Nas, Jill Scott et Michael Kiwanuka à Jazz à Vienne

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 février 2020

Photo : © DR


Alors que l'été approche à grands pas, Jazz à Vienne (du 25 juin au 11 juillet) continue de saupoudrer sa programmation déjà connue de nouveaux noms. Et pas n'importe lesquels. Après Wynton Marsalis, Julia Sarr, Hugh Coltman & Juanjo Guarnido, voici que le festival allobroge annonce les venues de trois pointures : le légendaire rapper Nas (The Message, If I ruled the world, souvenez-vous), la soulissime Jill Scott qui vient fêter les 20 ans de son Who's Jill Scott et la star mondiale Michael Kiwanuka. Peut-être davantage un bombardement qu'un saupoudrage, cette annonce.

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Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Festival | De Maceo Parker à Jamie Cullum, nombreux sont les artistes internationaux à annuler leurs tournées d'été, comme on pouvait s'y attendre. Ce qui impacte lourdement la programmation de Jazz à Vienne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 juin 2021

Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Finalement il en va des annulations de spectacles comme de la Covid, elles vont par vagues, pour ne pas dire qu'elles volent en escadrille. Ce sont les tournées des différents artistes qui, elles, restent au sol à Jazz à Vienne, comme cela vient d'être annoncé. Qui priveront le festival d'une bonne demi-douzaine d'artistes, chamboulant considérablement le programme. D'abord, c'est Jamie Cullum qui, après Marcus Miller, jette l'éponge. Son concert du 23 juin est donc reporté à 2022 (les billets restent valables pour ceux qui ne craignent pas de les perdre et il est évidemment possible de se les faire rembourser). Ses musiciens, non vaccinés, seraient contraints de passer par une quarantaine avant leur concert, selon les informations du Progrès, d'où l'annulation. Même chose pour Portico Quartet qui devait se produire le 24 juin. La soirée "Cullum" est décalée au 6 juillet (on peut là aussi conserver son sésame ou se faire rembourser, comme pour l'ensemble des soirées) mais avec une programmation modifiée qui aligne : Youn Sun Nah & Ulf Wakenius,

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Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Jazz | Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un 1er juillet, il y avait foule, et l'ambiance était au beau fixe : le trompettiste et son groupe étaient en osmose. La prestation avait alors été enregistrée, et refait surface par la grâce d'une collaboration entre le festival français et le label Rhino, spécialiste des rééditions, qui annoncent conjointement la publication d'un double vinyle et l'apparition sur les plateformes de ce live baptisé Merci Miles ! pour le 25 juin. Ashley Kahn a rédigé les notes de pochette et Bruno Tilley réalisé le design. Deux compositions de Prince avait été jouées ce soir-là et sont sur le disque, Penetration et Jailbait. Collector.

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Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Festival | Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 21 mai 2021

Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est l'un des grands habitués du festival, Marcus Miller. Malheureusement, le bassiste américain a pris la décision d'annuler sa tournée estivale en Europe dont évidemment les deux dates viennoises, invoquant notamment les difficultés liée à la circulation internationale dans le contexte de la Covid – qui a quasiment éradiqué la présence d'artistes américains dans les festivals ayant choisi de se produire cet été. Jazz à Vienne réfléchit à des solutions de remplacements qui devraient être annoncées dans les prochains jours.

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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Veillée fatale : "The Vigil" de Keith Thomas

Horreur | Yakov, qui a rompu avec sa communauté juive orthodoxe, vit dans la précarité. Pour payer son loyer, il accepte contre rétribution d’effectuer la veillée funèbre de M. Litvak un coreligionnaire. Sans savoir que le défunt est possédé par un démon en quête d’un nouveau corps hôte…

Vincent Raymond | Mercredi 29 juillet 2020

Veillée fatale :

Distributeur du film outre-Atlantique, Blumhouse Productions poursuit son intéressant cheminement dans le cinéma de genre, investissant sans crainte des créneaux en déshérence ou ignorés. The Vigil constitue une incursion dans le registre cultuel autant qu’une percée : à de notables exceptions telles que Le Golem ou Pi, la religion juive n’est habituellement pas convoquée pour les films fantastiques ou d’épouvante — on lui préfère le catholicisme et ses possessions/exorcismes, pour le coup cinématographiquement très ritualisés. Pour son premier long-métrage, Keith Thomas réussit deux choses assez ardues. D’abord, créer une terreur a minima, froide, par la suggestion. Ensuite, asseoir son intrigue horrifique sur un substrat historico-philosophique offrant une authentique matière à réflexion. Le passé en tant qu’obsession est ici métaphoriquement représenté par un démon (le “mazik“) qu’il faut éliminer par le feu, sans quoi c’est lui qui détruit celui qu’il possède. Le propos est plutôt iconoclaste

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Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Covid-19 | Le festival de jazz a annoncé l'annulation de sa 40e édition ce mardi matin, faisant suite au discours du président de la République.

Sébastien Broquet | Mardi 14 avril 2020

Jazz à Vienne, à son tour, annulé

Après d'autres grands festivals nationaux, comme les Eurockénnnes de Belfort ou le Festival d'Avignon, c'est au tour de Jazz à Vienne de tirer les conséquences du discours d'Emmanuel Macron tenu le lundi 13 avril : il n'y aura pas d'édition 2020, qui devait accueillir Jill Scott (photo), Nas ou Jamie Cullum. Jouant sur les mots, utilisant l'euphémisme "report" plutôt que l'évident "annulation", la direction a communiqué ce mardi matin : « c’est avec beaucoup d’émotion mais avec conscience et responsabilité que nous vous informons du report à l’été 2021 de notre 40e édition qui devait se tenir du 25 juin au 11 juillet prochain. Cette décision fait suite à l’annonce du président de la République Emmanuel Macron lundi 13 avril interdisant la tenue de grands événements tels que les festivals avant mi-juillet. » Le coup est rude pour un festival qui avait su se réinventer et dynamiser sa programmation depuis trois ans, par la grâce d'un rajeunissement de l'équipe et d'un soutien financier accru de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les conséquences seron

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Nastassja Martin : rouge baiser

Story | Dans un sublime récit baptisé Croire aux fauves, l'anthropologue Nastassja Martin raconte sa terrible rencontre avec un ours, sa reconstruction physique et psychologique et l'étrange métamorphose qu'elle induit. Un texte infiniment poétique qui est aussi une plongée dans l'intimité du travail des anthropologues, ces chamanes de notre temps.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Nastassja Martin : rouge baiser

