Lomepal, rouge vif

Anaïs Gningue | Mardi 19 novembre 2019

Photo : © DR


Skateur mais surtout rappeur, Lomepal vient de rééditer Jeannine, son deuxième album sorti il y a presque un an, qui rendait hommage à la folie de sa grand-mère. Jeannine devient Amina : suite logique puisqu'il s'agit du prénom qu'elle s'est choisit à la suite d'une initiation mystique. Cette version est enrichie de six titres exclusifs dont une maquette, des versions acoustiques et live, et la voix de sa mère que l'on retrouve en continuité du premier opus, comme pour donner sens à cette métamorphose. Soit près d'une trentaine de morceaux introspectifs à porter au plus près de son public. De sa capacité à exprimer ses émotions les plus intimes à des clips polysémiques qui sèment le mystère — dont les interprétations sont systématiquement discutées par ses fans —, la complexité d'Antoine (de son vrai prénom) fait de lui un artiste à contre-courant d'un rap caricatural. Ce J Tour est l'occasion de (re)déplacer les foules dans les plus grandes salles de l'Hexagone, avec une halte à la Halle Tony Garnier le 26 novembre. Qui peut le stopper ?


Lomepal


Halle Tony Garnier Place des Docteurs Charles et Christophe Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Graille : cuisine itinérante au profit des plus démunis

Food | L’inclusion et l’anti gaspi comme lignes directrices. En juin dernier, le collectif citoyen Graille installe pour la première fois sa cuisine éphémère dans un camp de réfugiés. Depuis, il officie en rue ou dans les squats pour cuisiner avec et pour les personnes en situation de précarité.

Louise Grossen | Mercredi 30 juin 2021

Graille : cuisine itinérante au profit des plus démunis

« On pose nos cuisines dehors trois fois par semaine, dans des lieux qu’on a repérés avant et que l’on sait dans le besoin. Les chefs élaborent les menus à partir d’invendus collectés dans la région et supervisent leur brigade de bénévoles. C’est une vraie fourmilière solidaire, et ça fait du bien » nous explique Amina Bourara, qui a rejoint le collectif Graille quelques mois après sa création. Parmi les cheffes qui offrent leur temps et leur expertise : Marion Casu et Julie Tarene côté patisserie, ou encore Emily Dader et Margaux Cohendet pour la cuisine. « Et ça, c’est une chance incroyable. D’abord, on a des menus bons et travaillés. Ensuite, c’est un vrai créateur de lien social. » Graille ne se contente pas de cuisiner pour les bénéficiaires des repas, mais les inclut au process, et ça change tout. Le collectif fait coup double, ou plutôt triple, en alliant lutte contre la précarité alimentaire, mêlée à l’anti gaspillage et à la solidarité : « la cuisin

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Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

Littérature | Dans son nouveau roman, "À la machine", Yamina Benahmed Daho retrace la vie, au XIXe siècle, du rhodanien Barthélemy Thimonnier. Où il est autant question du parcours rude de l’inventeur de la machine à coudre que du mécanisme sociétal qui l’a laissé dans la misère. Ceci n’est pas sans rapport avec aujourd’hui.

Nadja Pobel | Mardi 2 mars 2021

Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

15 novembre 1855, Barthélemy Thimonnier est officiellement reconnu inventeur de la machine à coudre lors de l’exposition universelle de Paris, mais l’américaine Singer, plus simple d’utilisation, fera les beaux jours des femmes (surtout elles…) jusqu’à maintenant, encore. Jamais le tailleur n’améliorera sa condition avec ce qu’il a maturé et imaginé. Miséreux, il devra même finir par vendre en pièces détachées les éléments de son engin pour se nourrir. Oui, nous sommes parfois chez Zola. La condition ouvrière est d’une extrême dureté et, passée au tamis de l’écriture très précise de Yamina Benahmed Daho, il en résulte des données chiffrées fondamentales : déjà, Paris « est une ville indécemment chère », il faut seize heures de train pour rallier Lyon à la capitale, l’enterrement de la grand-mère « est privé des apparats que l’industrie de la marbrerie vend à un prix insensé », le tarif du ticket à l’entrée

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Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

Antigone | D’une intrigue tragique vieille comme le monde, Sophie Deraspe fait une relecture terriblement contemporaine et réalisée avec adresse. Il se passe toujours beaucoup de choses du côté du cinéma québécois, plus divers qu’on voudrait nous laisser croire.

