Hubert Mounier dans la place

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Photo : © DR


C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette grande figure de la pop hexagonale mais aussi locale.

Très vite, dans le sillage du chanteur Stan Mathis et des Chic Types, l'idée d'un concert fait son chemin puis d'un disque produit par Stardust ACP. La fine fleur de la scène chanson-pop de Lyon picore alors des titres dans le répertoire de Mounier et de l'Affaire Louis Trio pour en enregistrer des relectures au studio Magneto de They Call Me Rico : on y retrouve, en plus de tous les précités, Kent, un vieil ami, Carmen Maria Vega, Buridane, Joe Bel, Denis Rivet, Billie et quelques autres sur un vinyle à sortir le 5 novembre.

Le même jour aura lieu dans la grande salle du Transbordeur une release party en présence de tous les intéressés (hormis Joe Bel en tournée au Canada et Kent) où tout ce petit monde dansera sur la chic planète d'Hubert. La chose est gratuite, mais l'on compte déjà plus de 1000 réservations. Il est donc conseillé de faire vite, bien qu'une séance de rattrapage soit prévue en avril à la Comédie Odéon.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Une autre femme : "Billie" de James Erskine

Documentaire | Un docu double sur Billie Holiday mais aussi sa biographe Linda Lipnack Kuehl, par James Erskine.

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Une autre femme :

Journaliste à ses heures, Linda Lipnack Kuehl réunit 200 heures de témoignages sur Billie Holiday avant de mourir brusquement. Un demi-siècle plus tard, James Erskine exhume les cassettes et entreprend de raconter une double histoire : celle de la jazz-woman et celle de sa biographe. Sauf que… Courir deux lièvres aussi importants lui fait manquer ses deux buts. La partie sur Billie n’apprend rien, se contentant d’enchaîner des archives sans unité de traitement (images brutes ou colorisées à la truelle) et de reprendre des assertions sans les étayer : dire que Lady Day a révolutionné la musique, d’accord, mais une petite analyse expliquant en quoi eût été utile. Quant à “l’enquête“ sur Linda Lipnack Kuehl, elle est sacrifiée et frustrante. Car on ne sait pas pourquoi elle a été “suicidée“. En fait — et c’est toute l’ambiguïté de ce documentaire — le vrai sujet était la biographie de cette biographe, et son transfert à travers Billie que l’on devine. Erskine a joué la facilité en traitant Billie et non son ombre fantomatique. Dommage. Billie

Continuer à lire

Stan the Flasher

Chanson | Les suiveurs de la scène locale "chanson-rock" — cela dit par commodité — n'en disconviendront pas, Stan Mathis apparaît comme l'un des (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 décembre 2019

Stan the Flasher

Les suiveurs de la scène locale "chanson-rock" — cela dit par commodité — n'en disconviendront pas, Stan Mathis apparaît comme l'un des piliers du rock lyonnais — d'ailleurs à l'initiative du projet Place Hubert Mounier, hommage collectif, discographique et live à l'ancien leader disparu de l'Affaire Louis Trio. A priori, on sait à quoi s'attendre. Pourtant ceux qui étaient restés sur le souvenir de son deuxième album Ombres et visages, d'une veine plutôt proche d'un Stephan Eicher — quelque chose du Suisse dans ce chant — et au fond assez classique, ceux-là, donc, ont pu être surpris par la tournure prise par l'EP Plexus Solaire paru en octobre dernier qui semble n'avoir pu résister à la tentation d'une dose d'électro injectée comme un shoot d'adrénaline qui fonctionne comme tel, inoculant un élan vital, un électrochoc, un flash au souffle brûlant, à des chansons déjà bien enfiévrées. Pour prendre la température c'est au Groom que ça se passe le 19 décembre aux côtés de Nära.

Continuer à lire

Joe Bel fait de beaux rêves

Pop | Il aura fallu peut-être plus de temps que prévu pour que celle dont on tirait le portrait il y a déjà cinq ans ne publie enfin son premier album. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 novembre 2018

Joe Bel fait de beaux rêves

Il aura fallu peut-être plus de temps que prévu pour que celle dont on tirait le portrait il y a déjà cinq ans ne publie enfin son premier album. Entre-temps bien sûr, la jeune femme a produit des EP, pas mal tourné et même joué dans un film, Tout pour être heureux, dont elle signa une partie de la BO. Cet album, Joe Bel en a rêvé, elle l'a appelé Dreams, et on présume qu'il est à la hauteur de ses songes. D'abord parce qu'il est magnifiquement réalisé par Marcus Paquin (The National, Arcade Fire, Timber Timbre). Ensuite parce qu'en neuf titres d'une grande précision, on y retrouve la chanteuse telle qu'en elle-même : tantôt vibrante de simplicité aux commandes de ballades au piano (Before), à la guitare (I Believe) ou subtilement mais richement arrangés (Dreams, That Belongs to me, le sublime In the Morning) ; tantôt irrésistible de groove, comme sur le hit No, N