«L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. » Ainsi débute Croire aux fauves, sans exposition, sans les présentations d'usage, à vif, avec pour tout décor connu : la steppe. Une femme gît dans ce paysage, en sang, la mâchoire broyée et le cuir chevelu cisaillé. Elle vient de croiser un ours. De trop près. Drôle d'endroit pour une rencontre ? Plutôt deux fois qu'une : à cet endroit, sur un plateau glaciaire du Kamtchatka, d'ordinaire les ours ne s'aventurent guère – il n'y a rien pour faire bombance. Le truc, c'est que les humains non plus. Sauf ce jour-là donc, où la femme a vu l'ours et avec lui sa dernière heure arriver avant que l'animal, inexplicablement, ne se ravise. Cette femme, c'est l'autrice elle-même, Nastassja Martin, anthropologue élevée au savoir du grand Philippe Descola et spécialisée dans l'étude des peuples arctiques sur un terrain de jeu immense allant de l'Alaska à la Sibérie extrême-orientale. On avait ainsi pu lire, dans Les Âmes sauvages, le récit de son séjour chez

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Noir comme la neige : "Un jour si blanc"

Drame | Ne parvenant pas à faire le deuil de son épouse décédée dans un accident de voiture, un policier occupe son congé à enquêter en-dehors des règles sur l’infidélité de la défunte, découverte post mortem. Il s’enferre alors dans sa névrose et se ferme à sa famille. Et à sa petite-fille notamment…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Noir comme la neige :

Particulièrement distingué ces derniers mois dans un registre militant avec Woman at war ou Mjólk, le cinéma islandais ne dédaigne pas pour autant l’univers qui, en littérature, lui a permis de conquérir une aura internationale : le genre noir. Coiffé d’un titre pesant de toute l’ironie de son oxymore, Un jour si blanc en est la sombre démonstration, qui offre un adroit pendant audiovisuel à cette riche production romanesque. Dès les premières images, Hlynur Pálmason fait de son film un manifeste temporel : par de longs plans traquant la durée ou, au contraire, en jouant la fixité d’une caméra sur un décor alors que défilent jours, nuits, saisons. Ce faisant, il crée une atmosphère épaisse à la mesure du sentiment d’isolement moral subi par son mutique héros — Ingvar Eggert Sigurðsson, un clone de Sam Shepard vu chez Baltasar Kormákur et Sólveig Anspach — ; une chape de silence, de calme apparent qui sont autant de prolégomènes au déchaînement d’un désespoir sourd et violent. Si s

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La littérature au grand AIR

Assises Internationales du Roman | On l'a déjà mentionné il y a quelques mois, c'est l'immense auteur péruvien Mario Vargas Llosa qui ouvrira une édition des Assises particulièrement prometteuse, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

La littérature au grand AIR

On l'a déjà mentionné il y a quelques mois, c'est l'immense auteur péruvien Mario Vargas Llosa qui ouvrira une édition des Assises particulièrement prometteuse, sur le plan des thématiques socio-littéraires proposées comme des invités : "Généalogies du crime" (Alexandria Marzano, Klester Cavalcanti, Frédérique Toudoire-Surlapierre) ; "Mon pays" (Andrew Ridker, Zhang Yueran, Kaouther Adimi et ses Petits de Décembre) ; "Au cœur des affaires" (Jorge Volpi, Jan Stocklassa) ; "Le Huis-clos" (Imma Monso, Franck Bouysse, Burhana Sonmez); "Récits d'espace – Traverser le paysage" (Martin de la Soudière, Christian Garcin, Paolo Cognetti). Et surtout "Les fictions ethnologiques" qui contient trois des textes les plus bouleversants de 2019 : Ici n'est plus ici de l'amérindien

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Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Festival | Comme chaque année, les festivités estivales de Jazz à Vienne commencent à être dévoilées à l'approche de l'hiver. En plus des premiers noms, le festival innove cette fois un drôle de projet anniversaire : un album Panini.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 décembre 2019

Jazz à Vienne : les premiers noms et un album Panini

Non content d'accueillir, pour donner forme à l'identité visuelle de sa quarantième édition, les talents graphiques de Juanjo Guarnido (connu et multiprimé pour le culte Blacksad, également décorateur et animateur), Jazz à Vienne innove cette année en confiant au dessinateur habité par la grande vitalité du festival les rênes visuelles du concert dessiné monté en partenariat avec le festival d'Angoulême et qui réunira donc l'Espagnol et le plus Français des bluesmen anglais, Hugh Coltman. Autre britannique habitué de JAV, Jamie Cullum, passé au fil des ans et des disques de petit fiancé rebelle du jazz à celui de mètre-étalon. Cette année, Jazz à Vienne mettra surtout le cap sur l'Afrique avec le projet pluridisciplinaire Africa2020 étalé sur l'ensemble de l'année et du territoire français à la remorqu

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Dans la boîte de jazz

Jazz | Entre incontournables têtes d'affiche et indécrottables têtes chercheuses, entre péniches, sous-sol et salles extra-larges, voici quelques-uns des grands moments de jazz à piocher cette saison dans la boîte de Pandore jazz.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

Dans la boîte de jazz

Le jazz, c'est pas très compliqué, c'est une affaire de grands noms et de défrichage, de types qui ont joué avec les plus grands (ou qui le sont eux-mêmes) et de laborantins flirtant avec les limites de leur genre. De grands noms, le Grand Lyon n'en manquera pas cette saison qui accueillera deux éternels revenants : Herbie Hancock (2 novembre) et Bobby McFerrin (18 novembre) tous deux à l'Auditorium (avec Jazz à Vienne), et dans des styles très différents Ibrahim Maalouf (27 octobre à la Halle Tony Garnier) et Michel Jonasz (23 novembre à l'Amphi 3000). Plus pointu : Sclavis se présentera en quartet au Périscope pour Characters on a wall, autour du travail du plasticien Ernest Pignon-Ernest (18 octobre) et en trio douze jours plus tard à l'Opéra Underground avec un projet pour cordes et clarinette baptisé Asian Fields Variations (26 octobre). Ce sont d'ailleurs bien dans ces lieux que se joue le jeu du défrichage et de l'expérimentation. Au Périscope qui fêter

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Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Portrait | Après Brüno en 2018, c’est lui qui donne des visages et des images au Festival Jazz à Vienne. Rencontre avec un illustrateur prolifique associant depuis plus de trente ans musiques et couleurs : Jacques de Loustal.