Vincent Raymond | Mercredi 2 septembre 2020

Sophie Deraspe : « dès lors qu’on parle de héros, on est dans les limites du réalisme »

L’Affaire Fredy Villanueva a été la source principale de votre écriture. Mais la transposition d’Antigone, de par sa lecture géopolitique contemporaine, s’est-elle imposée à vous comme un corollaire à votre documentaire Le Profil Amina ? Ici aussi en effet, les crises du Moyen Orient ou du Printemps arabe forment un substrat nécessaire à l’accomplissement de l’intrigue… Sophie Deraspe : Les liens ne sont pas directs avec Le Profil Amina. Peut-être que je me sentais à l’aise d’aller vers le Moyen Orient ; ici, la famille est algérienne et avant le tournage, je n’étais pas allée en Algérie… Mais j’ai plutôt l’impression que les liens les plus directs avec Le Profil Amina se passent avec la vie en ligne — une vie virtuelle. Par exemple, ce qui concenrne l’affaire Villanueva, je l’ai appris dans les médias traditionnels : les émeutes, les manifestations, les militants… Mais ensuite, c’est en ligne que j’ai eu accès à la parole des gens, à la voix du peuple. Et c’est comme ça que

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Yamina Benahmed Daho, l'affaire de tous

Littérature | La parole des femmes se libère, nous dit-on, depuis l'affaire Weinstein et le salvateur mouvement #metoo. Oui, mais elle n'est que réponse à des actes masculins liberticides. La romancière Yamina Benahmed Daho met en perspective une tentative de viol et les conséquences destructrices chez la victime. Limpide et poignant.

Nadja Pobel | Mardi 5 mars 2019

Yamina Benahmed Daho, l'affaire de tous

L'apaisement vient quand elle cuisine. Laver et éplucher des légumes lui permet enfin de se concentrer sur autre chose que le traumatisme survenu au petit matin d'une année toute neuve. Un homme alors la pousse dans un hall, la brutalise et pose violemment ses mains sur son corps et ses organes sexuels. Elle parviendra à s'enfuir par une porte entrouverte, retrouver la rue et un passant temporairement protecteur. De la sauvagerie, les gestes interdits et l'attaque venue lâchement de dos, Alya va conserver une peur tenace, invalidante. La façon dont elle se propage, se déjoue, s'encadre dans la sphère publique, dans le cercle intime et par les pouvoirs publics est le propos de ce roman si bien-nommé De mémoire. L'écrivaine Yamina Benahmed Daho choisit de raconter cela aussi scrupuleusement que les traces laissées (invisibles) le permettent. Ainsi s’enchaînent et se croisent les récits faits à un médecin généraliste le lendemain de l'agression, à une gardienne de la paix, un médecin légiste, un psychiatre, une psychanalyste, un juge d'instruction... soit quatre années de traversée avec ces nouveaux compagnons étranges. Car comme

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Nouvel an, nouveaux romans

Littérature | Sur le modèle de son rendez-vous de septembre, Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture duplique pour la première fois sa traditionnelle rentrée des auteurs (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 22 janvier 2019

Nouvel an, nouveaux romans

Sur le modèle de son rendez-vous de septembre, Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture duplique pour la première fois sa traditionnelle rentrée des auteurs auralpins au mois de janvier pour une deuxième salve de rencontres consacrées à une sélection des romans à paraître en ce début d'année. Le 28 janvier à 17h dans les locaux d'Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture du 25 rue Chazière, huit auteurs viendront ainsi présenter leur nouvelle publication : Yamina Benahmed Daho pour De mémoire (L'Arbalète / Gallimard), Sophie Chabanel pour Le Blues du chat (Cadre Noir / Seuil), Antoine Choplin pour Partiellement nuageux (La Fosse aux Ours), Daniel Parokia pour Chasseurs dans la neige (Buchet Chastel), Irma Pelatan pour L'Odeur de chlore (La Contre-allée), Paola Pigani pour Des orties et des hommes (Liana Lévi), Benoît Reiss pour Le Petit Veilleur (Buchet-Chastel) et Lionel Salaün pour Whitesand (Actes Sud). Une rencontre ouverte –

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Un virage hip-hop

Démon d’Or | Sur les hauteurs de Lyon, dans un cadre champêtre et bucolique, la quatorzième édition du festival Démon d’Or prône la mixité et l’éclectisme. Au programme : les incontournables scènes dub et techno. Petit nouveau cette année, le hip-hop francophone fait une entrée remarquée avec une sélection d’artistes impressionnante.