Continuer à lire

"Permafrost" : le nouvel album de Denis Rivet

Chanson | Avec Permafrost, le Lyonnais Denis Rivet livre un nouvel album de l'entre-deux, celui d'un univers qui se déglace et se réchauffe au gré de chansons hivernales en apparence mais solaire en profondeur. 

Stéphane Duchêne | Mardi 6 février 2018

« Ici, la vie est rude / J'en ai pris l'habitude / J'aime ces terres arides / Et ces hivers humides / Et la neige et le froid / Les piqûres d'aoûtats (...) Et si jamais tu passes / Quand l'orage menace / Remets-toi vite en route / Ne laisse pas le doute / J'en ai vus plantés là / Qui ne repartaient pas. » Voici comment débute Permafrost, le nouvel album du Lyonnais Denis Rivet avec lequel les amateurs de chanson-rock ont au fil des années pris leurs habitudes. Entre une rythmique minimaliste, le ressac d'arpèges cristallins et un synthétiseur sédaté, Rivet pose le décor. Celui d'un disque dont le titre dit tout. Le permafrost c'est ce sol perpétuellement gelé des régions septentrionales qui semble figurer ici la manière dont les paysages du Grand Nord infusent sur l'état de l'âme jusqu'à la cristallisation complète. Mais c'est peut-être aller un peu vite en besogne que de prendre cela, uniquement cela, pour argent comptant. Je me souviens D'aussi loin qu'on se souvienne, Denis Rivet a toujours rendu compte des zones grises de la vie. Sur Tout proches (2012), il explorait le thème de l'ambivalence entre l

Continuer à lire

Rivet au casque

Chanson | À quelques semaines de la sortie de son nouveau disque baptisé Permafrost, dont on vous dira prochainement tout le bien qu'on en pense, le chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 novembre 2017

Rivet au casque

À quelques semaines de la sortie de son nouveau disque baptisé Permafrost, dont on vous dira prochainement tout le bien qu'on en pense, le chanteur Denis Rivet, ce conteur hors-pair des zones grises de la vie, se fend d'une initiative pour le moins originale : organiser une séance d'écoute au casque tout confort (canapé, boisson) sise au Ciné-café Aquarium (10 rue Dumont dans le 4e arrondissement), en partenariat avec le TNG. Contre 15€, en plus de la prestation précitée, on pourra acquérir le dit album. Une écoute qui s'accompagnera, pour mieux s'immerger dans l'univers de Denis Rivet, de la projection sur écran géant des photos réalisées par Fabrice Buffart pour la pochette de l'album et se poursuivra par un échange avec l'intéressé mené par Arnaud Bonpublic, animateur sur la webradio Les Enfants du Rhône. Cela se passera le dimanche 26 novembre au long de trois séances successives (14h, 16h, 18h) pour lesquelles il es

Continuer à lire

Buridane : « Exprimer autre chose que ce que dit le texte »

Chanson | Après le succès d'un premier album, Pas fragile, empreint de dualité et de fausse légèreté, Buridane revient le 6 octobre avec un Barje Endurance viscéral et intense dans sa manière de sublimer par ses arrangements des textes à tiroirs toujours aussi profonds. Avant-première.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Buridane : « Exprimer autre chose que ce que dit le texte »

Il s'est passé cinq ans depuis Pas Fragile. A-t-il été compliqué de se remettre à l'ouvrage, après l'accueil positif que ce disque a reçu et la longue tournée qui a suivi, avec en plus l'enjeu que peut représenter un deuxième album dans ces conditions ? Buridane : En termes de matière, ça n'a pas été un problème. J'ai commencé à écrire les chansons de Barje Endurance quand j'étais en studio pour le premier album. J'avais des choses à dire, j'avais 25 ans : c'est une période de la vie où il se passe beaucoup de choses, où l'on mûrit. La thématique s'est tout de suite axée sur la notion de transition, comme si j'avais déjà conscience que le premier disque n'était pas un aboutissement mais déjà le début d'autre chose. Le plus difficile, c'était d'accepter la phase souterraine de création : fin 2014, j'ai commencé à faire moins de concerts. Cette disparition de la scène a été un peu difficile. Et il y a eu toute la phase de mise en œuvre du deuxième disque : bosser avec des réalisateurs, n'être pas satisfait, repartir de zéro à chaque fois... Convaincre les gens avec qui on travaille. Surtout que sur cet album, j'av