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Loustal : pour ceux qui aiment le jazz

Droit comme un i, vêtu avec une élégance non ostentatoire, il saute prestement de sa bicyclette, semblant surgir d’un album de ses confrères Dupuy & Berbérian. Quelques volées d’escalier plus haut, on pénètre dans son atelier d’artiste ; les murs confirment sans l’ombre d’une hésitation son identité. Outre quelques peintures accrochées ici ou là, et quelques travaux en cours, une bibliothèque chargée jusqu’à la gueule d’albums et d’ouvrages mêlant jazz, cinéma, littérature et illustration, voisine avec des piles de CD. L’atmosphère studieuse de cet antre du XIXe arrondissement parisien ne la rend pas moins accueillante : le canapé, guère éloigné de la table à dessin, ne semble pas avoir pour seule vocation de décorer les lieux. Jacques de Loustal s’y octroie une poignée de minutes de sieste chaque jour, dit-on. On raconte aussi qu’il aurait un autre studio dans les Monts d’Or quand il se déplace en région lyonnaise. Car l’homme aime les voyages, autant qu’il est passionné de musique. La faute à ses grands frères, qui l’ont initié au jazz, au blues et ensuite au rock :

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John Zorn, marathon man

Jazz à Vienne | Pour sa venue à Jazz à Vienne, le protée musical John Zorn ne fait pas les choses à moitié : cinquante œuvres tirées de ses Bagatelles, quatorze groupes sur scène et quatre heures de concert. Un marathon immobile à courir absolument.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

John Zorn, marathon man

Inclassable, voilà sans doute le seul terme qui permette de définir (et donc de ne pas définir) le travail du musicien d'avant-garde John Zorn. Saxophoniste alto, clarinettiste, pianiste influencé par la musique de compositeurs comme Charles Ives et John Cage, on pourrait dire que le New-Yorkais de 65 ans a touché à tout. Mais en réalité, il a fait plus que cela, ce qu'il a touché, il l'a creusé en profondeur, déconstruit et remodelé, comme lorsqu'il s'est attaqué à une relecture d'Ennio Morricone, encensée par le compositeur lui-même, a appliqué les trouvailles cinématographiques de Godard à la musique, réinterprété Ornette Coleman sous un angle punk hardcore, testé les limites « du format habituel du groupe de rock » au sein d'un combo comprenant notamment le guitariste Bill Frisell et le chanteur Mike Patton, puis avec Bill Laswell. Zorn a ainsi ratissé tous les genres possibles, de la country au grindcore, en passant plus tard par la musique klezmer, avec son groupe Masada, et les musiques classiques et mystiques. S'inspirant en grande partie des techniques de John Cage et du free jazz qui, chacun à leur manière, laisse

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Festilac

Musilac | Ailleurs, il y a Rock en Seine, les Eurockéennes, les Vieilles Charrues ou le Main Square. En Auvergne-Rhône-Alpes, il y a Musilac, son lac (donc), ses milliers de festivaliers et ses quatre jours de programmation bourrés jusqu'à la gueule. Revue au jour le jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Festilac

11 juillet : Les enfants terribles S'il fallait tenter de donner un semblant de cohérence à cette soirée d'ouverture de Musilac, on la placerait sous le signe des golden boys (and girls), puisque l'on verra se succéder sur les scènes du festival les jeunes stars montantes que sont l'électro-explorateur Thylacine, le collectif de hip-hop rennais Columbine, le rock sans voyelle de la révélation Mnnqns, et l'énigmatique météore Boulevard des Airs. Ajoutez à cela une double fille de en la personne de Lou Doillon, le sidekick préféré du prince Orelsan, Gringe, dont la carrière musico-cinématographique décolle en flèche, l'acteur le plus punk d'Hollywood : Jared Leto et son groupe Thirty Seconds to Mars (pluie d'évanouissements à prévoir) et l'idole hip-hop US Macklemore. L'on peut se demander ce que le totem 90's Garbage fait au milieu de ce jardin d'enfants terribles. Jardin complété par Maïsman que l'on nous présente comme un savant mélange d'Henri Dès et de Slipknot. Ah... 12 juillet : Génération 90 C'est ici que l

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Qui a abusé… : "Working Woman"

Drame | De Michal Aviad (Isr, 1h32) avec Liron Ben-Shlush, Menashe Noy, Oshri Cohen…

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

Qui a abusé… :

Alors que son mari peine avec son restaurant, Orna trouve un job dans l’immobilier où son efficacité fait merveille. Mais son patron commence à se livrer à des allusions déplacées et des privautés. Orna le tient à distance et n’en dit rien à son mari. Jusqu’au geste de trop… La mécanique est hélas trop connue, mais il n’est jamais inutile de rappeler la terrible spirale qui conduit un ou une supérieur à user de son autorité sur une subalterne pour obtenir des faveurs. De montrer son approche prédatrice mâtinée de bienveillance cauteleuse et d’allusions libidineuses passant pour de la familiarité complice. En réalité, il s’agit d’une stratégie perverse visant à déstabiliser la victime : flattée pour ses compétences, puis son apparence, Orna est ensuite rendue coupable de susciter du désir chez son “pauvre“ patron. Lequel manie dans le même temps la carotte économique ou joue de son influence pour la rendre redevable, silencieuse et donc finalement soumise à ses caprices. Mais si Michal Avid a appelé son film Working Woman, c’est bien parc

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Soap qui peut ! : "Tel Aviv on Fire"

Le Film de la Semaine | Un apprenti scénariste palestinien peu imaginatif se fait dicter les rebondissements de la série politico-sentimentale sur laquelle il trime par un gradé israélien. Sameh Zoabi répond à l’absurdité ambiante par une comédie qui ne l’est pas moins… À hurler de réalisme et de rire.

Vincent Raymond | Mercredi 3 avril 2019

Soap qui peut ! :

Trentenaire velléitaire, Salam vient de trouver un job sur la série de propagande Tel Aviv on fire que produit son oncle. Comme il réside à Jérusalem et que le tournage s’effectue à Ramallah, il doit chaque jour passer par un checkpoint dirigé par Assi, un officier israélien qui devient conseiller occulte de la série, avant de tenter d’en infléchir la direction… Quand les larmes sont inopérantes et la colère inaudible, alors il reste l’humour. La dérision s’avère sans doute l’arme la plus efficace lorsqu’il s’agit d’aborder une situation politique verrouillée depuis des lustres, voire des siècles. À condition, évidemment de la manier avec intelligence et sans esprit partisan ; c’est-à-dire en pointant les comportements irréfléchis de chacun afin de renvoyer tous les protagonistes dos à dos plutôt que face à face, en les faisant rire ensemble de leurs travers mutuels et non les uns contre les autres — comme dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Sameh Zoabi montre que la bêtise ne peut se prévaloir d’aucun passeport : elle adopte seulement des modulations différentes en fonction des car

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Une étoile pour Noël : bonté pas si divine

Seul-en-scène | Avec Une étoile pour Noël, l’auteur, metteur en scène et comédien Nasser Djemaï livre un seul-en-scène survolté et drôle au sous-texte percutant. Ou comment un gamin prénommé Nabil va accepter de s’appeler Noël pour se conformer aux désirs de certains adultes – et, plus largement, d’une partie de la société. Une recréation (le spectacle a vu le jour dix ans plus tôt) plus que bienvenue.