Louis Dufourt | Mardi 19 juin 2018

Un virage hip-hop

Nouveau programmateur, nouvelle ambiance. Les chapiteaux bariolés, scènes en plein air et jardins à thèmes sur fond de forêt seront bien présents, on se rassure. Sur la commune de Poleymieux-au-Mont-d’Or, le festival durera trois jours avec l’ouverture de la grande scène le dimanche après-midi : quand on aime, on ne compte pas. À l’origine orienté vers les frénétiques sonorités trance, techno et dub, Démon d’Or ouvre ses portes aux musiques urbaines. Et de quelle manière : en trois jours, tous les grands noms de la scène hip-hop francophone actuelle se succèderont avec Lomepal, Moha La Squale, Caballero et JeanJass et l’Or du Commun, pour ne citer que les plus médiatisés. Et Moha et Moha Deux phrases de Brel et Brassens, le récit de son parcours de dealer, un visage d’ange, le flow de Mister U, les cheveux de PNL et des millions de vues sur YouTube grâce à ses street

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"Wolf and Sheep" : la terre est fronde

ECRANS | de Shahrbanoo Sadat (Afg-Dan-Fr-Sue, 1h26) avec Sediqa Rasuli, Qodratollah Qadiri, Amina Musavi…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Pendant que leurs maigres troupeaux paissent, des bergers afghans à peine sortis de l’enfance s’exercent à lancer des pierres et perpétuent des légendes orales pleines de loups. Ils trompent ainsi leur ennui, tout en maintenant vive la menace fantomatique du prédateur… Un pays d’aridité, un peuple dont les traditions comme l’espace ne cessent d’être battus en brèche par ceux qui font et défont la loi dans les vallées. Et puis des enfants confrontés à l’éternelle peur du loup — pas théorique, celle-là, bien tangible, puisque l’animal peut d’un coup de croc menacer plus que la richesse : la subsistance de la famille. Ces gamins ont sur leurs petites épaules des responsabilités bien gigantesques, et peu de territoire pour vivre leur enfance. Même leurs bêtises revêtent immédiatement une gravité et des proportions considérables : imaginez ce qu’il advient lorsque l’on maîtrise mal une fronde ! Chronique d’un clan en voie d’extinction, Wolf and Sheep mêle le futile au grave en restant toujours du côté de l’innocence : c’est la force de la réalisatrice d’avoir su restituer le regard de ses petits protagonistes. Jadis, elle fut l’une d’entr

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"Divines" : la banlieue c’est pas rose

ECRANS | Oubliez son discours survolté lors de la remise de sa Caméra d’Or à Cannes et considérez le film de Houda Benyamina pour ce qu’il est : le portrait vif d’une ambitieuse, la chronique cinglante d’une cité ordinaire en déshérence, le révélateur de sacrées natures.

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Pour échapper au déterminisme socio-culturel, Dounia a compris qu’il fallait faire de l’argent — de préférence beaucoup et vite, quitte à emprunter des raccourcis illégaux. Et pour éviter d’être, à l’instar de sa mère, de la viande soûle entre les mains des hommes, elle a décidé d’avoir l’ascendant sur eux. Plongée crue dans le quotidien d’une ado de banlieue, Divines complète sans faire doublon les regards de Kechiche (L’Esquive, La Graine et le Mulet) ou Céline Sciamma (Bande de filles) en reprenant quelques aspects et thèmes du conte merveilleux, tout en les détournant pour coller au réalisme — davantage qu’à la réalité. Ainsi, dans cette histoire où la domination du masculin sur le féminin est battue en brèche et où toutes les perspectives sont bouleversées, Dounia va par exemple séduire son prince et lui sauver la vie. Rastiniaque ! Mais ce portrait d’u

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Voilà l'été : un jour, une sortie #1

MUSIQUES | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

Sébastien Broquet | Mercredi 6 juillet 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #1