Continuer à lire

Buridane, à la barge

Chanson | Pas fragile, le premier album de Buridane, s'annonçait comme la profession de foi d'une chanteuse qu'il ne fallait pas confondre avec son (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 juin 2017

Buridane, à la barge

Pas fragile, le premier album de Buridane, s'annonçait comme la profession de foi d'une chanteuse qu'il ne fallait pas confondre avec son apparence : une jeune fille blonde et un single faussement sautillant intitulé Badaboum. La chanteuse déjà s'affirmait. Mais avec Barje Endurance, qui sortira en septembre, la Lyonnaise qui a pétri son talent sur scène, en remet un sacré coup. Son premier extrait, La Transition, en quasi spoken-word affiche d'entrée la couleur d'un album bien décidé à en découdre et à reprendre les choses, sinon là où elles les avaient laissées, complètement à zéro. Plus pop, plus rock, avec une plume encore plus acérée faisant résonner les mots avec un peu plus de gravité et des arrangements tantôt majestueux (Mauvais sort), tantôt épurés. Avec aux manettes, en guise de producteur, Cédric de la Chapelle (ex-S et instigateur du phénomène Slow Joe & the Ginger Accident). Tout cela sera à découvrir à la rentrée. Où, pour ceux qui n'y tiennent plus, sur la scène de la salle Rameau, ce 15 juin.

Continuer à lire

Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

Petit Bulletin Live | C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du Canada, où elle vient d'enregistrer son premier album attendu de pied ferme, la chanteuse-auteure-compositrice soul-folk au groove unique nous fera le cadeau de se produire pour la première fois en solo depuis un bon moment. Une raison de plus d'arriver à l'heure, à 19h tapantes et même avant.

Continuer à lire

Le baiser mouillé de Billie

French Kiss au Transbordeur | N'était l'invitation de son premier album, au Baiser qui laisse des marques de rouge à lèvres, et peut-être quelques traces rougies de morsure – il est (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 juin 2016

Le baiser mouillé de Billie

N'était l'invitation de son premier album, au Baiser qui laisse des marques de rouge à lèvres, et peut-être quelques traces rougies de morsure – il est rapidement apparu évident que la couleur de la musique de Billie — si tant est que la musique puisse avoir une couleur et l'on aurait tendance à penser que oui — se décline sur une palette de bleu. Bleu nuit, comme sur la plupart des chansons krautrock du Baiser, quelque chose oscillant entre le bleu marine et cette indéfinissable ton confinant à la transparence qui est parfois celui de l'eau, bleu d'encre (d'ancre ?). Mais bleu nuit encore si l'on en croit le titre et le contenu de cet EP que la chanteuse lyonnaise a baptisé Nuits Aquatiques et pour lequel elle a moins enfilé le bleu de chauffe que le ciré jaune et surtout la queue de sirène scintillant sous les étoiles d'une production electro r'n'b à roulis signée Erotic Market, emportant comme une vague. Une (p

Continuer à lire

Lyon BD Festival : le plein de super

Bande Dessinée | Pendant que l’immense machine angoumoisine se prend bide sur bide, au grand dam des auteurs et du public, Lyon BD Festival continue de se muscler. Une décennie seulement après sa création, l’incontournable rendez-vous lyonnais est devenu plus fécond que jamais.

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Lyon BD Festival : le plein de super

Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

Continuer à lire

Cleet Boris, chanteur de l'Affaire Louis' Trio, est décédé

MUSIQUES | Cleet Boris, chanteur de L'Affaire Louis' Trio, est décédé ce jour à l'âge de 53 ans, des suites d'une rupture aortique foudroyante. C'est son ami Benjamin (...)

Sébastien Broquet | Lundi 2 mai 2016

Cleet Boris, chanteur de l'Affaire Louis' Trio, est décédé

Cleet Boris, chanteur de L'Affaire Louis' Trio, est décédé ce jour à l'âge de 53 ans, des suites d'une rupture aortique foudroyante. C'est son ami Benjamin Biolay qui a annoncé la nouvelle sur son compte Instagram, confirmée par son éditeur : « Les éditions Dupuis ont la douleur de vous faire part de la disparition d’Hubert Mounier ce matin, 2 mai 2016. » Hubert Mounier de son vrai nom était né à Lyon en 1962 et avait fondé le groupe de pop L'Affaire Louis' Trio vingt ans plus tard. Le groupe connaîtra le succès en 1987, avec le titre Chic Planète. Depuis, toujours sous son pseudonyme de Cleet Boris, il avait publié plusieurs bandes dessinées, dont le premier, J’ai réussi, était paru en 1985. La pochette de l'album de Chic Planète était dessinée par son ami dessinateur, Yves Chaland. Son éditeur précise dans un communiqué : « En 2011, les éditions Dupuis parvenaient enfin à le faire revenir à sa table à dessin avec La maison de pain d’épices, un récit autobiographique racontant au jour le jour les affres de la création musicale du disque éponyme. Depuis, Hubert travaillait sur un immense p