Aurélien Martinez | Mardi 29 janvier 2019

Une étoile pour Noël : bonté pas si divine

Une étoile pour Noël ou l’ignominie de la bonté : voilà qui est on ne peut plus clair. Nasser Djemaï ne masque pas le propos qui l’anime en l’affichant clairement dans le titre de son spectacle. C’est en partie son histoire : celle d’un gamin que la grand-mère d’un de ses camarades de classe a décidé de prendre sous son aile pour l’élever, « pour en faire une personne modèle. C’est vraiment comment faire en sorte, avec la plus grande bonté et le plus grand amour sincère, que ce petit soit à l’abri de tout. C’est toute l’ambigüité de la bienveillance : comment on projette des choses par rapport à soi. » Une étoile pour Noël, c’est surtout l’histoire de Nabil, gamin sans histoire mais aux hautes ambitions qui croisera sur son chemin divers visages d’une société peu reluisante malgré les sourires et les bons sentiments de ceux-là même qui « pensent avoir la vérité ». Énormément romancé Nabil, c’est joli comme prénom mais bon, comment réussir dans la vie avec ce handicap ? Alors que Noël, c’est tellement plus acceptable. Et ces cheveux, non, vraiment, ce n’est pas possible… « L

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Éclipse partielle : "P'tites histoires au Clair de lune"

Animation | de Miyoung Baek, Mohammad Nasseri, Babak Nazari (CdS-Fr-Irn-G-B, 0h39min)

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Éclipse partielle :

Destiné aux tout-petits dès trois ans, ce programme compile quatre films courts très inégaux et/ou un peu usés ayant en commun l’astre des nuits. Bonne idée sur le papier, qui commence pas trop mal avec Où est la lune ?, sorte de berceuse aux allures de comédie musicale condensée — il s’agit en fait d’un fragment de ciné-concert — accompagnant une élégante partie de cache-cache marine et aérienne à la fois. Les choses se finissent plutôt bien avec P’tit Loup, histoire enlevée de saute-moutons, au graphisme simple mais efficace. C’est entre les deux que cela se gâte : le conte iranien Ma lune, notre lune pourrait revendiquer un prix de médiocrité, s’il n’y avait l’épouvantable Il était une fois… la lune et le renard. Le fait que son auteur Babak Nazari ait quasiment tout fait seul à une époque où l’animation assistée par ordinateur était moins… accessible (2005) n’excuse ni la maladresse poussive du récit, ni la laideur caractérisée de l’ensemble digne des pire jeux vidéos du XXe siècle.

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Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Non Fiction | À la Villa Gillet, pas de pause : sitôt fermée les portes de la perception de La Chose Publique, reprennent les rencontres avec un duo d'enquêteurs hors-normes : Florence Aubenas et Ted Conover.

Sébastien Broquet | Mardi 27 novembre 2018

Florence Aubenas et Ted Conover, undercover

Du dernier livre de Florence Aubenas, nous ne pourrons pas vraiment vous parler : sa parution, prévue cet automne, étant repoussée au 7 février 2019. Son sujet : le meurtre de Catherine Burgod, gérante de la poste de Montréal-la-Cluse, dans l'Ain, le 19 décembre 2008, tuée de 28 coups de couteaux. Meurtre pour lequel en 2013 est arrêté Gérald Thomassin, toujours mis en examen, mais relâché en juin 2016 au bout de trois ans de détention provisoire. Et pour lequel, depuis, un autre homme a été arrêté et mis en examen à son tour, en septembre dernier - d'où le report du livre, dû à ce rebondissement judiciaire. L'histoire ne pouvait que passionner la plume la plus élégante du journalisme en France : Gérald Thomassin n'est en effet pas un inconnu et son parcours est un roman. Enfance à la DDASS, casting réussi pour Jacques Doilllon qui le fait tourner dans Le Petit Criminel en 1990, César du meilleur jeune espoir masculin dans la foulée, puis défonce et quelques autres apparitions à l'écran, retrouvailles avec Doillon en 2008 pour Le Premier venu, installation dans l'Ain, un peu de rue et de zone... Voilà une enquête que l'on a hâte de lire, habit

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20e Rencontres des cinémas d’Europe d'Aubenas

Plus loin | À la veille d’une année électorale déterminante pour l’Europe politique, le festival ardéchois qui célèbre sa création cinématographique fête deux décennies. Il (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

20e Rencontres des cinémas d’Europe d'Aubenas

À la veille d’une année électorale déterminante pour l’Europe politique, le festival ardéchois qui célèbre sa création cinématographique fête deux décennies. Il programme ainsi 75 films, rendant hommage à des cinéastes (Dominique Marchais, Terrence Davies, Marion Vernoux) et un comédien (André Wilms) ; fait un focus sur les immigrations et propose plusieurs avant-premières du nouveau film que Nils Tavernier a consacré à un (presque) enfant du pays, L’Incroyable Histoire du facteur Cheval. 20e Rencontres des cinémas d’Europe d'Aubenas À la Maison de l’Image, aux Cinémas Le Navire et Palace (Aubenas) ​jusqu’au 25 novembre

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Dure à cuire : "Millenium : Ce qui ne me tue pas"

Pølår | de Fede Alvarez (É-U, avec avert., 1h57) avec Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Dure à cuire :

Quand elle ne “corrige“ pas les hommes trop violents avec leur épouse, Lisbeth Salander fait commerce de son génie du hacking. Or l’une de ses missions va très mal tourner : il faut dire qu’elle a piraté la NSA pour récupérer un logiciel capable de déclencher le feu nucléaire… Extra-ordinaire à bien des égards, la saga littéraire Millenium a trouvé en Langercrantz un prolongateur zélé qui l’a développée autour de son atout majeur : le personnage de Salander. Moins lisse et plus intrigant que le héros théorique Mikael Blomqvist, la pirate tatouée et surdouée est, dans son genre, un fameux modèle féminin. En inversant les rôles, c’est-à-dire en plaçant ici Lisbeth au premier plan et Blomqvist en force d’appoint, Millenium prendrait-il un virage féministe ? En apparence seulement : si on le soumet au test de Bechdel, on s’aperçoit vite que les rares femmes donnant la réplique (ou faisant face) à Lisbeth ont un homme au centre de leurs conversations quand il ne niche pas dans leur passif commun. Voire, plus retors, qu’elles se

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Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Journalisme | Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 30 août 2018

Florence Aubenas et Ted Conover à la Villa Gillet

Outre la programmation du festival d'idées La Chose Publique qui commence à se dévoiler, la Villa Gillet continue sa programmation de rencontres et conférences. Le jeudi 29 novembre seront ainsi conviés autour du thème de l'enquête et de l'immersion Florence Aubenas et Ted Conover. Grand reporter pour Le Monde, Florence Aubenas est l'une des journalistes les plus en vue en France actuellement. L'Américain Ted Conover est lui un spécialiste de l'immersion au long cours, s'étant fait embaucher comme gardien de prison à Sing Sing pour l'ouvrage Newjack. La rencontre aura lieu au Grand Amphi de l'Université de Lyon.

