le come-back de Chic (ou ce qu'il en reste, c'est à dire Nile) sur les grandes scènes de festivals. Revue de tubes en approche : des pépites disco composées avec son acolyte Bernard Edwards (disparu en 1996) à celles concoctées pour d’autres (Sister Sledge, Diana Ross remise en selle par Upside Down, le Let’s Dance de Bowie…), le théâtre va onduler du bodjo, sévèrement. Plaisir pur. Au Théâtre Antique le samedi 2 juillet Ibrahim Maalouf Le génial trompettiste d’origine libanaise s’est imposé durablement sur la scène jazz et au delà, depuis son premier album Diasporas en 2007. Réussissant à se frayer un chemin original et à défricher des pistes inexplorées, si ce n’est parfois par Jon Hassell, Ibrahim Maalouf mêle sonorités orientales et jazz, parfois saupoudrées d’une fine influence hip hop ou électronique.

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Je vous souhaite d'être follement aimée

ECRANS | De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) Avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes Aguis…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Je vous souhaite d'être follement aimée

Ounie Lecomte n’en a pas fini avec la thématique de l’adoption. Un sujet intime qu’elle avait déjà abordé frontalement — sans laisser d’impérissable souvenir, d’ailleurs — dans Une vie toute neuve (2008), inspiré de son propre parcours. Plus abouti, ce nouveau film a pour figure centrale une kiné née sous X décidée à retrouver sa mère biologique pour calmer ses tourments existentiels ; il dresse cependant le portrait de trois, voire quatre générations chamboulées dans leur identité. Malgré des atouts de poids, allant de la musique d’Ibrahim Maalouf à la distribution "auteur" de prestige (une lignée Françoise Lebrun/Anne Benoît/Céline Sallette, tout de même…), malgré un questionnement légitime sur le droit de connaître ses origines, et une approche tactile des relations entre les personnages, Je vous souhaite d'être follement aimée se distend peu à peu, s’égare et se dissout dans ses propres interrogations, pendant que le spectateur anticipe sur des rebondissements cousus de fil blanc. Dommage.

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Le panthéon du Jazz

MUSIQUES | Festival / Comme chaque année, Vienne a mis les petits plats dans les grands pour se transformer en panthéon vivant du jazz. Alors, entre ici, Jazz à Vienne avec ton terrible cortège de jazzmen cacochymes, de colosses à saxos et de monstres sacrés déglingués. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 mai 2011

Le panthéon du Jazz

«Que de Vienne, que de Vienne», disait le poète. Mais que de jazz surtout cette année à Vienne, pour un festival qui se plaît toujours autant à faire valser les invités pour contenter les puristes tout en élargissant les horizons. Car encore une fois, comme dirait le docteur Dukan, il y a du lourd. Citons simplement quelques noms de légende, juste comme ça pour la fine bouche : George «Give me The Night» Benson, Tom Jones, empereur des vieux beaux à la voix de velours, indémodable à force de n'avoir jamais été à la mode. Ou encore le saxophoniste Sonny Rollins, «Le Colosse», 81 ans, qui ne sort plus guère de chez lui que pour revenir à intervalles réguliers faire fondre les pierres du théâtre antique. Miles Davis n'étant plus en capacité physique de réaliser un tel exploit, ce sont pas moins de trois autres légendes qui lui offrent un Tribute clés en main en la personne de l'éternel Herbie Hancock, Wayne Shorter et Marcus Miller. Pimp de l'espaceAjoutons Al Jarreau et l'un des pères du tropicalisme brésilien, par ailleurs ancien ministre de la Culture en son pays, Gilberto Gil et le tout commence à ressembler à un véritab

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"Je n'aimais pas la trompette"

MUSIQUES | Entretien avec Ibrahim Maalouf, trompettiste de jazz franco-libanais. À mi-chemin entre le jazz et la musique orientale, ses deux premiers albums ont été acclamés par la critique. Sur scène, c'est accompagné de son quintet, qu'il propose de redécouvrir sa musique, dans une version plus rock. Au festival Jazz à Vienne le 2 juillet. Propos recueillis par Laurence Magnaudet

Dorotée Aznar | Jeudi 1 juillet 2010

Petit Bulletin : Vous êtes issu d'une famille de musiciens. La musique a été une évidence pour vous ?Ibrahim Maalouf : Oui et non. Mon père m'a appris la trompette très tôt, mais j'avais envie de faire autre chose. Je voulais devenir architecte. Et puis, j'ai intégré le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, et j'ai commencé à participer aux concours internationaux. Je me disais que je devais aller le plus loin possible dans ce que je pouvais faire dans le registre classique. Je l'ai fait. Et puis j'ai voulu arrêter. Arrêter la musique ? Pourquoi ?D'abord je n'aimais pas la trompette. J'en ai fait parce que c'était l'instrument de mon père et que j'avais des facilités. Mais je trouvais le son trop dur. Si aujourd'hui je devais refaire d'un instrument, ce serait quelque chose de plus doux, comme le piano ou la guitare. La trompette, ça peut être doux, mais à l'époque, je ne le savais pas. Et finalement, vous avez décidé de continuer, mais dans un autre registre.Oui. J'ai rencontré Maurice André, qui m'a dit de trouver mon propre son. J'ai repris la trompette, mais en travaillant pour moi. Je me suis mis à composer de petites

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