Continuer à lire

Tout pour être heureux

ECRANS | de Cyril Gelblat (Fr, 1h37) avec Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika, Joe Bel…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Tout pour être heureux

Ses yeux de cocker l’ont conduit à prêter sa voix au chien Bill ; sa barbe de trois jours et son poil grisonnant semblent le condamner à des emplois d’épave en rupture de famille, de copine, de boulot (mais qui arrivera bien par s’en sortir, allez) assistant à leur propre déchéance avec une fatalité lasse… Peut-être que Manu Payet devrait envisager le rasage de près pour accéder à des rôles différents, ne tournant pas autour du nombril d’un quadra bobo exprimant son ressenti de victime d’une précarité sournoise, tout ça parce qu’il a craqué le lacet de sa Stan Smith droite — sa préférée. Ce n’est en tout cas pas avec cette comédie fatiguée, espérant sans doute se parer de l’épithète “dramatique” parce qu’elle ne se boucle pas totalement en faveur du héros, qu’il sort de sa zone de confiance. Dommage pour Audrey Lamy qui, elle, arrive à faire quelque chose de son maigre personnage.

Continuer à lire

Grégoire Le Du, manager en développement durable

MUSIQUES | A la tête de l'agence de management Grande Route et du tout neuf label Archipel cofondé avec le studio Mikrokosm, Grégoire Le Du s'est spécialisé depuis une dizaine d'années dans l'accompagnement d'artistes en développement. Mûrissant au passage une philosophie quelque peu à contre-courant de l'image que l'on peut se faire de ce métier, où les idéalistes auraient encore leur place. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mai 2015

Grégoire Le Du, manager en développement durable

«J'ai cette chance d'être suffisamment romantique pour me satisfaire de ce que l'artiste fera plutôt que de ce qu'il fait.» Cette phrase de Grégoire Le Du – fondateur de Grande Route, qui manage entre autres les carrières prometteuses de Joe Bel et 2080 – plusieurs fois répétée et déclinée au cours du même entretien sur son métier, peut paraître quelque peu sibylline. Il faut pourtant, entre les lignes, la comprendre comme l'acceptation qu'un artiste puisse à un moment donné faire sa (grande) route sans ce manager spécialisé dans l'émergence. Sans faire de lui un Bartleby de la chose, un type qui, comme le héros de Melville, «préférerait ne pas», ce discours et la mise en pratique qui l'accompagne dénote quelque peu dans une profession que, vue de l'extérieur, on imagine volontiers pratiquée par des types qui se barrent avec la caisse : «C'est une philosophie, une question de tempérament dit-il. Je viens de la musique, j'en fais, ce qui me permet de travailler sans arrière pensée.» C'est en effet en plusieurs temps que Grégoire s'est découvert une passion pour l'émergence et le développement et a forgé sa vision du métier.

Continuer à lire

En bonnes voix

MUSIQUES | Dix ans déjà que, depuis les contreforts du Beaujolais, le festival Nouvelles Voix vendange les nouveaux talents pour tenter de dresser un portrait de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 novembre 2014

En bonnes voix

Dix ans déjà que, depuis les contreforts du Beaujolais, le festival Nouvelles Voix vendange les nouveaux talents pour tenter de dresser un portrait de la musique – tendance chanson plutôt – d'aujourd'hui et surtout de demain. En offrant d'ailleurs à peu près pour tous les goûts – tendance chanson plutôt, donc, mais en fait pas que. On ne s'étonnera alors pas d'y retrouver certains de nos chouchous locaux comme Pethrol, à deux doigts de gagner le statut de premiers de cordée qu'ils méritent. Mais aussi, Nouvelles Voix ratissant plus large, esthétiquement comme géographiquement, parfois même très loin, des découvertes (ou des "à découvrir si ce n'est déjà fait") comme le Bordelais Talisco (vu cet automne à Just Rock?), l'Israëlienne aux instruments venus d'ailleurs Lior Shoov, les Toulousains pluridisciplinaires de Kid Wise ou encore Klô Pelgag, Québécoise quelque peu extra-terrestre (d'où sans doute, ce nom crypto-Klingon). Et puis comme on fête une décennie (ou peut-être que ça n'a rien à voir, après tout), le festival s'offre une belle soirée de gala. En tête d'affiche Hollysiz,