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Antoine Desrosières et Inas Chanti : « ce film est un grand #MeToo »

À genoux les gars | Rencontre à deux voix avec le réalisateur et l’un de ses co-scénaristes et interprètes. Le duo complice ayant façonné À genoux les gars évoque les coulisses d’un film atypique, et ses prochaines ramifications à découvrir, voire à entendre…

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

Antoine Desrosières et Inas Chanti : « ce film est un grand #MeToo »

Vous revoici après une éclipse exceptionnellement longue : votre précédent long métrage au cinéma, Banqueroute, datait de 2000… Antoine Desrosières : Ah, ma drôle de carrière… Que dois-je en dire ? Je dois me justifier ? (rires) Je ne me suis jamais perdu, j’ai toujours eu des projets ; simplement, ils ne se montaient pas. Le seul miracle à noter, c’est que j’ai toujours vécu de mon métier sans être obligé d’en faire un autre, et en nourrissant ma famille. Mais les années étaient longues et j’avais l’impression curieuse de mener la vie d’un autre, et non la mienne propre. Ma vie, c’est de faire des films et je voyais les années passer sans faire de films, donc c’était bizarre. Je ne savais pas du tout si j’arriverais à en refaire un jour. Et aujourd’hui, on est là. Mais vous aviez commencé très jeune : À la belle étoile (1993) est sorti pour vos 22 ans… AD : Oui, mais ce n’est pas une raison pour arrêter pendant 18 ans ! L’avance que j’avais prise au début, je l’ai perdue. Bon, Oliveira a fait son premier film au temps du muet et à partir de 70 ans, i

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Jazz (en) fusion

Jazz à Vienne | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 60 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Vienne pour opérer la fusion du Théâtre Antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car comme "venues d'ailleurs" : un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi

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Sans piper mot : "À genoux les gars"

Comédie | Revenu du diable Vauvert, Antoine Desrosières signe une comédie à la langue bien pendue fouillant à bouche-que-veux-tu les désarrois amoureux de la jeunesse. Une histoire de fille, de mec, de sœurs, de potes, de banlieue hilarante et profonde (sans jeu de mot salace) à la fois.

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

Sans piper mot :

Rim sort avec Majid et trouverait cool que sa sœur Yasmina sorte avec le pote de Majid, Salim. Rim en classe verte, Yasmina est pressée par Salim de lui prodiguer une caresse buccale et d’en faire profiter Majid. À contre-cœur, la belle y consent, à condition que sa sœur n’en sache rien. Seulement, Salim la filme… Entre ce qu’on tente de faire avaler ici par tous les moyens — sans distinctions, bobards ou appendices — et la profusion de discours dont chacun des protagonistes est le généreux émetteur, À genoux les gars tourne autour de l’oralité dans toutes ses acceptions. Et avec une singulière crudité, dépourvue cependant de la moindre vulgarité. C’est l’une des très grandes habiletés de ce film causant vrai d’un sujet casse-gueule sans choir dans la grivoiserie ni le voyeurisme. Le mérite en revient à ses jeunes interprètes, et tout particulièrement aux impressionnantes Souad Arsane et Inas Chanti, également coscénaristes : leur inventivité langagière irrigue de sa verdeur spontanée et de sa fraîcheur percutante un dialogue essentiel à ce projet, que la moindre fausse note ou réplique tro

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Nasruddin Gladeema : « l’art est toujours sans frontières »

Documentaire | À 38 ans, Nasruddin Gladeema s’apprête à présenter le premier documentaire issu de sa société Nuvoscale Productions. Accompagné par Singa, il travaille à la Cordée Valmy (Lyon 9e) où ses co-workers l’appellent du diminutif Glad — heureux. Heureux, il l’est aujourd’hui.

Vincent Raymond | Lundi 11 juin 2018

Nasruddin Gladeema : « l’art est toujours sans frontières »

À quel moment avez-vous choisi de vous exprimer dans le champ artistique ? Nasruddin Gladeema : Officiellement, je suis un artiste depuis l’an dernier, 2017, quand j’ai créé Nuvoscale Productions, une entreprise spécialisée dans le domaine de la production audiovisuelle. Je la présente toujours comme une plateforme d’échanges créatifs entre des artistes “accueillants“ et d’autres qui arrivent et dont la situation administrative ou le statut varie entre réfugiés et migrants. Mais en fait, dès mon arrivée en France en 2011, alors que j’étais demandeur d’asile, j’ai cherché un chemin artistique pour me stabiliser. À quel endroit viviez-vous ? J’ai commencé ma vie en France à Grenoble — une ville incroyable pour moi, car entourée de montagnes. Je n’en avais jamais vues de pareilles puisque je suis né et ai grandi à Khartoum (Soudan) ; il n’y a pas de montagnes là-bas. Cet espace blanc en face de moi a donc été un premier grand changement. Et d’une certaine manière, mon premier projet artistique après mon arrivée à Grenoble a été de trouver un sens à ma présence en France.

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À l’origine : "Retour à Bollène"

Le Film de la Semaine | Producteur du déjà convaincant Vent du Nord, Saïd Hamich signe de brillants débuts dans la réalisation avec cette chronique amère d’un retour au pays pour un enfant du Vaucluse. Un portrait à la serpe de cette France non inclusive poussant à l’exil et au communautarisme.

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

À l’origine :

Brillant élève ne trouvant pas de stage ni de boulot à Bollène, Nassim a été forcé de s’expatrier à Abu Dhabi il y a des années, où il a réussi. De retour pour quelques jours au pays avec sa fiancée anglophone, il mesure combien le fossé s’est creusé entre ce qu’il est devenu, les siens et sa ville. L’enfant prodigue, le retour ? Pas vraiment… Dans la vraie vie, celle de la France de 2018 où fleurissent sur la misère ambiante une économie de petit trafics et un nationalisme haineux ; où se développe en réaction à l’exclusion un nouveau penchant pour la religion (le “repli communautaire“ ?), on ne tue pas le veau gras quand l’exilé rentre au bercail. Mais on compte les plaies, on mesure le gouffre qui s’est élargi entre lui et ceux qui sont restés. Home au fils Le contraste est saisissant pour Nassim (Anas El Baz, formidable de gravité), dont la fierté légitime d’homme accompli se fracasse sur les contreforts de la réalité. Débarquant d’une contrée — pourtant peu permissive, soit dit en passant — où tout lui semble promis,

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Ça craint en Ukraine : "Frost"

Là-balte si j’y suis | de Šarūnas Bartas (Lit-Fr-Ukr-Pol, 2h) avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Ça craint en Ukraine :