1 / Mercredi 6 juillet : musique Clips grand format Premiers Clips pose ses valises au Transbo pour une projection sur grand écran des 19 meilleurs clips rhônalpins sélectionnés avec amour par le collectif Shoot It. Trois remises sont en jeux, dont le prix artistique Petit Bulletin qui permettra au vainqueur d'enregistrer pendant deux jours au Studio Purple Sheep. Pour l’ambiance, comptez sur Rosemary Martins en DJ ! Au Transbordeur à 19h 2 / Jeudi 7 juillet : apéro Petit Bulletin Summer Sessions Pour le coup, c’est nous qui vous convions : l’apéro du Petit Bulletin c’est au Transbo, avec aux platines un duo qui grimpe aux rideaux, à savoir les Femmes aux Fourneaux pour concocter la mise en bouche avant deux concerts bien moelleux : la bass & cold wave de Kaben en guise d’entrée, suivie des prometteurs Her pour le plat de résistance. On sait : si la France bat l’Islande, ce sera aussi soir de demi-finale.

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Houda Benyamina : une Caméra d’Or à Lyon

Avant-Première | Depuis sa vibrante intervention prolongée lors de la remise de la Caméra d’Or à Cannes, la réalisatrice Houda Benyamina n’est plus une inconnue. À présent que (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Houda Benyamina : une Caméra d’Or à Lyon

Depuis sa vibrante intervention prolongée lors de la remise de la Caméra d’Or à Cannes, la réalisatrice Houda Benyamina n’est plus une inconnue. À présent que la frénésie de la compétition et le happening sont passés, il est temps d’aller voir son (bon) film, Divines. Si vous n’arrivez pas à patienter jusqu’à sa sortie prévue le 31 août, des avant-premières sont prévues ce mardi 12 juillet suivies d’un échange avec la cinéaste. À l’UGC Confluence le mardi 12 juillet à 20h et au Pathé Bellecour à 20h45

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Les douceurs inspirées d'Apiales

Restaurant | Au Sud de Bellecour, côté Rhône, vient d'ouvrir l'un de ces établissements mutants : coffee shop, salon de thé, bar à dessert ou néobistrot, on ne sait plus trop. Confort, chic, féminin : ça c'est certain.

Adrien Simon | Mardi 14 juin 2016

Les douceurs inspirées d'Apiales

« Le quartier d'Ainay change », entend-on, répété, depuis quelques années. Comme pour l'excuser d'avoir été si longtemps « maussade et habité par une élite. » Côté bonnes assiettes, autour du musée des Tissus, il est vrai que ça bouge depuis un moment. On va au Troquet des Sens pour le vin nature (Ganevat, Dard et Ribo, Calek, au verre) ; chez Slika pour l'art et le café ; chez Jeannine et Suzanne pour des pâtisseries racées ; le tout autour de la flotte (resto, bouchon, bistrot, etc) de Thomas Ponson, dans la rue Laurencin. Dans la rue Laurencin justement, vient d'apparaître Apiales. À travers ses grandes vitres on inspectera son intérieur épuré : des murs tout blanc qui se finissent en haute voûte, des meubles clairs en épais multiplis, du papier kraft en guise de nappe, pour seule déco quelques plantes et des coussins bariolés, une clientèle à 90% féminine. "Chaleureux" n'est

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Coffices : l’art de bosser au bistrot

GUIDE URBAIN | Contraction de "coffee" et "office", le coffice réjouit les travailleurs nomades accros au petit noir.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

Coffices : l’art de bosser au bistrot

Préparer la réunion de 11 heures, ne plus supporter son chat, vouloir échapper aux questions oppressantes du collège ennuyeux du 3ème, saturer du jus de chaussette... Toutes les raisons sont bonnes pour aller travailler au bistrot. La combinaison gagnante ? Un lieu calme, du café — de qualité de préférence —, des multiprises à foison, du wifi — qui ne plante pas, merci. Petite sélection des meilleurs troquets où poser son ordinateur en toute quiétude. Julie Hainaut Le plus coquet : Jeannine et Suzanne Ce salon de thé créé par Sophie Roth Dit Bettoni nous charme à coup de déco épurée — les chaises sont signées Charles Eames — et à grands renforts de fraîcheurs salées et de jolis gâteaux raffinés, à déguster tout au long de la journée. Après avoir commandé au comptoir — le café signé Goneo est excellent —, on file dans la salle du fond, ultra-douillette. On se pose dans un canapé pour bûcher de façon détendue, ou l'on opte pour une table studieuse si on a besoin de se concentrer. Conseil : éviter le lieu sur le temps de la pause-déjeuner, souvent pris d’assaut et un brin bruyant. 34, rue Sa

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