Continuer à lire

Bonjour tristesse

MUSIQUES | Tout est triste, rien n'est grave. Voilà à peu de chose près une définition de notre époque. Une double définition même : manière d'apprendre à relativiser ce qui va (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 octobre 2014

Bonjour tristesse

Tout est triste, rien n'est grave. Voilà à peu de chose près une définition de notre époque. Une double définition même : manière d'apprendre à relativiser ce qui va mal ou justement de pointer le relativisme ambiant, désensibilisant, dévitalisant. Denis Rivet a sûrement choisi entre ces deux options. Qu'il nous permette de croire que son album,  marqué du sceau d'une rupture qui reste à digérer, se balance dans cet entre-deux. L'attaque est d'ailleurs frontale : mur de guitares brûlantes parce que glaçantes (Autour du grand feu, Tu disais), écriture, comme toujours chez Rivet – le bien nommé ? – vissée à l'économie, cueillant à froid.   Après l'excellent EP Tout proches, Tout est triste, rien n'est grave montre un Denis Rivet qui a fait du chemin sans s'éloigner de ses proches (Mikaël Cointepas mais aussi Frédéric Bobin et Philippe Prohom, présents pour deux duos), ni de Tout ce qui [le] tient et

Continuer à lire

Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

Continuer à lire

Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

Continuer à lire

La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

Continuer à lire

Lady Night

MUSIQUES | Avec "Le Baiser", son premier album, mélange très réussi de chanson française et d'atmosphères électro-pop, la Lyonnaise Billie embrasse les paradoxes esthétiques à pleine bouche dans un camaïeu de pénombre. Et sur le mode du conte fantastique fait danser sur des mots bleus son romantisme new-wave. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mai 2014

Lady Night

Contrairement à Bashung, l’une de ses idoles, la nuit, Billie ne ment pas. Elle ne dort pas non plus, ni ne rêve, elle «vole» comme elle le chante sur La Fille Peter Pan. La nuit, Billie, chanteuse nyctalope et noctambule, funambule dans l’ombre bleutée et les brumes tombantes entre ses avatars rêvés : femme-vampire prête à brûler son désir aux rayons du soleil (Sangtimentale), Ondine suffocant de solitude (Ta bouche) ou sirène chantant la malédiction d'un pouvoir de séduction changé en misère affective (L’Âme bleue). Femme fatale, Billie a adopté un pseudo épicène. Belle de nuit, elle a choisi ce dernier en référence à Billie Holiday, éternelle "Lady Day" – à laquelle elle consacre d'ailleurs l'éponyme Billie, récit de destin effondré. Là s’incarne sans doute le paradoxe de cet autre «étrange fruit» qui se dit «entre deux âges» (Chronologie) – en vrai, une trentaine qui ne se voit même pas – et qui voulait faire de la chanson française ET de la new-wave ; chanter d’une bouche rouge vif mais «le blues aux lèvres» ; s’inventer des histoires pour mieux raconter l

Continuer à lire

La Bel verte

MUSIQUES | «Je ne sais pas où je vais mais je sais comment j’aime marcher». C’est sur ces mots de Joe Bel que se terminait le portrait que nous lui avions (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 novembre 2013

La Bel verte

«Je ne sais pas où je vais mais je sais comment j’aime marcher». C’est sur ces mots de Joe Bel que se terminait le portrait que nous lui avions consacré en mars dernier. Depuis, sans savoir où elle allait mais avec sa démarche à elle, plutôt chaloupée si l’on en croit sa musique, la demoiselle, déjà largement remarquée, a fait du chemin. Au printemps, la Bel a suivi le cosmique Asaf Avidan le long d’un tour d'Europe achevé sur la scène de l’Olympia. Immersion idéale dans les exigences d’une tournée et de cette confrontation à un public pas acquis d’avance qui constitue le lot de toute première partie – qui plus est dans un format guitare-voix facilement casse-gueule. D’autres dates ont suivi, dont un improbable stade des Alpes à Grenoble, en ouverture toujours de Ms Dynamite – un surnom qui pourrait tout aussi bien aller à cette Iséroise aux racines franco-hispano-américaines installée à Lyon. Manière de fêter cette année un peu folle, Joe Bel a droit à un Marché Gare en tête d’affiche sur les terres qui l’ont en partie révélée. L’occasion de distiller aussi, en groupe