Pour dépanner un ami, Rokas et Inga acceptent de convoyer une camionnette humanitaire de Lituanie en Ukraine. Sauf que la zone n’est pas si facile d’accès en période de guerre — une guerre dont Rokas n’avait même pas idée, et qui intrigue ce jeune homme sans but… Cinéaste du politique, voire du géopolitique, Bartas ne pouvait rester insensible à la situation ukrainienne et au chaos qu’elle produit. Un chaos mâtiné d’incertitudes et de danger, conforme à l’ambiance inquiétante de ses premiers films, explorant par la contemplation le flou des frontières et de l’attente. Pourtant, c’est par une structure des plus linéaires que Bartas engage son récit : il faut que ses deux protagonistes se perdent, littéralement ; qu’ils éprouvent la réalité de la guerre en discutant avec des “humanitaires” pour qu’ils se trouvent — ou du moins parviennent à orienter leur boussole intérieure. La curiosité de Rokas, cette irrépressible pulsion le menant au plus près du danger — histoire d’en apprécier la réalité mais aussi de tester le hasard — rappelle la démarche de John Locke, hér

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Jazz à Vienne : toute la programmation

Avishai Cohen, Jeff Beck, Melody Gardot, Marcus Miller... | Le festival Jazz à Vienne a dévoilé ce soir l'intégralité de sa programmation, avec de nombreuses soirées thématiques (Afrique, Brésil, hip-hop, funk, blues...) et quelques valeurs sûres. Voici tout le programme.

Sébastien Broquet | Mardi 20 mars 2018

Jazz à Vienne : toute la programmation

Jeudi 28 juin Al McKay’s Earth Wind & Fire Experience ouvre les festivités. Du bon gros funk à l'ancienne, à la façon 80's, pour lancer une soirée ? C'est facile, mais ça marche à chaque fois. On prend. D'autant que d'autres grands anciens, la Malka Family, émules d'un Funkadelic à la française ayant marqué le début des 90's s'invite aussi sur ce plateau. Pour faire le plein de bonne humeur. Côté club ? On ira voir Forq. Vendredi 29 juin Melody Gardot à l'affiche : le côté le plus pop du jazz, forcément vocal, pour continuer l'aventure. Consensuel, voire familial, puisque l'on découvrira aussi l'expérience Jazz love Disney, avec Hugh Coltman, China Moses, Sarah McKenzie et Myles Sanko... Curiosité. Au Club, le trio jazz punk venu de São Paulo Metá Metá invite quelques amis. Assurément l'un des grands moments du festival, on vous l'annonce de suite ! Sam

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The Limiñanas : son à la catalane

Le Disque | C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : son à la catalane

C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, Emmanuelle Seigner – trois habitués –, Bertrand Belin ou Anton Newcombe sans s'éparpiller façon puzzle. Peut-être parce que le duo (enrichi) de Cabestany a, sous ces oripeaux garage, toujours navigué sur pas mal de fronts esthétiques - on peut en avoir un aperçu sur la toute récente compilation I've Got Trouble in Mind Vol. 2 qui recense des raretés, notamment quelques belles reprises de Polnareff (Time will tell), les Kinks (Two Sisters avec Anton Newcombe), The Lords of the New Church (Russian Roulette) ou... le chant de Noël Silent Night en version mariachi. Peut-être aussi parce que la force du concept, jamais ramenard, toujours en toile de fond, suffit à donner du liant à l'ensemble comme une musique de film imaginé. Sur Shadow People, le groupe raconte

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The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Rock | Avec Shadow People, un disque détonnant produit par Anton Newcombe, le meilleur groupe garage catalan du monde, The Limiñanas, a livré en début d'année son album le plus abouti, le plus libre, et peut-être le plus personnel. Et frappé un gros coup dont les secousses se propagent à très grande vitesse dans le paysage rock. Entretien avec M. Limiñana avant leur passage à L'Epicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Sur cet album vous avez travaillé pour la première fois avec un producteur et non des moindres, Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre. Comment a-t-il influé sur votre manière de travailler, vos habitudes et surtout votre son qui n'a jamais été aussi percutant ? Lionel Limiñana : La première fois qu'on est allé à Berlin, je lui ai amené toutes les rythmiques et la plupart des mélodies, des riffs en tout cas. Nous attendait là-bas une ingé son, Andrea Wright, qui a produit des gens aussi différents que Black Sabbath, Echo & the Bunnymen, quelqu'un qui sait enregistrer une batterie et une guitare. On a commencé par reprendre toutes les rythmiques de Marie et là, déjà, j'ai senti que le disque prenait de l'épaisseur par rapport à ce que j'aurais fait. On a commencé à travailler sur cette base-là, Andrea, Marie et moi. Anton se baladait dans l'appart', il entrait, écoutait de l'extérieur et balançait un riff ou un arrangement de mellotron. Ça s'est monté par petits bouts avec des interventions d'Anton qui avait toute

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Papier Carbone

Une Nouvelle Revue | Quelques mois après son site (et avant son application), Carbone lance une revue homonyme. Un bel objet pour asseoir un non moins audacieux projet transmédia méritant de laisser son empreinte…

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Papier Carbone

Ebdo, Vraiment et maintenant Carbone… Le papier serait-il en train de signer un grand retour alternatif dans les kiosques et sur les étals des libraires ? L’équipe de cette nouvelle revue y croit dur comme du diamant — lequel, comme chacun le sait, n’est rien d’autre que du carbone pur cristallisé, trônant au sommet de l’échelle de Mohs. Imaginé à l’été 2016 sous la houlette de Raphaël Penasa, patron du studio transmédia lyonnais Fauns, le concept de Carbone tient de la pierre philosophale, puisqu’il permet enfin d’opérer la fusion entre toutes les formes de pop cultures, en croisant théorie, anecdotes et créations… sans hiérarchie ni primat d’un art sur l’autre. Décliné sur le site www.carbone.ink depuis 2017, le concept voulait se doter d’un rendez-vous papier complémentaire. Mais pas sous forme d’une revue généraliste culturelle — « c’est compliqué aujourd’hui », concède Jérôme Dittmar, rédacteur en chef de Carbone —, plutôt d’un récep

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Jazz à Vienne... à Val Thorens

Festival | En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 février 2018

Jazz à Vienne... à Val Thorens

En attendant l'été, et pour la première fois, Jazz à Vienne a décidé de prendre du 10 au 12 avril ses quartiers de printemps là où l'hiver dure un peu plus longtemps qu'ailleurs : à Val Thorens à 2300 m d'altitude. Le forfait, très éclectique, comprendra non seulement apéro-jazz, JazzMix, conférence, projection, spectacle jeune public, exposition 10 ans de photos de Jazz à Vienne mais aussi concerts jusqu'en bas des pistes, sis entre 13h et 2h du matin. Avec au programme ; des étoiles telles que le Kyle Eastwood Quintet, China Moses, Foehn trio, le trio funk lyonnais Da Break, Dowdelin et DJ Harry Cover... Et très logiquement, ça s'appelle Jazz à Val Thorens.

