Iggy Pop à Lyon en avril

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Photo : © DR


Increvable Iguane ! Quand la plupart de ses contemporains ont passé l'arme à gauche ou sont artistiquement rôtis, Iggy Pop est toujours aussi vaillant, qui alterne entre sagesse bouddhique tongue-in-cheek (se souvenir de ses hilarants témoignages thé à la main dans le documentaire que consacra Jim Jarmusch aux Stooges) et sauvagerie musculeuse.

Quand on pensait que son dernier disque Post pop depression s'avançait comme un testament, le Pop livrait cette année le flamboyant et exigeant Free où rugit mieux que jamais ou presque sa voix de crooner démâté, énième preuve que cet ancien grand allumé a décidément survécu à tous et à tout (se permettant même de faire réaliser un clip par Mac DeMarco qui pourrait être son petit fils).

Eh bien le voilà en tournée et de passage à Lyon, en pompe gigantesque : à l'Amphi 3000 il livrera le 3 avril un set acoustique à la couleur très jazz raccord avec l'ambition esthétique de Free, justement. On vous dirait bien que c'est la dernière occasion d'aller l'applaudir, mais ce serait omettre qu'il nous enterrera probablement tous. Quoi qu'il en soit les ventes sont ouvertes.

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Comment ça va avec la douleur ? : "Rester vivant - méthode"

Aïe ! | de Erik Lieshout (P-B, 1h10) avec Iggy Pop, Michel Houellebecq, Robert Combas…

Vincent Raymond | Lundi 14 mai 2018

Comment ça va avec la douleur ? :

De la douleur surmontée naît la création poétique. Tel est le postulat de l’essai signé par Michel Houellebecq en 1991, Rester vivant, méthode. Un bréviaire dont fait ici son miel Iggy Pop, jadis réputé pour ses performances scéniques limites conjuguant scarifications et auto-mutilations diverses. En vénérable pré-punk apaisé, l’Iguane s’emploie à lire devant la caméra quelques stances de l’ouvrage, à les commenter à la lumière de son parcours ; croisant sa propre vie avec celle d’autres artistes aussi marqués par la souffrance que lui. On y découvre les écrivains écorchés Claire Bourdin et Jérôme Tessier, ainsi que le vibrionnant peintre Robert Combas, témoignant tous de leur rapport intime à la maladie — schizophrénie, dépression ou autre plaie intérieure térébrante qu’ils ont convertie en carburant créatif. Et puis il y a dans un recoin du film, à son extrémité caudale même, un certain “Vincent“, artiste reclus absorbé par un grand œuvre mystérieux. Il s’agit du seul “personnage“ fictif de ce documentaire hybride, interprété par Houellebecq en personne. Visage rongé de

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Protomartyr de la cause

Rock | Dans une ville où le rock a toujours sonné différemment du reste de l'Amérique, Protomartyr fouille à grands coups de post-punk fracassant les décombres d'un Détroit économiquement rétamé. Et questionne, non sans émotion, la chute de l'Amérique toute entière dans les bras de Trump.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 avril 2018

Protomartyr de la cause

Dans le documentaire de Jim Jarmusch Gimme Danger, Iggy Pop rappelait combien le son des Stooges avait été modelé par le vacarme de l'industrie locale alors florissante, et notamment le "mega-clang" des presses industrielles de la machinerie automobile, explosant par delà les murs des usines. C'est aussi le son de Détroit, sa rumeur, que l'on entend sur les disques post-punk de Protomartyr, gang du cru, dont la totalité des membres s'est retrouvé au chômage en un claquement de doigts dans cette cité déclarée officiellement en faillite – ce qui leur a permis de se consacrer à plein au groupe. À ceci près que cette rumeur, ce son originel, résonnent bien différemment. Figurant la bande-son d'une ville où le rêve américain se serait retourné comme une crêpe avant de s'étaler sur un sol en proie au chiendent comme symbole d'une misère devenue incontrôlable. Vérité Ici, les guitares de Greg Ahee pleurent des larmes d'acier fondu, quand elles ne hurlent pas comme le corps d'un supplicié, comme le fant

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Au-dessous des volcans

MUSIQUES | Points culminants d'une édition d'A Vaulx Jazz centrée sur le piano et la voix, ce sont quatre volcans monumentaux de l'histoire musicale qui rendront A Vaulx Jazz visibles de très loin. Éruption imminente, dans un Centre Charlie Chaplin qui promet de bouillir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 18 mars 2014

Au-dessous des volcans

«Un volcan s’éteint, un être s’éveille» dit le célèbre adage publicitaire. Il est pourtant des volcans qui ne s’éteignent jamais, ou plutôt continuent à faire jaillir boules de feu, laves et fumerolles bien longtemps après leur ultime éruption. C’est en tout cas ce que s’est dit cette année A Vaulx Jazz, au moment de s’atteler à une programmation qui, tout en faisant la part (très) belle aux pianistes (Craig Taborn, Robert Glasper, Sophia Domancich, Giovanni Mirabassi…) et aux voix (Sandra Nkaké, LaVelle et même Yasiin Bey/Mos Def !...) tout en continuant d’explorer des genres cousins ou non – folk, blues, funk, flamenco, électro – à coups de grands noms (Bill Frisell, Zombie Zombie, C. J. Chenier…) a décidé de se lancer dans la volcanologie musicale. Métaphoriquement s’entend. Encore que… Car les volcans en question sont bien entendu sonores – et d’ailleurs la plupart d’entre eux n’ont probablement jamais vu et encore moins bu une goutte de Volvic, de Quézac ou d'eau ferrugineuse de leur vie. Et ce sont à la fois leurs fantômes, leur souvenir et leurs ravages qu’on célébrera ici. Ils sont au nombre de quatre : Miles Davis, Nina Simone, Iggy Pop et John Zorn.

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