Continuer à lire

Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

Continuer à lire

En plein Air

MUSIQUES | «Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

En plein Air

«Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de l’oreille interne – ce qui est fortement déconseillé par l’ORL moyen, on préfèrera se caresser la touffe ciliaire – ben oui, c’est comme ça que ça s’appelle, on n’y peut rien – à l’écoute des divers invités de son édition 2013 : la douce Tachka, le très (trop ?) aérien Yan Destal, le trio folk féminin Théodore, Paul & Gabriel (oui, elles ont des prénoms de garçons, et alors ? Joni Mitchell aussi) et bien sûr notre chouchou Denis Rivet. Mais ne nous cachons pas derrière notre coton-tige, l’attraction de l’événement sera bel et bien Bertrand Belin et la découverte en avant-première du successeur de son terrible Hypernuit. La chose s’appelle Parcs et le confirme en chevalier noir de la chanson française. Comme si les fantômes de Bashung et Johnny Cash visitaient les contrées country de Bill Callahan (Smog) ou les forêts welches de Rodolphe Burger. Pétri de références qui sont autant d’infinies étendues littéraires (Cormac McCarthy,

Continuer à lire

Bel(le) épine

MUSIQUES | Révélation 2012 du net et de la scène lyonnaise et (déjà) égérie d'une marque de jeans, Joe Bel, piquante rousse à la musique ondulatoire, cultive des hectares de paradoxes personnels qui imprègnent des textes hérissés de noirceur. Une dialectique qui permet à cette timide volontaire de tracer sa route en naviguant à vue, préférant le voyage et la démarche chaloupée à la certitude du terminus. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 mars 2013

Bel(le) épine

« Une voix, une guitare, des cheveux roux et une robe verte». Voici Joe Bel telle qu'elle s'est pensée et définie lorsque l'ancienne hypokhâgneuse et étudiante en Histoire de l'Art qu'elle fut a décidé de tout envoyer balader – frayeur familiale vite passée – pour assumer enfin ses envies de musique. Envies taraudantes mais longtemps refoulées pour cause de timidité quasi-maladive mais qui se soigne, un peu. Que la musique, au final, soigne même si, elle le sait, on ne se refait jamais vraiment. Encore que : il n'y a qu'à la voir en Ondine terrestre dans le clip de No, No – à ce jour, son meilleur titre disponible – beauté nature et regard d'abord perdu, robe de sauvageonne égarée en forêt bientôt hivernale, puis tunique verte de Diane chasseresse au regard gentiment prédateur. Charme privilégié des beautés brutes qui se sont découvertes sur le tard, commençant à peine à s'apprivoiser dans le regard des autres – ici, toujours par ce même moyen, à la fois détourné et premier : la musique.  Cette musique d'une simplicité biblique, mais pas si évidente à circonscrire : Joe y découpe les mot

Continuer à lire

Si loin, tout proche

MUSIQUES | Souvent qualifié de Dominique A lyonnais depuis l'époque King Kong Vahiné, Denis Rivet souffre la comparaison mais ne s'y réduit pas. Échappé en solitaire avec le très beau mini-album "Tout Proches", ce chanteur de l'entre-deux vient d'être sélectionné pour représenter Rhône-Alpes au Printemps de Bourges. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

Si loin, tout proche

«Dimanche, 18 heures, c'est déjà lundi / les dernières lueurs / tombent dans la nuit / dans ton cœur / il y a de la mélancolie / sur la route du fort / il y a la pluie». Rédiger un portrait de Denis Rivet un dimanche d'hiver en écoutant en boucle son Dimanche, 18h, voilà qui plonge illico dans le syndrome du dimanche soir. C'est un fait, que ce soit avec Le Bruit des Touches ou King Kong Vahiné (lauréat de feu Dandelyon en 2006), Denis Rivet, 37 ans, a toujours su mettre des mots sur ces petites sensations indéfinissables, ces impressions fugaces, ces sidérations qu'on ne saurait forcément nommer mais qui nous traversent sans cesse. Jusqu'à ce qu'un jour, un scientifique distrait se penche sur la question en trébuchant et nous invente le «syndrome du dimanche soir», «la colique d'avant piscine», ou «la boule au ventre de l'Amour qui passe». « Près des voies ferrées » Comme ce Monsieur A auquel on l'a beaucoup comparé, mais avec une patte bien à lui, preuve que la comparai

Continuer à lire

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

MUSIQUES | On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 29 octobre 2012

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 décembre en live au Centre culturel de Viviers (Ardèche) afin de gagner une place parmi les désormais fameuses Découvertes du Printemps (23 au 28 avril 2013). Il s'agit de : Denis Rivet, Erotic Market, Broc, Metastaz, The Architect, Kacem Wapalek, Ni et Golden Zip. Les pronostics sont ouverts et les préférences permises. Résultat des courses en janvier.