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Le roi du pipeau : "Bravo Virtuose"

Pruneaux d'Arménie | de Levon Minasian (Arm-Fr-Bel, 1h30) avec Samuel Tadevosian, Maria Akhmetzyanova…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Le roi du pipeau :

À la suite d’un quiproquo, Alik, un jeune clarinettiste récupère le portable, les contrats et l’argent d’un tueur à gages. La manne tombe à pic, car il cherche à financer l’orchestre de son grand-père lâché par son mécène. Seul hic : Alik doit exécuter les cibles désignées par le commanditaire… À quoi reconnaît-on un polar arménien ? Aux plans sur le mont Ararat, équivalant à ceux sur la Tour Eiffel dans une production française ? Au fait que l’un des méchants — en l’occurrence un bureaucrate corrompu — vante la qualité des loukoums stambouliotes dont il se gave à longueur de journée ? Plutôt à l’évocation des anciens combattants du Haut-Karabagh, où sont morts les parents du héros, et dont certains sont devenus des mafieux. Hors cela, ce premier long-métrage promenant une élégante indécision entre comédie sentimentale, burlesque et thriller, s’aventure aussi dans le semi-expérimental, en matérialisant les images mentales et oniriques d’Alik, caverne d’Ali-Baba fantasmatique où circule la silhouette de la séduisante Lara. Levon Minasian donne l’i

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On ne lâche iran ! : "Un homme intègre"

ECRANS | de Mohammad Rasoulof (Ir, 1h58) avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi…

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

On ne lâche iran ! :

Que ce film porte douloureusement bien son titre ! Car il vaut à son auteur Mohammad Rasoulof de se retrouver une nouvelle fois inquiété par les autorités de Téhéran, lui qui avait déjà par le passé écopé d’une peine de prison après une œuvre co-réalisée avec Jafar Panahi, jugée critique à l’égard du régime… Primé lors du dernier Festival de Cannes, Un homme intègre cause peut-être de profonds ennuis au cinéaste iranien mais, effet Streisand oblige, met l’accent sur sa situation en incitant à examiner avec acuité ce que son film dit — et de quelle admirable manière. On y découvre le combat digne de l’obstiné Reza, un éleveur de poissons qui pour défendre son bon droit face à une compagnie privée aux méthodes crapuleuses, refuse d’entrer dans le système institué de la corruption locale, bien que lui et sa famille risquent lourd. Rasoulof dresse ici le portrait d’une petite communauté rurale fort peu avenante : un ramassis d’hypocrites serviles, corrompus et combinards aux ordres d’un potentat mafieux. Très éloignée donc des dogmes moraux revendiqués par l

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Gregory Porter à Jazz à Vienne

Festival | Trois premiers artistes excitants, un changement radical de charte visuelle : Jazz à Vienne s'offre une cure de jouvence.

Sébastien Broquet | Mardi 21 novembre 2017

Gregory Porter à Jazz à Vienne

Jazz à Vienne poursuit sa mue et ce de manière radicale en ce qui concerne le visuel : exit l'illustrateur historique Bruno Théry qui avait réalisé les 35 précédentes, bonjour Brüno, dessinateur nantais de BD ligne claire remarqué pour son travail avec le scénariste Appollo (Biotope), importé dans le cadre d'un partenariat noué avec le festival de bande dessinée d'Angoulême et amené à se renouveler : chaque année, un dessinateur différent choisi par Angoulême réalisera ainsi l'affiche de Vienne. C'est peu dire que le visuel de cette année, au personnage inspiré de Miles Davis, insuffle un sacré coup de jeune bienvenu... Outre l'affiche, pour chaque édition, un concert dessiné sera partagé entre les deux événements : débuts de grande classe avec une collaboration entre la chanteuse malienne Rokia Traoré côté musique et Rubén Pellejero côté dessin, à qui l'on doit le retour de Corto Maltese. Une date à cocher sans plus attendre (le 26 janvier à Angoulême et le 5 juillet au Théâtre Antiq

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Rey-demption : "La Educación del Rey"

ECRANS | de Santiago Esteves (Arg, 1h36 avec avert.) avec Matías Encinas, Germán De Silva, Walter Jakob…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Rey-demption :

Après un braquage raté, Reynaldo tombe dans la cour de Carlos. Au lieu de le remettre à la police, celui-ci prend l’adolescent sous son aile, le fait travailler pour rembourser ses dégâts, et lui offre des perspectives. Sauf que dehors, les complices de Rey ne l’entendent pas ainsi… À la fois polar et film d’apprentissage, La Educación del Rey tient bien son double pari. S’il semble jouer sur le registre binaire du manichéisme (dans la vie, il y a des très méchants pire que des affreux salauds et des très gentils capables de tous les sacrifices), il se révèle plus nuancé lorsque l’on découvre que les ordures sont des policiers corrompus et le bienfaiteur de Rey se mettant hors la loi pour le remettre sur les rails, un ancien représentant de l’ordre. Entre bien et mal, juste et injuste, la limite est plus subtile qu’il n’y paraissait. Au moins 50 nuances de Rey, disons…

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Gazon béni : "Borg/McEnroe"

Le Film de la Semaine | Janus Metz autopsie le parcours de deux totems du sport contemporain à l’occasion du non moins légendaire match les opposant en 1980 sur le green britannique. Trop de la balle pour mesurer en cinq sets la tragique gravité du tennis et sa haute cinégénie.

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Gazon béni :

Wimbledon, 1980. Quadruple tenant du titre et n°1 mondial, Björn “Ice” Borg est défié en finale par son dauphin au classement ATP, un jeune Étasunien irascible réputé pour son comportement de voyou sur les courts. Contrairement aux apparences, les deux se ressemblent beaucoup… Si l’on parle volontiers du terrain de sport comme d’une arène ou d’un “théâtre”, le court de tennis est, au même titre que le ring, apte à cristalliser des dramaturgies hautement cinématographiques. Quant à cette finale opposant Borg à McEnroe, elle va bien au-delà de l’épithète “anthologique” : Serge Daney écrivait que l’on touchait ici aux « beautés de la raison pure. » Le film ne se cantonne pas à une reconstitution méthodique du match épique. Sa réalisation rend justice à la grâce et la pugnacité des deux athlètes, sculptant par un montage acéré l’incomparable chorégraphie des échanges. Le bouillant Shia LaBeouf s’empare de la raquette de l’explosif gaucher avec un mimétisme raisonnable : nul autre que lui n’aurait été crédible dans ce rôle. Q

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Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Jazz à Vienne | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable Archie Shepp pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait "Trane" ?

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960, au Five Spot à New-York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui déjà un poids lourd, comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman de ces pionniers, inspirés par quelques travaux remontant aux années 40 déjà, qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop décident d'en briser les conventions, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il

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A Night with Nicolas Jaar annulé

Clubbing | La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 9 juin 2017

A Night with Nicolas Jaar annulé

La Nuit avec Nicolas Jaar prévue mercredi 14 juin au théâtre antique de Vienne est annulée pour des raisons logisitiques. L'évènement organisé par Jazz à Vienne et Nuits Sonores devait rassembler Pan Daijing, Bill Kouligas, Show me the body, Amnesia Scanner, Hvad et Helado Negro autour du génial Nicolas Jaar. Les possesseurs d'un billet peuvent se faire rembourser auprès de leur point de vente.

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Insomniaque : les trois bons plans du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 25 avril 2017

Insomniaque : les trois bons plans du week-end

28.04.17 > LE SUCRE DASHA RUSH Elle est une ardente représentante d'une frange techno aussi expérimentale qu'elle est soyeuse, n'empruntant à la minimale que son groove pour le marier à l'héritage electro originel : la Russe Dasha Rush nous régale à chacun de ses passages. Elle sera ici en compagnie d'un esthète de Détroit, DJ Bone, probablement l'un des tous meilleurs platinistes en activité. Techno. 29.04.17 > SONIC DYNASTITS Le gang de riot girls récidive dans l'antre du Sonic en conviant Rosemary Martins (Erotic Market) aux platines, les Femmes aux Fourneaux étant aussi de la fête en compagnie de Banshii : l'on passera du r'n'b au grunge dans une même allégresse. Et pour réviser son déhanché, rendez-vous en fin d'après-midi à la Méduze avec un cours de bounce par Ari de B. Booty. 30.04.17 > BELLONA ATIPIK BIRTHDAY Le crew Atipik fête ses trois ans en mode fluvial, au Bellona, en cette veille de jour férié : une flopée de jeunes DJ dont Hergè que l'on vous présentait il y a peu, et Wavesonik, Canza, ki.fran, Miimo, Sneez, Dolfeels, Klaaar, Ben Resist... Ça

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Vertiges : Ma famille va craquer

Théâtre | Avec Vertiges, l’auteur et metteur en scène grenoblois Nasser Djemaï termine sa trilogie autour de la construction identitaire brillamment entamée avec Une étoile pour Noël et Invisibles. Une nouvelle pièce intense et dense centrée sur un réel peu vu sur les plateaux de théâtre : c’est justement ce qui fait sa force.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mars 2017

Vertiges : Ma famille va craquer

« L’identité n’est pas un héritage mais une création. Elle nous crée, et nous la créons constamment » : voilà ce que déclarait en 2006 le fameux poète palestinien Mahmoud Darwich (1942 – 2008) au journal Le Monde. Des mots qui résonnent parfaitement avec le projet artistique que Nasser Djemaï développe depuis 2005, à tel point qu’il les utilise pour ouvrir la note d’intention de sa nouvelle création Vertiges. Une pièce créée mi-janvier à la MC2 Grenoble qui clôt ainsi sa trilogie sur l’identité et les racines initiée avec Une étoile pour Noël (dans laquelle un gamin prénommé Nabil va accepter de s’appeler Noël pour se conformer aux désirs d’une partie de la société) et Invisibles (sur les chibanis, ces travailleurs maghrébins restés en France sans leur famille). « C’est comme si, d’une certaine manière, Nabil tue son père sur Une étoile pour Noël ; le même Nabil, qui s’appelle Martin, retourne dans les enfers pour lui parler dans Invisibles ; et, à la sortie des enfers, ramène la lumière auprès de sa famille – c’est Vertiges. Mais

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Sorcières bien aimées

Riot Girls | La deuxième soirée du collectif lyonnais Dynastits, dédié aux artistes féminines, se tient le vendredi 20 janvier au Sonic. Après une première party sur le thème des (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 17 janvier 2017

Sorcières bien aimées

La deuxième soirée du collectif lyonnais Dynastits, dédié aux artistes féminines, se tient le vendredi 20 janvier au Sonic. Après une première party sur le thème des femmes vénales (où brushing Dallas et bagouses bling-bling étaient de mise), celle-ci convie les sorcières, magiciennes et cartomanciennes de tous styles. Coïncidence, avec le retour de la série Charmed (un préquel est en production) ? Nous ne croyons pas. Au programme : le rock cosmique des Death Valley Girls, des Californiennes possédées qui brûlent à vif sur scène les fantômes de leur garage hanté. Et Tombouctou, des Lyonnais vaudou aux expérimentations sous tension. Mais aussi un blind-test de l’enfer animé par Nina et Fifi du Calvaire et des DJs sets concoctés par Calavera, Ramona Tornado et Old but Gold. Et bien sûr, vos tenues les plus ensorcelantes (dress code oblige...). C’est à 20h30 et ça coûte 8€ (3€ après minuit) mais l’on vous conseille d’arriver tôt : la crypte était complète pour la première édition.

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L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

MUSIQUES | Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle (...)

Lisa Dumoulin | Vendredi 25 novembre 2016

L’affiche de Jazz à Vienne dévoilée

Le nouveau visuel pour l’édition 2017 du festival Jazz à Vienne est dévoilé : pour la trentième année consécutive, elle est signée Bruno Théry. Cette fois elle représente un personnage hybride, mêlant peinture, photographie et matière, qui traduit la richesse culturelle du festival. Rendez-vous du 29 juin au 13 juillet 2017 !

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15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

Sélection | Sortez vos agendas, montez le volume : voici 15 concerts où choper des acouphènes, siroter des mousses et accessoirement, parfaire votre culture musicale ; de la sono mondiale au hip-hop américain, en passant par l'underground finlandais, point de répit pour les esgourdes.

Gabriel Cnudde | Mardi 20 septembre 2016

15 concerts où emmener votre amant/e, votre petit cousin ou même votre maman

HD Been Dope À peine 20 ans, une dégaine d'adolescent et il est pourtant l'un des poids lourds de la scène hip-hop new-yorkaise. Lui, c'est HD Been Dope, adulé par la critique et par ses confrères depuis sa première mixtape, sortie à 16 ans seulement. Avec son flow calé sur des instrumentaux très 90's, le jeune MC veut aller chercher ce qui se faisait de meilleur pendant l'âge d'or du rap de la Big Apple. Pour le moderniser, le modeler à sa sauce et en faire de l'unique. Au Périscope le jeudi 22 septembre Ibrahima Cissokho Cet inépuisable Sénégalais chante en anglais, en wolof et en mandingue, comme pour transcender les frontières du monde. Influencé par les musiques traditionnelles sénégalaises aussi bien que par toutes les musiques qui ont un jour croisé sa route (jazz, salsa, rock), Ibrahima Cissokho livre à ses auditeurs une musique que l'on pourrait bien qualifier "d'autour du monde" tant ses prestations sont des invitations à l'ouverture. Au Périscope le jeudi

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Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

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