Continuer à lire

Just Folk ?

MUSIQUES | Entre découverte musicale (dé)branchée et déambulation urbaine, le Parcours Folk marque la première étape du festival Just Rock ? Et pas la moins intéressante. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

Just Folk ?

À Lyon, on aime les parcours, les traboulages en tout genre qui vous font dégringoler d'une partie de la ville à l'autre pour y dénicher des trésors insoupçonnés seulement connus de quelque guide à moustache. Sans doute conscient de cette réalité lyonnaise, le festival Just Rock ? a initié en guise d'ouverture son propre Parcours Folk, où il s'agit ni plus, ni moins que de déambuler d'un coin à l'autre de la ville, de lieux improbables en endroits qui le sont moins, à la découverte de petits trésors folk parfois également insoupçonnés mais pas toujours. La règle pour les artistes n'étant pas forcément, comme l'indique l'intitulé de l'événement de jouer spécifiquement du folk, mais de se produire en version acoustique. Pour certains, les folkeux notamment, l'exercice est naturel, ceux-ci ayant rarement l'électricité. Pour d'autres un peu moins mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'exercice. Trio féminin, chant, guitare, contrebasse, poussé au conservatoire, Jüne n'aura pas de problème d'adaptation avec son folk jazz entêtant (entêté?), à voir à l'heure du shopping (14h) place des Célestins. Après quoi l'on pourra passer chez le libraire, en l'occurrence Expé

Continuer à lire

Hubert Mounier

MUSIQUES | Hubert MounierAprès un retour discographique (et graphique) remarqué (voir PB n°615), avec sa double (disque + BD) Maison de Pain d'Épice, Hubert (...)

Dorotée Aznar | Mardi 14 juin 2011

Hubert Mounier

Hubert MounierAprès un retour discographique (et graphique) remarqué (voir PB n°615), avec sa double (disque + BD) Maison de Pain d'Épice, Hubert Mounier/Cleet Boris retrouve cette fois la scène jeudi 16 juin au Transbordeur. Un retour aussi attendu par le musicien que par le public. Quant à ceux qui ont raté la récente exposition lyonnaise de ses plus belles planches à l'A.del Galerie ils pourront se rattraper avec une reprise de l'expo jusqu'au lundi 27 juin, au même endroit (33, rue Auguste Comte). Et même une dédicace samedi 18 et dimanche 19 juin dans le cadre de Lyon BD festival au Palais du commerce.Un accueil digne de ce grand monsieur. SD

Continuer à lire

In BD with Mounier

ARTS | BD / Comme Fabio Viscogliosi ou Kent, Hubert Mounier/Cleet Boris fait partie de ces Lyonnais qui n'ont jamais vraiment choisi entre la BD et le rock. (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

In BD with Mounier

BD / Comme Fabio Viscogliosi ou Kent, Hubert Mounier/Cleet Boris fait partie de ces Lyonnais qui n'ont jamais vraiment choisi entre la BD et le rock. Sans doute parce que, pour cette génération, la double culture était une évidence. À cet égard, ses premières publications dans la revue lyonnaise Rock & BD à la fin des années 70 étaient plutôt prémonitoires. Cette fois, Cleet Boris a donc suivi pendant plusieurs années les pérégrinations de son Docteur Frankenstein, Hubert Mounier, dans les affres de la création, de la dépression, du sevrage (alcool et cigarette). Puis de la confiance retrouvée. Dans les coulisses de la genèse du disque La Maison de Pain d'Épice, Boris porte sur Mounier un regard et un trait «ligne claire» sans concession, ni auto complaisance, ramenant l'acte de création à ce qu'il est : un petit tas de doutes et de tâtonnements au beau milieu de la vie de tous les jours. Dans ce récit, l'auteur glisse même beaucoup d'autodérision et d'humour, notamment dans la description de l'amitié pleine de franchise qui unit Hubert Mounier et Benjamin Biolay (un vrai personnage de BD), chacun étant à la fois le disciple et le mentor de l'autre. Si ce Journal d'un disque n'est

Continuer à lire

La Maison du Bonheur

MUSIQUES | Album / Sur "Sans Nouvelles", qui clôt quasiment "La Maison de Pain d'Épice", Hubert Mounier chante : «je suis heureux comme avant/Heureux comme un vieux (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

La Maison du Bonheur

Album / Sur "Sans Nouvelles", qui clôt quasiment "La Maison de Pain d'Épice", Hubert Mounier chante : «je suis heureux comme avant/Heureux comme un vieux disque à tourner sans fin/À chanter toujours le même refrain». Celui qui, avec l'Affaire Louis Trio, contait "L'Homme aux Mille Vies" semble en avoir vécu quelques-unes. Et au bout s'être retrouvé. Car si "La Maison de Pain d'Épice" est le quatrième album solo d'Hubert Mounier, on pourrait croire que c'est le premier. Le précédent, "Affaire Classée", était, il est vrai, un album de reprises (magnifiques) de l'Affaire Louis Trio. Et sur les deux premiers, "Le Grand Huit" et "Voyager Léger", planait l'ombre envahissante de Benjamin Biolay, béquille amicale d'un auteur-compositeur décomposé. Vieilli, usé, fatigué, Mounier mais conscient aujourd'hui que «malgré la menace de n'être nulle part à sa place (…) il faut bien voir le monde en face et profiter du jour qui passe», comme il le rime sur "Fatalitas", l'un des tubes en puissance d'un disque qui en compte de nombreux. Réenchanté par une vie privée épanouie et une paternité inespérée, «lâché» par un Benjamin Biolay trop pris par sa carrière, Mounier a pris le taureau par les cornes

Continuer à lire

Double Je

MUSIQUES | Entretien / Hubert Mounier. Réconcilié avec son double Cleet Boris, l'ancien chanteur de l'Affaire Louis Trio revient en force avec un double projet baptisé La Maison de Pain d'Épice : soit un disque, signé Hubert Mounier, et la BD qui en conte la genèse via Cleet Boris. Avec pour fêter ça, une exposition lyonnaise aux accents pop. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

Double Je

Petit Bulletin : Une exposition Cleet Boris/Hubert Mounier, c'est une première, non ? Hubert Mounier : Complètement. Je raconte des histoires et je m'efforce de faire des bouquins qui aient de l'intérêt quand on les achète, mais je ne me suis jamais considéré comme un grand dessinateur. Alors exposer, cela me paraissait tout de suite un peu prétentieux mais j'ai fini par me laisser convaincre. Avec La Maison de Pain d'Épice, le disque et la BD, c'est aussi la première fois que vos deux activités principales, la BD et la musique, se rejoignent en un projet commun. Cela a-t-il une saveur particulière ? Oui, même si j'avais déjà mis en scène l'Affaire Louis Trio en BD. Mais c'est la première fois que mon double Cleet Boris raconte la vraie vie d'Hubert Mounier. J'avoue que, de moi-même, je n'y aurais pas pensé. Mais quand Dupuis me l'a demandé, l'occasion était trop belle pour que je ne tente pas de réunir mes deux passions. C'est encore une manière pour Cleet Boris de rattraper Hubert Mounier par le col...Si la BD est signée Cleet Boris c'est surtout par pudeur car jamais je n'avais été aussi exposé. Dans mes chansons, j'arrive toujours à év

Continuer à lire

Alléchant de Mars

MUSIQUES | Musique / Quand la Cigale de la fable se contentait de chanter tout l’été, le Festival Les Chants de Mars, lui, prend chaque année un peu d’avance. Les (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 février 2009

Alléchant de Mars

Musique / Quand la Cigale de la fable se contentait de chanter tout l’été, le Festival Les Chants de Mars, lui, prend chaque année un peu d’avance. Les Chants de Mars, ce sont quatre salles lyonnaises qui unissent leurs efforts et mêlent leurs spécificités pour célébrer la chanson française. Pas celle qu’on voit chez Daniela Lumbroso ou à la Starac’ ; plutôt celle qui s’épanouit sur les petites scènes, en marge des grands medias. Musiques actuelles pour le Marché Gare, chanson française pour la Salle Léo Ferré et les Rancy, nouveaux talents pour A Thou Bout d’Chant, chacun apporte son écot à la cause. «Star» de l’édition : un régional de l’étape, Kent, ancien chanteur énervé du mythique groupe punk lyonnais Starshooter. Kent revisite notamment au cours de cette tournée à deux guitares des œuvres de jeunesse. Car les Chants de Mars font surtout la part belle aux découvertes. Outre la finale du tremplin de chanson féminine Et en plus elles chantent, le festival accueillera toute une ribambelle de jeunes talents, dont le très prometteur Manu Galure. Certains ont déjà fait régulièrement parler d’eux, à l’instar de Buridane, aux textes et à la voix aussi peroxydées que la crinière. D’au

Continuer à lire